COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 30.8.2023
COM(2023) 498 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
sur la faisabilité technique et économique de l’introduction de l’identification électronique obligatoire des bovins partout dans l’Union
Table des matières
Introduction
Contexte
Règles actuelles de l’UE
Enquête sur l’identification électronique des bovins
Analyse des résultats
Possibilité d’utilisation de l’identification électronique des bovins
Utilisation actuelle de l’identification électronique des bovins
Moyens d’identification électroniques autorisés
Niveau de satisfaction à l’égard des règles actuelles
Conclusions
Introduction
Le présent document vise à fournir au Parlement européen et au Conseil une vue d’ensemble de la situation actuelle concernant l’utilisation de l’identification électronique des bovins dans l’Union et à présenter les analyses de la Commission sur la possibilité de la rendre obligatoire dans l’ensemble de l’Union.
Des systèmes d’identification électronique des animaux ont été mis en place dans l’Union européenne au moyen d’actes législatifs en vigueur depuis plus de 20 ans. Il s’agit notamment du système obligatoire d’identification électronique des animaux des espèces ovine et caprine, prévu par le règlement (CE) nº 21/2004, ainsi que des systèmes facultatifs pour les bovins introduits par le règlement (CE) nº 1760/2000 , modifié par le règlement (UE) nº 653/2014.
L’article 23 bis du règlement (CE) nº 1760/2000 prévoit que la Commission présente au Parlement européen et au Conseil, au plus tard le 18 juillet 2023, un rapport sur la faisabilité technique et économique de l’introduction de l’identification électronique obligatoire des bovins partout dans l’Union et que ce rapport soit, au besoin, accompagné de propositions législatives appropriées. Cette disposition a été introduite par le règlement (UE) nº 653/2014, qui présuppose que le recours à des systèmes d’identification électronique pourrait permettre de rationaliser les processus de traçabilité en automatisant la lecture et l’enregistrement dans le registre tenu par les opérateurs qui détiennent des bovins. Il pourrait en outre permettre une saisie automatisée des mouvements des bovins dans la base de données informatisée, ce qui améliorerait la vitesse, la fiabilité et la précision du système de traçabilité. L’utilisation de systèmes d’identification électronique pourrait également améliorer la gestion de certains paiements directs aux agriculteurs.
Contexte
L’identification électronique désigne en général une identification par radiofréquence. Deux éléments interviennent dans cette identification électronique, à savoir: l’identificateur et le lecteur. L’identificateur contient un transpondeur passif (puce électronique sans source énergétique interne) qui transmet de l’information mémorisée (code d’identification) lorsqu’il est activé par un lecteur (transmetteur-receveur) à une certaine fréquence. L’identification électronique peut contribuer à améliorer les systèmes actuels d’identification des bovins. Par exemple, les identificateurs électroniques permettent une lecture plus rapide et une plus grande précision de lecture que les marques auriculaires classiques. La lecture dynamique et la saisie directe des données dans les bases de données sont également possibles (suppression d’erreurs potentielles causées par une mauvaise saisie manuelle dans la base de données). En particulier, ceci peut faciliter la procédure de notification des déplacements d’animaux à la base de données. Toutefois, la contribution de l’identification électronique à l’amélioration de l’identification et de la traçabilité des animaux ne devrait pas être surestimée compte tenu de la nature des difficultés liées à l’application des systèmes existants. Le marquage complet de tous les animaux et une gestion efficace des données sont des conditions préalables de tout système d’identification, indépendamment de l’utilisation d’identificateurs électroniques ou de marques auriculaires classiques.
Compte tenu du développement technologique de nouveaux types d’identificateurs électroniques, le règlement (CE) nº 1760/2000 a été modifié par le règlement (UE) nº 653/2014 afin de servir de cadre à de futures règles de l’Union permettant l’utilisation d’identificateurs électroniques en tant que moyen officiel d’identification. Au considérant 16 de ce règlement, il est souligné que «rendre l’identification électronique obligatoire [pour les bovins] dans l’ensemble de l’Union pourrait avoir des effets négatifs sur le plan économique pour certains opérateurs». Il était donc approprié que les détenteurs puissent l’utiliser sur une base volontaire. Les systèmes d’élevage, les pratiques agricoles et les organisations sectorielles varient considérablement d’un État membre à l’autre. Les États membres ont donc été autorisés à rendre l’identification électronique obligatoire sur leur territoire.
Plusieurs rapports ont été utilisés lors de l’élaboration du règlement (UE) nº 653/2014. En 1998, la Commission a lancé un projet de recherche à grande échelle sur l’identification électronique du bétail, le projet IDEA (IDentification Electronique des Animaux). Les travaux ont été menés par le Centre commun de recherche de la Commission («JRC»). Le rapport final a été présenté en avril 2002 et les éclaircissements nécessaires ont été apportés en juillet 2002. Ce projet a montré que les systèmes d’identification des animaux pouvaient être considérablement améliorés par l’utilisation de dispositifs électroniques d’identification de ces animaux, pour autant que certaines conditions concernant les mesures d’accompagnement soient remplies.
En 2005, la Commission a présenté au Conseil et au Parlement européen un rapport sur la possibilité de l’introduction d’un système d’identification électronique des bovins. L’objet de ce rapport était de faire la synthèse de l’expérience acquise grâce au projet IDEA et de tirer des conclusions concernant les conditions d’introduction des systèmes d’identification électronique chez les bovins dans l’Union européenne. La Commission a conclu dans ce rapport qu’il avait été prouvé que l’identification par radiofréquence avait atteint un stade de développement suffisant pour déjà permettre son application dans la pratique. La Commission a également conclu qu’il était hautement souhaitable de passer à l’identification électronique des bovins dans l’Union, étant donné que, entre autres avantages, elle contribuerait à la réduction des charges administratives.
En 2009, la Commission européenne a commandé une étude intitulée «The introduction of electronic identification (EID) as official method to identify bovine animals within the European Union» (L’introduction de l’identification électronique en tant que méthode officielle d’identification des bovins dans l’Union européenne), qui comprenait une analyse coûts/avantages de l’identification électronique des bovins. Cette étude a conclu que l’identification électronique est associée à des coûts plus élevés pour les identificateurs et l’équipement de lecture par rapport à l’identification classique, et que les coûts et avantages directs ne sont pas équilibrés tout au long de la chaîne de production. Selon les conclusions de cette étude, l’introduction facultative de l’identification électronique dans le secteur bovin sur la base de normes harmonisées serait l’option à privilégier. Toutefois, les États membres devraient avoir la possibilité d’opter pour un régime obligatoire (ou contraignant) au niveau national.
Règles actuelles de l’UE
Jusqu’au 21 avril 2021, l’identification et l’enregistrement des bovins étaient régis par le règlement (CE) nº 1760/2000, consacré à ce sujet.
Depuis le 21 avril 2021, les règles d’identification et de déclaration des bovins sont fixées dans le règlement (UE) 2016/429 (législation sur la santé animale), qui a été complété par le règlement délégué (UE) 2019/2035 et le règlement d’exécution (UE) 2021/520. L’article 112, point a), de la législation sur la santé animale prévoit que les bovins doivent être identifiés individuellement par un moyen d’identification physique. L’article 38, paragraphe 1, du règlement délégué (UE) 2019/2035 prévoit que le moyen d’identification doit être une marque auriculaire classique dans chaque oreille. L’article 41, paragraphe 1, de ce règlement délégué donne la possibilité aux États membres d’autoriser le remplacement de l’une des marques auriculaires classiques par un dispositif électronique d’identification. Si un État membre autorise un tel remplacement, les opérateurs peuvent appliquer l’identification électronique des bovins sur une base volontaire.
Conformément à l’article 269 de la législation sur la santé animale, les États membres peuvent adopter des mesures nationales supplémentaires ou plus strictes que celles prévues par ce règlement en ce qui concerne les exigences en matière de traçabilité des bovins détenus. Les États membres peuvent ainsi rendre obligatoire le recours à l’identification électronique des bovins. Cette possibilité de rendre obligatoire le recours à l’identification électronique au niveau national était également prévue dans les règles de traçabilité des bovins qui étaient en vigueur avant l’application de la législation sur la santé animale.
En préparation du règlement délégué (UE) 2019/2035, des groupes d’experts se sont réunis en 2018 et 2019 pour mener des discussions et des réflexions approfondies sur l’identification et l’enregistrement des animaux, y compris des bovins. L’approche en matière d’identification électronique, notamment les aspects économiques, a fait l’objet de discussions approfondies et la conclusion de ces discussions a été reprise dans le texte final du règlement délégué (UE) 2019/2035. Il a été jugé approprié que les détenteurs puissent continuer à utiliser l’identification électronique sur une base volontaire, à moins qu’elle ne soit rendue obligatoire par des règles nationales. Dans le cadre d’un tel régime facultatif, l’identification électronique sera choisie par les détenteurs qui sont susceptibles d’en tirer un avantage économique ou qui trouvent d’autres incitations à utiliser cette méthode (optimisation de la collecte de données, etc.), tandis que les autres détenteurs pourront continuer à identifier leurs animaux au moyen de deux marques auriculaires classiques.
Enquête sur l’identification électronique des bovins
En janvier 2023, la Commission a invité les États membres à répondre à une brève enquête visant à dresser un état des lieux de l’identification électronique des bovins. Les 27 États membres, ainsi que la Suisse et la Norvège, ont participé à l’enquête et ont apporté leurs réponses. Celles-ci seront résumées dans la suite du présent rapport.
Dans le cadre de cette enquête, les États membres ont été invités à apporter leur contribution aux questions (groupes de questions) suivantes:
1.L’identification électronique des bovins est-elle obligatoire dans votre État membre?
2.Autorisez-vous l’identification facultative des bovins dans votre État membre?
3.Combien d’opérateurs (en pourcentage) appliquent l’identification facultative des bovins dans votre État membre?
4.Si l’identification électronique des bovins est obligatoire ou facultative dans votre État membre, quelle(s) méthode(s) est/sont autorisée(s)?
5.Estimez-vous que les règles actuelles en matière d’identification électronique des bovins sont satisfaisantes?
Analyse des résultats
Possibilité d’utilisation de l’identification électronique des bovins
Aux questions 1 et 2, les États membres ont été interrogés sur la situation actuelle en ce qui concerne la possibilité pour les opérateurs d’utiliser l’identification électronique des bovins. La question était la suivante: «L’identification électronique des bovins est-elle obligatoire dans votre État membre? Oui ou non» et «Autorisez-vous l’identification facultative des bovins dans votre État membre? Oui ou non».
La figure 1 montre que seuls trois répondants (deux États membres et la Suisse) n’autorisent pas le remplacement d’une des marques auriculaires classiques par un moyen d’identification électronique. Dans 21 pays (dont 20 États membres), l’utilisation de l’identification électronique des bovins est facultative. Dans 5 États membres, elle est obligatoire. Par ailleurs, l’identification électronique est obligatoire sur une partie du territoire de deux États membres et trois autres États membres ont indiqué qu’il était décidé ou envisagé de rendre l’identification électronique des bovins obligatoire sur l’ensemble ou une partie de leur territoire.
Figure 1: situation actuelle dans les États membres

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