| CELEX | 52023IP0079 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 15 mars 2023 |
| Journal officiel | FR Séries C |
| C/2023/402 | 23.11.2023 |
P9_TA(2023)0079
Semestre européen pour la coordination des politiques économiques: priorités sociales et en matière d’emploi pour 2023
Résolution du Parlement européen du 15 mars 2023 sur le semestre européen pour la coordination des politiques économiques: priorités sociales et en matière d’emploi pour 2023 (2022/2151(INI))
(C/2023/402)
Le Parlement européen,
| — | vu l’article 3 du traité sur l’Union européenne, |
| — | vu les articles 9 et 149 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, |
| — | vu la communication de la Commission du 22 novembre 2022 sur l’examen annuel 2023 de la croissance durable (COM(2022)0780), |
| — | vu la proposition de rapport conjoint sur l’emploi de la Commission et du Conseil, présentée le 22 novembre 2022 par la Commission (COM(2022)0783), |
| — | vu la recommandation de la Commission du 22 novembre 2022 pour une recommandation du Conseil concernant la politique économique de la zone euro (COM(2022)0782), |
| — | vu le rapport de la Commission du 22 novembre 2022 intitulé «Rapport sur le mécanisme d’alerte 2023» (COM(2022)0781), |
| — | vu la communication de la Commission du 22 novembre 2022 sur les projets de plans budgétaires pour 2023: évaluation globale (COM(2022)0900), |
| — | vu le socle européen des droits sociaux proclamé par le Conseil, le Parlement et la Commission en novembre 2017, |
| — | vu la communication de la Commission du 9 novembre 2022 sur les orientations pour une réforme du cadre de gouvernance économique de l’UE (COM(2022)0583), |
| — | vu le rapport de l’Autorité européenne du travail sur les pénuries et les excédents de main-d’œuvre, publié en novembre 2021; |
| — | vu l’article 54 de son règlement intérieur, |
| — | vu le rapport de la Commission de l’emploi et des affaires sociales (A9-0051/2023), |
| A. | considérant que le rapport conjoint sur l’emploi pour 2023 met davantage l’accent sur la mise en œuvre des objectifs de développement durable des Nations unies (ODD), des objectifs du pacte vert pour l'Europe et du socle européen des droits sociaux, conformément aux engagements pris dans le plan d’action du socle européen de mars 2021 et à la déclaration de Porto présentée par les dirigeants de l’Union le 8 mai 2021; que sa mise en œuvre devrait renforcer les efforts engagés par l’Union dans le sens d’une transition écologique, numérique et juste, et contribuer à la convergence sociale et économique ascendante; que de nombreuses analyses du Semestre européen par la Commission constatent un faible niveau de suivi de ses recommandations, dû en partie à sa force exécutoire limitée, tout particulièrement en matière de politique sociale; |
| B. | considérant qu’une enquête d’Eurofound (1) indique que des difficultés liées au coût de la vie sont encore signalées dans tous les États membres de l’Union, et que 48 % des personnes interrogées ont des difficultés à joindre les deux bouts; considérant que la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine a provoqué une crise humanitaire, énergétique et économique au sein de l’Union et exacerbé les inégalités existantes; que les actions menées au titre du socle européen des droits sociaux contribueraient à créer des possibilités d’emploi de qualité et des systèmes de protection sociale équitables, qui s’avèrent essentiels pour améliorer la résilience à l’avenir; |
| C. | considérant que malgré la stabilité du taux de chômage de l’Union à 6 % annoncée en août 2022, les entreprises de l’Union peinent à trouver des employés possédant les compétences requises; que le problème le plus important pour un quart des petites et moyennes entreprises (PME) de l’Union, qui représentent 99 % de l’ensemble des entreprises de l’Union, est de trouver du personnel qualifié et des cadres expérimentés (2); |
| D. | considérant qu’une enquête Eurobaromètre a montré que les inégalités sociales sont la principale préoccupation des citoyens de l’Union et que ces inégalités ont été aggravées par les conséquences sociales et économiques de la pandémie de COVID-19 ainsi que par d’autres problèmes structurels; que de fortes inégalités de revenus peuvent avoir des effets néfastes sur la croissance économique et compromettre la cohésion sociale; que la hausse vertigineuse du coût de la vie et l’inflation galopante, alimentées par d’importantes augmentations des prix de l’énergie, des carburants, des denrées alimentaires et des biens de première nécessité dans toute l’Europe, créent une crise économique et sociale; que, même avant la pandémie de COVID-19, 78 % des citoyens de l’Union souhaitaient que leurs gouvernements nationaux prennent des mesures supplémentaires afin de réduire les inégalités de revenus (3); que la prochaine révision du cadre de gouvernance économique représente une occasion unique de soutenir l’investissement social; |
| E. | considérant que la pauvreté, y compris la pauvreté des travailleurs, reste un défi pour de nombreux États membres; que les travailleurs sous contrat temporaire sont exposés à un risque beaucoup plus important de pauvreté que les travailleurs sous contrat à durée indéterminée; que la pauvreté des travailleurs est passée de 8,5 % en 2010 à 9 % en 2019 dans l’Union, mais qu’elle est restée stable entre 2020 et 2021 grâce à l’intervention rapide des pouvoirs publics pendant la pandémie de COVID-19; que la pauvreté des travailleurs doit faire l’objet d’une surveillance étroite, notamment à la lumière de l’incidence négative récente de l’inflation sur les salaires réels; que les salaires réels sont toujours en dessous du niveau d’avant la crise de 2009 dans de nombreux États membres; que les travailleurs à faible revenu et les groupes vulnérables sont les plus durement touchés, mais que le niveau de vie de la classe moyenne se détériore rapidement lui aussi; |
| F. | considérant que, pour les personnes ayant un emploi, le risque de pauvreté ou d’exclusion sociale dans l’Union était de 11,1 % en 2021; que plus de 8 % des Européens continuent de consacrer plus de 40 % de leur revenu disponible à leur logement, et que peu de progrès ont été réalisés dans la réduction du nombre de personnes sans domicile dans les États membres; considérant que les systèmes de protection sociale sont mis à rude épreuve afin d’atténuer les effets sociaux de la crise et d’assurer à tous des conditions de vie décentes et l’accès aux services essentiels tels que la santé, l’éducation et le logement; considérant que, dans certains États membres, les services sociaux affichent encore des niveaux de développement et de répartition inégaux dans l’ensemble de l’Union, et qu’ils sont confrontés à un sous-financement et à un manque de normes de qualité; |
| G. | considérant que le changement climatique et la destruction de l’environnement ont exacerbé les inégalités existantes étant donné qu'ils touchent de manière disproportionnée les populations pauvres et les groupes les plus vulnérables; qu’un pacte vert axé sur des investissements permettant d’opérer la transition vers une économie décarbonée et neutre sur le plan climatique doit aller de pair avec des investissements dans les populations qui ne peuvent pas se permettre de suivre cette transition; qu’il est nécessaire de garantir un avenir durable pour tous; |
| H. | considérant que, selon le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le changement climatique, le réchauffement climatique et la perte de biodiversité s’accélèrent de manière exponentielle, comme en témoignent les récents événements météorologiques dramatiques et extrêmes dans le monde entier; que les citoyens européens ressentent de plus en plus les effets de la dégradation du climat et des phénomènes météorologiques extrêmes provoqués par le changement climatique; que les objectifs de décarbonation à l’horizon 2030 ont été revus à la hausse afin d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050; que les efforts accrus d’atténuation et d’adaptation entraînent une transformation profonde des économies et des marchés du travail européens et nationaux; |
| I. | considérant qu’une inflation élevée dans l’ensemble de l’Union, avec une hausse rapide des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, fait peser une charge sur les ménages et les PME, ce qui frappe plus durement les personnes les plus vulnérables, aux revenus les plus faibles; que la conjoncture sur le marché de l’énergie et la hausse rapide des prix aggravent une précarité énergétique qui était déjà le lot de plus de 50 millions de personnes dans l’Union européenne avant la pandémie, en 2019; que la Banque centrale européenne (BCE) prévoit que l’inflation restera élevée en 2023 (supérieure à son objectif de 2 %) et envisage de continuer à augmenter les taux d’intérêt au cours des prochains mois; que la crise du coût de la vie et les distorsions sur le marché du logement, comme une financiarisation accrue, ont des conséquences négatives sur le caractère abordable du logement, notamment le risque d’accroître encore le sans-abrisme; |
| J. | considérant que l’Union a besoin d’une stratégie industrielle à même de renforcer l’efficacité sociale de sa base industrielle, et de la rendre plus résiliente et durable sur le plan environnemental; qu’une transition socialement juste et l’avenir de l’industrie exigent des investissements publics massifs; qu’une telle stratégie revêt une importance décisive en vue d’atteindre nos objectifs climatiques au titre, notamment, de l’accord de Paris; que la stratégie industrielle de l’Union doit s’accompagner d’une stratégie de l’emploi; qu’afin de veiller à ce que tout modèle de production équitable et durable fonctionne de manière démocratique, son développement devrait être axé sur les travailleurs et syndicats ainsi que sur leurs intérêts et expertise; |
| K. | considérant que, si elle est bien réglementée, la nouvelle économie numérique, y compris l’intelligence artificielle (IA), est susceptible de bénéficier à l’ensemble de la société tant en améliorant la qualité de vie et les conditions de travail qu’en préservant l’emploi et en créant de nouvelles possibilités d’emploi de qualité, ainsi qu’en favorisant la prospérité et en facilitant la transition vers une économie plus durable, solide et résiliente; |
| L. | considérant que, selon Eurofound, 20 % des emplois en Europe étaient de «mauvaise qualité» en 2017 et faisaient peser sur la santé physique ou mentale des travailleurs un risque accru; que, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’incertitude financière et l’insécurité de l’emploi sont des facteurs de risque associés à une mauvaise santé mentale; que l’investissement dans des emplois durables de qualité est essentiel pour lutter contre la mauvaise santé mentale des travailleurs; |
| M. | considérant que la pandémie a révélé la nécessité d’une plus grande vigilance et d’une hausse des investissements dans tous les États membres de sorte que ceux-ci soient correctement préparés pour faire face aux futures crises sanitaires et soient également en mesure de préserver la qualité des soins prodigués pour toutes les autres maladies et affections; qu’une attention particulière doit être accordée aux besoins des groupes vulnérables; |
| N. | considérant que l’égalité entre les femmes et les hommes et l’intégration de la dimension de genre devraient être au cœur de la stratégie annuelle 2023 pour une croissance durable; |
| O. | considérant que la main-d’œuvre qualifiée, l’éducation, la formation et l’apprentissage tout au long de la vie sont d’une importance capitale pour assurer une transition durable et juste de l’économie européenne; que les programmes de perfectionnement, de réorientation et de formation doivent être proposés à tous les travailleurs, y compris aux travailleurs handicapés, gratuitement, et qu’il convient de les adapter aux besoins et aux capacités des travailleurs; |
| P. | considérant que les travailleurs ont le droit de s’attendre à un niveau élevé de protection de leur santé et de leur sécurité, associé à un lieu de travail et un environnement professionnel accessibles, qui respectent les dispositions du socle européen des droits sociaux et les normes de sécurité et de santé au travail, et contribuent à leur mise en œuvre; |
| 1. | souligne que l’action politique rapide et coordonnée de l’Union pendant la pandémie de COVID-19 a atténué les chocs économiques et protégé la population contre les conséquences les plus néfastes de la crise; estime que, bien que les retombées de la guerre d’agression menée en Ukraine par la Russie posent de nombreux nouveaux défis économiques, sociaux et géopolitiques à l’économie et à la société de l’Union, d’autres questions sociales persistantes telles que la pauvreté, l’exclusion sociale, les urgences en matière de climat et de biodiversité, ou encore les inégalités sur le plan social qui existent déjà de longue date continuent de croître et doivent aussi être combattues; |
| 2. | souscrit à l’ambition de la Commission et des États membres d’accroître la coordination de la réaction stratégique de l’Union afin d’atténuer à court terme la charge que font peser les prix élevés de l’énergie et des denrées alimentaires, l’inflation, les perturbations de la chaîne d’approvisionnement, y compris les pénuries de médicaments, l’augmentation des niveaux d’endettement et la hausse du coût de l’emprunt, y compris les hypothèques, sur les ménages et les entreprises européens, en particulier les PME et les entrepreneurs; insiste sur le fait que l’Union européenne a besoin d’un modèle énergétique qui garantisse un accès universel aux sources d’énergie décarbonées et mette un terme à la précarité énergétique; souligne que les investissements sociaux sont essentiels pour permettre un développement durable à moyen et à long terme et que les systèmes nationaux de protection sociale ont une fonction de stabilisation primordiale; souligne la nécessité de créer un fonds européen pour la souveraineté afin de garantir, entre autres, que tous les États membres disposent d’une certaine souplesse pour relever les défis sociaux, climatiques et environnementaux; |
| 3. | souligne que certains des objectifs d’une croissance économique durable doit être d’assurer une transformation socioécologique inclusive de nos économies, de prévenir les déséquilibres sociaux, économiques et environnementaux en luttant contre la pauvreté, en réduisant les inégalités et en créant des emplois décents, assortis de conditions de travail et de salaires adéquats, tout en assurant la conformité avec les ODD et le socle européen des droits sociaux; |
| 4. | est préoccupé par le fait que 21,7 % de la population de l’Union est menacée de pauvreté ou d’exclusion sociale, les femmes et les jeunes adultes étant plus susceptibles d’être touchés par cette menace; constate que l’objectif ambitieux de réduire la pauvreté de 15 millions de personnes ne sera pas atteint sans tenir compte des plus vulnérables; demande à la Commission européenne et aux États membres de prendre des mesures ciblées pour soutenir les chômeurs de longue durée et les personnes sans abri, ainsi que les personnes confrontées à de multiples obstacles et formes de discrimination; souligne que des revenus minimaux adéquats sont nécessaires pour sortir les personnes de la pauvreté; souligne que le sans-abrisme est l’une des formes les plus extrêmes d’exclusion sociale et que la plateforme européenne sur la lutte contre le sans-abrisme est un outil essentiel dont l’objectif final est de mettre fin au sans-abrisme d’ici à 2030; invite la Commission et les États membres à adopter des stratégies nationales ambitieuses, dotées d’un financement national et européen adéquat, fondées sur le principe du «logement d’abord», qui promeut la prévention du sans-abrisme et l’accès à un logement adéquat, sûr et abordable pour tous; observe que la crise du coût de la vie rend d’autant plus importante la mise en œuvre au niveau national de la garantie pour l’enfance, de la garantie renforcée pour la jeunesse et de la stratégie européenne en faveur des droits des personnes handicapées; demande à la Commission d’être plus active dans la lutte contre la pauvreté, en particulier celle des enfants et celle des travailleurs; invite la Commission à s’efforcer d’assurer un suivi détaillé de la mise en œuvre de la garantie pour l’enfance dans tous les États membres; |
| 5. | souligne que les services publics de qualité et dûment financés, y compris les services sociaux, contribuent aux valeurs fondamentales de la démocratie, telles que le respect des droits fondamentaux et humains et jouent un rôle crucial dans la capacité à surmonter les crises; met en garde contre le fait que les personnes vulnérables qui n’ont pas accès ou n’ont qu’un accès limité à des services sociaux ciblés pâtissent également d’un effet négatif sur leur accès à d’autres services publics importants, tels que les soins de santé ou la formation; demande à la Commission d’envisager l’éventualité d’une révision du cadre de qualité pour des services d’intérêt économique général afin de soutenir les efforts des États membres en vue d’améliorer l’accès à des services essentiels de bonne qualité, en particulier le logement, l’énergie, les transports, l’eau, l’assainissement, les services financiers et les communications numériques; invite la Commission européenne à mieux intégrer les considérations sociales dans le domaine des aides d’État et à élargir le champ d’application du règlement général d’exemption par catégorie lors de sa prochaine révision, afin de contribuer à une amélioration de l’accès aux biens et aux services essentiels et à garantir la qualité de ces derniers; |
| 6. | souligne la nécessité des recommandations spécifiques par pays dans le Semestre européen pour investir dans une allocation d’invalidité adéquate, qui soit compatible avec d’autres formes de revenus, pour réduire le risque de pauvreté que courent les personnes handicapées; |
| 7. | estime que les politiques relatives à l’égalité entre les femmes et les hommes doivent être ancrées et intégrées dans toutes les phases de la gouvernance économique; souligne la nécessité de garantir l’égalité entre les femmes et les hommes, la non-discrimination et l’égalité sociale dans les relations de travail; engage la Commission et les États membres à remédier à la féminisation de la pauvreté sous toutes ses formes, notamment en améliorant les conditions de travail dans les secteurs féminisés; demande le renforcement des politiques qui tiennent compte de l’égalité entre les hommes et les femmes au niveau de l’Union, qui sont essentielles pour veiller à ce que les effets de la crise du coût de la vie ne creusent pas les inégalités de genre; |
| 8. | appelle de ses vœux un processus plus démocratique pour le Semestre européen, dans lequel le Parlement serait étroitement associé, en particulier, à la définition des priorités de la politique macroéconomique et sociale; estime qu’une révision complète du processus du Semestre européen devrait suivre la procédure législative ordinaire et faire l’objet d’un accord entre le Conseil et le Parlement; invite la Commission à élaborer une architecture de gouvernance économique différente dans l’Union, fondée sur la solidarité, l’intégration, la justice et la convergence sociales, la répartition équitable des richesses, l’égalité entre les hommes et les femmes, des services publics de qualité, y compris un système d’enseignement public universel de qualité, des emplois de qualité et un développement durable; |
| 9. | est préoccupé par les graves effets de la crise actuelle sur le plan social et de l’emploi, en particulier pour les jeunes; demande aux États membres et à la Commission de veiller à ce que chaque jeune en Europe ait accès à l’éducation, à la formation et à des stages rémunérés, ainsi qu’au marché du travail; invite les États membres et la Commission à donner la priorité à la lutte contre le chômage; invite donc la Commission et les États membres à renforcer l’instrument européen de soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence (SURE) afin de contribuer à la prise en charge du chômage partiel, de soutenir les revenus des travailleurs et d’aider les travailleurs temporairement licenciés en raison de la hausse des prix de l’énergie, entre autres causes, ainsi que pour atténuer les effets des chocs asymétriques; |
| 10. | soutient l’évolution vers un modèle de croissance durable, inclusif et résilient, qui favorise la convergence sociale ascendante et renforce le développement durable et la résilience de l’économie et des sociétés de l’Union; salue les progrès accomplis cette année vers la mise en œuvre intégrale du socle européen des droits sociaux, mais attend encore de voir sa mise en œuvre intégrale, y compris celle de ses grands objectifs pertinents pour 2030, un protocole sur le progrès social et la promotion d’investissements tournés vers l’avenir, axés sur les transitions écologique et numérique justes et caractérisés par une forte dimension sociale, notamment l’égalité entre les hommes et les femmes; |
| 11. | invite la Commission et les États membres à veiller à ce que les futures initiatives de financement de l’Union visant à soutenir le secteur industriel et la souveraineté tout en garantissant une croissance durable à long terme ainsi que le progrès social; estime que l’intégration des aspects pertinents suivants dans tout instrument de financement futur est essentielle:
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| 12. | prend acte de la révision du processus du Semestre européen, qui prévoit un champ d’application plus large et une surveillance multilatérale renforcée, de manière à garantir la durabilité et les principaux investissements tout en assurant la stabilité fiscale et en tenant compte des réformes et des investissements par l’intermédiaire des plans nationaux pour la reprise et la résilience (PNRR), de la transition énergétique propre de l’Europe grâce au plan REPowerEU et des objectifs de développement durable des Nations unies; estime que les règles budgétaires européennes devraient permettre les investissements publics nécessaires et le financement de la transition juste vers une économie zéro carbone ainsi que la bonne mise en œuvre des principes du socle européen des droits sociaux; souligne que, bien qu’il soit nécessaire de réduire la dette publique dans un délai raisonnable, les États membres plus petits ou plus endettés ont besoin de trajectoires d’ajustement individuelles plus souples qui leur laissent une marge de manœuvre budgétaire suffisante pour entreprendre les investissements et les réformes nécessaires à des transitions écologique et numérique socialement équitables, d’une manière qui ne laisse personne de côté; rappelle aux États membres leur engagement à entreprendre des réformes et à réaliser des investissements qui contribuent à la cohésion économique, sociale et territoriale de l’Union ainsi qu’à une croissance durable et inclusive, qui atténuent les conséquences sociales et économiques de la crise, en particulier sur les groupes vulnérables, et contribuent à la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux au moyen de leurs plans nationaux pour la reprise et la résilience; souligne leur engagement à poursuivre cette mise en œuvre au niveau de l’Union et au niveau national afin de réduire les inégalités, de défendre des salaires décents, de lutter contre l’exclusion sociale et la pauvreté, tout en poursuivant l’objectif de lutte contre la pauvreté des enfants et de lutte contre les risques d’exclusion sociale, de manière à favoriser une convergence économique et sociale ascendante et la création d’emplois de qualité; |
| 13. | rappelle que le Semestre européen devrait inclure davantage les principes du socle européen des droits sociaux, y compris le onzième principe relatif à l’accueil de l’enfance et d’aide à l’enfance; souligne que la disponibilité de services gratuits et de qualité, notamment en matière d’éducation et d’accueil de la petite enfance, d’enseignement, de soins de santé ainsi que d’accès à un logement adéquat et à une alimentation saine, est essentielle pour garantir l’égalité des chances et lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale; relève que la lutte contre la pauvreté des enfants exige des mesures globales et intégrées, financées de manière appropriée, ainsi que la mise en œuvre de la garantie européenne pour l’enfance à l’échelle nationale; réitère son appel en faveur d’une augmentation du financement de la garantie européenne pour l’enfance pour la doter d’un budget spécifique d’au moins 20 milliards d’euros, et demande aux États membres d’allouer au moins 5 % de leurs fonds FSE + alloués à la lutte contre la pauvreté infantile et à la promotion du bien-être des enfants; |
| 14. | souligne la nécessité de renforcer la dimension sociale du Semestre européen et la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux, notamment à la lumière de la révision de la gouvernance économique et de la désactivation prochaine de la clause dérogatoire; invite la Commission à envisager de présenter un instrument relatif à un cadre de convergence sociale pour surveiller les risques en matière de convergence sociale, éviter que d’autres mesures stratégiques ou chocs économiques n’aient des répercussions sociales négatives sur la convergence sociale ascendante, détecter les éventuelles difficultés pour la bonne mise en œuvre du socle européen des droits sociaux et fixer des objectifs sociaux; estime que les risques en matière de divergence sociale devraient être inclus dans les recommandations par pays et pris en compte dans la définition des trajectoires d’ajustement budgétaire; |
| 15. | souligne la nécessité d’investissements publics et privés pour améliorer la création d’emplois de qualité et soutenir les PME; souligne qu’il importe de développer les compétences et les qualifications appropriées au sein de la main-d’œuvre afin d’accompagner la demande de travailleurs qualifiés pendant les transitions écologique et numérique; continue de soutenir la Commission dans ses efforts visant à améliorer les conditions de travail et la protection des employeurs et des travailleurs européens en encourageant et en encourageant les processus de dialogue social et la couverture des négociations collectives; se félicite de l’intégration par la Commission de dispositions relatives au dialogue social et à la négociation collective dans les recommandations par pays de 2020-2021; regrette que, si le dialogue social figurait dans 15 recommandations par pays en 2020, il ne figure que dans deux recommandations par pays en 2022; demande instamment à la Commission d’encourager la négociation collective, la démocratie au travail et le dialogue social par l’intermédiaire du Semestre européen, et plus particulièrement dans les recommandations par pays afin de garantir des salaires décents par la négociation collective; |
| 16. | souligne qu’il importe de mieux évaluer les effets distributifs des politiques et des réformes existantes et nouvelles qui font l’objet d’un suivi dans le cadre du Semestre européen; invite la Commission à mettre en place des exigences en matière d’évaluation des effets distributifs pour les programmes nationaux de réformes (PNR); souligne que la consolidation budgétaire ne peut être équitable et durable que si les effets distributifs des réaffectations des dépenses ou des transferts de revenus sont bien calibrés et contribuent à réduire les inégalités sociales, économiques et régionales; invite la Commission à proposer une méthodologie et des objectifs clairs en matière de création d’emplois de qualité; rappelle aux États membres l’obligation d’inclure dans les PNR une explication concernant la manière dont les mesures sont censées contribuer à l’égalité entre homme et femme et à l’égalité des chances pour tous, ainsi qu’à l’intégration de ces objectifs; |
| 17. | estime que le tableau de bord social révisé risque de ne pas rendre compte de manière suffisante des 20 principes du socle européen des droits sociaux; demande, par conséquent, à la Commission d’envisager une révision ultérieure et l’amélioration du tableau de bord social qui comprenne l’adoption d’indicateurs pertinents, par exemple au sujet du bien-être social, et la ventilation des données en fonction de divers facteurs, tels que le genre, l’âge et le revenu pour identifier les divergences sociales et les effets des mesures sur divers groupes, en particulier ceux en situation de vulnérabilité, au moyen d’une évaluation dynamique; attire l’attention sur l’importance de prévoir des indicateurs qui reflètent pleinement les causes des inégalités et les tendances en la matière, tels que des indicateurs sur l’égalité des chances, l’emploi de qualité, la répartition des richesses, l’accès universel à des services publics de qualité (y compris l’énergie, l’eau et l’assainissement), les pensions adéquates, le nombre de sans-abri, les régimes de revenu minimum, les maladies professionnelles (y compris les troubles de la santé mentale) et les allocations de chômage, ainsi que des indicateurs mesurant l’incidence sociale de la dégradation de l’environnement et du changement climatique; rappelle à la Commission que l’indicateur du risque de pauvreté ou d’exclusion sociale ne tient pas compte des causes plus profondes et plus complexes des inégalités; |
| 18. | prend acte de la communication de la Commission définissant des orientations pour la révision du cadre de gouvernance économique afin de renforcer la soutenabilité de la dette et de favoriser une croissance durable et inclusive au moyen d’investissements et de réformes; invite la Commission à évaluer quelles dépenses et investissements sont nécessaires pour atteindre les objectifs socioéconomiques à long terme se conformer aux jalons des PNRR; estime que les systèmes fiscaux devraient être conçus de manière à réduire les inégalités, à promouvoir l’équité et à protéger les ménages, et devraient être équilibrés en vue d’une plus grande équité et efficacité; invite la Commission et les États membres à adopter des mesures effectives pour lutter contre l’évasion fiscale et la fraude fiscale, ces mesures constituant un moyen important de réduire les inégalités économiques et d’améliorer le recouvrement des recettes fiscales dans les États membres; rappelle qu’un taux d’imposition minimum effectif pour les grandes multinationales au sein de l’Union européenne peut contribuer à résoudre le problème du dumping fiscal et garantir que toutes les entreprises paient leur juste part de l’impôt sur les bénéfices générés par leurs activités dans l’Union; |
| 19. | est préoccupé par le paysage économique actuel, les prévisions pour le futur proche et l’incidence que des augmentations salariales inférieures à l’inflation pourrait avoir sur le niveau de vie dans l’Union; estime que l’augmentation du pouvoir d’achat est l’un des moyens de garantir la poursuite de la reprise économique, mais qu’en général, la croissance des salaires ne suivra pas le rythme de l’inflation au cours de l’année à venir, de sorte que les travailleurs perdront leur pouvoir d’achat; rappelle que des salaires décents sont un outil essentiel pour aider les ménages à faire face à la hausse des prix de l’énergie; invite les États membres à lutter contre les pratiques concurrentielles fondées sur des bas salaires et des mauvaises conditions de travail, et à mettre rapidement en œuvre les dispositions prévues dans la directive relative aux salaires minimaux (4), afin que le salaire minimum soit porté à au moins 60 % du salaire médian brut d’un pays ou 50 % du salaire moyen brut, tel que recommandé; invite la Commission à travailler en vue d’améliorer les conditions de vie, à suivre la situation en ce qui concerne les salaires minimaux et à veiller à ce que les salaires les plus bas, et en particulier les salaires minimaux, reflètent la flambée du coût de la vie; invite les États membres à garantir des salaires minimaux adéquats, dans le but d’atteindre un niveau de vie décent, de réduire la pauvreté des travailleurs, d’encourager la cohésion sociale et la convergence sociale ascendante, tout en réduisant l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes; souligne que, pour accroître la part des ménages dans la tranche des revenus moyens, ces efforts devraient être combinés avec des politiques qui élargissent la couverture des négociations collectives et augmentent les taux d’affiliation syndicale; |
| 20. | invite la Commission à évaluer l’éventuelle révision de la directive européenne sur les marchés publics afin de renforcer la couverture des négociations collectives en exigeant des entreprises qu’elles respectent les conventions collectives, y compris le renforcement de la clause sociale, et de favoriser les entreprises qui respectent les droits des travailleurs et les droits sociaux, en excluant des appels d’offres les entreprises qui ont été sanctionnées pour avoir participé à des pratiques antisyndicales; |
| 21. | invite la Commission et les États membres à garantir des salaires décents et des emplois de qualité, ainsi que des conditions de travail décentes, et à favoriser une bonne santé physique et mentale, notamment par la sécurité au travail; rappelle, à cet égard, l’importance de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée et du droit à la déconnexion, d’autant plus que les frontières entre les environnements professionnel et privé se confondent de plus en plus avec la généralisation du télétravail; se félicite de l’accord entre le Conseil et le Parlement sur la directive sur la transparence des rémunérations (5) et demande qu’elle soit transposée sans délai; invite les États membres à évaluer le travail d’égale valeur selon des critères objectifs et non discriminatoires; |
| 22. | se félicite de l’accord sur l’adoption du Fonds social pour le climat en tant que première étape ambitieuse en vue de remédier aux répercussions futures de l’extension du système d’échange de quotas d’émission aux secteurs du bâtiment et du transport routier sur les ménages, les usagers des transports et les microentreprises vulnérables; fait remarquer que l’objectif général est de contribuer à une transition juste vers la neutralité climatique qui ne laisse personne de côté; appelle de ses vœux davantage d’outils en mesure de remédier aux effets inégaux du changement climatique et de la dégradation de l’environnement sur les différents groupes de revenus, ainsi qu’aux conséquences sociales de la transformation de nos sociétés vers la neutralité climatique; souligne qu’il est urgent d’adopter des instruments qui permettent à toutes les composantes de la société de bénéficier des avantages que procure une économie neutre pour le climat, qui protègent les ménages, les usagers vulnérables des transports et les microentreprises contre les effets du changement climatique et de la pollution; insiste sur le fait que les politiques et les objectifs sociaux et environnementaux doivent être intégrés sur un pied d’égalité avec les politiques et objectifs économiques; est convaincu, à cet égard, que le pacte de stabilité et de croissance est obsolète, et n’offre ni la souplesse ni l’architecture nécessaires pour mettre en place un nouveau cadre de gouvernance pour le développement durable et le progrès social dans l’Union européenne; demande à la Commission de protéger, au niveau de l’Union, le droit à la santé et à un environnement sain, car ce droit est essentiel pour garantir la réalisation de la plupart des autres droits fondamentaux, ainsi que pour réaliser une transition inclusive; |
| 23. | invite la Commission et les États membres à s’appuyer sur le Fonds social pour le climat et à jeter les bases du développement de régimes de protection sociale écologiques au niveau national avec le soutien de l’Union, afin de renforcer la résilience sociale face aux effets du changement climatique et de la dégradation de l’environnement en s’attaquant aux effets secondaires des politiques écologiques sur l’emploi et les conditions de vie et en veillant à ce que les populations touchées soient pleinement préparées à un nouveau marché du travail; souligne que les aspects suivants pourraient être pris en considération pour ces régimes:
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| 24. | souligne que le soutien aux PME, y compris la réduction des charges administratives inutiles, est essentiel pour leur permettre d’adapter pleinement leurs activités à la transition écologique et de conserver leur main-d’œuvre, en particulier dans le cas des jeunes pousses, tout en préservant les niveaux les plus élevés de protection des travailleurs et de l’environnement et en aidant les employeurs européens à investir dans la croissance durable et la création d’emplois de qualité; |
| 25. | signale la charge réglementaire pesant sur les employeurs de l’Union et ses éventuelles répercussions négatives sur la compétitivité, la croissance et la création d’emplois de qualité; continue de soutenir le principe «un ajout, un retrait» et invite la Commission à élaborer un programme pour une meilleure réglementation plus ambitieux, qui devrait conduire à une réduction de la charge réglementaire pour les employeurs de l’Union; |
| 26. | demande à la Commission de proposer une directive pour réglementer les conditions de télétravail dans l’ensemble de l’Union et garantir des conditions d’emploi et de travail décentes dans l’économie numérique; estime que le droit à la déconnexion est essentiel pour garantir le bien-être mental des salariés et des indépendants, en particulier pour les travailleuses et les travailleurs exerçant des formes de travail atypiques, et qu’il devrait être complété par une directive sur les risques psychosociaux liés au travail et sur le bien-être au travail; invite la Commission à proposer, en consultation avec les partenaires sociaux, une directive sur les normes et conditions minimales afin de garantir que tous les travailleurs sont en mesure d’exercer effectivement leur droit à la déconnexion; souligne que la prochaine initiative de la Commission sur «une approche globale de la santé mentale», qui sera publiée en juin, est une bonne occasion pour introduire ces directives; |
| 27. | souligne que, dans un contexte de diminution de la population en âge de travailler, il est indispensable de mettre en œuvre des politiques qui incitent les personnes à rejoindre le marché du travail; estime que l’intégration des migrants sur le marché du travail aura des retombées positives sur l’offre de main-d’œuvre, réduira les pénuries de main-d’œuvre et contribuera à relever les taux d’emploi (6); constate toutefois que les travailleurs migrants continuent de faire l’objet d’une inégalité de traitement et d’une exploitation au travail; souligne que tous les travailleurs migrants doivent être protégés contre l’exploitation, notamment en leur garantissant un accès effectif à la justice et à des voies de recours; considère qu’une telle démarche doit s’accompagner d’autres politiques qui visent à garantir des vies professionnelles plus saines, à améliorer les conditions de travail et à mieux adapter les marchés du travail aux besoins changeants des travailleurs au cours de leur vie; |
| 28. | appelle de ses vœux une meilleure prise en compte des groupes vulnérables lors du Semestre européen, la mise en œuvre de mesures de soutien à l’emploi des jeunes et des seniors, et de meilleures possibilités pour les personnes handicapées, ainsi que des outils efficaces pour empêcher la discrimination; souligne l’importance des mesures visant à intégrer les ressortissants de pays tiers, y compris l’apprentissage des langues, étant donné qu’il constitue la base de la communication dans tous les domaines d’activité des entreprises, en permettant la participation à la formation professionnelle et à la reconversion afin de développer les compétences pertinentes; |
| 29. | relève que les employeurs devraient favoriser les liens intergénérationnels au sein de l’entreprise et l’apprentissage intergénérationnel entre les jeunes et les personnes âgées, et vice versa; fait remarquer qu’une main-d’œuvre plus âgée peut aider une entreprise à concevoir de nouveaux produits et services pour s’adapter aux besoins d’une société vieillissante de manière plus créative et productive; invite la Commission et les États membres à créer des incitations pour encourager le transfert de connaissances d’une génération à l’autre et à mettre en place des mesures spécifiques facilitant l’emploi des jeunes et la transition avant la retraite; invite la Commission et les États membres à tenir compte des incidences possibles sur les jeunes dans l’évaluation des politiques, en consultation avec les organisations de jeunesse; |
| 30. | s’inquiète du nombre élevé de jeunes ayant quitté prématurément l’éducation et la formation, étant donné qu'ils risquent de se retrouver au chômage et d’alimenter le cycle de la pauvreté générationnelle, puisqu’en 2021, 11,4 % des jeunes hommes et 7,9 % des jeunes femmes de l’Union européenne avaient quitté prématurément l’éducation ou la formation; invite la Commission à coordonner, conjointement avec les États membres, la société civile et les parties prenantes concernées, la mise en œuvre de solutions appropriées pour maintenir les enfants et les jeunes à l’école; invite les États membres à garantir l’accès des jeunes à des stages et apprentissages rémunérés, inclusifs et de qualité; demande avec insistance que les jeunes bénéficient de premières expériences professionnelles et de possibilités adéquates et de qualité en matière de renforcement des compétences et d’acquisition de qualifications ou certificats; condamne la pratique des stages non rémunérés comme une forme d’exploitation des jeunes travailleurs et une violation de leurs droits, et demande à la Commission et aux États membres, en collaboration avec le Parlement et dans le respect du principe de subsidiarité, de mettre un terme aux stages non rémunérés et de proposer un cadre juridique commun destiné à assurer une juste rémunération des stages et apprentissages pour éviter les pratiques d’exploitation; condamne la pratique des contrats «zéro heure» et demande aux États membres de soutenir les employeurs qui proposent des stages et des apprentissages aux jeunes en situation de handicap; invite la Commission à réexaminer les instruments européens existants, tels que le cadre de qualité pour les stages ainsi que le cadre européen pour un apprentissage efficace et de qualité, et à inclure des critères de qualité dans les offres faites aux jeunes, y compris le principe d’une rémunération équitable pour les jeunes en stage et en apprentissage, l’accès à la protection sociale, à l’emploi durable et aux droits sociaux; |
| 31. | s’inquiète des divergences entre l’analyse et les recommandations du Centre européen pour le développement de la formation professionnelle (Cedefop) sur la politique en matière de compétences et les politiques mises en œuvre au niveau de l’Union et des États membres, divergences qui pourraient être source d’inefficacité; attire l’attention sur les éléments de preuve présentés dans les rapports du Cedefop concernant la sous-utilisation des compétences, la surqualification, la faible demande de compétences et la complexité limitée dans de nombreux emplois européens, ainsi que le niveau relativement modeste des attentes concernant les compétences numériques en Europe, ce qui pourrait entraver la transition numérique et avoir une incidence sur la compétitivité de l’Europe; invite la Commission à présenter des propositions et à coordonner les mesures stratégiques en vue de contribuer à accroître le nombre d’emplois plus complexes d’un point de vue numérique et de faciliter la conception de mesures d’incitation qui stimulent le renforcement des compétences numériques des travailleurs; y compris la formation et l’éducation tout au long de la vie; souligne que de telles initiatives devraient également cibler les groupes vulnérables et les minorités afin de faciliter l’accès de tous au marché du travail, étant donné que 45 % de la main-d’œuvre de l’Union estime qu’ils ont besoin de nouvelles connaissances et compétences en raison des nouvelles technologies numériques sur leur lieu de travail; |
| 32. | rappelle que la création d’emplois de bonne qualité et la mise en place de stratégies de fidélisation du personnel sont le meilleur moyen d’attirer une main-d’œuvre qualifiée et de motiver les employeurs à investir dans leurs travailleurs; souligne que les rapports du Cedefop insistent sur le fait que les difficultés de recrutement (y compris en raison de l’inadéquation des compétences) reflètent également, dans une large mesure, une qualité de l’emploi médiocre, l’absence de politique des ressources humaines orientée vers les personnes et des possibilités inexploitées en ce qui concerne la conception des postes de travail; invite la Commission à contribuer à la réduction de l’écart en matière de compétences qui existent en Europe et à revoir ses politiques de perfectionnement et de reconversion professionnels à la lumière des conclusions du Cedefop; souligne le besoin impérieux d’un soutien accru à la formation tout au long de la vie et à la réorientation professionnelle, conformément à l’objectif fixé pour 2030, à savoir qu’au moins 60 % de l’ensemble des adultes participent à une formation chaque année; |
| 33. | fait remarquer que l’anticipation du marché du travail conduit à des économies plus résilientes, ce qui nécessite la mise en place de politiques actives concernant le marché du travail, y compris le perfectionnement et la reconversion professionnelle ainsi que des systèmes de protection sociale robustes; est préoccupé par les pénuries de main-d’œuvre signalées dans de nombreuses professions, en particulier celles liées aux qualifications du domaine des STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques), à l’éducation et aux soins de santé; souligne la nécessité d’améliorer leurs conditions de travail, ce qui contribuerait également à réduire les pénuries sur le marché du travail, ainsi que la nécessité de renforcer les programmes éducatifs de l’Union, en soutenant les efforts déployés par les employés et les enseignants pour développer les bonnes compétences; |
| 34. | demande que la stratégie industrielle et écologique de l’Union veille à ce que les emplois de demain ne soient pas uniquement écologiques, mais avant tout décents, bien rémunérés et assortis de bonnes conditions de travail, y compris en matière de santé et de sécurité au travail, et d’une protection sociale solide, le tout dans un contexte d’égalité entre les femmes et les hommes; demande également qu’elle veille à ce que les personnes soient rémunérées de manière adéquate en fonction de leurs qualifications et de leurs compétences certifiées; relève la nécessité de garantir des conditions de concurrence équitables afin de favoriser la convergence sociale et économique et d’éviter un écart croissant en matière d’investissements et de soutien publics en raison des capacités budgétaires différentes des États membres; invite les États membres à faire bon usage du Fonds pour une transition juste, ainsi que d’autres fonds et plateformes de l’Union, afin de garantir que les emplois qui sont supprimés en raison de la transition écologique soient remplacés par des emplois de qualité dans les mêmes domaines; insiste, à cet égard, sur le potentiel de l’économie circulaire ainsi que sur le rôle que les processus de marchés publics devraient jouer pour encourager la négociation collective et les bonnes conditions de travail; fait remarquer qu’une politique industrielle et écologique de l’Union peut devenir l’une des principales sources de création d’emplois à travers l’Europe dans les années à venir, tant dans les secteurs émergents que traditionnels, ce qui reflète le fait que les activités économiques durables demandent plus de main-d’œuvre que les activités qu’elles remplacent; invite la Commission et les États membres à veiller à ce que le plan industriel de l’Union réalise une transition juste et de ses objectifs, y compris la création d’emplois de qualité assortis de conditions de travail équitables et de bonnes rémunérations, la promotion de la négociation collective et la conformité avec conventions collectives; |
| 35. | rappelle le rôle crucial qui est celui des partenaires sociaux européens, nationaux et sectoriels dans l’anticipation du changement; souligne la nécessité d'informer et de consulter étroitement les syndicats et les représentants des travailleurs lors du processus décisionnel, afin de garantir des transitions justes; invite les États membres à consulter les partenaires sociaux pendant la conception et la mise en œuvre des plans nationaux (les programmes nationaux de réforme, les programmes de stabilité et de convergence ou les plans nationaux pour la reprise et la résilience); met en avant le rôle déterminant des négociations collectives pour garantir les normes les plus élevées de santé et de sécurité au travail, le développement de compétences pertinentes et une anticipation stratégique du changement; souligne que les instruments européens et internationaux des droits de l’homme garantissent le droit de tous les travailleurs d’organiser, de créer et d’adhérer à un syndicat, de prendre part à des négociations collectives, d’engager une action collective pour défendre leurs droits et de bénéficier de la protection des conventions collectives; invite les États membres à supprimer toute disposition de la législation nationale qui ferait obstacle à la négociation collective, et notamment à veiller à ce que les syndicats aient accès aux lieux de travail à des fins d’organisation, de partage d’informations et de consultation, et ce afin de renforcer la représentation des travailleurs; |
| 36. | charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission. |
(1) Eurofound, The cost-of-living crisis and energy poverty in the EU: Social impact and policy responses — Background paper (La crise du coût de la vie et la précarité énergétique dans l’UE: incidences sociales et réponses politiques — Document d’information), 2022.
(2) Eurostat, Key Figures on European Businesses, édition 2022, p. 10.
(3) Europe sociale: Eurobarometer survey shows Europeans support stronger social policies and more social spending.
(4) Directive (UE) 2022/2041 du Parlement européen et du Conseil du 19 octobre 2022 relative à des salaires minimaux adéquats dans l’Union européenne (JO L 275 du 25.10.2022, p. 33).
(5) Proposition de directive visant à renforcer l’application du principe de l’égalité des rémunérations entre hommes et femmes pour un même travail ou un travail de même valeur par la transparence des rémunérations et les mécanismes d’exécution (COM(2021)0093).
(6) https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=Migrant_integration_statistics.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/402/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
Initiative législative — 52023IE0430
14/12/2023
Initiative législative — 52023IE0848
14/12/2023
Initiative législative — 52023IE1864
14/12/2023
Initiative législative — 52023IE1906
14/12/2023