| CELEX | 52023IP0133 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mardi 9 mai 2023 |
| Journal officiel | FR Séries C |
| C/2023/1061 | 15.12.2023 |
P9_TA(2023)0133
Le rôle de la politique de cohésion face aux problèmes environnementaux pluridimensionnels du bassin méditerranéen
Résolution du Parlement européen du 9 mai 2023 sur le rôle de la politique de cohésion face aux problèmes environnementaux pluridimensionnels du bassin méditerranéen (2022/2059(INI))
(C/2023/1061)
Le Parlement européen,
| — | vu l’article 3 du traité sur l’Union européenne et les articles 174 à 178 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE), |
| — | vu le règlement (UE) 2021/1060 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 portant dispositions communes relatives au Fonds européen de développement régional, au Fonds social européen plus, au Fonds de cohésion, au Fonds pour une transition juste et au Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture, et établissant les règles financières applicables à ces Fonds et au Fonds «Asile, migration et intégration», au Fonds pour la sécurité intérieure et à l’instrument de soutien financier à la gestion des frontières et à la politique des visas (1) (règlement portant dispositions communes), |
| — | vu le règlement (UE) 2021/1058 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 relatif au Fonds européen de développement régional et au Fonds de cohésion (2), |
| — | vu le règlement (UE) 2021/1056 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 établissant le Fonds pour une transition juste (3), |
| — | vu le règlement (UE) 2021/1059 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 portant dispositions particulières relatives à l’objectif «Coopération territoriale européenne» (Interreg) soutenu par le Fonds européen de développement régional et les instruments de financement extérieur (4), |
| — | vu le règlement (UE) 2021/1057 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 instituant le Fonds social européen plus (FSE+) (5), |
| — | vu la directive 2014/89/UE du Parlement européen et du Conseil du 23 juillet 2014 établissant un cadre pour la planification de l’espace maritime (6), |
| — | vu les conclusions du Conseil du 19 avril 2021 sur un partenariat renouvelé avec le voisinage méridional — un nouveau programme pour la Méditerranée, |
| — | vu la communication de la Commission du 4 février 2022 intitulée «8e rapport sur la cohésion: la cohésion en Europe à l’horizon 2050» (COM(2022)0034), |
| — | vu la communication de la Commission du 9 février 2021 intitulée «Un partenariat renouvelé avec le voisinage méridional» (SWD(2021)0023), |
| — | vu la communication de la Commission du 11 décembre 2019 intitulée «Le pacte vert pour l’Europe» (COM(2019)0640), |
| — | vu l’accord adopté lors de la 21e conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21) à Paris le 12 décembre 2015 (ci-après l’«accord de Paris») (7), |
| — | vu l’avis du Comité européen des régions du 29 octobre 2021 intitulé «Un partenariat renouvelé avec le voisinage méridional. Un nouveau programme pour la Méditerranée» (8), |
| — | vu l’avis du Comité européen des régions du 14 octobre 2020 intitulé «Vers une utilisation durable des ressources naturelles dans le contexte insulaire méditerranéen» (9), |
| — | vu l’avis du Comité européen des régions du 11 octobre 2022 intitulé «Vers une stratégie macrorégionale en Méditerranée», |
| — | vu sa résolution du 15 septembre 2022 sur la cohésion économique, sociale et territoriale dans l’UE: le 8e rapport sur la cohésion (10), |
| — | vu sa résolution du 15 septembre 2022 sur les régions frontalières de l’UE: des laboratoires vivants de l’intégration européenne (11), |
| — | vu sa résolution du 7 juin 2022 sur les îles de l’UE et la politique de cohésion (12), |
| — | vu sa résolution du 8 mars 2022 sur le rôle de la politique de cohésion dans la promotion d’une transformation innovante et intelligente ainsi que de la connectivité régionale aux TIC (13), |
| — | vu sa résolution du 9 juin 2021 sur la dimension de genre dans la politique de cohésion (14), |
| — | vu sa résolution du 20 mai 2021 sur l’inversion des tendances démographiques dans les régions de l’Union utilisant les instruments de la politique de cohésion (15), |
| — | vu sa résolution du 25 mars 2021 sur la politique de cohésion et les stratégies régionales en matière d’environnement dans la lutte contre le changement climatique (16), |
| — | vu sa résolution du 28 novembre 2019 sur l’urgence climatique et environnementale (17), |
| — | vu sa résolution du 15 janvier 2020 sur le pacte vert pour l’Europe (18), |
| — | vu sa résolution du 13 mars 2018 sur les régions en retard de développement dans l’Union européenne (19), |
| — | vu sa résolution du 13 juin 2018 sur la politique de cohésion et l’économie circulaire (20), |
| — | vu sa résolution du 3 juillet 2012 intitulée «L’évolution des stratégies macro-régionales de l’UE: pratiques actuelles et perspectives d’avenir, notamment en Méditerranée» (21), |
| — | vu l’étude menée pour le compte de sa commission du développement régional, intitulée «Islands of the European Union: State of play and future challenges» (Îles de l’Union européenne: situation actuelle et enjeux pour l’avenir) et publiée en mars 2021, |
| — | vu l’étude de l’EPRS intitulée «Working towards a macro-regional strategy for the Mediterranean» (Œuvrer à une stratégie macrorégionale pour la Méditerranée), publiée en octobre 2021, |
| — | vu le premier rapport d’évaluation sur la Méditerranée intitulé «Changement climatique et environnemental dans le bassin méditerranéen», publié par le réseau d’experts méditerranéens sur le changement climatique et environnemental (MedECC) en 2020, |
| — | vu le rapport régional sur les progrès réalisés en matière d’égalité des sexes — dialogue régional de l’Union pour la Méditerranée sur l’autonomisation des femmes dans la région euro-méditerranéenne (22), |
| — | vu le rapport de 2022 des Nations unies intitulé «Dimensions and examples of the gender-differentiated impacts of climate change, the role of women as agents of change and opportunities for women» (Dimensions et exemples des répercussions du changement climatique selon les genres, rôle des femmes comme vecteur de changement et possibilités pour les femmes), |
| — | vu la convention pour la protection du milieu marin et du littoral de la Méditerranée (convention de Barcelone), adoptée le 16 février 1976 par la Conférence des plénipotentiaires des États côtiers de la région méditerranéenne sur la protection de la mer Méditerranée, |
| — | vu le rapport de mission de la commission des pétitions à la suite d’une visite d’étude organisée à la Mar Menor (région de Murcie) en Espagne du 23 au 25 février 2022, concernant la détérioration de l’environnement dans la lagune de la Mar Menor, |
| — | vu le rapport spécial no 09/2022 de la Cour des comptes européenne intitulé «Dépenses climatiques du budget 2014-2020 de l’Union: une réalité en deçà des chiffres publiés», |
| — | vu l’article 54 de son règlement intérieur, |
| — | vu l’avis de la commission de la pêche, |
| — | vu le rapport de la commission du développement régional (A9-0094/2023), |
| A. | considérant que les pays du bassin méditerranéen, qui comprennent des États membres de l’Union européenne, des pays candidats et des pays tiers, comptent 250 millions d’habitants, dont la moitié vit dans l’Union européenne et dont un tiers vit dans les zones côtières; que le renforcement de la coopération à l’intérieur et à l’extérieur des frontières de l’Union européenne est essentiel pour trouver des solutions aux problématiques communes telles que la détérioration de l’environnement, la pollution et le changement climatique, l’augmentation de la température des eaux, la multiplication des situations météorologiques extrêmes, la pénurie d’eau, la perte de biodiversité et l’insécurité alimentaire; |
| B. | considérant que le bassin méditerranéen représente une zone géographique cohérente dont les populations partagent un même patrimoine historique, culturel et environnemental; |
| C. | considérant que le Fonds européen de développement régional est tenu d’allouer 30 % de ses financements à des mesures en faveur de l’environnement et du climat au cours de la période de programmation actuelle 2021-2027, en ayant pour objectif général de favoriser la transition vers une économie neutre pour le climat; |
| D. | considérant que la Méditerranée est une mer semi-fermée dont les eaux se renouvellent très lentement et qui se caractérise par une biodiversité riche et une grande proportion d’espèces endémiques; |
| E. | considérant que la mer Méditerranée constitue l’un des bassins les plus surexploités au monde en matière de pêche et que des préoccupations majeures persistent en matière de pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN); que l’augmentation de la pollution provoquée par les activités humaines, la dégradation des habitats, l’introduction d’espèces exotiques et les effets des changements climatiques sur le milieu et les écosystèmes marins compromettent la durabilité de la pêche en Méditerranée; |
| F. | considérant qu’en plus de la croissance démographique continue dans les zones côtières, la Méditerranée accueille également 31 % du tourisme mondial sur moins de 6 % de la superficie terrestre mondiale; |
| G. | considérant que les ressources en eau en Méditerranée sont de plus en plus rares, ce qui génère des conflits entre les différents usages de l’eau (agriculture, tourisme, industrie et habitants de la région, et conservation de la biodiversité); |
| H. | considérant que la quantité de déchets a plus que doublé au cours des 30 dernières années, malgré plusieurs programmes financés par l’Union, tels que l’initiative Horizon 2020 pour une Méditerranée plus propre, ainsi que des activités menées sous l’égide de l’Union pour la Méditerranée (UpM); qu’à cause de la gestion et du traitement inappropriés des déchets provenant des cours d’eau et des zones urbaines, la Méditerranée est le sixième lieu contenant le plus de déchets marins au monde; que les effets néfastes du déversement quotidien dans le bassin méditerranéen de 730 tonnes de déchets plastiques, selon les estimations, et de la production de déchets solides municipaux, en augmentation depuis 2014 dans toute la région, exigent des mesures ambitieuses; |
| I. | considérant que le transport maritime en Méditerranée, alors que 20 % des échanges commerciaux mondiaux passent par une zone représentant seulement 1 % des océans à l’échelle mondiale, est à l’origine du déversement de 100 000 à 200 000 tonnes d’hydrocarbures chaque année, y compris de marées noires, ce qui rend indispensable une transition vers plus de durabilité; que les activités industrielles et l’agriculture intensive peuvent entraîner des ruissellements dans les cours d’eau et une pollution des eaux souterraines, et contribuer, avec les raffineries de pétrole et de gaz en mer, à l’aggravation de la pollution de la mer dans l’ensemble du bassin; |
| J. | considérant que le nombre de mammifères marins méditerranéens a diminué de 41 % au cours des 50 dernières années et qu’environ 80 % des stocks halieutiques pâtissent de la surpêche; que l’objectif d’une pêche durable est atteignable, à condition que les États membres en aient la volonté politique; |
| K. | considérant que le bassin méditerranéen se réchauffe à un rythme 20 % plus rapide que la moyenne mondiale; que le réchauffement climatique aura de graves conséquences qu’il est indispensable d’anticiper, notamment en matière de précipitations et de cycle hydrologique, mais également de réchauffement et de vagues de chaleur (en milieu terrestre comme marin), de hausse du niveau de la mer et d’acidification hydrique, comme décrit dans le rapport du MedECC de 2020; que l’augmentation du niveau de la mer pourrait atteindre jusqu’à 25 centimètres d’ici à 2040-2050; que pour respecter la limite de 1,5 oC de réchauffement fixée dans l’accord de Paris, il faut, d’ici à 2050, réduire de moitié la demande énergétique de l’Union européenne par rapport aux niveaux de 2015, ce qui nécessite d’accorder la priorité au déploiement de solutions efficaces d’un point de vue énergétique et à une coopération accrue pour les projets en lien avec l’énergie durable menés avec les autres pays des rives de la Méditerranée, en utilisant le potentiel encore inexploité de la région pour ainsi permettre à l’Union européenne d’atteindre ses objectifs énergétiques et climatiques; |
| L. | considérant que l’Union européenne s’est engagée à allouer au moins 20 % des fonds au titre du cadre financier pluriannuel 2014-2020 à l’action climatique; que le budget de l’Union européenne pour la période 2021-2027 prévoit un objectif accru de 30 % de fonds consacrés à l’action climatique; que la Méditerranée est plus exposée que d’autres mers régionales au changement climatique, et que ses zones côtières font face à un risque accru de catastrophes, telles que les inondations, l’érosion ainsi que la salinisation de deltas fluviaux ou de nappes aquifères, mettant en péril la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance; |
| M. | considérant que plusieurs cadres et initiatives de coopération transnationale et territoriale ont été développés au fil des ans en Méditerranée, tels que l’UpM, l’Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne (ARLEM) du Comité européen des régions, la stratégie de l’Union européenne pour la région de l’Adriatique et de la mer Ionienne (Eusair), l’initiative OuestMED de l’Union européenne, les programmes Interreg et IEV CTF (par exemple MED, EURO-MED, IEV CTF Med, NEXT MED, Adrion, Marittimo), l’Alliance pour la coopération méditerranéenne (MedCoopAlliance), les réseaux d’administrations locales et régionales (la CRPM et sa commission interméditerranénne, les MedCités, l’Arc latin), et les eurorégions (adriatico-ionienne, Pyrénées-Méditerranée); |
| N. | considérant que les macrorégions jouent un rôle majeur dans le renforcement de la cohésion économique, sociale et territoriale de l’Union européenne et de son voisinage proche en donnant aux zones frontalières les moyens de faire face collectivement aux défis communs spécifiques, par les échanges, la coopération et la mise en œuvre conjointe, contribuant ainsi à accroître l’efficacité et les effets des politiques; |
| O. | considérant que les territoires méditerranéens ont besoin de disposer d’un instrument opérationnel, tel qu’une stratégie macrorégionale, leur permettant d’élaborer et de déployer un plan d’action concret et des projets communs en réponse aux priorités communes fixées dans des cadres existants tels que l’UpM ou l’ARLEM; |
| P. | considérant qu’une stratégie pour une économie bleue intégrée et gérée de manière durable est à même de résoudre les problèmes environnementaux pluridimensionnels du bassin méditerranéen tout en fournissant des emplois décents, en préservant les moyens de subsistance des communautés locales, en contribuant à la sécurité alimentaire et en favorisant la transition verte de la région méditerranéenne au sens plus large; |
| Q. | considérant que les États membres devraient suivre une approche fondée sur les écosystèmes pour la planification de l’espace maritime, y compris une évaluation environnementale stratégique solide tenant compte des répercussions cumulées de toutes les activités maritimes, du changement climatique, du principe de précaution, de la cartographie des zones sensibles, et de la participation active des parties prenantes, en cohérence avec les objectifs en matière de climat et de biodiversité du pacte vert pour l’Europe; |
| R. | considérant que, comme le soulignent plusieurs rapports, les femmes ressentent souvent plus vivement que les hommes les effets néfastes du changement climatique, en raison de la discrimination systémique fondée sur le genre et des attentes sociétales liées aux rôles en fonction du genre; |
| S. | considérant que les prestations de sécurité sociale pour les pêcheurs, en particulier les pêcheurs actifs dans la pêche à petite échelle, sont essentielles pour garantir la résilience du secteur et la transition vers une pêche plus durable; |
La Méditerranée: un enjeu pour l’Europe
| 1. | rappelle que le territoire de l’Union européenne couvre la moitié du bassin méditerranéen et que l’Union européenne ne peut pas rester passive face aux multiples défis politiques, sociaux, économiques, démographiques et environnementaux auxquels le bassin méditerranéen est confronté; insiste sur l’importance d’une coopération directe et diversifiée pour une paix régionale, particulièrement en Méditerranée orientale; |
| 2. | déplore la dégradation continue de l’environnement dans le bassin méditerranéen, la perte de biodiversité et la pollution atmosphérique et marine croissante; |
| 3. | souligne que la politique de cohésion recèle un potentiel supplémentaire d’action, à même d’apporter des solutions appropriées aux problématiques auxquelles 110 millions d’Européens sont confrontés; estime que les actions prévues dans le cadre de la politique de cohésion doivent être coordonnées et complémentaires avec les actions prévues par le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche, par les plans nationaux de relance et de résilience et par les autres politiques nationales; |
| 4. | est préoccupé par la pollution croissante par les plastiques et les ordures ménagères, et demande qu’un effort historique soit accompli pour les limiter et les gérer en promouvant l’économie circulaire, notamment dans les zones hautement urbanisées et sur les territoires insulaires où l’espace et les ressources pour stocker et gérer les déchets sont limités; demande aux États membres, aux régions et aux autorités de gestion compétentes de planifier l’utilisation des fonds de cohésion pour investir dans des technologies et des infrastructures destinées spécifiquement à récupérer les matériaux des déchets résiduels à des fins d’économie circulaire; demande la création d’un projet pilote pour parvenir à une pollution marine nulle en Méditerranée, permettant ainsi de tester les principes fondamentaux d’une stratégie macrorégionale méditerranéenne sur la base d’un objectif concret; |
| 5. | rappelle que la sécurité en eau constitue l’un des éléments essentiels pour le bien-être de la Méditerranée; demande que des mesures garantissant la sécurité en eau de manière durable soient prises et qu’une approche plus durable soit adoptée en matière d’adaptation de l’agriculture méditerranéenne au manque d’eau, tout tenant compte de son incidence sur l’écosystème aquatique; |
| 6. | constate avec inquiétude que les rives européennes de la Méditerranée pâtissent d’une dégradation environnementale plus importante que les littoraux de l’Europe du Nord, notamment dans les villes portuaires qui ne bénéficient pas de la protection offerte par les zones de contrôle des émissions pour réduire les émissions atmosphériques; |
| 7. | estime que les problèmes environnementaux sont transversaux et complexes, de sorte que chaque entité, région ou État agissant seul ne peut apporter que des solutions partielles, et qu’il est nécessaire d’opter pour une approche large, intégrée et commune incluant toute la zone méditerranéenne; |
| 8. | estime qu’une dynamique de coopération lancée par l’Union européenne, ses États membres et ses régions peut avoir un effet d’entraînement sur l’ensemble du bassin; rappelle que les programmes de gestion directe et partagée, tels les programmes de coopération territoriale européenne, représentent une occasion majeure de favoriser l’alignement des objectifs, des fonds et des projets; |
| 9. | estime qu’il est fondamental d’instituer un système d’informations mises à jour sur les investissements effectués dans la zone méditerranéenne afin de contrôler, du point de vue environnemental, l’efficacité des fonds investis; plaide en faveur d’une utilisation plus efficace et mieux coordonnée des instruments de financement existants pour relever les défis dans le bassin méditerranéen, notamment au moyen de mesures visant à améliorer la biodiversité marine ainsi qu’à restaurer et à protéger les habitats et les espèces marins; observe que les dépenses destinées au voisinage méridional et oriental de l’Union européenne ont augmenté d’environ 280 millions d’euros dans le budget 2023, et demande que cette enveloppe financière soit utilisée entre autres pour soutenir des mesures environnementales ambitieuses en Méditerranée; note que, dans l’architecture actuelle de la politique commune de la pêche et dans le cadre des possibilités de financement disponibles pour la pêche par l’intermédiaire du Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture (Feampa), le financement est essentiellement dissocié de la politique de cohésion, même si certaines interconnexions peuvent être développées de manière ponctuelle; indique qu’une grande partie des fonds peut être mobilisée par l’intermédiaire du budget de l’Union européenne afin de soutenir les projets méditerranéens également, grâce à des programmes tels que l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale, la coopération territoriale européenne, et les programmes Horizon Europe, LIFE ou Erasmus, également ouverts aux pays qui ne font pas partie de l’Union européenne; |
La Méditerranée: potentiel et problèmes
| 10. | souligne que toutes les régions méditerranéennes présentent un potentiel pour la mise en valeur des sources d’énergie renouvelables à terre comme en mer et pour une transition écologique juste et inclusive, afin de contribuer à la transformation fondamentale vers une économie aussi neutre pour le climat que possible dans les années à venir, notamment par le développement et l’expansion des énergies renouvelables, par une augmentation de l’interconnexion des marchés énergétiques, et par une coopération en matière de production et de transport d’hydrogène renouvelable; estime que la possibilité de satisfaire la demande accrue en énergie verte au sein de l’Union européenne est très incertaine, à moins que des investissements supplémentaires ne soient réalisés pour sécuriser ces approvisionnements dans la région, ainsi que pour accélérer et simplifier les procédures applicables aux projets dans le domaine des énergies renouvelables; |
| 11. | souligne que les petites et moyennes entreprises (PME) peuvent contribuer à trouver des solutions innovantes et ce, pas uniquement pour le déploiement des énergies renouvelables et pour l’économie bleue et circulaire; considère qu’il convient de promouvoir une simplification plus poussée afin de garantir l’accès des PME de toutes les régions européennes aux fonds de cohésion; |
| 12. | rappelle que la surpêche et les pratiques de pêche destructrices menacent toujours la survie de nombreuses espèces; est préoccupé par le chalutage de fond illicite au sein des zones marines protégées de la Méditerranée; est convaincu que la transition vers une économie bleue durable dans la région méditerranéenne contribuera à faire face aux défis environnementaux, en préservant ainsi la santé du bassin océanique et la prospérité économique tout en favorisant un développement durable et inclusif et des emplois de qualité, avec une participation directe des opérateurs du secteur de la pêche et des représentants des communautés côtières; invite la Commission à contrôler les données relatives aux stocks et à réaliser des analyses d’impact afin de prendre des décisions concernant les quotas de pêche; invite la Commission à promouvoir la transformation numérique et l’utilisation des nouvelles technologies dans les domaines du contrôle, de la notification et de l’évaluation environnementale, ainsi que pour les questions de gouvernance; |
| 13. | est préoccupé par l’invasion de la Méditerranée par des espèces exotiques, qui peuvent avoir de graves répercussions sur les écosystèmes aquatiques dans un contexte de changement climatique, d’élévation du niveau de la mer, de chocs dus aux vagues de chaleur et d’augmentation de la température de l’eau de mer; |
| 14. | attire l’attention sur la densité croissante du trafic maritime, le risque de déversements d’hydrocarbures et les dangers que ces activités représentent pour les écosystèmes marins et particulièrement pour les mammifères marins; |
| 15. | déplore que la plupart des États membres de l’Union riverains de la Méditerranée n’aient pas adopté de programmes de planification de l’espace maritime; demande à la Commission d’assurer un suivi de ces États membres afin de garantir l’adoption rapide de ces programmes; |
| 16. | souligne les effets à la fois sociaux et environnementaux du tourisme du fait de sa saisonnalité et de son développement incontrôlé (à cause par exemple des croisières, de l’aggravation de l’érosion du littoral, de nouvelles activités de loisirs polluantes, du travail saisonnier précaire ou de l’augmentation des prix des logements); estime qu’il est indispensable de trouver un juste équilibre entre les objectifs environnementaux et la protection de la compétitivité économique, et souligne qu’il est important de promouvoir une conception responsable du tourisme; invite les États membres et les régions à élaborer des plans d’action en matière de tourisme durable, en concertation avec les parties prenantes et la société civile, et conformément à une future feuille de route européenne pour un tourisme durable, et à utiliser pleinement les fonds du programme Next Generation EU ainsi que les fonds structurels pour financer les plans d’action pour la transition du tourisme dans le bassin méditerranéen; |
| 17. | signale que les territoires insulaires sont confrontés à des déséquilibres économiques liés aux handicaps correspondant à leur isolement relatif, auxquels il est nécessaire de remédier en prenant des mesures concrètes, comme l’exige l’article 174 du traité FUE, dans les domaines économique, administratif, culturel et social; |
| 18. | insiste sur le fait que la participation économique des femmes continue de représenter un enjeu considérable pour l’égalité des genres dans le bassin méditerranéen, avec des taux d’emploi inégaux et divers degrés d’inclusion dans les processus décisionnels selon les pays de la région; rappelle que l’autonomisation des femmes et la création de conditions préalables à une participation inclusive dans des entités économiques et sociales publiques et privées pourraient permettre la réalisation des objectifs d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à celui-ci; |
| 19. | estime que la position géographique de la Méditerranée, entre l’Europe et l’Afrique, et le rôle qu’elle joue nécessitent de mettre au point une approche coopérative à l’échelle du bassin afin de favoriser une meilleure gestion des migrations, de manière plus sûre, de s’attaquer aux facteurs de la migration irrégulière et des déplacements forcés, et de contribuer à mettre un terme aux catastrophes humanitaires survenant en Méditerranée; |
La Méditerranée: un espace commun à structurer
| 20. | estime que la Méditerranée est une zone géographique homogène qui possède en commun un patrimoine historique et culturel unique et un climat méditerranéen qui la dote de caractéristiques environnementales similaires, et qu’elle est confrontée à des risques similaires de catastrophes naturelles comme des incendies, des inondations, des séismes, des sécheresses et une pénurie croissante des ressources en eau; observe que le bassin méditerranéen a été frappé ces dernières années par des phénomènes météorologiques extrêmes et des catastrophes naturelles dont le nombre ne cesse de croître; invite par conséquent la Commission à examiner la possibilité de mieux adapter le mécanisme de protection civile de l’Union européenne au bassin méditerranéen et à présenter une proposition de renforcement du Fonds de solidarité; demande aux États membres d’adopter des mesures afin d’atténuer les effets des vagues de chaleur et des sécheresse sur le littoral, lesquelles sont susceptibles de devenir plus fréquentes dans le contexte du changement climatique et menacent la vie humaine et la biodiversité, ainsi que de consacrer les fonds de la politique de cohésion à la réparation des catastrophes écologiques qui ont eu lieu en Méditerranée, telles que celles survenues dans la Mar Menor; invite les États membres et la Commission à contrôler les zones à risque de catastrophes écologiques et à limiter les répercussions grâce aux fonds de cohésion; |
| 21. | se félicite de l’initiative spécifique au bassin maritime OuestMED en Méditerranée occidentale et des programmes Interreg tels qu’Interreg MED, Adrion, NEXT MED et Marittimo, qui constituent de bons exemples de coopération directe et diversifiée, y compris au niveau régional, avec des objectifs communs; |
| 22. | demande à la Commission de lutter contre les disparités dans les niveaux de développement, y compris les carences en matière de capacités institutionnelles et administratives, d’interconnexions d’infrastructures et de relations commerciales; |
| 23. | demande à la Commission de soutenir, notamment via les programmes Interreg, les réseaux d’aires marines protégées en Méditerranée, à l’image de celles du réseau des aires protégées en Méditerranée (MedPAN), et de travailler sur le projet de création d’un réseau mondial d’aires marines protégées («ceinture bleue»), relié aux régions ultrapériphériques et aux pays et territoires d’outre-mer; |
| 24. | salue l’avancée de la stratégie macrorégionale adriatico-ionienne (Eusair), qui a mobilisé les États membres et leurs régions ainsi que les pays tiers et leurs collectivités locales; estime qu’Eusair est un exemple de réussite, qui a tiré parti du programme transnational Adrion, dont les objectifs alignés appuient la mise en œuvre de la feuille de route de la stratégie, et que l’Union s’y est avérée être un élément moteur et un vecteur d’ouverture; soutient que ces mêmes principes et une approche commune similaire doivent être appliqués à d’autres régions de la Méditerranée; est d’avis qu’une stratégie macrorégionale de ce type peut amplifier et accélérer les politiques nécessaires au développement et à la préservation des ressources disponibles, grâce à une coopération de toutes les parties prenantes; |
| 25. | demande à la Commission de soutenir une stratégie macrorégionale en Méditerranée en tenant compte de son «nouveau programme pour la Méditerranée», en particulier du point 5 consacré à la «transition écologique: résilience face au changement climatique, énergie et environnement»; estime que la diversité et la taille du territoire concerné nécessitent également de mettre en œuvre trois stratégies différentes mais coordonnées, à savoir pour la Méditerranée occidentale, pour les mers Adriatique et Ionienne, et pour la Méditerranée orientale; invite les pays et les autorités concernés à y apporter leur soutien, et les régions et les collectivités locales à jouer un rôle central en matière de gouvernance; |
| 26. | estime qu’une stratégie macrorégionale pour la Méditerranée, qui supposerait une participation active et substantielle des autorités locales et régionales compétentes, présente un potentiel remarquable pour relever les défis environnementaux multidimensionnels dans l’ensemble du bassin; estime qu’une stratégie macrorégionale doit se fonder sur un schéma de gouvernance multi-niveaux solide et représentatif qui associe les autorités locales et régionales et permette la participation des acteurs de la société civile; considère qu’une stratégie de ce type peut être utilisée de manière plus spécifique afin de soutenir des projets d’économie circulaire, de lutter contre la pollution plastique, de protéger la biodiversité, de renforcer les relations avec les pays tiers afin de lutter contre la pêche INN et de faire respecter les dispositions de la convention des Nations unies sur le droit de la mer, de contribuer à la résolution des conflits liés à l’utilisation par un aménagement adéquat du territoire maritime, de préserver la participation économique et sociale des pêcheries au bien-être des communautés du littoral, notamment des îles, de soutenir la diversification des activités des pêcheurs, y compris la requalification et la reconversion, de promouvoir des mesures de gestion de stocks dans l’ensemble du bassin méditerranéen et d’encourager les pays tiers à mettre en place des zones marines protégées dans leurs eaux territoriales; |
| 27. | estime que des formes d’aide et de soutien financier «ad hoc» sont nécessaires pour les pêcheurs artisanaux et pour les plus vulnérables, afin de permettre aux pêcheurs d’intégrer de nouveaux segments de marché, de limiter l’écart économique et social entre le nord et le sud et de ne pas compromettre les activités de pêche et l’emploi dans ce secteur; |
| 28. | invite les États membres à tirer pleinement parti des groupes d’action locale de la pêche (GALP) pour élaborer et déployer des stratégies locales de développement visant à répondre aux besoins économiques, sociaux et environnementaux; demande aux États membres de garantir que les GALP mobilisent toutes les parties prenantes et que les fonds de l’Union sont utilisés selon des critères objectifs de manière à assurer le développement durable des communautés locales; |
| 29. | rappelle que chaque expérience de coopération réussie contribue à la réalisation des objectifs de paix et de sécurité, de prospérité, de développement humain et de bonne gouvernance, qui sont les autres objectifs fondamentaux du programme pour la Méditerranée; |
| 30. | invite le Conseil européen à présenter à la Commission une stratégie macrorégionale détaillée pour la Méditerranée en vue d’une approbation de cette stratégie pendant la présidence espagnole du Conseil de l’Union, au deuxième trimestre de 2023; |
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| 31. | charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au Comité économique et social européen, au Comité des régions et aux parlements nationaux et régionaux des États membres. |
(1) JO L 231 du 30.6.2021, p. 159.
(2) JO L 231 du 30.6.2021, p. 60.
(3) JO L 231 du 30.6.2021, p. 1.
(4) JO L 231 du 30.6.2021, p. 94.
(5) JO L 231 du 30.6.2021, p. 21.
(6) JO L 257 du 28.8.2014, p. 135.
(7) JO L 282 du 19.10.2016, p. 4.
(8) JO C 440 du 29.10.2021, p. 19.
(9) JO C 440 du 18.12.2020, p. 114.
(10) JO C 125 du 5.4.2023, p. 100.
(11) JO C 125 du 5.4.2023, p. 114.
(12) JO C 493 du 27.12.2022, p. 48.
(13) JO C 347 du 9.9.2022, p. 37.
(14) JO C 67 du 8.2.2022, p. 16.
(15) JO C 15 du 12.1.2022, p. 125.
(16) JO C 494 du 8.12.2021, p. 26.
(17) JO C 232 du 16.6.2021, p. 28.
(18) JO C 270 du 7.7.2021, p. 2.
(19) JO C 162 du 10.5.2019, p. 24.
(20) JO C 28 du 27.1.2020, p. 40.
(21) JO C 349 E du 29.11.2013, p. 1.
(22) https://ufmsecretariat.org/wp-content/uploads/2022/03/UfM-GenderReport2022.pdf
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/1061/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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