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AccueilDroit européen52023IP0135
Initiative législative52023IP0135

Initiative législative — 52023IP0135

CELEX52023IP0135
TypeInitiative législative
Datemardi 9 mai 2023

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2023/1063

15.12.2023

P9_TA(2023)0135

Programme en faveur de la consommation de fruits, de légumes, de lait et de produits laitiers à l’école

Résolution du Parlement européen du 9 mai 2023 concernant la mise en œuvre du programme en faveur de la consommation de fruits, de légumes, de lait et de produits laitiers à l’école au titre du règlement portant organisation commune des marchés (2021/2205(INI))

(C/2023/1063)

Le Parlement européen,

—

vu le règlement (UE) no 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 portant organisation commune des marchés des produits agricoles (1) (règlement portant organisation commune des marchés), qui constitue la base juridique du programme de l’Union européenne en faveur de la consommation de fruits, de légumes et de lait à l'école,

—

vu l’évaluation de la mise en œuvre européenne réalisée par le service de recherche du Parlement européen, datée du 14 juillet 2022 et intitulée «Implementation of the EU school scheme for fruit, vegetables and milk products: a mid-term review» («Mise en œuvre du programme de l’Union européenne en faveur de la consommation de fruits, de légumes, de lait et de produits laitiers à l'école: un examen à mi-parcours»);

—

vu le règlement (UE) 2021/2115 du Parlement européen et du Conseil du 2 décembre 2021 établissant des règles régissant l’aide aux plans stratégiques devant être établis par les États membres dans le cadre de la politique agricole commune (plans stratégiques relevant de la PAC) et financés par le Fonds européen agricole de garantie (FEAGA) et par le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) et abrogeant les règlements (UE) no 1305/2013 et (UE) no 1307/2013 (2),

—

vu le règlement (UE) 2020/2220 du Parlement européen et du Conseil du 23 décembre 2020 établissant des dispositions transitoires relatives au soutien du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) et du Fonds européen agricole de garantie (FEAGA) en 2021 et 2022, et modifiant les règlements (UE) no 1305/2013, (UE) no 1306/2013 et (UE) no 1307/2013 en ce qui concerne les ressources et leur application en 2021 et 2022 et le règlement (UE) no 1308/2013 en ce qui concerne les ressources et la répartition de ce soutien pour les exercices 2021 et 2022 (3),

—

vu le règlement d’exécution (UE) 2017/39 de la Commission du 3 novembre 2016 portant modalités d’application du règlement (UE) no 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne l’aide de l’Union pour la distribution de fruits et de légumes, de bananes et de lait dans les établissements scolaires (4),

—

vu le règlement délégué (UE) 2017/40 de la Commission du 3 novembre 2016 complétant le règlement (UE) no 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne l'aide de l'Union pour la fourniture de fruits et de légumes, de bananes et de lait dans les établissements scolaires et modifiant le règlement délégué (UE) no 907/2014 de la Commission (5),

—

vu la décision d’exécution (UE) 2022/1187 de la Commission du 7 juillet 2022 modifiant la décision d’exécution (UE) 2022/493 en ce qui concerne l’enveloppe définitive de l’aide de l’Union octroyée aux États membres pour les fruits et légumes à l’école et pour le lait à l’école, pour la période allant du 1er août 2022 au 31 juillet 2023 (6), qui vise à maximiser le potentiel des fonds disponibles et à remédier aux difficultés de mise en œuvre du programme en faveur de la consommation de fruits, de légumes et de lait à l'école résultant du déplacement d’enfants d’Ukraine à la suite de l’agression militaire de la Russie,

—

vu la communication de la Commission du 20 mai 2020 intitulée «Une stratégie “De la ferme à la table” — pour un système alimentaire équitable, sain et respectueux de l’environnement» (COM(2020)0381),

—

vu sa résolution du 20 octobre 2021 sur une stratégie «De la ferme à la table» pour un système alimentaire équitable, sain et respectueux de l’environnement (7),

—

vu le règlement (UE) 2018/848 du Parlement européen et du Conseil du 30 mai 2018 relatif à la production biologique et à l’étiquetage des produits biologiques (8),

—

vu la communication de la Commission du 19 avril 2021 concernant un plan d’action en faveur du développement de la production biologique (COM(2021)0141),

—

vu la communication de la Commission du 3 février 2021 intitulée «Plan européen pour vaincre le cancer» (COM(2021)0044),

—

vu le rapport spécial no 10/2011 de la Cour des comptes du 24 octobre 2011 intitulé «les programmes “lait aux écoliers” et “fruits à l’école” sont-ils efficaces?»,

—

vu le programme de développement durable à l’horizon 2030 et les objectifs de développement durable des Nations unies,

—

vu la décision 5.COM 6.41 du 16 novembre 2010 par laquelle le comité intergouvernemental de l’Unesco pour la préservation du patrimoine culturel immatériel a approuvé l’inscription de la diète méditerranéenne sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité,

—

vu sa résolution du 29 avril 2021 sur la garantie européenne pour l’enfance (9),

—

vu la recommandation (UE) 2021/1004 du Conseil du 14 juin 2021 établissant une garantie européenne pour l’enfance (10),

—

vu l’enquête de santé européenne par interview de 2019 (EHIS, vague 3),

—

vu l’initiative pour la surveillance de l'obésité infantile en Europe de l’Organisation Mondiale de la Santé et ses cinq premières enquêtes réalisées entre 2007 et 2020,

—

vu l’article 54 de son règlement intérieur, ainsi que l’article 1er, paragraphe 1, point e), et l’annexe 3 de la décision de la Conférence des présidents du 12 décembre 2002 relative à la procédure d’autorisation pour l’élaboration de rapports d’initiative,

—

vu le rapport de la commission de l’agriculture et du développement rural (A9-0096/2023),

A.

considérant que la promotion d’une alimentation saine, variée et équilibrée conjointement avec un mode de vie sain, comprenant une activité physique régulière, est une question de plus en plus importante et devrait devenir une priorité pour notre société; qu’une approche intégrée et globale de la nutrition et du mode de vie est nécessaire; qu’un enfant sur trois dans l’Union entre 6 et 9 ans est en surpoids ou obèse (11); qu’une alimentation saine peut réduire le risque de certaines maladies chroniques; que la promotion d’une alimentation saine constitue une mesure préventive contre les maladies et un investissement dans la santé publique;

B.

considérant que 53 % des Européens sont considérés comme étant en surpoids (12); qu’il existe une relation claire avec les niveaux d’instruction, la proportion de personnes en surpoids diminuant à mesure que le niveau d'instruction augmente;

C.

considérant que les écoles jettent les bases d’une société durable et saine;

D.

considérant que l’éducation nutritionnelle, propre à favoriser une alimentation variée, équilibrée et saine, est essentielle pour stimuler des habitudes de consommation saines et qu’elle devrait donc être améliorée dans toute l’Union;

E.

considérant que tous les élèves devraient avoir un accès égal et équitable à des produits alimentaires sains, nutritifs et durables;

F.

considérant qu’il est extrêmement important de sensibiliser et d’éduquer les enfants à travers l’UE sur des questions telles que les chaînes alimentaires locales, le caractère saisonnier, l’agriculture biologique et intégrée, les régimes sains, variés et équilibrés, la sécurité alimentaire, le changement climatique, le bien-être des animaux, la durabilité de la production alimentaire et le gaspillage alimentaire;

G.

considérant que les enfants peuvent jouer un rôle essentiel d’information et de sensibilisation de leurs parents, de leurs proches et de leurs pairs en ce qui concerne un régime alimentaire éclairé, varié, équilibré et durable et un mode de vie sain;

H.

considérant que des études ont montré que la consommation de fruits et de légumes frais, dans le cadre d’un régime équilibré, réduit le risque de maladies potentiellement mortelles et contribue à atténuer l’impact environnemental des systèmes alimentaires; que le niveau de consommation de fruits et légumes chez les enfants et les jeunes n’est pas satisfaisant; qu’il existe une différence extrêmement importante dans la quantité de fruits et légumes consommée dans les différents États membres de l’Union;

I.

considérant qu’un rapport de 2002 de l’OMS indique que la faible consommation de fruits et légumes fait partie des 10 principaux facteurs de risque qui contribuent à la mortalité due à des causes connues;

J.

considérant que les mesures visant à éduquer les enfants et les adolescents en ce qui concerne l’importance d’une alimentation saine, variée et équilibrée peuvent avoir des répercussions positives sur la société dans son ensemble, en particulier à long terme;

K.

considérant que, selon les estimations, dans l’Union, 20 % du total des denrées alimentaires produites sont perdues ou gaspillées, les ménages générant plus de la moitié du gaspillage alimentaire total, ce qui a des répercussions négatives sur le plan social, économique et environnemental; que des mesures éducatives adaptées à l’âge qui encouragent l’introduction de bonnes pratiques pourraient contribuer de manière significative à la réduction du gaspillage alimentaire dans l’Union à long terme;

L.

considérant que la diète méditerranéenne est un régime alimentaire reposant sur des habitudes saines avec un modèle alimentaire qui procure de grands bienfaits pour la santé, et qu’elle est reconnue par la communauté scientifique;

M.

considérant que les mesures visant à fournir un accès gratuit à des produits alimentaires sains à tous les élèves, quel que soit leur milieu socio-économique, peuvent avoir des effets positifs cumulatifs sur leur santé physique et mentale ainsi que sur leur épanouissement et leur bien-être social; que ces mesures peuvent jeter les bases d’une consommation durable à un stade ultérieur de la vie et peuvent également avoir un effet positif indirect sur le développement des communautés locales, en particulier des petites exploitations agricoles familiales;

N.

considérant que les normes de production alimentaire dans l’Union sont les plus élevées et les plus rigoureuses au monde, en particulier sur le plan de la durabilité;

O.

considérant que les régions ultrapériphériques, en particulier les archipels avec des îles éloignées, ont plus de mal à garantir l’approvisionnement régulier de ces produits alimentaires;

P.

considérant qu’il convient de renforcer la visibilité du programme de l’Union en faveur de la consommation de fruits, de légumes et de lait à l’école et de mieux faire connaître le programme afin qu’il atteigne davantage de participants;

Q.

considérant que la mauvaise alimentation et les problèmes de santé sous-jacents, tels que l’obésité, sont plus répandus chez les enfants issus de milieux socio-économiques défavorisés;

R.

considérant que le suivi et l’évaluation sont essentiels pour garantir le bon fonctionnement du programme de l’Union en faveur de la consommation de fruits, de légumes et de lait à l’école;

Conclusions et recommandations

Budget

1.

regrette que, dans de nombreux cas, le montant des financements de l’Union que reçoivent les États membres soit insuffisant pour atteindre tous les groupes cibles de toutes les régions, pour encourager toutes les écoles à participer et pour produire l’impact souhaité, tout en assurant des retombées fructueuses et équitables tant au niveau de l’UE qu’au niveau national; souligne que, afin de garantir la poursuite de programmes qui fonctionnent bien, la répartition actuelle de l’aide devrait être également considérée comme une base minimale pour la distribution à l’avenir;

2.

déplore que certains États membres n’utilisent pas pleinement le budget disponible, principalement en raison du nombre élevé de procédures administratives et bureaucratiques; invite la Commission et les États membres à coopérer dans la perspective de la prochaine révision du programme à destination des écoles, de manière à évaluer les performances nationales, à produire une analyse solide des causes qui expliquent que les États membres affichent des taux d’absorption différents du budget disponible, et à fournir davantage d’orientations fondées sur les bonnes pratiques des États membres;

3.

invite la Commission à augmenter le budget total alloué au programme en faveur de la consommation de fruits, de légumes et de lait à l'école et à envisager une redistribution équitable entre les participants au programme, afin de réaffecter les montants non utilisés par certains États membres à d’autres États membres qui démontrent leur volonté et leur capacité d’utiliser davantage que leur enveloppe indicative; souligne que l’augmentation du budget du programme permettrait d’augmenter la fréquence de distribution hebdomadaire et la durée de la distribution tout au long de l’année scolaire;

4.

invite la Commission à tenir compte de la situation des enfants souffrant d’allergies alimentaires graves, d’intolérances et d’autres restrictions alimentaires et à allouer des fonds supplémentaires à l’achat de produits de substitution diversifiés, dans le cadre du programme, afin de garantir son inclusivité;

5.

invite la Commission à évaluer la possibilité de synergies entre le programme à destination des écoles et les initiatives en faveur de petits-déjeuners sains et programmes de distribution de repas réguliers à l’école existants, ainsi que d’autres sources de financement, afin d’atteindre un plus grand nombre d’enfants, conformément aux objectifs de la garantie européenne pour l’enfance;

6.

si les aides à la distribution doivent demeurer variables, recommande que d’autres coûts liés aux mesures d’accompagnement ainsi qu’au suivi et à l’évaluation du programme soient fixés afin d’améliorer la cohérence et la planification par les États membres;

7.

invite instamment la Commission à prendre des mesures afin que les États membres garantissent un niveau de qualité minimum pour les produits couverts par le programme, qui pourrait également être pris en compte dans l’utilisation du budget et dans la réalisation des objectifs de participation nationaux;

8.

invite la Commission à évaluer périodiquement la possibilité d’augmenter progressivement le budget du programme, compte tenu de ses avantages pour la société dans son ensemble;

9.

rappelle que les produits qui ne satisfont pas aux critères de qualité ont une incidence négative sur la mise en œuvre du programme en provoquant un manque d’intérêt pour la consommation des produits et en contribuant donc au gaspillage alimentaire; estime que les excédents de fruits et légumes, y compris ceux qui n’ont pas un bel aspect mais sont en parfait état, devraient également être considérés comme éligibles; invite en outre la Commission et les États membres à évaluer la quantité de déchets alimentaires générés par le programme à destination des écoles, à en identifier les causes potentielles, à clarifier la question des produits non utilisés et à fournir des orientations concernant la réduction du gaspillage alimentaire associé au programme, conformément aux objectifs de l’Union en matière de réduction des pertes et du gaspillage alimentaires, tout en évitant d’imposer des charges administratives aux États membres, aux écoles et aux fournisseurs;

Mesures éducatives

10.

reconnaît l’importance des mesures éducatives pour sensibiliser à la valeur nutritionnelle des fruits et légumes, en particulier des produits frais, de saison, locaux et régionaux, ainsi que du lait et des produits laitiers, dans le cadre de la réalisation des objectifs du programme; note la nécessité d’aligner les mesures éducatives sur les objectifs de la stratégie «De la ferme à la table» et du plan européen pour vaincre le cancer; souligne que les visites d’exploitations agricoles sont un outil essentiel pour permettre aux enfants et aux adolescents de retrouver le contact avec l’agriculture, de se familiariser avec les pratiques agricoles durables et de connaître et d’expérimenter directement le rôle essentiel que joue l’agriculture de l’Union pour garantir l’accès à une alimentation saine et nutritive, ainsi que sa contribution à la protection de l’environnement, du paysage et de la biodiversité; invite la Commission et les États membres à accroître l’utilisation des outils numériques et du matériel d’apprentissage numérique, en s’appuyant sur les enseignements tirés de la pandémie de COVID-19, dans le but de compléter, si nécessaire, les activités éducatives en présentiel;

11.

invite les États membres à veiller à ce qu’au moins 10 % des fonds alloués chaque année au programme à destination des écoles au titre de l’aide de l’Union et de l’aide nationale soient affectés à des mesures éducatives afin d’augmenter leur fréquence et d’élargir leur portée, étant donné que la simple distribution de produits ne suffit pas à instaurer des habitudes de vie saines;

12.

invite la Commission à fournir davantage d’orientations sur le contenu des mesures éducatives, en s’inspirant des meilleures pratiques des États membres et en allégeant la charge administrative et financière qui pèse sur les écoles; souligne que les mesures éducatives devraient se concentrer sur des aspects tels que des habitudes alimentaires saines, durables, variées et équilibrées, les compétences nutritionnelles et culinaires, les allergènes alimentaires et les substituts, l’agriculture en général et l’agriculture durable en particulier, y compris l’agriculture biologique, les méthodes de production intégrées, le bien-être animal, la sécurité alimentaire, le changement climatique ainsi que la prévention et la réduction du gaspillage alimentaire; invite la Commission et les États membres à veiller à ce que les autorités nationales chargées de la santé et de la nutrition, de l’environnement, de l’agriculture et de l’éducation soient associées de manière appropriée à l’élaboration de mesures d’accompagnement appropriées et interactives, tenant compte des groupes d’âge et des spécificités locales en matière d’alimentation, d’habitudes culturelles et de pratiques agricoles;

13.

souligne la nécessité de mieux associer les enseignants et les autres membres du personnel scolaire ainsi que les autorités compétentes concernées aux mesures éducatives et de promouvoir la participation d’autres parties prenantes aux mesures éducatives, y compris les parents, les producteurs locaux et les organisations de la société civile; souligne que le programme doit être mis en œuvre par du personnel qualifié, avec une formation adéquate pour les enseignants, les exploitants de cantine, les chefs et les diététiciens concernés; souligne que la sélection de producteurs locaux proches de l’école faciliterait la mise en œuvre de mesures éducatives;

Champ d’application

14.

souligne que les produits destinés à être distribués devraient provenir de l’Union et être essentiellement non transformés, le cas échéant biologiques, produits localement et, si possible, assortis d’indications de qualité européennes; constate que le marché européen des produits assortis d’une indication de qualité et biologiques est réparti de manière inégale entre les États membres et que ces produits ont des coûts plus élevés; invite la Commission à introduire des obligations permettant de garantir que les produits répondent à des critères objectifs, y compris des considérations sanitaires, environnementales, qualitatives et éthiques, le bien-être des animaux, la saisonnalité, la variété, la disponibilité de produits locaux, en donnant la priorité aux circuits d’approvisionnement courts; souligne que, dans le cas des bananes et des autres fruits tropicaux, la priorité devrait être accordée aux produits originaires de l’Union et de ses régions ultrapériphériques; souligne que les produits devraient, dans la mesure du possible, être diversifiés et refléter la disponibilité saisonnière ainsi que les habitudes alimentaires saines et types de cultures de l’endroit;

15.

encourage la distribution d’au moins 25 % de produits biologiques dans le cadre du programme de l’Union à destination des écoles, notamment grâce à l’adoption de critères de passation de marchés publics écologiques, ce qui aiderait à stimuler les acquisitions publiques de denrées biologiques dans le cadre du plan d’action de l’Union en faveur de l’agriculture biologique et contribuerait ainsi à la réalisation des objectifs de la stratégie «De la ferme à la table» de même qu’à l’alignement sur ces objectifs;

16.

insiste pour que les produits contenant des sucres, des graisses, du sel ou des édulcorants ne soient pas autorisés dans le cadre du programme; prie instamment la Commission, en coopération avec les États membres et les autorités compétentes en matière de santé et de nutrition, d’analyser de près les dérogations qui permettent la distribution de certains types de produits ayant une teneur limitée en sucre et en matières grasses, en vue de les limiter au strict minimum ou de les supprimer, afin de garantir que le programme reste conforme à ses objectifs et aux objectifs politiques plus larges de l’Union; invite les États membres à permettre une coopération étroite et efficace entre les autorités chargées de la santé et de la nutrition, de l’agriculture, de l’environnement et de l’éducation pour dresser la liste des produits et des activités éducatives admissibles, dans le plein respect des objectifs du programme à destination des écoles;

17.

suggère, afin d’encourager la consommation d’oranges (et donc d’augmenter l’apport en vitamine C), de placer des presse-agrumes automatiques en libre service dans les écoles afin de permettre la production de jus d’orange naturel (sans adjonction d’eau);

18.

suggère que, si la future mise en œuvre du programme devrait être axée sur les crèches, les jardins d’enfants et les écoles primaires, étant donné que les enfants devraient adopter des habitudes saines et durables et développer le goût pour un mode de vie sain dès le plus jeune âge, il convient également d’être attentifs aux écoles secondaires;

19.

rappelle que l’accès à une alimentation saine et durable et à une éducation nutritionnelle adéquate est influencé par l’environnement socio-économique de la personne; invite la Commission à envisager de réexaminer les groupes cibles, afin de s’assurer que les enfants exposés au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale aient un accès prioritaire à une alimentation saine et nutritive et à des mesures éducatives, conformément à la stratégie «De la ferme à la table» et à la garantie européenne pour l’enfance; invite la Commission et les États membres à permettre des formules souples entre les produits et les mesures éducatives, en fonction des besoins réels des groupes cibles;

20.

souligne que, dans certains États membres, en particulier dans les écoles rurales, il se peut que les enfants ne soient pas tentés de consommer les produits car ils il y ont déjà accès en permanence dans leur propre foyer;

Rationalisation du processus administratif

21.

invite instamment la Commission et les États membres à réduire la charge administrative liée à la mise en œuvre du programme, en particulier dans le cadre des mesures de distribution, afin d’accroître les taux de participation et l’utilisation des budgets nationaux; estime que l’un des moyens de rationaliser le programme pourrait consister à simplifier les procédures de passation de marchés, à allonger les durées d’exécution des contrats et, ce faisant, à réduire la charge administrative liée aux inspections afin que les écoles qui souhaitent participer n’aient pas à supporter cette charge administrative;

22.

rappelle que les procédures de passation de marchés, même simplifiées, devraient respecter le critère d’attribution de l’offre économiquement la plus avantageuse; souligne que la recherche du prix le plus bas comme seul critère dans la procédure de passation de marchés est préjudiciable aux objectifs du programme à destination des écoles ainsi qu’à la participation des petits agriculteurs; insiste sur le fait que les procédures de passation de marchés doivent garantir l’égalité d’accès et la concurrence loyale, afin que les grands fournisseurs ne soient pas injustement avantagés au détriment des petits agriculteurs qui participent au programme; souligne qu’il convient d’accorder la priorité aux produits locaux et aux circuits courts, ainsi qu’aux produits fournis par les organisations de producteurs, les coopératives agricoles et les marchés agricoles; souligne que l’utilisation d’emballages minimaux adéquats dans le transport et la distribution des produits du programme à destination des écoles devrait également constituer un critère dans les décisions d’achat, compte tenu des capacités de stockage et de refroidissement des écoles et de la nécessité de préserver la qualité et la sécurité des produits;

23.

invite la Commission à étudier l’option pour les écoles de conclure des contrats de plus longue durée, avec la possibilité de renégocier les prix, car cela réduirait la nécessité de disposer d’une documentation abondante; souligne que cela pourrait inciter davantage d’agriculteurs à participer au régime, en particulier des petits agriculteurs;

24.

invite instamment les États membres à réduire et à simplifier le niveau de documentation requis des bénéficiaires du programme afin d’alléger la charge administrative qui leur incombe; invite la Commission et les États membres à accroître l’utilisation des outils numériques dans la gestion de la documentation;

25.

souligne l’importance des enseignants et des autres membres du personnel éducatif/d’encadrement en tant que modèles pour la consommation de produits sains, et demande la flexibilité budgétaire et administrative nécessaire pour permettre à ces personnes de participer aux programmes à destination des écoles et de faire la démonstration d’habitudes alimentaires saines auprès des enfants dont ils ont la charge;

26.

propose de rationaliser les exigences en matière de gestion, de contrôle, de suivi et d’évaluation, tant pour les autorités compétentes des États membres que pour les bénéficiaires du programme;

27.

propose de créer un forum pour encourager les États membres à partager les meilleures pratiques afin de trouver des moyens efficaces de rationaliser la mise en œuvre du programme; rappelle l’existence des réunions du groupe de dialogue civil, organisées par la Commission européenne, qui comprennent déjà des discussions régulières sur le programme de l’Union à destination des écoles et recommande de s’appuyer sur cette instance; invite la Commission à étudier la possibilité pour les pays candidats de participer, en qualité d’observateurs, au forum consacré au programme à destination des écoles;

28.

invite la Commission à étudier la possibilité de lancer un programme à destination des écoles pour les pays candidats, financé par des instruments existants tels que l’instrument d’aide de préadhésion et l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale — L’Europe dans le monde;

Suivi et évaluation

29.

demande à la Commission de mettre en place une méthode de collecte de données complètes, harmonisées et comparables, ce qui permettra de disposer des données agrégées nécessaires à la réalisation d’analyses d’impact ex ante et ex post appropriées concernant le programme dans toute l’Europe;

30.

demande à la Commission d’étudier la possibilité d’introduire des indicateurs communs servant de base à l’évaluation de la mise en œuvre du programme au-delà de 2023; souligne que les bases de données qui pourraient être utilisées pour développer ces indicateurs sont déjà disponibles dans le cadre des stratégies nationales et devraient être intégrées dans le programme à l’avenir; invite la Commission à jouer un rôle plus actif et à fournir un retour d’information et des orientations aux États membres, en s’appuyant sur les meilleures pratiques existantes, afin de mieux les aider dans la mise en œuvre et le suivi du programme.

Communication

31.

invite la Commission à élaborer une stratégie de communication et de publicité renforcée afin d’encourager l’adoption du programme par les écoles des États membres, en particulier ceux où les taux de participation sont faibles, et de faire en sorte que le programme et sa contribution financière soient plus reconnaissables; souligne que le matériel publicitaire de l’Union pourrait également être utilisé pour encourager davantage les écoles à participer;

32.

invite la Commission à mettre davantage l’accent sur la communication quant à la manière dont la production et la distribution des produits a lieu au titre du programme, en insistant particulièrement sur la promotion des produits régionaux et locaux, en développant et en fournissant aux États membres un matériel plus uniforme afin d’accroître la sensibilisation et l’information sur le programme;

o

o o

33.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission.

(1) JO L 347 du 20.12.2013, p. 671

(2) JO L 435 du 6.12.2021, p. 1.

(3) JO L 437 du 28.12.2020, p. 1.

(4) JO L 5 du 10.1.2017, p. 1.

(5) JO L 5 du 10.1.2017, p. 11.

(6) JO L 184 du 11.7.2022, p. 56.

(7) JO C 184 du 5.5.2022, p. 2.

(8) JO L 150 du 14.6.2018, p. 1.

(9) JO C 506 du 15.12.2021, p. 94.

(10) JO L 223 du 22.6.2021, p. 14.

(11) Organisation mondiale de la santé, «OMS European Regional Obesity Report 2022», Copenhague: bureau régional de l’OMS pour l’Europe, 2022.

(12) Eurostat, «Over half of adults in the EU are overweight», 21 juin 2021.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/1063/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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