LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilDroit européen52023IP0103
Initiative législative52023IP0103

Initiative législative — 52023IP0103

CELEX52023IP0103
TypeInitiative législative
Datemardi 18 avril 2023

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2023/442

1.12.2023

P9_TA(2023)0103

Relations institutionnelles entre l'Union européenne et le Conseil de l'Europe

Résolution du Parlement européen du 18 avril 2023 sur les relations institutionnelles entre l’Union européenne et le Conseil de l’Europe (2022/2137(INI))

(C/2023/442)

Le Parlement européen,

—

vu l’article 6 du traité sur l’Union européenne (TUE), l’article 165, paragraphe 3, l’article 167, paragraphe 3, et l’article 220, paragraphe 1, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), ainsi que le protocole relatif à l’article 6, paragraphe 2, TEU, sur l’adhésion de l’Union à la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH),

—

vu l’avis 2/13 de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) du 18 décembre 2014,

—

vu le «Mémorandum d’accord entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne» du 11 mai 2007,

—

vu le plan d’action (CM(2005)80 final) du sommet de Varsovie du Conseil de l’Europe du 17 mai 2005 et son annexe 1 intitulée «Lignes directrices sur les relations entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne»,

—

vu l’accord du 28 novembre 2007 sur le renforcement de la coopération entre l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) et le Parlement européen,

—

vu l’accord du 18 juin 2008 entre la Communauté européenne et le Conseil de l’Europe concernant la coopération entre l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) et le Conseil de l’Europe,

—

vu la déclaration d’intention du 1er avril 2014 relative à la coopération entre le Conseil de l’Europe et la Commission dans la région concernée par l’élargissement ainsi que dans les pays du partenariat oriental et du sud de la Méditerranée (région couverte par la politique de voisinage de l’UE),

—

vu les conclusions du Conseil du 13 juillet 2020 et du 30 janvier 2023 sur les priorités de l’Union pour la coopération avec le Conseil de l’Europe en 2020-2022 et en 2023-2024,

—

vu la décision (CM/Del/Dec(2022)132/4) du Comité des ministres du Conseil de l’Europe sur la coopération entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne, adoptée lors de sa 132e session,

—

vu la convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (convention d’Istanbul),

—

vu la charte sociale européenne et ses protocoles additionnels, ainsi que la charte sociale européenne révisée,

—

vu la charte européenne des langues régionales ou minoritaires du 25 juin 1992 et la convention-cadre pour la protection des minorités nationales du 10 novembre 1994,

—

vu les résolutions du Conseil de l’Europe instituant un accord partiel élargi sur les itinéraires culturels et confirmant son établissement (CM/Res(2010)53 et CM/Res(2013)66),

—

vu la déclaration de Saint-Jacques-de-Compostelle du Conseil de l’Europe, adoptée le 23 octobre 1987, à l’occasion de la proclamation des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle comme premier itinéraire culturel européen et des 48 itinéraires culturels européens du Conseil de l’Europe,

—

vu la résolution CM/Res(2022)2 du Comité des ministres du Conseil de l’Europe sur la cessation de la qualité de membre de la Fédération de Russie du Conseil de l’Europe du 16 mars 2022,

—

vu la résolution 2430 (2022) de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe du 26 avril 2022 intitulée «Au-delà du Traité de Lisbonne: renforcer le partenariat stratégique entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne»,

—

vu le rapport de Jean-Claude Juncker du 11 avril 2006 intitulé «Une même ambition pour le continent européen»,

—

vu le rapport du groupe de réflexion de haut niveau du Conseil de l’Europe d’octobre 2022,

—

vu sa résolution du 19 mai 2010 sur les aspects institutionnels de l’adhésion de l’Union européenne à la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (1),

—

vu sa résolution du 25 octobre 2016 contenant des recommandations à la Commission sur la création d’un mécanisme de l’Union pour la démocratie, l’état de droit et les droits fondamentaux (2),

—

vu sa résolution du 7 octobre 2020 sur la création d’un mécanisme de l’Union pour la démocratie, l’état de droit et les droits fondamentaux (3),

—

vu sa résolution du 24 juin 2021 concernant le rapport 2020 de la Commission sur l’état de droit (4),

—

vu sa résolution du 19 mai 2022 sur le rapport 2021 de la Commission sur l’état de droit (5),

—

vu l’article 225 de son règlement intérieur,

—

vu l’article 66 du règlement de l’APCE,

—

vu le rapport sur les résultats finaux de la conférence sur l’avenir de l’Europe du 9 mai 2022, en particulier le point 2 de la proposition 48 intitulée «Culture et échanges»,

—

vu l’article 54 de son règlement intérieur,

—

vu le rapport de la commission des affaires constitutionnelles (A9-0056/2023),

A.

considérant que l’Union européenne et le Conseil de l’Europe sont des partenaires et des alliés naturels pour la promotion et le suivi des droits de l’homme, du respect des libertés fondamentales, de la démocratie et de l’état de droit sur le continent européen; que l’Union et le Conseil de l’Europe se sont engagés à réaliser une plus grande unité entre les pays européens par la promotion de la stabilité démocratique et de la sécurité;

B.

considérant que les défis intérieurs et extérieurs persistants auxquels font face l’ordre multilatéral fondé sur des règles, la démocratie et l’état de droit, ainsi que la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et les répercussions de l’ensemble sur la situation des droits de l’homme en Europe sont autant d’arguments puissants en faveur d’un renforcement de la coopération institutionnelle entre l’Union et le Conseil de l’Europe;

C.

considérant que, le 15 mars 2022, à la suite de la guerre d’agression menée par la Fédération de Russie contre l’Ukraine et à la suite de l’avis adopté à l’unanimité par l’Assemblée parlementaire, le Comité des ministres du Conseil de l’Europe a décidé que la Fédération de Russie cesserait d’être membre du Conseil de l’Europe après 26 ans d’adhésion;

D.

considérant que l’exclusion de la Russie constitue un changement majeur pour le Conseil de l’Europe et pour l’avenir du continent européen; que cette évolution signifie que le bloc des 27 États membres de l’Union constitue désormais les deux tiers de la population représentée par les pays membres du Conseil de l’Europe; que les relations du bloc des 27 avec le Conseil de l’Europe en seront impactées;

E.

considérant que l’année 2022 a marqué le 15e anniversaire de la signature du Mémorandum d’accord entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne et de l’accord de 2007 sur le renforcement de la coopération entre l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et le Parlement européen;

F.

considérant que, bien que l’Union et le Conseil de l’Europe disposent de systèmes juridiques distincts et très différents, les «lignes directrices sur les relations entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne» (6) de 2005 ont déjà souligné que «l’utilisation appropriée des normes et des critères du Conseil de l’Europe, ainsi que de l’expérience et de l’expertise accumulées par l’Organisation pendant plus d’un demi-siècle, est le meilleur moyen de concourir à la réalisation de l’objectif commun d’une Europe sans nouvelles lignes de fracture» et ont établi que «la coopération juridique» entre les organisations «devrait être poursuivie et développée», la ligne directrice no 5 indiquant que l’Union «s’efforcera de transposer dans son droit les aspects des conventions du Conseil de l’Europe qui relèvent de sa compétence»;

G.

considérant que le mémorandum d’accord de 2007 entre les deux organisations indique que «l’Union européenne considère le Conseil de l’Europe comme la source paneuropéenne de référence en matière de droits de l’homme» et que «le Conseil de l’Europe restera la référence en matière de droits de l’homme, de primauté du droit et de démocratie en Europe»;

H.

considérant que le cadre actuel de coopération entre l’Union européenne et le Conseil de l’Europe ne tient pas compte de l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne le 1er décembre 2009 ni du partenariat de coopération stratégique sur l’état de droit, la démocratie et les droits de l’homme tels que consolidés par les deux organisations jusqu’à présent;

I.

considérant que l’article 220, paragraphe 1, TFUE, énonce que l’Union établit toute coopération utile avec le Conseil de l’Europe; que l’article 6, paragraphe 2, TUE, dispose que l’Union doit adhérer à la CEDH;

J.

considérant que, dans sa résolution 2430 (2022) intitulée «Au-delà du Traité de Lisbonne: renforcer le partenariat stratégique entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne», l’APCE a appelé à donner un nouvel élan au renforcement du partenariat stratégique entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne;

K.

considérant que, dans sa décision CM/Del/Dec(2022)132/4 relative à la coopération entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne, le Comité des ministres du Conseil de l’Europe a également appelé à renforcer encore la coopération avec l’Union européenne, au vu des nombreux défis auxquels l’Europe est actuellement confrontée;

L.

considérant qu’en juin 2022, la secrétaire générale du Conseil de l’Europe a créé un groupe de réflexion de haut niveau chargé de formuler des recommandations sur le rôle du Conseil de l’Europe dans la réponse aux nouveaux défis auxquels l’Europe et le monde sont confrontés; que le groupe de réflexion a publié ses recommandations en octobre 2022, recommandant par exemple de renforcer le dialogue politique entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne et d’envisager d’actualiser et de renforcer le mémorandum d’accord de 2007;

M.

considérant que, le 7 novembre 2022, le Comité des ministres du Conseil de l’Europe a décidé de convoquer un quatrième sommet des chefs d’État et de gouvernement des États membres du Conseil de l’Europe à Reykjavik, en Islande, les 16 et 17 mai 2023, avec la participation de représentants de l’Union; que la question de la coopération entre l’Union et le Conseil de l’Europe devrait figurer à l’ordre du jour du sommet, qui aura lieu à un moment important et représente une occasion de renforcer les relations entre les deux organisations;

N.

considérant que l’Union reste le principal donateur pour les activités de coopération technique du Conseil de l’Europe, couvrant la région concernée par l’élargissement de l’Union, les pays du partenariat oriental, les États membres de l’Union, le sud de la Méditerranée et l’Asie centrale, ainsi que des domaines thématiques; qu’en 2021, le volume global de la coopération entre le Conseil de l’Europe et l’Union au titre du programme conjoint a atteint 207,4 millions d’euros; que les programmes de coopération conjoints dans le domaine de l’état de droit représentaient 54,7 % du budget cumulé en 2021;

O.

considérant que le volume financier des programmes conjoints mis en œuvre dans les États membres de l’Union a continué d’augmenter régulièrement ces dernières années en raison des cadres de coopération et d’appui technique structurés mis en place dans le cadre du programme d’appui à la réforme structurelle et de l’instrument d’appui technique de l’Union depuis 2019;

P.

considérant que la Banque de développement du Conseil de l’Europe (CEB) est la plus ancienne banque multilatérale européenne de développement dotée d’un mandat exclusivement social; qu’en sus de la coopération avec d’autres institutions financières internationales et plusieurs agences spécialisées des Nations unies, la CEB coopère aussi régulièrement avec l’Union sur des initiatives communes telles que le cadre d’investissement en faveur des Balkans occidentaux, la facilité d’investissement pour le voisinage et le partenariat pour l’efficacité énergétique et l’environnement en Europe orientale;

Q.

considérant que les négociations sur l’adhésion de l’Union à la CEDH, qui ont été suspendues à la suite de l’avis de la CJUE du 18 décembre 2014 sur l’incompatibilité avec les traités de l’Union européenne du projet d’accord sur l’adhésion de l’Union, ont repris en septembre 2020 et ont atteint la dernière étape;

R.

considérant que le suivi et la promotion de l’état de droit dans les États membres de l’Union et ceux appelés à le devenir reposent déjà très largement sur le Conseil de l’Europe; que les sources d’information utilisées par la Commission pour établir les critères de référence permettant de mesurer la situation de l’état de droit et le fonctionnement des systèmes judiciaires dans les États membres comprennent la liste des critères de l’état de droit de la Commission européenne pour la démocratie par le droit (Commission de Venise), les rapports demandés par l’Union aux agences du Conseil de l’Europe, tels que l’étude annuelle sur le fonctionnement des systèmes judiciaires menée par la Commission européenne pour l’efficacité de la justice à la demande de l’Union européenne dans le cadre du tableau de bord de la justice dans l’Union, ainsi que des rapports réguliers sur des questions liées à l’état de droit élaborés par les agences du Conseil de l’Europe, en particulier sur l’indépendance du pouvoir judiciaire et la lutte contre la corruption;

S.

considérant que le Parlement n’a eu de cesse d’appeler à la création d’un mécanisme de l’Union pour la démocratie, l’état de droit et les droits fondamentaux couvrant l’ensemble des aspects de l’article 2, TUE; que la mise en place d’un tel mécanisme permettrait une coopération officielle, structurée et globale entre l’Union et le Conseil de l’Europe sur la défense de ces valeurs au moyen d’un accord de partenariat spécifique;

T.

considérant que le Conseil de l’Europe a acquis une grande expérience et une expertise approfondie dans le cadre de la coopération intergouvernementale et des activités d’assistance dans le domaine des droits de l’homme, ayant mis en place plusieurs mécanismes de suivi et de contrôle des droits de l’homme et divers comités de suivi des droits de l’homme respectés, tels que le Comité européen des droits sociaux, le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants, la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance, le Comité d’experts de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires, le Comité consultatif de la convention-cadre pour la protection des minorités nationales et le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe; que le fait que l’Union n’ait pas adhéré à d’importantes conventions du Conseil de l’Europe en matière de droits de l’homme l’empêche d’être représentée au sein de leurs organes de surveillance;

U.

considérant que l’action de la Commission de Venise repose sur les trois grands principes du patrimoine constitutionnel européen: démocratie, droits de l’homme et état de droit; que la Commission de Venise a été créée en 1990 afin de répondre au besoin urgent d’aider les pays d’Europe centrale et orientale à adopter de nouvelles constitutions après la chute du mur de Berlin; que la Commission de Venise a joué un rôle essentiel dans la démocratisation des États d’Europe centrale et orientale souhaitant adhérer à l’Union européenne; que les avis de la Commission jouissent d’une grande autorité et sont suivis dans la majorité des cas; que l’Union européenne a vivement encouragé les États qui souhaitent rejoindre l’Union ainsi que les membres actuels à se conformer à ses avis;

V.

considérant que l’accord entre la Communauté européenne et le Conseil de l’Europe concernant la coopération entre l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne et le Conseil de l’Europe de 2008 a établi un cadre général de coopération dans le but de développer des projets communs dans des domaines d’intérêt commun, d’engager un dialogue avec les parties prenantes afin d’améliorer le respect des droits fondamentaux en Europe, de coordonner les activités de communication visant à mieux faire connaître les droits fondamentaux, de s’informer mutuellement des résultats des activités de chaque organisation et d’échanger des données et de se consulter au niveau opérationnel;

W.

considérant que les rapports annuels sur la coopération entre l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne et le Conseil de l’Europe montrent l’étendue et la profondeur de la coopération, allant des consultations sur des projets et activités spécifiques à des échanges réguliers de données et d’informations, en passant par la participation aux auditions de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, la participation aux réunions de lancement de projets, des projets et activités conjoints, le statut d’observateur de l’Agence au sein de plusieurs comités de suivi et comités intergouvernementaux du Conseil de l’Europe, la participation aux structures respectives de la société civile et des références mutuelles aux travaux de l’autre;

X.

considérant que la mise en place d’un système commun d’information sur les droits fondamentaux de l’Union européenne (EFRIS) rassemble dans un espace en ligne les informations sur les droits de l’homme du Conseil de l’Europe, des Nations unies et de l’Union européenne, y compris, depuis 2022, les données, analyses et conclusions générées au titre de la convention-cadre pour la protection des minorités nationales (CCPMN);

Y.

considérant que la lutte contre les discriminations et l’amélioration des droits des personnes vulnérables, telles que les femmes, les personnes handicapées, les Roms, les personnes LGBTI+ et les personnes âgées, devraient constituer un domaine de coopération central avec le Conseil de l’Europe, étant donné que ces droits ne sont toujours pas pleinement respectés dans les États membres;

Z.

considérant que la convention d’Istanbul, entrée en vigueur le 1er août 2014, a été signée par l’Union le 12 juin 2017 mais qu’elle n’a pas encore été ratifiée; que le 21 février 2023, le Conseil a demandé au Parlement d’approuver l’adoption des décisions relatives à la conclusion de l’adhésion de l’Union à la convention, étape nécessaire avant l’approbation finale au Conseil; que l’ensemble des États membres de l’Union ont signé la convention d’Istanbul, mais que seulement vingt et un d’entre eux l’ont ratifiée; que l’adhésion de l’Union à la convention ne dispense pas les États membres de la ratifier et que les deux processus devraient aller de pair;

AA.

considérant que la charte sociale européenne et la charte sociale européenne révisée ont été des instruments majeurs pour la protection et le respect des droits syndicaux fondamentaux, des droits des travailleurs et des droits sociaux, ainsi que pour l’amélioration des conditions de travail et de vie des citoyens européens; que 22 États membres de l’Union ont ratifié la charte initiale, et que 22 États membres ont également ratifié la charte révisée;

AB.

considérant que le Conseil de l’Europe est l’unique organisation intergouvernementale paneuropéenne proposant des instruments juridiques et des mécanismes de protection des minorités dans toute l’Europe; que la CCPMN du Conseil de l’Europe est l’instrument multilatéral juridiquement contraignant consacré à la protection des droits des personnes appartenant à des minorités nationales le plus complet à ce jour; que le processus de suivi dans le cadre de la CCPMN jouit d’une bonne réputation; que la reconnaissance de la nécessité de protéger les minorités au moyen de cet instrument spécifique a découlé des conflits violents qui ont touché l’Europe dans les années 1990; que la même préoccupation a conduit à l’adoption, en 1993, des critères de Copenhague sur le respect des droits des minorités dans le cadre de la politique d’élargissement de l’Union; que les minorités ont besoin d’un cadre juridique au sein de l’Union pour garantir et contrôler leurs droits;

AC.

considérant que la charte européenne des langues régionales ou minoritaires (CELRM) est la seule convention européenne pour la protection et la promotion des langues historiques régionales et minoritaires en Europe; que l’objectif premier de cet instrument est de défendre les langues minoritaires et régionales en tant qu’élément essentiel du patrimoine culturel européen;

AD.

considérant que l’Union a signé et ratifié la convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe; que le Conseil de l’Europe, qui accueille son comité permanent, est en train d’élaborer un cadre juridique approprié pour lutter contre la criminalité environnementale; que le Comité des ministres du Conseil de l’Europe a recommandé aux États membres d’envisager de reconnaître le droit à un environnement propre, sain et durable en tant que droit de l’homme; que les défis mondiaux en matière d’environnement et de climat auxquels nous sommes actuellement confrontés seront mieux relevés grâce à des actions conjointes et à une coordination entre l’Union et le Conseil de l’Europe;

AE.

considérant que le Conseil de l’Europe a invité l’Union européenne à adhérer dès que possible à son accord partiel élargi sur les itinéraires culturels;

AF.

considérant que le rayonnement du Conseil de l’Europe va bien au-delà du continent européen, bon nombre de ses conventions étant ouvertes à la signature à l’échelle mondiale et plusieurs de ses mécanismes s’étendant dans le monde entier;

AG.

considérant que la déclaration d’intention relative à la coopération entre le Conseil de l’Europe et la Commission européenne dans la région concernée par l’élargissement et les pays du partenariat oriental et du sud de la Méditerranée de 2014 a établi un cadre stratégique pour contribuer à promouvoir les droits de l’homme, la démocratie et l’état de droit dans les régions concernées par l’élargissement et couvertes par la politique de voisinage de l’UE, sur la base des conventions internationales contraignantes, des organes de suivi et des programmes d’assistance du Conseil de l’Europe; que les programmes conjoints et les cadres de coopération en matière de partenariat mis en œuvre dans ce contexte constituent un élément essentiel de la politique d’élargissement et de voisinage de l’Union;

AH.

considérant que la proposition no 48 des conclusions de la conférence sur l’avenir de l’Europe souligne que les langues minoritaires et régionales ont besoin d’une protection supplémentaire et prend acte de la convention du Conseil de l’Europe sur les langues minoritaires et de la CCPMN;

AI.

considérant que les relations parlementaires entre les deux institutions n’ont pas encore tiré pleinement parti du potentiel de l’accord sur le renforcement de la coopération entre l’APCE et le Parlement européen et qu’elles pourraient être encore renforcées;

Poursuite du renforcement des relations institutionnelles

1.

reconnaît que les relations institutionnelles entre les deux organisations de même rang international que sont l’Union et le Conseil de l’Europe ont considérablement évolué au fil du temps et sont devenues un partenariat stratégique;

2.

estime qu’il est nécessaire de renforcer plus avant la coopération institutionnelle entre l’Union et le Conseil de l’Europe et de donner une impulsion nouvelle à la coopération bilatérale dans le domaine de la promotion et de la défense de la démocratie, de l’état de droit, des droits fondamentaux et des droits de l’homme, y compris les droits des minorités;

3.

observe que la coopération entre les deux organisations internationales s’est intensifiée au fil des ans, tout en laissant un potentiel encore ouvert pour davantage de «coopération interorganisationnelle» puisque l’Union, conformément aux lignes directrices de 2005 sur les relations entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne, s’efforce de transposer dans le droit de l’Union les aspects des conventions du Conseil de l’Europe et d’autres instruments dans lesquels l’Union dispose de compétences;

4.

souligne qu’à mesure que l’Union s’est progressivement transformée en une union politique, le nombre de domaines dans lesquels les activités des deux organisations se chevauchent et se complètent a augmenté; estime par conséquent que, compte tenu du chevauchement fréquent des compétences, il est important d’éviter les doubles emplois ou les divergences entre les normes; estime qu’il importe, à cet égard, de mettre en place des canaux de consultation appropriés entre l’Union européenne et le Conseil de l’Europe qui permettraient de coordonner les travaux normatifs dans une phase initiale, en particulier dans les domaines du mémorandum d’accord actuel ou futur;

5.

souligne que des échanges institutionnels à tous les niveaux seraient bénéfiques pour les deux organisations, contribueraient à garantir l’équilibre des relations institutionnelles entre les deux organisations et renforceraient la visibilité du Conseil de l’Europe;

Adhésion de l’Union à la CEDH et autres formes de coopération en matière de droits fondamentaux

6.

rappelle que le traité de Lisbonne a également introduit une obligation juridique pour l’Union d’adhérer à la CEDH, inscrite à l’article 6, paragraphe 2, du traité UE, et fixé les conditions d’un accord relatif à cette adhésion en vertu du protocole sur l’article 6, paragraphe 2, du traité UE; prend acte de l’avis 2/13 de la CJUE sur le projet d’accord relatif à l’adhésion de l’Union à la CEDH, rendu le 18 décembre 2014;

7.

se félicite de l’engagement renouvelé de la Commission et du Conseil en faveur de l’adhésion de l’Union à la CEDH et de la reprise des négociations en 2020; réaffirme son engagement et son soutien résolus en faveur de l’adhésion de l’Union à la CEDH (7); se félicite de l’accord conclu entre les parties lors de la 18e réunion du groupe de négociation «46+1» et de la décision de conclure un accord provisoire sur un ensemble de projets révisés d’instruments d’adhésion; invite le Conseil et les États membres à prendre toutes les mesures nécessaires et à tout mettre en œuvre pour résoudre les questions en suspens relatives aux actions dans le domaine de la politique étrangère et de sécurité commune et répondre à toutes les préoccupations formulées par la CJUE dans son avis 2/13 du 18 décembre 2014 pour mener à bonne fin ces négociations, idéalement avant le quatrième sommet du Conseil de l’Europe, qui se tiendra les 16 et 17 mai 2023 en Islande; estime que ces questions en suspens sont complexes mais pas insurmontables;

8.

souligne que l’adhésion constitue un objectif prioritaire pour les deux organisations; souligne les nombreux avantages de l’adhésion de l’Union à la CEDH: la cohérence accrue entre le droit de l’Union et le système des conventions du Conseil de l’Europe, et l’harmonisation de la législation et de la jurisprudence en matière de droits de l’homme entre l’Union et le Conseil de l’Europe; souligne, en outre, que l’adhésion placerait l’Union sous la juridiction de la Cour européenne des droits de l’homme et renforcerait encore la protection des citoyens de l’Union contre les actions des institutions et organes de l’Union en permettant aux particuliers de porter des affaires contre l’Union directement devant la Cour européenne des droits de l’homme; souligne que l’adhésion de l’UE à la CEDH établirait également un mécanisme externe indispensable pour garantir que l’UE et ses institutions et organes respectent pleinement les droits de l’homme et l’état de droit;

9.

souligne qu’à la suite de l’adhésion, le rôle de l’Union dans le système de la convention deviendra plus important, car il comprendra une contribution proportionnée au budget du Conseil de l’Europe, la nomination de candidats à la fonction de juge à la Cour européenne des droits de l’homme, la participation d’une délégation du Parlement européen aux séances de l’APCE liées à l’élection des juges de la Cour européenne des droits de l’homme et la représentation au Comité des ministres lors de la supervision de l’exécution des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme;

10.

se félicite des précieuses contributions que la Cour européenne des droits de l’homme et la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme ont apportées à la défense et à la promotion de l’état de droit et des droits fondamentaux dans l’Union; demande une coopération judiciaire étroite et améliorée entre la Cour européenne des droits de l’homme et la CJUE, ainsi qu’une harmonisation plus poussée entre le système de la convention et le droit de l’Union; est préoccupé par le taux de non-exécution des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme, ce qui a une incidence négative sur l’état de droit et affaiblit l’action extérieure de l’Union en matière de droits de l’homme, en particulier à l’égard des pays tiers membres du Conseil de l’Europe; invite tous les États membres à s’assurer du respect de la CEDH ainsi que de toute la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme; invite la Commission à surveiller plus étroitement le respect des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme par les États membres et à recourir à cet égard à tous les instruments pertinents tels que le mécanisme de protection de l’état de droit et, s’il y a lieu, le règlement sur la conditionnalité liée à l’état de droit; s’engage à continuer d’évaluer comment garantir une meilleure conformité des États membres avec la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme dans le cadre politique et juridique actuel et futur de l’Union, y compris la possibilité de modifier les traités;

11.

rappelle la pertinence de la coopération prometteuse entre l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne et le Conseil de l’Europe — comme l’illustre le rapport de 2022 sur la coopération entre l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne et le Conseil de l’Europe — dans la poursuite d’objectifs communs et de priorités stratégiques liés à la promotion et à la protection des droits de l’homme, y compris la nécessité d’éviter les doubles emplois et d’assurer la complémentarité entre les travaux de la FRA et du Conseil de l’Europe;

12.

est d’avis qu’il est utile à la fois pour le Conseil de l’Europe et pour la FRA d’approfondir encore leurs relations, par exemple en élargissant les conventions du Conseil de l’Europe couvertes par l’EFRIS et en invitant la FRA à contribuer aux travaux de la Commission de Venise;

13.

invite la Commission à collaborer étroitement avec le Conseil de l’Europe dans le domaine de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies numériques, y compris leur utilisation appropriée par les services répressifs et leur incidence sur les droits de l’homme, l’état de droit et la démocratie;

14.

invite la Commission à renforcer la coopération et la complémentarité dans tous les domaines liés aux droits de l’homme dans lesquels le Conseil de l’Europe a développé des activités substantielles, telles que la lutte contre la discrimination, la lutte contre la traite des êtres humains, la migration, la justice et l’égalité;

Adhésion de l’UE à d’autres conventions du Conseil de l’Europe et participation aux organes du Conseil de l’Europe et aux agences associées

15.

prône l’alignement le plus large possible de l’Union sur le système de la convention du Conseil de l’Europe par la finalisation de son adhésion à d’autres traités du Conseil de l’Europe qu’elle a déjà signés, tels que la convention d’Istanbul, et en œuvrant en faveur de l’adhésion à d’autres traités auxquels elle n’est pas encore partie, tels que la convention européenne pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants, la convention de Lanzarote, la convention pénale sur la corruption et la convention civile sur la corruption; encourage la Commission et les États membres à progresser sur la voie de l’adhésion de l’Union européenne à la charte sociale européenne et à proposer un calendrier clair pour y parvenir; est convaincu que l’adhésion de l’Union à ces conventions renforcera sa légitimité dans les domaines concernés, favorisera les synergies et facilitera la coopération entre les deux organisations;

16.

se félicite que l’écrasante majorité des conventions négociées au sein du Conseil de l’Europe laissent la possibilité à l’UE d’y adhérer et souligne que l’Union elle-même a joué un rôle majeur dans la négociation de ces conventions;

17.

salue la signature de la convention d’Istanbul par l’Union européenne le 13 juin 2017; souligne que l’adhésion de l’Union à la convention fournira un cadre juridique européen cohérent pour les politiques internes et externes de l’Union visant à prévenir et à combattre la violence à l’égard des femmes et la violence fondée sur le genre, ainsi qu’à protéger et à soutenir les victimes; ajoute que l’adhésion de l’Union lui permettra également d’assurer un meilleur contrôle, une meilleure interprétation et une meilleure mise en œuvre de la législation, des programmes et des fonds de l’Union pertinents pour la convention, ainsi qu’une collecte de meilleure qualité de données ventilées et comparables à l’échelle de l’Union; se félicite, à cette fin, que le Conseil ait accepté de demander au Parlement d’approuver l’adoption des décisions relatives à la conclusion de l’adhésion de l’Union à la convention; invite instamment le Conseil à intensifier les discussions et les procédures afin de garantir la ratification rapide par l’Union de la convention d’Istanbul, qui ne requiert qu’une majorité qualifiée au Conseil; demande à la Commission et au Conseil de veiller à ce que le Parlement soit pleinement associé au processus de suivi de la mise en œuvre de la convention après l’adhésion de l’Union à cette dernière; encourage également vivement les six États membres qui n’ont pas encore ratifié la convention d’Istanbul à le faire sans tarder;

18.

souligne que l’adhésion à certains traités du Conseil de l'Europe permettrait à l’Union de jouer un rôle actif dans les organes de celui-ci, faciliterait la coordination entre l’Union et le Conseil de l’Europe et permettrait, dans certains cas, aux activités des organes du Conseil de l’Europe de couvrir les organes et agences de l’Union; estime que cela pourrait encore améliorer les partenariats et les synergies entre les organisations respectives tout en évitant les chevauchements dans leurs domaines d’action; demande une nouvelle fois à l’Union européenne de devenir membre à part entière du Groupe d’États contre la corruption, au sein duquel l’Union européenne a le statut d’observateur depuis 2019; demande à la Commission d’évaluer la possibilité d’une pleine intégration de l’Union dans la Commission européenne pour l’efficacité de la justice, la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI), le Comité d’experts sur l’évaluation des mesures de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, le Groupe d’experts sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique et le Comité pour la prévention de la torture dès que possible et de tenir le Parlement informé des progrès de cette évaluation;

19.

souligne l’importance particulière d’une coopération étroite avec le Conseil de l’Europe dans la lutte contre les abus sexuels et l’exploitation sexuelle des enfants; souligne l’importance de la convention de Lanzarote en tant que premier traité international qui traite des abus sexuels commis contre des enfants à l’intérieur de leur foyer ou de leur famille et qui est ouvert à l’adhésion de n’importe quel État du monde, renforçant ainsi l’efficacité de la lutte contre ce crime au niveau international; est convaincu que l’Union devrait finaliser son adhésion à cette convention dans les meilleurs délais;

20.

réaffirme l’importance de la coopération en matière pénale, comme la lutte contre la traite des êtres humains et le terrorisme;

21.

juge nécessaire de renforcer encore la coopération dans le domaine des droits de l’homme en lien avec la protection de l’environnement et la lutte contre la criminalité environnementale;

Examen du cadre de la coopération juridique

22.

estime qu’il convient d’examiner le cadre de coopération existant entre l’Union et le Conseil de l’Europe afin de prendre la mesure des changements apportés par le traité de Lisbonne et de l’évolution des relations entre les deux organisations; suggère, à cet égard, de réexaminer le Mémorandum d’accord de 2007 en analysant quels domaines de coopération ont été couronnés de succès et lesquels auraient besoin d’un renforcement et d’une extension de la coopération, afin de le transformer en principal instrument juridique de coordination globale de la coopération entre l’Union et le Conseil de l’Europe; propose, en outre, de compléter ce Mémorandum par des conventions d’action sur des questions spécifiques;

23.

se félicite du processus de réflexion du Comité des ministres et de l’APCE sur la poursuite du renforcement de la concertation, de la coordination, du dialogue politique et de la coopération technique avec l’Union européenne, en mettant l’accent sur les questions liées à la démocratie, à la sécurité et à l’état de droit;

24.

espère que, sur la base de ce processus, ainsi que des travaux du groupe de réflexion de haut niveau du Conseil de l’Europe, le quatrième sommet des chefs d’État et de gouvernement des États membres du Conseil de l’Europe, qui se tiendra à Reykjavik (Islande) les 16 et 17 mai 2023, présentera également des conclusions claires sur la coopération et les relations futures entre le Conseil de l’Europe et l’Union;

25.

soutient la tenue du quatrième sommet des chefs d’État et de gouvernement du Conseil de l’Europe, et demande au secrétariat général du Conseil de l’Europe d’inviter des représentants de l’Union européenne à participer à ce sommet en qualité d’observateurs; invite par ailleurs le Conseil européen à associer le Conseil de l’Europe à la préparation des sommets de la Communauté politique européenne;

Partenariat relatif au mécanisme de l’Union pour la démocratie, l’état de droit et les droits fondamentaux

26.

réaffirme sa position (8) sur la nécessité d’établir un mécanisme pour la démocratie, l’état de droit et les droits fondamentaux se rapportant à toutes les valeurs définies à l’article 2 du traité UE; souligne que ce mécanisme devrait mettre l’expérience et l’expertise du Conseil de l’Europe à profit; rappelle que le Parlement a également exprimé la nécessité d’associer étroitement le Conseil de l’Europe et ses organes compétents à ce mécanisme, notamment au moyen d’un partenariat plus structuré, dans ses résolutions du 24 juin 2021 et du 19 mai 2022 sur les rapports 2020 et 2021 sur l’état de droit de la Commission;

27.

est d’avis, compte tenu de ce qui précède, que l’Union et le Conseil de l’Europe devraient conclure un accord spécifique sur le mécanisme pour la démocratie, l’état de droit et les droits fondamentaux se rapportant à toutes les valeurs définies à l’article 2 du traité UE;

28.

insiste sur le fait que l’Union devrait s’appuyer sur la grande expertise et les pratiques opérationnelles reconnues des organes du Conseil de l’Europe en matière de droits de l’homme, de libertés fondamentales, de droits des personnes appartenant à des minorités, de lutte contre la corruption et d’amélioration des processus judiciaires; souligne que, compte tenu de la coopération étendue sur les questions de l’état de droit et du recours massif de l’Union aux critères de référence du Conseil de l’Europe, la coopération existante devrait être plus formalisée et structurée, garantissant ainsi une meilleure coopération et une visibilité accrue pour les activités du Conseil de l’Europe;

29.

reconnaît le travail et l’expertise importants de la Commission de Venise pour améliorer le fonctionnement des institutions démocratiques et le respect des droits fondamentaux, le fonctionnement des systèmes judiciaires et l’organisation d’élections et de référendums; encourage la poursuite de la coopération entre l’Union et la Commission de Venise, y compris dans le contexte du processus d’élargissement de l’Union;

30.

rappelle qu’au cours du processus d’évaluation des progrès réalisés par les pays candidats sur la voie de l’adhésion, fondé sur les critères de Copenhague, le suivi systématique par la Commission de la situation dans les pays candidats a utilisé dans une large mesure les normes élaborées par le Conseil de l’Europe, y compris l’expertise et les avis publiés par la Commission de Venise;

31.

rappelle que l’Union européenne considère que la mise en œuvre de la CCPMN par les pays candidats constitue un élément important des critères d’adhésion pour la protection des minorités et reconnaît le rôle important joué par la CCPMN dans le processus d’intégration européenne; souligne que la CCPMN reste un point de référence majeur pour la vie démocratique de l’Union; est fermement convaincu que, dans un souci de cohérence, de maintien et de promotion des normes démocratiques, ainsi que d’engagement en faveur de la protection des minorités en tant que principe général commun de droit à l’échelle de l’Union, l’Union européenne devrait intégrer les normes de la CCPMN dans son contrôle de l’état de droit et des droits fondamentaux dans l’Union; souligne qu’une coopération renforcée dans le domaine des droits des minorités permettrait certainement de renforcer le respect des normes et des recommandations du Conseil de l’Europe, mais permettrait également de mieux cibler les financements, y compris dans le contexte de l’élargissement ou de la reconstruction après conflit;

32.

réitère, par conséquent, son appel à ce que l’Union européenne adhère à la CCPMN et à la charte européenne des langues régionales ou minoritaires (CELRM) (9) et se prononce en faveur de liens juridiques plus étroits entre l’Union européenne et le Conseil de l’Europe sur les droits des minorités, notamment dans la perspective du processus d’élargissement aux Balkans occidentaux, à la Turquie, à l’Ukraine, à la Moldavie et à la Géorgie;

33.

appelle de ses vœux une collaboration stratégique et bien coordonnée entre l’Union et le Conseil de l’Europe pour s’attaquer aux problèmes généralisés et graves d’exclusion, de discrimination et de pauvreté auxquels sont confrontés les Roms en Europe, ainsi que des synergies accrues entre les activités menées dans le cadre du plan d’action stratégique du Conseil de l’Europe pour l’intégration des Roms et des gens du voyage (2020-2025) et du cadre stratégique de l’Union en faveur des Roms pour la période 2020-2030;

34.

demande le renforcement de la coopération institutionnelle entre l’Union et le Conseil de l’Europe sur l’égalité entre les hommes et les femmes et les droits des femmes, en luttant contre la discrimination à l’égard des personnes LGBTI+ et contre la violence fondée sur le genre;

35.

note que l’Union et le Conseil de l’Europe devraient continuer à coopérer sur les questions liées au soutien au travail des journalistes, à la protection de la liberté des médias, à la lutte contre les discours haineux et la diffusion de la désinformation à des fins de manipulation et à l’ingérence étrangère et nationale dans les processus électoraux; estime que l’Union devrait s’appuyer sur le travail de qualité de la plateforme pour la protection du journalisme et la sécurité des journalistes et coopérer étroitement avec le comité directeur sur les médias et la société de l’information; souligne qu’il importe de promouvoir un environnement favorable à la liberté d’expression en Europe, aussi bien hors ligne qu’en ligne, conformément à la recommandation du Conseil de l’Europe du 7 mars 2018 sur le pluralisme des médias et la transparence de leur propriété;

36.

estime qu’il est nécessaire d’améliorer la coopération institutionnelle entre l’UE et le Conseil de l’Europe en promouvant davantage la démocratie locale et régionale ainsi que la coopération régionale et transfrontalière;

Coopération dans le domaine de l’éducation, de la culture et de la diversité linguistique

37.

fait remarquer que l’article 165, paragraphe 3, et l’article 167, paragraphe 3, du traité FUE chargent expressément l’Union d’établir toutes les formes appropriées de coopération avec le Conseil de l’Europe dans les domaines de l’éducation, du sport et de la culture; rappelle le remarquable travail effectué par les institutions du Conseil de l’Europe, qui devraient servir de base fondamentale pour les projets de l’Union dans ce domaine;

38.

souligne l’importance de l’éducation dans la consolidation d’une culture du respect des droits de l’homme, de la démocratie et de l’état de droit dans nos sociétés; salue le travail important accompli par le Conseil de l’Europe au moyen de son cadre de référence des compétences pour une culture de la démocratie; invite l’Union à renforcer son engagement auprès du Conseil de l’Europe dans ce domaine; encourage la mise en place d’un cadre de référence commun pour l’éducation civique, qui mettrait l’accent sur la démocratie, l’état de droit et les droits de l’homme;

39.

se félicite du succès du Cadre européen commun de référence pour les langues, qui est devenu incontournable dans l’évaluation des compétences linguistiques;

40.

rappelle que, parallèlement au respect de la diversité culturelle et religieuse, le respect de la diversité linguistique est une valeur fondamentale de l’Union, comme le prévoient l’article 22 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et l’article 3 du traité UE; rappelle également que l’Union est chargée de soutenir les États membres dans l’apprentissage et la diffusion de leurs langues (article 165, paragraphe 2, du traité FUE) et qu’elle est tenue de respecter, garantir et renforcer la diversité culturelle et linguistique (article 167, paragraphe 1, du traité FUE); souligne que les organes du Conseil de l’Europe pourraient être extrêmement utiles pour atteindre cet objectif;

41.

souligne l’importance de la coopération, en particulier en ce qui concerne la promotion et la protection des langues et des cultures régionales et minoritaires, et attire l’attention sur le fait que l’Union ne peut pas poursuivre efficacement cet objectif sans une coordination adéquate avec les organes du Conseil de l’Europe; souligne que le suivi le plus efficace effectué en Europe dans ce domaine est réalisé au titre de la CELRM, qui constitue le cadre juridique paneuropéen essentiel de référence et qui promeut l’utilisation des langues minoritaires dans la vie publique et privée ainsi que leur enseignement à différents niveaux, y compris au moyen de l’immersion, afin d’en garantir la transmission;

42.

souligne que la Commission devrait tenir compte de ce suivi lorsqu’elle définit ses objectifs, ses orientations financières et ses priorités; insiste également sur le fait qu’il convient à cette fin de consulter régulièrement les services compétents de la Commission et du Conseil de l’Europe; estime qu’une coopération plus étroite entre la Commission et le Comité d’experts de la CELRM améliorerait l’identification horizontale des domaines problématiques qui touchent plusieurs pays à l’échelle de l’Union et permettrait d’aboutir à d’éventuelles solutions grâce au soutien de l’Union;

43.

invite à nouveau (10) la Commission et le Conseil à renforcer la coopération avec le Conseil de l’Europe en vue de promouvoir les valeurs fondamentales de diversité culturelle, de dialogue interculturel et de développement territorial durable de destinations moins connues, tout en préservant, protégeant et revalorisant le patrimoine culturel et naturel de ces sites; invite la Commission à envisager l’adhésion de l’Union à l’accord partiel élargi du Conseil de l’Europe sur les itinéraires culturels; invite la Commission et les États membres à poursuivre les travaux visant à identifier et à cartographier, y compris sous forme numérique, les chemins de Compostelle et les autres itinéraires culturels européens du Conseil de l’Europe, et à marquer les itinéraires vers Saint-Jacques-de-Compostelle qui traversent le continent européen avec les symboles suggérés par le Conseil de l’Europe;

Action extérieure

44.

souligne qu’il importe de renforcer la cohérence et la complémentarité de l’action extérieure de l’Union en matière de droits de l’homme, grâce à une coordination accrue entre l’Union, le Conseil de l’Europe et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE);

45.

se félicite de l’inclusion, dans le plan d’action 2020-2024 de l’Union en faveur des droits de l’homme et de la démocratie, d’un partenariat avec le Conseil de l’Europe afin de garantir le respect universel des obligations de prévention et de lutte contre la violence à l’égard des femmes et des filles découlant des instruments internationaux, et se félicite de la promotion de l’adhésion à la convention du Conseil de l’Europe sur la protection des données;

46.

invite l’Union et la Banque européenne d’investissement à renforcer la coopération formalisée avec la Banque de développement du Conseil de l’Europe pour apporter une assistance immédiate et à long terme aux personnes déplacées et aux réfugiés et pour soutenir la mise en œuvre des stratégies nationales d’intégration des Roms;

47.

encourage la coopération entre l’Union et le Conseil de l’Europe sur des sujets liés à la responsabilité dans la guerre, à la justice et à la reconstruction à la suite de la guerre d’agression injustifiée, non provoquée et illégale menée par la Russie contre l’Ukraine;

Élargissement de l’Union

48.

souligne que le Conseil de l’Europe est un partenaire important dans le processus d’élargissement de l’Union, étant donné qu’il coopère avec l’Union pour aider les pays candidats et candidats potentiels à mener des réformes et à remplir les critères d’adhésion de l’Union sur la stabilité des institutions garantissant la démocratie, l’état de droit, les droits de l’homme et le respect ainsi que la protection des minorités, ainsi que le suivi des progrès dans ces domaines; estime que la coopération entre l’Union et le Conseil de l’Europe dans le domaine de l’élargissement devrait être encore renforcée afin de devenir plus formelle, structurée et systématique;

49.

souligne l’importance de la Commission de Venise dans la fourniture d’une assistance à la réforme du système judiciaire, de la gouvernance et des processus électoraux dans les pays candidats et candidats potentiels; souligne que l’Union devrait impérativement veiller à ce que les pays candidats à l’adhésion respectent toutes ses recommandations sur la voie de l’adhésion;

Coopération parlementaire

50.

reconnaît l’importance de l’APCE en tant que partenaire qui est à l’origine de nombreuses conventions du Conseil de l’Europe qui ont jeté les bases juridiques de la protection des droits de l’homme en Europe et au-delà (y compris la CEDH) et qui continue de jouer un rôle important dans la défense de la démocratie et des droits fondamentaux en contrôlant d’autres organisations et en aidant les États membres à se conformer aux normes en matière de droits de l’homme;

51.

se félicite à ce titre de l’efficacité de la coopération des assemblées parlementaires de l’OSCE et du Conseil de l’Europe avec le Parlement européen dans les missions d’observation électorale;

52.

reconnaît le travail fondamental effectué par l’Assemblée, qui mérite d’être porté à l’attention des citoyens et qui a su gagner le respect de l’Union européenne;

53.

se félicite de l’appel (11) lancé par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe pour:

(a)

l’organisation de réunions régulières entre les présidents, secrétaires généraux et présidents de commissions respectifs, ainsi qu’entre le Comité présidentiel de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et la Conférence des présidents du Parlement européen;

(b)

l’organisation de réunions et d’événements conjoints au niveau des commissions et/ou des délégations du Parlement européen pour les relations avec les pays tiers;

(c)

l’invitation réciproque des rapporteurs à apporter leur contribution à leurs travaux respectifs;

(d)

le renforcement du dialogue et de la coordination avec l’APCE dans les domaines étant apparus comme des enjeux majeurs pour les sociétés européennes;

54.

conclut que, compte tenu de l’importance croissante que revêt la démocratie parlementaire aux termes du traité de Lisbonne, la coopération parlementaire entre l’Union européenne et le Conseil de l’Europe pourrait être approfondie et, sur la base des articles 223 et 225 de son règlement intérieur, propose la création d’une délégation interparlementaire pour une coopération renforcée, afin d’améliorer l’élaboration de la législation dans les domaines d’activité communs, d’organiser des activités de sensibilisation et de garantir un échange réciproque sur les activités et le fonctionnement de l’autre partie, et de contribuer à une diffusion plus systématique de l’information et à un dialogue plus structuré et régulier;

55.

invite la Commission à entamer une révision du mémorandum d’accord de 2007 afin de tenir compte des nouvelles compétences que l’Union a acquises avec l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, ainsi qu’à formaliser le partenariat stratégique de coopération qui s’est consolidé entre les deux institutions, en particulier dans le domaine de l’état de droit, de la démocratie et des droits fondamentaux, y compris les droits des minorités; est d’avis que ce document stratégique devrait également être rendu opérationnel et complété par l’adoption d’accords supplémentaires en vue d’une action conjointe sur des questions spécifiques entre différents organes de l’Union et du Conseil de l’Europe;

o

o o

56.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, à l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne ainsi qu’au Conseil de l’Europe.

(1) JO C 161 E du 31.5.2011, p. 72.

(2) JO C 215 du 19.6.2018, p. 162.

(3) JO C 395 du 29.9.2021, p. 2.

(4) JO C 81 du 18.2.2022, p. 27.

(5) JO C 479 du 16.12.2022, p. 18.

(6) Lignes directrices sur les relations entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne, annexées au plan d’action du sommet de Varsovie du Conseil de l’Europe (CM(2005)80 final) du 17 mai 2005.

(7) Résolution du Parlement européen du 19 mai 2010 sur les aspects institutionnels de l’adhésion de l’Union européenne à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales (JO C 161 E du 31.5.2011, p. 72).

(8) Résolution du Parlement européen du 25 octobre 2016 contenant des recommandations à la Commission sur la création d’un mécanisme de l’Union pour la démocratie, l’état de droit et les droits fondamentaux (JO C 215 du 19.6.2018, p. 162) et Résolution du Parlement européen du 7 octobre 2020 sur la création d’un mécanisme de l’Union pour la démocratie, l’état de droit et les droits fondamentaux (JO C 395 du 29.9.2021, p. 2).

(9) Résolution du Parlement du 13 novembre 2018 sur les normes minimales pour les minorités dans l’Union européenne (JO C 363 du 28.10.2020, p. 13).

(10) Résolution du Parlement européen du 14 décembre 2022 sur la mise en œuvre du nouvel agenda européen de la culture et de la stratégie de l’Union européenne dans le domaine des relations culturelles internationales (Textes adoptés de cette date, P9_TA(2022)0444).

(11) Résolution 2430 (2022) de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe du 26 avril 2022 intitulée «Au-delà du traité de Lisbonne: renforcer le partenariat stratégique entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne».


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/442/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


Documents similaires

Initiative législative52023IE0430

Initiative législative — 52023IE0430

14/12/2023

Initiative législative52023IE0848

Initiative législative — 52023IE0848

14/12/2023

Initiative législative52023IE1864

Initiative législative — 52023IE1864

14/12/2023

Initiative législative52023IE1906

Initiative législative — 52023IE1906

14/12/2023

← Retour au droit européenVoir aussi sur EUR-Lex →