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AccueilDroit européen52023DC0453
Acte préparatoire52023DC0453

Acte préparatoire — 52023DC0453

CELEX52023DC0453
TypeActe préparatoire
Datevendredi 14 juillet 2023

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 14.7.2023

COM(2023) 453 final

RAPPORT DE LA COMMISSION

Contrôle de l'application du droit de l'Union européenne



Rapport annuel 2022


Avant-propos

Le pacte vert pour l’Europe

Qualité de l’air et de l’eau

Gestion des risques d’inondation

Protection de la biodiversité

Promotion d’une économie circulaire

Action pour le climat

Énergie propre

Marché unique de l’énergie

Transports propres

Une agriculture durable garantissant l’approvisionnement alimentaire

Pêche durable et planification de l’espace maritime

Santé et sécurité sanitaire des aliments

Prévention des maladies liées au tabac

Des transports plus sûrs

Une Europe adaptée à l’ère du numérique

Des technologies au service des personnes

Une économie numérique juste et compétitive

Promotion de l’économie fondée sur les données

Une société numérique ouverte, démocratique et durable

Protection des consommateurs et des entreprises

Des produits, des services et des sites internet accessibles

Permettre au marché unique de renforcer la croissance

Des informations transparentes sur et pour les entreprises

Systèmes de transport numériques

Une économie au service des personnes

Conditions de travail

Santé et sécurité au travail

Mobilité des travailleurs

Coordination de la sécurité sociale

Amélioration de l’information et de l’assistance aux citoyens et aux entreprises

Amélioration de la réglementation des professions et de la reconnaissance des qualifications

Prévention de la faillite des entreprises viables

Services financiers

Paiements de détail

Supervision de l’application des règles de l’Union en matière de services financiers par les autorités nationales

Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme

Mobilité et transports

Fiscalité directe

Fiscalité indirecte

Douanes

Promotion de notre mode de vie européen et de la démocratie

État de droit

Protection des personnes qui signalent des violations du droit de l’Union

Lutte contre la discrimination, le racisme et la xénophobie

Promotion de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée

Protection des données à caractère personnel

Protection de la citoyenneté de l’Union

Coopération judiciaire et droits individuels en matière pénale

Sécurité

Migration et asile

Application des sanctions contre la Russie

Clause de non-responsabilité: le présent rapport présente les mesures prises par la Commission en 2022 pour contrôler l’application du droit de l’Union et en assurer le respect. Entre-temps, l’état d’avancement des procédures d’infraction mentionnées est susceptible d’avoir évolué.


Avant-propos

L’année 2022 a été l’un des moments les plus sombres de l’histoire récente de notre continent. La guerre a fait son retour en Europe, et a eu un effet immédiat sur nous tous. Nous avons été nombreux non seulement à nous inquiéter des conséquences pour l’Ukraine, mais également à craindre que le reste de l’Europe ne soit confronté à une récession économique, à une crise démocratique et à des divisions. Il n’en a rien été : nous avons tenu bon. Le combat de l’Ukraine pour la liberté continue de nous inspirer et nous incite à maintenir le soutien financier, militaire et politique sans précédent de l’Union européenne.

Et tandis que notre soutien à l’Ukraine est indéfectible, et le restera, nous continuons par ailleurs à opérer le virage transformationnel que nous avons promis au début du mandat de l’actuelle Commission, afin de bâtir une Europe plus forte, plus verte et plus saine pour les générations à venir.

À cette intention, nous avons formulé un large éventail de propositions et de stratégies ambitieuses. Mais notre ambition ne pourra devenir réalité et ne profitera véritablement à tous les Européens – où qu’ils vivent – que si les règles que nous proposons sont non seulement adoptées à Bruxelles, mais également appliquées de manière adéquate sur le terrain dans toutes les régions de l’UE.

Le présent rapport présente les mesures que nous avons prises en 2022 pour faire en sorte que ces règles fonctionnent en pratique. Nous avons veillé au respect des règles de l’Union dans tous les domaines d’action, en nous concentrant tout particulièrement sur les aspects les plus importants pour la vie quotidienne des citoyens et des entreprises. Dès lors, la plupart des procédures que nous avons engagées en 2022 concernaient l’environnement, la justice et les droits fondamentaux, ainsi que le marché unique et l’emploi.

Lorsque des problèmes se posent, nous travaillons d’abord en étroite collaboration avec les États membres afin d’essayer de les résoudre au plus vite. La plupart du temps, nous y parvenons. Cependant, comme en témoigne le présent rapport, nous n’hésitons pas à prendre des mesures répressives lorsque cela est nécessaire pour veiller à ce que notre Union reste un lieu sûr de prospérité partagée, une démocratie de démocraties et une véritable communauté de valeurs.

Dr Ursula von der Leyen

Présidente de la Commission européenne

Le pacte vert pour l’Europe

«Nous devons travailler sans relâche à l’adaptation climatique et faire de la nature notre premier allié.»

Extrait du discours sur l’état de l’Union prononcé en 2022 par la présidente von der Leyen

Le changement climatique et la dégradation de l’environnement constituent une menace existentielle pour l’Europe et le reste du monde. Les effets toujours plus prononcés des vagues de chaleur extrêmes, des feux de forêt et de sécheresses sans précédent se sont fait sentir partout dans le monde en 2022. Il est essentiel d’accélérer la transition écologique de l’Union pour faire face à la crise climatique et renforcer l’économie et la sécurité de l’Union. Le pacte vert pour l’Europe est la feuille de route à suivre pour arriver à une pollution zéro dans l’air, l’eau et les sols, et transformer l’économie de l’UE en une économie moderne fondée sur une utilisation rationnelle des ressources. En 2022, la Commission a veillé au strict respect des règles de l’Union pour faire de ces objectifs une réalité.

Qualité de l’air et de l’eau

La pollution atmosphérique constitue le plus grand risque sanitaire environnemental en Europe. Les règles de l’Union relatives aux normes de qualité de l’air sont cruciales pour réduire les effets nocifs de la pollution atmosphérique sur la santé humaine : ces 30 dernières années, le nombre de décès prématurés dus à la pollution atmosphérique dans les États membres a diminué de 60 %. La Commission a continué de veiller constamment au respect de ces normes, de manière à protéger la santé humaine et à préserver l’environnement naturel.

La Commission a insisté sur le traitement approprié des eaux résiduaires . Elle a également veillé au respect de la directive relative à l’eau potable afin de garantir la salubrité et la propreté de l’eau destinée à la consommation humaine.

La Commission a poursuivi la procédure d’infraction engagée contre la Croatie pour la mauvaise qualité de l’air due à des niveaux élevés de particules (PM10) et de particules fines (PM2,5). Elle a demandé à la Pologne de lever les obstacles à l’accès à la justice en ce qui concerne les plans relatifs à la qualité de l’air au titre de la directive sur la qualité de l’air ambiant . La Commission a poursuivi la procédure engagée contre Chypre pour transposition incomplète de la directive sur les installations de combustion moyennes . Cette directive fixe des valeurs limites d’émission pour les installations de combustion moyennes afin de réduire la pollution atmosphérique.

La Commission a décidé de saisir la Cour de justice de l’Union européenne de recours contre l’ Espagne , Malte et la Pologne concernant le traitement des eaux résiduaires par ces trois États membres. Elle a par ailleurs poursuivi la procédure engagée contre la Hongrie en raison de la présence dans l’eau potable de substances susceptibles de présenter un danger pour la santé.

Gestion des risques d’inondation

Les inondations catastrophiques qui se sont produites en Allemagne et en Belgique en juillet 2021 ont montré combien il était important d’évaluer les risques d’inondation à la lumière du changement climatique. Les inondations peuvent en outre libérer des polluants présents dans le sol et les propager encore plus largement. La directive «Inondations» impose aux États membres d’adopter des plans de gestion des risques d’inondation, qui jouent un rôle crucial dans la rapidité de mise en œuvre des interventions. La Commission a poursuivi les procédures d’infraction engagées contre la Bulgarie , la Grèce , Chypre , la Lituanie , la Roumanie et la Slovaquie afin de faire en sorte que ces pays procèdent à la mise à jour des cartes des risques d’inondation.

Protection de la biodiversité

Le pacte vert pour l’Europe et la stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 ont tous deux pour but d’enrayer la perte de biodiversité dans l’Union. Pour ce faire, il y a lieu de préserver les sites naturels et de restaurer dans un état de conservation favorable les écosystèmes endommagés des habitats qui jouent un rôle vital pour la biodiversité. Il est essentiel de restaurer les forêts, les sols, les zones humides et les zones marines pour parvenir à l’atténuation du changement climatique nécessaire d’ici à 2030.

Selon les règles de l’Union , les parties ayant subi des dommages environnementaux peuvent demander à l’autorité nationale responsable de décider des mesures de prévention et de réparation qu’il incombera à l’exploitant responsable de prendre. La Commission a demandé aux Pays-Bas et à la Suède de transposer correctement ces règles. En parallèle, la Commission a pu clôturer cinq procédures après que les États membres concernés ont mis leurs règles en conformité avec le droit de l’Union: ainsi, toutes les personnes qui devraient pouvoir exercer ce droit peuvent désormais transmettre des informations sur des dommages environnementaux aux autorités et demander à celles-ci de prendre les mesures qui s’imposent.

La Commission a décidé de saisir la Cour de justice d’un recours contre la Grèce pour transposition incorrecte de la directive concernant l’évaluation des incidences sur l’environnement . Elle a demandé à l’ Espagne de remédier aux effets nocifs pour l’environnement d’un complexe hôtelier situé dans les îles Canaries. Elle a également invité la France à aligner totalement sa législation sur la directive. Par ailleurs, Chypre a procédé à la mise en conformité de ses règles nationales et la Commission a clôturé la procédure d’infraction qu’elle avait engagée contre ce pays. Cette mise en conformité permettra de mieux évaluer les conséquences d’un projet pour l’environnement à Chypre avant même que les travaux de construction ne soient lancés, ce qui est fondamental pour protéger la biodiversité.

La Commission a poursuivi les procédures engagées contre 15 États membres afin de protéger l’environnement contre les espèces exotiques envahissantes . Elle a également demandé à la Slovaquie , à Chypre et au Portugal de protéger et de gérer leurs zones protégées Natura 2000 conformément à la directive «Habitats» . Elle a en outre invité la Slovénie à respecter la directive «Oiseaux» afin de protéger les oiseaux sauvages.

À la suite d’une pétition adressée au Parlement européen, la Commission a demandé à l’ Espagne d’exécuter un arrêt de la Cour de justice concernant les zones humides de Doñana, afin de préserver les habitats protégés et d’assurer une gestion durable des masses d’eau souterraines qui alimentent ces zones humides.

Promotion d’une économie circulaire

La Commission a engagé ou poursuivi des procédures d’infraction contre 11 États membres pour transposition incomplète de la directive sur les plastiques à usage unique . Cette directive vise à prévenir et à réduire l’incidence sur l’environnement et sur la santé humaine de certains produits en plastique utilisés très peu de temps.

Pour ce qui est de l’utilisation des sacs en plastique, l’Irlande a aligné sa législation sur la directive relative aux sacs en plastique à l’issue d’une procédure préalable au déclenchement d’une procédure d’infraction engagée par la Commission (procédure EU Pilot).

Concernant le traitement des déchets, la Commission a demandé au Portugal d’améliorer sa pratique et d’appliquer correctement la directive concernant la mise en décharge des déchets et la directive-cadre relative aux déchets .

Le plan d’action pour une économie circulaire est un élément fondamental du pacte vert pour l’Europe, qui ouvre la voie vers une Europe plus propre et plus compétitive. Il encourage la valorisation des déchets et plaide en faveur de l’application intégrale des normes de l’Union en matière de gestion des déchets. Les mesures prises par la Commission pour faire respecter ces règles contribuent à réduire les effets nocifs des déchets sur la santé humaine et sur l’environnement.

Action pour le climat

L’Union s’est fixé comme objectif de faire de l’Europe le premier continent climatiquement neutre d’ici à 2050. La loi européenne sur le climat définit un objectif intermédiaire consistant à réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990. Les stratégies à long terme sont essentielles pour contribuer à mener à bien la transformation économique nécessaire pour atteindre ces objectifs climatiques. Le règlement sur la gouvernance de l’union de l’énergie et de l’action pour le climat imposait aux États membres d’élaborer leurs premières stratégies à long terme avec des prévisions à au moins 30 ans. En 2022, la Commission a engagé des procédures d’infraction contre la Bulgarie , l’ Irlande , la Pologne et la Roumanie pour défaut de notification de leurs stratégies à la Commission.

Énergie propre

La décarbonation du système énergétique de l’Union est indispensable à la réalisation des objectifs climatiques de cette dernière. Les conséquences de la pandémie de COVID-19 et de l’invasion militaire russe en Ukraine ont mis ce processus à l’épreuve, mais la Commission est restée déterminée à mettre en œuvre le paquet «Une énergie propre pour tous les Européens» : l’énergie propre est au cœur de la transition énergétique vers un secteur de l’énergie sûr, sécurisé et durable qui donne la priorité aux consommateurs.

Comme ils n’avaient pas transposé les règles de l’Union, la Commission a poursuivi les procédures d’infraction qu’elle avait engagées:

- contre 15 États membres concernant la modification de la directive sur la performance énergétique des bâtiments ;

- contre 12 États membres concernant la modification de la directive relative à l’efficacité énergétique ;

- contre 15 États membres concernant la directive sur les énergies renouvelables .

La promotion des énergies renouvelables est non seulement fondamentale pour atteindre les objectifs climatiques de l’Union, mais elle contribue également à stabiliser le secteur de l’énergie en réduisant la volatilité des marchés, en faisant baisser les prix de l’énergie et en renforçant la sécurité de l’approvisionnement de l’Union. La directive sur les énergies renouvelables établit un cadre pour le développement des énergies renouvelables dans l’Union, et son application est une priorité pour la Commission.

Marché unique de l’énergie

Un marché de l’énergie de l’UE intégré est la solution qui offre le meilleur rapport coût-efficacité pour assurer aux citoyens et aux entreprises un approvisionnement énergétique sûr et abordable. Des règles communes et des infrastructures transfrontières permettent de fournir de l’énergie produite dans un pays de l’Union aux consommateurs d’un autre pays. La concurrence et un plus grand choix de fournisseurs d’énergie pour les consommateurs jouent en faveur de la maîtrise des prix. Par ailleurs, un marché intégré contribue à la sécurité de l’approvisionnement et à la durabilité.

La Commission a poursuivi les procédures d’infraction engagées contre l’ Allemagne et la Suède pour défaut de transposition de la directive sur l’électricité et a engagé de nouvelles procédures contre huit États membres pour la même raison.

La directive sur l’électricité garantit l’existence de marchés concurrentiels transfrontières dans le secteur de l’électricité. Au regard de la pression exercée sur le secteur de l’énergie en 2022, il était particulièrement important que la Commission prenne des mesures fermes pour veiller à l’application de ces règles.

Maintien de la sûreté de l’énergie nucléaire

L’énergie nucléaire peut jouer un rôle positif dans la réalisation des objectifs climatiques et dans la garantie de la sécurité énergétique, pour autant que le niveau le plus élevé de sûreté nucléaire et de radioprotection soit atteint. La Commission a continué de mettre l’accent sur la mise en œuvre effective du cadre juridique d’Euratom en matière de sûreté nucléaire, qui protège les travailleurs, les patients et le public contre les rayonnements ionisants et fait en sorte que les déchets radioactifs soient traités en toute sécurité.

La Commission a saisi la Cour de justice de recours contre l’ Espagne , la Lettonie et le Portugal pour transposition incomplète de la législation de l’Union en matière de radioprotection. Elle a demandé à l’ Italie d’exécuter un arrêt dans lequel la Cour de justice constatait que ce pays n’avait pas transposé ces dispositions en droit national. La Commission a engagé des procédures d’infraction contre la Belgique et la Bulgarie pour transposition incorrecte des règles.

La Commission a poursuivi les procédures engagées contre la Croatie , l’ Estonie , l’ Italie , l’ Autriche , le Portugal et la Slovénie pour défaut d’adoption de programmes nationaux appropriés de gestion des déchets radioactifs et du combustible usé conformément aux règles de l’Union . Elle a clôturé 23 procédures EU Pilot concernant la transposition de la directive sur la sûreté nucléaire après que les États membres ont, lorsque cela était nécessaire, modifié leurs règles nationales ou adopté de nouvelles règles. La Commission a conclu que la transposition dans les États membres concernés était correcte et contribuait à une plus grande sûreté nucléaire.

Transports propres

Le secteur des transports peut aider l’Union à atteindre son objectif de neutralité climatique. Tous les modes de transport doivent devenir plus durables. Les solutions de substitution vertes doivent être accessibles et des mesures d’incitation adéquates doivent être mises en œuvre pour favoriser la transition.

Dans le secteur routier, la directive sur les véhicules propres fixe des objectifs nationaux en matière de marchés publics pour les véhicules propres. Des objectifs spécifiques sont fixés pour les voitures et les camionnettes, les camions et les bus, y compris un objectif pour les bus à émission nulle. Afin de veiller à l’application de ces règles dans tous les États membres, la Commission a poursuivi les procédures engagées contre la Bulgarie , la Tchéquie , Chypre , la Hongrie et la Suède , qui ne les avaient pas transposées en droit national.

Dans le secteur maritime, la directive relative aux installations de réception portuaires vise à prévenir la pollution marine imputable aux navires. Elle impose que les déchets générés à bord ne soient pas déversés dans la mer mais collectés dans les ports, lesquels doivent mettre à disposition des installations appropriées pour la collecte et le traitement de ces déchets. La Commission a poursuivi les procédures engagées contre Chypre , les Pays-Bas , l’ Autriche , la Pologne et la Suède pour non-transposition de ces règles.

Une agriculture durable garantissant l’approvisionnement alimentaire

La politique agricole commune de l’Union garantit l’approvisionnement alimentaire dans l’Union, stabilise les marchés et aide les agriculteurs à percevoir un revenu juste. Elle contribue également à relever les défis environnementaux tels que le changement climatique et la perte de biodiversité.

La Hongrie a introduit un régime de notification préalable des exportations de céréales, permettant aux autorités hongroises de préempter la vente ou d’acheter les céréales avant qu’elles ne soient exportées. La Commission a estimé que ce régime était incompatible avec les règles de l’Union relatives à l’organisation commune des marchés agricoles et avec les règles communes applicables aux exportations. Elle a donc engagé une procédure d’infraction contre la Hongrie .

Les conséquences de l’agression militaire de la Russie contre l’Ukraine ont pesé lourd sur la chaîne d’approvisionnement de l’Union et la sécurité alimentaire mondiale. L’organisation commune des marchés de produits agricoles de l’Union a aidé cette dernière à gérer cette menace. Un système agroalimentaire résilient et efficient a garanti la disponibilité de denrées alimentaires sûres, abordables et de qualité dans tous les États membres. La Commission a pris des mesures fortes pour éviter que le marché agricole commun ne soit mis à mal.

La Commission a également continué de veiller à la bonne application des règles en matière de soutien financier aux agriculteurs en vigueur en 2022 , ainsi que d’autres dispositions législatives régissant la politique agricole commune, telles que les dispositions concernant i) l’agriculture biologique , ii) la protection des indications géographiques et iii) l’interdiction des pratiques commerciales déloyales au sein de la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire . La Commission a clôturé les procédures d’infraction engagées contre 11 États membres après que ceux-ci ont transposé intégralement dans leur droit national les règles destinées à éviter les pratiques commerciales déloyales. Elle a cependant constaté des cas de transposition incorrecte; pour y remédier rapidement, elle a engagé des dialogues préalables au déclenchement d’une procédure d’infraction (dialogues EU Pilot) avec 16 États membres.

Pêche durable et planification de l’espace maritime

La politique commune de la pêche de l’Union a pour principal objectif de garantir que la pêche et l’aquaculture sont durables et contribuent au développement socio-économique des communautés côtières et à la disponibilité des denrées alimentaires. Amener les stocks de poisson à des niveaux sains et les y maintenir constituent un élément central de cette politique: c’est pourquoi les règles de l’Union restreignent la capacité des flottes et limitent les captures et les activités de pêche. Pour veiller à ce que ces règles soient pleinement mises en œuvre, les États membres sont tenus de mettre en place des systèmes de contrôle et de répression appropriés.

L’action de contrôle de l’application du droit menée par la Commission consiste donc essentiellement à vérifier que les États membres appliquent les règles. Les obligations de peser, d’enregistrer et de déclarer précisément les captures sont au cœur de cette action. L’enregistrement précis des captures constitue la base d’une gestion efficace des activités de pêche, pour empêcher la surpêche et réduire les captures non désirées. Il est dès lors essentiel de disposer de systèmes de sanction adéquats et d’un système harmonisé de partage des données de pêche entre les États membres et avec la Commission. La Commission a engagé des dialogues préalables au déclenchement d’une procédure d’infraction (dialogues EU Pilot) avec certains États membres afin de tenter de remédier aux problèmes relevés à cet égard.

La Commission a continué de suivre la mise en œuvre de la directive relative à la planification de l’espace maritime , en particulier l’obligation d’établir des plans issus de la planification de l’espace maritime. Cette obligation a pour but d’encourager le développement et l’utilisation durables des zones et des ressources marines; en outre, les plans issus de la planification de l’espace maritime peuvent se révéler utiles pour faciliter le déploiement des énergies renouvelables en mer. La Commission a engagé des procédures d’infraction contre la Bulgarie et l’ Espagne pour défaut d’établissement de ces plans.

Les États membres doivent également contrôler les activités de pêche des navires de l’Union en dehors des eaux de cette dernière et veiller au respect des règles de la politique commune de la pêche. La Commission a poursuivi une procédure d’infraction engagée contre la France pour défaut de contrôle adéquat d’une partie de sa flotte extérieure.

La Commission a poursuivi deux procédures d’infraction engagées contre la Belgique et les Pays-Bas pour défaut de contrôle et d’exécution de la pesée et de l’enregistrement précis des captures. Elle a par ailleurs engagé une procédure d’infraction contre la Croatie après avoir constaté des manquements dans le système croate de contrôle des élevages de thon rouge, et a clôturé une procédure engagée contre Malte concernant également la pêche au thon rouge, les autorités maltaises ayant remédié aux manquements constatés.

Santé et sécurité sanitaire des aliments

Les règles de l’Union en matière de santé et de sécurité sanitaire des aliments visent à garantir un niveau élevé de protection de la santé humaine, animale et végétale et à protéger ainsi les intérêts des consommateurs. La Commission adopte une approche «Une seule santé» en matière de préparation et de prévention, qui intègre la santé humaine, animale et environnementale, ainsi que la sécurité sanitaire des denrées alimentaires et des aliments pour animaux.

Entre mai 2021 et avril 2022, la Commission et les États membres ont collaboré afin de retirer du marché de l’Union un nombre significatif d’articles pour la cuisine et pour la table peu sûrs. Cette action conjointe, appelée «Bamboo-zling », visait principalement les articles en plastique contenant du bambou, souvent importés dans l’Union depuis des pays tiers, qui sont faussement présentés comme étant naturels ou durables et pourraient provoquer une migration de substances cancérigènes à des niveaux qui dépassent les limites prévues par les règles de l’Union . Bon nombre de ces produits illicites et frauduleux ont été retirés du marché.

En outre, afin de protéger la santé humaine et de contribuer à un système alimentaire durable, la Commission aide les États membres à faire appliquer la législation, par exemple les dispositions relatives aux produits mis sur le marché de l’Union qui sont en contact avec des aliments.

Prévention des maladies liées au tabac

La consommation de tabac reste la principale cause de cancer évitable, 27 % de l’ensemble des cancers lui étant imputables. La directive sur les produits du tabac vise à améliorer le fonctionnement du marché intérieur du tabac et des produits connexes, tout en garantissant un niveau élevé de protection de la santé des citoyens. Elle a des effets positifs en matière de santé publique. En 2022, la Commission a poursuivi ses travaux en vue de faire respecter totalement cette directive, soutenant la mise en œuvre du plan européen pour vaincre le cancer . Elle a en outre vérifié si la directive avait été transposée correctement dans les différentes législations nationales. Le dialogue avec les États membres a aussi joué un rôle déterminant pour améliorer l’application de la directive et de ses actes d’exécution.

Des transports plus sûrs

Le transport routier est le mode de transport le plus largement utilisé par les Européens et fait partie des principales causes d’accidents. La création d’un environnement propice à un transport routier sûr est une priorité majeure pour la Commission. L’action de la Commission visant à assurer le respect des règles et normes techniques de l’Union contribue à réduire le nombre de décès causés par des accidents de la route.

En 2022, la Commission a poursuivi une procédure d’infraction engagée contre la Tchéquie pour transposition incorrecte des règles de l’Union relatives aux normes minimales d’aptitude à la conduite dans le cas des pathologies cardiovasculaires. Elle a également poursuivi les procédures d’infraction qu’elle avait engagées contre la Grèce , les Pays-Bas , la Pologne , le Portugal , la Slovaquie et la Slovénie pour transposition incomplète des dispositions législatives de l’Union concernant la gestion de la sécurité des infrastructures routières.

Dans le secteur ferroviaire, la Commission a poursuivi les procédures d’infraction engagées contre la Suède pour défaut de notification à la Commission des mesures de transposition des règles en matière d’interopérabilité et de sécurité ferroviaires. Ces règles font partie du quatrième paquet ferroviaire, dont la mise en œuvre est une priorité pour la Commission. En matière de sécurité aérienne, la Commission a engagé une procédure d’infraction contre l’ Espagne pour application incorrecte de la législation de l’Union dans le domaine de l’aviation civile et du personnel navigant de l’aviation civile .

Dans le secteur maritime, la Commission a continué de se concentrer sur l’application des règles de l’Union concernant le niveau minimal de formation des gens de mer . Elle a notamment poursuivi les procédures d’infraction engagées contre la Tchéquie et Chypre pour faire en sorte que ces deux pays appliquent ces règles.



Une Europe adaptée à l’ère du numérique

«La transition numérique appelle des règles claires. Les citoyens ont besoin de savoir qu’ils peuvent se fier aux technologies qu’ils ont entre les mains. Les entreprises ont besoin de prévisibilité pour planifier leurs investissements. Et c’est exactement la raison pour laquelle nous avons préparé un programme de réformes et d’investissements numériques des plus ambitieux – le plus ambitieux de l’histoire de notre Union.»

Extrait du discours prononcé par la présidente von der Leyen lors de l’événement «Masters of Digital 2022»

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