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AccueilDroit européen52023DC0732
Acte préparatoire52023DC0732

Acte préparatoire — 52023DC0732

CELEX52023DC0732
TypeActe préparatoire
Datevendredi 24 novembre 2023

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 24.11.2023

COM(2023) 732 final

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL

sur la mise en oeuvre du Fonds pour l'innovation en 2022


Table des matières

1 INTRODUCTION

2 FONDS POUR L’INNOVATION: ÉVÉNEMENTS DÉTERMINANTS EN 2022

3 DEUXIÈME APPEL À PROJETS À GRANDE ÉCHELLE (LSC-2021)

3.1 Participation des projets à l’appel

3.2 Budget de l’appel et soutien financier demandé

3.3 Caractéristiques des projets retenus

3.3.1 Secteurs

3.3.2 Répartition géographique

3.3.3 Potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre

3.3.4 Degré de maturité

3.3.5 Degré d’innovation et potentiel d’évolutivité

4 DEUXIÈME APPEL À PROJETS À PETITE ÉCHELLE (SSC-2021)

4.1 Budget de l’appel et soutien financier demandé

4.2 Caractéristiques des projets retenus

4.2.1 Secteurs

4.2.2 Répartition géographique

4.2.3 Potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre

4.2.4 Degré de maturité

4.2.5 Degré d’innovation et potentiel d’évolutivité

5 RÉSULTATS CUMULÉS DU FONDS POUR L’INNOVATION À LA FIN DE 2022

5.1 Participation des projets à l’appel

5.2 Budget de l’appel et soutien financier demandé

5.3 Caractéristiques des projets retenus

5.3.1 Catégories et secteurs

5.3.2 Répartition géographique

5.3.3 Potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre

5.3.4 Degré de maturité

5.4 Technologies innovantes bénéficiant d’un soutien

5.5 Contribution à d’autres objectifs politiques de l’UE

5.5.1 Synergies avec d’autres instruments de financement

5.5.2 Partage des connaissances sur les solutions de technologies propres

6 ASSISTANCE AU DÉVELOPPEMENT DES PROJETS MOINS ABOUTIS

7 CONCLUSIONS ET PROCHAINES ÉTAPES

1INTRODUCTION

1.1Contexte et objectifs du Fonds pour l’innovation

Le Fonds pour l’innovation est l’un des plus grands programmes de financement au monde pour la démonstration de technologies innovantes à faible intensité de carbone. Il est financé par le système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne et œuvre en faveur de l’objectif de l’Union qui est de parvenir à la neutralité climatique d’ici à 2050.

L’Union européenne s’est engagée à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à atténuer les effets du changement climatique. En 2021, la loi européenne sur le climat 1 qui constitue l’une des initiatives essentielles à la mise en œuvre du pacte vert pour l’Europe, a été adoptée. Elle fixe des objectifs ambitieux pour 2030, dans des domaines tels que la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le déploiement des technologies liées aux énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Le règlement vise à parvenir à la neutralité climatique dans l’Union d’ici à 2050. Cet objectif nécessitera de déployer des efforts considérables, avec l’appui du législateur et du secteur public, pour encourager l’innovation et accélérer la mise sur le marché des solutions à émissions de carbone faibles ou nulles.

Le système d’échange de quotas d’émission (SEQE) de l’Union européenne est la pierre angulaire de la politique de l’Union en matière de lutte contre le changement climatique et l’un des instruments essentiels dont elle dispose pour réduire efficacement et au moindre coût les émissions de gaz à effet de serre. Créé en 2005 2 , ce système est le premier, et désormais le plus grand marché du carbone au monde, et il couvre environ 40 % des émissions de gaz à effet de serre de l’Union. En 2018, la directive SEQE révisée a porté création du Fonds pour l’innovation, à l’aide des revenus provenant de la mise aux enchères de 450 millions de quotas d’émission, afin de soutenir l’innovation dans les technologies et les procédés à faible intensité de carbone dans les secteurs couverts par le SEQE de l’Union. En 2019, avec l’adoption du règlement délégué qui lui est associé 3 , le Fonds pour l’innovation a officiellement commencé ses activités visant à octroyer des subventions et des contributions à des opérations de financement mixte qui prennent en charge les coûts pertinents des projets éligibles.

Le Fonds pour l’innovation est l’un des plus grands programmes de financement au monde pour la démonstration commerciale de technologies innovantes à intensité de carbone faible ou nulle, qui visent à mettre sur le marché des solutions industrielles pour décarboner l’Europe et à soutenir sa transition vers la neutralité climatique. Le Fonds pour l’innovation accorde un financement dans cinq domaines clés: i) les industries à forte intensité énergétique, ii) les technologies liées aux énergies renouvelables, iii) le captage et le stockage géologique du carbone, iv) le stockage de l’énergie et v) la mobilité et les bâtiments à zéro émission nette.

En juillet 2021, la Commission européenne a adopté une révision de la directive SEQE-UE 4 dans le cadre du paquet de mesures législatives «Fit-for-55» (Ajustement à l’objectif 55), en adéquation avec l’ambition climatique accrue de l’Union pour 2030. Ce paquet de mesures comprenait une modification des dispositions régissant le Fonds pour l’innovation et traitait des trois principaux points exposés à continuation.

I)Augmentation des quotas du SEQE alloués au Fonds pour l’innovation: leur nombre passe de 450 millions à environ 530 millions. Il en résulte que le Fonds pour l’innovation mettra à disposition, entre 2020 et 2030, un montant estimé à 40 milliards d’euros pour les investissements 5 .

II)L’élargissement des possibilités de financement, aussi bien au niveau des secteurs (qui incluent désormais également le transport maritime et aérien, le bâtiment et le transport routier) qu’au niveau du degré d’innovation, les technologies à plus haut niveau de maturité étant désormais éligibles.

III)Un nouveau mécanisme d’aide, au moyen duquel les projets sont sélectionnés sur la base
d’une procédure de mise en concurrence (c’est-à-dire des enchères). Ce nouveau mécanisme permet de mettre en place des dispositifs d’aide tels que des contrats à prime fixe, des contrats d’écart compensatoire ou des contrats d’écart compensatoire appliqués au carbone, couvrant jusqu’à 100 % de leurs coûts pertinents.

Figure 1: principaux aspects du Fonds pour l’innovation après la révision du SEQE de l’Union

La Commission travaille actuellement à la modification du cadre juridique du Fonds pour l’innovation 6 , afin que ce cadre soit en adéquation totale avec les modifications les plus récentes de la directive SEQE et qu’il tire parti des enseignements tirés des premières années de mise en œuvre. La version finale du règlement délégué devrait être adoptée d’ici la fin de 2023.

Conformément à la directive SEQE-UE 7 , la Commission fait rapport au comité des changements climatiques sur la mise en œuvre du Fonds pour l’innovation au plus tard le 31 décembre 2023, et tous les ans par la suite.

1.2Présentation du fonctionnement du Fonds pour l’innovation

Le Fonds pour l’innovation entend soutenir des technologies, des techniques et des procédés innovants qui: i) sont susceptibles de réduire sensiblement les émissions de gaz à effet de serre dans les secteurs couverts par le SEQE de l’Union, ii) disposent d’un vaste potentiel commercial de reproduction, et iii) présentent un bon rapport coût-efficacité. Le Fonds pour l’innovation compense le déficit de financement au moyen: i) de subventions octroyées dans le cadre d’appels à propositions ou d’enchères, ii) d’autres montages financiers, tels que les contributions à des opérations de financement mixte, et iii) d’un soutien technique et financier dans le cadre du programme d’assistance au développement de projets.

Le Fonds pour l’innovation a été conçu pour soutenir financièrement des projets de démonstration portant sur des technologies, procédés ou produits hautement innovants qui offrent un potentiel important de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ce soutien est principalement fourni sous la forme de subventions, bien qu’il puisse également prendre d’autres formes, telles que des contributions à des opérations de financement mixte au titre d’autres instruments européens d’aide à l’investissement, ou des services de conseil proposés dans le cadre du programme d’assistance au développement de projets, instruments définis dans l’acte délégué du Fonds pour l’innovation. Les subventions accordées par le Fonds pour l’innovation peuvent couvrir au maximum 60 % des coûts pertinents d’un projet 8 si elles sont octroyées dans le cadre d’un appel à propositions classique, ou jusqu’à 100 % de ces coûts si elles sont octroyées au moyen d’un mécanisme de mise en concurrence. Cette modalité garantit à la fois une répartition de l’aide efficace au regard des coûts et la mobilisation des investissements privés.

À la fin de la période examinée dans le présent rapport, qui porte sur l’année 2022, les appels à propositions ouverts constituaient le principal mécanisme d’attribution utilisé par le Fonds pour l’innovation. Ces appels à propositions étaient lancés séparément pour deux catégories de projets: ceux dont les dépenses en capital étaient estimées à moins de 7,5 millions d’euros (projets à petite échelle) et ceux dont les dépenses en capital étaient estimées à plus de 7,5 millions d’euros (projets à grande échelle). Qu’il s’agisse de projets à grande échelle ou à petite échelle, le financement est accordé sans aucune discrimination quant au type de technologie proposé dans le projet, à condition que celui-ci relève de l’un des secteurs pouvant bénéficier du Fonds pour l’innovation.

Les propositions sont évaluées au regard de cinq critères: i) la prévention des émissions de gaz à effet de serre, ii) le degré d’innovation, iii) la maturité technique, financière et opérationnelle, iv) le potentiel d’évolution et v) le rapport coût-efficacité de la prévention des émissions de gaz à effet de serre. Le Fonds pour l’innovation soutient des projets hautement innovants qui facilitent la transition globale vers la neutralité climatique des écosystèmes industriels. Pour pouvoir bénéficier d’un financement, les projets doivent aller au-delà de l’innovation incrémentale par rapport à l’état de la technique dans l’Union. En règle générale, les projets sélectionnés sont considérés comme constituant une innovation très forte ou une innovation de rupture. Ces projets présentent également une maturité technologique élevée et un potentiel considérable d’évolutivité, c’est-à-dire qu’ils i) permettront de nouvelles réductions des émissions de gaz à effet de serre grâce au transfert de la technologie ou de son application à d’autres sites et secteurs, et ii) qu’ils supposeront la coopération de différents acteurs de l’économie régionale et européenne. Le Fonds pour l’innovation soutient donc des projets hautement innovants qui aideront les écosystèmes industriels européens à opérer une transition globale vers la neutralité climatique.

Il fournit également, sous la forme de subventions et d’une assistance technique proposées par l’intermédiaire de son programme d’assistance au développement de projets, une aide sur mesure à des projets prometteurs qui n’ont pas pu être sélectionnés dans le cadre d’un appel à propositions en raison d’une maturité insuffisante. L’objectif du programme d’assistance au développement de projets est d’aider ces projets infructueux à augmenter leur niveau de maturité et donc leurs chances d’être retenus lors des appels lancés ultérieurement par le Fonds pour l’innovation.

Le fonctionnement du Fonds pour l’innovation repose sur le travail coordonné de quatre principaux acteurs. La contribution de chacun de ces acteurs est examinée aux points ci-dessous.

·La direction générale de l’action pour le climat (DG CLIMA), un organe de la Commission européenne, assume la responsabilité générale du fonctionnement du Fonds pour l’innovation, ce qui englobe les décisions relatives au montant de l’aide financière, aux priorités d’action et aux éléments essentiels de chaque appel à propositions. La DG CLIMA est également responsable de l’adoption des décisions d’attribution.

·L’Agence exécutive européenne pour le climat, les infrastructures et l’environnement (CINEA) est chargée i) de lancer les appels à propositions, ii) d’évaluer ces appels, iii) de préparer et de formaliser les conventions de subvention, et iv) d’effectuer le suivi et la supervision des projets en cours d’exécution, ainsi que de procéder aux versements.

·La Banque européenne d’investissement (BEI) est chargée de l’assistance au développement des projets sélectionnés.

·Les États membres de l’Union jouent un rôle essentiel pour établir le contact avec les candidats potentiels sur leur territoire et les aider à présenter une demande pour leur projet (au moyen de régimes d’aide nationaux par exemple) et à mettre en œuvre ce dernier (en facilitant l’octroi d’autorisations par exemple). La Commission européenne consulte les États membres sur les deux points suivants: i) les décisions de financement qui déterminent les appels à propositions périodiques du Fonds pour l’innovation et ii) la liste des projets sélectionnés.

1.3Contribution du Fonds pour l’innovation aux objectifs de l’Union

Du fait qu’il vise à soutenir le déploiement de technologies européennes innovantes à zéro émission nette, le Fonds pour l’innovation contribue à la réalisation de plusieurs objectifs précis du pacte vert pour l’Europe. Les sept principaux objectifs auxquels le Fonds pour l’innovation contribue sont présentés à continuation.

·Le Fonds pour l’innovation contribue à la réalisation des objectifs de la loi européenne sur le climat 9 , à savoir une réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030.

·Il contribue à l’objectif visant à accroître l’utilisation de l’hydrogène renouvelable en Europe, comme prévu dans plusieurs initiatives, telles que: i) l’initiative REPowerEU 10 , qui entend mettre à disposition, en Europe, 10 millions de tonnes d’hydrogène renouvelable provenant de la production sur le marché intérieur et 10 millions de tonnes supplémentaires au moyen d’importations internationales d’ici à 2030; ii) la stratégie européenne de l’hydrogène 11 , dont l’objectif est l’installation en Europe, d’ici à 2050, d’électrolyseurs d’une capacité de 40 GW produisant 40 millions de tonnes d’hydrogène; iii) la directive sur les énergies renouvelables 12 , dont l’objectif est que 42 % de l’hydrogène utilisé dans l’industrie proviennent de sources renouvelables d’ici à 2030 (60 % d’ici à 2035).

·Il contribue à la réalisation des objectifs de l’Union concernant l’utilisation des carburants de substitution, tels que ceux énoncés dans l’initiative ReFuelEU Aviation 13 , qui visent à mettre à disposition 2 % de carburant durable pour les avions dans les aéroports de l’Union d’ici à 2025 (6 % en 2030, 20 % en 2035 et 70 % en 2050). Le Fonds sert également l’objectif du plan d’action sur le biométhane, consistant à parvenir à une production sur le marché intérieur (c’est-à-dire sur le territoire de l’Union) de 35 milliards de mètres cubes de biométhane d’ici à 2030.

·Le Fonds pour l’innovation contribue aux objectifs de la directive sur les énergies renouvelables 14 et de l’initiative REPowerEU, qui consistent à accroître la production d’énergie renouvelable pour atteindre une part de 45 % d’énergies renouvelables dans le bouquet énergétique d’ici à 2030 (grâce à des objectifs tels que le doublement de la production d’énergie solaire d’ici à 2025, l’installation de 600 GW d’énergie solaire d’ici à 2030, le doublement du taux de déploiement des pompes à chaleur et une connexion accrue des systèmes de chauffage urbain avec les sources d’énergie géothermique et solaire). Le Fonds sert également les objectifs de la stratégie relative aux énergies renouvelables en mer 15 , qui vise à produire 300 GW d’énergie éolienne en mer et 40 GW d’énergie marine d’ici à 2050.

·Le Fonds pour l’innovation contribue à la réalisation des objectifs du règlement sur les batteries 16 , qui vise à renforcer le fonctionnement du marché intérieur de l’Union relatif aux batteries (celles présentes dans les produits proprement dits, les procédés de production et d’élimination, les déchets de batteries et les matériaux recyclés) et à favoriser une économie circulaire. Il sert en outre un autre objectif de ce même règlement, qui est de réduire les incidences environnementales et sociales tout au long du cycle de vie des batteries.

·Le Fonds pour l’innovation œuvre en faveur des objectifs généraux du règlement pour une industrie «zéro net» 17 , qui vise à renforcer l’innovation et la capacité de production de technologies à zéro émission nette, afin que les entreprises de l’Union soient en mesure de répondre à au moins 40 % des besoins de déploiement de ces technologies dans l’Union d’ici à 2030. Il contribue également à atteindre l’objectif de 50 millions de tonnes par an de capacité de stockage de CO₂ d’ici à 2030.

·À partir de 2023, le Fonds pour l’innovation contribuera également activement à la plateforme «Technologies stratégiques pour l’Europe» (STEP) 18 , dont l’objectif est la mise en application et l’optimisation des instruments de financement de l’Union existants en vue d’accorder rapidement un soutien financier aux investissements des entreprises dans les technologies stratégiques. La Commission propose 19 d’injecter dans le Fonds pour l’innovation 5 milliards d’euros supplémentaires provenant du programme STEP, affectés à des projets réalisés dans des États membres dont le PIB par habitant est inférieur à la moyenne de l’Union. De plus, la plateforme ajoute un «label de souveraineté» aux projets au cours de la procédure de sélection. Ce nouveau label entend aider les promoteurs de projets à attirer des investissements publics et privés, en certifiant la contribution d’un projet aux objectifs de la plateforme STEP, que le projet ait pu ou non bénéficier d’un financement de l’Union.

Les projets retenus apporteront également des avantages sociaux et économiques, tels que la création d’emplois de qualité dans le cadre de la transition écologique, le soutien aux économies locales et la coopération entre les différentes industries afin de favoriser l’innovation et la durabilité. Le soutien aux capacités de fabrication sur le marché intérieur dans le domaine des nouvelles technologies, telles que les électrolyseurs et les batteries, renforcera la base industrielle de l’Europe et engendrera des économies d’échelle qui rendront ces technologies plus compétitives au niveau international. En outre, le Fonds pour l’innovation peut œuvrer en faveur des enjeux de la transition écologique équitable sur le plan social et de l’emploi, en appuyant la reconversion des activités industrielles en activités à faible intensité de carbone et en intégrant les savoir-faire existants dans la nouvelle économie verte.

1.4Synergies avec d’autres instruments de financement de l’UE

Le Fonds pour l’innovation est destiné à fonctionner en synergie avec les autres instruments de soutien à l’investissement et en complément de ceux-ci. Ces instruments sont notamment: i) InvestEU, ii) les programmes de prêt de la BEI et iii) d’autres programmes de financement de l’Union, tels qu’Horizon Europe ou le mécanisme pour l’interconnexion en Europe. De plus amples informations sur les synergies et les complémentarités qui existent à ce jour avec les instruments précités figurent à la section 5.5.1 du présent rapport.

1.5Partage des connaissances sur les solutions de technologies propres

Le partage des connaissances est un élément essentiel du Fonds pour l’innovation, car il favorise la reproduction des technologies ou des solutions soutenues par le Fonds et leur pénétration plus rapide sur le marché.

Le règlement délégué relatif au Fonds pour l’innovation prévoit que toutes les propositions sollicitant un soutien au titre du Fonds s’accompagnent d’un plan de partage des connaissances, afin i) de diffuser activement les connaissances acquises, ii) d’encourager le développement jusqu’au stade commercial et iii) d’accélérer le déploiement et la commercialisation des technologies proposées. Les porteurs de projets bénéficiant d’un soutien du Fonds pour l’innovation doivent mettre à la disposition du public, sur leur site internet, des informations sur la conception et la mise en œuvre des projets, et mentionner également le financement de l’Union qui a été reçu. Il est également particulièrement important que les porteurs de projets consignent les enseignements tirés des projets, concernant les difficultés rencontrées pour boucler le montage financier 20 et parvenir à la mise en exploitation. Ces informations devraient faciliter la pénétration sur le marché des technologies démontrées et réduire les risques lors de la transition vers une production et une utilisation à grande échelle de produits à faible intensité de carbone.

Les informations recueillies à partir des projets sont utilisées par la Commission pour orienter l’élaboration des politiques ultérieures. Elles sont également utilisées pour soutenir d’autres projets financés par le Fonds pour l’innovation, les parties prenantes du secteur industriel et les futurs candidats. La CINEA et le cadre de partage des connaissances garantissent que les informations sensibles du point de vue commercial resteront confidentielles. Les activités relevant du cadre de partage des connaissances comprennent i) des événements à huis clos regroupant les projets financés par le Fonds pour l’innovation, ii) des événements portes ouvertes visant à partager les connaissances, à renforcer les synergies avec d’autres projets financés par l’Union et les États membres et à contribuer à la diffusion des connaissances générées, et iii) le partage d’informations sur le portefeuille de projets relevant du Fonds pour l’innovation. De plus amples informations sur le travail mené à ce jour en matière de partage des connaissances figurent à la section 5.1.2 du présent rapport.

1.6Objet du présent rapport

Le présent rapport rend compte de l’état d’avancement de la mise en œuvre du Fonds pour l’innovation au 31 décembre 2022 et présente i) les résultats des appels à propositions et l’assistance au développement de projets mise en place au cours de l’année 2022, ii) les résultats cumulés du Fonds pour l’innovation et iii) les conclusions et les prochaines étapes prévues.

Conformément à la directive SEQE-UE 21 , la Commission est tenue de faire rapport au comité des changements climatiques sur la mise en œuvre du Fonds pour l’innovation au plus tard le 31 décembre 2023, et tous les ans par la suite. Ce rapport doit présenter une analyse des projets qui ont bénéficié d’un financement, par secteur et par État membre, ainsi que la contribution attendue de ces projets à la réalisation de l’objectif de neutralité climatique dans l’Union d’ici à 2050.

L’objectif du présent rapport est de satisfaire à cette obligation et de rendre compte de la mise en œuvre du Fonds pour l’innovation à la date du 31 décembre 2022. Il comprend les informations suivantes:

(I)une vue d’ensemble des événements déterminants dans la mise en œuvre du Fonds en 2022;

(II)l’exécution et les résultats des appels à propositions organisés par le Fonds en 2022;

(III) les résultats cumulés du Fonds depuis son lancement jusqu’à la fin de 2022;

(IV) l’état d’avancement du programme d’assistance au développement de projets à la fin de 2022;

(V)un récapitulatif des prochaines étapes prévues pour 2023.

2FONDS POUR L’INNOVATION: ÉVÉNEMENTS DÉTERMINANTS EN 2022

Les six événements déterminants pour le Fonds en 2022 sont exposés à continuation.

1.Octroi de subventions dans le cadre du deuxième appel à projets à grande échelle (LSC-2021). L’appel était doté d’un budget total de 1,5 milliard d’euros pour des projets dont les dépenses en capital étaient estimées à plus de 7,5 millions d’euros par projet. L’appel a été lancé le 26 octobre 2021 et les subventions ont été accordées le 11 juillet 2022.

2.Lancement du deuxième appel à projets à petite échelle (SCC-2021) et octroi des subventions. L’appel était doté d’un budget de 100 millions d’euros pour des projets dont les dépenses en capital étaient estimées à moins de 7,5 millions d’euros par projet. L’appel a été lancé le 31 mars 2022 et les subventions ont été accordées le 12 décembre 2022.

3.Lancement du troisième appel à projets à grande échelle (LSC-2022). L’appel était doté d’un budget de 3 milliards d’euros pour des projets dont les dépenses en capital étaient estimées à plus de 7,5 millions d’euros par projet. Il a été lancé le 3 novembre 2022. Les résultats de l’appel ont été publiés le 13 juillet 2023 22 . Au final, 41 projets ont été sélectionnés en vue de la préparation d’une convention de subvention.

4.Organisation d’activités de communication et de mobilisation autour de chaque appel à propositions. Pour chaque appel, la Commission et la CINEA ont organisé des webinaires 23 et des journées d’information, au cours desquels i) les textes des appels ont été expliqués en détail aux candidats potentiels, ii) des réponses ont été données à leurs questions et iii) des documents d’orientation supplémentaires concernant la candidature leur ont été transmis. En parallèle, un service d’assistance téléphonique spécial a été activé, qui a répondu à plus de 1 100 questions (778 pour l’appel à projets à grande échelle et 334 pour l’appel à projets à petite échelle) au cours de l’année 2022.

5.Mise en œuvre du premier service d’assistance au développement de projets et sélection de possibles bénéficiaires supplémentaires. Fin 2022, 40 projets issus des appels à propositions à grande échelle se sont vus accorder une aide au titre du programme d’assistance au développement de projets. À cette date, 19 projets avaient terminé de bénéficier de ce programme mis en place par la BEI, tandis que trois y participaient encore et qu’il était en cours de négociation pour 15 autres. Trois projets ont refusé de bénéficier du programme.

6.Début de la création de mécanismes de mise en concurrence au titre du Fonds pour l’innovation. L’année 2022 a également marqué le début des préparatifs en vue de la nouvelle procédure de mise en concurrence (à savoir les enchères) adoptée par le Fonds pour l’innovation. Des études sur le modèle économique et les mécanismes de fixation des prix possibles de cette procédure ont été menées. La première mise aux enchères pilote sera lancée en 2023 et les informations correspondantes figureront dans le rapport annuel du Fonds pour l’innovation de cette même année. La procédure de mise en concurrence comprendra également un mécanisme «d’enchères sous forme de service», qui permettra aux pays de l’EEE d’utiliser leurs ressources budgétaires nationales pour accorder une aide à des projets réalisés sur leur territoire. En parallèle, ces pays pourront s’appuyer sur un mécanisme d’enchères à l’échelle de l’Union pour sélectionner les projets les plus compétitifs.

3DEUXIÈME APPEL À PROJETS À GRANDE ÉCHELLE (LSC-2021)

L’appel LSC-2021 ciblait des projets dont les dépenses en capital s’élevaient à plus de 7,5 millions d’euros par projet. Il a permis de sélectionner 16 projets, qui nécessitaient un montant total de 1,78 milliard d’euros (soit une subvention moyenne de 111 millions d’euros par projet). L’appel LSC-2021 a attiré de nombreux projets d’excellence mais n’a pu fournir que 36 % du total des subventions demandées par les projets qui respectaient ou dépassaient les seuils d’évaluation fixés pour le classement. Le secteur le plus soutenu dans le cadre de l’appel LSC-2021 est celui du ciment et de la chaux: quatre projets dans ce secteur bénéficient d’un total de 653 millions d’euros pour la mise en place de solutions de captage et de stockage géologique du carbone. Au total, les projets sélectionnés devraient contribuer à éviter l’émission de 132 millions de tonnes de CO2 sur 10 ans.

3.1Participation des projets à l’appel

L’appel à propositions LSC-2021 était doté d’un budget initial de 1,5 milliard d’euros et visait à soutenir des projets dont les dépenses en capital étaient estimées à plus de 7,5 millions d’euros par projet, dans n’importe quel secteur pouvant bénéficier d’une aide au titre du Fonds pour l’innovation. La décision de financement précédant l’appel prévoyait également une clause de flexibilité maximale de 20 % sur le budget total si celui-ci était insuffisant pour les propositions reçues dépassant les seuils minimaux. L’appel a été lancé le 26 octobre 2021, la date limite de réception des propositions étant fixée au 3 mars 2022. Les résultats de l’évaluation ont été annoncés le 11 juillet 2022.

L’appel a reçu 139 propositions, dont 121 (87 %) ont été jugées recevables et susceptibles de faire l’objet d’une évaluation (voir figure 2). La qualité des propositions était élevée, de telle sorte que 48 propositions avaient atteint ou dépassé le seuil minimal d’évaluation en vue d’une subvention. Une fois les projets classés en fonction de leur note d’évaluation au regard des critères d’attribution applicables, et compte tenu du budget limité à disposition, 16 projets ont été sélectionnés et leurs porteurs invités à élaborer leur convention de subvention, tandis que 5 autres ont été inscrits sur la liste de réserve.

Figure 2: résultats de l’évaluation pour l’appel LSC-2021

Les porteurs de deux propositions 24 sélectionnées en vue de l’élaboration d’une convention de subvention ne sont pas allés au bout de la démarche. En conséquence, les porteurs de la première proposition sur la liste de réserve 25 ont été invités à négocier leur subvention. À la fin de 2022, 15 projets avaient signé une convention de subvention avec la CINEA pour bénéficier du soutien du Fonds pour l’innovation, tandis qu’une telle convention était encore en cours d’élaboration pour le projet non finalisé figurant sur la liste de réserve.

Sur l’ensemble des propositions reçues dans le cadre de l’appel LSC-2021, 59 (45 % des propositions reçues) avaient déjà été présentées lors de l’appel LSC-2020 précédent, et trois d’entre elles avaient bénéficié du programme d’assistance au développement de projets au titre de cet appel. Neuf des 16 propositions sélectionnées à la suite de l’appel LSC-2021 figuraient parmi ces 59 propositions déjà présentées. Ce constat montre à quel point les projets peuvent tirer parti d’une première candidature et, par la suite, devenir plus compétitifs, notamment lorsque leur manque de maturité sur le plan technique, financier et opérationnel est comblé. Il illustre également l’importance du programme d’assistance au développement de projets, qui contribue à rendre les projets plus aboutis. À la suite de l’appel LSC-2021, sur les 32 projets qui n’ont pas été sélectionnés en raison du budget limité à disposition, 18 ont été invités à bénéficier du programme d’assistance au développement de projets géré par la BEI.

3.2Budget de l’appel et soutien financier demandé

Le montant total de la subvention demandée par tous les porteurs de projets ayant présenté une demande pour le deuxième appel LSC (LSC-2021) s’élevait à 11,2 milliards d’euros. Le montant total de la demande de subvention pour les projets qui respectaient ou dépassaient les seuils minimaux s’élevait à 4,97 milliards d’euros. Ce chiffre dépassait considérablement le budget de 1,5 milliard d’euros à disposition. C’est pourquoi la Commission a eu recours à la clause de flexibilité de 20 % pour maximiser les retombées de cet appel à propositions. La clause de flexibilité, telle que définie dans chacune des décisions de financement du Fonds pour l’innovation, permet de modifier le budget mis à disposition dans certaines circonstances. Tel est le cas lorsqu’il résulte d’un appel à propositions que de nombreux projets sont jugés conformes ou supérieurs aux seuils minimaux, mais qu’ils ne peuvent pas tous faire l’objet d’une convention de subvention en raison des contraintes budgétaires de l’appel. En conséquence, et malgré l’application de la clause de flexibilité, les propositions sélectionnées en vue de l’élaboration d’une convention de subvention ne représentaient que 36 % (1,78 milliard d’euros) du montant total demandé dans les propositions qui satisfaisaient ou dépassaient les seuils d’évaluation.

Le total des dépenses en capital des projets sélectionnés à la suite de l’appel LSC-2021 s’élevait à 8,47 milliards d’euros, tandis que le montant maximal de l’aide accordée à ces projets au titre du Fonds pour l’innovation s’élevait à 1,78 milliard d’euros. En d’autres termes, le Fonds a mobilisé d’autres investissements d’une valeur presque quatre fois supérieure à sa propre contribution. Les dépenses en capital par projet s’élevaient en moyenne à 530 millions d’euros et le montant moyen de la subvention demandée était d’environ 111 millions d’euros par projet.

L’appel LSC-2021 témoigne de l’intérêt accru porté au Fonds pour l’innovation par les porteurs de projets, qui recherchent plus de 7,5 millions d’euros par projet. Par conséquent, le budget mis à disposition pour ce type d’appels s’avère insuffisant. À la suite de l’appel LSC-2021, sur les 4,97 milliards d’euros demandés par les projets qui respectaient ou dépassaient le seuil minimal requis pour être sélectionnés, des projets d’une valeur de 3,2 milliards d’euros ont dû être évincés en raison de l’insuffisance du budget. Néanmoins, l’appel LSC-2021 a montré que le caractère concurrentiel des appels à propositions constitue un moyen efficace de mobiliser des financements privés, les subventions du Fonds pour l’innovation représentant en moyenne 23 % des dépenses en capital des projets.

3.3Caractéristiques des projets retenus

3.3.1Secteurs

Les 16 projets finalement sélectionnés en vue de l’élaboration d’une convention de subvention se répartissaient en 8 secteurs d’activité (voir figure 3). La majorité des projets (quatre, soit 25 % de l’ensemble des projets sélectionnés) concernait le secteur du ciment et de la chaux. Ces quatre projets ont bénéficié de 37 % de l’aide totale accordée (voir figure 4). Les projets sélectionnés ont montré que le Fonds pour l’innovation était particulièrement important pour soutenir des initiatives majeures de décarbonation des activités industrielles, telles que la production de ciment, les procédés chimiques et pétrochimiques, et l’utilisation de l’hydrogène comme combustible propre de substitution. L’industrie du ciment a été particulièrement compétitive, en ce qu’elle a proposé des solutions crédibles et efficaces au regard des coûts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, grâce aux technologies de captage et de stockage géologique du carbone.

Figure 3: nombre de projets par secteur dans l’appel à propositions LSC 2021

Figure 4: montant des subventions (en EUR) accordées aux projets sélectionnés à la suite de l’appel LSC 2021

3.3.2Répartition géographique

Les projets sélectionnés et retenus étaient répartis entre neuf États membres, la Norvège et l’Islande. Les États membres comptant le plus grand nombre de projets sélectionnés et retenus étaient les Pays-Bas et l’Allemagne (trois projets chacun). La majeure partie du budget a été allouée à des projets situés aux Pays-Bas, en Allemagne et en Pologne, chaque pays représentant environ 17 % du budget total alloué, soit environ 302 millions d’euros (voir figures 5 et 6). Les projets situés en Europe occidentale et septentrionale ont encore obtenu les meilleurs résultats lors de l’évaluation associée à cet appel, les taux d’éligibilité des projets étant plus faibles en Europe centrale et orientale.

Figure 5: nombre de projets éligibles, nombre de projets au-dessus du seuil et nombre de projets sélectionnés, par pays — LSC 2021

Figure 6: montant des subventions sélectionnées (en EUR) par pays pour l’appel LSC 2021

3.3.3Potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre

Les émissions totales de gaz à effet de serre évitées en valeur absolue pour les projets sélectionnés et retenus à la suite de l’appel LSC-2021 sont estimées à 132 millions de tonnes de CO2 sur une période de 10 ans, chaque projet contribuant en moyenne à éviter l’émission de 8,2 millions de tonnes de CO2. Les contributions les plus importantes proviennent de projets dans le secteur du ciment et de la chaux (28 %), du stockage infrajournalier de l’électricité (26 %) et du secteur chimique (11 %). Le meilleur rapport coût-efficacité entre le montant de la subvention et les émissions absolues de gaz à effet de serre évitées a été obtenu par des projets de stockage infrajournalier de l’électricité, avec une moyenne de 458 kg de CO2 évités pour 1 EUR de subvention, ce qui montre l’incidence considérable de ces technologies sur les efforts d’intégration des énergies renouvelables dans le réseau électrique.

3.3.4Degré de maturité

Le montage financier de tous les projets sélectionnés à la suite de l’appel LSC-2021 devrait être bouclé au deuxième trimestre de 2025 et les projets devraient être opérationnels au deuxième trimestre de 2028, comme le montrent les figures 7 et 8. En moyenne, le délai de bouclage du montage financier est de 22 mois et celui de la mise en exploitation est de 58 mois. Compte tenu du fait que la maturité technique des projets recourant au Fonds pour l’innovation est généralement faible, le délai moyen demandé de près de cinq ans avant la mise en exploitation est cohérent avec le caractère innovant des technologies faisant l’objet du soutien. Le montage financier d’un projet, NorthStorPlus, était déjà bouclé à la fin de 2022.

Figure 7: date prévue pour le bouclage du montage financier, appel LSC 2021

Figure 8: date de mise en exploitation prévue, appel LSC 2021

3.3.5Degré d’innovation et potentiel d’évolutivité

Le degré d’innovation des propositions sélectionnées était très bon: à la suite de leur évaluation, presque toutes les propositions ont obtenu une note supérieure ou égale à 4 (sur un total de 5) pour ce critère, et de bonnes notes également pour les sous-critères «état de la technique» et «contribution à la politique de l’Union».

Le Fonds pour l’innovation entend sélectionner des projets présentant un potentiel technique et commercial i) d’application généralisée ou de reproduction, ou ii) de futures réductions de coûts. Par conséquent, l’objectif de l’évaluation est de déterminer: i) si les propositions sont modulables au niveau du projet et de l’économie régionale, ii) si les propositions sont modulables au niveau du secteur et de toute l’économie, et iii) le degré de qualité ainsi que l’ampleur du plan de partage des connaissances. En ce qui concerne le potentiel d’évolutivité, toutes les propositions sélectionnées dans le cadre de l’appel LSC-2021 ont obtenu des notes comprises entre 3,5 et 5 sur 5, et presque toutes ont obtenu une note égale ou supérieure à 4.

Les projets sélectionnés en vue de bénéficier d’une aide au titre de l’appel LSC-2021 reposent sur de nombreuses innovations technologiques qui pourraient être essentielles à la décarbonation de l’économie européenne dans les années à venir. Ces technologies essentielles portent par exemple sur: i) l’accroissement de la production d’énergie éolienne en mer couplée à des électrolyseurs produisant de l’hydrogène; ii) la fabrication, le déploiement et le recyclage de matériaux innovants (tels que les batteries Li-Ion à haute teneur en nickel) pour le stockage de l’énergie électrochimique dans les réseaux électriques; iii) la mise au point de nouveaux procédés chimiques de recyclage à grande échelle des flux de déchets plastiques; ou iv) l’incorporation de techniques de captage et de stockage géologique du carbone dans les procédés industriels de la production de ciment.

4DEUXIÈME APPEL À PROJETS À PETITE ÉCHELLE (SSC-2021)

L’appel SSC-2021 ciblait des projets dont les dépenses en capital s’élevaient à moins de 7,5 millions d’euros par projet. Il a permis de sélectionner 17 projets, qui ont reçu un montant total de 61,8 millions d’euros (soit une subvention moyenne de 3,6 millions d’euros par projet). Bien que 66 propositions aient été présentées, seules 17 d’entre elles atteignaient ou dépassaient les seuils d’évaluation. Le budget de l’appel n’a donc pas été pleinement utilisé et cette sous-utilisation s’élevait à 38 %. Le secteur le plus soutenu dans le cadre de l’appel était celui du verre, de la céramique et des matériaux de construction. Cinq projets dans ce secteur ont bénéficié d’environ 19 millions d’euros au total pour mettre en place des solutions de décarbonation au niveau des procédés industriels, telles que l’électrification des fours ou la récupération de la chaleur résiduelle. Dans l’ensemble, les projets sélectionnés devraient contribuer à éviter l’émission de 1,3 million de tonnes de CO2 sur une période de 10 ans.

L’appel SSC-2021, qui était le deuxième appel à projets à petite échelle au titre du Fonds pour l’innovation, était doté d’un budget de 100 millions d’euros, destiné à des projets dont les dépenses en capital étaient estimées à moins de 7,5 millions d’euros par projet, quel que soit le secteur couvert par le SEQE de l’Union. L’appel a été lancé le 31 mars 2022, la date limite de réception des propositions étant fixée au 31 août 2022. Les résultats de l’évaluation ont été annoncés le 12 décembre 2022.

L’appel a reçu 66 propositions, dont 53 (80 %) ont été jugées recevables et susceptibles de faire l’objet d’une évaluation. Sur ces 53 propositions, 17 atteignaient ou dépassaient les seuils d’évaluation minimaux qui permettaient de prétendre au versement d’une subvention. Étant donné que le budget à disposition dépassait le montant total de l’aide demandée dans les propositions, les 17 propositions ont été sélectionnées en vue de l’élaboration d’une convention de subvention (voir figure 9).

Figure 9: nombre de projets qui ont participé à l’appel à propositions SSC-2021

4.1Budget de l’appel et soutien financier demandé

Un montant total de 302,8 millions d’euros était sollicité pour les projets présentés dans le cadre de l’appel SSC-2021. Les projets qui atteignaient ou dépassaient les seuils minimaux (tous sélectionnés en vue de l’élaboration d’une convention de subvention) représentaient une demande totale de 61,8 millions d’euros de subventions, soit une moyenne de 3,64 millions d’euros par projet. Les dépenses en capital des projets retenus à la suite de l’appel SSC-2021 s’élevaient à 115 millions d’euros, soit une moyenne de 6,7 millions d’euros par projet.

4.2Caractéristiques des projets retenus

4.2.1Secteurs

Les 17 projets finalement sélectionnés en vue de l’élaboration d’une convention de subvention se répartissaient en 12 secteurs d’activité. Sur les 17 projets, 29 % (soit 5 projets) concernaient le «verre, la céramique et les matériaux de construction», et ces projets ont reçu 31 % du budget alloué aux subventions, comme le montrent les figures 10 et 11. Cet appel est la preuve que le Fonds pour l’innovation est un instrument essentiel au soutien des activités de décarbonation de l’industrie à petite échelle, en ce qu’il soutient des projets remarquablement compétitifs visant à améliorer le fonctionnement des fours dans l’industrie du verre, grâce à des solutions telles que l’électrification ou la récupération de la chaleur résiduelle.

Figure 10: nombre de projets par secteur dans l’appel à propositions SSC-2021

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