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Initiative législative — 52023IP0048

CELEX52023IP0048
TypeInitiative législative
Datemercredi 15 février 2023

Texte intégral

11.8.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 283/5


P9_TA(2023)0048

Priorités de l’Union européenne pour la 67e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies

Résolution du Parlement européen du 15 février 2023 sur les priorités de l’Union européenne pour la 67e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies (2022/2839(RSP))

(2023/C 283/02)

Le Parlement européen,

—

vu la 67e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies et son thème prioritaire «L’innovation et l’évolution technologique, et l’éducation à l’ère numérique pour parvenir à l’égalité entre les hommes et les femmes et à l’autonomisation de toutes les femmes et filles»,

—

vu la déclaration et le programme d’action de Pékin du 15 septembre 1995 ainsi que les résultats de ses conférences d’examen,

—

vu la convention des Nations unies de 1979 sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes,

—

vu le programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies, le principe consistant à «ne laisser personne de côté» et, en particulier, l’objectif de développement durable (ODD) 4, qui vise à parvenir à une éducation inclusive et de qualité, l’ODD 5, qui vise à parvenir à l’égalité entre les hommes et les femmes et à autonomiser toutes les femmes et les filles, l’ODD 8, qui vise à parvenir à une croissance durable et économique, l’ODD 9, qui vise à améliorer sensiblement l’accès aux technologies de l’information, l’ODD 10, qui vise à garantir l’égalité des chances et à réduire les inégalités, et l’ODD 13 sur le changement climatique, qui prévoit la possibilité de s’attaquer aux causes profondes des inégalités entre les hommes et les femmes et, partant, de renforcer la résilience des femmes au changement climatique,

—

vu les résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies du 16 décembre 2020 intitulées «Intensification de l’action menée pour prévenir et éliminer toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles» (A/RES/75/161) et «Le droit à la vie privée à l’ère du numérique» (A/RES/75/176),

—

vu la résolution du Conseil des droits de l’homme des Nations unies du 5 juillet 2018 intitulée «Intensification de l’action menée pour éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles: prévenir et combattre la violence à l’égard des femmes et des filles dans les environnements numériques» (A/HRC/RES/38/5),

—

vu la convention sur la cybercriminalité du Conseil de l’Europe du 23 novembre 2001,

—

vu la convention du Conseil de l’Europendu 11 mai 2011 sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (convention d’Istanbul),

—

vu les conclusions du Conseil du 10 décembre 2018 sur les femmes, la paix et la sécurité,

—

vu l’initiative «Spotlight» de l’Union européenne et des Nations unies visant à éliminer toutes les formes de violence à l’encontre des femmes et des filles,

—

vu les articles 21 et 23 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (la «charte»),

—

vu le plan d’action de l’Union en matière d’éducation numérique pour la période 2021-2027,

—

vu le plan d’action de l’Union sur l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation des femmes dans l’action extérieure de l’Union européenne 2021-2025 (GAP III),

—

vu la stratégie de l’Union en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes 2020-2025 du 5 mars 2020,

—

vu sa résolution du 17 avril 2018 sur l’autonomisation des femmes et des filles grâce au secteur numérique (1),

—

vu sa résolution du 21 janvier 2021 intitulée «Résorber le fossé numérique entre les femmes et les hommes: la participation des femmes à l’économie numérique» (2),

—

vu sa résolution du 10 juin 2021 sur la promotion de l’égalité des genres en matière de formation et d’emploi dans le domaine des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM) (3),

—

vu sa résolution du 14 décembre 2021 contenant des recommandations à la Commission sur la lutte contre la violence fondée sur le genre: cyber violence (4),

—

vu sa résolution du 3 mai 2022 sur la réalisation de l’indépendance économique des femmes par l’entrepreneuriat et le travail indépendant (5),

—

vu l’article 157, paragraphe 4, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,

—

vu la question au Conseil sur les priorités de l’Union européenne pour la 64e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies (O-000004/2023 — B9-0011/2023),

—

vu la question à la Commission sur les priorités de l’Union européenne pour la 64e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies (O-000005/2023 — B9-0012/2023),

—

vu l’article 136, paragraphe 5, et l’article 132, paragraphe 2, de son règlement intérieur,

—

vu la proposition de résolution de la commission des droits de la femme et de l’égalité des genres,

A.

considérant que l’égalité entre les hommes et les femmes est un principe fondamental de l’Union, consacré par l’article 2 du traité sur l’Union européenne et l’article 23 de la charte; qu’en conséquence, il importe que le souci d’égalité entre les hommes et les femmes soit intégré dans toutes les politiques, mesures et actions de l’Union, dont l’action extérieure;

B.

considérant que, lors de la quatrième conférence mondiale sur les femmes qui s’est tenue à Pékin en 1995, 189 pays du monde entier, dont les États membres de l’Union européenne et l’Union européenne elle-même, se sont engagés à œuvrer en faveur de l’égalité des sexes et de l’autonomisation de toutes les femmes et les filles; que l’ODD 5 du programme de développement durable adopté par les États membres des Nations unies en 2015 fixe à 2030 l’échéance pour parvenir à l’égalité entre les hommes et les femmes et à l’autonomisation de toutes les femmes et filles; que l’ODD 5.b. met spécifiquement en évidence l’accroissement du recours aux technologies génériques, en particulier les technologies de l’information et de la communication (TIC), pour promouvoir l’autonomisation des femmes et des filles;

C.

considérant que le programme d’action de Pékin de 1995 a souligné qu’il était essentiel que les femmes ne soient pas seulement les bénéficiaires des progrès technologiques mais qu’elles en deviennent aussi les protagonistes, depuis le stade de la conception jusqu’à celui de l’application, du suivi et de l’évaluation, et qu’il a mis en avant le lien entre un enseignement discriminatoire et le fait que, souvent, les programmes scolaires destinés aux filles ne comportent ni enseignement des mathématiques et des sciences de base ni formation technique ou qu’elles sont dissuadées de suivre ces enseignements; qu’une éducation sensible à la dimension de genre bénéficie à l’ensemble de la société en contribuant de manière globale au bien-être sociétal, à la croissance économique et à l’innovation; que les stéréotypes sexistes ont une incidence négative sur la confiance en elles-mêmes des filles qui souhaitent poursuivre des études sur des sujets liés aux STIM et aux TIC, ce qui les empêche de travailler dans des secteurs à forte croissance mieux rémunérés; qu’une éducation et une formation tenant compte de la dimension de genre sont des outils essentiels pour lutter contre les stéréotypes sexistes préjudiciables; que 2023 est l’Année européenne des compétences et que l’accent devrait être mis sur la pénurie de femmes dans les carrières et l’enseignement dans le domaine des STIM;

D.

considérant que, selon António Guterres, secrétaire général des Nations unies, la numérisation sera l’un des deux profonds bouleversements qui marqueront le 21e siècle, l’autre étant le changement climatique; que l’accès effectif aux services numériques est devenu essentiel pour la participation de tous à la vie sociale et économique;

E.

considérant que 62 % des hommes utilisent l’internet, contre 57 % des femmes; que la fracture numérique entre les hommes et les femmes a beau avoir diminué dans toutes les régions, les femmes restent marginalisées dans le domaine numérique dans nombre des pays les plus pauvres du monde, en particulier dans les zones reculées et rurales, avec au moins 1,7 milliard de femmes des pays du Sud encore non connectées (6); que cet écart existe indépendamment des niveaux globaux d’accès aux TIC, des performances économiques, des niveaux de revenus ou de la situation géographique d’un pays, et qu’il se creuse à mesure que les technologies deviennent plus sophistiquées et plus coûteuses (7); que l’accès de 600 millions de femmes et de filles supplémentaires à l’internet pourrait accroître le produit intérieur brut (PIB) mondial de 18 milliards de dollars (8);

F.

considérant que seule une transformation numérique sensible à la dimension de genre peut offrir les possibilités nécessaires à la modification des modèles négatifs fondés sur le genre en matière d’emploi; que les femmes se heurtent encore à des obstacles structurels et culturels lorsqu’elles participent à tous les aspects de la transition numérique, ce qui peut nuire à leur accès au marché du travail et à leur position sur celui-ci; que les femmes sont actuellement sous-représentées dans les secteurs à forte croissance mieux rémunérés, tels que les métiers des TIC et des STIM, tout en étant surreprésentées dans les emplois non rémunérés et précaires (9); que le nombre peu élevé de femmes travaillant dans les secteurs des technologies innovantes et de rupture peut avoir des répercussions négatives sur la conception, l’élaboration et la mise en œuvre des nouvelles technologies, dès lors que cette situation perpétue des pratiques discriminatoires et des stéréotypes existants, relayées par l’utilisation d’algorithmes fondés sur des préjugés sexistes; qu’il est important que les femmes et les filles fassent partie intégrante du processus de transformation numérique afin qu’elles puissent devenir des acteurs clés de l’innovation et de l’évolution technologique tout en en tirant pleinement parti;

G.

considérant que les étudiantes sont désormais plus nombreuses que les étudiants dans le monde et que 54 % des diplômés universitaires en 2019 étaient des femmes (10), tandis que seules 18 % des femmes dans l’enseignement supérieur poursuivent des études dans les STIM, contre 35 % des hommes (11); qu’un grand nombre de femmes abandonnent leurs études supérieures et leur carrière dans le secteur des STIM ou ne briguent pas de postes universitaires dans ce secteur en raison de l’inégalité des rôles entre les hommes et les femmes dans la vie familiale, y compris le partage inégal des responsabilités familiales non rémunérées entre les femmes et les hommes au sein du ménage, un déséquilibre entre vie professionnelle et vie privée, les contraintes organisationnelles, le harcèlement et les préjugés sur le lieu de travail et le manque de possibilités d’avancement de carrière; qu’un manque de diversité dans les secteurs et les professions des STIM affectera la rentabilité des entreprises et la prospérité économique, et que l’économie européenne pourrait passer à côté d’une augmentation annuelle de son produit intérieur brut de 16 milliards d’euros si les femmes ne sont pas encouragées à participer au secteur numérique;

H.

considérant que, selon l’Organisation internationale du travail (OIT), les femmes sont payées environ 20 % de moins que les hommes dans le monde; que l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes est encore plus important dans les secteurs à prédominance masculine, tels que les TIC et les entreprises technologiques; que les femmes gagnent environ 28 % de moins que leurs collègues masculins aux mêmes postes technologiques (12);

I.

considérant que l’indépendance et l’autonomisation économiques des femmes sont primordiales pour parvenir à l’égalité entre les hommes et les femmes et garantir les droits des femmes; que cela englobe la capacité de participer pleinement à la société, y compris en ayant le contrôle de leur propre temps, de leur vie, de leur autonomie corporelle, de leur propre épanouissement personnel et en bénéficiant d’une égalité d’accès aux marchés du travail, à la participation civique et à la prise de décision économique à tous les niveaux; que la promotion de l’indépendance économique exige de reconnaître les secteurs féminisés, qui sont systématiquement sous-rémunérés et sous-évalués, et de compenser ce phénomène, et de mettre en œuvre des mesures appropriées pour garantir la participation égale des femmes aux marchés du travail, l’égalité de rémunération pour un même travail ou un travail de même valeur, l’accès à des perspectives de travail décent ainsi que le partage et la reconnaissance des responsabilités domestiques et familiales;

J.

considérant que les femmes confrontées à de multiples formes de discrimination intersectionnelle éprouvent des difficultés particulières à entrer dans le secteur des STIM; que les femmes en situation de pauvreté et les femmes dans les zones où les infrastructures sont limitées, en particulier les zones rurales, font face à des discriminations numériques, sexistes et rurales, ainsi qu’à des obstacles à l’accès aux technologies numériques et à leur utilisation, en raison du caractère inabordable, de la faible culture numérique et des normes sociales négatives;

K.

considérant que les femmes ne représentent qu’un pourcentage marginal des investisseurs en capital-risque, des investisseurs providentiels et des investisseurs; que nettement moins de femmes occupent ces rôles et en tant que fondatrices et propriétaires d’entreprises privées et de jeunes pousses;

L.

considérant que la dimension de genre de la transformation numérique est reconnue dans la stratégie de l’Union en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes 2020-2025 et du troisième plan d’action de l’Union européenne sur l’égalité entre les femmes et les hommes (GAP III); que la promotion de l’égalité d’accès des femmes au potentiel inexploité des technologies numériques est essentielle à la stratégie numérique de l’Union et à la croissance durable;

M.

considérant que la violence à caractère sexiste ne se limite pas à la violence physique, mais inclut également la cyberviolence à caractère sexiste; que, selon les estimations, une femme sur dix dans l’Union a déjà subi une forme de cyberviolence depuis l’âge de 15 ans (13); qu’au cours de la pandémie de COVID-19, la violence à caractère sexiste a augmenté de manière exponentielle, y compris la violence en ligne et la violence facilitée par les TIC; que l’enquête de la World Wide Web Foundation menée en 2020 auprès de personnes interrogées dans 180 pays a révélé que 52 % des jeunes femmes et des filles ont été victimes d’abus en ligne et que 64 % des personnes interrogées ont déclaré connaître quelqu’un qui en a été victime;

N.

considérant qu’une fille sur cinq (19 %) a quitté une plateforme de médias sociaux ou en a considérablement réduit l’utilisation après avoir été harcelée, tandis qu’une fille sur dix (12 %) a changé sa manière de s’exprimer (14); que plus d’un tiers (37 %) des filles appartenant à une minorité ethnique et ayant subi des abus déclarent être ciblées en raison de leur race ou de leur appartenance ethnique, tandis que plus de la moitié (56 %) des personnes qui s’identifient comme lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, intersexuées et queer (LGBTIQ+) déclarent être harcelées en raison de leur identité de genre ou de leur orientation sexuelle;

O.

considérant que l’essor de nouveaux dispositifs intelligents et de l’internet des objets crée de nouveaux risques d’abus, facilités par la technologie;

P.

considérant que la prévention de la cyberviolence à caractère sexiste passe par l’éducation, notamment par l’habileté et les compétences numériques telles que l’hygiène informatique et la nétiquette, et que toute politique publique visant à lutter contre la cyberviolence à caractère sexiste devrait avoir pour socle un environnement éducatif qui soit favorable à la dimension de genre et qui lutte contre les stéréotypes sexistes; que la technologie peut jouer un rôle important dans la prévention de la cyberviolence;

Q.

considérant que les nouvelles méthodes de travail et les possibilités de télétravail s’accompagnent de défis et de perspectives multiples pour les femmes et l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée; que le développement de nouvelles solutions d’apprentissage à distance offre aux femmes et aux filles de nouvelles possibilités pour combler le fossé numérique et éducatif;

1.

adresse au Conseil les recommandations suivantes:

a)

réaffirmer l’engagement sans faille de l’Union en faveur du programme d’action de Pékin et des conférences d’examen ultérieures ainsi que de la série d’actions en faveur de l’égalité hommes-femmes qui y sont présentées;

b)

veiller à ce que le Parlement et sa commission des droits des femmes et de l’égalité des genres participent pleinement au processus décisionnel concernant la position de l’Union lors de la 67e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies, et veiller à ce que le Parlement dispose des informations utiles et ait accès à un document exposant la position de l’Union en amont des négociations;

c)

veiller à ce que l’Union se pose résolument en chef de file et adopte une position unifiée sur l’importance de l’autonomisation des femmes et des filles dans toute leur diversité et de l’égalité entre les hommes et les femmes dans la transformation numérique; prendre des mesures énergiques pour dénoncer sans équivoque le recul dont pâtit actuellement l’égalité entre les hommes et les femmes, y compris les politiques et tentatives de nuire aux droits des femmes, à leur autonomie et à leur émancipation sur tous les plans; soutenir les appels à la normalisation des droits des femmes;

d)

condamner avec la plus grande fermeté l’utilisation du viol et de la violence sexuelle comme arme de guerre dans les conflits armés, en particulier leur utilisation actuelle dans l’attaque injustifiée de la Russie contre l’Ukraine, ainsi que dans d’autres conflits notamment dans la région du Tigré en Éthiopie; condamner toutes les formes de violence fondée sur le genre, y compris la cyberviolence, ainsi que toutes les formes de discrimination fondée sur le genre, étant donné qu’il s’agit de violations des droits humains qui empêchent de parvenir à l’égalité entre les hommes et les femmes et donc à des sociétés véritablement égalitaires;

e)

s’engager à soutenir fermement les travaux de l’ONU Femmes, acteur central du système des Nations unies qui œuvre pour faire progresser les droits des femmes dans toute leur diversité et rassembler toutes les parties prenantes afin de favoriser les changements politiques et les actions coordonnées; demander à tous les États membres des Nations unies, conjointement à l’Union européenne, de garantir un financement suffisant de l’ONU Femmes;

f)

réaffirmer les engagements pris en faveur de l’égalité de genre et de l’émancipation de toutes les femmes et filles lors des sommets et conférences pertinents des Nations unies, y compris la Conférence internationale sur la population et le développement et son programme d’action, ainsi que les documents finaux de ses révisions;

g)

mettre en avant la nécessité de faciliter et accroître l’accès des femmes à l’information et à l’éducation dans le monde entier, y compris dans les domaines de la science, de la technologie et de l’économie, afin d’améliorer leurs connaissances, leurs compétences et leurs possibilités; souligner l’importance de garantir l’intégration de la dimension de genre dans l’éducation numérique à tous les niveaux et la nécessité d’éliminer la fracture numérique entre les hommes et les femmes ainsi que toute discrimination liée au genre dans l’accès à l’éducation à tous les niveaux, de la petite enfance à l’enseignement supérieur, dans des contextes formels, non formels et informels et depuis les infrastructures de planification jusqu’à la formation des enseignants; souligner qu’un développement humain et économique plus large est nécessaire pour surmonter les inégalités numériques et exploiter pleinement le potentiel des femmes et des filles dans le monde entier;

h)

plaider en faveur d’un meilleur accès des filles, des femmes et des personnes aux identités de genre diverses à une connectivité numérique accessible à tous, sûre et sécurisée, jusque dans les zones rurales et isolées;

i)

souligner la nécessité de garantir un accès universel et complet aux informations en ligne sur la santé et les droits sexuels et génésiques, y compris le droit à un avortement sûr et légal, et de garantir des processus solides qui empêchent toute utilisation de données à caractère personnel contre des personnes souhaitant avorter;

j)

réaffirmer la nécessité de renforcer l’inclusion des femmes et des filles dans la société et leur participation à celle-ci; réaffirmer la nécessité d’accélérer les progrès en matière d’égalité entre les hommes et les femmes, notamment par la promotion de lois, de politiques, de budgets et d’institutions qui favorisent l’égalité entre les hommes et les femmes; réaffirmer également la nécessité d’investir davantage dans les statistiques sur l’égalité entre les hommes et les femmes, étant donné que moins de la moitié des données nécessaires au suivi de l’ODD 5 sont actuellement disponibles;

k)

relever que la reprise après la pandémie doit s’inscrire dans le cadre des transitions écologique et numérique, et que les compétences dans le domaine des STIM sont appelées à jouer un rôle de plus en plus essentiel dans l’économie future.

l)

tenir compte du fait que les réponses à la pandémie de COVID-19 ont accéléré la transition numérique et que le monde du travail verra à l’avenir une augmentation de la demande de professionnels des technologies; noter, dans ce contexte, que la ségrégation entre les hommes et les femmes persiste dans l’enseignement et les métiers des TIC et que la fracture numérique pourrait dès lors s’accentuer davantage si la question n’est pas traitée comme il se doit;

m)

veiller à ce que toute politique liée à la transition numérique tienne compte des besoins sexospécifiques et n’ait pas d’incidence négative sur les femmes, les filles et les personnes présentant des identités sexuelles différentes; s’engager avec plus de détermination en faveur de la collecte et de l’analyse de données ventilées par sexe, y compris, mais pas exclusivement, sur le genre, les revenus, l’éducation, l’emploi et l’âge, afin de permettre des politiques éclairées et innovantes, qui sont nécessaires pour mieux comprendre et réglementer l’espace numérique si l’on veut obtenir des résultats plus équitables, ainsi qu’en faveur de la collecte et de l’analyse de données sur les groupes marginalisés afin de cerner la situation des personnes confrontées à des discriminations multiples;

n)

répéter que l’indépendance et l’autonomisation économiques des femmes sont primordiales pour parvenir à l’égalité entre les hommes et les femmes et garantir les droits des femmes; souligner l’importance de l’accès des femmes, dans toute leur diversité, aux nouvelles possibilités d’emploi dans le cadre de la transition numérique, afin de garantir que les emplois dans le domaine des STIM soient également bénéfiques et accessibles à tous; souligner la nécessité de soutenir l’entrepreneuriat féminin tout en s’attaquant aux normes et stéréotypes de genre qui poussent les femmes et les filles à se détourner de la technologie; souligner la nécessité de soutenir les femmes innovatrices dans le secteur du numérique, au sein de nombreux écosystèmes industriels, afin de bâtir une économie numérique inclusive; lutter contre les stéréotypes sexistes et promouvoir davantage de modèles féminins, qui ont une influence marquée sur les possibilités pour les filles et les femmes de faire carrière dans les STIM et d’autres rôles liés au numérique, et promouvoir l’augmentation du nombre de femmes occupant des postes à responsabilités dans le secteur numérique;

o)

souligner l’importance d’aborder la question de la représentation diversifiée des femmes sur les plateformes en ligne et les médias sociaux, grâce à une meilleure compréhension des technologies connexes, des compétences numériques et de l’accès aux moyens numériques; souligner l’importance de cette démarche pour aider les femmes à participer aux questions de paix et de sécurité;

p)

collaborer avec les Nations unies pour faire en sorte que le pacte numérique mondial, qui doit être adopté en 2024 et qui vise à définir des principes communs pour un avenir numérique ouvert, libre et sûr pour tous, tienne compte de la dimension de genre et des besoins spécifiques des femmes et des filles dans le cadre de la transformation numérique, sans laisser personne de côté;

q)

souligner que la cyberviolence à caractère sexiste s’inscrit souvent dans la continuité de la violence à caractère sexiste qui s’exerce hors ligne, et que les mesures politiques doivent prendre cette réalité en considération pour être efficaces; réaffirmer la nécessité de politiques et de mesures efficaces pour prévenir, combattre et criminaliser toutes les formes de violence à caractère sexiste, y compris en ligne; reconnaître l’importance de tenir compte du chevauchement entre la cyberviolence à caractère sexiste et la traite des êtres humains fondée sur l’exploitation sexuelle des femmes et des filles; soutenir les appels à mettre un terme à l’exploitation sexuelle en ligne, y compris la traite sexuelle et d’autres formes d’agression et d’abus à l’encontre des femmes et des enfants;

r)

promouvoir des campagnes de sensibilisation, des programmes de formation et d’éducation, y compris sur l’éducation, l’alphabétisation et les compétences numériques, qui devraient également cibler la jeune génération, afin de lutter contre la cyberviolence à caractère sexiste;

s)

renforcer les efforts internationaux visant à lutter contre l’impunité des auteurs de cyberviolence à caractère sexiste; souligner la nécessité de rechercher des solutions juridiques et sociologiques pour tous les cas de violence à caractère sexiste en ligne facilitée par la technologie, en tenant compte de questions telles que la distribution et la manipulation non consensuelles d’images et d’informations intimes, l’utilisation de technologies d’amplification et de contrefaçon pour générer des images préjudiciables, les discours haineux en ligne, les différentes formes de cyberharcèlement, le piratage, le vol d’identité et le partage de contenus sans consentement; promouvoir l’accès aux TIC et leur utilisation en tant qu’outils de lutte contre la discrimination et la violence à caractère sexiste, ainsi que pour parvenir à un équilibre approprié entre vie professionnelle et vie privée;

t)

souligner la nécessité de protéger la démocratie et les droits de l’homme dans l’espace numérique, tels que la liberté d’expression, le droit au respect de la vie privée et la protection des données; souligner les dangers auxquels les femmes défenseuses des droits de l’homme, les femmes politiques, les journalistes et les autres femmes ainsi que les militantes LGBTIQ+ sont exposées en ligne, étant donné que la cyberviolence et le harcèlement sont souvent instrumentalisés pour réduire au silence la voix des femmes; promouvoir les efforts visant à les protéger;

u)

plaider en faveur d’une réglementation plus stricte des plateformes en ligne, en accordant une attention particulière à la protection des droits des femmes et à l’élimination de la violence à caractère sexiste en ligne;

v)

souligner la nécessité de protéger et de promouvoir les droits des groupes victimes de formes multiples et intersectionnelles de discrimination, notamment les femmes handicapées, les femmes racisées, dont les femmes noires et les femmes de couleur, les femmes migrantes et issues de minorités ethniques, les femmes âgées, les femmes ayant un faible niveau d’instruction, les femmes ayant des problèmes de santé, les mères célibataires et les femmes LGBTIQ+ dans les zones rurales et dépeuplées; œuvrer à la promotion du concept de lutte contre la discrimination multiple et intégrer l’analyse intersectionnelle dans tous les organes des Nations unies ainsi que dans l’Union et ses États membres;

w)

veiller à ce que toute politique liée à la transition numérique tienne compte des besoins sexospécifiques et n’ait pas d’incidence négative sur les femmes, les filles et les personnes présentant des identités de genre différentes;

2.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au vice-président de la Commission / haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et au représentant spécial de l’Union européenne pour les droits de l’homme.

(1) JO C 390 du 18.11.2019, p. 28.

(2) JO C 456 du 10.11.2021, p. 232.

(3) JO C 67 du 8.2.2022, p. 137.

(4) JO C 251 du 30.6.2022, p. 2.

(5) JO C 465 du 6.12.2022, p. 54.

(6) https://www.unwomen.org/sites/default/files/Headquarters/Attachments/Sections/Library/Publications/2020/The-digital-revolution-Implications-for-gender-equality-and-womens-rights-25-years-after-Beijing-en.pdf

(7) https://www.unwomen.org/sites/default/files/2022-10/CSW67%20EGM%20Draft%20Concept%20Note.pdf

(8) https://www.itu.int/women-and-girls/women-in-ict/

(9) Briefing de l’EPRS, «Beijing Platform for Action: 25-year review and future priorities», 27 février 2020, consultable à l’adresse suivante: https://www.europarl.europa.eu/thinktank/en/document.html?reference=EPRS_BRI(2020)646194

(10) UNESCO-IESALC et Times Higher Education, «Gender Equality: How global universities are performing», 2022.

(11) UNICEF et Union internationale des télécommunications, «Towards an equal future: Reimagining girls’ education through STEM», UNICEF, New York, octobre 2020.

(12) https://www.womenintech.co.uk/women-technology-survey-2019

(13) https://eige.europa.eu/publications/cyber-violence-against-women-and-girls

(14) https://plan-international.org/news/2020/10/05/abuse-and-harassment-driving-girls-off-facebook-instagram-and-twitter/


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