COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 6.12.2023
COM(2023) 787 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
sur l’application du règlement (UE) 2019/788 relatif à l’initiative citoyenne européenne
| CELEX | 52023DC0787 |
| Type | Acte préparatoire |
| Date | mercredi 6 décembre 2023 |
COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 6.12.2023
COM(2023) 787 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
sur l’application du règlement (UE) 2019/788 relatif à l’initiative citoyenne européenne
Rapport sur l’application du règlement (UE) 2019/788
relatif à l’initiative citoyenne européenne
1.INTRODUCTION
Le 1er janvier 2020, le règlement (UE) 2019/788 relatif à l’initiative citoyenne européenne ( 1 ) (ci-après le «règlement ICE») est entré en application. Ce deuxième règlement ICE fait suite à une importante réforme législative visant à remédier aux insuffisances constatées dans l’application du premier règlement ICE [ règlement (UE) nº 211/2011 ( 2 )]. Les dispositions révisées visent «à rendre l’initiative citoyenne européenne plus accessible, moins lourde et plus facile à utiliser pour les organisateurs d’une initiative et ceux qui la soutiennent ainsi qu’à renforcer son suivi, afin de réaliser pleinement son potentiel en tant qu’outil permettant de renforcer le débat» ( 3 ).
L’article 25 du règlement ICE fait obligation à la Commission de réexaminer périodiquement le fonctionnement de l’initiative citoyenne européenne (ICE) et de présenter un rapport au Parlement européen et au Conseil sur l’application du règlement ICE au plus tard le 1er janvier 2024, et ensuite tous les 4 ans. Le présent rapport examine l’application du règlement ICE ainsi que le fonctionnement de l’ICE depuis le 1er janvier 2020. Il expose les mesures que la Commission entend prendre pour améliorer encore la mise en œuvre du règlement ICE et le fonctionnement de l’ICE, compte tenu des résultats de l’examen et des demandes des parties prenantes. Le présent rapport aborde également plusieurs points soulevés dans la résolution du Parlement européen du 13 juin 2023 sur la mise en œuvre des règlements relatifs à l’initiative citoyenne européenne ( 4 ) et vient compléter la réponse donnée par la Commission à la résolution du Parlement européen ( 5 ).
Afin d’évaluer l’efficacité des dispositions révisées, la Commission a mené un certain nombre de consultations qui servent de fondement au présent rapport ( 6 ): des consultations avec les organisateurs d’ICE (enquête en ligne et entretiens) ( 7 ); une enquête en ligne auprès des autorités des États membres ayant des responsabilités à l’égard de la mise en œuvre du règlement ICE ( 8 ); une enquête en ligne auprès des citoyens ( 9 ); et une enquête de sortie auprès des signataires d’ICE qui ont utilisé le système central de collecte en ligne de la Commission ( 10 ). Dans le cadre du processus d’examen, la Commission a porté son attention sur les ICE enregistrées depuis le 1er janvier 2020, ainsi que sur les ICE enregistrées au titre du premier règlement ICE qui se trouvaient encore à différents stades de la procédure ICE au 1er janvier 2020.
2.VUE D’ENSEMBLE DE LA PÉRIODE DE RÉFÉRENCE
Alors que les dispositions révisées venaient tout juste d’entrer en application, la pandémie de COVID‑19 est venue considérablement entraver la capacité des ICE existantes à l’époque à mener leurs campagnes à l’échelle de l’UE. Le tableau 1 montre l’effet négatif que la pandémie de COVID‑19 a eu sur l’ICE. En 2020, lorsque les dispositions révisées sont entrées en application, des demandes d’enregistrement n’ont été présentées que pour cinq nouvelles ICE. Les mesures temporaires ( 11 ) proposées par la Commission et adoptées par les colégislateurs le 15 juillet 2020 ont permis de limiter les répercussions de la pandémie sur les ICE. Après l’amélioration de la situation sanitaire, certaines évolutions positives ont été rapidement constatées, comme un nombre croissant de demandes d’enregistrement et un nombre record d’ICE ayant recueilli au moins 1 million de signatures et, de ce fait, un nombre record de réponses aux ICE émises par la Commission.
Tableau 1: vue d’ensemble des ICE au cours de la période de référence
| 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | TOTAL 2020-2023 | |
| Demandes d’enregistrement | 5 | 11 | 11 | 13 | 40 |
| ICE enregistrées | 5 | 11 | 10 | 11 | 37 ( 12 ) |
| ICE refusées ( 13 ) | 1 | 1 | |||
| Retirées après appréciation initiale de la Commission | 1 | 1 | |||
| Valables et présentées | 2 | 1 | 3 | 6 | |
| Vérification achevée avec succès, pas encore présentées à la Commission | 2 ( 14 ) | ||||
| Ayant reçu une réponse | 2 | 4 | 6 ( 15 ) |
Au cours de la période de référence, les citoyens ainsi que la société ont pu bénéficier des retombées positives des précédentes ICE ayant abouti. En tant que suite concrète donnée à la première ICE ayant abouti («Right2Water»), la directive révisée sur l’eau potable ( 16 ), que les États membres étaient tenus de transposer dans leur droit national avant le 12 janvier 2023, a pour objet d'améliorer l’accès à l’eau, y compris pour les groupes vulnérables et marginalisés. En réponse à l’ICE «Interdire le glyphosate», ayant abouti, le règlement relatif à la transparence et à la pérennité de l’évaluation des risques de l’Union dans la chaîne alimentaire ( 17 ), qui est entré en application le 27 mars 2021 , confère aux citoyens un accès automatique à l’ensemble des études et des informations soumises par l’industrie dans le cadre du processus d’évaluation des risques.
Le deuxième règlement ICE s’est accompagné de l’introduction d’une nouvelle génération de systèmes informatiques destinés à soutenir le fonctionnement de l’ICE: le système central de collecte en ligne, le service d’échange de fichiers ( 18 ), le forum remanié de l’ICE, le nouveau registre ICE et le nouveau site web public consacré aux ICE ( 19 ). Au cours de la période visée par le rapport, des améliorations ont été apportées à ces systèmes, en concertation avec les utilisateurs et les parties prenantes. Ainsi que l’ont décidé les colégislateurs dans le cadre de la réforme de l’ICE, les systèmes particuliers de collecte en ligne (qui étaient utilisés à l’époque où il n’existait pas de véritable système central) ont été progressivement éliminés ( 20 ).
3.ÉVALUATION DE L’APPLICATION DU RÈGLEMENT ICE
3.1.Le processus relatif à l’ICE en bref
Le processus relatif à l’ICE comporte plusieurs étapes. Pour lancer une initiative citoyenne, un «groupe d’organisateurs» doit être constitué. Avant que les organisateurs puissent commencer à collecter des déclarations de soutien auprès des citoyens, la proposition d’initiative doit être présentée à la Commission afin de déterminer si les conditions nécessaires à son enregistrement sont remplies. Une fois l’enregistrement confirmé, les organisateurs ont 6 mois pour entamer la collecte des signatures. Ils doivent recueillir 1 million de signatures en l’espace de 12 mois et atteindre les seuils requis dans au moins 7 États membres. Après avoir fait procéder à la vérification, par les autorités nationales, des signatures recueillies et avoir obtenu la confirmation que les seuils ont été atteints, les organisateurs de l’ICE peuvent soumettre leur initiative à la Commission pour examen et réponse officielle.
3.2.Droit de soutenir une ICE
Âge minimum requis pour soutenir une ICE
Avant le 1er janvier 2020, l’âge requis pour soutenir une ICE était inférieur à 18 ans dans trois États membres, conformément à la majorité électorale fixée pour les élections du Parlement européen (16 ans en Autriche et à Malte, 17 ans en Grèce). Afin de renforcer la participation des jeunes citoyens à la vie démocratique de l’Union européenne, le règlement ICE autorise les États membres à fixer l’âge minimum pour soutenir une ICE à 16 ans, conformément à leur législation nationale. Depuis l’instauration de cette disposition, l’âge minimum pour soutenir une ICE a été abaissé à 16 ans dans trois États membres: en Estonie (depuis le 1er janvier 2020), en Allemagne (depuis le 1er janvier 2023) et en Belgique (depuis le 1er mai 2023), ce qui signifie qu’il y a désormais six États membres dans lesquels l’âge minimum pour accorder son soutien est inférieur à 18 ans. En outre, la Finlande a indiqué qu’elle envisageait d’abaisser l’âge minimum pour accorder son soutien à 16 ans et l’Irlande a annoncé son intention d’étudier un abaissement de la majorité électorale. Le tableau 2 fournit un aperçu de l’âge minimum requis dans les 27 États membres pour soutenir une ICE.
Tableau 2: âge minimum requis pour soutenir une ICE – état des lieux (juin 2023)
| 18 ans | BG, CZ, DK, IE, ES, FR, HR, IT, CY, LV, LT, LU, HU, NL, PL, PT, RO, SI, SK, FI, SE |
| 17 ans | EL |
| 16 ans | BE, DE, EE, MT, AT |
Dans leurs retours d’information, 15 États membres ont fait savoir qu’ils n’envisageaient pas pour le moment d’abaisser l’âge minimum pour accorder son soutien à 16 ans, et trois autres ont indiqué n’avoir pris aucune décision (la Lettonie, la Slovénie et la Slovaquie).
75 % des organisateurs d’ICE interrogés ( 21 ) estiment qu’il est important pour le succès des ICE d’abaisser l’âge minimum pour accorder son soutien à 16 ans dans l’ensemble des États membres. Cependant, les avis des citoyens ayant participé à l’enquête en ligne divergent sur ce point: 52 % se sont montrés favorables à un abaissement de l’âge minimum pour accorder son soutien à 16 ans, tandis que 46 % ont estimé que 18 ans constituait l’âge minimum approprié pour accorder son soutien.
Groupe d’organisateurs
Le lancement d’une ICE est subordonné à la mise en place d’un groupe d’organisateurs composé d’au moins sept citoyens de l’UE i) résidant dans sept États membres différents et ii) ayant l’âge requis pour voter aux élections du Parlement européen.
Graphique 1: répartition des organisateurs par nationalité et État de résidence (trois premiers États membres) ( 22 )
La répartition par catégorie d’âge (voir le graphique 5 figurant en annexe) montre une représentation équilibrée au sein des différentes catégories d’âge, avec une bonne représentation des jeunes (21 % de moins de 30 ans et 50 % de plus de 40 ans).
Le nouveau règlement ICE permet également la création d’une entité juridique chargée de gérer l’ICE; cependant, seuls deux organisateurs ont déclaré l’avoir fait et avoir jugé cela globalement utile. Ceux qui n’ont pas eu recours à cette possibilité ont invoqué comme raisons la charge administrative, les coûts associés et les délais de procédure pour la création de ces entités juridiques.
3.3.Phase d’enregistrement
La Commission a reçu 40 demandes d’enregistrement d’une ICE depuis l’entrée en application des dispositions révisées. Au cours de la période visée par le rapport, la Commission a enregistré 37 ICE en application de l’article 6, paragraphe 3, du règlement ICE, notamment grâce à la procédure en deux étapes ( 23 ) qui permet aux organisateurs de modifier les initiatives qui, autrement, ne pourraient être enregistrées du fait qu’une partie de celles-ci est en dehors du cadre des attributions de la Commission. Cette procédure a prouvé son utilité en permettant, à terme, l’enregistrement de 8 ICE dans leur intégralité. Seule 1 demande d’enregistrement a finalement été refusée. Une autre demande a été retirée par ses organisateurs après l’appréciation initiale de la Commission.
Pour que le processus d’enregistrement se déroule sans encombre dans les délais serrés établis par le règlement ICE, les organisateurs doivent fournir, dans le cadre de leur demande d’enregistrement, des preuves exhaustives du respect des exigences administratives.
83 % des organisateurs interrogés ( 24 ) assujettis aux nouvelles règles d’enregistrement ont déclaré que la procédure d’enregistrement de l’ICE était globalement simple et efficace. Un seul répondant a jugé la procédure très difficile à respecter. La plupart des répondants ( 25 ) ont estimé que les conditions d’enregistrement de l’ICE étaient claires et que le processus technique de présentation au moyen du compte organisateur était simple. La plupart des répondants ont trouvé les conditions d’enregistrement assez faciles à remplir, toutefois deux d’entre eux (17 %) les ont jugées relativement difficiles à satisfaire – en raison des exigences de vérification administrative portant sur le lieu de résidence et de la nécessité de s’assurer qu’aucune partie de l’ICE n’est manifestement en dehors du cadre des attributions de la Commission. La plus grande difficulté rapportée par les organisateurs au sujet de la phase d’enregistrement concerne les ressources (temps et financement).
Les organisateurs interrogés qui sont passés par la procédure d’enregistrement en deux étapes ont jugé claires les informations fournies par la Commission lors de l’appréciation initiale. Ils se sont appuyés sur les orientations fournies par le forum de l’ICE, considérées par la plupart d’entre eux comme essentielles pour garantir l’enregistrement de leur ICE. Seul le représentant de l’ICE dont l’enregistrement a été refusé a indiqué que les motifs du refus n’étaient pas totalement clairs ( 26 ).
3.4.Phase de collecte
Au 1er janvier 2020, 16 ICE enregistrées au titre du premier règlement ICE en étaient encore à la phase de collecte. Au cours de la période considérée, la phase de collecte a été amorcée pour 33 autres ICE enregistrées au titre du règlement ICE révisé. Le tableau 3 présente un aperçu des ICE en phase de collecte.
Pendant la période de référence, un nombre record de cinq ICE ont recueilli plus de 1 million de déclarations de soutien. Trois de ces ICE avaient été enregistrées au titre du deuxième règlement ICE. Trois des cinq initiatives ayant abouti ont bénéficié des mesures temporaires liées à la COVID‑19. En outre, plusieurs ICE n’ayant pas atteint le seuil de 1 million de déclarations de soutien en ont toutefois recueilli un nombre important, ce qui leur a permis de gagner en visibilité et de provoquer un débat au sein de l’UE ou de certains États membres ( 27 ). Parallèlement, 13 ICE ont recueilli un faible nombre de signatures (moins de 10 000). Cela peut être imputé à plusieurs facteurs susceptibles de se renforcer mutuellement: la nature du sujet et l’intérêt que celui-ci présente pour le public; le niveau de préparation et de gestion de la campagne de collecte; et la persévérance et l’investissement personnel dont les organisateurs d’ICE doivent faire preuve sur une période prolongée. De l’avis de certains organisateurs, les ICE qui ne disposent pas du soutien d’entités telles que des ONG ou des entreprises éprouvent des difficultés à recueillir un nombre important de signatures.
Tableau 3: aperçu des ICE en phase de collecte ( 28 ) (novembre 2023)
| ICE ayant recueilli plus de 1 million de déclarations de soutien valables depuis le 1er janvier 2020 | 5 |
| ICE retirées ou clôturées par manque de soutien, regroupées par nombre de déclarations de soutien recueillies | 29 |
| -Au moins 1 million de signatures | 1 ( 29 ) |
| -500 000 à 999 999 signatures | 1 |
| -250 000 à 499 999 signatures | 4 |
| -100 000 à 249 999 signatures | 1 |
| -50 000 à 99 999 signatures | 5 |
| -10 000 à 49 999 signatures | 4 |
| -5 000 à 9 999 signatures | 4 |
| -Moins de 5 000 signatures | 9 |
| Collecte en cours | 10 |
| ICE pour lesquelles la collecte doit débuter prochainement | 4 |
Dans l’ensemble, depuis 2020, plus de 9 millions de déclarations de soutien ont été recueillies. Plus de 90 % de ces signatures ont été collectées en ligne et le reste sur papier.
Les organisateurs interrogés se sont déclarés plutôt satisfaits de l’efficacité des procédures et des outils disponibles pour la phase de collecte des signatures. La plupart des répondants représentant des ICE enregistrées au titre du deuxième règlement ICE ont jugé utile la période de 6 mois suivant l’enregistrement ( 30 ) pour préparer la collecte des signatures.
Les répondants à l’enquête ont indiqué que la collecte des signatures avait été facilitée par les éléments suivants: le soutien des ONG; l’utilisation de grandes plateformes de collecte de signatures (par exemple Avaaz, WeMove et Campact); le recours à des influenceurs; et davantage de visibilité dans plusieurs médias nationaux ou européens.
Au rang des obstacles les plus fréquemment rencontrés lors de la phase de collecte, les organisateurs interrogés ont mentionné: la réticence des citoyens à fournir les données à caractère personnel requises; la méconnaissance de l’ICE par les citoyens; le fait de trouver du temps à consacrer à l’ICE; le fait d’attirer l’intérêt des médias; et le fait de trouver des partenaires pour la promotion de l’ICE dans sept États membres au moins.
3.4.1.Systèmes de collecte en ligne
Les organisateurs des ICE enregistrées entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2022 pouvaient choisir d’utiliser soit le système central de collecte en ligne, soit un autre système de collecte en ligne, conformément à l’article 11 du deuxième règlement ICE. Lorsque ce choix était encore possible, 20 ICE ont opté pour le système central de collecte en ligne et 6 ont opté pour le logiciel OpenECI proposé par les organisations de la société civile.
Sur les 5 ICE qui ont recueilli plus de 1 million de déclarations de soutien au cours de cette période, 3 ont utilisé le système central de collecte en ligne ( 31 ) et 2 ont utilisé le système OpenECI ( 32 ).
La plupart des organisateurs interrogés ( 33 ) se sont déclarés globalement satisfaits du système choisi, même si certains autres ( 34 ) ont communiqué des degrés de satisfaction moindres.
3.4.2.Le système central de collecte en ligne
Conformément à l’article 10, paragraphe 1, du deuxième règlement ICE, la Commission a mis au point le système central de collecte en ligne, lequel est devenu opérationnel le 1er janvier 2020. Ce nouveau système à part entière est venu remplacer la solution fournie par la Commission avant 2020, qui consistait en un logiciel couplé à un contrat d’hébergement pour le stockage sécurisé des données sur les serveurs de la Commission. Ce nouveau système, disponible dans toutes les langues de l’UE, est utilisable gratuitement par les organisateurs d’ICE. Il constitue un système clé en main et simple d’utilisation, assurant le chiffrement des données à caractère personnel une fois celles-ci collectées et sauvegardées – les organisateurs d’ICE doivent uniquement informer la Commission 10 jours ouvrables avant le début de la période de collecte (article 10, paragraphe 3) et sont tenus de signer un accord avec la Commission concernant la responsabilité conjointe de la protection des données ( 35 ). Aucune autorisation supplémentaire n’est nécessaire car le système répond à l’ensemble des exigences techniques et de sécurité. Comme le prévoit l’article 18, paragraphe 2, les organisateurs d’ICE peuvent également utiliser le système pour recueillir les adresses électroniques des personnes soutenant l’initiative et peuvent, de ce fait, tenir leur réseau informé de l’état d’avancement de leur ICE. Le système est entièrement accessible aux personnes atteintes d’un handicap (conformément à l’article 2, paragraphe 2, et à l’article 10, paragraphe 1).
Dans le cadre du premier règlement ICE, les organisateurs des ICE étaient entièrement responsables du transfert des déclarations de soutien aux États membres pour vérification. Au titre du règlement ICE révisé, afin de garantir la sécurité des données à caractère personnel des citoyens tout au long du cycle de l’ICE (depuis la collecte jusqu'au transfert aux États membres), la Commission a mis au point un service d’échange de fichiers pour faciliter, grâce à un chiffrement de bout en bout, le transfert sécurisé aux autorités des États membres des déclarations de soutien recueillies en ligne au moyen du système central de collecte en ligne, en vue de leur vérification. Cette application peut également être utilisée pour transférer les déclarations papier numérisées. Bien que les dispositions révisées ne l’exigent pas, la Commission et les États membres sont convenus que cet outil pouvait également être utilisé par les ICE enregistrées au titre des anciennes dispositions ou faisant usage de systèmes particuliers ( 36 ). La Commission a élaboré des orientations complètes et organisé des tests approfondis avec les États membres concernant l’utilisation du service d’échange de fichiers et la gestion associée des clés privées et publiques. Elle a également organisé des sessions avec les organisateurs afin de les aider à mettre en œuvre le processus de chiffrement et de chargement des déclarations de soutien n’ayant pas été recueillies au moyen du système central de collecte en ligne.
Le haut niveau de sécurité du système de collecte garantit que les données à caractère personnel des citoyens sont chiffrées et traitées en toute sécurité depuis le moment où elles entrent dans le système de collecte jusqu’à celui où elles parviennent aux autorités des États membres pour vérification. La Commission dispense des informations et des formations sur l’utilisation du système central de collecte en ligne (webinaires, guides en ligne et vidéos). En outre, conformément à l’article 10, paragraphe 5, du règlement ICE, la Commission consulte régulièrement les utilisateurs et les parties prenantes au sujet des améliorations à apporter à ce système.
| Voici quelques-unes des principales améliorations apportées au système central de collecte en ligne depuis 2020: ·Sécurité – le système assure un chiffrement de bout en bout des données à caractère personnel à tous les stades du traitement; dans l’ensemble, les dispositifs de sécurité sont régulièrement mis à jour conformément aux règles, aux normes et aux lignes directrices énoncées dans la décision (UE, Euratom) 2017/46 de la Commission sur la sécurité des systèmes d’information et de communication au sein de la Commission européenne ( 37 ). ·La qualité des données collectées auprès des citoyens s’est améliorée après la mise en œuvre de règles en matière de formatage et de «somme de contrôle» des documents d’identité pour les 18 États membres exigeant un numéro d’identification dans le formulaire de soutien, ce qui a eu pour effet de réduire le risque de rejet des déclarations de soutien et de faciliter le processus de vérification par les États membres. ·Intégration de l’identification électronique – depuis l’introduction des dispositions révisées, les schémas nationaux d’identification électronique de 16 États membres ont été intégrés au système central de collecte en ligne pour permettre aux citoyens de signer sans avoir à saisir manuellement leurs données à caractère personnel. Cette option n’était pas disponible pour les systèmes particuliers de collecte en ligne. ·Amélioration du confort d’utilisation après consultation des parties prenantes et réalisation d’une étude concernant le confort d’utilisation et l’accessibilité; en particulier, des améliorations ont été apportées à la version mobile du système central de collecte en ligne afin qu’il soit plus facile pour les citoyens de signer à l’aide de leurs appareils mobiles. ·Personnalisation de la page de signature – les organisateurs peuvent déterminer quelles informations ils souhaitent voir apparaître sur la page de signature (leur propre logo, une barre de progression contenant des informations en temps réel sur le nombre de déclarations de soutien collectées en ligne, une carte indiquant les seuils atteints par État membre, la progression par État membre ou les derniers soutiens obtenus par État membre et date). ·Respect de la protection des données – un module dédié au responsable du traitement permet à la Commission de s’acquitter des obligations lui incombant en tant que responsable du traitement au titre du règlement (UE) 2018/1725 relatif à la protection des données à caractère personnel traitées par les institutions de l’Union ( 38 ) et de répondre rapidement aux demandes des personnes concernées. ·Communication aux organisateurs d’une analyse d’audience (données relatives au trafic sur la page web consacrée à l’initiative) et d’autres statistiques pertinentes propres à chaque initiative afin de leur permettre d’évaluer l’efficacité de leurs campagnes. |
Les citoyens ayant utilisé le système central de collecte en ligne ont exprimé un niveau de satisfaction élevé à l’égard du système: plus de 93 % des répondants à l’enquête de sortie ont déclaré qu’il avait été facile, voire très facile, de soutenir une ICE au moyen du système; une grande majorité des répondants ont accordé une note élevée à la clarté des informations expliquant comment signer une ICE à l’aide du système; et une majorité des répondants se sont dits confiants quant à la sécurité des données à caractère personnel qu’ils avaient fournies par l’intermédiaire du système. Environ 8 % des utilisateurs ayant participé à l’enquête de sortie ont déclaré une situation de handicap et ont également exprimé un niveau de satisfaction globale élevé (avec une note moyenne de 8 sur 10).
3.4.3.Utilisation de l’identification électronique (article 10, paragraphe 4, du règlement ICE)
L’une des principales caractéristiques du système central de collecte en ligne consiste à permettre l’intégration dans le système des outils nationaux d’identification électronique que les citoyens maîtrisent à l’échelle nationale, ce qui réduit le risque d’erreur lors de l’encodage de leurs données à caractère personnel. Les États membres doivent veiller à ce que leurs citoyens puissent soutenir les ICE en ligne en utilisant les moyens d’identification électronique notifiés ou une signature électronique au sens du règlement (UE) nº 910/2014 (ci-après le «règlement eIDAS») ( 39 ).
L’intégration des schémas nationaux d’identification électronique dans le système central de collecte en ligne a déjà été menée à bien pour 16 États membres. Cinq autres États membres sont en voie de rendre leurs schémas nationaux d’identification électronique accessibles au titre du règlement eIDAS (BG, DK, FR, PL et SI), première étape de l’intégration dans le système de collecte en ligne de la Commission.
Tableau 4: état des lieux de l’intégration de l’identification électronique dans le système central de collecte en ligne (novembre 2023)
| Permettant l’identification électronique | BE, CZ, DE, EE, ES, HR, IT, LV, LT, LU, MT, NL, AT, PT, SK, SE |
| En cours | BG, DK, FR, PL, SI |
| Ne permettant pas l’identification électronique | IE, EL, CY, HU, RO, FI |
Tant les organisateurs d’ICE que les citoyens ont déclaré, dans le cadre de leurs enquêtes respectives, qu’ils estimaient important d’autoriser l’utilisation de nouvelles solutions permettant de s'identifier numériquement pour soutenir les ICE, telles que l’identification électronique et la signature électronique.
Tout en restant minime (2 % du nombre total des signatures recueillies au moyen du système central de collecte en ligne depuis 2020), la part de signatures collectées au moyen de l’identification électronique augmente (5 % en 2023), davantage d’États membres ayant mis ce moyen à la disposition de leurs citoyens. La proposition d’introduction de portefeuilles européens d’identité numérique ( 40 ) entend accélérer l’adoption de ces technologies dans tous les États membres et faciliter ainsi l’engagement civique et collectif des citoyens. Dans le cadre du groupe d’experts de l’ICE, la Commission invite également les États membres à rendre régulièrement compte des progrès accomplis dans leur pays quant à la mise en place de l’identification électronique.
3.4.4.Certification des systèmes particuliers de collecte en ligne
L’autorité allemande ( 41 ) a procédé à la certification des systèmes particuliers de collecte en ligne pour les six ICE enregistrées après le 1er janvier 2020 ayant utilisé ces systèmes. Dans son retour d’information, l’autorité allemande a estimé que le délai d’un mois octroyé pour la certification de ces systèmes était trop court. Elle a également souligné que, par rapport au système central de collecte en ligne, la certification des systèmes particuliers de collecte exigeait un effort disproportionné de la part de tous les États membres car chacun d’entre eux devait mener les procédures et consacrer les ressources nécessaires pour effectuer la certification dans le délai imparti. Dans son retour d’information, l’Allemagne a réitéré son soutien à l’élimination progressive de ces systèmes d’ici le 31 décembre 2022, conformément à l’article 11, paragraphe 7, du règlement ICE.
Les organisateurs d’ICE ayant participé à l’enquête en ligne ont estimé qu’il était relativement difficile de satisfaire aux spécifications techniques permettant d’obtenir la certification de leur système particulier de collecte en ligne et de le faire certifier par les autorités nationales.
3.4.5.Évaluation de la possibilité de réintroduire la possibilité pour les organisateurs d’utiliser des systèmes particuliers de collecte en ligne
Dans sa résolution relative à la mise en œuvre des règlements ICE ( 42 ), le Parlement européen a invité la Commission à évaluer la possibilité de réintroduire la possibilité pour les organisateurs d’utiliser des systèmes particuliers de collecte en ligne. Pour évaluer cette possibilité, la Commission s’est penchée sur trois points.
i) L’utilisation des systèmes particuliers de collecte en ligne
Au cours des négociations qui ont conduit à l’adoption du deuxième règlement ICE, les colégislateurs ont décidé de supprimer progressivement l’utilisation des systèmes particuliers de collecte en ligne d’ici la fin de l’année 2022. Entre janvier 2020 et décembre 2022 (alors qu’un choix était encore possible), 6 des 26 ICE enregistrées (23 %) ont choisi d’utiliser le système OpenECI. Au cours de la dernière année où un choix était possible (2022), les organisateurs de 2 ICE uniquement sur les 10 enregistrées ont choisi d’utiliser un système particulier de collecte en ligne. Ces chiffres indiquent clairement que la demande d’un autre système que le système central est relativement faible. De plus, l’utilisation de ces systèmes crée un certain nombre de difficultés ainsi qu’une charge administrative tant pour les États membres ( 43 ) que pour les organisateurs d’ICE.
ii) La charge imposée aux organisateurs d’ICE
L’utilisation d’un système particulier de collecte en ligne entraîne des coûts supplémentaires pour les organisateurs d’ICE du fait de sa mise en place, de sa gestion et de sa certification ( 44 ), par rapport au système central de collecte en ligne, qui constitue une solution clé en main et gratuite. Les organisateurs d’ICE sont également les seuls responsables du traitement des données à caractère personnel collectées au moyen des systèmes particuliers de collecte en ligne. Dans le cas du système central de collecte en ligne, cette responsabilité incombe presque exclusivement à la Commission, qui est chargée de la gestion du système.
Toute réintroduction de systèmes particuliers de collecte en ligne entraînerait une charge supplémentaire pour les organisateurs d’ICE en ce qui concerne le respect des spécifications techniques applicables, car ces systèmes devraient faire régulièrement l’objet d’audits pour garantir leur conformité constante pendant toute la période de collecte.
La Commission s’est penchée sur les besoins spécifiques mentionnés par les organisateurs d’ICE favorables à des systèmes alternatifs. La raison la plus fréquemment évoquée est la possibilité d’intégrer ce système dans des sites web tiers, ce qui permettrait la collecte de signatures à partir de divers points d’entrée. La Commission a donc commandé une étude à une équipe externe de recherche en informatique ( 45 ) afin de déterminer s’il existe des solutions intégrables au système central de collecte en ligne que la Commission peut proposer aux organisateurs d’ICE tout en assurant la sécurité et la protection des données à caractère personnel, conformément aux dispositions du règlement ICE, et afin d’estimer les conséquences opérationnelles et budgétaires de telles solutions. L’étude a révélé que la collecte décentralisée des déclarations de soutien au moyen de plusieurs sites web appartenant à des tierces parties inconnues comporte des risques importants en matière de sécurité et de protection des données. Lorsque les organisateurs d’ICE ont signalé avoir incorporé le système particulier de collecte en ligne sur plusieurs sites web, les autorités de certification ont indiqué n’avoir pas été informées de ces modifications fondamentales du système certifié. Le fait d’en être informées leur permettrait de déterminer si ces modifications sont (toujours) conformes aux spécifications techniques énoncées dans le règlement d’exécution (UE) 2019/1799 de la Commission ( 46 ), notamment les exigences en matière de sécurité et de protection des données.
Compte tenu des conclusions formulées par les experts externes, la réintroduction de systèmes particuliers de collecte en ligne exigerait d’inclure dans la certification tout site web «intégré» et de mettre en place un système de vérification afin de s’assurer que les sites web des campagnes concernées demeurent conformes tout au long de la période de collecte. Cela entraînerait une charge et des coûts supplémentaires pour les organisateurs d’ICE ( 47 ).
iii) La charge imposée aux États membres
Les systèmes particuliers de collecte en ligne doivent être certifiés par les autorités compétentes de l’État membre dans lequel les données sont conservées. Dans le cadre de la dernière réforme, la proposition de la Commission conservait la possibilité pour les organisateurs d’ICE d’utiliser des systèmes particuliers de collecte en ligne. Cependant, les colégislateurs avaient retiré cette disposition de la proposition au cours des négociations législatives. En conséquence, les systèmes particuliers de collecte en ligne ont été supprimés progressivement et n’ont pu être utilisés que par les ICE enregistrées avant le 1er janvier 2023. La réintroduction de ces systèmes rétablirait l’obligation pour les États membres de procéder à leur certification. L’étude externe susmentionnée est parvenue à la conclusion que le moyen le plus efficace de contrôler les risques pour la sécurité et la protection des données associés à la collecte décentralisée des signatures serait de mettre en place un nouveau système de certification ou d’audit, ainsi qu’un ensemble d’exigences techniques comparables à (mais plus strictes que) celles antérieurement prévues pour ces systèmes particuliers dans le cadre du règlement d’exécution (UE) 2019/1799 de la Commission. L’étude estime également que la complexité de l’audit ainsi que ses coûts pourraient faire peser une charge excessive sur les autorités nationales ( 48 ).
Compte tenu des répercussions que la réintroduction de systèmes particuliers de collecte en ligne aurait sur les États membres, la Commission a consulté les autorités nationales représentées au sein du groupe d’experts de l’ICE. Leur retour d’information indique que la position des États membres n’a pas changé depuis la négociation législative du deuxième règlement ICE. De l’avis général, le système central de collecte en ligne constitue une évolution positive, car il garantit la sécurité des données et leur transfert sécurisé et permet un processus de vérification plus rapide. Ce système pourrait être encore amélioré pour répondre aux besoins futurs. Plusieurs États membres ont fait remarquer que la réintroduction des systèmes particuliers de collecte en ligne serait inefficace et coûteuse, car chaque État membre devrait garantir la disponibilité, tout au long de l’année, des ressources nécessaires pour procéder à la certification de ces systèmes en temps opportun. Certains États membres ont également ajouté que la vérification des déclarations de soutien recueillies au moyen d’un système particulier de collecte en ligne est plus complexe et chronophage, car la qualité des données collectées peut varier. La certification par les États membres introduirait également un risque de mise en œuvre non uniforme.
Analyse de la Commission
Après avoir examiné les trois points décrits ci-dessus et pris en considération: i) les risques importants en matière de sécurité et de protection des données que comporte toute solution décentralisée de collecte des déclarations de soutien en ligne; ii) la charge et les coûts connexes potentiellement importants pour les organisateurs d’ICE et les administrations nationales inhérents à la nécessité d’assurer le respect de règles strictes de sécurité et de protection des données; et iii) la disponibilité d’un système central garantissant des niveaux élevés de sécurité et de protection des données, la Commission est parvenue à la conclusion que la réintroduction des systèmes particuliers de collecte en ligne n’est pas opportune, car elle irait à l’encontre de l’objectif consistant à rendre l’ICE plus accessible et moins contraignante.
3.5. Phase de vérification
Depuis le 1er janvier 2020, sept ICE ont fait l’objet d’une procédure de vérification imposant aux autorités nationales de certifier la validité des déclarations de soutien recueillies auprès de leurs ressortissants: «End the Cage Age» (Pour une nouvelle ère sans cage)* ( 49 ), «Eat original! Unmask your food»*, «Politique de cohésion»*, «Sauvons les abeilles et les agriculteurs!»*, «Stop finning» (Stop à la pêche aux ailerons), «Pour des cosmétiques sans cruauté» et «Fur Free Europe». En ce qui concerne les ICE enregistrées au titre du deuxième règlement ICE, les organisateurs sont tenus de transférer les déclarations de soutien collectées dans un délai de 3 mois à compter de la fin de la période de collecte ( 50 ). Cela contribue à rendre le processus de vérification plus prévisible et permet aux autorités des États membres de mieux planifier les ressources nécessaires à la mise en œuvre du processus de vérification. Les résultats du processus de vérification se sont révélés positifs pour six des sept ICE. Les résultats du processus de vérification n’ont pas permis à l’ICE «Eat original» d’atteindre les seuils requis dans sept États membres ( 51 ).
Les autorités compétentes vérifient les déclarations de soutien conformément à la législation et aux pratiques nationales, en application de l’article 12, paragraphe 4, du règlement ICE. La Commission fournit aux États membres des orientations concernant la mise en œuvre pratique du règlement ICE, phase de vérification incluse. Les États membres peuvent adopter des dispositions nationales d’exécution spécifiques, qui peuvent également couvrir la procédure de vérification. Celles-ci sont notifiées à la Commission et publiées sur le site web consacré à l’ICE ( 52 ).
En ce qui concerne les méthodes de vérification utilisées, 14 États membres ont déclaré avoir réalisé un contrôle exhaustif de toutes les déclarations de soutien (BG, CZ, EL, ES, FR, HR, CY, LV, HU, AT, PL, RO, SI et SK), tandis que 11 autres ont déclaré avoir effectué des vérifications par sondage aléatoire (BE, DK, DE, EE, IE, IT, LT, LU, PT, FI et SE) ( 53 ). En ce qui concerne le type de registre national utilisé pour le processus de vérification, la plupart des États membres utilisent les registres de population (BE, BG, CZ, DK, DE, EE, IT, CY, LT, LV, LU, HU, AT, PL, PT, RO, SI, SK, FI et SE) ( 54 ), tandis que d’autres utilisent les registres électoraux (IE, EL, ES, FR et HR).
Par ordre décroissant de fréquence, les irrégularités les plus couramment rencontrées dans le cadre de la vérification ayant conduit à l’invalidation des déclarations de soutien, telles que rapportées par les autorités nationales, sont les suivantes: 1) l’absence de données d’identité ou la présence d’autres erreurs empêchant les autorités d’identifier le signataire; 2) des déclarations de soutien multiples d’un même signataire; et 3) la communication dans le formulaire de données à caractère personnel incohérentes (ce qui comprend les données manquantes dans les formulaires papier). L’utilisation du service d’échange de fichiers et la collecte en ligne des déclarations de soutien ont facilité le processus de vérification. Dans l’ensemble, les États membres sont satisfaits ou très satisfaits des documents d’orientation fournis par la Commission concernant le système d’échange de fichiers. Plusieurs autorités nationales ont indiqué que le processus est plus fluide et davantage normalisé lorsque les données sont transférées directement à partir du système central de collecte en ligne de la Commission.
Dans leurs réponses à l’enquête, les organisateurs d’ICE ont estimé que la procédure de vérification était globalement efficace, mais ont noté quelques retards dans les réponses des États membres.
3.6. Examen et suivi
Depuis le 1er janvier 2020 six ICE valables ( 55 ) ont été soumises à l’examen de la Commission, après avoir recueilli plus de 1 million de signatures. La Commission a répondu à cinq d’entre elles; la sixième réponse devrait être adoptée d’ici le 14 décembre 2023. Le délai de trois mois imparti pour la présentation à la Commission des initiatives ayant abouti ( 56 ) a permis de fournir davantage de certitudes aux citoyens et aux institutions quant au suivi des initiatives, répondant ainsi à une question récurrente concernant la mise en œuvre du premier règlement ICE figurant dans les rapports de 2015 et de 2018 ( 57 ).
1) «Minority SafePack – One million signatures for diversity in Europe» ( 58 )
Cette ICE appelle à l’adoption de toute une série d’actes juridiques afin d’améliorer la protection des personnes appartenant à des minorités nationales et linguistiques et de renforcer la diversité culturelle et linguistique au sein de l’UE. Les organisateurs ont présenté leur ICE à la Commission le 10 janvier 2020, après avoir recueilli 1 128 422 déclarations de soutien valables et atteint les seuils requis dans 11 États membres. Les organisateurs ont rencontré la vice-présidente de la Commission européenne chargée des valeurs et de la transparence, Věra Jourová, et la commissaire à l’innovation, à la recherche, à la culture, à l’éducation et à la jeunesse, Mariya Gabriel, le 5 février 2020. Le 15 octobre 2020, les organisateurs ont présenté leur ICE et ses propositions lors d’une audition publique au Parlement européen. L’ICE a été débattue lors de la séance plénière du Parlement européen du 14 décembre 2020. Le Parlement européen a exprimé son soutien à l’ICE dans une résolution ( 59 ) adoptée le 17 décembre 2020.
La Commission a adopté sa réponse à l’ICE le 14 janvier 2021 [ Communication de la Commission C(2021) 171 ( 60 )]. La Commission a examiné sur le fond chacune des neuf propositions, en tenant compte des principes de subsidiarité et de proportionnalité. S’il est vrai qu’aucun autre acte juridique n’a été proposé, la réponse de la Commission est venue souligner que la mise en œuvre intégrale de la législation et des politiques déjà en place constituait un ensemble de mesures puissant pour soutenir les objectifs visés par l’ICE. La Commission surveille la mise en œuvre des initiatives pertinentes et continue de prendre des mesures stratégiques dans ces domaines ( 61 ).
En avril 2021, les organisateurs de l’ICE ont formé devant le Tribunal un recours en annulation contre la communication C(2021) 171 de la Commission. Dans son arrêt du 9 novembre 2022 ( 62 ), le Tribunal a rejeté la requête des organisateurs de l’ICE. Le Tribunal a jugé que la Commission s’était acquittée de son obligation de motivation en estimant, au moment de la communication, qu’aucun acte juridique supplémentaire n’était nécessaire pour atteindre les objectifs poursuivis par l’ICE en raison des actions déjà entreprises par les institutions de l’Union dans les domaines couverts par l’ICE et de son suivi de la mise en œuvre desdites actions. Les organisateurs de l’ICE ont formé un pourvoi contre cet arrêt devant la Cour de justice le 21 janvier 2023 (affaire C-26/23 P).
2) «End the Cage Age» ( 63 )
Cette ICE appelle à une transition vers des systèmes agricoles plus éthiques et durables, y compris une révision des règles existantes de l’UE en matière de bien-être animal. Les organisateurs ont présenté leur ICE à la Commission le 2 octobre 2020, après avoir recueilli 1 397 113 déclarations de soutien valables et atteint les seuils requis dans 18 États membres. Les organisateurs de l’ICE ont rencontré la vice-présidente de la Commission européenne chargée des valeurs et de la transparence, Věra Jourová, et la commissaire à la santé et à la sécurité alimentaire, Stella Kyriakides, le 30 octobre 2020. Une audition publique a eu lieu au Parlement européen le 15 avril 2021. L’ICE a été débattue lors de la séance plénière du Parlement européen du 10 juin 2021. Le Parlement européen a exprimé son soutien à l’ICE dans une résolution ( 64 ) adoptée le même jour.
La Commission a adopté sa réponse ( 65 ) à l’ICE le 30 juin 2021. Elle y annonce son intention d’adopter, d’ici la fin 2023, une proposition législative visant à supprimer progressivement et à finalement interdire l’utilisation de systèmes de cages pour tous les animaux mentionnés dans l’ICE, dans des conditions à déterminer sur la base des avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments, des résultats d’une analyse d’impact et d’une consultation publique. La Commission examine actuellement en détail les principaux aspects pour s’assurer que la transition vers un élevage sans cages est viable pour le secteur agricole et pour nos systèmes alimentaires, y compris la sécurité alimentaire. Les résultats préliminaires de l’analyse d’impact en cours montrent que la transition vers des systèmes sans cages nécessite l’adaptation de plusieurs paramètres d’élevage, comme la création d’un environnement plus enrichissant et la garantie d’un espace disponible plus important, afin d’assurer de meilleures conditions de bien‑être aux animaux. D’autres consultations sont nécessaires en ce qui concerne les coûts, la durée appropriée de la période transitoire et les mesures pertinentes à l’importation. Afin de garantir un juste équilibre entre le bien-être des animaux et les incidences socio-économiques, la suppression progressive des cages doit s’accompagner d’autres mesures en faveur du bien-être des animaux dans les exploitations. Les travaux préparatoires vont donc se poursuivre, notamment dans le cadre du dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture dans l’UE.
3) «Sauvons les abeilles et les agriculteurs! Vers une agriculture respectueuse des abeilles pour un environnement sain» ( 66 )
Cette ICE invite la Commission à présenter une proposition visant à supprimer progressivement les pesticides de synthèse d’ici à 2035, à rétablir la biodiversité et à aider les agriculteurs pendant cette phase de transition. Les organisateurs ont présenté leur ICE à la Commission le 7 octobre 2022, après avoir recueilli 1 054 973 déclarations de soutien valables et atteint les seuils requis dans 11 États membres. Les organisateurs de l’ICE ont rencontré la vice-présidente de la Commission européenne chargée des valeurs et de la transparence, Věra Jourová, et la commissaire à la santé et à la sécurité alimentaire, Stella Kyriakides, le 25 novembre 2022. Une audition publique a eu lieu au Parlement européen le 24 janvier 2023. L’ICE a été débattue lors de la séance plénière du Parlement européen du 16 mars 2023, mais aucune résolution n’a été adoptée. Le Comité économique et social européen a adopté un avis sur cette ICE le 14 décembre 2022 ( 67 ).
La Commission a adopté sa réponse ( 68 ) à l’ICE le 5 avril 2023. Elle s’est félicitée de cette ICE et a reconnu son importance, en particulier dans le contexte des crises interdépendantes du changement climatique, de la pollution et de la perte de biodiversité. La Commission a souligné que la priorité était de veiller à ce que les propositions en cours de négociation par les colégislateurs soient adoptées en temps utile puis mises en application, parallèlement à une mise en œuvre effective de la politique agricole commune.
4) «Stop Finning – Stop the trade» (Stop à la pêche aux ailerons – Stop au commerce) ( 69 )
Cette initiative invite la Commission à «mettre un terme au commerce des ailerons dans l’Union européenne, y compris l’importation, l’exportation et le transit des nageoires qui ne sont pas naturellement attachées au corps de l’animal». Les organisateurs ont présenté leur ICE le 11 janvier 2023, après avoir recueilli 1 119 996 déclarations de soutien valables et atteint les seuils requis dans 15 États membres. Les organisateurs de l’ICE ont rencontré le commissaire à l’environnement, aux océans et à la pêche, Virginijus Sinkevičius, le 6 février 2023. Une audition publique a eu lieu au Parlement européen le 27 mars 2023. L’ICE a été débattue en séance plénière le 11 mai 2023, mais aucune résolution n’a été adoptée.
La Commission a adopté sa réponse ( 70 ) à l’ICE le 5 juillet 2023. Elle s’est félicitée de cette ICE et s’est engagée à entreprendre une analyse d’impact sur les conséquences environnementales, sociales et économiques de l’application de la politique des «nageoires naturellement attachées» lors de la mise sur le marché de l’UE de requins et à étudier les meilleurs moyens, sur le plan juridique, d’obtenir des informations plus détaillées en vue d’améliorer les statistiques pertinentes. La Commission intensifiera également le contrôle de l’application des mesures de traçabilité de l’UE et coopérera avec les partenaires internationaux.
5) «Pour des cosmétiques sans cruauté – S’engager en faveur d’une Europe sans expérimentation animale» ( 71 )
Cette ICE invite la Commission à présenter une proposition visant à renforcer et à élargir les interdictions existantes de l’UE en matière d’expérimentation animale pour les cosmétiques et de commercialisation d’ingrédients testés sur des animaux, et à adopter une proposition législative visant à établir une feuille de route pour la suppression progressive de toutes les expérimentations animales avant la fin du mandat de l’actuelle Commission. Les organisateurs ont présenté leur ICE à la Commission le 25 janvier 2023, après avoir recueilli 1 217 916 déclarations de soutien valables et atteint les seuils requis dans 21 États membres. Les organisateurs de l’ICE ont rencontré la vice-présidente de la Commission européenne chargée des valeurs et de la transparence, Věra Jourová, et le commissaire au marché intérieur, Thierry Breton, le 17 mars 2023. Le Parlement européen a organisé une audition publique relative à cette ICE le 25 mai 2023. L’ICE a été débattue en séance plénière le 10 juillet 2023, mais aucune résolution n’a été adoptée.
La Commission a adopté sa réponse ( 72 ) à l’ICE le 25 juillet 2023. Elle s’est félicitée de cette ICE et a observé que le bien-être animal reste une préoccupation majeure pour les citoyens européens. Elle a souligné le rôle de premier plan joué par l’UE dans l’abandon progressif de l’utilisation des animaux à des fins d’expérimentation et dans l’amélioration du bien-être animal en général. En témoigne notamment l’interdiction totale de l’expérimentation animale pour les cosmétiques, qui est en vigueur dans l’UE depuis 2013. La Commission a annoncé son intention de lancer une nouvelle feuille de route prévoyant un ensemble de mesures législatives et non législatives visant à réduire encore l’expérimentation animale. L’objectif ultime consiste à évoluer vers un système réglementaire sans utilisation d’animaux dans le cadre de la législation sur les produits chimiques (par exemple le règlement REACH, le règlement sur les produits biocides, le règlement sur les produits phytopharmaceutiques et la législation concernant les médicaments à usage humain et vétérinaire), sans cesser d’encourager fortement les alternatives à l’expérimentation animale. La Commission a déclaré qu’elle continuerait également de soutenir résolument les recherches visant à mettre au point des solutions de substitution à l’expérimentation animale et étudierait la possibilité de coordonner les activités des États membres dans ce domaine.
6) «Fur Free Europe» ( 73 )
Cette ICE invite la Commission à soumettre une proposition visant à interdire, à l’échelle de l’UE, l’élevage et l’abattage d’animaux dans le but de produire de la fourrure ainsi que la commercialisation dans l’UE de fourrure d’animaux d’élevage et de produits en contenant. Les organisateurs ont présenté leur ICE à la Commission le 14 juin 2023, après avoir recueilli 1 502 319 déclarations de soutien valables et atteint les seuils requis dans 18 États membres. Le 20 juillet 2023, les organisateurs de l’ICE ont rencontré la vice-présidente de la Commission européenne chargée des valeurs et de la transparence, Věra Jourová, et la commissaire à la santé et à la sécurité alimentaire, Stella Kyriakides, afin de présenter les objectifs de l’initiative. Le Parlement européen a organisé une audition publique relative à cette initiative le 12 octobre 2023 et l’initiative a été débattue en séance plénière le 19 octobre 2023, mais aucune résolution n’a été adoptée.
La Commission adoptera sa réponse au plus tard le 14 décembre 2023.
Retour d’information des organisateurs d’ICE ayant participé à l’enquête
Les organisateurs d’ICE ayant abouti qui ont participé à l’enquête se sont montrés pour la plupart positifs ou neutres quant à la clarté de la procédure au cours de la phase d’examen et ont été globalement satisfaits des possibilités offertes de présenter leur ICE lors de la rencontre avec la Commission et de l’audition publique au Parlement européen. Ils ont également estimé que la Commission avait expliqué de manière claire, compréhensible et détaillée les motifs de l’action qu’elle entendait mener en réponse au succès de leur ICE.
3.7. Transparence du financement
L’article 17 du règlement ICE impose aux organisateurs d’ICE de fournir des informations complètes sur les sources de tout soutien financier ou en nature supérieur à 500 EUR par promoteur. Les informations fournies indiquent une augmentation des fonds recueillis en faveur des ICE, deux ICE ( 74 ) ayant collecté plus de 1 million d’EUR (toutes deux ont atteint le seuil de 1 million de signatures) et huit autres ICE ( 75 ) faisant état d’un financement de plus de 100 000 EUR (quatre de ces ICE ont atteint le seuil de 1 million de signatures).
Graphique 2: répartition des ICE par financement
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