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Initiative législative — 52023IP0017

CELEX52023IP0017
TypeInitiative législative
Datejeudi 19 janvier 2023

Texte intégral

16.6.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 214/123


P9_TA(2023)0017

Contrôle des activités financières de la Banque européenne d’investissement — rapport annuel 2021

Résolution du Parlement européen du 19 janvier 2023 sur le contrôle des activités financières de la Banque européenne d’investissement — rapport annuel 2021 (2022/2153(INI))

(2023/C 214/12)

Le Parlement européen,

—

vu le rapport d’activité 2021 de la Banque européenne d’investissement (BEI) intitulé «Répondre par l’innovation», publié le 27 janvier 2022,

—

vu le rapport financier 2021 de la BEI et le rapport 2021 de la BEI sur les activités de financement et d’emprunt, tous deux publiés le 5 mai 2022,

—

vu le plan d’activité 2021 du groupe BEI, publié le 20 janvier 2021,

—

vu le rapport d’investissement 2020/2021 de la BEI, intitulé: «Bâtir une Europe intelligente et verte en temps de COVID-19» et publié le 21 janvier 2021,

—

vu le plan de mise en œuvre de la feuille de route 2021-2025 du groupe BEI pour la banque du climat, adopté par le conseil d’administration de la BEI le 14 novembre 2020 et publié le 14 décembre 2020,

—

vu la stratégie de la BEI en matière d’action pour le climat, adoptée en novembre 2020 et publiée le 15 novembre 2020,

—

vu le rapport de durabilité 2021 du groupe BEI, publié le 6 juillet 2022,

—

vu le cadre de durabilité environnementale et sociale du groupe BEI, adopté le 2 février 2022,

—

vu les rapports annuels du comité de vérification de la BEI pour l’exercice 2021, publiés le 21 juillet 2022,

—

vu le rapport d’activité 2021 de la BEI sur la lutte antifraude, publié le 7 juillet 2022,

—

vu le rapport annuel 2021 concernant l’activité relative aux plaintes en matière de marchés publics et le comité chargé du traitement des plaintes concernant la passation des marchés de la Banque européenne d’investissement, publié le 7 avril 2022,

—

vu l’accord de travail signé par la BEI, le Fonds européen d’investissement (FEI) et le Parquet européen le 7 décembre 2021,

—

vu le rapport d’activité 2021 de la BEI sur la conformité, publié le 25 août 2022,

—

vu le «Cadre PATH — Soutenir les contreparties sur la voie de l’alignement sur l’accord de Paris» (cadre d’alignement sur l’accord de Paris pour les contreparties) du groupe BEI, publié le 26 octobre 2021,

—

vu la politique antifraude du groupe BEI, publiée le 5 août 2021,

—

vu le rapport annuel 2020 du comité d’éthique et de conformité de la BEI, publié le 8 avril 2022, ainsi que ses règles de fonctionnement,

—

vu les codes de conduite pour le personnel du groupe BEI, pour les membres de son comité de vérification et pour les membres de son comité de direction,

—

vu le rapport d’information 2021 sur la gestion des risques du groupe BEI, publié le 9 août 2022,

—

vu le règlement intérieur de la BEI,

—

vu l’accord tripartite entre la Commission européenne, la Cour des comptes européenne et la Banque européenne d’investissement (l’accord tripartite), entré en vigueur en novembre 2021,

—

vu la politique de transparence du groupe BEI, publiée le 18 novembre 2021, et sa politique de signalement, publiée le 24 novembre 2021,

—

vu le nouveau document d’orientation de la BEI sur les activités relevant de la cohésion pour la période 2021-2027, publié le 13 octobre 2021,

—

vu sa résolution du 7 juillet 2022 sur le contrôle des activités financières de la Banque européenne d’investissement — rapport annuel 2020 (1),

—

vu l’article 54 de son règlement intérieur,

—

vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire (A9-0294/2022),

A.

considérant que le groupe BEI se compose de la Banque européenne d’investissement (BEI) et du Fonds européen d’investissement (FEI), qu’il est la plus grande institution financière multilatérale au monde et l’un des principaux bailleurs de fonds en matière de financement de l’action climatique; considérant que la BEI se concentre sur les domaines prioritaires que sont le climat et l’environnement, le développement, l’innovation et les compétences, les petites et moyennes entreprises, les infrastructures et la cohésion; considérant que le FEI soutient les petites et moyennes entreprises par le financement de l’entrepreneuriat, de la croissance, de l’innovation et de la recherche, de l’emploi et du développement régional;

B.

considérant que les traités imposent à la BEI de contribuer à l’intégration européenne ainsi qu’au développement équilibré et sans heurt du marché intérieur, en tenant compte des objectifs de politique publique tels que la cohésion sociale et le développement durable, afin de lutter contre les inégalités en offrant de meilleures conditions d’accès à l’emploi et aux possibilités d’éducation, aux infrastructures et aux services publics, et en promouvant un environnement sain et durable;

C.

considérant que la BEI est liée par la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne; considérant que les principes relatifs aux droits de l’homme sont intégrés dans ses procédures et normes de diligence raisonnable, y compris les évaluations ex ante accessibles au public;

D.

considérant que les investissements de la BEI ont la capacité de soutenir le secteur social, notamment la santé, le logement et l’éducation;

E.

considérant que la cohésion territoriale et sociale, le développement durable et la lutte contre le chômage, la pauvreté et l’exclusion sociale devraient être au cœur de l’activité de la BEI; considérant que la durabilité doit être intégrée dans toutes les activités de prêt, d’emprunt et de conseil, étant donné que la BEI a pour mission de favoriser une croissance durable au sein de l’Union européenne et à l’étranger; considérant que le soutien à la cohésion est inscrit dans ses statuts et que les investissements de la BEI visent à contribuer au développement équilibré et sans heurt du marché intérieur;

F.

considérant que la BEI joue un rôle clé, en tant que banque européenne du climat, dans la lutte contre les urgences mondiales que sont le changement climatique, la dégradation de l’environnement et la perte de biodiversité; considérant que la BEI s’est engagée à aligner toutes ses activités sur l’accord de Paris afin de porter le financement annuel en faveur de l’action pour le climat et de la durabilité environnementale à plus de 50 % du total des prêts d’ici à 2025; qu’elle s’est engagée à investir au moins 1 000 milliards d’euros dans le financement de la lutte contre le changement climatique au cours de la prochaine décennie;

G.

considérant que l’accord de garantie conclu avec le Groupe BEI (BEI et FEI) dans le cadre d’InvestEU a été négocié en 2021 et au début de 2022 et qu’il a été signé le 7 mars 2022;

H.

considérant que les États membres peuvent confier à la BEI la mise en œuvre des instruments financiers auxquels ils ont recours pour investir des fonds de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) dans des projets admissibles; que la BEI peut fournir d’autres financements et des services de conseil spécifiques aux États membres pour l’investissement des fonds qu’ils reçoivent de la FRR;

I.

considérant que la BEI contribue à la réalisation des objectifs politiques et économiques de l’Union européenne et soutient les priorités de l’action extérieure de l’Union dans toutes les régions du monde, y compris dans les pays politiquement sensibles des pays du voisinage oriental et méditerranéen;

J.

considérant que la BEI est le plus grand prêteur multilatéral dans les régions du voisinage de l’Union, qui comprend les pays du voisinage oriental, les Balkans occidentaux, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord; que la BEI gère des opérations en dehors de l’Union européenne par l’intermédiaire d’un réseau de près de 30 bureaux extérieurs situés en Afrique, en Amérique latine et en Asie;

K.

considérant que le groupe BEI collabore étroitement avec les institutions de l’Union et d’autres partenaires pour soutenir les objectifs et les priorités politiques de l’Union; que, notamment dans le cadre du cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027, le groupe BEI collabore avec la Commission et, à l’échelon national, avec les banques et institutions nationales de développement ainsi qu’avec les institutions financières de développement; que, pour respecter les principes et les objectifs de l’accord de Paris d’ici fin 2020, le groupe BEI a travaillé en coordination avec le Service européen pour l’action extérieure et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement;

L.

considérant que la BEI est à l’avant-garde de la lutte contre la crise de la COVID-19 dans l’Union européenne et qu’elle a déployé des efforts considérables pour apporter un soutien supplémentaire, en particulier aux petites et moyennes entreprises (PME), en créant le nouveau Fonds de garantie paneuropéen (FGP), destiné à fournir des capitaux aux PME, qui ont été particulièrement touchées par les effets de la crise;

M.

considérant que la cote AAA de la BEI est nécessaire pour garantir des sources de financement suffisantes sur le marché à des taux préférentiels et qu’il faut donc la préserver;

N.

considérant que le modèle économique de la BEI exige les plus hauts niveaux d’intégrité, de transparence, de responsabilité et de bonne gouvernance, ainsi que des mesures adéquates pour lutter avec efficacité et efficience contre toutes les formes de blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme, la criminalité organisée et les pratiques fiscales dommageables, ainsi que contre les types de comportements interdits recensés dans sa politique antifraude récemment révisée;

Performance des transactions financières de la BEI

1.

souligne que la BEI est un émetteur de premier plan et qu’elle contribue en permanence aux innovations et aux évolutions sur les marchés des capitaux tout en promouvant les normes les plus rigoureuses;

2.

relève qu’au 31 décembre 2021, le bilan total du groupe BEI s’élevait à 568 milliards d’euros, soit une augmentation de 11,9 milliards d’euros par rapport au 31 décembre 2020;

3.

relève qu’en 2021, les nouvelles signatures de prêt de la BEI ont atteint un montant de 65,4 milliards d’euros, conforme à l’objectif fixé dans son plan d’activité 2021 et proche des résultats des années précédentes (66,1 milliards d’euros en 2020 et 63,3 milliards d’euros en 2019); observe que sur ce montant, 54,3 milliards d’euros provenaient des ressources propres de la Banque (contre 64,6 milliards d’euros également au titre des ressources propres de la Banque en 2020);

4.

souligne qu’à l’instar des années précédentes, la plus grande partie a été accordée à l’Italie, à la France et à l’Espagne (16 %, 14 % et 12 % respectivement du total des signatures) et qu’à l’instar des années précédentes également, les secteurs des transports, des prêts globaux et de l’énergie en ont été les principaux bénéficiaires (avec 30,2 %, 18,5 % et 14,8 % respectivement);

5.

observe que le total des décaissements s’est élevé à 41,4 milliards d’euros en 2021 (dont 40,4 milliards d’euros au titre des ressources propres de la Banque), par rapport à 58,3 milliards d’euros en 2020 (dont 56,8 milliards d’euros au titre des ressources propres de la Banque);

6.

constate que, depuis le 31 décembre 2021, l’encours des prêts signés a légèrement diminué pour s’établir à 556,4 milliards d’euros (contre 558,7 et 560,3 milliards d’euros respectivement en 2020 et 2019), dont 82 % concernaient des projets au sein de l’Union (82,2 % en 2020 et 81,4 % en 2019); relève que le portefeuille de prêts décaissés de la BEI s’élevait à 433,4 milliards d’euros, contre 444,6 milliards d’euros fin 2020 et 447,5 milliards d’euros fin 2019;

7.

souligne que la tendance précitée du financement en 2021 reflète l’attention croissante de la BEI pour l’utilisation de fonds de tiers dans l’Union européenne, tels que les opérations déployées dans le cadre du Fonds de garantie paneuropéen et des instruments financiers décentralisés, qui complètent les ressources propres de la BEI et lui permettent d’augmenter le volume global d’opérations présentant un risque plus élevé; fait observer que la BEI n’accepte de prendre des risques de crédit, de marché et de liquidité que conformément à son appétence au risque et à sa mission publique;

8.

relève qu’en 2021, la BEI était la principale banque de développement multilatéral à émettre des obligations vertes et durables d’utilisation du produit, réaffirmant ainsi son rôle de premier plan sur les marchés mondiaux des obligations climatiquement responsables et des obligations pour le développement durable en établissant un nouveau record de 11,5 milliards d’euros en obligations durables et climatiquement responsables (par rapport à l’émission de produits de dette durable en 2020 pour un montant équivalant à 10,5 milliards d’euros); relève également que cela a porté la part du financement de la durabilité dans son financement total à 21 %, contre 15 % en 2020 (compte tenu à la fois des obligations climatiquement responsables et des obligations pour le développement durable);

9.

salue le rapport intitulé «Évaluation des obligations climatiquement responsables de la BEI», adopté en mars 2021 par le conseil d’administration de la BEI; comprend que les obligations climatiquement responsables et les obligations pour le développement durable seront progressivement alignées sur les futures normes des obligations vertes européennes;

10.

est conscient que la BEI lève des ressources à long terme en procédant à des émissions obligataires sur les marchés internationaux des capitaux pour financer ses opérations de prêt; relève qu’en 2021, la BEI a levé l’équivalent en euros de 55,3 milliards d’euros dans 21 monnaies;

11.

relève que la BEI génère des revenus en finançant de grands volumes de prêts avec une marge faible et qu’au 31 décembre 2021, elle a déclaré un bénéfice net de 2,5 milliards d’euros, ce qui représente une hausse par rapport aux chiffres de 1,7 milliard d’euros en 2020 et de 2,4 milliards d’euros en 2019;

12.

fait observer que, comme les bénéfices sont conservés afin de soutenir les opérations de la BEI, la rentabilité constante de la Banque a permis la constitution de réserves considérables au fil des ans; salue le fait que les réserves soient passées de 73,5 milliards d’euros fin 2020 à 76,1 milliards d’euros fin 2021;

13.

constate que la performance du portefeuille global de prêts est restée bonne, avec 0,3 % seulement de prêts douteux fin 2021 (contre 0,4 % fin 2020 et fin 2019); relève que la part des paiements accusant un retard de plus de 90 jours reste très faible, avec un montant de 116,3 millions d’euros fin 2021 (contre 117,1 millions d’euros fin 2020 et 146,0 millions d’euros fin 2019), ce qui, à l’instar des années précédentes, ne représente que 0,03 % du portefeuille de risques;

14.

se félicite de l’approbation par le conseil d’administration, le 15 décembre 2021, du plan d’activité du groupe BEI pour la période 2022-2024; se félicite que le nouveau plan d’activité confirme l’alignement de la BEI sur les priorités politiques de l’Union et son engagement à relever son ambition pour les transitions numérique et écologique;

15.

fait observer que le plan d’activité reflète les emprunts prévus nécessaires pour atteindre ses objectifs opérationnels et que le conseil d’administration a autorisé des emprunts globaux allant jusqu’à 50 milliards d’euros pour 2022; note, en outre, que la BEI a annoncé un programme de financement qui devrait s’élever à 45 milliards d’euros;

16.

invite la BEI à jouer un rôle actif dans l’appui aux projets qui contribuent à une transition juste, comme la recherche, l’innovation, la numérisation, l’accès des PME aux financements, ainsi que l’investissement social et les compétences;

Actions liées à la pandémie de COVID-19

17.

souligne que le budget à long terme de l’Union européenne pour la période 2021-2027 (1 200 milliards d’euros en prix courants), ainsi que l’instrument temporaire de relance NextGenerationEU (806,9 milliards d’euros en prix courants), constituent une réponse unique et sans précédent visant à contribuer à réparer les dommages économiques et sociaux causés par la pandémie de COVID-19 et à faciliter les transitions numérique et écologique;

18.

relève qu’en 2021, les différentes vagues de la pandémie ont perturbé les activités de nombreux clients de la Banque, y compris les PME et les grandes entreprises ainsi que les établissements financiers, ce qui a entraîné une réduction des volumes et des décaissements;

19.

fait observer que la pandémie de COVID-19 n’a pas eu d’incidence concrète sur la qualité du portefeuille de prêts de la BEI grâce à sa stratégie de gestion du risque de crédit;

20.

constate avec satisfaction que malgré le contexte général d’incertitude qui règne sur les marchés financiers mondiaux en raison de la pandémie de COVID-19, la BEI continue d’afficher une position de liquidité solide ainsi que la notation de crédit la plus élevée;

21.

relève qu’en 2021, la BEI a approuvé 109 opérations autonomes visant à répondre directement à la crise de la COVID-19 pour un montant total de 12,9 milliards d’euros (sur un volume total approuvé de 55,8 milliards d’euros); souligne que, depuis le début de la pandémie de COVID-19, le groupe BEI a approuvé près de 72 milliards d’euros de soutien ciblé au secteur de la santé publique, à la fourniture de vaccins et aux entreprises durement touchées par la crise;

22.

souligne le soutien important apporté par la BEI par l’intermédiaire du FGP, qui complète d’autres mesures prises au niveau de l’Union pour lutter contre la pandémie et les crises d’après-pandémie; se félicite que ce soutien incite les intermédiaires financiers à prêter davantage aux entreprises et à de meilleures conditions, ce qui aide les entreprises à accéder rapidement à des financements avantageux afin de surmonter les problèmes liés à la pandémie; se dit inquiet du manque de transparence qui entoure le FGP et qui pourrait se traduire par la quasi-impossibilité d'évaluer si le Fonds a réellement profité à l'économie européenne;

23.

relève que le FGP a permis au groupe BEI d’accroître son soutien à la plupart des PME européennes en fournissant jusqu’à 200 milliards d’euros de financements supplémentaires; félicite le groupe BEI d’avoir soutenu de nombreuses entreprises dans toute l’Union européenne; souligne que des projets d’un montant total de 23,2 milliards d’euros ont été approuvés depuis le 31 décembre 2021 (dont 18,1 milliards d’euros ont déjà été signés) et que cela devrait mobiliser un total de 174,4 milliards d’euros d’investissements;

24.

se félicite que l’augmentation de 6,0 milliards d’euros de la réserve de soins de santé de la BEI ait permis des investissements dans le secteur des soins de santé et les infrastructures médicales, ainsi que des financements liés à la recherche, aux vaccins et aux traitements; relève qu’au 31 décembre 2021, les prêts signés dans le cadre de cette réserve s’élevaient à 5,4 milliards d’euros, dont une partie était liée à la recherche sur les vaccins contre la COVID-19;

Grands domaines d’action soutenus par la BEI

25.

note que le programme InvestEU, qui succède au Fonds européen pour les investissements stratégiques, doit être déployé dans le cadre du CFP 2021-2027, et que la BEI sera également le principal partenaire chargé de la mise en œuvre, responsable de la gestion de 75 % du budget global du mandat; comprend qu’au cours de la période 2021-2027, la garantie de 26,2 milliards d’euros d’InvestEU, provisionnée à partir du CFP et de NextGenerationEU, devrait mobiliser plus de 372 milliards d’euros d’investissements privés et publics supplémentaires en Europe, principalement en faveur des infrastructures durables, de la recherche et de l’innovation, de la numérisation, de l’accès des PME au financement, des investissements sociaux et des compétences;

26.

invite la BEI à respecter les priorités de l’Union soutenues par l’instrument InvestEU et à assurer une protection solide des intérêts financiers de l’Union; attend de la BEI qu’elle rende compte au Parlement de ses activités et de ses investissements liés au programme InvestEU en 2022;

27.

souligne que les 23 millions de petites entreprises européennes représentent 99,8 % des entreprises non financières et fournissent environ deux tiers de l’ensemble des emplois; souligne que les PME sont un moteur du développement économique à travers le monde et qu’elles sont également des moteurs essentiels de l’innovation; comprend que les coûts de la numérisation et des actions en faveur du climat ont été plus élevés que jamais pendant la pandémie de COVID-19 et ont représenté une pression supplémentaire pour les PME, qui ont bénéficié du soutien de la BEI, principalement au moyen du train de mesures de financement liées à la COVID-19 et du FGP;

28.

félicite le groupe BEI, dont le soutien financier octroyé en 2021 à plus de 431 000 PME et entreprises à moyenne capitalisation a permis de préserver 4,5 millions d’emplois; rappelle que le soutien de la BEI aux PME représente 47 % du volume total des financements signés par la BEI et la quasi-totalité des activités du FEI; rappelle qu’en termes absolus, en 2021, le financement des PME représentait 45 milliards d’euros du total des prêts du groupe BEI, dont le montant total était de 94,9 milliards d’euros, proposés à des conditions de financement favorables sous la forme de taux d’intérêt réduits et/ou d’échéances plus longues et de services de conseil; invite la BEI à poursuivre ses actions et à renforcer son soutien en y ajoutant un capital de croissance supplémentaire afin de permettre aux PME d’intensifier leurs activités;

29.

est préoccupé par le fait que les prix actuellement élevés de l’énergie nuisent considérablement à la compétitivité des PME européennes; invite la BEI à évaluer si le niveau actuel de soutien aux PME est suffisant, compte tenu des prix élevés de l’énergie et de l’augmentation des coûts des matières premières, et à informer le Parlement de la manière dont elle entend adapter ses actions pour relever ces nouveaux défis;

30.

demande une nouvelle fois une répartition géographique juste et transparente des projets et des investissements, en mettant l’accent sur les régions moins développées, en particulier concernant l’innovation, la numérisation et les infrastructures, en vue de promouvoir une croissance inclusive ainsi qu’une convergence et une cohésion économiques, sociales et territoriales; invite la BEI à se montrer plus active pour combler les lacunes récurrentes qui empêchent certaines régions ou certains pays de profiter pleinement de ses activités financières;

31.

constate que, dans le contexte difficile actuel (la crise faisant suite à la pandémie et l’agression de l’Ukraine par la Russie), l’écart entre les situations et capacités économiques des États membres s’est creusé et souligne à quel point il importe de garantir que la plupart des régions et pays touchés s’adaptent à ces nouvelles circonstances, de sorte que personne ne soit laissé pour compte;

32.

invite une nouvelle fois la BEI à augmenter les investissements dans les innovations de rupture afin de faciliter la transition numérique et la transition écologique;

33.

soutient que tous les flux financiers de la Banque devraient être pleinement conformes à l’objectif de zéro émission nette d’ici à 2050 au plus tard et à l’objectif climatique de l’Union revu à la hausse pour 2030; insiste sur le fait que la transition climatique doit être inclusive et équitable et que les investissements verts doivent être viables; rappelle qu’il attend de la BEI qu’elle mette ses prêts, ses instruments financiers, son assistance technique et ses services de conseil à la disposition des citoyens et des entreprises en proie à des difficultés socioéconomiques provoquées par la transition vers une économie neutre en carbone;

34.

demande une nouvelle fois le renforcement de l’assistance technique en faveur des autorités locales et régionales et de l’expertise financière de celles-ci, en particulier dans les régions dont les capacités d’investissement sont faibles, ainsi que le renforcement de projets d’intérêt commun rassemblant plusieurs États membres, dont la taille ou la nature est telle qu’ils ne peuvent pas être financés entièrement par les nombreux moyens mis à la disposition des États membres individuellement, avant l’approbation du projet, de manière à améliorer l’accès aux financements de la BEI;

35.

demande une nouvelle fois à la BEI d’exercer son devoir de vigilance lors de la phase de préparation de tous les projets, afin qu’ils comprennent l’examen attentif et le respect des droits de l’homme et des communautés autochtones, et d’élaborer une stratégie claire en matière de droits de l’homme qui comprend des analyses des risques et des incidences sur les droits de l’homme;

36.

souligne que l’obligation faite aux intermédiaires financiers et aux entreprises clientes d’élaborer des plans de décarbonation dès que possible et au plus tard d’ici fin 2025 doit faciliter l’accès des PME au financement; souligne néanmoins qu’il s’agit d’une obligation essentielle, étant donné l’ambition de la BEI de devenir la banque climatique de l’Union et d’atteindre un taux de financement de projets écologiques et durables d’au moins 50 %;

37.

demande qu’une attention soit accordée à la crédibilité des plans de décarbonation à court terme, à leur application stricte et aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre ainsi qu’à une évaluation destinée à s’assurer qu’ils peuvent être inscrits dans les dispositions des contrats conclus entre la BEI et ses clients;

38.

est conscient que les actions de la BEI associent le climat, l’innovation et le développement et reconnaît que l’innovation et la technologie sont des vecteurs essentiels de la transition vers une économie à émissions nettes nulles; se félicite du partenariat entre la Commission et Breakthrough Energy Catalyst visant à mobiliser jusqu’à 1 milliard de dollars sur la période 2022-2026 afin d’accélérer le déploiement et la commercialisation de technologies innovantes qui contribueront à la réalisation des ambitions du pacte vert pour l’Europe et des objectifs climatiques de l’Union européenne à l’horizon 2030;

39.

souligne qu’il faut atteindre un niveau suffisant de sécurité énergétique afin de parvenir à une indépendance rapide et stable des pays européens;

40.

invite la BEI à accroître les financements afin de stimuler la transition technologique, de fournir des fonds aux PME pour la recherche et l’innovation à long terme, de soutenir le développement de compétences adaptées aux besoins réels du marché du travail et de promouvoir les investissements dans les compétences numériques des salariés et des entrepreneurs, les infrastructures numériques et le renforcement des capacités en matière de numérisation; souligne que les PME européennes accusent du retard dans l’adoption des technologies numériques, seules 55 % des PME de l’Union disposant d’un niveau minimal de numérisation;

41.

prend acte, en ce qui concerne l’objectif horizontal de politique publique relatif à la cohésion économique et sociale et à la convergence de l’Union, de l’augmentation déclarée de la part des signatures de la BEI, qui passe de 34,5 % en 2020 à 41,5 % en 2021; salue l’ambition de la BEI, figurant dans son nouveau document d’orientation sur les activités relevant de la cohésion pour la période 2021-2027, de revoir à la hausse le financement du groupe BEI en faveur de la cohésion, avec une orientation de 40 % du financement dans l’Union pour 2022 (destinée à atteindre 45 % en 2025), dont 20 % dans les régions moins développées (destinée à atteindre 23 % en 2025); demande à la BEI de continuer à proposer, aux régions bénéficiant de la politique de cohésion, des services de conseil qui les aident à mieux utiliser les investissements disponibles;

42.

invite la BEI à continuer de donner la priorité aux investissements dans les infrastructures de santé, la formation du personnel et la qualité des services de santé afin de réduire les inégalités entre les pays;

43.

se félicite de la décision du conseil d’administration de la BEI de septembre 2021 approuvant la création de BEI Monde, une nouvelle branche chargée, à partir du 1 janvier 2022, de l’ensemble des activités de la BEI dans la région visée par l’élargissement et dans les pays du voisinage oriental et méridional de l’Union européenne, d’Afrique subsaharienne, d’Asie, d’Amérique latine, des Caraïbes et du Pacifique; demande que BEI Monde soit axée sur un programme de développement équitable et durable dans les pays bénéficiaires, tout en faisant clairement preuve d’une additionnalité en matière de développement; relève avec inquiétude les difficultés rencontrées lors de la conduite de projets dans des pays tiers, notamment la corruption, l’utilisation abusive des fonds et la difficulté à faire en sorte que ceux-ci atteignent leurs destinataires espérés et soient conformes aux principes des principaux domaines d’action;

44.

estime que BEI Monde devrait bénéficier de l’autonomie opérationnelle nécessaire à la bonne mise en œuvre des politiques de l’Union par l’adoption de la culture d’entreprise propre à une banque de développement tout en bénéficiant du cadre juridique de la Banque et en partageant les mêmes politiques et les mêmes normes élevées; demande que BEI Monde veille au respect des normes de vigilance les plus exigeantes dans les procédures d’évaluation des projets;

45.

souligne le rôle essentiel de la BEI pour parvenir aux objectifs du mécanisme pour une transition juste et demande une plus grande participation et des actions concrètes à cet égard;

46.

souligne que les secteurs de l’agriculture, de la foresterie et de la pêche sont essentiels à la croissance et au développement dans les zones rurales; invite la BEI à proposer une meilleure assistance et à soutenir l’innovation dans ces secteurs importants, ce qui pourrait contribuer considérablement à la sécurité alimentaire; souligne que les besoins financiers des agriculteurs, en particulier des jeunes et des nouveaux entrants, sont considérables, et que les agriculteurs et les entreprises de ce secteur enregistrent un taux d’acceptation plus faible lorsqu’ils demandent des financements; invite la BEI à continuer à travailler à l’élaboration de nouveaux outils de financement qui optimiseront l’accessibilité pour le secteur agricole;

47.

condamne l’agression militaire illégale, non provoquée et injustifiée et l’invasion de l’Ukraine par la Fédération de Russie; souligne que la guerre a entraîné une grave crise humanitaire et a eu une incidence fondamentale sur la situation économique et la sécurité au sein de l’Union et dans son voisinage, ce qu’il convient de refléter largement dans les plans d’investissement et d’activité de la BEI;

48.

se dit préoccupé par la dépendance énergétique et la vulnérabilité de la République de Moldavie, que la crise énergétique actuelle n’a fait qu’exacerber; demande instamment à la BEI de soutenir les investissements dans l’autonomie et la diversification énergétiques à long terme de la République de Moldavie;

Conformité, transparence et responsabilité de la BEI

49.

rappelle que la cote AAA de la BEI est nécessaire pour garantir des sources de financement suffisantes sur le marché et qu’il faut donc la préserver; estime que la solidité financière, la bonne gouvernance, la prudence en matière d’appétence au risque, la viabilité à long terme et le soutien de l’Union sont des éléments essentiels ainsi que les qualités intrinsèques de son modèle économique réussi;

50.

prend acte des observations et des recommandations formulées à la Banque pour 2021 par le comité de vérification de la BEI; invite la BEI à mettre en œuvre ces recommandations et à achever la mise en œuvre de celles des années précédentes qui ne le sont pas encore;

51.

partage l’avis du comité de vérification de la BEI selon lequel il est nécessaire de renforcer le suivi, la gestion et la surveillance des risques opérationnels et technologiques, y compris les risques informatiques et autres risques non financiers;

52.

se félicite de l’accent mis par la BEI sur la stratégie de numérisation, la gestion des risques liés à la sécurité de l’information et la cybersécurité, ainsi que de l’adoption, en mai 2021, de la stratégie du groupe BEI sur l’ambition numérique (TIC); rappelle que les cyberattaques sont susceptibles d’engendrer des risques opérationnels, juridiques et de réputation; attend de la BEI qu’elle adopte un plan d’action qui couvre à la fois la défense contre les cyberattaques et le rétablissement après celles-ci, assorti de résultats concrets et d’indicateurs clairs, et qu’elle encourage la diffusion d’une solide culture de la cybersécurité parmi ses employés;

53.

note que la BEI, la Commission et la Cour des comptes ont renouvelé l’accord tripartite le 11 novembre 2021; regrette que l’accord révisé n’offre pas la solution de grande ampleur demandée par le Parlement; se félicite toutefois que le nouvel accord permette un meilleur accès aux documents de la BEI audités et une meilleure organisation de ces documents; rappelle que la Cour des comptes devrait avoir pleinement accès à toutes les informations relatives aux opérations de la BEI destinées uniquement à la mise en œuvre des politiques de l’Union;

54.

relève qu’en 2021, le mécanisme de traitement des plaintes de la BEI a enregistré 64 nouvelles affaires (contre 77 en 2020), a traité 107 affaires (contre 137 en 2020) et en a clôturé 64 (contre 94 en 2020); encourage la BEI à assurer le suivi des recommandations du mécanisme de traitement des plaintes et à déployer des efforts intensifs pour nouer des contacts avec les parties prenantes et leur proposer des activités adaptées;

55.

invite la BEI à veiller à ce que son mécanisme de traitement des plaintes soit accessible, efficace et indépendant, afin de détecter et de corriger les éventuelles violations des droits de l’homme dans les projets auxquels elle est associée;

56.

est conscient que la division Enquêtes de l’Inspection générale est un service interne chargé d’enquêter sur les fautes définies par la politique antifraude afin de fournir au groupe BEI les faits pertinents et les recommandations qui sont à la base du processus décisionnel de la BEI;

57.

constate que, pour la deuxième année consécutive, les problèmes posés par la pandémie de COVID-19 ont eu un impact sur les activités du service compétent de l’Inspection générale, ce qui s’est traduit par une baisse des allégations reçues (174 en 2021 et 183 en 2020), des missions d’enquête effectuées (5 en 2021 et 10 en 2020) et des recommandations et avis publiés (45 en 2021 et 52 en 2020, par rapport aux chiffres plus importants de dossiers clôturés, qui étaient de 204 en 2021 et de 195 en 2020);

58.

observe que le nombre de cas pour lesquels des allégations ont été étayées à la suite d’une enquête a fortement diminué en 2021 (17 cas étayés sur 67 enquêtes ouvertes en 2021 et 37 cas étayés pour 91 enquêtes ouvertes en 2020, soit une baisse du pourcentage correspondant, de 41 % à 25 %);

59.

se félicite de la signature, le 29 octobre 2021, de l’accord de travail entre la BEI et l’Agence de l’Union européenne pour la coopération des services répressifs (Europol), qui devrait ouvrir la voie à une prévention et à une détection plus efficaces des risques liés au financement du groupe BEI;

60.

salue la mise en place d’un nouveau système de suivi et d’établissement de rapports sur les recommandations et les avis; demande à la division Enquêtes de l’Inspection générale de la BEI de rendre compte au Parlement de manière plus détaillée des résultats de ses enquêtes; demande que le rapport annuel de la division Enquête sur les fraudes de la BEI couvre les incidences financières des affaires qu’elle examine, en allant au-delà du simple récit des études de cas, afin de fournir des informations précieuses pour évaluer la protection des intérêts financiers, y compris l’évaluation, par la BEI, des risques financiers, opérationnels et de réputation lorsqu’elle décide s’il y a lieu ou non de mener une enquête à cette fin;

61.

salue le travail continu de l’unité Analyses préventives d’intégrité et encourage le renforcement de la coopération entre les capacités de la BEI en matière d’exclusion et de radiation, le système de détection rapide et d’exclusion de la Commission et d’autres acteurs concernés (tels que la base de données du système de gestion des irrégularités de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) et l’outil de notation des risques Arachne) afin de renforcer les activités de prévention et de détection de la fraude qui sont essentielles pour protéger les intérêts financiers de l’Union;

62.

rappelle à la BEI que sa double nature (organe de l’Union et institution financière) rend son alignement sur le droit de l’Union encore plus pertinent, et qu’une gouvernance, des processus et des mécanismes appropriés devraient être systématiquement conçus, mis en œuvre et respectés conformément aux normes et critères de l’Union et bien intégrés à ceux d’autres services de l’Union avec lesquels la BEI interagit fréquemment;

63.

prend acte de l’actualisation, en août 2021, des codes de conduite pour les membres du comité de direction et pour les membres du conseil d’administration de la BEI; salue l’introduction d’un délai de viduité plus long pour les membres du comité de direction (24 mois au lieu de 12) et pour les membres du conseil d’administration (12 mois au lieu de 6); regrette toutefois qu’aucune disposition n’empêche les vice-présidents d’avoir un droit de regard et de prendre des décisions sur les opérations se déroulant dans leur pays d’origine, et insiste pour que cet aspect soit réglé lors de la prochaine révision;

64.

est convaincu que les évaluations de projets pertinentes pour les décisions de financement de subventions sont établies conformément à des indicateurs techniques, financiers et économiques objectifs et que la qualité du projet en est l’élément déterminant; estime que le «paquet gouvernance» adopté par le conseil des gouverneurs en août 2021, qui comprend de nouveaux codes de conduite pour le conseil d’administration, le comité de direction et le comité de vérification, ainsi que les règles de fonctionnement révisées du comité d’éthique et de conformité, renforce le cadre éthique de la BEI, étant donné qu’il comprend des règles plus strictes en matière d’activités postérieures à l’embauche; demande une nouvelle fois que la prochaine révision du code de conduite du comité de direction règle la question des insuffisances en matière de prévention des conflits d'intérêts;

65.

est préoccupé par les défaillances des première et deuxième lignes de défense du FEI signalées au comité de vérification de la BEI par des rapports d’audit interne en décembre 2021 et en janvier 2022; invite la BEI à prendre des mesures correctives appropriées et à informer le Parlement de ces interventions;

66.

salue la politique de signalement du groupe BEI révisée en novembre 2021, qui assure également la protection des auteurs de signalement qui ne font pas partie du personnel de la BEI;

67.

reconnaît que les droits de l’homme, l’inclusion et la durabilité sont des piliers essentiels des activités et des opérations du groupe BEI; salue les progrès réalisés en 2021 dans les processus de révision et d’adoption du cadre de durabilité environnementale et sociale (finalisés en février 2022); est conscient que le nouveau cadre se compose de la politique sociale et environnementale révisée du groupe BEI et des normes sociales et environnementales de la BEI et que les enseignements tirés des plaintes déposées via le mécanisme de traitement des plaintes et le Médiateur européen sont dûment pris en considération dans ce réexamen;

68.

est d’avis qu’une politique antifraude renforcée devrait indiquer des moyens efficaces de corriger les fautes et d’atténuer les risques et fournir un ensemble d’outils compatibles avec le cadre réglementaire afin de geler avec succès les projets faisant l’objet de soupçons crédibles et de résilier les contrats conclus avec des clients qui ne respectent pas les règles de conformité;

69.

exprime une nouvelle fois son inquiétude face à plusieurs dossiers clôturés par l’OLAF en 2020 portant sur des allocations scolaires indûment accordées aux membres du personnel de la BEI; salue la révision et la réforme du système des allocations par la BEI ainsi que la correction d’une bonne partie des erreurs détectées par l’OLAF, et notamment les mesures adoptées pour recouvrer les montants indûment versés; demande une nouvelle fois à la BEI de faire rapport au Parlement sur les résultats du suivi des recommandations de l’OLAF;

70.

se félicite de l’adoption de la politique de transparence révisée du groupe BEI le 17 novembre 2021 à la suite d’une vaste consultation publique; note que cette politique prévoit des dispositions pour la publication préventive des informations et des documents et leur divulgation sur demande; rappelle l'importance de la transparence pour les intermédiaires, les procédures décisionnelles internes et les incidences des projets sur l'environnement et les droits de l'homme, et ce pendant toute la durée de leur mise en œuvre;

71.

invite la BEI à mieux mettre en œuvre sa politique de transparence, à mettre en œuvre les recommandations de la Médiatrice dans trois décisions publiées le 21 avril 2022 demandant à la BEI d’adopter une approche plus ambitieuse de ses pratiques de divulgation, conformément à la législation de l’Union en matière de transparence, et d’adopter plusieurs mesures de transparence;

72.

demande instamment à la BEI de réagir rapidement aux demandes de la Médiatrice afin de permettre au public de comprendre plus aisément l’impact environnemental potentiel des projets qu’elle finance;

73.

demande une nouvelle fois à la BEI de se montrer plus transparente vis-à-vis du Parlement et de lui rendre davantage compte de son action; rappelle notamment qu’il faut que le Parlement exerce un contrôle plus important sur les décisions du conseil d’administration de la BEI et qu’il faut une plus grande transparence de la Commission sur les positions qu’elle adopte au sein du conseil d’administration de la BEI; invite la BEI, à cet égard, à envisager la possibilité de donner au Parlement le statut d’observateur lors des réunions du conseil d’administration;

74.

estime que la Commission devrait faire preuve de plus de transparence dans les avis qu’elle rend sur les projets financés par la BEI, car cela permettrait de clarifier son rôle à l’égard des objectifs stratégiques de l’Union;

75.

est conscient que les appels à plus de transparence ne sauraient entraîner une baisse de la protection des intérêts financiers légitimes des clients et qu’ils doivent s’inscrire dans les limites des cadres juridiques existants et du régime de protection des données;

76.

invite les représentants de la Banque à revoir à la hausse leur niveau de participation et d’interaction avec le Parlement européen, notamment en ce qui concerne le contrôle des activités financières;

77.

s’inquiète du fait que les objectifs fixés dans la stratégie en faveur de la diversité et de l’inclusion pour la période 2018-2021 n’ont pas été pleinement atteints; invite la BEI à réaliser des efforts concrets pour améliorer l’équilibre hommes-femmes au sein de son personnel, en particulier au niveau de l’encadrement et des hauts fonctionnaires;

78.

comprend que le recrutement réduit pendant la pandémie de COVID-19, la nature spécifique des profils recherchés par la Banque (en matière de gestion des risques, de conformité et de fonctions informatiques: dans de nombreux cas, issus du secteur bancaire et des secteurs spécialisés qui n’appliquent pas nécessairement l’équilibre hommes-femmes) et la compétitivité du marché du travail au Luxembourg sont des exemples des limites à prendre en considération dans l’évaluation de la situation globale;

79.

reconnaît les préoccupations et les plaintes formulées de longue date à propos du large écart salarial entre les catégories administratives et professionnelles de personnel; attire l’attention sur le coût élevé de la vie au Luxembourg et note que le coefficient correcteur pour ce pays, fixé à 100 %, devrait être plus élevé; souligne les difficultés que connaît le personnel employé dans la catégorie administrative et la façon dont cette situation peut avoir un impact négatif sur l’attractivité des conditions de travail à la BEI et du niveau de vie de son personnel;

80.

encourage la Banque à continuer de prendre des mesures pour parvenir à un meilleur équilibre hommes-femmes au sein de son organisation;

81.

salue le fait que la BEI surveille constamment l’équilibre géographique et que les données soient prises en considération pour les procédures de recrutement actuelles et futures;

82.

demande une nouvelle fois à la BEI de garantir une représentation géographique adéquate de tous les États membres dans son administration, en tenant compte des compétences et des mérites des candidats; invite la BEI à publier chaque année les informations relatives au genre et à la nationalité de ses salariés occupant des postes de cadres moyens et de cadres supérieurs;

83.

prend acte d’une proposition de cadre relatif au droit de grève et d’une proposition de cadre relatif à la reconnaissance des syndicats et comprend qu’elles seront adoptées en temps utile par le comité de direction;

84.

invite la Banque à rendre également compte des mesures d’exécution qui ont été lancées à la suite de l’enquête de 2021 sur la santé et le bien-être; invite notamment la Banque à rendre compte de la transparence dans ses procédures de gestion et de recrutement internes et des mesures prises pour traiter les résultats des «enquêtes de satisfaction du personnel»;

Suivi des recommandations du Parlement

85.

invite la BEI à continuer de dresser un état des lieux, qu’elle communiquera, sur les recommandations précédemment formulées par le Parlement dans ses résolutions annuelles, notamment en ce qui concerne:

a)

les incidences (économiques, environnementales et sociales) de sa stratégie d’investissement et les résultats obtenus pour contribuer au développement équilibré et sans heurt du marché intérieur dans l’intérêt de l’Union;

b)

les mesures adoptées pour renforcer la lutte contre les conduites fautives et les conflits d’intérêts, l’évasion fiscale, la fraude et la corruption;

c)

les mesures visant à renforcer le soutien aux PME et aux opérateurs économiques éligibles lors de la mise en œuvre des politiques de l’Union et à éviter toute nouvelle exigence créant davantage de bureaucratie pour les PME;

d)

le suivi des appels et des demandes formulés dans la présente résolution;

o

o o

86.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission et invite le Conseil et le conseil d’administration de la BEI à l’examiner dans le cadre d’un débat.

(1) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2022)0299.


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