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CELEX52023IP0078
TypeInitiative législative
Datemercredi 15 mars 2023

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2023/401

23.11.2023

P9_TA(2023)0078

Semestre européen pour la coordination des politiques économiques 2023

Résolution du Parlement européen du 15 mars 2023 sur le Semestre européen pour la coordination des politiques économiques 2023 (2022/2150(INI))

(C/2023/401)

Le Parlement européen,

—

vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE), et notamment son article 121, paragraphe 2, et son article 136,

—

vu le protocole no 1 du traité sur l’Union européenne (traité UE) et du traité FUE sur le rôle des parlements nationaux dans l’Union européenne,

—

vu le protocole no 2 du traité UE et du traité FUE sur l’application des principes de subsidiarité et de proportionnalité,

—

vu le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire,

—

vu l’accord de Paris adopté dans le contexte de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et des objectifs de développement durable,

—

vu la directive 2011/85/UE du Conseil du 8 novembre 2011 sur les exigences applicables aux cadres budgétaires des États membres (1),

—

vu le règlement (UE) no 1177/2011 du Conseil du 8 novembre 2011 modifiant le règlement (CE) no 1467/97 visant à accélérer et à clarifier la mise en œuvre de la procédure concernant les déficits excessifs (2),

—

vu le règlement (UE) no 1173/2011 du Parlement européen et du Conseil du 16 novembre 2011 sur la mise en œuvre efficace de la surveillance budgétaire dans la zone euro (3),

—

vu le règlement (UE) no 1174/2011 du Parlement européen et du Conseil du 16 novembre 2011 établissant des mesures d’exécution en vue de remédier aux déséquilibres macroéconomiques excessifs dans la zone euro (4),

—

vu le règlement (UE) no 1175/2011 du Parlement européen et du Conseil du 16 novembre 2011 modifiant le règlement (CE) no 1466/97 du Conseil relatif au renforcement de la surveillance des positions budgétaires ainsi que de la surveillance et de la coordination des politiques économiques (5),

—

vu le règlement (UE) no 1176/2011 du Parlement européen et du Conseil du 16 novembre 2011 sur la prévention et la correction des déséquilibres macroéconomiques (6),

—

vu le règlement (UE) no 472/2013 du Parlement européen et du Conseil du 21 mai 2013 relatif au renforcement de la surveillance économique et budgétaire des États membres de la zone euro connaissant ou risquant de connaître de sérieuses difficultés du point de vue de leur stabilité financière (7),

—

vu le règlement (UE) no 473/2013 du Parlement européen et du Conseil du 21 mai 2013 établissant des dispositions communes pour le suivi et l’évaluation des projets de plans budgétaires et pour la correction des déficits excessifs dans les États membres de la zone euro (8),

—

vu le règlement (UE, Euratom) 2020/2092 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2020 relatif à un régime général de conditionnalité pour la protection du budget de l’Union (9) («règlement sur la conditionnalité liée à l’état de droit»),

—

vu le règlement (UE) 2021/241 du Parlement européen et du Conseil du 12 février 2021 établissant la facilité pour la reprise et la résilience (10) (règlement FRR),

—

vu la communication de la Commission du 27 mai 2020 intitulée «L’heure de l’Europe: réparer les dommages et préparer l’avenir pour la prochaine génération» (COM(2020)0456),

—

vu la communication de la Commission du 2 juin 2021 intitulée «Coordination des politiques économiques en 2021: surmonter la COVID-19, soutenir la reprise et moderniser notre économie» (COM(2021)0500),

—

vu la communication de la Commission du 4 mars 2021 intitulée «Plan d’action sur le socle européen des droits sociaux» (COM(2021)0102),

—

vu l’engagement social de Porto cosigné le 7 mai 2021 par le Conseil, la Commission, le Parlement et les partenaires sociaux,

—

vu l’évaluation du comité budgétaire européen du 16 juin 2021 concernant l’orientation budgétaire appropriée pour la zone euro en 2022,

—

vu sa résolution du 10 juin 2021 sur le point de vue du Parlement concernant l’évaluation en cours, par la Commission et le Conseil, des plans nationaux pour la reprise et la résilience (11),

—

vu sa résolution du 13 novembre 2020 sur le plan d’investissement pour une Europe durable — comment financer le pacte vert (12),

—

vu le rapport annuel du comité budgétaire européen du 26 octobre 2022,

—

vu sa résolution du 8 juillet 2021 sur l’examen du cadre législatif macroéconomique pour une incidence renforcée sur l’économie réelle européenne et une plus grande transparence de la prise de décisions et de la responsabilité démocratique (13),

—

vu la communication de la Commission du 9 novembre 2022 sur les orientations pour une réforme du cadre de gouvernance économique de l’UE (COM(2022)0583),

—

vu la communication de la Commission du 22 novembre 2022 intitulée «Examen annuel 2023 de la croissance durable»(COM(2022)0780),

—

vu le rapport de la Commission du 22 novembre 2022 intitulé «Rapport 2023 sur le mécanisme d’alerte» (COM(2022)0781) et la recommandation de la Commission du 22 novembre 2022 de recommandation du Conseil concernant la politique économique de la zone euro (COM(2022)0782),

—

vu la proposition de rapport conjoint sur l’emploi de la Commission et du Conseil du 22 novembre 2022 (COM(2022)0783),

—

vu les prévisions économiques de l’automne 2022 de la Commission, publiées le 11 novembre 2022,

—

vu l’article 54 de son règlement intérieur,

—

vu l’avis de la commission des budgets,

—

vu les lettres de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire et de la commission du développement régional,

—

vu le rapport de la commission des affaires économiques et monétaires (A9-0044/2023),

A.

considérant que le Semestre européen joue un rôle important dans la coordination des politiques économiques et budgétaires des États membres et préserve ainsi la stabilité macroéconomique de l’Union économique et monétaire; que ce processus ne devrait ignorer ni les objectifs du socle européen des droits sociaux et du pacte vert pour l’Europe ni d’autres questions liées au secteur financier et à la fiscalité; que l’intégration de ces questions ne devrait pas le détourner de son orientation essentiellement économique et budgétaire;

B.

considérant que, d’après les prévisions économiques d’hiver de la Commission, le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) de 2022 devrait être de 3,5 % pour l’EU-27 et la zone euro, mais devrait redescendre à 0,9 % pour la zone euro et 0,8 % pour l’EU-27 en 2023; que certains États membres ne seront pas en mesure de retrouver leur PIB d’avant la pandémie avant 2024, alors que celui de la zone euro dans son ensemble le dépasse déjà de deux points de pourcentage; que l’évaluation, par la Commission, des projets de plans budgétaires des États membres de la zone euro indique que certains États membres suivent une orientation budgétaire expansionniste; que la recommandation de la Commission concernant la politique économique de la zone euro dans son ensemble porte sur une orientation budgétaire neutre pour 2023;

C.

considérant que, d’après les prévisions d’hiver de la Commission, l’inflation dans la zone euro devrait culminer à 8,4 % en 2022, puis diminuer progressivement pour atteindre 5,6 % en 2023 et 2,5 % en 2024; que, toutefois, selon les estimations apportées par les projections de la Banque centrale européenne (BCE), l’inflation, hors énergie et denrées alimentaires, devrait passer de 3,9 % en 2022 à 4,2 % en 2023; qu’on estime pour le moment que la croissance des salaires n’atténuera qu’en partie les pertes de revenu réel, sans créer de boucle de rétroaction continue entre les salaires et l’inflation; que le niveau d’inflation varie d’un État membre à l’autre et d’un groupe de revenus à l’autre, les groupes à faibles revenus étant proportionnellement plus touchés, d’autant plus que l’inflation est principalement due à l’évolution des prix des biens essentiels pour lesquels il n’existe pas de substitut;

D.

considérant que, d’après les prévisions d’automne de la Commission, le déficit public devrait augmenter en 2023 jusqu’à atteindre 3,6 % du PIB (3,7 % dans la zone euro) et décroître en 2024 pour atteindre 3,2 % du PIB (3,3 % dans la zone euro);

E.

considérant que, d’après les prévisions d’automne de la Commission, le ratio dette publique/PIB, qui avait atteint en 2020 le niveau historiquement élevé de 91,5 % à l’échelle de l’Union (99 % dans la zone euro), devrait tomber à 86 % dans l’Union à la fin de 2022 (94 % dans la zone euro); que le ratio dette publique/PIB devrait diminuer légèrement dans l’Union et être d’environ 85 % en 2023 et 84 % en 2024 (92 % et 91 % dans la zone euro); que les ratios dette publique/PIB élevés, nettement supérieurs à la valeur de référence de 60 %, conjugués à la hausse des taux d’intérêt dans une situation macroéconomique très incertaine, peuvent compromettre la soutenabilité de la dette à long terme et constituer un frein à la reprise;

F.

considérant que la transition vers une économie neutre pour le climat et la transition numérique ne peuvent aboutir qu’au niveau européen, et qu’il est de la plus haute importance pour la viabilité future de l’Union de stabiliser à un plus haut niveau, à long terme, les investissements générateurs de croissance ciblés; qu’il est donc nécessaire de fournir une réponse opportune à la problématique de la garantie d’un niveau plus élevé d’investissement public et privé, même après l’expiration attendue de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) en 2026;

G.

considérant que la croissance de la productivité de l’Union reste faible; que le renforcement de la productivité et de la compétitivité mondiale de l’Union nécessite des réformes structurelles, socialement équilibrées, propices à la croissance et durables, ainsi qu’un niveau d’investissement substantiel, en particulier des investissements stratégiques;

H.

considérant que les prévisions économiques et les prévisions d’inflation sont réalisées dans des conditions d’incertitude accrue; que cette incertitude oblige l’Union et les États membres à rester vigilants et à prendre rapidement les mesures qui s’imposent si les risques se concrétisent;

I.

considérant que les différences concernant les prévisions nationales en matière de croissance du PIB, d’inflation, de chômage, de solde des administrations publiques, de dette publique brute et de balance des opérations courantes démontrent la nécessité d’adopter des approches flexibles et personnalisables; qu’un cadre clair et univoque est nécessaire à la bonne mise en œuvre de la nouvelle gouvernance économique par les États membres;

Perspectives économiques pour l’Union européenne

1.

s’inquiète du fait que l’Union est l’une des économies avancées les plus exposées aux risques à la baisse, compte tenu de sa proximité géographique avec l’Ukraine et de sa forte dépendance aux importations d’énergie, en particulier de gaz venant de Russie; souligne que les prix élevés de l’énergie et l’inflation entraînent une érosion du pouvoir d’achat des ménages et de la compétitivité des entreprises, en particulier des petites et moyennes entreprises (PME); prend note des initiatives de la Commission et du Conseil pour lutter contre ce problème; rappelle qu’un taux d’inflation proche du niveau cible de la BCE est essentiel à une croissance économique durable à long terme; souligne qu’une réduction de la demande globale pourrait, combinée à des conditions de financement moins favorables, provoquer une forte baisse des investissements et, par conséquent, de la croissance économique; s’inquiète du fait que l’investissement dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique pourraient également en pâtir, alors qu’il s’agit précisément des investissements nécessaires pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles importés et limiter l’inflation induite par les prix de l’énergie;

2.

comprend que les niveaux du ratio dette publique/PIB ont augmenté ces dernières années, en partie en raison des circonstances exceptionnelles; souligne que, dans de nombreux États membres, le ratio dette publique/PIB atteint un niveau historiquement élevé, ce qui, combiné à la hausse des taux d’intérêt, entraîne une forte hausse du coût du service de la dette; reconnaît la nécessité de disposer de recettes publiques adéquates et prévisibles pour assurer la viabilité des finances publiques alors que les besoins d’investissement sont pressants et les chocs économiques fréquents; met en évidence les différentes observations faites par la Commission dans le cadre du Semestre européen sur le bouquet fiscal; souligne que, dans les circonstances actuelles, les États membres peuvent également envisager d’augmenter les recettes provenant des bénéfices exceptionnels, en particulier des entreprises énergétiques, qui profitent de manière excessive de la crise énergétique; réaffirme qu’une croissance économique solide, des politiques budgétaires saines et un équilibre sain entre les recettes et les dépenses publiques sont nécessaires pour réduire la dette héritée du passé, rendre la dette viable à long terme et créer la marge de manœuvre budgétaire nécessaire pour relever les défis futurs;

3.

partage le constat de la Commission selon lequel la détérioration des conditions économiques a aggravé les vulnérabilités et les risques liés aux déséquilibres préexistants, et que de nouveaux déséquilibres pourraient apparaître; constate que le comité européen du risque systémique a émis un avertissement appelant à une prise de conscience accrue en ce qui concerne les risques pour la stabilité financière résultant d’une forte baisse des prix des actifs; s’inquiète du fait que la hausse des taux hypothécaires et la détérioration de la capacité à assurer le service de la dette due à la baisse du revenu réel des ménages puissent aggraver les difficultés pour les familles et les marchés financiers;

4.

souligne que l’objectif premier de la BCE est de maintenir la stabilité des prix, alors que l’objectif de l’Union dans son ensemble devrait être de réduire autant que possible les conséquences des turbulences actuelles sur l’économie réelle, en protégeant ainsi le bien-être de ses citoyens, notamment des plus vulnérables d’entre eux, et en préservant sa structure de production et la compétitivité de ses entreprises au niveau international, ainsi qu’en garantissant des conditions de travail décentes, conformément à l’article 3 du traité UE; rappelle, à cet égard, qu’il est important que des politiques et des réformes budgétaires, structurelles et réglementaires adéquates et coordonnées complètent les mesures de politique monétaire de la BCE pour ramener l’inflation à son niveau cible et soient également à même de soutenir les revenus des ménages et d’apporter un soutien temporaire ciblé aux entreprises et aux PME qui pâtissent des goulets d’étranglement dans l’approvisionnement et des coûts élevés de l’énergie; fait remarquer que de nouvelles augmentations des taux directeurs de la BCE ou un resserrement quantitatif exercent une pression considérable sur les États membres fortement endettés et pourraient contracter encore davantage l’activité économique;

5.

souscrit à la conclusion de la Commission selon laquelle il ne serait pas approprié en 2023 de donner à l’économie une impulsion budgétaire de grande ampleur; se félicite de la demande de la Commission aux États membres de proposer des mesures ciblées visant à compenser l’impact des prix élevés de l’énergie sur les ménages et les entreprises vulnérables; concorde avec la Commission lorsqu’elle souligne que ces mesures devraient maintenir les incitations aux économies d’énergie; prend acte avec inquiétude de l’analyse réalisée par la Commission, selon laquelle 70 % des mesures introduites à ce jour par les États membres dans le but d’atténuer les conséquences économiques et sociales de la hausse exceptionnelle des prix de l’énergie ne visaient pas les ménages et les entreprises vulnérables et deux tiers d’entre elles ne visaient pas la réduction de la demande d’énergie; rappelle que les États membres disposent de marges de manœuvre budgétaires très divergentes lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre des mesures visant à lutter contre la crise énergétique; observe que cette situation comporte le risque d’accentuer les divergences entre les États membres à mesure que la crise de l’énergie perdure;

6.

se rallie à la recommandation de la Commission selon laquelle les politiques budgétaires devraient avoir pour objectif de parvenir à des positions budgétaires prudentes à moyen terme et d’assurer la viabilité des finances publiques par un assainissement progressif ainsi que des investissements et réformes favorisant la croissance durable;

7.

souligne le rôle de l’instrument européen de soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence (SURE), qui constitue un élément crucial pour protéger les citoyens et limiter les répercussions économiques et sociales de la pandémie de COVID-19; précise que cet instrument a permis de stabiliser la situation macroéconomique de l’Union en soutenant les politiques budgétaires anticycliques nationales; invite la Commission à encourager tous les États membres à renforcer leurs régimes nationaux d’allocations de chômage; invite la Commission à s’appuyer sur l’expérience de l’instrument SURE, qui repose sur des prêts, pour les situations de crise dans lesquelles les régimes nationaux ne disposent temporairement pas de ressources suffisantes, une situation qui limiterait la stabilisation macroéconomique potentielle; demande à la Commission de tenir compte des observations formulées par la Cour des comptes européenne en ce qui concerne la mise en œuvre et la transparence de l’instrument SURE;

8.

estime qu’une plus grande autosuffisance énergétique européenne, la diversification des sources d’énergie et l’amélioration des connexions énergétiques intraeuropéennes renforceraient l’économie de l’Union et permettraient d’atteindre les objectifs du pacte vert pour l’Europe;

Le Semestre européen et la facilité pour la reprise et la résilience (FRR)

9.

observe l’incidence considérable de l’instrument NextGenerationEU, telle qu’estimée par la Commission, la BCE et le Fonds monétaire international, avec notamment une augmentation de la croissance du PIB pouvant aller jusqu’à 1,5 % de plus qu’en l’absence d’investissements au titre dudit instrument, sous réserve d’une mise en œuvre efficace; souligne que la majorité des réformes et des investissements, qui sont essentiels pour augmenter les niveaux de production potentielle à long terme des États membres, doivent encore être menés à bien; partage le constat de la Commission selon lequel le renforcement de la compétitivité de l’Union et de son potentiel de croissance durable à long terme reste essentiel pour la prospérité économique et le bien-être social;

10.

constate que de nombreux États membres sont confrontés à des problèmes structurels et à un manque d’investissement, lesquels nuisent à leur potentiel de croissance; souligne que résoudre ces deux éléments de manière équilibrée est essentiel à une reprise durable et à une croissance continue, et est indispensable, non seulement pour améliorer la capacité de l’Union à résister et à faire face aux difficultés existantes, mais aussi pour réaliser la double transition de manière durable et juste;

11.

rappelle que le Semestre européen pour la coordination des politiques économiques est le cadre établi pour la coordination des politiques budgétaires, économiques, sociales et de l’emploi dans l’ensemble de l’Union, afin de préserver la stabilité macroéconomique et la cohésion sociale de celle-ci; rappelle que la Commission a souligné que le Semestre européen a pour objectif de déterminer les options stratégiques pertinentes, de clarifier les priorités politiques, de fournir des orientations stratégiques et d’assurer la surveillance et le suivi des politiques;

12.

estime que les futures réformes du Semestre européen devraient tendre à un processus plus transparent et démocratique en ce qui concerne la définition des objectifs stratégiques et la conduite de la coordination des politiques, ainsi que la participation du Parlement au suivi et au contrôle;

13.

se félicite du lien étroit entre le Semestre européen et la mise en œuvre de la FRR, en vertu duquel les plans nationaux pour la reprise et la résilience (PNRR) doivent être compatibles avec les défis et priorités par pays définis dans le cadre du Semestre européen, ainsi qu’avec ceux définis dans les recommandations les plus récentes du Conseil concernant la politique économique de la zone euro pour les États membres dont la monnaie est l’euro; insiste sur le rôle clé que jouent les PNRR dans la détermination des programmes de réforme et d’investissement des États membres; demande un réel suivi de la mise en œuvre des recommandations spécifiques à chaque pays; constate que, au-delà du champ d’application de la FRR, les recommandations qui ne sont pas prises en compte continueront de faire l’objet d’un suivi dans le cadre du Semestre européen;

14.

rappelle que, depuis 2019, six États membres ont reçu des recommandations par pays visant à corriger les caractéristiques du système fiscal susceptibles de faciliter la planification fiscale agressive; remarque que ces États membres se sont engagés, dans leurs PNRR, à réformer leurs politiques fiscales afin de lutter contre la planification fiscale agressive; se félicite du fait que certains ont déjà mis en œuvre certains de ces changements; regrette cependant les retards dans la mise en œuvre dans d’autres pays; rappelle que, dans les recommandations de la Commission pour 2022, seuls deux États membres ont reçu une recommandation par pays concernant la planification fiscale agressive, alors que certains n’ont encore réalisé aucun changement mais n’ont néanmoins pas reçu de recommandation;

15.

souligne le rôle essentiel que la FRR joue en contribuant à doter l’Union des outils nécessaires pour relever avec succès les défis mondiaux nés de la transition écologique et de la transformation numérique de l’économie; rappelle que la FRR ne remplace pas le rôle spécifique des investissements nationaux publics et privés dans la réalisation des objectifs stratégiques de l’Union à cet égard;

Communication sur les orientations pour une réforme du cadre de gouvernance économique de l’UE

16.

note que la marge de manœuvre créée par l’activation de la clause dérogatoire générale contribue à renforcer la compétitivité des États membres ainsi que leur résilience économique et sociale dans les circonstances actuelles; souscrit à l’analyse du comité budgétaire européen selon laquelle la suspension prolongée du pacte de stabilité et de croissance crée un vide préjudiciable et donne lieu à la nécessité de réviser urgemment le cadre budgétaire de l’Union, de préférence avant la désactivation de la clause dérogatoire générale;

17.

salue la publication de la communication de la Commission sur les orientations pour une réforme du cadre de gouvernance économique de l’UE; constate avec préoccupation le retard de celle-ci; insiste sur la nécessité d’adopter et de mettre en œuvre des propositions législatives avant la fin de la législature actuelle; souligne que l’efficacité de tout cadre dépend aussi de sa bonne application;

18.

souscrit aux orientations de la Commission en ce qui concerne la simplification du cadre, les différences dans les trajectoires de réduction de la dette en fonction des États membres et le recours à une analyse globale de la soutenabilité de la dette; salue l’intention de la Commission de renforcer l’appropriation nationale des trajectoires budgétaires, sur la base d’un cadre de surveillance de l’Union transparent et fondé sur le risque, et de poursuivre ainsi sur la voie d’une flexibilité et d’une responsabilité accrues; rappelle qu’une plus grande flexibilité pour les États membres va de pair avec une plus grande responsabilité, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre effective et en temps utile des investissements et des réformes convenus; observe toutefois que certains outils suggérés par la Commission pourraient opacifier davantage le processus de gouvernance économique;

19.

souligne que le cadre réglementaire révisé devrait permettre aux États membres de disposer d’une marge de manœuvre suffisante pour prendre des mesures décisives de résolution de crise lorsqu’elles sont nécessaires; est d’avis que la mise en œuvre de ces mesures ne devrait pas nécessiter la suspension des dispositions réglementaires au moyen de clauses dérogatoires; fait remarquer qu’à l’avenir, l’activation des clauses dérogatoires devrait rester une mesure de dernier recours en cas de circonstances imprévues;

20.

se félicite du choix des dépenses primaires nettes financées au niveau national comme indicateur opérationnel unique; fait remarquer que cet indicateur, étant intrinsèquement lié à la soutenabilité de la dette, pourrait permettre d’accroître la transparence du cadre et de faciliter sa gestion; demande que la disposition relative à la comptabilisation des dépenses d’investissement dans le calcul des dépenses des États membres, comme indiqué dans la communication de la Commission sur l’utilisation de la flexibilité offerte par les règles existantes du pacte de stabilité et de croissance du 13 janvier 2015 (14), soient également appliquées au calcul des dépenses nettes dans le cadre révisé envisagé pour la gouvernance économique de l’Union; est d’avis que, en parallèle des types de dépenses spécifiés par la Commission dans sa communication du 9 novembre 2022 (15) et qui fournissent déjà un certain degré d’ajustement structurel de l’indicateur, les investissements en faveur de la résolution des déséquilibres macroéconomiques réalisés dans le cadre de la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques (PDM) devraient être exclus de l’indicateur de dépenses nettes;

21.

relève que la communication de la Commission place les analyses de soutenabilité de la dette (ASD) au centre des règles budgétaires et propose de les utiliser pour établir les plans pluriannuels budgétaires et structurels; souligne que les ASD nécessitent encore d’estimer des variables non observables, ce qui nuit à la transparence et entrave l’appropriation et la prévisibilité, et laisse donc place à un certain degré d’appréciation;

22.

observe qu’en raison de points de départ divergents et dans l’objectif de stimuler les investissements et les réformes, la Commission propose de permettre aux États membres de suivre des trajectoires de réduction de la dette différentes, pour autant que celles-ci renforcent la croissance et contrent le phénomène de procyclicité, améliorent la soutenabilité de la dette et soient conformes aux objectifs de l’Union, en particulier ceux relatifs à la transition écologique et numérique, à la résilience sociale et à l’autonomie stratégique; insiste sur la nécessité de mettre en place des critères communs qui garantissent que, malgré une flexibilité accrue dans la réduction de la dette en fonction des pays, tous les États membres sont évalués selon les mêmes critères et bénéficient du même traitement, la flexibilité ne devant en aucun cas conduire à une application inégale du cadre global; souligne que les critères communs devraient inclure des critères pour la définition des trajectoires de réduction de la dette des États membres; souligne que la réduction de la dette devrait s’opérer de manière à favoriser la croissance et que les critères réglementaires sous-jacents devraient être définis en fonction de la croissance de la production et des dépenses des États membres;

23.

souligne que le Semestre européen tient compte du futur cadre de coordination des politiques économiques; précise que cette optique à moyen terme ne devrait pas avoir pour conséquence de repousser à des échéances trop lointaines les efforts d’assainissement budgétaire nécessaires;

24.

souligne que les nouvelles mesures visant à lutter contre l’évasion et la fraude fiscales dans l’Union et dans les enceintes internationales constituent un complément nécessaire à la réforme du cadre de gouvernance économique de l’Union;

25.

insiste sur le rôle que les budgets nationaux devront jouer dans le financement de la double transition ainsi que dans la préservation de l’autonomie stratégique; prend acte de la proposition de la Commission relative à la création d’un Fonds européen de souveraineté; rappelle sa position à l’égard de cet instrument, exprimée dans sa résolution du 16 février 2023 sur une stratégie industrielle de l’Union pour stimuler la compétitivité industrielle, les échanges commerciaux et la création d’emplois de qualité (16);

26.

note que, si la politique monétaire est conçue et élaborée comme un instrument unique, la politique budgétaire globale est le fruit de l’agrégation des politiques budgétaires nationales; souligne que, hormis la recommandation concernant la politique économique de la zone euro, la coordination des actions a jusqu’à présent été limitée, et qu’il n’a pas été facile de prendre en compte la situation et les défis de la zone euro; observe que, si l’agrégation des politiques budgétaires nationales aboutit à une orientation budgétaire de la zone euro adéquate et cohérente avec la politique monétaire, cela reste largement aléatoire; souligne que, si des finances publiques solides permettraient que les stabilisateurs automatiques nationaux aident les États membres à adopter une orientation budgétaire nationale appropriée, la communication de la Commission n’identifie aucun mécanisme approprié pour garantir que l’orientation budgétaire réelle de la zone euro soit conforme à celle recommandée; demande à la Commission de redoubler d’efforts afin de promouvoir une meilleure coordination fiscale;

27.

se félicite de l’intention de la Commission de renforcer l’efficacité et l’application de la PDM dans le cadre d’une révision plus large des règles budgétaires; note que la communication de la Commission reconnaît les incohérences potentielles entre l’application des règles budgétaires et les recommandations formulées dans le cadre de la PDM; constate que la communication du 9 novembre 2022 ne contient aucun instrument permettant de remédier à ces incohérences;

28.

se félicite du fait que la communication de la Commission du 9 novembre 2022 reconnaît la nécessité de renforcer les mécanismes d’application et sa propre mise en œuvre en s’appuyant sur un ensemble plus large de sanctions; invite la Commission à compléter cette boîte à outils par une approche incitative;

29.

prend acte de la déclaration de la Commission selon laquelle les institutions budgétaires indépendantes devraient jouer un rôle important dans le processus de gouvernance économique; invite la Commission à préciser davantage le rôle du comité budgétaire européen à cet égard;

30.

rappelle que l’accord «Mieux légiférer» réaffirme que le Parlement européen et le Conseil, en tant que colégislateurs, doivent exercer leurs pouvoirs sur un pied d’égalité et que la Commission doit dès lors les traiter de manière égale, dans le plein respect des compétences définies par les traités; rappelle qu’il est important que le cadre de gouvernance économique soit soumis à une responsabilité démocratique; souligne que le Parlement européen devrait donc participer pleinement à la réforme du cadre de gouvernance économique ainsi qu’à la conduite future de la gouvernance économique au sein de l’Union; met en exergue le rôle et la responsabilité des parlements nationaux dans le contrôle des actions collectives des gouvernements nationaux; demande le respect nécessaire des principes de subsidiarité et de proportionnalité;

o

o o

31.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission.

(1) JO L 306 du 23.11.2011, p. 41.

(2) JO L 306 du 23.11.2011, p. 33.

(3) JO L 306 du 23.11.2011, p. 1.

(4) JO L 306 du 23.11.2011, p. 8.

(5) JO L 306 du 23.11.2011, p. 12.

(6) JO L 306 du 23.11.2011, p. 25.

(7) JO L 140 du 27.5.2013, p. 1.

(8) JO L 140 du 27.5.2013, p. 11.

(9) JO L 433 I du 22.12.2020, p. 1.

(10) JO L 57 du 18.2.2021, p. 17.

(11) JO C 67 du 8.2.2022, p. 90.

(12) JO C 415 du 13.10.2021, p. 22.

(13) JO C 99 du 1.3.2022, p. 191.

(14) Communication de la Commission du 13 janvier 2015 intitulée «Utiliser au mieux la flexibilité offerte par les règles existantes du pacte de stabilité et de croissance» (COM(2015)0012).

(15) COM(2022)0583.

(16) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0053.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/401/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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