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Acte préparatoire52023DC0488

Acte préparatoire — 52023DC0488

CELEX52023DC0488
TypeActe préparatoire
Datelundi 14 août 2023

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 14.8.2023

COM(2023) 488 final

RAPPORT DE LA COMMISSION AU CONSEIL ET AU PARLEMENT EUROPÉEN

Troisième rapport sur l’application du règlement (CE) nº 723/2009 du Conseil du 25 juin 2009 relatif à un cadre juridique communautaire applicable à un Consortium pour une infrastructure européenne de recherche (ERIC)


RAPPORT DE LA COMMISSION AU CONSEIL ET AU PARLEMENT EUROPÉEN

Troisième rapport sur l’application du règlement (CE) nº 723/2009 du Conseil du 25 juin 2009 relatif à un cadre juridique communautaire applicable à un Consortium pour une infrastructure européenne de recherche (ERIC)

Dans ses conclusions du 26 novembre 2021, le Conseil a souligné le rôle d’intégration et de structuration joué par les infrastructures de recherche dans l’écosystème européen de la connaissance et de l’innovation, a approuvé la dernière feuille de route du Forum stratégique européen pour les infrastructures de recherche (ESFRI), s’est félicité de l’évaluation du cadre juridique du Consortium pour une infrastructure européenne de recherche (ERIC) et a invité une nouvelle fois la Commission à présenter le prochain rapport sur la mise en œuvre de l’ERIC. Dans ses conclusions du 2 décembre 2022, le Conseil a réaffirmé la pertinence du cadre ERIC pour permettre la mise en place d’entités opérationnelles d’infrastructures de recherche, a pris acte des progrès accomplis avec les ERIC créés depuis son entrée en vigueur et a invité la Commission à proposer une initiative sur l’évolution possible du cadre.

Ce troisième rapport sur la mise en œuvre du règlement ERIC donne un aperçu de l’état d’avancement des ERIC, recense les principaux moyens par lesquels les ERIC peuvent apporter des avantages sociaux et économiques à l’Europe et à ses citoyens et examine les défis qui subsistent et les solutions possibles pour un financement et un fonctionnement efficaces des ERIC.

Le règlement ERIC s’attaque à l’une des principales difficultés liées à la création de nouvelles infrastructures de recherche européennes, à savoir l’absence d’un cadre juridique adéquat approuvé par tous les États membres et permettant la création d’un partenariat avec des membres de différents pays. Il simplifie la procédure de création d’une entité juridique internationale chargée d’établir et d’exploiter une infrastructure de recherche, en réduisant au minimum les négociations entre les gouvernements et en hiérarchisant les investissements afin de répondre aux problématiques majeures. Il permet une structure de gouvernance interne souple et laisse les membres définir, dans les statuts, leurs droits et obligations, les organes et leurs compétences et ainsi que les autres modalités internes, conformément au type et à la portée spécifiques de chaque infrastructure de recherche.

Depuis le dernier rapport sur les ERIC, publié en 2018, le nombre d’ERIC a connu une augmentation rapide, avec 26 ERIC institués à ce jour et au moins sept autres demandes d’ERIC en cours de traitement, donc certaines se trouvent déjà à un stade avancé. Si l’on ne prend que les ERIC existant depuis au moins cinq ans, leur nombre cumulé de membres a augmenté de 70 % par rapport au nombre de leurs membres fondateurs, ce qui confirme que le cadre juridique de l’ERIC est attrayant pour les installations de recherche et les États membres. En moyenne, chaque ERIC compte 14 membres, représentant la moitié des États membres de l’UE, tandis que certains couvrent déjà la majeure partie de l’Union. Le total des investissements dans les ERIC à ce jour est estimé à environ 9 milliards d’euros. Le succès des ERIC a conduit à l’élaboration de cadres similaires tels que le Consortium pour une infrastructure numérique européenne (EDIC) et le Consortium européen pour une infrastructure des puces électroniques (ECIC).

Dans le paysage européen des infrastructures de recherche, les ERIC jouent un rôle de plus en plus important en soutenant des activités de recherche et d’innovation inédites, en relevant les défis sociétaux et en aidant l’Europe à collaborer et à affronter la concurrence mondiale. Leur développement ultérieur devrait permettre de créer des liens au sein du réseau plus vaste d’infrastructures de recherche et d’améliorer l’accessibilité de leurs services conformément aux priorités du nouvel EER. Pour y parvenir, un certain nombre d’aspects devraient encore être optimisés.

La poursuite du développement des infrastructures de recherche, y compris des ERIC, devrait continuer d’être alignée sur les objectifs politiques plus généraux de l’UE. Les cadres de financement à long terme des ERIC doivent s’appuyer sur des synergies efficaces entre toutes les sources de financement possibles aux niveaux européen, national et régional. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour renforcer les programmes d’accès des ERIC et la disponibilité de leurs services. Les pays membres des ERIC devraient remédier au manque de perspectives de carrière du personnel des ERIC en harmonisant les conditions d’emploi. Une meilleure définition des activités des ERIC faciliterait l’application de l’exonération de TVA ainsi que les investissements transnationaux. Des orientations supplémentaires sur les activités économiques des ERIC et sur les règles en matière d’aides d’État devraient être fournies afin de renforcer l’impact plus large des ERIC et, partant, leur viabilité.

Les ERIC pourraient potentiellement devenir l’instrument juridique de choix pour développer davantage les activités des infrastructures de recherche intégrées au niveau mondial, à condition que la participation des pays tiers aux ERIC soit véritablement facilitée, afin de surmonter les obstacles juridiques et opérationnels actuels. Cela permettrait une meilleure utilisation des infrastructures de recherche sur tous les continents, ce qui rendrait ainsi possible le partage des capacités, des ressources de connaissances et des services entre les partenaires internationaux.

L’évolution future du cadre ERIC devrait porter sur les domaines nécessitant une optimisation ou une harmonisation plus poussée.

1.Introduction

L’excellence scientifique de l’Europe est soutenue par des infrastructures de recherche compétitives au niveau mondial, établies et maintenues par les États membres de l’UE et l’Union. Grâce à ce soutien, ces infrastructures de recherche sont devenues un pilier de l’Espace européen de la recherche (EER) et ont contribué à la manière dont sont menés aujourd’hui les travaux de recherche scientifique en Europe, où l’accent est mis sur la collaboration, l’inclusion et le libre accès. Comme les infrastructures publiques telles que les systèmes de transport, les infrastructures de recherche sont souvent caractérisées par une très forte intensité en capital, tout en étant vitales pour le développement économique et la prospérité des régions.

Le développement des infrastructures de recherche en Europe bénéficie d’un cadre politique bien établi de l’UE, reposant sur la fixation de priorités stratégiques par le Forum stratégique européen pour les infrastructures de recherche (ESFRI) 1 et sur un cadre juridique commun pour un Consortium pour une infrastructure européenne de recherche (ERIC), soutenu par un financement spécifique au titre du programme-cadre de R&I de l’UE.

Le règlement ERIC 2 a été adopté en 2009 afin de faciliter la création et l’exploitation de grandes infrastructures européennes de recherche parmi les États membres de l’UE et pays associés. Ce règlement s’est avéré très efficace pour lancer et intégrer de nombreuses infrastructures de recherche au niveau européen, en alignant les investissements et les priorités de recherche nationaux et en mettant en commun les ressources et l’expertise. Les 26 ERIC déjà en place représentent un investissement en capital estimé à environ 9 milliards d’euros. Parmi les 41 infrastructures de recherche déjà mises en œuvre dans le cadre de la feuille de route ESFRI, les «repères ESFRI», 60 % ont été créées en tant qu’ERIC. La plupart des ERIC ont vu le nombre de leurs membres augmenter considérablement au cours des années qui ont suivi leur création. Actuellement, les ERIC comptent en moyenne 14 membres; en d’autres termes, ils comprennent la moitié des pays de l’UE. Ils suscitent en outre un intérêt croissant, en tant que vecteurs efficaces pour la collaboration scientifique internationale, parmi les pays associés, dont certains (tels que la Norvège) ont déjà transposé le règlement ERIC dans le droit national, et par les partenaires internationaux de l’Europe.

Ce troisième rapport sur la mise en œuvre du règlement ERIC reflète l’importance stratégique croissante des ERIC dans le paysage européen des infrastructures de recherche et tient compte des priorités récentes de l’UE. Il propose un aperçu de l’état d’avancement des ERIC et recense les principaux moyens par lesquels ils peuvent faire reculer les frontières de la science et apporter des avantages sociaux et économiques à l’Europe et à ses citoyens. Il aborde également les problèmes qui subsistent et les solutions possibles pour assurer un financement et un fonctionnement efficaces des ERIC. Le groupe d’experts de la Commission 3 qui a préparé une évaluation de la mise en œuvre du règlement sur la base également des contributions d’un large éventail de parties prenantes, dont l’ESFRI et le forum des ERIC, a apporté une contribution significative au présent rapport 4 . Enfin, le présent rapport a été l’occasion d’échanger avec les États membres de l’UE sur la manière de tirer davantage parti du règlement ERIC et de renforcer sa valeur ajoutée européenne, ainsi que sur les besoins potentiels d’optimisation ou d’harmonisation de certains aspects du cadre.

2.Permettre la mise en commun de ressources et d’expertise avancées en matière de recherche

Les infrastructures de recherche européennes constituent un pilier essentiel de l’EER et l’une de ses plus belles réussites à ce jour.

Au cours des 20 dernières années, dans le cadre de l’ESFRI et du processus de définition de sa feuille de route, les gouvernements nationaux ont travaillé en partenariat étroit avec la Commission européenne et la communauté scientifique afin de favoriser le développement d’infrastructures de recherche paneuropéennes et d’encourager la collaboration et la mise en réseau entre ces infrastructures.

L’ESFRI a permis d’apporter une réponse stratégique sur la manière dont un écosystème européen d’infrastructures de recherche peut soutenir le plus efficacement possible le progrès scientifique et l’innovation dans l’ensemble de l’Union, par exemple en contribuant à la réalisation des objectifs stratégiques plus larges de l’Europe et des objectifs de développement durable des Nations unies. En décembre 2021, l’ESFRI a publié la sixième édition de sa feuille de route 5 , devenue l’un des accomplissements majeurs de l’EER avec ses 41 infrastructures de recherche mises en œuvre et ses 22 projets en cours, mobilisant plus de 24 milliards d’euros d’investissements.

Ces investissements conjoints ont également contribué à réaffirmer l’objectif fixé au niveau de l’Union d’investir 3 % du PIB de l’Union dans la R&D, en promouvant les investissements nationaux permettant aux stratégies nationales et régionales de répondre aux priorités de l’UE.

Ces évolutions ont profondément transformé la disponibilité d’installations de pointe pour les scientifiques et les innovateurs, renforçant les solides performances de l’Europe en matière de recherche, en mettant en commun les ressources et l’expertise en matière de recherche et en permettant aux chercheurs d’accéder aux équipements, technologies et ressources spécialisés dont ils ont besoin afin de faciliter les découvertes scientifiques, d’améliorer les résultats de la recherche et de stimuler l’innovation.

En réponse aux priorités nouvellement données aux objectifs environnementaux, sociaux et économiques, le nouvel EER envisage de renforcer la contribution des activités de recherche et d’innovation aux objectifs stratégiques plus larges de l’Europe qui sous-tendent le pacte vert, la transformation numérique, une base économique solide et compétitive et une contribution importante à la réponse aux défis mondiaux. Les priorités du paysage européen des infrastructures de recherche ont évolué en fonction de ces objectifs; elles visent en outre à soutenir davantage les efforts destinés à favoriser la souveraineté de l’UE dans le domaine des technologies critiques et émergentes, y compris celles pertinentes pour une transition écologique et numérique équitable 6 .

Pour faire évoluer davantage la situation conformément aux objectifs stratégiques plus larges de l’Europe, il est nécessaire que les infrastructures de recherche elles-mêmes déploient de nouveaux efforts stratégiques communs; dans ce cadre, un bon fonctionnement et une direction efficace des ERIC s’avèrent essentiels.

La poursuite du développement des infrastructures de recherche, y compris des ERIC, devrait constamment s’aligner sur les objectifs stratégiques plus larges de l’UE, y compris en ce qui concerne la double transition équitable, la contribution à l’objectif de 3 % d’investissements dans la R&D et le soutien à la compétitivité de l’UE.

2.1.Le cadre stratégique des infrastructures de recherche

Plusieurs documents stratégiques ont structuré le développement des infrastructures de recherche européennes au cours des dernières années.

Le livre blanc de l’ESFRI intitulé «Making Science Happen» 7 , publié en 2020 en tant que contribution au développement du nouvel EER, a proposé une vision d’un écosystème européen consolidé d’infrastructures de recherche qui sous-tend l’EER, offrant des services interdisciplinaires, intégrés et harmonisés permettant à leurs utilisateurs de relever les défis scientifiques les plus importants et de générer de nouvelles connaissances, ainsi que de maximiser leur impact sur les défis sociétaux mondiaux les plus urgents et sur la vie quotidienne des citoyens européens.

Pour mettre en œuvre un écosystème aussi robuste, il est nécessaire de conserver une avance mondiale absolue en ce qui concerne les capacités des infrastructures de recherche en Europe, d’accélérer le développement et l’exploitation de ces infrastructures en tant que pôles de connaissances et d’innovation, de renforcer leur rôle dans l’éducation et la formation ainsi que de mieux exploiter leur expertise en matière de science et d’ingénierie des données et d’accroître le partage et l’utilisation des données. La feuille de route de l’ESFRI de 2021 8 a précisé les moyens d’y parvenir.

Le «pacte pour la recherche et l’innovation en Europe» 9 a souligné que les infrastructures de recherche sont le pilier d’un système de recherche et d’innovation performant et a reconnu que le paysage actuel des infrastructures de recherche en Europe constituait l’une des principales réalisations de l’EER, soulignant la nécessité de continuer à soutenir son développement et son impact plus large, conformément au livre blanc de l’ESFRI. En particulier, une action prioritaire dans le cadre de l’actuel programme stratégique de l’EER 10 vise à renforcer la durabilité, l’accessibilité et la résilience des infrastructures de recherche dans l’EER en tant qu’élément important de l’approfondissement du marché intérieur de la connaissance dans l’UE.

La promotion de l’écosystème européen des infrastructures de recherche a également figuré parmi les priorités des présidences successives du Conseil. En particulier, le Conseil «Compétitivité» de décembre 2022 a publié des conclusions sur les infrastructures de recherche 11 , qui abordent les différentes dimensions de l’écosystème et son rôle dans la recherche et l’innovation et le développement économique et social en Europe, ainsi que les priorités politiques de l’Union.

2.2.État d’avancement de la mise en œuvre du règlement ERIC: principales réalisations

Le règlement ERIC s’attaque à l’une des principales difficultés recensées en ce qui concerne la création de nouvelles infrastructures de recherche européennes, à savoir l’absence d’un cadre juridique adéquat approuvé par tous les États membres permettant la création d’un partenariat avec des membres de différents pays. Il simplifie la procédure de création d’une entité juridique internationale chargée d’établir et d’exploiter une infrastructure de recherche, en réduisant au minimum les négociations entre les gouvernements. Il permet une structure de gouvernance interne souple et laisse les membres définir, dans les statuts, leurs droits et obligations, les organes et leurs compétences, ainsi que les autres modalités internes, conformément au type et à la portée spécifiques de chaque infrastructure de recherche.

26 ERIC ont déjà été créés 12 et plusieurs autres sont en cours de préparation, couvrant un large éventail de domaines scientifiques et exploitant différents types d’infrastructures de recherche, qui peuvent être implantées sur un seul site ou sur plusieurs sites.

La majorité des ERIC qui ont été créés jusqu’à présent exploitent des infrastructures de recherche multisites et, dans plusieurs cas, permettent d’adopter des approches multitechniques, multimodales et pluridisciplinaires, ce qui confirme la pertinence de la structure juridique de l’ERIC pour mettre en œuvre un large éventail de cadres collaboratifs. Le succès de cette approche a été reconnu, et la Commission et le Conseil envisagent à présent l’adoption de cadres comparables dans d’autres domaines tels que les infrastructures numériques 13 , les semi-conducteurs 14 et la défense européenne 15 .

La liste des ERIC existants est fournie à l’annexe II. Tous les États membres de l’UE sont membres d’au moins un ERIC, et 10 d’entre eux accueillent le siège statutaire d’un ERIC. Neuf pays associés 16 sont membres d’un ERIC et, dans le cas de la Norvège et du Royaume-Uni, accueillent également le siège statutaire d’un ERIC. Deux organisations intergouvernementales sont membres d’un ERIC. Il convient de noter que le nombre de membres des ERIC augmente avec le temps. Globalement, le nombre total de membres (y compris les observateurs) de tous les ERIC existants s’élève à 357 membres et observateurs, dont 232 seulement sont des membres fondateurs. Cela représente une augmentation globale de 54 % par rapport aux chiffres datant du début des ERIC. Si l’on ne prend que les ERIC existant depuis au moins cinq ans, cette augmentation s’élève à 70 %, ce qui confirme l’attrait du cadre juridique de l’ERIC.

Les ERIC multisites comprennent des nœuds et des plateformes opérant au sein de centaines d’universités et d’établissements de recherche nationaux (et de certaines institutions internationales). Il s’agit de partenariats institutionnels à long terme censés être mis en œuvre pendant des décennies, bien au-delà des perspectives temporelles limitées du programme-cadre de R&I ou des programmes et initiatives nationaux en cours.

3.Contribution des ERIC à la réponse aux priorités de l’UE et aux défis mondiaux

Les infrastructures de recherche constituent un domaine prioritaire d’action commune dans l’Union dans le cadre du pacte pour la R&I en Europe, qui vise à améliorer l’accès ouvert aux infrastructures de recherche, à mieux les exploiter et connecter, à les intégrer dans l’EER et à exploiter leur potentiel pour apporter des solutions aux défis mondiaux que les États se sont engagés à relever au titre du programme de développement durable des Nations unies et de l’accord de Paris.

Atteindre ces objectifs suppose de disposer d’infrastructures de recherche permettant de fournir les bases nécessaires à des activités de recherche et d’innovation inédites visant à relever les défis mondiaux tels que le changement climatique et les questions de santé mondiales et à aider l’Europe à collaborer et à être compétitive au niveau mondial, y compris en exploitant la transition numérique et les technologies telles que l’intelligence artificielle (IA).

Dans le paysage européen des infrastructures de recherche, les ERIC jouent un rôle de plus en plus important dans le soutien à la R&I afin de mieux relever ces défis. Un développement accru de ces infrastructures devrait permettre de créer davantage de liens au sein du réseau d’infrastructures de recherche au sens large et du nouvel EER.

3.1.Transition écologique

Un nombre croissant d’ERIC soutient la R&I en faveur d’une transition écologique équitable, de l’atténuation du changement climatique et de la lutte contre la perte de biodiversité. L’ERIC ECCSEL contribue à la mise au point de solutions rentables pour le captage, l’utilisation et le stockage du dioxyde de carbone et, partant, au développement d’un secteur énergétique et industriel à plus faible intensité en carbone. L’ERIC-CERIC développe des services dans le domaine du stockage de l’énergie et collabore avec le partenariat pour l’hydrogène propre. La construction de l’ERIC Source européenne de spallation contribue à l’élaboration de nouveaux matériaux de meilleure qualité pour les solutions énergétiques ainsi que de technologies réduisant l’empreinte carbone des infrastructures de recherche. L’ERIC ESS fournit des données solides sur les schémas comportementaux pertinents pour lutter contre le changement climatique. Les données de l’ERIC ICOS sur le cycle du carbone et le budget en matière de gaz à effet de serre alimentent les politiques relatives au changement climatique et à une Europe neutre en carbone et servent à élaborer de nouveaux concepts pour observer les émissions de gaz à effet de serre des villes. L’ERIC Euro-Argo contribue aux applications dans le domaine du changement climatique, par exemple dans le cadre de Copernicus, et à la surveillance de la santé des océans. L’ERIC LifeWatch fournit des installations de recherche dans le domaine de la science en ligne afin de comprendre la biodiversité et les fonctions et services écosystémiques. L’ERIC EMBRC permet d’accéder à la biodiversité marine dans toute l’Europe. L’ERIC-AnaEE soutient les stratégies d’adaptation et d’atténuation pour l’avenir des plantes, des sols, de l’eau et de la biodiversité. Certains de ces ERIC sont également des acteurs clés sur la scène mondiale: par exemple, l’ERIC ICOS est un contributeur essentiel au Projet mondial sur le carbone (Global Carbon Project), et l’ERIC Euro-Argo est un contributeur essentiel au programme international Argo.

Comme toutes les infrastructures de recherche, les ERIC sont également confrontés à la nécessité urgente de procéder à leur propre écologisation. La récente crise énergétique a mis en péril le fonctionnement normal de nombreux ERIC, notamment ceux à forte intensité énergétique, mais pas seulement. Afin d’atteindre les objectifs de neutralité climatique de l’UE et de faire face aux crises des ressources (telles que l’énergie, l’eau et les matières premières), une stratégie et d’éventuelles actions devraient être examinées d’urgence en vue d’assurer la durabilité du paysage des infrastructures de recherche. Les investissements nécessaires à l’écologisation des ERIC devraient être déterminés et de nouveaux mécanismes de financement devraient être étudiés.

Les ERIC multisites, perçus comme moins énergivores, doivent néanmoins développer des stratégies communes et des synergies entre leurs différents nœuds, ce qui nécessite d’adopter des méthodes communes validées afin d’évaluer l’empreinte environnementale tout au long du cycle de vie du programme, de recenser les besoins technologiques et d’élaborer des stratégies d’exploitation, y compris en ce qui concerne l’accès. À titre d’exemple, des discussions sont déjà en cours en vue de regrouper des infrastructures et d’élaborer des services conjoints. La numérisation, qui améliore l’accès à distance et virtuel, peut faire partie de ces stratégies.

§Les ressources devraient être allouées en priorité pour renforcer la capacité des ERIC à soutenir la R&I en faveur d’une transition écologique équitable, de l’atténuation du changement climatique et de la lutte contre la perte de biodiversité.

§L’empreinte environnementale et l’utilisation efficace des ressources des ERIC – actuels et futurs – devraient être prises en considération tout au long du cycle de vie des infrastructures de recherche, notamment lors de leurs phases de conception et d’élaboration.

3.2.Transition numérique

De nombreux ERIC font partie des organisations les plus avancées en matière de numérisation, que ce soit pour leur propre fonctionnement, leurs équipements et leurs instruments, pour l’accès et les services qu’ils fournissent ou pour les données et les résultats qu’ils produisent eux-mêmes. Par exemple, dans le domaine de l’environnement, les ERIC et d’autres infrastructures de recherche se trouvent à un stade très avancé en ce qui concerne la numérisation de l’ensemble des cycles de vie des données au moyen d’instruments automatisés, de l’étalonnage et du traitement des données, de l’analyse fondée sur l’IA et de l’archivage, ou au moyen d’un accès virtuel à distance.

La pandémie de COVID-19 a considérablement accéléré le développement et l’utilisation des services virtuels et de l’accès à distance. Toutefois, cela a nécessité d’importants investissements informatiques, l’acquisition de nouvelles compétences par le personnel des ERIC ainsi qu’un soutien accru sur place et une formation complémentaire des utilisateurs à distance. L’accès virtuel à distance peut s’avérer particulièrement problématique pour les nouveaux utilisateurs et entraîner la perte de possibilités de mise en réseau et de coopération, en particulier pour les chercheurs en début de carrière.

Les ERIC favorisent la science à forte intensité de données et s’emploient activement à garantir que leurs données satisfont aux principes FAIR (faciles à trouver, accessibles, interopérables et réutilisables). Ils jouent donc un rôle essentiel dans la mise en place du nuage européen pour la science ouverte (EOSC). À cette fin, ils participent soit directement, soit par l’intermédiaire des organismes représentants de leurs membres, à de nombreuses activités visant à développer l’EOSC et à établir des liens avec ce dernier dans différents domaines scientifiques. De nombreux ERIC sont également membres de l’association de l’EOSC.

Des investissements majeurs dans les TIC et le développement des compétences pertinentes du personnel des ERIC sont nécessaires pour favoriser la réussite de la transition numérique des ERIC ou par l’intermédiaire de ceux-ci, y compris l’exploitation du potentiel de l’IA, et des mesures appropriées devraient être envisagées pour les nouveaux utilisateurs, notamment les chercheurs en début de carrière et l’industrie.

3.3.Défis en matière de santé et résilience face aux crises

Les ERIC mis en place dans le domaine des sciences de la vie ont amélioré leurs performances en matière de recherche et de services, ainsi que leur qualité. Leurs flux de travail ont été améliorés et leurs analyses ont gagné en efficacité. Des procédures opératoires standard (POS) intégrées ont été établies, l’accessibilité des données a été renforcée et leur normalisation est en cours. En conséquence, les ERIC sont mieux à même de soutenir la recherche portant sur le large éventail de défis à relever dans le domaine de la santé, qui vont de la lutte contre le cancer à la compréhension et au traitement des maladies rares en passant par la lutte contre les maladies infectieuses. Grâce à ce renforcement intensif des capacités au cours des dernières années, les ERIC jouent un rôle important dans la réalisation des objectifs de la mission de l’UE contre le cancer, en fournissant un accès aux services et aux données et en permettant la réalisation d’activités de recherche et d’innovation de pointe afin de mieux comprendre et de mieux traiter le cancer. Ils jouent également un rôle déterminant dans le développement, au sein de l’EOSC, d’un portail donnant accès à différents types de données de recherche sur le cancer, disponible dans toute l’UE, qui permet d’accéder à ces données par l’intermédiaire d’un point d’entrée unique 17 . Les ERIC ont également mis en place des collaborations efficaces avec le comité de mission sur le cancer et l’entreprise commune «Initiative en matière de santé innovante».

Les ERIC, comme d’autres infrastructures de recherche, ont démontré une capacité très importante à répondre à l’urgence qu’a représenté la pandémie de COVID-19, en révisant et en adaptant rapidement les opérations de leurs programmes d’accès et en fournissant leurs services, y compris de nouveaux services ad hoc accélérés, afin de soutenir la recherche sur la COVID-19. Les ERIC ont participé à l’ensemble des activités de mise au point de vaccins (par exemple, l’ERIC EATRIS) et de traitements (par exemple, l’ERIC EU-OPENSCREEN et l’ERIC INSTRUCT), à la recherche sur les outils de diagnostic et à l’analyse des effets directs et indirects de la crise. De même, les données issues de la recherche sur la COVID-19 ont été rapidement mises à disposition dans le domaine public, ce qui a contribué à améliorer notre compréhension clinique de ses effets et a éclairé le développement de traitements et le suivi des nouveaux variants du virus grâce au séquençage génomique et à des efforts coordonnés de partage des données. Des infrastructures telles que l’ERIC-BBMRI ont joué un rôle important dans la mobilisation des infrastructures de données publiques pour permettre le partage des données issues de la recherche au moyen de la plateforme européenne de données sur la COVID-19 18 .

La pandémie de COVID-19 a prouvé que les ERIC étaient un élément essentiel du renforcement de la résilience face aux crises dans l’UE. Dans le même temps, la résilience des ERIC eux-mêmes a été mise à rude épreuve par la pandémie. Compte tenu de la diversité des ERIC, plusieurs enseignements peuvent être tirés afin d’améliorer leur préparation aux crises futures. En particulier, au niveau organisationnel, il est important de renforcer les capacités permettant d’adapter rapidement les modèles d’accès et d’utiliser les infrastructures de recherche de manière innovante, ainsi que de renforcer la coordination entre les différents nœuds des ERIC et en leur sein même. Au niveau stratégique, comme dans le domaine de la recherche en général, les infrastructures de recherche ne sont pas prises en considération dans les plans nationaux de gestion des crises, ce qui complique leur fonctionnement et l’utilisation de leurs capacités uniques.

Afin de relever les défis dans le domaine de la santé et de renforcer la résilience aux crises, les ERIC devraient élaborer des plans de gestion de l’accès incluant un mode d’accès en cas de crise, dans le cadre des plans nationaux de gestion des crises.

3.4.Développement technologique, innovation et éducation

La coopération industrielle est un facteur important qui renforce la viabilité à long terme des infrastructures de recherche et contribue à l’élargissement et à la diversification de leur base d’utilisateurs. Elle permet également de générer des synergies fonctionnelles entre les politiques de recherche et les politiques industrielles. En outre, en optimisant leur utilisation ou grâce à d’éventuelles retombées positives, les infrastructures peuvent soutenir les PME, soit pour le développement technologique, soit pour l’adoption de solutions innovantes, généralement à des coûts nettement inférieurs à ceux des services commerciaux.

Les ERIC et les installations qui constituent leurs nœuds nationaux peuvent également jouer un rôle important dans la promotion du développement d’écosystèmes locaux ou régionaux intégrant les infrastructures de recherche, les infrastructures technologiques, les installations d’incubation et les utilisateurs industriels, en ouvrant de nouvelles possibilités d’hébergement de projets avec l’industrie, en particulier les PME, avec lesquelles les interactions des infrastructures de recherche sont généralement locales.

Toutefois, la fourniture de services par les ERIC à l’industrie reste à la fois limitée et fragmentée aux niveaux européen et national et leur potentiel d’innovation reste donc sous-exploité. Pour accroître la visibilité des utilisateurs industriels et former des partenariats durables, il est nécessaire d’investir massivement en ressources, en temps et en personnel. Seuls certains ERIC peuvent se permettre d’avoir un bureau de coopération industrielle/de liaison, disposant d’un personnel spécialisé. Leur rôle est non seulement de communiquer avec l’industrie, mais surtout de définir l’offre qu’ils proposent à ces utilisateurs, dont les besoins de services sont souvent différents de ceux des utilisateurs scientifiques. Cela est particulièrement important pour les infrastructures de recherche qui offrent des services complexes à l’industrie (par exemple, parce qu’ils combinent des compétences et l’accès aux instruments). Dans de tels cas, l’ERIC fournit également une formation spécifique, des services de conseil et des avis. L’industrie opte généralement pour un accès exclusif moyennant paiement d’une redevance, ce qui n’est pas conforme aux règles d’accès ouvert fondées sur l’excellence. Il convient de concilier cet accès avec l’objectif principal des ERIC, à savoir soutenir l’excellence scientifique, ainsi qu’avec le principe d’activité économique limitée.

L’impact de l’écosystème interconnecté qui entoure les ERIC est également visible dans le domaine de l’éducation et du développement des ressources humaines. Les ERIC attirent des chercheurs et des ingénieurs expérimentés et servent ainsi de plateformes pour le transfert de compétences et de connaissances vers la société et l’économie. Ils jouent également un rôle important dans la formation des chercheurs et la promotion de la culture scientifique, en contribuant au développement des compétences et en rendant plus attrayants les parcours professionnels dans le domaine de la recherche.

Il convient de continuer à promouvoir la préservation de l’objectif principal d’excellence scientifique, le rôle des ERIC dans les écosystèmes d’innovation locaux, régionaux et nationaux, leur utilisation par l’industrie et les pouvoirs publics, ainsi que leur capacité à transférer des compétences et des connaissances vers la société.

4.Tirer pleinement parti du règlement ERIC

Les principaux défis auxquels sont confrontés les ERIC résident dans leur viabilité scientifique, financière et opérationnelle. La viabilité scientifique est la capacité de fournir des services de recherche et des données de pointe, ainsi que la capacité de développer et d’améliorer en permanence l’offre. La viabilité financière est assurée lorsque le modèle de financement de l’ERIC garantit un niveau de ressources financières suffisant pour maintenir toutes ses fonctions, sans perturbations, au moins à moyen terme, en laissant également de la place à son développement ultérieur. La viabilité opérationnelle est liée au maintien de ressources humaines adéquates ainsi qu’à la fourniture continue des composantes nécessaires pour garantir l’utilisation efficace du potentiel scientifique de l’organisation et son bon fonctionnement.

4.1.Mettre à profit les investissements conjoints

Les modèles de financement de la plupart des ERIC multisites garantissent uniquement le financement des coûts de coordination et, dans la plupart des cas, les engagements des membres participants ne concernent que les dépenses liées au nœud central. Le financement du fonctionnement des nœuds multisites provient de budgets différents, souvent des budgets institutionnels des universités et des institutions qui accueillent les nœuds. Il en résulte une perspective de financement à court terme limitée à la coordination, ce qui fait obstacle à bon nombre des activités conjointes souvent prévues dans les statuts des ERIC, telles que la coordination des programmes de recherche et d’innovation, la passation conjointe de marchés, les projets communs entre nœuds de différents pays ainsi que la coordination de la formation et du recrutement du personnel. Ces activités sont donc généralement menées dans le cadre de projets ad hoc financés par des fonds extérieurs, souvent attribués au niveau de l’UE. Cela engendre une grande incertitude concernant le financement de la poursuite du développement et du fonctionnement des ERIC, ce qui limite également leur résilience et leur capacité à s’adapter aux besoins spécifiques.

L’absence de financement durable de leurs programmes d’accès, qui ne sont généralement pas financés dans le cadre du budget opérationnel ordinaire, constitue un obstacle majeur persistant à la réalisation de leur plein potentiel pour de nombreux ERIC. Au lieu de cela, l’accès dépend dans une large mesure du financement ad hoc de projets. Cet obstacle majeur doit être surmonté afin de tirer pleinement parti des investissements réalisés dans les ERIC et de faire en sorte que les chercheurs en Europe et au-delà aient accès aux meilleures infrastructures de recherche.

Dans le même temps, afin de maintenir leur compétitivité au niveau mondial, les ERIC ont besoin d’investissements constants afin de renforcer leurs capacités scientifiques, de développer des services nouveaux et améliorés et d’optimiser leurs opérations. Un financement considérable est nécessaire, par exemple dans l’écologisation des ERIC, la gestion des données dans le respect des principes FAIR et le développement de nouvelles technologies; ce financement est rarement prévu dans les engagements à plus long terme des pays membres.

Les besoins d’investissement des ERIC doivent être correctement déterminés et reconnus, et des cadres de financement à long terme doivent être mis en place, en s’appuyant sur des synergies efficaces entre toutes les sources de financement possibles aux niveaux européen, national et régional.

4.2.Optimisation des opérations

Les premiers ERIC disposent désormais de plusieurs années d’expérience opérationnelle et deviennent des organisations matures, conscientes de leurs points forts, de leurs points faibles et des obstacles auxquels elles sont confrontées. Leur fonctionnement est en constante amélioration, mais un certain nombre de questions doivent faire l’objet d’un examen plus approfondi afin de garantir leur viabilité opérationnelle.

Ressources humaines

Bien que les ERIC soient des entités juridiques créées en vertu du droit de l’UE, leurs ressources humaines sont essentiellement gérées dans le contexte national, c’est-à-dire dans le cadre juridique de chaque pays d’activité. En conséquence, le personnel d’un ERIC est engagé selon des conditions d’emploi différentes, ce qui crée une charge administrative importante pour le siège de l’ERIC. Cela a également une incidence significative sur la capacité des ERIC à attirer du personnel scientifique, technique et de soutien (administratif, juridique, de communication, experts en données, etc.) au niveau européen, et limite de même les possibilités pour le personnel des ERIC d’accéder à une carrière européenne. Ces disparités des conditions d’emploi entravent considérablement la mobilité du personnel au sein d’un ERIC multisite. Une telle mobilité au sein et entre les ERIC, ainsi qu’avec d’autres infrastructures de recherche européennes, faciliterait grandement la formation et l’apprentissage tout au long de la vie de leur personnel (souvent) rare et hautement spécialisé. La fragmentation des régimes de retraite constitue également un problème de taille. Celui-ci peut, dans une certaine mesure, être résolu au moyen du régime de pension RESAVER 19 , mais seul un nombre limité d’ERIC offre cette possibilité aux membres de leur personnel.

Le statut du personnel travaillant pour les ERIC devrait être harmonisé dans toute la mesure du possible entre les différents pays et avec le statut des autres membres du personnel travaillant pour l’UE, par exemple ceux des entreprises communes, afin de promouvoir la mobilité et les perspectives de carrière à l’échelle de l’UE. Sur une base volontaire, les pays membres des ERIC pourraient bénéficier de la flexibilité offerte par le règlement ERIC et inclure des dispositions pertinentes dans leurs statuts afin de faciliter cette harmonisation. La poursuite de l’alignement sur l’approche des entreprises communes pourrait être envisagée pour les cas appropriés susceptibles de générer un soutien politique élevé.

Fiscalité et passation de marchés

Un ERIC peut bénéficier, sous certaines conditions et dans certaines limites, d’exonérations de TVA et de droits d’accise sur ses achats, et il peut également adopter ses propres règles en matière de passation de marchés. Ces possibilités contribuent à l’attractivité du cadre juridique et incitent les pays à investir dans des infrastructures de recherche situées dans d’autres pays, en encourageant ainsi les achats conjoints de prototypes et les rendements industriels conjoints des infrastructures de recherche à forte intensité technologique telles que celles des domaines de la physique, de l’espace et de l’astronomie.

Toutefois, ces exonérations sont limitées et sont habituellement réservées aux biens et services entièrement payés et acquis par les ERIC 20 . Pour les ERIC multisites, l’avantage est donc très souvent limité à leur coordination centrale et, afin de limiter les procédures administratives complexes, aux achats dans le pays d’accueil.

Une meilleure compréhension des faits sous-jacents par les autorités fiscales ainsi qu’une meilleure description des activités liées au champ d’application de l’ERIC faciliteraient la mise en œuvre de l’application des exonérations.

La communication de la Commission sur la contribution de la Commission à la défense européenne 21 , qui envisage, en conséquence, un cadre juridique inspiré de celui de l’ERIC, pourrait être l’occasion de clarifier davantage le rôle de l’exonération de TVA dans les investissements communs dans les ERIC.

Activités économiques

Sous certaines conditions, un ERIC peut exercer des activités économiques restreintes en offrant des biens et/ou des services sur un marché donné. Ces activités peuvent répondre positivement aux demandes croissantes d’incidences «innovantes» et «socio-économiques» et renforcer ainsi la durabilité de l’ERIC. Toutefois, seul un nombre limité d’ERIC exerce régulièrement de telles activités, ce qui est probablement lié à l’incertitude quant à la signification réelle du terme «activités économiques restreintes» ainsi qu’au respect des règles en matière d’aides d’État et des conditions d’exonération de TVA. Ce point devrait également être traité, entre autres, dans le contexte de la «spécialisation intelligente» car en ce qui concerne un éventuel soutien par les fonds régionaux (par exemple pour la construction et, ultérieurement, l’utilisation de certaines sections des installations d’un ERIC). Il inclut d’autres sujets tels que la façon dont les ERIC peuvent avoir des répercussions positives, effectuer des transferts de technologies et percevoir des recettes pour des services créés conformément à l’exigence d’une activité économique limitée et sans mettre en péril leur statut d’ERIC.

Synergies opérationnelles

La plupart des ERIC, notamment ceux multisites, disposent de bureaux centraux légers dotés de ressources humaines et budgétaires limitées pour l’intégration. Dans ce contexte, les gestionnaires des ERIC et leur gouvernance (assemblées générales) éprouvent des difficultés à mettre en œuvre des approches présentant un bon rapport coût-efficacité, telles que la mise en place ou l’acquisition de services internes conjoints entre différents ERIC (par exemple, l’acquisition de conseils juridiques ou fiscaux communs, la mise en place de capacités communes de soutien administratif ou le soutien aux réunions conjointes des représentants gouvernementaux de différents ERIC).

En outre, des rapports scientifiques, opérationnels et financiers plus détaillés sont nécessaires pour faciliter le développement de services externes conjoints par les groupes de différents ERIC concernés. Connaître les coûts réels contribuerait par exemple à faciliter l’agrégation des ressources des ERIC en vue d’apporter une réponse plus stratégique aux défis scientifiques et sociétaux. Cela offrirait également un moyen plus clair d’évaluer l’éventuel soutien de l’UE à la première mise en œuvre des services, notamment ceux qui répondent aux priorités de l’UE. Les catalogues des services d’infrastructures de recherche disponibles dans les ERIC devraient être davantage développés.

§Les pays membres des ERIC devraient remédier au manque de perspectives de carrière du personnel de ces derniers en harmonisant les conditions d’emploi, par exemple en définissant des principes appropriés dans les statuts des ERIC.

§Une meilleure définition des activités des ERIC faciliterait l’application de l’exonération de TVA ainsi que les investissements transnationaux.

§Des orientations supplémentaires et spécifiques devraient être fournies sur la signification du terme «activités économiques restreintes» dans le contexte de l’application des règles en matière d’aides d’État pour garantir une mise en œuvre cohérente et renforcer l’incidence plus large des ERIC et, partant, leur viabilité.

§La gouvernance des ERIC et le soutien de l’UE devraient promouvoir les synergies opérationnelles entre les ERIC et avec d’autres infrastructures de recherche pertinentes.

§L’évolution future du cadre ERIC devrait porter sur les domaines nécessitant une optimisation ou une harmonisation plus poussée.

4.3.Rationalisation de la gouvernance des ERIC

Les 26 ERIC obtiennent et absorbent des ressources dans toute l’Europe grâce à la participation de tous les États membres de l’UE et de neuf pays associés. Ils nécessitent des financements et des contributions en nature considérables et, par conséquent, des engagements et investissements majeurs, dans l’espoir que le rendement sera supérieur à celui des investissements nationaux individuels. Les ERIC sont également des pôles d’attraction d’investissements complémentaires, notamment dans le cadre de synergies avec les fonds structurels et d’appels à financement de projets jugés compétitifs. Dans ce contexte, ils font l’objet de suivi et de stimulation en continu grâce aux méthodes d’évaluation, à la concurrence et à la collaboration internationales mise en œuvre dans tous les ERIC, l’accès international aux utilisateurs sélectionnés étant accordé sur la base de l’excellence.

Le groupe d’experts de la Commission chargé d’évaluer la mise en œuvre du règlement ERIC a souligné l’émergence d’un «système ERIC» ayant pour rôle de structurer et d’intégrer les activités et les ressources de recherche. Toutefois, il a également mis en évidence des problèmes évidents qui doivent être réglés pour que ce «système ERIC» devienne un véritable «pilier institutionnel» de l’EER 22 .

Coordination et surveillance

Pour remédier à l’absence de registre ou de fonction d’observation et, partant, au manque de connaissances détaillées sur toutes les composantes du système ERIC, une action financée par l’UE a été lancée pour soutenir la coordination et la surveillance des ERIC. L’acquisition de connaissances plus détaillées sur les ERIC, en particulier les ERIC multisites, facilitera leur gouvernance systémique, au niveau individuel et au niveau des groupes, ce qui améliorera la visibilité et la compréhension des défis liés à leur mise en œuvre et des moyens de les relever. Elle devrait faciliter la reconnaissance des ERIC dans le paysage national et la recherche de solutions alternatives au financement de projets limité dans le temps, tout en suscitant une harmonisation des rapports et en alimentant le processus de surveillance de l’ESFRI.

Forum des ERIC

Le forum des ERIC rassemble les ERIC actuels et futurs au sein d’un réseau dans le but d’en assurer une représentation conjointe et de soutenir les activités d’intégration et de coordination, en mettant ainsi en place une approche systémique. Le forum a également créé des groupes qui permettent une collaboration plus rapide et plus étroite dans des domaines disciplinaires plus homogènes, tout en facilitant des actions pluridisciplinaires entre ces groupes. Les ERIC sont maintenant en train d’apprendre à unir leurs forces pour relever les défis sociétaux émergents et majeurs à l’échelle mondiale. À cette fin, ils répondent de plus en plus aux exigences d’interopérabilité, y compris en ce qui concerne leur évolution et leurs instruments. Le forum des ERIC développe également sa capacité d’analyse afin de faire avancer la politique relative aux infrastructures de recherche.

Renforcement des programmes d’accès et rationalisation des politiques d’accès

Le règlement ERIC exige qu’un accès effectif soit accordé à la communauté des chercheurs européens. En conséquence, les statuts des ERIC doivent impérativement contenir les principes de base régissant leur politique d’accès pour les utilisateurs et garantissant le respect du règlement. Les ERIC sont donc des instruments essentiels pour favoriser la science ouverte et encourager un accès à celle-ci au niveau transnational. Bien que les ERIC varient considérablement sur le plan de leur portée, de leur taille, de leur type et du profil de leurs utilisateurs, des approches et des tendances communes se dégagent au sein d’un même ERIC (lorsqu’il est multisite) et entre les ERIC (et d’autres infrastructures de recherche européennes), notamment au sein de groupes thématiques. Des politiques d’accès plus visibles et rationalisées renforceront les rôles d’intégration et de coordination des ERIC.

L’absence de financement permanent et durable des programmes d’accès limite le développement de nombreux ERIC et empêche d’exploiter pleinement leur potentiel. Pour remédier à ce problème, de nouveaux modèles de collaboration entre les niveaux européen et national ainsi qu’entre les ERIC pourraient être envisagés. L’accessibilité aux infrastructures de recherche faisant partie du programme stratégique de l’EER, les ERIC et le forum des ERIC sont invités à contribuer aux évolutions qui s’y rapportent, y compris à la révision de la charte européenne pour l’accès aux infrastructures de recherche et aux discussions qui façonnent le futur soutien de l’UE en matière d’accès.

La gouvernance des ERIC devrait être rationalisée en assurant la coordination et la surveillance de leurs nombreuses composantes (y compris les composantes multisites), leur pleine reconnaissance dans le paysage national (en matière de financement) ainsi que des politiques d’accès et des modèles de financement cohérents et efficaces. Le rôle du forum des ERIC devrait être renforcé, en se fondant sur son expérience, en ce qui concerne sa capacité à recenser les meilleures pratiques et à proposer une approche commune, par exemple, aux organes de direction des ERIC ainsi qu’aux bailleurs de fonds européens et nationaux.

4.4.Renforcer la portée internationale

Les ERIC revêtent une dimension internationale de plus en plus importante, renforcée par des réseaux interconnectés à l’échelle mondiale qui bénéficient de l’échange d’expériences et de bonnes pratiques. Ces réseaux enrichissent leurs résultats en partageant l’accès à leurs services, données et informations scientifiques.

Les ERIC constituent un nouveau modèle juridique pour la structuration des collaborations internationales en matière d’infrastructures de recherche. En ce sens, leur développement constitue une référence importante pour les organismes internationaux actifs dans la coopération en matière d’infrastructures de recherche, tels que le Forum mondial de la science de l’OCDE et le groupe de hauts fonctionnaires sur les infrastructures mondiales de recherche du G7 (GSO).

Le rôle des ERIC dans l’écosystème mondial des infrastructures de recherche a également été reconnu lors de la conférence internationale sur les infrastructures de recherche (ICRI) 23 , lors de laquelle des exemples concrets de leur rayonnement et de leur impact à l’échelle mondiale ont été mis en évidence. Par exemple, l’installation exploitée par l’ERIC JIV a été déterminante pour le fonctionnement, comme antenne unique de dimension mondiale, d’un ensemble d’observatoires radioastronomiques répartis entre l’Afrique, l’Europe et l’Asie aux fins de l’observation des trous noirs, y compris celui qui alimente notre galaxie, ce qui nous a donné une idée plus claire de notre position dans l’univers. L’observation de l’environnement terrestre en est un autre exemple. L’ERIC Euro-Argo est la contribution de l’UE à l’initiative ARGO sur les océans mondiaux. L’ERIC EMSO, qui couvre les observatoires des eaux profondes, travaille en lien avec des partenaires internationaux aux États-Unis, au Canada, en Australie et au Japon. L’ERIC ICOS, l’infrastructure d’observation du CO2, fournit des données à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, et l’ERIC EPOS couvre de plus en plus le comportement de la terre solide en ce qui concerne la tectonique des plaques et les tremblements de terre.

En lançant la mise en réseau, le regroupement et l’intégration des installations d’infrastructures de recherche au niveau international, et en y participant, les ERIC constituent un élément essentiel de la contribution de l’Europe à la mise en place d’un écosystème mondial des infrastructures de recherche intégré, optimisé et financièrement viable, conformément aux objectifs fixés par la déclaration de Brno 24 . Deux protocoles d’accord ont récemment été signés: l’un entre l’ERIC INSTRUCT et le Centre national de recherche sur l’énergie et les matériaux (Brésil), et l’autre entre l’ERIC Euro-BioImaging et l’Institut Pasteur de Montevideo (Uruguay). Ce processus pourrait être renforcé afin de définir de nouvelles priorités communes pour la coopération internationale, ainsi que des outils et des possibilités adéquats pour aligner les ressources et accroître l’interopérabilité, ce qui permettrait un partage plus efficace des données et des services scientifiques.

Les ERIC pourraient devenir l’instrument juridique de choix pour développer davantage les activités des infrastructures de recherche intégrées au niveau mondial, à condition que la participation des pays tiers aux ERIC soit dûment facilitée, afin de surmonter les obstacles juridiques et opérationnels actuels. Cela permettrait une meilleure utilisation des infrastructures de recherche sur tous les continents, permettant ainsi le partage des capacités, des ressources de connaissances et des services entre les partenaires internationaux.

4.5.Évaluation des incidences socio-économiques

Compte tenu des investissements relativement importants et à long terme, les évaluations des performances et incidences ciblées et réelles des ERIC revêtent une grande importance. L’analyse des incidences est basée sur les résultats qui sont attendus des ERIC dans le cadre de quatre grands objectifs: la création de connaissances scientifiques, la contribution à la résolution des défis sociétaux, la contribution au développement économique et à l’innovation et la contribution à l’élaboration des politiques.

Il est nécessaire de trouver un accord sur les objectifs spécifiques et l’ampleur de ces incidences, ainsi que sur les personnes qui seraient concernées, la méthode retenue et les indicateurs définis.

Les résultats d’une note d’orientation spécifique préparée par le forum des ERIC 25 révèlent que certains ERIC ont déjà produit des analyses des incidences, en utilisant toutefois des méthodes et des indicateurs différents et en ciblant des types de résultats différents. Il s’agit cependant souvent d’exercices ponctuels. L’intégration structurelle de l’analyse des incidences dans la culture de gestion d’un ERIC nécessite un personnel et un financement spécifiques, ainsi qu’un système de surveillance solide. Il serait utile que les ERIC bénéficient en permanence d’un soutien et d’orientations afin d’accroître leur impact, d’améliorer leur méthode d’analyse des incidences et d’accroître la cohérence de celle-ci d’un ERIC à l’autre.

La réalisation régulière d’analyses des incidences est importante pour démontrer la valeur à long terme des ERIC. Afin d’assurer un suivi cohérent des incidences de l’ERIC dans le temps, cette évaluation doit devenir une activité permanente des ERIC et se voir doter de ressources humaines et financières spécifiques ainsi que d’une expertise interne dûment développée.

5.Conclusions

Avec 26 ERIC créés depuis 2011, le règlement ERIC est devenu un instrument juridique de choix pour une grande partie des initiatives européennes communes dans le domaine des infrastructures de recherche. Il s’est notamment révélé un outil de mise en œuvre efficace pour les projets d’infrastructures de recherche définis comme prioritaires dans la feuille de route ESFRI. En mettant en place un nouveau type d’organismes de recherche, il a manifestement chamboulé le paysage européen de la R&I en contribuant à structurer et à intégrer les activités et les ressources de recherche au sein de l’EER.

Toutefois, si les ERIC apportent effectivement davantage de sécurité juridique et une plus grande stabilité financière, comme c’est le cas pour de nombreuses infrastructures de recherche paneuropéennes, leur viabilité scientifique, financière et opérationnelle reste un défi. En particulier, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour renforcer les programmes d’accès des ERIC et la disponibilité de leurs services. Le financement disponible pour les ERIC demeure également trop fragmenté et incohérent, avec des synergies limitées entre les différentes sources de financement potentielles. Un cadre plus solide est en outre nécessaire pour la mise en œuvre des avantages accordés par le règlement ERIC ou par les directives sur la TVA et les droits d’accise, tels que les exonérations de TVA et les règles spéciales en matière de marchés publics. Il importe également de clarifier la portée des activités économiques que les ERIC sont autorisés à réaliser dans le cadre des règles en matière d’aides d’État. Un certain nombre de problèmes opérationnels subsistent, tels que la diversité des conditions d’emploi du personnel des ERIC, les conditions à remplir pour rejoindre un ERIC ou la reconnaissance du statut d’ERIC dans les systèmes juridiques nationaux.

Des mesures devraient être prises afin de renforcer le rôle des ERIC en tant qu’organismes de recherche et d’accroître leur impact, par exemple en collectant des informations approfondies sur toutes les composantes du «système ERIC» et les activités liées à chaque ERIC, en développant des synergies opérationnelles, y compris au moyen de services conjoints internes ou externes, en favorisant une transition écologique et numérique équitable et en renforçant la résilience face aux crises.

Un certain nombre de domaines doivent encore être optimisés ou harmonisés. C’est notamment le cas en ce qui concerne les perspectives de carrière du personnel des ERIC au niveau de l’UE, l’ouverture de nouvelles possibilités d’innovation, une meilleure reconnaissance des ERIC dans les paysages nationaux de la recherche, y compris en ce qui concerne le financement national de la recherche, ainsi que la facilitation de la coopération avec les partenaires internationaux.

L’élaboration du nouveau programme stratégique de l’EER, étayée par les travaux de l’ESFRI et la participation des parties prenantes, peut fournir un cadre efficace pour discuter de la voie à suivre.



Annexe I — Règlement ERIC: contexte et évolution

Le règlement ERIC établit un cadre juridique commun fondé sur l’article 187 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) et complétant les mécanismes juridiques et réglementaires nationaux et intergouvernementaux pour la mise en place d’infrastructures transnationales de recherche.

Il a été adopté en 2009 afin de faciliter la création et l’exploitation de grandes infrastructures européennes de recherche parmi plusieurs États membres et pays associés ainsi qu’avec des organisations intergouvernementales, grâce à la mise en place d’un nouvel instrument juridique, le Consortium pour une infrastructure européenne de recherche (ERIC).

Les ERIC sont institués par la Commission sur la base d’une proposition d’au moins trois États membres de l’UE et pays associés. Un comité de gestion (le comité ERIC) supervise leur mise en œuvre au cas par cas, tandis que la Commission peut aussi intervenir si un ERIC ne remplit pas sa mission. La Commission présente également des rapports au Conseil et au Parlement européen conformément à l’article 19 du règlement ERIC.

Le règlement ERIC a été modifié en décembre 2013 26 afin de mieux tenir compte des contributions des pays associés au sein de l’ERIC, y compris en tant que pays d’accueil, en leur assurant des droits de vote équivalents à ceux des États membres au sein des organes de direction de l’ERIC.

Le premier rapport sur l’application du règlement ERIC a été adopté par la Commission le 14 juillet 2014 27 et a été présenté au Conseil et au Parlement européen ainsi qu’au Comité des régions et au Comité économique et social européen.

Le deuxième rapport a été adopté par la Commission le 6 juillet 2018 28 à la suite de l’invitation formulée par le Conseil dans ses conclusions du 5 décembre 2014.

Dans ses conclusions du 19 novembre 2021, le Conseil «MET EN AVANT le rôle d’intégration et de structuration des infrastructures de recherche à tous les niveaux, y compris les infrastructures électroniques, au sein de l’écosystème européen de la connaissance et de l’innovation; APPROUVE la feuille de route de l’ESFRI adoptée en 2021, SE FÉLICITE de l’évaluation en cours du cadre juridique du consortium pour une infrastructure européenne de recherche (ERIC); et INVITE À NOUVEAU la Commission à présenter le prochain rapport sur la mise en œuvre de l’ERIC d’ici 2022;».

Un ERIC est considéré comme une organisation ou un organe international au sens des directives relatives à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et aux droits d’accises. L’ERIC et ses membres peuvent donc bénéficier d’une exonération de la TVA et des droits d’accise pour l’achat de biens et de services utilisés pour les activités institutionnelles de l’ERIC, si ses membres en conviennent ainsi. Étant également considéré comme un organisme international au sens de la directive sur les marchés publics, un ERIC peut adopter ses propres règles en matière de passation de marchés.



Annexe II — Liste des ERIC institués et augmentation de leur nombre au fil du temps

Au moment de la rédaction du premier rapport sur l’application du règlement ERIC, sept ERIC avaient été créés. Ces ERIC étaient les suivants:

·ERIC-SHARE (enquête sur la santé, le vieillissement et la retraite en Europe) 29 , désormais accueilli par l’Allemagne;

·ERIC CLARIN (infrastructure commune en matière de ressources linguistiques et de technologie) 30 , accueilli par les Pays-Bas;

·ERIC EATRIS (Infrastructure européenne de recherche médicale translationnelle avancée) 31 , accueilli par les Pays-Bas;

·ERIC ESS (Enquête sociale européenne) 32 , accueilli par le Royaume-Uni,

·ERIC BBMRI (Infrastructure de recherche consacrée aux biobanques et aux ressources biomoléculaires) 33 , accueilli par l’Autriche,

·ERIC ECRIN (réseau européen d’infrastructures de recherche clinique) 34 , accueilli par la France; et

·ERIC Euro-Argo 35 , accueilli par la France.

Au moment du deuxième rapport, dix ERIC supplémentaires avaient été institués. Ces ERIC étaient les suivants:

·ERIC-CERIC 36 (Consortium pour une infrastructure de recherche en Europe centrale), accueilli par l’Italie;

·ERIC DARIAH 37 (Infrastructure de recherche numérique pour les arts et les sciences humaines) accueilli par la France;

·ERIC JIV 38 (Institut conjoint pour l’interférométrie à très longue base), accueilli par les Pays-Bas;

·ERIC Source européenne de spallation 39 , accueilli par la Suède;

·ERIC ICOS 40 (système intégré d’observation du carbone) accueilli par la Finlande;

·ERIC EMSO 41 (Observatoire européen pluridisciplinaire des fonds marins et de la colonne d’eau), accueilli par l’Italie;

·ERIC LifeWatch 42 (Infrastructure européenne de science en ligne et de technologie pour la recherche sur la biodiversité et les écosystèmes), accueilli par l’Espagne;

·ERIC CESSDA 43 (Consortium des archives européennes de données en sciences sociales), accueilli par la Norvège;

·ERIC ECCSEL 44 (laboratoire européen de captage et de stockage du dioxyde de carbone), accueilli par la Norvège; et

·ERIC INSTRUCT 45 (biologie structurale intégrée), accueilli par le Royaume-Uni.

Depuis lors, neuf ERIC supplémentaires ont été créés. Ces ERIC sont les suivants:

·ERIC EMBRC 46 (Centre européen de ressources biologiques marines), accueilli par la France;

·ERIC EU-OPENSCREEN 47 (Infrastructure européenne de plateformes ouvertes de criblage en biologie chimique), accueilli par l’Allemagne;

·ERIC EPOS 48 (Système d’observation de la lithosphère en Europe), accueilli par l’Italie;

·ERIC Euro-BioImaging 49 (Infrastructure européenne de recherche consacrée aux technologies d’imagerie en sciences biologiques et biomédicales), accueilli par la Finlande;

·ERIC ELI 50 (Infrastructure européenne de recherche consacrée à la lumière extrême), accueilli par la République tchèque;

·ERIC-AnaEE 51 (Analyse et expérimentation des écosystèmes), accueilli par la France;

·ERIC MIRRI 52 (Infrastructure de recherche en ressources microbiennes), accueilli par le Portugal;

·ERIC UE-SOLARIS 53 (Infrastructure européenne de recherche solaire pour l’énergie solaire concentrée), accueilli par l’Espagne; et

·ERIC ACTRIS 54 (Infrastructure de recherche sur les aérosols, les nuages et les gaz trace réactifs), accueilli par la Finlande.

Annexe III — Membres de l’ERIC

Aperçu des membres de l’ERIC (en avril 2023)

Évolution des membres

(1) www.esfri.eu
(2) JO L 206 du 8.8.2009, p. 1. Voir aussi l’annexe I.
(3) Rapport du groupe d’experts de la Commission: Assessment on the implementation of the ERIC Regulation
(4) https://www.eric-forum.eu/
(5) Feuille de route de l’ESFRI de 2021.
(6) Voir la recommandation 9107/22 du Conseil du 7 juin 2022 visant à assurer une transition équitable vers la neutralité climatique.
(7) ESFRI White Paper | www.esfri.eu
(8) Feuille de route de l’ESFRI de 2021.
(9) European research area (europa.eu)
(10) Voir le programme stratégique de l’EER, ibidem.
(11) Conclusions du Conseil «Compétitivité» sur les infrastructures de recherche , 2 décembre 2022
(12) Situation en avril 2023
(13) Le Consortium pour une infrastructure numérique européenne (EDIC) dans la proposition de DÉCISION DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL établissant le programme d’action à l’horizon 2030 «La voie à suivre pour la décennie numérique» [COM(2021) 574].
(14) Le Consortium européen pour une infrastructure des puces électroniques (ECIC) dans la proposition de RÈGLEMENT DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL établissant un cadre de mesures pour renforcer l’écosystème européen des semi-conducteurs (règlement sur les semi-conducteurs) [COM(2022) 46].
(15) COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS Contribution de la Commission à la défense européenne [COM(2022) 60].
(16) Article 2 du règlement ERIC: on entend par «pays associé» un pays tiers qui est lié à la Communauté par un accord international, en vertu et sur la base duquel il verse une contribution financière au titre de tout ou partie des programmes communautaires de recherche, de développement technologique et de démonstration.
(17)

L’ERIC BBMRI, l’ERIC EATRIS, l’ERIC ECRIN, l’ERIC EMBRC, l’ERIC EU-OPENSCREEN, l’ERIC Euro-BioImaging et l’ERIC INSTRUCT font tous partie du projet EOSC4Cancer. Ce projet vise à rendre pleinement accessibles les données relatives à la génomique, à l’imagerie et aux aspects médicaux, cliniques et socio-économiques du cancer, en renforçant les systèmes fédérés et interopérables existants afin de recenser, de partager, de traiter et de réutiliser de manière sécurisée les données FAIR relatives au cancer par-delà les frontières.

(18) COVID-19 Data Portal — Accelerating scientific research through data (Portail de données COVID-19 — Accélérer la recherche scientifique à l’aide de données, covid19dataportal.org).
(19) Instrument d’épargne-pension européen pour les institutions de recherche de l’Union . Page d’accueil du site web RESAVER | RESAVER
(20) Le comité de la TVA a recommandé, presque à l’unanimité, que «l’exonération de TVA [ne soit] possible que si des biens ou des services fournis à une entité représentative sont acquis par cette entité au nom et pour le compte de l’ERIC» (document de travail nº 828 final, 20.10.2014).
(21) COM(2022) 60: «[l]a Commission examinera la possibilité de permettre une exonération de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) afin de soutenir l’acquisition conjointe et la propriété commune de capacités de défense développées de manière collaborative au sein de l’UE. […] L’établissement d’un cadre juridique inspiré par le Consortium pour une infrastructure européenne de recherche qui bénéficierait d’une exonération de la TVA sur les équipements que les consortiums d’États membres achèteraient et posséderaient pourrait être envisagé dans ce contexte».
(22) «Le manque de connaissances détaillées et de visibilité de toutes les composantes du système ERIC (en particulier les ERIC multisites) freine la gouvernance et la concrétisation de son effet structurant et empêche d’exploiter pleinement son potentiel de devenir un véritable “pilier institutionnel” de l’EER. Il y a lieu de reconnaître la personnalité et la capacité juridiques des ERIC et de leurs sites d’activités en tant qu’instituts de recherche nationaux dans les États membres afin de structurer et d’intégrer les ressources nationales. Les problèmes liés à la mise en œuvre des dispositions budgétaires du règlement et à la limitation dans le temps du financement des projets réduisent les synergies possibles entre les différentes sources de financement».
(23) https://www.icri2022.cz/
(24) Déclaration de Brno sur la promotion d’un écosystème mondial des infrastructures de recherche. www.esfri.eu
(25) Note d’orientation du forum des ERIC — 2022 (eric-forum.eu)
(26) JO L 326 du 6.12.2013, p. 1.
(27) COM(2014) 460 final.
(28) COM(2018) 523 final.
(29) JO L 71 du 18.3.2011, p. 20.
(30) JO L 64 du 3.3.2012, p. 13.
(31) JO L 298 du 8.11.2013, p. 38.
(32) JO L 320 du 30.11.2013, p. 44.
(33) JO L 320 du 30.11.2013, p. 63.
(34) JO L 324 du 5.12.2013, p. 8.
(35) JO L 136 du 9.5.2014, p. 35.
(36) JO L 184 du 25.6.2014, p. 49.
(37) JO L 239 du 12.8.2014, p. 64.
(38) JO L 363 du 18.12.2014, p. 156.
(39) JO L 225 du 28.8.2015, p. 16.
(40) JO L 303 du 20.11.2015, p. 19.
(41) JO L 268 du 1.10.2016, p. 113.
(42) JO L 76 du 22.3.2017, p. 35.
(43) JO L 149 du 13.6.2017, p. 85.
(44) JO L 149 du 13.6.2017, p. 91.
(45) JO L 173 du 6.7.2017, p. 47.
(46) JO L 51 du 23.2.2018, p. 17.
(47) JO L 82 du 26.3.2018, p. 8.
(48) JO L 288 du 16.11.2018, p. 10.
(49) JO L 285 du 6.11.2019, p. 9.
(50) JO L 212 du 15.6.2021, p. 3.
(51) JO L 43 du 24.2.2022, p. 73.
(52) JO L 186 du 13.7.2022, p. 14.
(53) JO L 304 du 24.11.2022, p. 78.
(54) JO L 115 du 3.5.2023, p. 15.

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