COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 26.10.2023
COM(2023) 670 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
Circularité de la gestion des huiles minérales et synthétiques lubrifiantes et industrielles usagées dans l'Union européenne
1.Introduction
Le présent rapport rend compte des résultats de l’analyse des données et de l’évaluation effectuée sur la gestion des huiles minérales et synthétiques lubrifiantes et des huiles industrielles usagées dans l’UE en vue d’examiner la faisabilité de l’adoption de mesures visant à améliorer davantage le traitement des huiles usagées, y compris des objectifs quantitatifs sur la collecte et la régénération des huiles usagées, que la Commission a réalisées conformément à l’article 21, paragraphe 4, de la directive-cadre relative aux déchets. Le rapport s’appuie sur trois études approfondies de la Commission menées entre les années 2019 et 2023.
2.Contexte
Les huiles usagées sont définies dans la directrice-cadre relative aux déchets comme «toutes les huiles minérales ou synthétiques, lubrifiantes ou industrielles, qui sont devenues impropres à l’usage auquel elles étaient initialement destinées, telles que les huiles usagées des moteurs à combustion et des systèmes de transmission, les huiles lubrifiantes, les huiles pour turbines et celles pour systèmes hydrauliques».
Les huiles lubrifiantes et industrielles sont généralement composées d’huiles de base et d’additifs. Les huiles pour moteurs, utilisées dans les secteurs automobile, marin et industriel, représentent jusqu’à la moitié de toutes les huiles lubrifiantes mises sur le marché. Les huiles pour systèmes hydrauliques arrivent en deuxième position, représentant 15 à 20 % du volume. Lorsque ces huiles deviennent des déchets, elles sont classées comme des déchets dangereux et représentent le flux de déchets liquides dangereux le plus important dans l’UE, avec environ 1,6 million de tonnes d’huiles usagées collectées en 2017. Les huiles végétales usagées générées par les cuisines et autres activités similaires ne sont pas couvertes par le présent rapport, ni par la définition des huiles usagées.
Les huiles usagées sont réglementées dans l’UE depuis plus de 40 ans. La directive 75/439/CEE concernant l’élimination des huiles usagées exigeait que les huiles usagées soient collectées et éliminées sans causer de dommages évitables à l’homme et à l’environnement. En 1987, des modifications majeures ont été introduites qui ont eu pour effet de donner la priorité à la régénération des huiles usagées par rapport à leur incinération en vue d’une valorisation énergétique. La directive-cadre relative aux déchets exige que les États membres prennent des mesures strictes pour garantir que les huiles usagées sont collectées séparément, en évitant de les mélanger à d’autres déchets et, si possible, à d’autres types d’huiles, et qu’elles sont gérées sans nuire à la santé humaine ou à l’environnement et dans le respect de la hiérarchie des déchets.
Comme indiqué dans la communication sur le pacte vert pour l’Europe, l’Union européenne s’efforce de mettre en place une économie circulaire et neutre sur le plan climatique, dans le contexte d’un environnement dépourvu de substances toxiques, pour lequel il est nécessaire de prendre davantage de mesures de prévention de la pollution. Pour atteindre ces objectifs, qui sont développés dans le plan d’action pour une économie circulaire et dans le plan d’action vers une pollution zéro, la gestion environnementale rationnelle des huiles usagées, de manière que les émissions et les rejets soient minimisés et que les huiles de base soient largement régénérées, a une contribution pertinente à apporter.
3.Vue d’ensemble de la gestion des huiles usagées dans l’UE
En 2017, environ 4,3 millions de tonnes d’huiles lubrifiantes et industrielles ont été mises sur le marché de l’UE. Le chiffre de 1,64 million de tonnes d’huiles usagées collectées dans l’UE-28 en 2017 représente 38 % de cette quantité et 82 % des huiles usagées pouvant théoriquement être collectées (environ 2 millions de tonnes). Les pertes inévitables d’huiles, estimées à 2,3 millions de tonnes, se produisent pendant l’utilisation, principalement en raison de la combustion dans les moteurs ou de leur élimination avec d’autres déchets. On estime qu’environ 18 % des huiles usagées pouvant être collectées sont perdues en raison de leur combustion dans de petits brûleurs d’huiles usagées, de leur conversion illégale en combustibles et, dans une moindre mesure, de leur rejet direct dans l’environnement. Ces activités ont une incidence directe et néfaste sur la qualité de l’eau, du sol et de l’air, sont illégales, contraires à la hiérarchie des déchets et peuvent entraîner une concurrence déloyale avec les opérateurs légaux de déchets, ce qui nécessite des efforts accrus en ce qui concerne la collecte et l’application de la loi pour les éviter.
Le cas particulier des huiles usagées provenant des navires est traité par la directive 2000/59/CE sur les installations de réception portuaires, qui vise à réduire considérablement les rejets en mer des déchets d’exploitation des navires et des résidus de cargaison. L’Agence européenne pour la sécurité maritime fournit un service de prévention de la pollution comprenant des services d’observation de la terre par imagerie satellite.
L’approche adoptée pour gérer les huiles usagées diffère considérablement d’un État membre à l’autre. Des systèmes de responsabilité élargie des producteurs (REP) pour les huiles lubrifiantes usagées sont mis en œuvre dans 11 États membres.
Il est rapporté qu’environ 61 % des huiles usagées collectées sont régénérées en huiles de base, tandis que 24 % sont traitées pour produire des combustibles et 11 % utilisées pour une valorisation énergétique directe dans les usines de ciment, de chaux, d’acier et électriques, le reste étant incinéré en tant que déchets dangereux. En 2019, il y avait 27 installations de régénération des huiles usagées dans l’EU-28 , réparties dans 11 États membres, avec une capacité approximative de traitement de 1,5 million de tonnes d’huiles usagées. Au total, environ 0,95 million de tonnes d’huiles usagées ont été traitées dans des installations de régénération dans l’UE, ce qui a produit environ 0,68 million de tonnes d’huile de base régénérée. Ces chiffres montrent que les huiles de base régénérées représentent environ 8 % de la quantité annuelle d’huile de base produite dans l’UE et indiquent que même si toutes les huiles usagées disponibles étaient collectées et régénérées en huile de base, seule une fraction de la demande pourrait être couverte par la régénération.

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