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Acte préparatoire52023DC0501

Acte préparatoire — 52023DC0501

CELEX52023DC0501
TypeActe préparatoire
Datemercredi 6 septembre 2023

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 6.9.2023

COM(2023) 501 final

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS

sur la numérisation dans le domaine de la coordination de la sécurité sociale: faciliter la libre circulation au sein du marché unique







1.Introduction

Cette année marque le 30e anniversaire du marché unique 1 et de la citoyenneté de l’Union européenne, deux éléments qui mettent en lumière le droit à la libre circulation comme réalisation majeure de l’intégration européenne. Plus de 55 % des citoyens estiment que ce droit est bénéfique pour l’intégration européenne, pour les marchés du travail ainsi que pour les personnes en général, et 84 % des citoyens pensent qu’il l’est pour l’économie de leur pays 2 . La mobilité au sein de l’UE permet aux personnes d’«expérimenter l’Europe», en accédant à des possibilités plus larges en matière d’éducation, de travail et de vie et en bénéficiant de la possibilité d’acquérir de nouvelles compétences. Elle contribue également à accroître la productivité et à remédier aux pénuries de main-d’œuvre et de compétences 3 .

Issues des prémices de l’intégration européenne, les règles de coordination de la sécurité sociale 4 protègent les droits des personnes en matière de sécurité sociale lorsqu’elles se déplacent à travers l’Europe. Elles garantissent que les personnes continuent à percevoir leurs prestations (telles que les prestations de vieillesse, de chômage ou familiales) et bénéficient de soins de santé, même si elles voyagent ou s’installent dans un autre pays de l’UE. La modernisation de ces règles est en cours de négociation par le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne 5 .

Dans le même temps, la coordination des systèmes de sécurité sociale et le soutien à une mobilité équitable de la main-d’œuvre pourraient encore être fortement améliorés grâce à la poursuite de la numérisation dans ce domaine, dans le cadre des efforts visant à accélérer la transition numérique en Europe, à réduire la charge administrative et à améliorer la compétitivité de l’économie européenne.

Les citoyens et les entreprises se trouvant dans une situation transfrontière sont souvent confrontés à des difficultés dans leurs interactions avec les institutions de sécurité sociale, les services d’inspection du travail et les prestataires de soins de santé. Les procédures de preuve et de vérification des droits à la sécurité sociale peuvent être chronophages et fastidieuses sur le plan administratif, étant donné qu’elles reposent souvent sur la présence physique et sur la présentation de documents physiques (les «documents portables» 6 ), tels que la carte européenne d’assurance maladie (CEAM). Les entreprises peuvent faire face à des coûts et à des obstacles administratifs, notamment lorsqu’elles détachent leurs salariés pour travailler à l’étranger de manière temporaire 7 . Ces obstacles pourraient avoir un effet dissuasif sur les citoyens désireux d’exercer leur droit à la libre circulation et sur les entreprises prêtes à s’implanter à l’étranger et à tirer profit du marché unique. Ils ont été présentés comme des points importants pour les citoyens lors de la conférence sur l’avenir de l’Europe et dans le cadre du panel de citoyens européens sur la mobilité à des fins d’apprentissage 8 .

Malgré les initiatives mises en place au cours des dernières années pour améliorer l’échange d’informations, les institutions de sécurité sociale, les prestataires de soins de santé et les services d’inspection du travail éprouvent également des difficultés à accéder aux données et à les partager, en raison d’une interopérabilité insuffisante entre les systèmes nationaux. La délivrance et la vérification des documents relatifs aux droits et la nécessité de les remplacer périodiquement génèrent des coûts, tout comme le risque de fraude et d’erreurs liées aux documents portables et à l’utilisation incorrecte de la CEAM 9 .

Le Parlement européen 10 , les États membres, les institutions de sécurité sociale et les partenaires sociaux ont également appelé à une action à l’échelle nationale et à celle de l’UE, afin de simplifier davantage les procédures pour les personnes et les entreprises, de réduire les obstacles administratifs et d’avancer vers des systèmes de sécurité sociale plus interopérables, interconnectés et automatisés. Il s’agit, avec la demande de plus de clarté sur les différentes initiatives de l’UE et sur la manière dont elles se complètent, de l’un des points essentiels de la conférence de haut niveau sur le thème «Numérisation dans le domaine de la coordination de la sécurité sociale (ESSPASS) et cartes de travail», qui s’est tenue le 1er mars 2023.

Afin de répondre à ces appels et de remédier aux difficultés auxquelles les citoyens et les entreprises font face, la présente communication donne un aperçu des initiatives existantes, dans le cadre du paysage numérique global, et propose de nouvelles mesures à prendre à court et à moyen terme.

Poursuivre la numérisation de ce domaine peut:

·réduire les obstacles administratifs et les coûts pour les citoyens mobiles et les entreprises exerçant leurs activités à l’étranger, y compris les petites et moyennes entreprises (PME), en améliorant l’expérience numérique lorsqu’ils interagissent avec les organismes publics pour des raisons liées à la sécurité sociale;

·améliorer la qualité des services publics et l’efficacité des processus de coordination de la sécurité sociale;

·améliorer l’échange d’informations et la coopération entre les institutions, grâce à une meilleure interopérabilité, à l’automatisation et au partage des données;

·réduire le risque d’erreurs et de fraude à la sécurité sociale, y compris celui lié à la falsification de documents, renforçant ainsi la protection des personnes et la mobilité équitable de la main-d’œuvre.

La présente communication contribue aux efforts que l’UE déploie pour accélérer la transition numérique de l’Europe et promouvoir une approche de la numérisation centrée sur l’humain. L’un des principaux objectifs du programme d’action pour la décennie numérique 11 est de faire en sorte que notre environnement numérique soit inclusif et que les services publics et les services de santé et de soins soient accessibles à tous dans un environnement en ligne fiable et sûr. Le programme fixe des objectifs concrets en matière de numérisation des services publics, notamment que 100 % des services publics clés soient accessibles en ligne d’ici à 2030. Le programme d’action pour la décennie numérique comprend également des objectifs en matière de compétences numériques, par exemple que 80 % des personnes âgées de 16 à 74 ans possèdent au moins des compétences numériques de base. L’amélioration des compétences numériques est l’un des principaux objectifs de l’Année européenne des compétences 12 .

La déclaration européenne sur les droits et principes numériques 13 réaffirme le rôle central des personnes dans la transition numérique et souligne l’importance de la protection et de la sécurité des données ainsi que de l’inclusion et de l’accessibilité. Les personnes devraient également être libres de choisir si elles souhaitent ou non utiliser des outils numériques.

2.Exploiter les possibilités de la numérisation pour soutenir la libre circulation et la mobilité équitable de la main-d’œuvre

2.1. Initiatives transsectorielles de l’UE présentant un intérêt pour la coordination de la sécurité sociale

La numérisation des services publics est essentielle pour mettre en place des administrations modernes et efficaces qui répondent aux besoins des citoyens et des entreprises (en leur proposant des expériences numériques accessibles et fluides) et contribuent à la réussite du marché unique européen.

Des efforts importants ont été entrepris à l’échelle de l’UE pour progresser sur cette voie. Plusieurs initiatives transsectorielles de l’UE, qui soutiennent le développement de services publics numériques transfrontières, constituent des bases solides permettant de poursuivre la numérisation dans le domaine de la coordination de la sécurité sociale.

Le règlement relatif au portail numérique unique 14 exige des États membres qu’ils veillent à ce que les citoyens et les entreprises puissent accéder à 21 procédures administratives entièrement en ligne d’ici au 12 décembre 2023 15 , ainsi qu’aux procédures nationales par l’intermédiaire du site web «Your Europe» 16 , suivre ces procédures et en recevoir les résultats par voie électronique. Trois de ces procédures concernent le domaine de la coordination de la sécurité sociale: la demande visant à déterminer la législation en matière de sécurité sociale qui s’applique au titulaire (à l’issue de laquelle on obtient le document portable A1), la demande de carte européenne d’assurance maladie et la demande de calcul de pension.

Le système technique «une fois pour toutes» est en cours de développement afin de permettre aux autorités nationales d’échanger automatiquement les documents et les informations nécessaires à ces 21 procédures, comme l’exige le règlement relatif au portail numérique unique. L’objectif est de réutiliser les informations déjà détenues sous forme électronique par d’autres administrations en Europe, de manière à ne faire peser aucune charge supplémentaire sur les citoyens et les entreprises.

Le cadre européen relatif à une identité numérique 17 permettra aux personnes et aux entreprises de s’identifier et de stocker, dans leur portefeuille européen d’identité numérique, un large éventail de documents au format électronique, tels que les permis de conduire, les ordonnances électroniques et d’autres documents médicaux, les diplômes et titres de qualifications professionnelles ainsi que les attestations de sécurité sociale.

La proposition de règlement pour une Europe interopérable 18 établira un cadre de coopération pour les administrations publiques dans l’ensemble de l’UE, afin de convenir de solutions d’interopérabilité et de contribuer à accroître leur réutilisation lors de la conception de services publics transfrontières. Les personnes et les entreprises bénéficieront de services publics plus efficaces, grâce à une interopérabilité améliorée, à une meilleure interconnexion des administrations publiques numériques et à un meilleur partage des données entre tous les secteurs et les pays de l’UE.

2.2. Initiatives numériques dans le domaine de la coordination de la sécurité sociale

Au-delà des initiatives transsectorielles de l’UE, des initiatives spécifiques ont été lancées pour numériser la coordination de la sécurité sociale et relever les défis dans ce domaine.

Des progrès significatifs ont été accomplis au cours des dernières années en ce qui concerne l’échange électronique d’informations sur la sécurité sociale entre les institutions. La Commission et les États membres ont également commencé à œuvrer en vue d’améliorer encore les interactions entre les personnes/entreprises et les institutions de sécurité sociale, les services d’inspection du travail et les prestataires de soins de santé, de rationaliser les procédures et de réduire la charge administrative pour toutes les parties concernées.

2.2.1. Traitement plus efficace des dossiers transfrontières de sécurité sociale entre les institutions: le système EESSI

Comme l’exigent les règles de l’UE en matière de coordination de la sécurité sociale 19 , le système d’échange électronique d’informations sur la sécurité sociale (EESSI) est conçu pour assurer des échanges rapides et sûrs d’informations entre les institutions de sécurité sociale dans toute l’Europe, en remplaçant la communication sur support papier.

Le projet EESSI a débuté en 2008 et le système EESSI permet, depuis son lancement en 2019, un traitement plus rapide, plus efficace et plus précis des dossiers dans les domaines de la sécurité sociale et les branches concernées par les règles de coordination de l’UE (telles que la détermination de la législation applicable, la maladie, les accidents du travail, les pensions de retraite, le chômage et les prestations familiales).

L’objectif est de faciliter la protection des droits de la sécurité sociale par-delà les frontières, en accélérant le traitement des dossiers, le calcul des prestations et leur paiement (par exemple les droits à pension des personnes qui ont travaillé dans plusieurs pays, les prestations familiales et les prestations de chômage).

Le système harmonise l’échange d’informations et améliore l’efficacité des processus de sécurité sociale et de la coopération administrative entre les pays et leurs institutions de sécurité sociale, sans porter atteinte aux spécificités des systèmes nationaux de sécurité sociale de base.

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