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Initiative législative — 52023IP0105

CELEX52023IP0105
TypeInitiative législative
Datemardi 18 avril 2023

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2023/444

1.12.2023

P9_TA(2023)0105

Administration en ligne: accélérer la transition numérique des services publics qui étayent le fonctionnement du marché intérieur

Résolution du Parlement européen du 18 avril 2023 sur l’administration en ligne: accélérer les services publics numériques à l’appui du fonctionnement du marché unique européen (2022/2036(INI))

(C/2023/444)

Le Parlement européen,

—

vu la communication de la Commission européenne du 19 avril 2016 intitulée «Plan d’action européen 2016-2020 pour l’administration en ligne — Accélérer la mutation numérique des administrations publiques» (COM(2016)0179),

—

vu sa résolution du 16 mai 2017 sur le Plan d’action européen 2016-2020 pour l’administration en ligne (1),

—

vu la déclaration de Tallinn sur l’administration en ligne signée le 6 octobre 2017, lors de la réunion ministérielle qui s’est tenue au cours de la présidence estonienne du Conseil de l’Union européenne,

—

vu l’enquête des Nations unies de 2022 sur l’administration en ligne,

—

vu l’étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) intitulée «The e-leaders Handbook on the Governance of Digital Government» [Manuel des dirigeants en ligne sur la gouvernance de l’administration numérique],

—

vu la déclaration de Berlin sur la société numérique et la transformation numérique basée sur des valeurs du 8 décembre 2020,

—

vu le rapport spécial de la Cour des comptes européenne sur l’administration en ligne pour les entreprises,

—

vu la communication de la Commission du 19 février 2020 intitulée «Une stratégie européenne pour les données» (COM(2020)0066),

—

vu sa résolution du 25 mars 2021 sur une stratégie européenne pour les données (2),

—

vu la communication de la Commission du 9 mars 2021 intitulée «Une boussole numérique pour 2030: l’Europe balise la décennie numérique» (COM(2021)0118),

—

vu le document de travail des services de la Commission du 28 juillet 2022 sur l’indice relatif à l’économie et à la société numériques (DESI) 2022 (SWD(2022)0205),

—

vu la directive 2014/24/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 sur la passation des marchés publics et abrogeant la directive 2004/18/CE (3),

—

vu le règlement d’exécution (UE) 2019/1780 de la Commission du 23 septembre 2019 établissant les formulaires types pour la publication d’avis dans le cadre de la passation de marchés publics et abrogeant le règlement d’exécution (UE) 2015/1986 («formulaires électroniques») (4),

—

vu le règlement (UE) 2018/1724 du Parlement européen et du Conseil du 2 octobre 2018 établissant un portail numérique unique pour donner accès à des informations, à des procédures et à des services d’assistance et de résolution de problèmes, et modifiant le règlement (UE) no 1024/2012 (5),

—

vu la directive (UE) 2019/1024 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 concernant les données ouvertes et la réutilisation des informations du secteur public (refonte) (6) («Directive sur les données ouvertes»),

—

vu le règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données, et abrogeant la directive 95/46/CE (règlement général sur la protection des données) (7),

—

vu le règlement (UE) 2021/694 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2021 établissant le programme pour une Europe numérique et abrogeant la décision (UE) 2015/2240 (8),

—

vu le règlement (UE) 2021/241 du Parlement européen et du Conseil du 12 février 2021 établissant la facilité pour la reprise et la résilience (9),

—

vu la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant l’environnement de guichet unique de l’Union européenne pour les douanes et modifiant le règlement (UE) no 952/2013 (COM(2020)0673 final),

—

vu la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil sur la gouvernance européenne des données (acte sur la gouvernance des données) (COM(2020)0767),

—

vu la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) no 910/2014 en ce qui concerne l’établissement d’un cadre européen relatif à une identité numérique (COM(2021)0281 final),

—

vu la proposition de décision du Parlement européen et du Conseil établissant le programme d’action à l’horizon 2030 «La voie à suivre pour la décennie numérique» (COM(2021)0574),

—

vu la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil fixant des règles harmonisées pour l’équité de l’accès aux données et de l’utilisation des données (règlement sur les données) (COM(2022)0068),

—

vu la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à l’espace européen des données de santé (COM(2022)0197),

—

vu le rapport du Centre commun de recherche intitulé «GovTech Practices in the EU» [Pratiques en lien avec la GovTech dans l’Union européenne],

—

vu le document de recherche de la direction générale des politiques internes de l’Union du Parlement européen intitulé «The Digital Single Market and the digitalisation of the public sector — GovTech and other innovations in public procurement» [Le marché unique numérique et la transition numérique du secteur public — la GovTech et les autres innovations relatives à la passation des marchés publics],

—

vu le rapport du groupe des sages de mars 2022 sur la réforme de l’union douanière de l’Union européenne,

—

vu le rapport spécial 04/2021 de la Cour des comptes européenne du 30 mars 2021 intitulé «Contrôles douaniers: un manque d’harmonisation préjudiciable aux intérêts financiers de l’UE»,

—

vu l’article 54 de son règlement intérieur,

—

vu l’avis de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures,

—

vu le rapport de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs (A9-0065/2023),

A.

considérant qu’une transition numérique efficace de l’administration publique accroît la productivité et la résilience du secteur public (10), améliore la qualité des services publics et permet de réduire les coûts et de libérer le potentiel des entreprises, en particulier pour les petites et moyennes entreprises (PME), qui constituent l’épine dorsale du marché unique;

B.

considérant que les services publics devraient satisfaire aux besoins de leurs utilisateurs, être accessibles en ligne, y compris pour les personnes handicapées ou âgées, et être dotés d’outils faciles à comprendre et à utiliser ainsi que de normes élevées en matière de sécurité, de protection des données et de respect de la vie privée;

C.

considérant que, conformément au règlement (UE) 2021/241 établissant la facilité pour la reprise et la résilience, chaque État membre devrait consacrer 20 % de sa dotation au titre de la facilité pour la reprise et la résilience à la transition numérique; que la Commission devrait évaluer et mesurer correctement les résultats et les avantages de la transition numérique pour les citoyens et les entreprises;

D.

considérant qu’une identité numérique sûre et respectueuse de la vie privée est importante pour permettre aux particuliers d’interagir avec les gouvernements et les entreprises dans l’ensemble du marché unique européen;

E.

considérant que selon les estimations, et malgré une tendance à la baisse, 42 % des Européens manquent encore de compétences numériques élémentaires, ce qui rend nécessaire l’organisation de campagnes d’information et de formation pour les citoyens;

F.

considérant que les mesures en lien avec le numérique prises par les pouvoirs publics durant la pandémie de COVID-19 afin d’organiser les tests, la vaccination ou la traçabilité des voyages ont mis en exergue le rôle crucial que joue l’accès à internet et aux services publics électroniques pour tous;

G.

considérant qu’en 2019, les achats publics de biens et de services ont représenté environ 12 % des dépenses publiques dans l’EU-27, soit 774 milliards d’euros;

H.

considérant que l’accessibilité et l’interopérabilité des données dans le cadre des marchés publics contribueront également à lutter contre la fraude et à améliorer la transparence, les performances des marchés publics et la coopération transfrontière;

I.

considérant que quelque 250 000 agences publiques, dans l’Union, dépensent environ 14 % du PIB de l’Union au moyen de marchés publics;

J.

considérant que la Cour des comptes européenne, dans son rapport spécial sur l’administration en ligne, recommande à la Commission de renforcer le cadre de mise en œuvre afin d’encourager les États membres à achever le lancement des services d’administration en ligne et à définir une stratégie d’ensemble pour la promotion efficace de ces services;

L’administration en ligne dans le marché unique numérique

1.

souligne que, pour renforcer le marché unique, il est nécessaire de procéder à une transformation numérique qui augmente la disponibilité des services publics en ligne; rappelle que l’administration en ligne devrait améliorer la prestation de services publics et la participation des citoyens, renforcer la transparence de l’administration et former le socle, grâce à une utilisation efficace des données, d’une plus grande responsabilisation des pouvoirs publics; rappelle que l’administration en ligne facilite les relations avec les citoyens, les entreprises, les salariés et les gouvernements, et se félicite de la création d’une identité numérique européenne;

2.

fait valoir que la transformation numérique devrait contribuer à une meilleure réglementation dans tous les secteurs du marché intérieur en permettant une évaluation de la réglementation actuelle et à venir fondée sur des données probantes et en recensant plus efficacement les lacunes réglementaires et les obstacles superflus. invite la Commission et les États membres à tirer parti de la transition numérique et à fournir des indicateurs mesurables des incidences et des résultats des projets, des réglementations et des investissements;

3.

souligne que la transition numérique devrait faire partie intégrante et intégrée de toutes les politiques et procédures administratives des pouvoirs publics; estime que l’administration en ligne devrait être le principal mode de fonctionnement des services publics, lesquels devraient dans le même temps demeurer pleinement accessibles à tous les citoyens;

4.

invite la Commission et les États membres à continuer d’encourager la collaboration transfrontière entre les administrations publiques, y compris en menant des campagnes de sensibilisation et en remettant des récompenses telles que les «Sharing and reuse awards» [Prix du partage et de la réutilisation] (11);

5.

est fermement convaincu que la poursuite du développement des services publics numériques peut contribuer de manière significative à la réduction des obstacles administratifs pour les entrepreneurs, en particulier les micro, petites et moyennes entreprises; invite les États membres à redoubler d’efforts pour poursuivre la transition numérique des services publics;

6.

rappelle que, selon la recommandation du Conseil sur le gouvernement ouvert de l’OCDE (2017), la participation des parties prenantes à la mise au point et à la mise en place des politiques publiques et des services publics peut rendre les pouvoirs publics plus responsables de leurs actes, élargir les moyens d’action de la population et son influence sur les décisions, renforcer les capacités civiques, enrichir les données probantes sur lesquelles fonder l’action publique, réduire les coûts de mise en œuvre et permettre de mobiliser des réseaux et des écosystèmes plus larges au service de l’innovation dans l’action publique et dans la prestation des services publics;

7.

souligne qu’il est nécessaire de partager les bonnes pratiques de l’Union et de pays tiers en matière d’exécution, de mise en œuvre et de suivi des stratégies et des plans d’administration en ligne; invite la Commission à recenser, analyser et publier les bonnes pratiques en matière d’administration en ligne des États membres et d’autres pays;

8.

estime que les services d’administration numérique devraient être constamment mis à jour pour refléter les besoins des utilisateurs; souligne que donner la possibilité aux utilisateurs de faire des remarques et mettre en pratique celles qui sont pertinentes devrait être la norme dans le fonctionnement de toutes les administrations;

9.

souligne que la fourniture de services publics numériques implique l’utilisation de données à caractère personnel et invite dès lors la Commission et les États membres à accorder une attention particulière à la protection des données à caractère personnel des personnes physiques, en particulier des données sensibles telles que les données médicales et les listes électorales, et à veiller à ce que la prestation de services publics numériques respecte pleinement le règlement général sur la protection des données; signale que les niveaux les plus élevés de protection des données sont nécessaires pour favoriser la confiance dans les institutions et les services publics numériques et pour encourager le recours à ces institutions et services;

10.

fait remarquer que les pouvoirs publics devraient veiller au respect des normes les plus exigeantes en matière de cybersécurité lors du traitement des données à caractère personnel, afin de protéger les citoyens des utilisations abusives ou des fuites de ces données, en particulier au vu de l’instabilité croissante des situations politiques internationales et des attaques ciblant les sites web publics; estime que cela devrait inclure le cloisonnement et le cryptage des données sensibles, telles que les données biométriques;

11.

invite la Commission à recueillir et à faciliter l’échange de technologies, d’expériences, d’enseignements et de bonnes pratiques en matière d’administration en ligne pendant la pandémie de COVID-19, en particulier en ce qui concerne l’accessibilité et la protection des données, afin de mettre en place des institutions résilientes préparées aux crises futures;

12.

fait remarquer que les solutions numériques, les procédures administratives simplifiées et les mesures adoptées pendant la crise de la COVID-19 qui ont alors montré leur efficacité devraient être maintenues, en particulier la dématérialisation des procédures administratives, lorsqu’il y a lieu;

13.

souligne que la connectivité et une couverture internet à haut débit stable, en particulier sur les îles et dans les zones rurales, revêtent une importance capitale pour le développement de l’administration en ligne; invite dès lors la Commission à garantir la présence des infrastructures nécessaires à l’accès à l’internet à haut débit, y compris grâce à la fibre jusqu’au foyer, en coopération avec les États membres; rappelle que tous les États membres sont tenus, en vertu de la section du code des communications électroniques européen relative aux obligations de service universel (OSU), de garantir l’accès au haut débit à tous les ménages; encourage les États membres à recourir à la possibilité de fournir des services relevant des OSU non seulement par l’intermédiaire de fournisseurs d’accès fixe, mais également par celui de fournisseurs d’accès à l’internet mobile; prie les États membres d’accentuer leurs efforts de protection de leurs infrastructures, y compris de leurs câbles sous-marins;

14.

souligne que sans amélioration des compétences numériques et de l’habileté numérique, en particulier chez les personnes âgées, handicapées ou économiquement défavorisées, il ne sera pas possible de construire le marché unique numérique européen; invite dès lors la Commission à mettre résolument en œuvre le plan d’action en matière d’éducation numérique, notamment en publiant les bonnes pratiques des différents États membres et d’autres pays et en créant un cadre pour la comparaison, le suivi et l’évaluation des résultats des politiques d’éducation numérique dans l’Union; souligne l’importance, pour les systèmes éducatifs et l’apprentissage non formel sur le lieu de travail, de répondre aux besoins du marché et de la société;

15.

rappelle que la surveillance de la transition numérique des services publics, dont l’administration en ligne, devrait également être axée sur les effets qu’a la transition numérique sur les utilisateurs et sur les changements à long terme qu’elle implique dans la société, et que la transition numérique ne devrait pas être une fin en soi mais plutôt un outil destiné à produire de meilleurs résultats pour les utilisateurs; signale que la transition numérique devrait permettre de réduire la bureaucratie et de fournir des services d’administration publique plus rapides, plus efficaces et au coût moindre;

16.

se félicite des objectifs numériques ambitieux fixés dans le programme d’action pour 2030 intitulé «La voie à suivre pour la décennie numérique», qui tiennent compte des contextes nationaux différents des États membres; estime qu’une coopération étroite et une consultation entre les États membres et avec les parties prenantes sera nécessaire pour atteindre ces objectifs; souligne l’importance du rapport annuel sur l’état d’avancement de la décennie numérique, en particulier des informations relatives aux stratégies, aux initiatives et aux programmes nationaux pertinents et à leurs retombées sur les utilisateurs;

17.

estime que la santé en ligne recèle un potentiel inexploité et se félicite dès lors de l’intention de la Commission de créer un espace européen des données de santé; souligne, en outre, que les dossiers médicaux électroniques peuvent être extrêmement utiles pour stimuler la recherche transfrontière, fournir des soins de santé transfrontières et honorer la promesse faite aux citoyens européens de pouvoir accéder à leurs données de santé et les échanger par-delà les frontières; souligne que le plus haut niveau de protection des données s’impose dans ce domaine; estime nécessaire que les services de santé en ligne respectent des normes élevées en matière de sûreté et de sécurité, ce qui ne peut se faire sans supervision humaine; prie instamment la Commission et les États membres de mesurer correctement les résultats afin de s’assurer que les avantages pour les particuliers sont bien réels et de créer une base de comparaison et de recensement des bonnes pratiques;

18.

souligne que l’objectif de la justice en ligne est d’améliorer et de simplifier l’accès à l’information dans le domaine de la justice, ainsi que de soutenir la dématérialisation des procédures judiciaires et extrajudiciaires transfrontières; relève toutefois que, pendant la pandémie de COVID-19, les consommateurs et les entrepreneurs ont eu un accès limité aux tribunaux; estime dès lors qu’il est nécessaire d’améliorer la stratégie et le plan d’action concernant la justice en ligne européenne pour la période 2019-2023 au moyen de plans visant à poursuivre la transition numérique et à permettre l’adaptation à d’éventuelles crises futures, l’objectif étant de garantir un accès résilient, transparent et sans entrave aux systèmes de justice, par exemple par l’intermédiaire du système d’administration en ligne;

19.

souligne que le recours à des solutions numériques lors des procédures civiles d’exécution peut à la fois réduire considérablement les coûts de l’évasion fiscale et accélérer ces procédures; invite la Commission à évaluer comment les solutions numériques peuvent réduire les coûts que représentent les procédures civiles d’exécution pour les consommateurs;

20.

estime qu’il est nécessaire d’associer la participation aux procédures de consultation publique et le système d’administration en ligne; invite la Commission et les États membres à garantir l’accès à la procédure de consultation publique au moyen de services publics numériques;

21.

fait valoir que les particuliers se sont habitués à faire des achats et à recourir à des services en ligne, qui leur permettent de satisfaire leurs besoins en quelques clics seulement; souligne qu’au cours de la pandémie de COVID-19, presque toutes les activités sont passées en ligne, ce qui a modifié les comportements des citoyens, lesquels s’attendent désormais à ce que les services publics soient accessibles en ligne; estime que les contacts et les services de l’administration publique devraient répondre aux attentes des citoyens et avoir pour objectif d’être pratiques et efficaces;

22.

invite la Commission à présenter des recommandations pour permettre aux particuliers de suivre les procédures administratives qui les concernent et de dialoguer avec les parties prenantes lors de la conception et de la fourniture de services d’administration en ligne;

23.

fait remarquer que de très nombreuses personnes, en Europe, utilisent des appareils portables et que nombre d’entre elles ne disposent pas d’un ordinateur de bureau fixe ni d’un ordinateur portable de grande taille; souligne que les sites web et les services publics devraient être pleinement compatibles avec les navigateurs mobiles et la taille limitée de l’écran sur la plupart des appareils; fait remarquer également que de moins en moins de personnes ont une imprimante chez elles et demande aux administrations de veiller à ce que les formulaires puissent être remplis, signés et soumis sans qu’il soit nécessaire d’imprimer;

24.

note qu’en raison du manque de copies physiques des documents des services publics, ces derniers doivent assurer un stockage sécurisé des documents officiels dans le nuage et veiller à ce que tous les documents soient conservés aussi longtemps qu’une base juridique l’exige et qu’ils ne soient pas effacés, sauf par les citoyens eux-mêmes; souligne la nécessité de donner un moyen légal aux familles d’accéder aux documents officiels des membres de la famille décédés, y compris la liste des biens immobiliers, les documents fiscaux et d’autres documents essentiels;

Le rôle de l’administration en ligne dans la stimulation de l’activité, en particulier des PME

25.

souligne qu’il importe de supprimer les obstacles qui subsistent au sein du marché unique et fait valoir qu’améliorer l’accès des entreprises innovantes aux financements encouragera leur entrée sur le marché et leur croissance, ainsi que la concurrence; estime que l’administration en ligne pourrait contribuer à accélérer cette transition; observe également l’importance de l’accès transfrontière en ligne à l’information, aux procédures administratives et aux services d’assistance pour les entreprises et les consommateurs de l’Union; souligne, à cet égard, la nécessité de garantir l’interopérabilité afin d’éviter la fragmentation et de permettre une prestation sans accroc de services numériques dans l’ensemble du marché intérieur de l’Union;

26.

souligne que les registres fonciers ne sont pas entièrement numérisés dans les États membres et qu’il est fréquent que les données provenant des registres fonciers ne correspondent pas à l’état réel des biens immobiliers, ce qui donne lieu à des actes juridiques problématiques; demande la numérisation complète des registres fonciers dans les meilleurs délais;

27.

souligne le rôle de l’administration en ligne dans la délivrance des permis de construire; estime que des progrès significatifs devraient être accomplis en ce qui concerne la simplification des demandes de permis de construire et le raccourcissement des délais de délivrance à chaque étape de la construction, depuis le permis de construire jusqu’à l’inspection finale;

28.

invite la Commission à encourager l’interconnexion entre les registres du commerce de tous les États membres afin de faciliter la transparence et la disponibilité d’informations actualisées et de déclarations financières sur les entreprises et les bénéficiaires effectifs;

29.

rappelle que des investissements sans précédent dans la transition numérique, y compris dans l’administration en ligne, attirent les comportements illicites; invite la Commission et les États membres à permettre un accès transparent et gratuit aux données, contrats, documents et bases de données publiques, y compris le libre accès aux registres du commerce, aux états financiers des entreprises et aux informations sur les bénéficiaires effectifs, ce qui contribuerait à la lutte contre la corruption, y compris contre l’utilisation abusive des ressources de l’Union;

30.

souligne le rôle important que joue la GovTech dans le développement des innovations en matière d’administration en ligne; en signale les principaux aspects, à savoir des services publics centrés sur les citoyens et accessibles à tous, une approche interministérielle de la conversion à l’administration numérique et des systèmes publics simples, efficaces et transparents; encourage les États membres à mettre en place des programmes GovTech pour promouvoir la transparence, l’innovation et les avantages pour les utilisateurs; se félicite de l’initiative qui vise à développer le marché européen des technologies GovTech dans le cadre du programme pour une Europe numérique, en mettant fortement l’accent sur les PME et les jeunes pousses;

31.

soutient l’automatisation accrue des services internes aux administrations et des services entre les administrations, les régulateurs et les entreprises privées; souligne la nécessité pour les pouvoirs publics de créer des interfaces de programmation d’application (API) permettant la saisie directe de données par des moyens automatisés ou autres;

32.

soutient également la création d’espaces d’expérimentation gouvernementaux pour tester de nouveaux moyens de dialoguer avec les utilisateurs et mettre au point des innovations dans le domaine de l’administration en ligne;

33.

encourage les pouvoirs publics à se concentrer davantage sur les données et à utiliser les données disponibles pour mieux prévoir les demandes et besoins des utilisateurs et s’y adapter, tout en respectant le RGPD;

34.

rappelle que, conformément au programme d’action à l’horizon 2030 intitulé «La voie à suivre pour la décennie numérique», les États membres doivent atteindre l’objectif consistant à ce que 100 % des services publics essentiels soient fournis en ligne aux citoyens et aux entreprises de l’Union, ce qui permettra de réduire considérablement la charge administrative pesant sur les entreprises et d’accroître la qualité et l’efficacité des services publics;

Passation électronique des marchés publics et douane électronique

35.

estime que le plein accès aux données relatives aux marchés publics pourrait considérablement améliorer la probité publique, promouvoir l’innovation et soutenir les objectifs du marché unique, ainsi que renforcer la transparence et la responsabilité en matière de dépenses publiques; invite à cet égard la Commission à envisager d’inclure les marchés publics dans la liste des «ensembles de données de forte valeur» au titre de la directive sur les données ouvertes, dans le respect des obligations légales, dont les exigences en matière de protection des données et la confidentialité des secrets commerciaux; invite la Commission à évaluer l’efficacité des règles en matière de marchés publics en ce qui concerne les délais, et à publier les bonnes pratiques à cet égard;

36.

signale que l’un des objectifs de la passation électronique des marchés publics devrait être de simplifier les tâches des pouvoirs adjudicateurs lors de la conduite des procédures de passation de marchés et de faciliter la participation des entreprises tout en accroissant l’efficacité de ces procédures et l’obligation redditionnelle les concernant; estime à cet égard que l’interopérabilité des systèmes de passation de marchés et des systèmes de données ouvertes peut s’avérer utile;

37.

souligne la nécessité d’améliorer l’évaluation des résultats, des progrès et des incidences des politiques d’ouverture des données; note que, du point de vue des pouvoirs publics, il demeure essentiel de soutenir les investissements destinés à ouvrir les données publiques en s’appuyant sur un dossier économique solide, afin d’apporter des propositions d’une valeur claire, de présenter les avantages susceptibles d’être obtenus en facilitant l’utilisation des données ouvertes et de démontrer, grâce à des outils d’évaluation ex post, comment appliquer ces avantages;

38.

se félicite de l’initiative de la Commission qui vise à créer un espace européen des données pour les marchés publics en tant que pierre angulaire de la future stratégie en matière de données relatives aux marchés publics; estime qu’une publication améliorée des données relatives aux marchés publics au-dessus et en dessous des seuils de l’Union ainsi que l’amélioration qualitative et l’harmonisation des sources et des formats de données aideront particulièrement la Commission dans cette tâche;

39.

prend acte des 12 indicateurs relatifs aux marchés publics dans le cadre du tableau d’affichage du marché unique; invite la Commission à recenser régulièrement les meilleures pratiques afin d’améliorer la note globale des États membres, y compris en ce qui concerne la passation électronique des marchés publics et les innovations numériques; souligne la nécessité de mesurer également les résultats de la transition numérique à l’échelle mondiale afin d’évaluer correctement les progrès accomplis; enjoint à la Commission d’évaluer régulièrement la stratégie d’administration en ligne grâce à des indices internationaux et de recenser les forces et les faiblesses de l’Union;

40.

invite la Commission à aider les États membres dans la mise en œuvre exhaustive des formulaires électroniques Tenders Electronic Daily, notamment en les encourageant à utiliser ces formulaires pour publier des données sur l’ensemble du cycle de passation de marchés, y compris des données inférieures aux seuils de l’Union et n’entrant pas dans le champ d’application obligatoire;

41.

souligne qu’outre la mise en place de l’infrastructure technique, des outils et des normes appropriés, la transition vers un système complet de passation électronique des marchés publics nécessite d’investir dans la formation et le renforcement des capacités pour les acheteurs publics;

42.

reconnaît l’importance des marchés publics de solutions innovantes et encourage les États membres à les intégrer dans le cadre général des marchés publics électroniques; invite les États membres à améliorer l’interopérabilité des systèmes de passation de marchés, à mettre en œuvre des technologies de pointe, si nécessaire, et à garantir le respect de la législation future;

43.

fait remarquer que la pratique consistant à introduire des recours de façon abusive dans le seul but de faire traîner une procédure électronique de passation de marché public entraîne une incertitude juridique et freine les investissements dans le marché unique; invite la Commission et les États membres à évaluer l’ampleur de l’usage abusif de cet instrument juridique et à envisager des façons d’y remédier tout en garantissant pleinement le droit de recours;

44.

prend acte du potentiel que présentent les codes sources ouverts pour la souveraineté numérique de l’Europe et pour la prévention de la dépendance à l’égard d’un fournisseur, en permettant le partage et la réutilisation de solutions informatiques; invite la Commission et les États membres à surveiller et à mettre à la disposition du public des données sur l’utilisation, dans les administrations publiques, des technologies à code source ouvert;

45.

estime que les procédures douanières électroniques jouent un rôle crucial dans la dématérialisation des services publics et qu’elles sont donc bénéfiques pour les entreprises actives dans le marché unique ainsi que pour les consommateurs; estime que les procédures douanières électroniques peuvent contribuer au bon fonctionnement du marché unique numérique, mais aussi à un échange de données plus efficace entre les autorités des États membres;

46.

se félicite du rapport d’évaluation intermédiaire de la Commission sur la mise en œuvre du règlement (UE) no 952/2013 (12) établissant le code des douanes de l’Union (CDU); invite les États membres à éliminer les risques pour le déploiement ordonné et en temps utile des systèmes électroniques liés à l’entrée et à l’importation des marchandises et des systèmes transeuropéens de transit et d’exportation, ainsi qu’à déployer et à intégrer pleinement les systèmes électroniques prévus dans le CDU d’ici à 2025;

Vers une nouvelle stratégie pour l’administration en ligne

47.

se félicite de l’initiative de la Commission qui vise à créer des espaces européens des données dans différents secteurs, notamment la santé, la justice et les marchés publics; estime qu’il est essentiel que ces espaces des données soient interopérables afin que les consommateurs et les entrepreneurs, en particulier les PME, puissent réaliser pleinement leur potentiel; souligne que l’interopérabilité des espaces des données devrait être le point de départ de toutes les futures stratégies en matière de transition numérique; salue, à cet égard, la proposition législative de la Commission, qui devrait garantir l’interopérabilité des espaces des données dans le marché unique européen;

48.

souligne que l’administration publique numérique devrait être inclusive et par défaut pleinement et facilement accessible aux personnes qui ont des besoins différents, telles que les personnes âgées, handicapées ou économiquement défavorisées, entre autres; fait valoir que les applications d’administration en ligne devraient être résistantes à l’obsolescence, faciles à comprendre et dotées d’interfaces fonctionnelles et simples; invite les États membres à tout mettre en œuvre pour veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte; rappelle aux États membres les obligations qui leur incombent en vertu de l’acte législatif sur l’accessibilité des sites internet, tout en les encourageant à agir au-delà de leurs obligations minimales;

49.

insiste sur l’importance du principe du «numérique par défaut», selon lequel les administrations publiques devraient privilégier la fourniture de services par voie numérique; souligne, dans le même temps, la nécessité d’accompagner les utilisateurs qui ne sont pas en mesure de mener à bien toutes les procédures administratives en ligne ou qui ne le souhaitent pas; demande à tous les pouvoirs publics de veiller à ce que des services soient disponibles pour aider ces utilisateurs à accomplir leurs formalités administratives malgré les limites; souligne que l’administration en ligne ne devrait conduire à l’exclusion d’aucun utilisateur;

50.

souligne que le développement et l’utilisation de l’intelligence artificielle dans l’administration en ligne peuvent présenter des risques aussi bien que des avantages; souligne qu’il faut que les humains restent une composante centrale de la prise de décisions et qu’ils doivent pouvoir passer outre aux décisions automatisées ou les annuler; constate la frustration des citoyens confrontés à des erreurs impossibles à résoudre dans les formulaires de saisie des données sur les sites web publics, ce qui les empêche de soumettre des formulaires en ligne;

51.

demande aux États membres de veiller à ce que leurs cadres juridiques soutiennent et permettent, dans la mesure du possible, l’utilisation de solutions numériques, y compris l’utilisation de signatures numériques et la présentation de copies numériques de documents plutôt que de documents physiques originaux;

52.

souligne l’importance du développement de services publics numériques qui soient respectueux de l’environnement, durables dès la conception et interopérables; estime que les services d’administration en ligne peuvent apporter des avantages pour l’environnement s’ils reposent sur des infrastructures numériques, des processus et des logiciels durables et économes en énergie;

53.

prend acte des résultats du rapport spécial sur l’administration en ligne publié par la Cour des comptes européenne, et particulièrement de la conclusion selon laquelle la Commission n’a pas évalué la connaissance qu’ont les entreprises des services d’administration disponibles en ligne ni évalué les besoins en la matière, alors même qu’il s’agit d’une étape essentielle en vue du recours à ces services; invite la Commission à appliquer sans délai les recommandations de la Cour des comptes;

54.

reconnaît qu’une analyse de la mise en œuvre du plan d’action européen 2016-2020 pour l’administration en ligne est nécessaire afin de mieux comprendre son efficacité et ses résultats; invite la Commission à informer le Parlement de la mise en œuvre du plan;

55.

encourage les États membres à donner suite à leurs mesures stratégiques et aux objectifs quinquennaux de la déclaration de Tallinn de 2017; encourage en outre les États membres à redoubler d’efforts pour atteindre les objectifs qui ne l’ont pas été, afin de renforcer l’action conjointe et de poursuivre l’évolution numérique;

56.

souligne l’importance de la continuité des politiques européennes en matière d’administration en ligne; invite la Commission à proposer un nouveau plan d’action à long terme pour l’administration en ligne fondé sur des données probantes, assorti d’une analyse coûts/avantages quantifiée, d’indicateurs et d’objectifs afin de produire des résultats pour les citoyens et de veiller à ce que l’administration publique moderne soit adaptée à l’ère numérique;

57.

rappelle que les dépenses publiques opérées aux fins de la dématérialisation des services publics devraient être efficaces et garantir la meilleure utilité aux utilisateurs; souligne qu’il est nécessaire, à cet égard, de contrôler et d’améliorer les principes de bonne gouvernance financière ainsi que de planifier, de publier et de surveiller les dépenses nationales et européennes dans le domaine de la transition numérique;

58.

souligne que le plus grand nombre d’interactions entre les utilisateurs et les pouvoirs publics se situe aux niveaux local et régional; estime qu’il convient d’accorder une attention et un soutien particuliers aux collectivités locales, qui ne disposent souvent pas des financements nécessaires pour adopter pleinement des solutions d’administration en ligne; souligne que cela devrait être un élément essentiel de tout futur plan d’action pour l’administration en ligne;

59.

reconnaît que la nouvelle stratégie en matière d’administration en ligne devrait inclure le principe «une fois pour toutes», dont l’application simplifiera les contacts avec les autorités publiques en permettant aux entités publiques de se transmettre des données, de sorte que les informations ne doivent être saisies qu’une seule fois; signale que l’application du principe «une fois pour toutes» réduira la charge administrative tant pour les particuliers que pour les entreprises, étant donné que les informations déjà fournies pourront être réutilisées et que les autorités publiques seront en mesure de communiquer entre elles, ce qui augmentera l’efficacité des procédures en général mais aussi celle des procédures transfrontalières;

60.

relève le problème du manque d’experts en technologies de l’information et de la communication (TIC) au sein des pouvoirs publics et de la concurrence entre secteur public et secteur privé pour disposer de salariés formés; demande à la Commission d’en tenir compte et de contribuer à la recherche de moyens susceptibles d’encourager les professionnels des TIC à travailler pour le secteur public;

61.

salue les travaux de la Commission sur la plateforme «JoinUp» et le cadre d’interopérabilité européen (EIF); estime que le partage d’outils et de bonnes pratiques ainsi que les projets de logiciels communs entre les différentes administrations peuvent réduire les coûts et accélérer la transition numérique; souligne que la version 3 de l’EIF, qui date de 2017, devrait être révisée et qu’une version 4 sera bientôt proposée; salue les travaux menés sur un cadre d’interopérabilité européen pour les villes et communautés intelligentes (EIF4SCC);

o

o o

62.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission.

(1) JO C 307 du 30.8.2018, p. 2.

(2) JO C 494 du 8.12.2021, p. 37.

(3) JO L 094 du 28.3.2014, p. 65.

(4) JO L 272 du 25.10.2019, p. 7.

(5) JO L 295 du 21.11.2018, p. 1.

(6) JO L 172 du 26.6.2019, p. 56.

(7) JO L 119 du 4.5.2016, p. 1.

(8) JO L 166 du 11.5.2021, p. 1.

(9) JO L 057 du 18.2.2021, p. 17.

(10) Voir The E-Leaders Handbook on the Governance of Digital Government [Le manuel des dirigeants en ligne sur la gouvernance de l’administration numérique], 21 décembre 2021: https://www.oecd-ilibrary.org/governance/the-e-leaders-handbook-on-the-governance-of-digital-government_ac7f2531-en

(11) https://ec.europa.eu/isa2/awards_en/

(12) Règlement (UE) no 952/2013 du Parlement européen et du Conseil du 9 octobre 2013 établissant le code des douanes de l'Union (refonte) (JO L 269 du 10.10.2013, p. 1).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/444/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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