COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 15.5.2023
COM(2023) 700 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS
Exament volontaire de l'UE sur les progrès réalisés dans la mise œuvre du programme de développement durable à l'horizon 2030 des Nations unies
{SWD(2023) 700 final} - {SWD(2023) 701 final} - {SWD(2023) 702 final} - {SWD(2023) 703 final}
Table des matières
1. Introduction
2. La réalisation des ODD dans l’Union européenne
Une approche pangouvernementale
La valeur ajoutée de l’Union européenne
Travailler ensemble comme une seule Union en vue de réaliser les ODD
3. Transformations majeures: les points forts de l’UE
Planète et prospérité – Pacte vert pour l’Europe
Humanité et prospérité – Une économie au service des personnes et une Europe adaptée à l’ère du numérique
Humanité et paix – Promotion de notre mode de vie européen et un nouvel élan pour la démocratie européenne
Partenariats – Une Europe plus forte sur la scène internationale
4. Enseignements tirés et perspectives à l’horizon 2030
Conclusions
1.Introduction
Le premier examen volontaire de l’Union européenne, une Union qui compte 447 millions de citoyens et 27 pays, sur la mise en œuvre du programme de développement durable à l’horizon 2030 (ci-après dénommé le «programme 2030») montre que l’Union est fermement déterminée à réaliser les 17 objectifs de développement durable (ODD). Le programme 2030 est indissociable de l’accord de Paris sur le changement climatique et du programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement.
L’Union européenne (UE) a résolument placé le développement durable au cœur de ses préoccupations et s’efforce de promouvoir le programme 2030, tant sur son territoire que dans le monde entier, en soutenant les pays partenaires dans leurs efforts de mise en œuvre.
Sous la direction de la présidente von der Leyen, la Commission a présenté un programme d’action ambitieux visant à atteindre les objectifs de durabilité dans l’UE et au-delà. Les ODD font partie intégrante du programme politique de la présidente et sont au cœur de l’élaboration des politiques relatives à l’action intérieure et extérieure dans tous les secteurs. La Commission von der Leyen a placé les ODD au centre de grands objectifs tels que le pacte vert pour l’Europe et les plans pour la reprise et la résilience. Les ODD sont intégrés dans le cycle du Semestre européen de coordination économique et budgétaire avec les États membres, dans les programmes de travail législatifs annuels et dans la boîte à outils pour une meilleure réglementation, comme indiqué dans le document de 2020 intitulé «Delivering on the UN’s Sustainable Development Goals - A comprehensive approach » (Tenir la promesse des objectifs de développement durable des Nations unies: une approche globale); les progrès accomplis dans la réalisation des ODD font l’objet d’un suivi annuel par Eurostat.
Sur le plan extérieur, toutes les institutions et tous les États membres de l’UE sont déterminés à aider les pays partenaires à mettre en œuvre les ODD, sur la base du consensus européen pour le développement. Cette approche est poursuivie ainsi que les priorités de l’UE, en particulier pour soutenir une reprise durable allant dans le sens des ODD grâce à notre nouvelle programmation et à la stratégie «Global Gateway».
Des événements récents, tels que la pandémie de COVID-19, les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales et la crise énergétique résultant de la guerre d’agression menée par la Russie, ont encore freiné ces progrès.
Dans ce contexte, le présent rapport donne une nouvelle orientation aux efforts qu’il reste encore à déployer pour instaurer une paix durable, assurer un avenir meilleur aux populations et à la planète, et parvenir à une prospérité plus inclusive, notamment dans le cadre de partenariats. En tant que tel, il est complémentaire des examens nationaux qui ont été réalisés par tous les États membres de l’UE.
L’examen volontaire a été mené conformément aux lignes directrices des Nations unies pour la production de rapports volontaires communs et se fonde sur de larges consultations. De plus amples informations sur la manière dont l’UE apporte une valeur ajoutée à la mise en œuvre du programme 2030, à la fois sur son territoire et dans le monde, sont disponibles dans le principal document d’accompagnement, qui comprend 17 chapitres dédiés aux ODD et aborde les liens entre les ODD, ainsi que dans l’annexe statistique et analytique. Le présent rapport comprend également un document spécifique consacré à la participation des jeunes à la mise en œuvre du programme 2030 à l’échelle de l’UE, ainsi qu’un rapport sur les activités de consultation menées dans le cadre de cet examen volontaire.
L’UE et les Nations unies sont des partenaires indispensables qui partagent des valeurs et des objectifs communs, dont le programme 2030. L’UE est déterminée à protéger et à promouvoir un multilatéralisme fondé sur des règles, au cœur duquel se trouvent les Nations unies, ainsi que des normes internationales conformes à la charte des Nations unies. Compte tenu de l’instabilité mondiale croissante à mi-parcours de la mise en œuvre du programme 2030, le besoin d’unité, d’une action diplomatique coordonnée, d’une coopération plus poussée avec les partenaires et d’investissements sans précédent est devenu plus pressant. Un certain nombre de pays vulnérables sont particulièrement exposés aux difficultés résultant de la multiplicité des crises. Il est plus urgent que jamais de prendre des mesures afin d’accélérer la mise en œuvre des ODD.
Depuis 2015, l’UE a progressé dans la mise en œuvre de l’ensemble des ODD, même si ces progrès n’ont pas toujours été uniformes. Selon les données les plus récentes, l’UE a obtenu les meilleurs résultats en matière de promotion d’un travail décent et de la croissance économique, de réduction de la pauvreté et de promotion de la paix, de la sécurité et des sociétés et institutions inclusives. Toutefois, des chocs externes négatifs pèsent sur la reprise après la pandémie et sur les progrès en matière de développement durable dans l’UE et dans le monde. Les progrès ont ralenti à partir de 2020 en raison des multiples crises, ce qui a parfois conduit à une régression.
Cette situation vient s’ajouter à la crise climatique et environnementale planétaire sous-jacente et au creusement des inégalités. Des progrès supplémentaires sont nécessaires pour de nombreux ODD, en particulier ceux liés à la protection et à l’utilisation durable des ressources naturelles. Le pacte vert pour l’Europe de décembre 2019 a donné un nouvel élan à la politique et à l’action en matière de climat au niveau de l’UE. La loi européenne sur le climat a ouvert de nouvelles perspectives en 2021 en fixant des objectifs juridiquement contraignants pour que l’UE parvienne à la neutralité climatique d’ici à 2050 et réduise d’au moins 55 % les émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990. La mise en œuvre du pacte vert pour l’Europe sur le terrain progresse et les résultats devraient s’accélérer considérablement dans les années à venir.
Dans l’ensemble du cadre, il convient d’accorder une attention particulière aux incidences sur les personnes en situation de vulnérabilité. Dans l’ensemble, la situation reste difficile, et des efforts de mise en œuvre supplémentaires sont encore nécessaires pour réaliser notre vision collective.
2.La réalisation des ODD dans l’Union européenne
Une approche pangouvernementale
Plusieurs thèmes se conjuguent dans la vision de l’UE en matière de développement durable: croissance économique, économie sociale de marché hautement compétitive qui ne laisse personne de côté, respect des droits de l’homme et niveau élevé de protection de l’environnement. Le développement durable représente également un objectif de l’action extérieure de l’UE. Le programme 2030 est mis en œuvre à l’échelle de l’UE dans le cadre d’une approche pangouvernementale intégrée qui place les ODD au cœur de la politique, de la législation et du financement de l’UE. Toutes les actions et politiques de l’UE contribuent à la réalisation des ODD et le degré de réussite dépend des actions collectives menées à tous les niveaux (UE, national, régional et local).
L’approche globale ou «pangouvernementale» adoptée par la Commission pour mettre en œuvre les ODD comprend plusieurs volets, comme le montre le graphique ci-dessous:
Illustration 1. L’approche «pangouvernementale» de l’UE
Au début de son mandat, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a présenté «Une Union plus ambitieuse – Orientations politiques pour la prochaine Commission européenne 2019-2024». Le programme politique de la présidente intègre les ODD dans toutes les propositions, politiques et stratégies de la Commission. Les 17 ODD sont repris dans une ou plusieurs des six grandes ambitions annoncées. En outre, chaque commissaire veillera à la réalisation des ODD dans son domaine d’action.
Ces orientations définissent six ambitions majeures: un pacte vert pour l’Europe; une économie au service des personnes; une Europe adaptée à l’ère du numérique; la promotion de notre mode de vie européen; une Europe plus forte sur la scène internationale; et un nouvel élan pour la démocratie européenne. Ces priorités permettent de mettre en œuvre les transformations nécessaires à la réalisation des ODD, notamment dans le cadre des transitions verte et numérique, tout en ne laissant personne de côté. Les six priorités de la Commission sont intimement liées aux cinq domaines d’action (humanité, planète, prospérité, paix et partenariats) énoncés dans le préambule du programme 2030. Cette approche est également largement cohérente avec la priorité accordée à une courte série de points d’entrée pour la transformation, recommandés par les scientifiques dans le rapport mondial des Nations unies sur le développement durable.
Illustration 2. La stratégie pour réaliser les ODD dans l’UE
La stratégie actuelle pour réaliser pleinement les ODD consiste à promouvoir ces ambitions majeures dans le cadre d’initiatives concrètes définies dans les programmes de travail annuels de la Commission. Depuis 2020, chaque programme de travail de la Commission place les ODD au cœur de l’élaboration des politiques de l’UE. La déclaration commune du Parlement européen, du Conseil de l’Union européenne et de la Commission européenne sur les priorités législatives de l’UE pour 2023 et 2024 comprend un engagement à accélérer la mise en œuvre du programme 2030.
Par conséquent, les ODD sont intégrés dans les politiques de l’UE et orientent l’élaboration des politiques et des législations dans l’UE. La législation proposée doit comprendre une évaluation de la manière dont elle contribue à la réalisation des ODD. Sur la base de cette orientation générale, l’approche pangouvernementale se concentre sur la mise en œuvre d’actions internes et externes concrètes qui permettront de réaliser des progrès tangibles dans la réalisation des ODD.
La valeur ajoutée de l’Union européenne
L’examen volontaire respecte la nature spécifique de l’UE et divers aspects de la valeur ajoutée de l’UE dans la mise en œuvre du programme 2030.
·Élaboration des politiques et des législations: l’UE élabore et met en œuvre une série de politiques dans les domaines où elle est compétente et les ODD sont intégrés dans son processus d’élaboration des politiques.
·Financement du développement durable: l’UE investit dans des projets et des programmes de développement durable, à la fois sur son territoire et en soutien aux pays partenaires, en vue de la réalisation des ODD.
·Action extérieure: l’UE est un acteur majeur sur la scène internationale en faveur du multilatéralisme, des droits de l’homme et du développement durable.
La structure pluriannuelle du budget de l’UE permet une planification stable à long terme pour la réalisation des objectifs de l’UE et la grande majorité des programmes de l’UE financés au titre du budget contribuent à la réalisation des ODD. Pour la période 2021-2027, le budget prévoit plus de 2 000 milliards d’EUR (en prix courants) pour aider à reconstruire une Union européenne de l’après-pandémie, tout en accélérant de manière significative la réalisation des ODD dans l’UE et dans le monde. Il contribue directement à une Europe plus verte, plus numérique, plus inclusive et plus résiliente. Plus de 50 % de ce montant total soutiendra la modernisation de l’UE par les moyens suivants: les transitions climatique et numérique justes; la préparation, la reprise et la résilience; la recherche et l’innovation.
Le budget de l’UE consacre plus de 378 milliards d’EUR aux régions et aux villes de l’UE, contribuant ainsi à la réalisation de plusieurs ODD. La majeure partie de ce financement est utilisée pour investir dans le développement régional et local afin d’aider à niveler les disparités économiques, sociales et territoriales qui existent encore dans l’UE.
Travailler ensemble comme une seule Union en vue de réaliser les ODD
Les institutions de l’UE travaillent en étroite collaboration pour définir le programme de l’UE, ainsi que pour initier et adopter les législations de l’UE, y compris pour réaliser les ODD. La Commission européenne élabore des propositions de nouveaux actes législatifs européens qui contribuent à la réalisation des ODD et examine la mise en œuvre par les États membres des actes législatifs une fois qu’ils ont été adoptés par les colégislateurs de l’UE, le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne, qui représente les gouvernements nationaux des États membres. Le Parlement européen et le Conseil encouragent tous deux activement la mise en œuvre des ODD dans les politiques de l’UE, notamment au moyen de résolutions, de conclusions et d’actes législatifs réguliers.
Les États membres ont la responsabilité première d’assurer le développement durable aux niveaux national, régional et local. Il s’agit, entre autres, de prendre des mesures visant à intégrer les ODD dans les politiques nationales et d’allouer des ressources afin de soutenir leur réalisation. Les États membres rendent régulièrement compte des progrès qu’ils ont accomplis dans la réalisation des ODD dans le cadre de leurs examens nationaux volontaires respectifs. Depuis 2016, tous les États membres ont présenté au moins une fois un examen lors des réunions du Forum politique de haut niveau pour le développement durable (FPHN). Sur les 27 États membres, 23 l’ont fait deux fois, en ce compris les neuf États membres qui devraient le présenter à nouveau en 2023.
Le Comité européen des régions et le Comité économique et social européen ont apporté une contribution précieuse au présent examen. Le Comité économique et social européen, l’organe consultatif qui offre aux représentants des organisations de la société civile une plateforme formelle pour exprimer leurs points de vue, a mis en place un Observatoire du développement durable, qui est déterminé à favoriser la participation active des citoyens et de la société civile à la transition vers une Europe plus durable alignée sur les ODD. Le Comité des régions travaille avec l’ensemble des associations et réseaux territoriaux européens œuvrant en faveur de la réalisation des ODD et collabore avec des organisations internationales, telles que l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), pour promouvoir la recherche et recueillir des données de meilleure qualité sur la mise en œuvre des ODD au niveau local.
De nombreuses autorités locales et régionales renforcent leur participation par l’intermédiaire d’examens locaux volontaires, qui contribuent à favoriser la réalisation des ODD au plus près des citoyens et contiennent souvent des engagements concrets en faveur du programme 2030. Jusqu’à présent, environ un tiers de tous les examens locaux ont été adoptés dans l’UE (41 sur 129).
3.Transformations majeures: les points forts de l’UE
L’UE adopte une approche globale pour réaliser les ODD interdépendants, en promouvant plusieurs d’entre eux dans le cadre d’initiatives et de stratégies majeures.
Planète et prospérité – Pacte vert pour l’Europe
L’UE a réalisé des progrès modérés en ce qui concerne l’ODD 2 sur l’agriculture durable, l’ODD 6 sur l’eau, l’ODD 7 sur l’énergie, l’ODD 11 sur les villes durables, l’ODD 12 sur la consommation et la production et l’ODD 14 sur les océans. De nouveaux progrès sont attendus dans les années à venir pour l’ODD 13 en ce qui concerne l’action climatique et l’ODD 15 pour ce qui est de la biodiversité terrestre.
Illustration 3. Contribution à la réalisation des ODD de l’ambition majeure «Pacte vert pour l’Europe»
Afin de réaliser des progrès décisifs en ce qui concerne l’action climatique (ODD 13), l’UE a récemment approuvé un cadre réglementaire et stratégique renouvelé, qui sous-tend une ambition climatique revue à la hausse. L’UE et ses États membres ont pleinement respecté leurs engagements internationaux en matière de climat, à savoir réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020, par rapport à 1990. Le pacte vert pour l’Europe entend faire de l’Europe le premier continent neutre sur le plan climatique d’ici à 2050. Il est explicitement conçu comme une partie intégrante de la stratégie de mise en œuvre du programme 2030 et des ODD.
L’ODD 12 sur la consommation et la production responsables a enregistré des progrès considérables. L’utilisation efficace des ressources et l’efficacité énergétique de l’UE se sont améliorées ces dernières années et la valeur ajoutée du secteur des biens et services environnementaux a augmenté. L’UE a prouvé que la croissance verte est possible: la croissance du PIB peut être obtenue simultanément avec la réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’UE est toutefois encore loin d’atteindre son objectif de doubler le taux d’utilisation circulaire des matériaux provenant de déchets collectés d’ici à 2030, par rapport à 2020. La mise à jour du plan d’action de l’UE en faveur de l’économie circulaire présente plusieurs initiatives majeures qui aideront l’UE à réduire la pression sur les ressources naturelles et à créer une croissance et des emplois durables. Sa mise en œuvre contribuera à combler cette lacune.
Des progrès supplémentaires devront être accomplis pour l’ODD 15 sur les écosystèmes terrestres, alors que l’état des écosystèmes marins s’est quelque peu amélioré (ODD 14). Conformément à la stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 et au cadre mondial pour la biodiversité Kunming-Montréal de décembre 2022, l’UE entend protéger au moins 30 % de ses zones terrestres et 30 % de ses zones maritimes d’ici à 2030. La stratégie de l’UE pour les forêts pour 2030 met l’accent sur la protection, la restauration et la gestion durable des forêts de l’UE en tant que contribution à l’ODD 15. La stratégie de l’UE pour la protection des sols fixe un objectif à moyen terme pour 2030, axé sur la lutte contre la désertification et la restauration des terres et des sols dégradés. La proposition de règlement relatif à la restauration de la nature fixe des objectifs contraignants pour restaurer les écosystèmes dégradés, en particulier ceux qui sont les plus susceptibles de capturer et de stocker le carbone.
Jusqu’à présent, les progrès concernant l’ODD 6 sur l’eau ont été mitigés. L’amélioration du traitement des eaux usées a permis de réduire la pollution organique dans les rivières, les lacs et les mers d’Europe. Parallèlement, l’excès de nutriments, de polluants industriels, de résidus pharmaceutiques, de cosmétiques et de pesticides dans l’eau reste préoccupant. Bien que la situation en matière d’hygiène soit généralement très bonne, les niveaux d’accès aux services d’eau et d’assainissement varient encore d’un État membre à l’autre, certains groupes vulnérables étant désavantagés.
Les résultats de l’UE concernant l’ODD 2 sur la malnutrition et l’agriculture durable sont mitigés. Les progrès réalisés ont été compromis en raison de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine. Les prix des produits agricoles ont augmenté dans l’UE et dans le monde. L’UE a renforcé son aide aux personnes les plus touchées par les effets dévastateurs de l’augmentation de l’insécurité alimentaire dans le monde. Entre 2020 et 2024, l’UE investira 8 milliards d’EUR en faveur de la sécurité alimentaire dans le monde. Dans l’UE, l’action s’est concentrée sur le soutien aux agriculteurs les plus touchés par la hausse des coûts des intrants. Ces mesures ont été associées à des actions portant sur des changements structurels visant à promouvoir une agriculture, une pêche et des systèmes alimentaires durables et résilients, ainsi qu’une alimentation plus saine, comme le prévoit la stratégie «De la ferme à la table». Cette stratégie fixe des objectifs concrets visant à transformer les systèmes alimentaires de l’UE d’ici à 2030 et à promouvoir une transition mondiale vers des systèmes alimentaires durables.
Dans le contexte de la crise énergétique provoquée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’UE a poursuivi sa marche vers la décarbonation. En 2022, l’UE a réalisé de grands progrès afin de diversifier les sources d’approvisionnement en énergie, d’accroître l’efficacité énergétique et d’accélérer le déploiement des énergies renouvelables. Près de 300 milliards d’EUR sont disponibles pour soutenir les investissements connexes dans les États membres. D’août 2022 à mars 2023, l’UE a réduit de 18 % sa consommation de gaz naturel par rapport à la moyenne des mêmes mois des cinq années précédentes. La décarbonation des systèmes énergétiques fait partie de la solution structurelle à long terme qui est mise en œuvre. Les objectifs pour 2030 en matière de déploiement des énergies renouvelables et d’efficacité énergétique sont revus à la hausse. Avec la proposition de règlement pour une industrie à zéro émission nette, l’UE prend également des mesures afin de veiller à ce que sa capacité industrielle à zéro émission nette soit à la hauteur de ses objectifs en matière de climat et d’énergie. Les données les plus récentes incluses dans l’ensemble d’indicateurs des ODD de l’UE ne reflètent pas encore pleinement ces effets, notamment la réduction de l’approvisionnement en énergie et les hausses de prix qui en découlent. On peut toutefois s’attendre à des progrès significatifs vers une énergie abordable et propre (ODD 7) dans les années à venir.
En ce qui concerne l’ODD 11 sur les villes durables, les villes et les zones urbaines abritent près de 75 % des citoyens de l’UE. Elles offrent de nombreuses possibilités d’emploi et d’activité économique et culturelle, mais de nombreux résidents se heurtent à des défis environnementaux et sociaux. Les problèmes de logement, la pollution et la criminalité sont quelques-uns des défis les plus graves auxquels font face les zones urbaines. Le développement urbain durable et intégré est essentiel pour mettre en œuvre la transition verte, juste et numérique et les priorités correspondantes de l’UE au niveau local, en ne laissant aucun endroit de côté. C’est pourquoi l’UE a pris trois nouveaux engagements volontaires en 2022 afin de contribuer à l’accélération de la mise en œuvre du nouveau programme pour les villes des Nations unies.
Neutralité climatique
La loi européenne sur le climat, adoptée en 2021, est unique en ce sens qu’elle fixe des objectifs juridiquement contraignants pour parvenir à la neutralité climatique d’ici à 2050 et réduire d’au moins 55 % les émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990. La mise en œuvre du pacte vert pour l’Europe sur le terrain n’en est qu’à ses débuts et les résultats devraient s’améliorer considérablement dans les années à venir.
Les propositions législatives concrétisent ces objectifs de réduction de 55 % dans tous les secteurs économiques. La pierre angulaire de ce train de mesures est la tarification du carbone, sous la forme du système d’échange de quotas d’émission de l’UE, qui est le premier grand marché du carbone au monde et qui reste le plus important. Les institutions de l’UE ont récemment convenu de renforcer et d’étendre l’échange de quotas d’émission, de réduire les émissions nationales dans les secteurs du transport, du bâtiment, des déchets et de l’agriculture, de mettre fin à la vente de nouvelles voitures émettant du CO2 dans l’UE d’ici à 2035 (avec une certaine flexibilité pour les carburants de synthèse), et d’augmenter l’élimination du CO2 par l’utilisation des terres, la sylviculture et l’agriculture.
Les questions du changement climatique et de la protection de la biodiversité doivent être abordées à l’échelle mondiale dans le cadre d’actions concrètes menées par tous les pays. S’agissant du financement, dans le cadre de l’accord de Paris, les pays développés se sont engagés à mobiliser environ 84 milliards d’EUR chaque année pour soutenir les pays en développement. L’UE et ses États membres sont les plus grands pourvoyeurs de fonds publics pour le climat au monde (23,04 milliards d’EUR en 2021).
Grâce à ses partenariats internationaux, l’UE poursuit les objectifs du pacte vert pour l’Europe au niveau mondial et progresse dans la réalisation des ODD concernés. Environ 35 % du budget de l’«instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale – Europe dans le monde (IVCDCI - Europe dans le monde)» contribue à l’action en faveur du climat (ODD 13), notamment en soutenant l’énergie durable (ODD 7). L’UE s’est également engagée à doubler son financement international en faveur de la biodiversité (ODD 15 et 14), en particulier pour les pays les plus vulnérables, au cours de la période 2021-2027. L’UE a également renforcé son soutien à l’agriculture durable (ODD 2), aux ressources en eau (ODD 6) et à la consommation et la production durables (ODD 12), y compris l’économie circulaire dans les pays partenaires. Comme nous le verrons plus loin, l’UE est en train de mettre en place la «Global Gateway», sa stratégie pour des investissements durables dans les infrastructures à l’échelle mondiale. Il s’agit d’une offre concrète faite aux pays partenaires dans le but de soutenir la réalisation des ODD, y compris par la mobilisation du secteur privé. Il s’agit, entre autres, de soutenir les infrastructures dans le domaine de l’énergie durable et du changement climatique, notamment dans le cadre d’initiatives phares telles que l’initiative Afrique-UE en faveur de l’énergie verte, l’initiative en faveur de la transition verte en Amérique latine et dans les Caraïbes, ou l’initiative en faveur de l’eau, de l’énergie et du changement climatique en Asie centrale. Ces initiatives sont menées en adoptant une approche «Équipe Europe», qui réunit l’UE, ses États membres et les banques de développement nationales, ainsi que la Banque européenne d’investissement et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.
Humanité et prospérité – Une économie au service des personnes et une Europe adaptée à l’ère du numérique
Une économie au service des personnes
En contribuant à la croissance des économies et en réduisant la pauvreté et les inégalités, l’UE contribue aussi directement à la réalisation de plusieurs ODD interdépendants. Des progrès significatifs ont été réalisés en matière de réduction de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ODD 1), ainsi qu’en matière d’économie et de marché du travail (ODD 8). Toutefois, seuls des progrès modérés ont été accomplis en matière de réduction des inégalités (ODD 10).
Illustration 4. Contribution à la réalisation des ODD de l’ambition majeure «Une économie au service des personnes»
La gouvernance économique de l’UE lui permet de coordonner activement et efficacement la mise en œuvre du programme 2030 dans les 27 États membres dans le cadre du Semestre européen, un cadre de surveillance et de coordination intégrées des politiques en matière d’économie et d’emploi dans l’ensemble de l’UE. L’examen annuel de la croissance durable de l’UE définit un programme de politique économique ayant pour but d’atténuer les effets négatifs des chocs à court terme et de poursuivre les efforts visant à soutenir une croissance durable et inclusive et à accroître la résilience à moyen terme, tout en conservant une certaine flexibilité pour relever les défis nouveaux. L’approche est structurée autour des quatre dimensions de la durabilité concurrentielle (équité, durabilité environnementale, productivité et stabilité macroéconomique). Le Semestre européen intègre la mise en œuvre des ODD. Il s’agit, entre autres, de rapports annuels par pays pour tous les États membres, chacun soulignant les progrès réalisés et les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des mesures pour les ODD, et d’un rapport de suivi statistique complet, fournissant un examen approfondi des progrès de l’UE dans la réalisation des ODD.
Globalement, les objectifs fixés par les ODD en matière d’emploi, d’éducation et de compétences, de conditions de travail, de lutte contre la pauvreté et les inégalités, et de promotion de l’égalité des chances et de l’inclusion sociale sont poursuivis au niveau de l’UE dans le cadre de la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux et de la construction d’une Union de l’égalité. Adopté en mars 2021, le plan d’action sur le socle européen des droits sociaux fixe trois grands objectifs ambitieux pour l’UE pour 2030 dans les domaines de l’emploi, des compétences et de la réduction de la pauvreté. Parmi ces objectifs figurent un taux d’emploi de 78 % (pour les personnes âgées de 20 à 64 ans), un taux de participation à des activités de formation de 60 % pour l’ensemble des adultes et une réduction d’au moins 15 millions du nombre de personnes menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale, dont au moins 5 millions d’enfants (par rapport à 2019). Doté d’un budget total de plus de 99 milliards d’EUR, le Fonds social européen plus est un instrument financier essentiel pour la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux.
La croissance économique et l’emploi sont abordés dans l’ODD 8. L’économie de l’UE a progressé de 5,4 % en 2021, après une baisse liée à la COVID-19 en 2020. Elle devrait croître de 3,5 % en 2022 et de 0,8 % en 2023. Le taux d’emploi de l’UE a atteint un nouveau record de 74,7 % en 2022 et les marchés du travail sont restés solides depuis lors. Le chômage et le chômage de longue durée étaient déjà en baisse depuis 2014. Si cette tendance positive se poursuit, l’UE sera bien placée pour atteindre son objectif de taux d’emploi de 78 % d’ici à 2030. La situation des jeunes sur le marché du travail est toutefois moins positive. La garantie pour la jeunesse a permis à plus de 24 millions de jeunes d’accéder au marché du travail ou à l’éducation depuis 2013.
En ce qui concerne l’ODD 1, le nombre de personnes menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale dans l’UE a considérablement diminué, passant de 104,9 millions (soit 24 % de la population de l’UE) en 2015 à 95,4 millions (21,7 %) en 2021. Le nombre d’enfants à risque est passé de 22,3 millions en 2015 à 19,6 millions en 2021. Des différences considérables subsistent toutefois entre les pays de l’UE en ce qui concerne les taux de pauvreté. En outre, les zones rurales sont généralement plus exposées au risque de pauvreté en raison de l’émigration, de l’accès limité aux services, de la faiblesse des marchés du travail et des possibilités d’éducation limitées. En ce qui concerne l’ODD 10, l’écart de revenus entre les pauvres et les riches dans l’UE reste également important et l’inclusion sociale des chômeurs, des migrants, des minorités ou des personnes handicapées reste un défi.
Lutter contre les inégalités et ne laisser personne de côté
Ne laisser personne de côté est un engagement central du programme 2030. La lutte contre les inégalités est un défi sous-jacent à tous les ODD.
L’UE est déterminée à éradiquer la pauvreté sous toutes ses formes, à mettre fin à la discrimination et à l’exclusion sociale et à réduire les inégalités. Le traité sur l’Union européenne dispose que l’UE est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’état de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités. L’engagement de ne laisser personne de côté se retrouve dans les politiques intérieures et extérieures de l’UE, notamment celles qui appliquent une approche fondée sur les droits et qui mettent davantage l’accent sur la lutte contre les inégalités.
La construction d’une Union de l’égalité, avec une société plus juste et inclusive, exempte de toute discrimination, est une priorité de l’UE. L’Union de l’égalité repose sur des politiques et des actions qui créent les conditions permettant à chacun de vivre, de s’épanouir et de diriger sans discrimination. Cela s’est traduit par l’adoption et la mise en œuvre de stratégies et de plans d’action qui contribuent directement à la réalisation des ODD, notamment les objectifs 1, 4, 5, 8 et 10. Nombre d’entre eux sont mentionnés dans cette section sur les points forts de l’UE et sont détaillés dans le document d’accompagnement SWD(2023) 700.
Des mesures concrètes ont été prises au niveau de l’UE au titre de politiques visant à promouvoir et à garantir l’équité et la solidarité dans l’économie sociale de marché européenne. Pour atteindre en premier lieu ceux qui sont le plus en retard, il faut disposer de données ventilées afin de suivre les engagements et de concevoir des politiques pour les groupes de population les plus vulnérables et les plus marginalisés. Certains groupes de population, tels que les enfants, les personnes handicapées, les immigrés et les Roms, sont davantage exposés au risque de pauvreté. L’UE collecte régulièrement des données relatives aux résultats socio-économiques des personnes par l’intermédiaire de son office statistique ( Eurostat ) et de ses agences spécialisées, dont l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne ( FRA ), la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail ( Eurofound ) et l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes ( EIGE ).
Afin de garantir la pleine participation des personnes handicapées, la stratégie en faveur des droits des personnes handicapées 2021-2030 vise à améliorer la vie de ces personnes au cours de cette décennie, dans l’UE et au-delà, y compris dans les crises humanitaires.
Les objectifs visant à ne laisser personne de côté et à lutter contre les inégalités figurent également au cœur des partenariats internationaux de l’UE et font partie de l’objectif de promotion du développement durable. Dans le cadre de ses partenariats internationaux, l’UE accorde la priorité à la lutte contre les inégalités et à la promotion de sociétés durables et inclusives. L’un des objectifs généraux est d’intégrer la contribution multidimensionnelle à la lutte contre les inégalités dans la conception, l’évaluation comparative et le suivi de ses programmes. L’action de l’UE vise également à lutter contre les inégalités au niveau des politiques, notamment en améliorant les systèmes de protection sociale et les cadres fiscaux et en s’attaquant aux inégalités face au changement climatique et à la dégradation de l’environnement. Plusieurs projets phares en matière d’égalité sont en cours dans le monde entier et dans différents secteurs: de la cohésion sociale au travail décent, et de la transition juste à la transformation numérique axée sur l’humain.
Dans le cadre de ses partenariats internationaux, l’UE aide les pays partenaires à améliorer l’environnement des entreprises et des investissements, ainsi que l’investissement privé, à accroître l’inclusion financière et à promouvoir le commerce et la facilitation des échanges au service du développement durable et des chaînes de valeur (ODD 8, 9, 10). Elle promeut le travail décent en améliorant la durabilité sociale, du travail et de l’environnement (ODD 8), en promouvant l’égalité entre les sexes (ODD 5) et l’autonomisation des femmes et des jeunes, en luttant contre les inégalités (ODD 10) et en améliorant les politiques et les systèmes de formation professionnelle et d’éducation (ODD 4). Dans le cadre de la stratégie «Global Gateway», l’UE a déjà lancé plusieurs projets en adoptant une approche «Équipe Europe», avec la capacité de mobiliser de multiples sources de financement, y compris des investissements du secteur privé. Il s’agit, entre autres, des projets phares du paquet d’investissement UE-Union africaine sur les corridors stratégiques de transport en Afrique occidentale, centrale et orientale, qui contribueront à la réalisation d’une série d’objectifs de développement durable interdépendants.
Une Europe adaptée à l’ère du numérique
Pour réussir à mettre en œuvre le programme 2030 et rester compétitive sur la scène mondiale, l’UE transforme ses industries et ses infrastructures afin qu’elles deviennent plus vertes et plus numériques, et son économie afin qu’elle devienne plus circulaire. La pandémie de COVID-19 a réaffirmé les avantages de la numérisation dans notre vie quotidienne et les raisons pour lesquelles la transition numérique est la voie à suivre. Les transitions numérique et verte vont de pair et renforcent mutuellement les possibilités qu’elles offrent.
Illustration 5. Contribution à la réalisation des ODD de l’ambition majeure «Une Europe adaptée à l’ère du numérique»

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