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Initiative législative — 52023IP0220

CELEX52023IP0220
TypeInitiative législative
Datejeudi 1 juin 2023

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2023/1227

21.12.2023

P9_TA(2023)0220

L’action de l’Union pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens

Résolution du Parlement européen du 1er juin 2023 sur l’action de l’Union pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens (2023/2703(RSP))

(C/2023/1227)

Le Parlement européen,

—

vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE), et notamment son article 168,

—

vu la proposition de la Commission du 26 avril 2023 de recommandation du Conseil relative au renforcement des actions de l’Union visant à lutter contre la résistance aux antimicrobiens dans le cadre d’une approche «Une seule santé» (COM(2023)0191),

—

vu sa résolution du 13 septembre 2018 sur un plan d’action européen fondé sur le principe «Une seule santé» pour combattre la résistance aux antimicrobiens (1),

—

vu sa résolution du 24 novembre 2021 sur une stratégie pharmaceutique pour l’Europe (2),

—

vu l’article 132, paragraphe 2, de son règlement intérieur,

A.

considérant qu’en juillet 2022, la Commission, conjointement avec les États membres, a classé la résistance aux antimicrobiens parmi les trois menaces sanitaires qui viennent en tête des priorités dans l’UE (3); qu’on estime que plus de 35 000 personnes dans l’UE/l’EEE et plus de 1,2 million de personnes dans le monde (4) meurent chaque année en conséquence directe d’une infection due à des bactéries résistantes aux antibiotiques; que l’incidence de la résistance aux antimicrobiens sur la santé est comparable à celle de la grippe, de la tuberculose et du VIH/sida combinés, et que, d’après les données les plus récentes (5), on observe une augmentation significative du nombre d’infections et de décès imputables aux infections pour presque toutes les combinaisons de bactéries résistantes aux antibiotiques, en particulier dans les établissements de soins de santé, où environ 70 % des cas d’infections causées par des bactéries résistantes aux antibiotiques étaient des infections associées aux soins de santé;

B.

considérant que si aucune mesure supplémentaire n’est prise, le nombre de décès liés à la résistance aux antimicrobiens à l’échelle mondiale d’ici à 2050 pourrait dépasser les 10 millions par an, soit un chiffre plus élevé que le nombre prévu de décès dus au cancer et au diabète combinés, et que cette situation pourrait causer des dommages économiques aussi catastrophiques que la crise financière mondiale de 2008-2009;

C.

considérant que la résistance aux antimicrobiens a de graves conséquences sur la santé humaine et l’économie pour les systèmes de soins de santé, car, en réduisant la capacité à prévenir et à traiter les maladies infectieuses, elle menace, entre autres, la capacité à effectuer des interventions chirurgicales, le traitement des patients immunodéprimés, la transplantation d’organes et la thérapie contre le cancer, et entraîne des coûts élevés pour les systèmes de soins de santé des pays de l’Union et de l’EEE (6), qui sont déjà sous pression en raison de facteurs tels que la pandémie de COVID-19; que la résistance aux antimicrobiens constitue également une menace pour la sécurité et la sûreté alimentaires, car elle a une incidence sur la santé animale et les systèmes de production;

D.

considérant que, bien que la résistance aux antimicrobiens affecte les États membres de manières différentes, une action au niveau de l’Union pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens peut apporter une valeur ajoutée manifeste, étant donné qu’aucun État membre ne peut à lui seul apporter une solution adéquate à ce problème transfrontière et mondial;

E.

considérant que la résistance aux antimicrobiens est une question relevant de l’approche «Une seule santé», ce qui signifie qu’elle englobe la santé humaine, la santé animale et l’environnement, et qu’elle constitue une menace transfrontière multidimensionnelle pour la santé qui ne peut être combattue par un seul secteur ou par un seul pays, étant donné que la lutte contre la résistance aux antimicrobiens nécessite un niveau élevé de collaboration entre les secteurs et entre les pays, y compris au niveau mondial;

F.

considérant que la communication de la Commission du 29 juin 2017 intitulée «Plan d’action européen fondé sur le principe “Une seule santé” pour combattre la résistance aux antimicrobiens» (le «plan d’action 2017 contre la résistance aux antimicrobiens») (COM(2017)0339) (7) présente plus de 70 actions couvrant la santé humaine, la santé animale et l’environnement, dont les progrès ont fait l’objet d’un suivi régulier (8); que des mesures supplémentaires sont toutefois nécessaires dans les trois volets du principe «Une seule santé» pour faire face avec succès à la menace de la résistance aux antimicrobiens; que cela exige de la Commission et des États membres qu’ils accordent une plus grande attention à ces domaines et qu’ils collaborent avec et encouragent la collaboration entre les secteurs de la santé humaine, de la santé animale, de l’alimentation, de l’eau et de l’environnement;

G.

considérant que le programme «L’UE pour la santé» propose des investissements pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens, notamment au moyen de subventions directes aux autorités des États membres pour la mise en œuvre de mesures concernant la résistance aux antimicrobiens, telles que les plans d’action nationaux de lutte contre la résistance aux antimicrobiens fondés sur le principe «Une seule santé», la prévention des infections et le contrôle des infections tant extrahospitalières qu’associées aux soins de santé, ainsi que des stratégies de gestion des antimicrobiens, qui devraient servir à soutenir la mise en œuvre de la recommandation du Conseil dans tous les États membres;

H.

considérant que le programme Horizon Europe soutiendra les actions de recherche et d’innovation et mettra en place un partenariat pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens en appliquant le principe «Une seule santé» (9), tandis qu’un financement de la Banque européenne d’investissement (10) et une assistance au titre de l’instrument d’appui technique (11) pourraient compléter le soutien apporté à la mise en œuvre de la recommandation du Conseil;

I.

considérant que les plans d’action nationaux en matière de résistance aux antimicrobiens fondés sur le principe «Une seule santé», s’ils sont financés de manière adéquate, sont essentiels pour une réponse coordonnée à la résistance aux antimicrobiens dans tous les secteurs; que, dans la déclaration politique de 2016 issue de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies sur la résistance aux agents antimicrobiens (12), les États membres des Nations unies se sont engagés à s’employer, à l’échelon national, régional et mondial, à élaborer, dans la logique de la résolution 68.7 de l’Assemblée mondiale de la santé, des plans d’action multisectoriels nationaux qui intègrent le principe «Un monde, une santé» et soient conformes au plan d’action mondial pour combattre la résistance aux antimicrobiens (13);

J.

considérant que, dans son rapport de synthèse du 18 octobre 2022 (14), la Commission a constaté que, bien que des plans d’action nationaux soient en place dans tous les États membres et que la plupart d’entre eux reposent sur une approche fondée sur le principe «Une seule santé» au moins dans une certaine mesure, leur contenu et leurs détails varient considérablement, et que de nombreux États membres devraient adopter davantage l’approche «Une seule santé», notamment en ce qui concerne les mesures relatives à l’environnement, qui font souvent défaut ou ne sont pas bien développées; que la plupart des plans d’action nationaux mentionnent un mécanisme de coordination intersectoriel, un élément clé de l’approche «Une seule santé», mais qu’il manque souvent à ce mécanisme une structure, un mandat et une composition clairs; que les aspects «Une seule santé» de certains plans d'action nationaux comprennent l’éducation et la formation du personnel chargé de la gestion de l’eau dans l’environnement, en particulier le traitement des eaux usées en lien avec les résidus de la production et de l’utilisation de médicaments, la réduction des déchets hospitaliers non traités et la collecte des médicaments non utilisés auprès des ménages et la collecte des antimicrobiens non utilisés provenant des exploitations agricoles; que, en outre, les éléments essentiels tels que les volets opérationnel, de suivi et d’évaluation ne sont généralement pas bien développés dans les plans d’action nationaux eux-mêmes ni disponibles dans les documents connexes, et que les informations budgétaires sont pour la plupart absentes des plans d’action nationaux;

K.

considérant que des inquiétudes ont été exprimées au sujet du caractère durable de la mise en œuvre des plans d’action nationaux des États membres et des dispositions en place dans les États membres pour garantir la réalisation effective de leurs objectifs stratégiques; que les États membres devraient donc veiller à disposer d’un plan d’action national fondé sur l’approche «Une seule santé», soutenu par une structure appropriée et assorti d’un suivi et de ressources spécifiques affectées à chaque activité;

L.

considérant qu’une surveillance et un suivi rigoureux de la résistance aux antimicrobiens et de la consommation d’antimicrobiens à tous les niveaux de la santé humaine, mais aussi dans les secteurs vétérinaire, phytosanitaire et environnemental, ainsi que des mesures de gestion de l’eau, de l’assainissement et des eaux usées, sont essentiels pour évaluer la propagation de la résistance aux antimicrobiens, soutenir l’utilisation prudente des antimicrobiens et éclairer la prévention des infections et la lutte contre celles-ci;

M.

considérant qu’il est essentiel, pour planifier la prévention et le contrôle des infections, repérer les tendances et lutter contre la résistance aux antimicrobiens, de collecter des données fiables et comparables sur l’utilisation, l’administration, l’élimination et les sources d’antimicrobiens, ainsi que des données solides et comparables sur l’adoption et le développement de traitements antimicrobiens nouveaux et innovants; que les États membres devraient envisager la création d’une plateforme de guichet unique pour ces données et examiner le rôle potentiel que pourraient jouer l’Autorité européenne de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire (HERA) ou le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) à cet égard;

N.

considérant que les États membres doivent recueillir des données pertinentes et comparables sur le volume des ventes de médicaments vétérinaires antimicrobiens et sur l’utilisation des médicaments antimicrobiens par espèce animale; que l’application et la mise en œuvre du règlement (UE) 2022/2371 (15) permettent d’améliorer la collecte de données et d’informations comparables et compatibles sur la résistance aux antimicrobiens et la consommation d’antimicrobiens; que des mesures supplémentaires de la part des États membres sont nécessaires pour combler les lacunes existantes en matière de surveillance et de suivi et pour garantir l’exhaustivité des données relatives à la résistance aux antimicrobiens et à la consommation d’antimicrobiens à tous les niveaux, y compris en recommandant les données à communiquer, en étudiant les possibilités de renforcer l’harmonisation des lignes directrices sur la fréquence des mises à jour des données, les approches en matière d’analyse des données et les niveaux de détail de la communication de données, et en développant des systèmes intégrés de surveillance de la résistance aux antimicrobiens et de la consommation d’antimicrobiens qui englobent la santé humaine, la santé animale, la santé végétale, l’alimentation, les eaux usées et l’environnement;

O.

considérant que l’importance relative de tous les réservoirs et voies de transmission potentiels pour la résistance aux antimicrobiens n’est pas encore connue et que, compte tenu du fait qu’une surveillance complète de la propagation de la résistance aux antimicrobiens n’est pas réalisable, davantage de recherches primaires restent nécessaires pour affiner la surveillance et le suivi de la résistance aux antimicrobiens et, en particulier, pour faciliter la prise de décisions fondées sur des données probantes à cet égard;

P.

considérant que la science de la surveillance et du suivi n’est pas statique et qu’il convient dès lors d’accorder une priorité élevée à la recherche en la matière afin de garantir l’application des méthodes pertinentes;

Q.

considérant qu’il est nécessaire d’acquérir de nouvelles données scientifiques sur le développement et la propagation de la résistance aux antimicrobiens par l’exposition d’agents pathogènes aux produits phytopharmaceutiques et aux produits biocides; qu’il convient de prendre en considération la possibilité de développement de cette résistance dans le cadre de l’évaluation de la sécurité et de la prise de décision concernant les produits phytopharmaceutiques et les produits biocides; que les États membres devraient examiner, avec l’aide de la Commission, les moyens de collecter des données précieuses et comparables sur le lien de causalité potentiel entre les produits phytopharmaceutiques, les biocides et la résistance aux antimicrobiens, ainsi que le rôle que pourraient jouer l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) dans l’évaluation de ces données et l’identification des tendances à l’échelle de l’Union;

R.

considérant que les dimensions environnementales de la résistance aux antimicrobiens ont fait l’objet d’une attention moindre que la résistance aux antimicrobiens dans le domaine de la santé humaine ou animale; que le rapport de 2023 du programme des Nations unies pour l’environnement intitulé «Se préparer aux superbactéries; renforcer l’action environnementale dans la réponse “Une Seule Santé” à la résistance antimicrobienne» apporte la preuve que l’environnement joue un rôle essentiel dans le développement, la transmission et la diffusion de la résistance aux antimicrobiens et constitue un élément essentiel de la solution pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens (16); que les dimensions environnementales de la résistance aux antimicrobiens comprennent la pollution due aux eaux usées hospitalières et générales, aux effluents de la production pharmaceutique, au ruissellement provenant de l’agriculture et de l’élevage et d’autres formes de déchets et de rejets; que la veille environnementale en matière de résistance aux antimicrobiens dans les eaux douces, les eaux usées, les eaux marines et les sols agricoles est essentielle pour mieux comprendre le rôle joué par la présence dans l’environnement de résidus antimicrobiens dans l’émergence et la propagation de la résistance aux antimicrobiens, les niveaux de contamination de l’environnement et les risques pour la santé humaine; que le suivi est également essentiel pour compléter les données cliniques en fournissant des données basées sur la population provenant de la surveillance environnementale des eaux usées, à l’aide d’échantillons prélevés auprès d’une vaste population;

S.

considérant que les résidus de médicaments, provenant notamment des industries pharmaceutiques et des hôpitaux, ainsi que des stations d’épuration des eaux usées (17), sont largement présents dans les eaux douces (eaux de surface et eaux souterraines) et les sols, et que plusieurs publications ont montré que divers produits pharmaceutiques (y compris des antibiotiques), microplastiques, métaux et autres substances chimiques peuvent contribuer à la résistance aux antimicrobiens;

T.

considérant que les actions mises au point dans le cadre des plans d’action nationaux en matière de résistance aux antimicrobiens devraient inclure: la fixation et le suivi de normes relatives aux effluents; la collaboration avec des ingénieurs dans le domaine de la production, de l’eau et des eaux usées afin de promouvoir les technologies d’atténuation les plus appropriées pour réduire la pollution aux antimicrobiens; l’augmentation des inspections; l’amélioration de la maintenance des systèmes; la prise de responsabilités accrues en matière de gestion des eaux usées et la promotion de l’économie circulaire; qu’il est également nécessaire de développer une surveillance rigoureuse de la résistance aux antimicrobiens dans les eaux usées afin de fournir des informations intégrées sur la résistance aux antimicrobiens dans les populations desservies et de répondre à un besoin essentiel de surveillance environnementale, tout en éclairant les recherches nécessaires pour fixer des limites de rejet appropriées;

U.

considérant que les propositions de la Commission de l’automne 2022 (18) visent à renforcer la veille environnementale en matière de résistance aux antimicrobiens dans les eaux douces, les eaux usées et les sols agricoles, mais que la nécessité d’appliquer une approche intégrée de la résistance aux antimicrobiens fondée sur le principe «Une seule santé» pour les systèmes de surveillance, y compris en matière d’environnement, a également été reconnue (19); que la surveillance intégrée des résultats sur les micro-organismes résistants aux médicaments chez l’homme, les animaux, les plantes, dans les denrées alimentaires, les eaux usées et l’environnement est nécessaire pour prévenir, détecter et gérer rapidement les épidémies de maladies infectieuses et lutter contre la résistance aux antimicrobiens dans tous les secteurs, y compris par un dialogue avec les milieux universitaires concernés, et qu’une coopération plus étroite entre ces secteurs peut également permettre de réaliser des économies financières; que ce processus implique que les secteurs partagent les données et informations afin de combattre la résistance aux antimicrobiens de manière plus efficace et coordonnée; que les données fournies par ces systèmes de surveillance peuvent améliorer la compréhension de l’épidémiologie complexe de la résistance aux antimicrobiens et fournir des informations permettant de réaliser des évaluations des risques susceptibles d’orienter les recommandations stratégiques et de contribuer à l’élaboration d’initiatives visant à faire face aux risques de résistance aux antimicrobiens avant qu’ils ne deviennent des urgences de grande ampleur;

V.

considérant qu’une prévention et un contrôle rigoureux des infections, en particulier dans les établissements de soins aigus tels que les hôpitaux et les établissements de soins de longue durée, peuvent contribuer à la lutte contre la résistance aux antimicrobiens, d’autant plus que la pandémie de COVID-19 a mis davantage en lumière la manière dont la prévention et le contrôle des infections, y compris les mesures en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène, pouvaient réduire la transmission des microbes, y compris les microbes résistants; que, néanmoins, comme plus de 70 % de la charge liée à la résistance aux antimicrobiens provient d’infections associées aux soins de santé, il est nécessaire de prévoir et d’investir davantage dans l’élaboration de normes élevées en matière de prévention et de lutte contre les infections et de mesures sûres en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène, grâce à un engagement fort en faveur de la stratégie mondiale de protection et de lutte contre les infections, à l’augmentation des possibilités de gestion pour les professionnels de la santé, à des normes élevées de sécurité des patients et aux investissements directs des États membres dans ce domaine;

W.

considérant que les efforts de lutte contre la résistance aux antimicrobiens sont également compromis par les pénuries d’antibiotiques de plus en plus fréquentes dans le monde et par le fait que les prescripteurs ont dû recourir à des antimicrobiens de substitution en raison de l’indisponibilité des agents les plus appropriés et les plus adaptés à l’usage prévu, ce qui entraîne des infections résistantes aux médicaments et contribue à la charge de la résistance aux antimicrobiens; qu’il est donc urgent de prévenir et de gérer l’aggravation des pénuries de médicaments;

X.

considérant qu’il est bien reconnu que l’utilisation inappropriée d’antimicrobiens, ainsi que l’insuffisance de la lutte contre les infections et de la prévention, tant chez l’homme que chez les animaux, sont les principaux facteurs à l’origine de l’augmentation des niveaux de résistance aux antimicrobiens; que des lacunes sont néanmoins signalées de manière constante en ce qui concerne la garantie de niveaux élevés de bonne gestion des antimicrobiens dans les États membres; que l’utilisation prudente des antimicrobiens et l’application de normes strictes de prévention des infections et de lutte contre celles-ci en milieu extrahospitalier, en milieu hospitalier et dans les établissements de soins de longue durée sont des aspects essentiels pour réduire l’apparition et le développement de la résistance aux antimicrobiens; que la recommandation du Conseil complète la révision de la législation pharmaceutique de l’Union, qui propose de prévoir, dans la directive révisée instituant un code de l’Union relatif aux médicaments à usage humain (20), des mesures réglementaires spécifiques favorisant l’utilisation prudente des antimicrobiens;

Y.

considérant que, selon les estimations, 8 % de tous les antibiotiques à usage humain sont consommés sans ordonnance dans l’Union (21); que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a enquêté sur les pays voisins de l’Union dans la région européenne et a estimé que pas moins d’une personne sur trois dans ces pays consomme des antibiotiques sans prescription médicale (22), les principales méthodes d’obtention d’antibiotiques étant de les acheter sans ordonnance dans leur pays ou à l’étranger (malgré la législation applicable), d’utiliser les restes ou de les obtenir auprès d’amis et de membres de la famille (23);

Z.

considérant que l’action commune de l’Union européenne sur la résistance aux antimicrobiens et les infections associées aux soins de santé (EU-JAMRAI) a mis en évidence un manque d’outils efficaces pour influer sur la mise en œuvre de la gestion de la résistance aux antimicrobiens tant au niveau national qu’au niveau des systèmes de soins de santé européens (24); qu’il est nécessaire de développer les éléments essentiels des programmes européens de gestion des antibiotiques afin de les traduire en politiques pratiques et réalisables au niveau des États membres et de l’Union;

AA.

considérant que la résistance aux antimicrobiens entraîne une augmentation de la morbidité et de la mortalité des animaux et met en danger la santé, le bien-être et, partant, la productivité des animaux, ce qui signifie qu’elle a une incidence socioéconomique majeure sur le secteur agricole; que la sécurité de la chaîne alimentaire est tributaire de la santé et du bien-être des animaux, en particulier des animaux élevés pour la production de denrées alimentaires; que le fait de garantir un niveau élevé de santé et de bien-être des animaux permet d’améliorer la résilience des animaux et de les rendre de ce fait moins vulnérables aux maladies, ce qui contribue à faire baisser l’utilisation des antimicrobiens; que, lorsque la santé animale ou humaine est menacée, les producteurs d’animaux et les vétérinaires devraient néanmoins, en dernier ressort, avoir la possibilité de faire un usage approprié des antibiotiques ne figurant pas sur la liste de réserve à usage humain;

AB.

considérant que les secteurs européens de l’agriculture et de l’élevage ont déjà pris des mesures importantes et ont permis de réduire considérablement les risques de résistance aux antimicrobiens, notamment en donnant la priorité à l’utilisation thérapeutique des antibiotiques plutôt qu’à l’usage prophylactique (25);

AC.

considérant que l’utilisation d’antimicrobiens dans les médicaments à usage vétérinaire accélère l’émergence et la propagation de micro-organismes résistants et nuit à l’efficacité du nombre déjà limité d’antimicrobiens disponibles pour traiter les infections chez l’homme; que, selon des études de 2017, en termes absolus, 73 % de l’ensemble des antimicrobiens vendus dans le monde sont utilisés chez les animaux destinés à la consommation humaine; que, selon ces études, les formes pharmaceutiques adaptées au traitement collectif (solutions orales, prémélanges et poudres orales) représentaient environ 88 % du total des ventes et que celles destinées au traitement individuel des animaux (préparations injectables et autres préparations) représentaient environ 12 % du total des ventes; que, selon l’EFSA, des progrès ont été accomplis ces dernières années dans la réduction de la résistance aux antimicrobiens chez les animaux producteurs d’aliments dans plusieurs États membres;

AD.

considérant que l’utilisation de boues d’épuration et d’effluents d’élevage en tant qu’engrais sur les sols agricoles peut entraîner le développement d’une résistance aux antimicrobiens à la suite de la propagation de bactéries résistantes aux antimicrobiens et de gènes de résistance aux antimicrobiens dans l’environnement, et faire ainsi augmenter la contamination de la chaîne alimentaire; qu’il faut introduire des pratiques prudentes de gestion des effluents d’élevage, même si davantage de données sont nécessaires pour permettre le lancement d’actions fondées sur des données probantes;

AE.

considérant que la fixation d’objectifs concrets et mesurables pour accompagner les mesures de mise en œuvre, définis en consultation avec les parties prenantes concernées, est un moyen efficace d’atteindre les objectifs de prévention et de réduction de la résistance aux antimicrobiens dans un délai déterminé et de suivre les progrès accomplis; considérant que des discussions sur les objectifs en matière de résistance aux antimicrobiens ont eu lieu au niveau international, par exemple dans le cadre du groupe de travail transatlantique sur la résistance aux antimicrobiens, des objectifs de développement durable des Nations unies et du G7, et que, plus récemment, en novembre 2022, les participants à la troisième conférence ministérielle mondiale de haut niveau sur la résistance aux antimicrobiens ont reconnu l’intérêt de fixer des objectifs pour stimuler une action politique forte à l’échelon national et mondial ainsi que d’approfondir les efforts et l’engagement;

AF.

considérant qu’un objectif de réduction de 50 % des ventes totales dans l’Union d’antimicrobiens destinés aux animaux d’élevage et à l’aquaculture d’ici à 2030 a été inscrit dans la stratégie «De la ferme à la table» ainsi que dans le plan d’action «zéro pollution», et la réduction de l’utilisation d’antimicrobiens chez les animaux d’élevage devrait faire l’objet d’un suivi au moyen des mesures d’aide relevant de la politique agricole commune, mais qu’il n’existe actuellement, dans le secteur de la santé humaine au niveau de l’UE, aucun objectif relatif à la résistance aux antimicrobiens; que la Commission, avec l’ECDC, a défini des objectifs concrets, tant au niveau de l’Union qu’au niveau des États membres, qui permettraient de réduire l’utilisation inutile d’antimicrobiens, les objectifs recommandés au niveau des États membres tenant dûment compte de chaque situation nationale et de l’existence de niveaux différents de consommation d’antimicrobiens et de propagation des principaux agents pathogènes résistants, et qu’ils reflètent le niveau des efforts à fournir par chaque État membre pour atteindre les objectifs communs de l’Union sans compromettre la santé et la sécurité des patients, tout en permettant un soutien ciblé, le cas échéant, et pour suivre les progrès futurs;

AG.

considérant que la fixation d’objectifs recommandés au niveau de l’Union en matière de consommation d’antimicrobiens et de résistance aux antimicrobiens est un moyen utile de réaliser et de suivre les progrès accomplis tant en ce qui concerne les facteurs sous-jacents influençant la résistance aux antimicrobiens, notamment la consommation d’antimicrobiens, que la propagation de la résistance aux antimicrobiens, en particulier en ce qui concerne les agents pathogènes qui représentent la charge et la menace les plus élevées pour la santé publique dans l’Union, et que les objectifs recommandés sont fondés sur les données existantes communiquées dans le cadre de la surveillance effectuée par l’Union en 2019, choisie comme année de référence, étant donné que la situation en 2020 et 2021 est considérée comme exceptionnelle, et donc inappropriée pour servir de base, en raison de la pandémie de COVID-19 et des mesures restrictives exceptionnelles mises en place, que les objectifs recommandés devraient contribuer à la réalisation d’objectifs communs et peuvent être complétés par des objectifs nationaux couvrant d’autres aspects liés à la résistance aux antimicrobiens, tels que la prévention et le contrôle des infections, la gestion des antimicrobiens, les pratiques de prescription, la formation et des tailles adéquates d’emballages;

AH.

considérant que l’Eurobaromètre spécial de 2022 sur la résistance aux antimicrobiens révèle que les connaissances sur les antibiotiques font toujours défaut dans l’Union, seule la moitié des personnes interrogées étant conscientes que les antibiotiques sont inefficaces contre les virus, et qu’il existe encore de grandes différences en matière de sensibilisation des citoyens de l’Union d’un État membre à l’autre et que, en outre, près d’un citoyen européen sur dix prend des antibiotiques sans ordonnance, que ces résultats démontrent la nécessité de renforcer et d’améliorer l’application de la législation existante et à venir sur les produits pharmaceutiques dans les États membres, ainsi que les activités de communication et de sensibilisation sur la résistance aux antimicrobiens et l’utilisation prudente des antimicrobiens à tous les niveaux afin d’accroître les connaissances et de stimuler le changement de comportement parmi les citoyens et les professionnels de la santé;

AI.

considérant que l’éducation, le perfectionnement, la sensibilisation et la formation des professionnels de la santé humaine, du secteur vétérinaire et du secteur de l’agronomie concernant la résistance aux antimicrobiens, la prévention des infections et la lutte contre celles-ci ainsi que l’approche «Une seule santé» tiennent une place importante dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens, notamment parce que ces professionnels jouent le rôle de défenseurs d’une utilisation prudente des antimicrobiens et d’éducateurs des patients et des éleveurs; que les programmes et parcours d’éducation continue et fondée sur des données probantes devraient comprendre, selon les besoins, des formations intersectorielles et des formations qualifiantes obligatoires sur la résistance aux antimicrobiens, sur la prévention des infections et la lutte contre celles-ci, sur les risques environnementaux, sur la biosécurité et sur la gestion des antimicrobiens;

AJ.

considérant que la sensibilisation du grand public et le changement de comportement constitueront un élément essentiel de la lutte contre la résistance aux antimicrobiens; qu’il sera nécessaire d’adopter une approche inclusive et ascendante pour encourager le changement de comportement, et de faciliter le partage des connaissances et des meilleures pratiques;

AK.

considérant que, selon l’OMS, 11 nouveaux antibiotiques ont été approuvés (soit par la Commission, soit par la Food and Drug Administration des États-Unis, soit par les deux) depuis juillet 2017 et que, à quelques exceptions près, les antibiotiques nouvellement approuvés ont un bénéfice clinique limité par rapport aux traitements qui existaient déjà auparavant, étant donné que plus de 80 % d’entre eux appartiennent à des classes existantes où les mécanismes de résistance sont bien établis et où l’on s’attend à ce qu’une résistance émerge rapidement;

AL.

considérant qu’il existe actuellement 43 antibiotiques et combinaisons avec une nouvelle entité thérapeutique en cours de développement et que seuls quelques-uns d’entre eux remplissent au moins l’un des critères d’innovation de l’OMS (à savoir absence de résistance croisée connue, nouveau site de liaison, nouveau mode d’action et/ou nouvelle classe), ce qui signifie que, de manière générale, les antibiotiques en préparation et les antibiotiques récemment approuvés sont insuffisants pour remédier au problème de l’émergence et de la propagation croissantes de la résistance aux antimicrobiens;

AM.

considérant que les bactériophages ont un potentiel considérable pour devenir un outil abordable et efficace de contrôle bactérien en tant que substitut ou complément potentiel à la thérapie antibiotique, et qu’il convient de donner la priorité à un cadre réglementaire approprié pour l’enregistrement des bactériophages en tant qu’additifs pour l’alimentation animale et en tant que produits médicaux vétérinaires, conformément aux lignes directrices de l’Agence européenne des médicaments (EMA) sur la qualité, la sécurité et l’efficacité des médicaments vétérinaires spécialement conçus pour la phagothérapie;

AN.

considérant que le fait que trop peu de nouveaux antibiotiques ou nouveaux agents antimicrobiens efficaces sont mis au point et mis à disposition renforce encore les effets de la résistance aux antimicrobiens; qu’il est donc urgent d’élaborer et de mettre en œuvre de nouvelles mesures d’incitation et d’envisager des traitements alternatifs tels que les bactériophages, tout en garantissant l’accessibilité et le caractère abordable des produits bénéficiant d’un soutien public;

AO.

considérant que la Commission vise à promouvoir la recherche avancée sur les antimicrobiens existants et nouveaux, les traitements alternatifs, y compris les bactériophages, les diagnostics et les vaccins contre les agents pathogènes résistants, et à développer des contre-mesures médicales et technologies connexes ainsi qu’à faire face aux défis sur le marché;

AP.

considérant que, dans le monde, près de 50 % des traitements antibiotiques humains sont démarrés sans diagnostic approprié et avec le mauvais médicament, ce qui souligne le potentiel des diagnostics pour éviter une utilisation inappropriée et excessive des antibiotiques (26);

AQ.

considérant que, depuis le plan d’action de 2017 en matière de résistance aux antimicrobiens, plusieurs propositions de nouveaux modèles économiques pour la mise sur le marché de nouveaux antimicrobiens ont été formulées, notamment dans les conclusions de la JAMRAI, qui a présenté, le 31 mars 2021, une stratégie de mise en œuvre d’incitations plurinationales en Europe en vue de stimuler l’innovation en matière d’antimicrobiens et l’accès à ceux-ci;

AR.

considérant que la Commission a commandé une étude sur la mise sur le marché de contre-mesures médicales ciblant la résistance aux antimicrobiens, simulant quatre types de mécanismes incitatifs en aval, d’une importance financière différente, pour récompenser l’innovation et garantir l’accès aux antimicrobiens — garantie de revenus, primes d’entrée sur le marché combinées à une garantie de revenus, primes forfaitaires d’entrée sur le marché, et paiements d’étape —, assortis d’options pour leur mise en œuvre au niveau de l’UE; que l’étude a également reconnu le large consensus selon lequel les mécanismes incitatifs en aval devraient être complétés par des mécanismes incitatifs en amont;

AS.

considérant que de nouveaux investissements dans la recherche et le développement d’outils de diagnostic innovants viendraient compléter les efforts visant à améliorer la prévention et le traitement; que des outils de diagnostic plus rapides et plus précis faciliteraient une utilisation plus prudente des antimicrobiens dans tous les établissements de soins de santé;

AT.

considérant que le programme de travail «L’UE pour la santé» pour 2023 prévoit un investissement dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens, notamment par l’intermédiaire de l’action spécifique «Soutien à l’innovation et à l’accès aux antimicrobiens», ce qui permettra la création d’un réseau qui épaulera la Commission et les États membres concernant la préparation et la mise en œuvre de marchés publics relatifs aux contre-mesures médicales et aux capacités de réserve pour la production ou l’accès à certaines contre-mesures médicales ciblant la résistance aux antimicrobiens;

AU.

considérant que, si des actions en matière de recherche et d’innovation soutenues par les programmes Horizon 2020 et Horizon Europe sont essentielles à l’élaboration, à l’évaluation et à la mise en œuvre de mesures de lutte contre la résistance aux antimicrobiens, il convient de garantir et de renforcer le soutien et la collaboration continus, lesquels restent indispensables pour renforcer les retombées de la recherche et de l’innovation sur la détection, la prévention et le traitement des infections causées par des agents pathogènes résistants;

AV.

considérant que la résistance aux antimicrobiens est un problème urgent pour lequel il n’existe pas de solution à court terme; que la résistance aux antimicrobiens devrait demeurer une priorité de financement au niveau de l’Union et des États membres au-delà des cycles budgétaires actuels et bénéficier d’un soutien continu au niveau de l’Union;

AW.

considérant que les vaccins sont des moyens efficaces et économiques de prévenir les maladies transmissibles, tant chez l’homme que chez l’animal, et qu’ils peuvent donc permettre de freiner la propagation des infections provoquées par des agents pathogènes résistants aux antimicrobiens et de réduire l’utilisation d’antimicrobiens; qu’il est donc nécessaire de promouvoir le recours à la vaccination par des mesures visant à sensibiliser davantage les citoyens et les professionnels de la santé à l’importance des vaccins et en luttant contre la réticence à la vaccination, dans tous les groupes d’âge, mais en particulier pour les groupes à risque, ainsi que de promouvoir la mise au point de vaccins, leur disponibilité et l’accès à ceux-ci;

AX.

considérant que la coopération intersectorielle des États membres et la participation des parties intéressées sont cruciales pour la mise en œuvre intégrale et effective des politiques et des actions de lutte contre la résistance aux antimicrobiens fondées sur le principe «Une seule santé», et que cette coopération devrait être approfondie, en particulier par l’intermédiaire du réseau de l’UE «Une seule santé» contre la résistance aux antimicrobiens;

AY.

considérant que la coopération intense entre les agences de l’Union (EFSA, ECDC et EMA) devrait être encore renforcée et étendue pour inclure l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) et l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), afin que la réponse à la résistance aux antimicrobiens soit cohérente, fondée sur le principe «Une seule santé» et étayée par des données probantes;

AZ.

considérant que la lutte contre la résistance aux antimicrobiens dans le cadre de l’approche «Une seule santé» est une priorité de la stratégie de l’UE en matière de santé mondiale5, y compris par l’inclusion de dispositions concrètes sur la résistance aux antimicrobiens dans le cadre de la négociation, par l’OMS, d’un éventuel accord international sur la prévention, la préparation et la riposte aux pandémies, tandis que l’attention publique à la résistance aux antimicrobiens est de plus en plus grande dans le monde, ce qui encourage la coopération internationale, afin de garantir une réaction coordonnée de la communauté mondiale et un soutien adéquat intégré aux priorités établies aux niveaux mondial et régional en matière de financement, de recherche et d’action, et qu’à cet égard, une coopération renforcée devrait avoir lieu, en particulier dans le contexte des Nations unies, du G7 et du G20, ainsi que de l’alliance quadripartite (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE)48, Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et OMS), mais aussi de manière bilatérale entre les États membres et les pays tiers;

BA.

considérant qu’il convient de contrôler régulièrement la mise en œuvre du plan d’action de 2017 sur la résistance aux antimicrobiens et de la recommandation du Conseil afin de mesurer les progrès accomplis en vue de la réalisation de leurs objectifs et de recenser les lacunes de la lutte contre la résistance aux antimicrobiens;

Généralités

1.

demeure profondément préoccupé par la menace sanitaire mondiale que représente la résistance aux antimicrobiens et déplore les pertes de vies humaines récurrentes et de plus en plus nombreuses, dans l’Union et ailleurs, causées par la résistance aux antimicrobiens; est pleinement convaincu que la résistance aux antimicrobiens nécessite une stratégie pluridimensionnelle au sein de l’Union, fondée sur l’approche «Une seule santé»;

2.

se félicite de la proposition de recommandation du Conseil présentée par la Commission sur le renforcement des mesures de l’Union visant à lutter contre la résistance aux antimicrobiens sur la base de l’approche «Une seule santé» et invite le Conseil à adopter une recommandation tenant compte de cette résolution afin de renforcer l’action dans les domaines complétant la législation dans le cadre du train de mesures proposé sur les produits pharmaceutiques;

3.

rappelle toutefois que le pouvoir d’adopter des actes contraignants de l’Union pour «lutter contre les grands fléaux», «[lutter contre les] menaces transfrontières graves sur la santé» et «[fixer] des normes élevées de qualité et de sécurité des médicaments et des dispositifs à usage médical» reste soumis à la procédure législative ordinaire, conformément à l’article 168 du traité FUE; estime dès lors que si les mesures prises dans le cadre d’une recommandation sont insuffisantes, une action législative supplémentaire au niveau de l’Union sera nécessaire;

4.

souligne que la lutte contre la résistance aux antimicrobiens nécessite une approche en trois volets combinant une utilisation prudente des antibiotiques pour les êtres humains et les animaux, la mise en œuvre de mesures efficaces de prévention et de lutte contre les infections, en particulier dans les établissements de soins, et la promotion de la recherche et du développement de nouveaux antimicrobiens et d’alternatives aux antimicrobiens; souligne que les actions dans ces domaines ne sont que complémentaires et ne doivent pas servir de motif pour réduire les ambitions dans un autre domaine;

Plans d’action nationaux contre la résistance aux antimicrobiens

5.

demande aux États membres de mettre en place, rendre public et mettre en œuvre d’ici au 1er mars 2024 un plan d’action national contre la résistance aux antimicrobiens (ci-après le «plan d’action national»), sur la base de l’approche «Une seule santé» et conformément aux objectifs du plan d’action mondial de l’Organisation mondiale de la santé et à la déclaration de 2016 issue de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies sur la résistance aux agents antimicrobiens, et de mettre régulièrement à jour un tel plan d’action national; souligne que les États membres devraient en particulier:

a.

veiller à ce que, dans leurs plans d’action nationaux, lutter contre la résistance aux antimicrobiens et promouvoir l’utilisation prudente des antimicrobiens figurent parmi les priorités des systèmes de santé nationaux;

b.

veiller à ce que les plans d’action nationaux englobent des plans de mise en œuvre et de suivi, des renforcements des capacités, des ressources humaines et financières adéquates ainsi que des mécanismes propres à garantir l’efficacité de leur gouvernance;

c.

veiller à ce que les plans d’action nationaux comprennent des mécanismes de coordination intersectoriels dotés d’un mandat, d’une structure d’exécution et d’une composition clairs, y compris des experts et des praticiens des secteurs de la santé humaine, de la santé animale et de l’environnement;

d.

veiller à ce que les plans d’action nationaux englobent des mesures spécifiques destinées à la réalisation d’objectifs généraux mesurables, des modalités de mise en œuvre ainsi que des indicateurs permettant d’évaluer les progrès accomplis en vue de la réalisation de ces objectifs, y compris les coûts des infections humaines multirésistantes et des besoins médicaux non satisfaits, et que ces plans incluent les objectifs recommandés énoncés au point E de la recommandation du Conseil;

e.

veiller à ce que les plans d’action nationaux fassent référence aux éléments pertinents des plans stratégiques nationaux relevant de la politique agricole commune pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens;

f.

veiller à ce que les plans d’action nationaux adoptent une approche fondée sur les risques et englobent des mesures étayées par des données probantes pour prévenir, surveiller et réduire la propagation de la résistance aux antimicrobiens dans l’environnement;

g.

allouer des ressources humaines et financières appropriées et suffisantes à la mise en œuvre effective du plan d’action national, en définissant les priorités et en répartissant les ressources en conséquence, tout en veillant à la mise en œuvre dans des domaines négligés tels que l’environnement;

h.

veiller à ce que la résistance aux antimicrobiens soit traitée ou prise en compte dans d’autres plans d’action ou orientations nationaux, par exemple les plans d’action en matière de cancer, les plans de santé infantile et maternelle, la planification pour les pandémies et les plans de soins de longue durée;

i.

évaluer régulièrement, c’est-à-dire au moins tous les deux ans, les plans d’action nationaux, et évaluer leurs effets et prendre des mesures pour donner suite aux conclusions de ces évaluations et d’autres éléments pertinents éventuels, tout en tenant compte des nouvelles constatations et des tendances émergentes; et

j.

mettre à la disposition du grand public toutes les données utilisées à cet égard sur un site internet spécifique;

Surveillance et suivi en matière de RAM et de consommation d’antimicrobiens (CAM)

6.

enjoint aux États membres, d’ici 2030, de combler les lacunes existantes en matière de surveillance et de suivi et de garantir l’exhaustivité des données relatives à la RAM et à la CAM à tous les niveaux (par exemple dans le milieu extrahospitalier hospitalier, ou dans les établissements de soins de longue durée), y compris, le cas échéant, les données en temps réel, afin de favoriser l’utilisation prudente des agents antimicrobiens, en:

a.

veillant, en coordination avec l’ECDC, à ce que la surveillance de la RAM des bactéries présentes chez l’homme englobe non seulement les isolats de sang et de liquide céphalorachidien (isolats invasifs), mais aussi tous les autres isolats provenant de laboratoires de microbiologie clinique, et à ce que les données correspondantes soient régulièrement communiquées à l’ECDC pour que l’on puisse rapidement détecter et mieux mesurer l’ampleur et la propagation des agents pathogènes résistants aux antimicrobiens dans les États membres et entre ceux-ci;

b.

disposant que les infections provoquées par certains organismes multirésistants critiques, tels que Acinetobacter baumannii résistant au carbapénème, les Enterobacteriaceae résistantes au carbapénème (Klebsiella pneumoniae, Escherichia coli, etc.) et Candida auris, sont des maladies à déclaration obligatoire en vertu de la législation nationale;

c.

étendant la surveillance de la RAM chez l’homme aux agents pathogènes ayant une RAM émergente ou établie, en raison de leur exposition à des substances présentes dans l’environnement, en particulier celles utilisées dans les produits phytopharmaceutiques ou les produits biocides;

d.

collectant, dans des proportions appropriées, des données relatives à la prescription et à la délivrance d’antimicrobiens destinés à l’utilisation humaine et en utilisant les données relatives aux ordonnances électroniques et à d’autres infrastructures numériques de collecte et de partage des données concernant la santé, notamment l’espace européen des données de santé, dans un but de suivi des prescriptions d’antimicrobiens et de retour d’informations sur les tendances et les schémas de prescription, en impliquant les prescripteurs, les pharmaciens et les autres parties qui collectent ces données; la collecte de ces données devrait être limitée à l’objectif d’une utilisation prudente des antimicrobiens dans le domaine de la santé humaine, respecter systématiquement le règlement relatif à l’EHDS et comporter des garanties relatives au respect des données personnelles et de la vie privée des personnes concernées;

e.

développant des systèmes intégrés de surveillance de la RAM et de la CAM qui englobent la santé humaine, aux niveaux des soins tertiaires comme des soins de proximité, mais aussi la santé animale, la santé végétale, l’alimentation, les eaux usées et l’environnement, en particulier l’eau et les sols; ce suivi intégré et permanent doit être conçu de sorte à détecter efficacement et rapidement les épidémies mais également, dans le cas des sols et des masses d’eau, à déterminer la présence de gènes résistants aux antimicrobiens, leur toxicité et les tendances les concernant, et les résultats de cette surveillance doivent éclairer l’élaboration de stratégies efficaces de lutte contre la RAM dans tous les secteurs;

f.

étudiant les possibilités de renforcer l’harmonisation des lignes directrices relatives à la surveillance, à savoir la fréquence des mises à jour des données, les approches en matière d’analyse des données, les niveaux de détail de la communication de données, les définitions d’indicateurs et leurs unités de mesure, afin que les résultats des États membres puissent être comparés;

7.

prie la Commission de créer une base de données, à l’échelle de l’Union, regroupant les données relatives à la RAM et à la CAM dans les domaines de la santé humaine, de la santé animale et de l’environnement;

8.

invite la Commission à évaluer, sur la base des avis de l’EFSA, les maladies animales causées par des bactéries résistantes aux antimicrobiens afin de déterminer s’il est nécessaire d’inscrire l’une de ces maladies dans le règlement (UE) 2016/429 (27) et ainsi de les classer comme devant faire l’objet d’une mesure réglementaire de surveillance, de contrôle ou de gestion;

Prévention des infections et lutte contre celles-ci, eau, assainissement et hygiène

9.

enjoint aux États membres de veiller à ce que des mesures de prévention des infections et de lutte contre celles-ci dans le domaine de la santé humaine soient mises en œuvre et fassent l’objet d’un suivi permanent, pour contribuer à limiter la propagation d’agents pathogènes résistants aux antimicrobiens, notamment en:

a.

renforçant la prévention des infections et la lutte contre celles-ci et en améliorant les mesures en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène, le nettoyage des lieux et la gestion des déchets dans les établissements de soins et les établissements de soins de longue durée, au moyen:

i.

du maintien ou de la transmission de compétences de base aux professionnels chargés de l’hygiène hospitalière en ce qui concerne la prévention des infections et de la lutte contre celles-ci ainsi que les mesures en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène;

ii.

de ressources appropriées pour mettre en œuvre des exigences minimales et, lorsque c’est possible, les éléments centraux des programmes de prévention des infections et lutte contre celles-ci;

iii.

de ressources financières et humaines suffisantes pour mener à bien des programmes d’amélioration de la prévention des infections, de la lutte contre celles-ci et des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène;

iv.

d’une plus grande disponibilité des outils de diagnostic;

v.

du contrôle de la qualité;

vi.

de la surveillance;

vii.

de l’évaluation;

viii.

de l’élaboration de lignes directrices appropriées; et

ix.

d’activités de sensibilisation et de formation accessibles à tous les professionnels de santé concernés;

b.

modernisant les infrastructures et les ressources humaines hospitalières existantes afin de garantir un niveau élevé de prévention des infections et de lutte contre celles-ci, tout en respectant des critères de durabilité environnementale;

c.

assurant des liens étroits avec la sécurité des patients et la prévention des infections associées aux soins (dont la septicémie), notamment en améliorant la formation du personnel de santé et la surveillance et en veillant à la qualité du soutien microbiologique et des dossiers médicaux;

d.

assurant à l’ensemble du personnel extrahospitalier, hospitalier et des établissements de soins de longue durée une formation continue axée sur la prévention des infections, sur la lutte contre celles-ci et sur l’eau, l’assainissement et l’hygiène;

e.

améliorant la formation consacrée à l’élimination des déchets et aux liens intersectoriels qui contribuent à la propagation des infections et de la résistance aux antimicrobiens qui est dispensée à tout le personnel extrahospitalier, hospitalier et des établissements de soins de longue durée;

f.

veillant à ce que les enjeux liés à la résistance aux antimicrobiens soient intégrés à tous les programmes d’études et d’apprentissage en rapport avec les soins de santé, à ce que des programmes nationaux de vaccination soient élaborés et pleinement déployés après de tous les groupes d’âge et en particulier des groupes à risque, à ce que les programmes soient révisés en tenant compte de la question de la RAM et à ce que des mesures soient prises afin d’éliminer progressivement les maladies évitables par la vaccination conformément à la recommandation du Conseil du 7 décembre 2018 relative au renforcement de la coopération contre les maladies à prévention vaccinale (28);

10.

invite la Commission et les États membres à prendre des mesures pour améliorer la santé et le bien-être des animaux producteurs d’aliments afin de limiter l’apparition et la propagation de maladies infectieuses dans les élevages et ainsi le besoin de recourir aux antimicrobiens, en particulier en:

a.

incitant vivement les vétérinaires et les autres acteurs pertinents à conseiller les agriculteurs sur des mesures de prévention des maladies infectieuses et de lutte contre celles-ci, y compris sur les méthodes de remplacement qui vont dans le sens de la mise en œuvre de l’interdiction de l’usage prophylactique des antimicrobiens dans la production alimentaire qui a été décidée lors de la dernière révision de la législation en matière de médicaments vétérinaires;

b.

limitant les antibiotiques administrés aux animaux à ceux que l’OMS considère comme étant les moins importants pour la santé humaine, et en réduisant le recours aux «antimicrobiens d’importance critique les plus prioritaires» (29);

c.

encourageant l’adoption de mesures de biosécurité et de prévention des infections et de lutte contre celles-ci dans les élevages;

d.

adoptant une approche ascendante vis-à-vis des changements de comportement dans l’industrie agricole grâce à l’éducation et à la facilitation du partage de connaissances et de bonnes pratiques;

e.

tirant parti de l’aide disponible au titre de la politique agricole commune pour la mise en œuvre de mesures de prévention des maladies infectieuses qui vont au-delà des exigences légales minimales de l’Union;

f.

recourant au Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture (2021-2027) pour les projets inclus dans les programmes nationaux, dans le respect des règles d’admissibilité fixées par les États membres concernés et en apportant au besoin un soutien financier ou structurel supplémentaire;

g.

mettant en œuvre les actions recommandées à l’annexe des orientations stratégiques pour une aquaculture plus durable et compétitive dans l’Union européenne pour la période 2021-2030 (COM(2021)0236);

h.

encourageant, dans le domaine de l’aquaculture, le recours à des solutions de substitution aux antibiotiques;

i.

encourageant la vaccination, y compris dans l’aquaculture, et le recours à d’autres solutions pour contribuer à prévenir certaines maladies et à éviter l’utilisation inutile d’antimicrobiens;

j.

promouvant la mise au point et l’utilisation d’additifs innovants pour l’alimentation animale ainsi que l’intervention nutritionnelle afin de maintenir et d’améliorer l’état sanitaire des stocks et de prévenir les maladies et le besoin d’antimicrobiens;

k.

améliorant la santé animale grâce au déploiement de programmes de sécurité et de sûreté biologiques, de vaccination et d’amélioration des conditions d’élevage;

l.

développant des stratégies visant à améliorer l’hygiène et la gestion des eaux usées lors de la production de denrées alimentaires, de la gestion des déchets animaux et du traitement des eaux usées;

m.

élaborant des mesures ciblées par secteur une fois que les données sur l’utilisation d’antimicrobiens par espèce d’animaux producteurs de denrées alimentaires seront disponibles en application de l’article 57 du règlement (UE) 2019/6;

n.

instaurant un pré-traitement ciblé des déchets, à chaque étape depuis l’élevage jusqu’à l’abattoir, afin d’en retirer les micro-organismes RAM et d’y diminuer la présence d’antimicrobiens avant le rejet dans l’environnement ou dans les réseaux d’assainissement;

o.

améliorant la disponibilité et l’efficacité économique des outils de diagnostic;

p.

diminuant l’usage d’antibiotiques dont les données scientifiques indiquent qu’ils doivent être utilisés en dernier ressort en médecine humaine;

11.

invite la Commission à proposer une révision de la législation de l’Union en matière de bien-être des animaux d’exploitation fondée sur les recommandations de l’EFSA, étant donné qu’un meilleur bien-être des animaux renforce leur système immunitaire, comme reconnu dans la stratégie «De la ferme à la table»;

12.

enjoint aux États membres de mettre en œuvre de bonnes pratiques de gestion des effluents d’élevage, étayées par des données probantes, ainsi que de bonnes pratiques de gestion des boues d’épuration, portant sur leur application dans l’agriculture, de sorte à réduire l’exposition environnementale aux substances possédant des propriétés antimicrobiennes et aux déterminants de la RAM;

13.

appelle de ses vœux, conformément aux recommandations du PNUE (30), une optimisation du système de surveillance et d’évaluation des antimicrobiens utilisés dans les produits phytopharmaceutiques à l’échelle régionale et nationale;

14.

rappelle avec insistance qu’il est nécessaire de mettre en place d’ici le 1er juin 2026 au plus tard des lignes directrices de l’Union en matière de prévention des infections et lutte contre celles-ci dans le domaine de la santé humaine, notamment dans les hôpitaux et les établissements de soins de longue durée, que ces lignes directrices devraient comporter des liens vers les recommandations cliniques appropriées et la mise à jour de celles-ci, et que leur élaboration devrait se faire en étroite coopération avec les associations de professionnels nationales et européennes et en tenant compte des principes directeurs internationaux;

Gestion des antimicrobiens et utilisation prudente des antimicrobiens

15.

invite les États membres à veiller au déploiement de mesures dans le domaine de la santé humaine afin de soutenir l’utilisation prudente d’agents antimicrobiens, plus particulièrement en:

a.

appliquant des lignes directrices de l’Union relatives au traitement des infections courantes et à la prophylaxie périopératoire et, au besoin, en adaptant ces lignes directrices aux circonstances nationales afin de respecter les bonnes pratiques et d’optimiser l’utilisation prudente des antimicrobiens;

b.

concevant des mesures à l’intention des professionnels de la santé de sorte que ceux-ci se conforment aux lignes directrices pour une utilisation prudente;

c.

facilitant l’échange de connaissances et de bonnes pratiques entre les professionnels de santé à tous les niveaux des soins de santé;

d.

encourageant les professionnels de santé à faire prendre conscience aux patients des risques que présentent le recours excessif aux antimicrobiens, leur mauvaise utilisation et leur élimination inadéquate;

e.

améliorant la disponibilité des tests de diagnostic, leur rapport coût/efficacité et leur utilisation en temps opportun, une attention particulière devant être portée aux tests rapides effectués avant la prescription d’un traitement antimicrobien, en particulier lors des soins de santé primaires, afin de garantir la prescription optimale des antibiotiques et leur utilisation durable, et donc d’optimiser la réduction des traitements antimicrobiens lors du recours aux antibiotiques à large spectre; et

f.

restreignant la prescription d’antibiotiques aux consultations en tête-à-tête, lorsque c’est possible;

16.

invite la Commission à mettre en place, entre les États membres, des échanges de bonnes pratiques relatives à des programmes efficaces de gestion des antimicrobiens;

17.

invite les États membres à mettre en place des programmes de collecte et d’élimination sûre des antimicrobiens non utilisés, périmés et résiduels provenant du milieu extrahospitalier, des hôpitaux, des établissements de soins de longue durée, des exploitations agricoles, des praticiens de la médecine vétérinaire et des sites de production, ainsi qu’à veiller à ce que la population ait accès aux installations d’élimination dans les établissements de soins de santé;

18.

enjoint aux États membres et à la Commission de travailler ensemble afin de garantir une mise en œuvre homogène du règlement (UE) 2019/6 qui tienne compte des disparités d’usage vétérinaire des antimicrobiens entre les États membres, afin que les vétérinaires n’aient pas l’obligation d’utiliser plus d’antibiotiques que ce qu’ils jugent nécessaire pour traiter un animal, et qui ne restreigne pas excessivement l’utilisation de contre-mesures médicales plus répandues telles que les vaccins;

19.

demande à la Commission d’œuvrer à l’élaboration de lignes directrices de l’Union sur le traitement des principales infections courantes chez l’homme et sur la prophylaxie périopératoire chez l’homme, qui comprendraient des informations sur l’utilisation de tests de diagnostic adéquats, notamment des recommandations visant à mener des tests de diagnostic (y compris des tests rapides lorsqu’ils sont disponibles) avant de prescrire un traitement antimicrobien, sur l’utilité des antibiotiques, sur le choix de l’antibiotique approprié (lorsque c’est nécessaire et en se fondant sur une évaluation faite pat un professionnel de santé à la suite d’un test de diagnostic), sur la posologie ainsi que sur la durée du traitement/de la prophylaxie, en prenant en considération les meilleures pratiques existantes, la disponibilité des antibiotiques et la nécessité qu’ils soient utilisés de manière optimale et avec la plus grande prudence, en tenant compte de la classification des antibiotiques AWaRe de l’OMS (31) lors de l’élaboration de ces lignes directrices et en veillant à coopérer étroitement avec les associations de professionnels nationales et européennes;

20.

invite les États membres à prendre en considération le risque de développement d’une résistance aux antimicrobiens à usage humain ou vétérinaire résultant de l’utilisation de produits phytopharmaceutiques ou de produits biocides, en s’appuyant sur des preuves scientifiques, dans le cadre de l’évaluation de la sécurité et de la prise de décision concernant ces produits et si nécessaire, en consultation avec les parties prenantes concernées, à imposer des conditions ou des restrictions d’utilisation appropriées pour les produits concernés;

Objectifs recommandés en matière de consommation d’antimicrobiens et de résistance aux antimicrobiens

21.

prie les États membres de prendre des mesures nationales appropriées pour que, d’ici à 2030, la consommation humaine totale d’antibiotiques (en doses journalières définies [DJD] pour 1 000 habitants), dans les milieux extrahospitalier et hospitalier combinés, y compris dans les établissements de soins de longue durée, soit réduite de 20 % dans l’Union par rapport à l’année de référence 2019 et que la DJD d’aucun État membre ne soit supérieure à 15;

22.

prie les États membres de prendre des mesures nationales appropriées pour que, d’ici à 2030, au moins 70 % de la consommation humaine totale d’antibiotiques corresponde à des antibiotiques du groupe Access défini dans la classification AWaRe de l’OMS;

23.

prie les États membres de prendre des mesures nationales appropriées pour que, d’ici à 2030, l’incidence totale des infections sanguines à Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM), en nombre de cas pour 100 000 habitants, soit réduite de 15 % dans l’Union par rapport à l’année de référence 2019;

24.

prie les États membres de prendre des mesures nationales appropriées pour que, d’ici à 2030, l’incidence totale des infections sanguines à Escherichia coli résistant aux céphalosporines de troisième génération, en nombre de cas pour 100 000 habitants, soit réduite de 10 % dans l’Union par rapport à l’année de référence 2019;

25.

prie les États membres de prendre des mesures nationales appropriées pour que, d’ici à 2030, l’incidence totale des infections sanguines à Klebsiella pneumoniae résistant au carbapénème, en nombre de cas pour 100 000 habitants, soit réduite de 5 % dans l’Union par rapport à l’année de référence 2019;

26.

demande aux États membres d’établir des indicateurs propres à appuyer la réalisation des objectifs recommandés et d’objectifs portant sur d’autres aspects liés à la RAM, tels que la prévention des infections et la lutte contre celles-ci, la gestion des antimicrobiens, les pratiques de prescription et la formation, tout en veillant à ce que les mesures instaurées aillent dans le sens d’un effort prononcé mais durable visant à atteindre ces objectifs, avec une diminution en glissement annuel afin d’empêcher le report en fin de période et de protéger la sécurité des patients;

27.

enjoint à la Commission d’instaurer des mesures adéquates pour contribuer à la réalisation de l’objectif de réduction de 50 % d’ici à 2030 des ventes totales dans l’Union d’antimicrobiens destinés aux animaux d’élevage et à l’aquaculture, défini dans la stratégie «De la ferme à la table» et dans le plan d’action «zéro pollution», et souligne que les progrès déjà effectués à l’échelle des États membres et le bien-être animal doivent être pris en compte et que les agriculteurs devraient être aidés à appliquer les mesures instaurées;

28.

invite la Commission à se consacrer en priorité à la publication des actes délégués relatifs au règlement (UE) 2019/6 restants qui concernent les produits vétérinaires et à assurer des conditions de concurrence équitables entre les produits à base de viande issus de l’Union et ceux qui sont importés de pays tiers en veillant à ce que les animaux fassent l’objet des mêmes normes relatives à l’utilisation d’antimicrobiens, quel que soit leur lieu d’élevage;

Sensibilisation, éducation et formation

29.

Demande aux États membres de veiller, en coopération avec les établissements d’enseignement supérieur ou professionnel et avec les parties intéressées, à ce que les programmes et parcours d’éducation continue nationaux fondés sur des données probantes, dans des domaines tels que la médecine, les soins infirmiers, la pharmacie, l’art dentaire, la médecine vétérinaire, l’agriculture et les sciences agronomiques, comportent une formation intersectorielle obligatoire concernant la RAM, la prévention des infections et la lutte contre celles-ci, les risques environnementaux, la biosécurité, les substituts aux antibiotiques ainsi que la gestion des antimicrobiens, y compris leur utilisation prudente et l’incidence d’un moindre besoin d’antibiotiques, selon les besoins;

30.

invite les États membres à sensibiliser le public et les professionnels de la santé humaine et du secteur vétérinaire, ainsi que les producteurs pharmaceutiques, à l’existence de programmes de collecte et d’élimination sûre des antimicrobiens non utilisés, périmés et résiduels ainsi qu’à l’importance de ces programmes pour la prévention de la RAM;

31.

enjoint aux États membres d’encourager et, lorsqu’il y a lieu, de faciliter l’élaboration intersectorielle de programmes de formation et le partage de bonnes pratiques entre les secteurs;

32.

invite les États membres à accroître et à améliorer la communication sur la RAM et sur l’utilisation prudente des antimicrobiens ainsi que la sensibilisation à celles-ci, afin de promouvoir les connaissances et les changements de comportement en:

a.

fournissant aux professionnels de la santé humaine, du secteur vétérinaire et du secteur de l’agronomie des informations régulièrement actualisées sur la RAM à l’échelon national et local, ainsi que du matériel d’information sur la RAM et l’importance d’une prévention efficace des infections et d’une lutte efficace contre celles-ci, sur les risques environnementaux, sur le renforcement des normes en matière de bien-être animal, sur la biosécurité et sur la gestion des antimicrobiens, y compris leur utilisation prudente et l’amélioration des pratiques de prescription;

b.

menant des activités de sensibilisation du public et des campagnes de communication à grande échelle sur la RAM, notamment sur sa prévention par l’hygiène, en particulier l’hygiène des mains, et sur l’utilisation prudente des antimicrobiens, y compris leur élimination sûre, à l’échelon national, notamment en ce qui concerne les infections qui peuvent être traitées par des antibiotiques et celles qui ne le peuvent pas, tout en tenant compte des différences entre les populations locales et des bonnes pratiques relatives à une communication efficace;

c.

menant des campagnes de communication ciblées pour sensibiliser certains groupes de la population, grâce à des moyens et à des canaux de communication appropriés pour les groupes en question;

d.

menant des campagnes de communication intersectorielles, lorsqu’il y a lieu, afin d’encourager le partage des ressources;

e.

facilitant la communication entre les parties prenantes et les industries qui sont la cible de changements de comportement afin de faciliter le partage de connaissances et de bonnes pratiques;

f.

élaborant des interventions visant à entraîner des changements de comportement qui ciblent les associations professionnelles clés, les patients ou le grand public de l’écosystème «Une seule santé» sur la RAM, en s’appuyant sur l’expérience tirée d’autres menaces pour la santé publique telles que la COVID-19, le VIH ou le tabagisme;

g.

menant, auprès des parents et des enfants en âge d’être scolarisés, des initiatives de sensibilisation à l’importance d’une bonne hygiène pour lutter contre la RAM, y compris dans le cadre de l’éducation primaire sur l’alimentation, la santé et l’économie domestique;

33.

enjoint à la Commission de coordonner les activités de sensibilisation et les campagnes de communication précitées et d’en informer les agences de l’Union et les organes pertinents afin d’en maximiser les effets;

34.

demande à la Commission, à l’ECDC et à l’EMA d’appuyer et de compléter les activités de sensibilisation menées par les États membres sur la RAM et sur l’utilisation prudente des antimicrobiens par des actions de communication à l’échelle de l’Union, lorsque cela est pertinent, et au moyen de possibilités de formation telles que le projet AMR-EDUcare (32);

35.

invite la Commission à épauler les États membres dans la formation continue et l’apprentissage tout au long de la vie des professionnels de la santé humaine, du secteur vétérinaire et du secteur de l’agronomie en ce qui concerne la menace que représente la RAM et sa prévention, conformément à l’approche «Une seule santé», au moyen de possibilités de formation telles que l’initiative «Une meilleure formation pour des denrées alimentaires plus sûres» (33);

Recherche-développement et incitations à l’innovation et au renforcement de l’accès aux antimicrobiens ainsi qu’aux autres contre-mesures médicales ciblant la RAM

36.

prie instamment les États membres et la Commission de soutenir le partage de données relatives à la recherche et l’innovation technologique en vue de la détection, de la prévention et du traitement des infections causées chez l’homme par des agents pathogènes résistants aux antimicrobiens, y compris la mise en place d’un partenariat européen qui permette la coordination, l’alignement et le financement de la recherche et de l’innovation intersectorielles pour lutter contre la RAM en appliquant le principe «Une seule santé», et la réalisation d’investissements importants dans ce partenariat; demande que ce partenariat se fonde sur un engagement durable, tout au long de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques, des parties prenantes, parmi lesquelles l’industrie, la société civile, notamment les organisations de patients, le monde universitaire, par exemple l’initiative des universités européennes, et les experts non gouvernementaux; incite les États membres à garantir que les PME aussi puissent effectivement participer à un partenariat européen du réseau «Une seule santé» sur la RAM;

37.

enjoint aux États membres et à la Commission de promouvoir la mise au point et l’accessibilité d’antimicrobiens ainsi que le recours à d’autres contre-mesures médicales utiles pour lutter contre la RAM chez l’homme, notamment les tests de diagnostic et les vaccins ciblant les agents pathogènes résistants aux antimicrobiens.

38.

prie la Commission et les États membres de continuer d’apporter des ressources suffisantes dans le cadre de l’actuel cycle budgétaire pour soutenir la recherche-développement concernant la RAM et de s’engager à en faire une priorité du prochain cycle budgétaire en:

a.

aidant les États membres à recenser les agents pathogènes résistants aux antimicrobiens prioritaires au niveau de l’Union et des États membres, à cartographier les contre-mesures médicales existantes, à venir ou manquantes en matière de RAM et à définir les profils de produits cibles;

b.

soutenant la recherche-développement de contre-mesures médicales ciblant la RAM, notamment en coordonnant le financement de la recherche translationnelle et du développement avancé de contre-mesures médicales ciblant la RAM, en évitant toute répétition inutile de travaux, y compris d’essais cliniques d’antimicrobiens, en tenant pleinement compte du rôle de «coordinateur de la recherche-développement médicale» que pourrait jouer la DG HERA en orientant la recherche au sein de l’Union afin d’accélérer le développement de nouveaux antibiotiques et de substituts;

c.

soutenant la recherche de traitements de substitution, y compris les bactériophages;

d.

évitant les pénuries de médicaments et en améliorant considérablement la continuité de l’approvisionnement dans l’Union en antimicrobiens et en autres contre-mesures médicales ciblant la RAM, notamment en soutenant et en coordonnant les initiatives des États membres en matière de fabrication, de passation de marchés et de constitution de stocks, tout en évitant le verrouillage technologique de contre-mesures médicales spécifiques;

e.

améliorant les prévisions de la demande, en évaluant les vulnérabilités de la chaîne d’approvisionnement en antibiotiques et en y remédiant, ainsi qu’en constituant de stocks d’antibiotiques ciblés afin d’éviter les pénuries;

f.

coordonnant les subventions et en menant des programmes d’aide en portant une attention particulière aux premières étapes de la recherche-développement effectuée par le monde universitaire et les PME;

39.

invite les États membres et la Commission à contribuer à la conception et à la gouvernance d’un régime plurinational d’incitation en aval à l’échelle de l’Union afin de créer un environnement durable d’innovation à long terme et d’accélérer le développement d’antimicrobiens et l’accès à ceux-ci; fait remarquer qu’un tel régime pourrait prendre la forme de garanties de revenus, de primes d’entrée sur le marché combinées à des garanties de revenus, de primes forfaitaires d’entrée sur le marché ou de paiements intermédiaires; appelle à la consultation des industriels pertinents et d’autres parties prenantes au cours du processus de conception afin de compléter le cadre réglementaire applicable aux médicaments à usage humain;

40.

invite les États membres et la Commission à mettre en commun les ressources, à mener des actions collaboratives, à contribuer financièrement à la mise en œuvre du régime d’incitation en aval et à entreprendre de participer au réseau mentionné dans le programme de travail «L’UE pour la santé» pour 2023;

41.

demande aux États membres et à la Commission de réviser le régime et son incidence sur le développement d’antimicrobiens et sur l’accès à ceux-ci, à intervalles réguliers et en tant que besoin, et fait remarquer que toutes les parties prenantes concernées devraient être consultées à cette occasion;

42.

prie les États membres et la Commission d’inciter au développement et à la mise sur le marché de tests de diagnostic et de vaccins vétérinaires innovants ainsi que de solutions de remplacement aux antimicrobiens telles que des anesthésiques locaux ou des médicaments psychopharmacologiques, y compris la mise au point d’antibiotiques dégradables;

Coopération

43.

invite les États membres à communiquer les données relatives à la RAM et à la consommation d’antimicrobiens au système mondial de surveillance de la résistance aux antimicrobiens et de l’utilisation de ceux-ci (GLASS) (34).

44.

invite les États membres à se prévaloir des réunions régulières du réseau «Une seule santé» de l’UE contre la RAM et d’autres comités ou groupes de travail compétents pour débattre de la RAM de sorte à:

a.

renforcer la coopération entre eux ainsi qu’avec la Commission, avec les agences compétentes de l’Union et avec les parties intéressées, les professionnels et les experts en matière de RAM;

b.

échanger des bonnes pratiques, notamment en ce qui concerne les mesures visant à ce que les professionnels de la santé se conforment aux lignes directrices en faveur d’une utilisation prudente;

c.

mettre en commun entre eux, avec la Commission et avec les agences compétentes de l’Union les plans d’action nationaux sur la RAM et les rapports de mise en œuvre et évaluations connexes, et permettre l’examen par les pairs de ces documents;

45.

prie les États membres de renforcer la coopération en matière de RAM entre les professionnels de la santé humaine, du secteur vétérinaire et du secteur de l’agronomie et avec les parties intéressées, afin d’améliorer l’approche «Une seule santé» de la RAM;

46.

invite les États membres à approfondir la coopération en matière de RAM entre l’EFSA, l’EMA, l’ECDC, l’AEE et l’ECHA et à renforcer l’approche «Une seule santé» de la RAM par l’intermédiaire d’un groupe de travail interagence sur la RAM, lequel devrait:

a.

fournir une plateforme efficace par l’organisation de réunions régulières permettant d’échanger des informations sur la RAM et d’examiner les demandes et les mandats à venir; et

b.

favoriser l’intégration des données de surveillance dans tous les secteurs, conformément à l’approche «Une seule santé»;

47.

invite la Commission à élaborer un cadre de suivi pour évaluer les progrès et les résultats obtenus dans la mise en œuvre du plan d’action RAM de 2017 et de la présente résolution;

48.

demande aux États membres de collecter et de mettre à disposition toutes les données utilisées à cette fin et de créer une base de données de l’Union, et enjoint à la Commission de mettre ces données à la disposition du public sur un site internet propre, dans une optique de transparence;

Action à l’échelle mondiale

49.

appelle les États membres et la Commission à défendre l’élaboration et la mise en œuvre par les pays tiers de normes encouragées par les organismes internationaux de normalisation, en particulier:

a.

en faveur de normes et de lignes directrices de l’OMSA plus ambitieuses sur l’utilisation responsable et prudente des agents antimicrobiens en médecine vétérinaire, qui tiennent compte à la fois de la nécessité de réduire progressivement l’utilisation d’antimicrobiens et de la nécessité de stimuler la croissance ou d’augmenter le rendement des animaux dans le monde;

b.

en faveur de l’établissement, par la convention internationale pour la protection des végétaux (35), d’orientations sur l’utilisation prudente des agents antimicrobiens à des fins phytosanitaires;

c.

en faveur de l’application de la version révisée du code d’usages visant à réduire au minimum et à maîtriser la résistance aux antimicrobiens d’origine alimentaire (36) et des directives sur le suivi et la surveillance intégrés de la résistance aux antimicrobiens d’origine alimentaire (37) du Codex Alimentarius;

50.

appelle les États membres et la Commission à œuvrer à l’inclusion de dispositions concrètes sur la RAM, conformément à l’approche «Une seule santé», lors des négociations d’un éventuel accord international de l’OMS sur la prévention, la préparation et la riposte face aux pandémies; demande à cet égard que la priorité soit donnée aux mesures portant sur l’eau propre, l’assainissement et l’hygiène;

51.

prie les États membres et la Commission de soutenir les initiatives de l’OMS visant à élaborer des orientations sur la manière dont les bonnes pratiques manufacturières devraient être mises en œuvre concernant la gestion des déchets et des eaux usées dans le contexte de la production d’antimicrobiens, à la suite de la décision du conseil exécutif de l’OMS du 30 novembre 2018 sur cette question;

52.

prie les États membres et la Commission de plaider pour que la RAM soit une priorité politique majeure au sein du G7 et du G20, de sorte que soient pris, à l’échelon mondial, des engagements ambitieux, notamment l’établissement de principes directeurs pour une répartition équitable, entre les pays du G20 ou du G7, de la charge financière découlant des mesures d’incitation en aval concernant les antimicrobiens, et le soutien à l’adoption de ces principes directeurs;

53.

prie instamment les États membres et la Commission de plaider pour que la conférence de haut niveau des Nations unies sur la RAM prévue pour 2024 suscite des engagements mondiaux en matière de lutte contre la RAM, notamment des objectifs en matière d’utilisation des antimicrobiens, dans le prolongement du manifeste ministériel de Mascate sur la RAM;

54.

invite les États membres et la Commission à renforcer leur collaboration dans les domaines essentiels de la lutte contre la RAM tels que la recherche, la surveillance, la communication et le partage de connaissances, tant à l’échelon mondial qu’avec les pays voisins de l’Union; demande, en particulier, que soient étudiées de nouvelles possibilités de collaboration entre la DG HERA et ses homologues internationaux;

55.

invite les États membres et la Commission à soutenir la plateforme de partenariat multipartite sur la RAM (38) mise en place par l’alliance quadripartite et à y participer activement, afin de contribuer à l’établissement d’une vision mondiale commune et de parvenir à un plus grand consensus sur la RAM;

56.

invite les États membres et la Commission à fournir des capacités de développement et à appuyer les actions de lutte contre la RAM dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, en particulier en:

a.

participant à l’initiative de l’Équipe Europe avec l’Afrique sur la sécurité sanitaire durable fondée sur l’approche «Une seule santé», qui vise notamment à contribuer à la lutte contre la RAM;

b.

soutenant la mise en œuvre des plans d’action nationaux de lutte contre la RAM fondés sur le principe «Une seule santé» dans les pays à revenu faible et intermédiaire, en particulier grâce au fonds fiduciaire multipartenaire des Nations unies pour la lutte contre la RAM (39);

c.

concourant aux efforts de lutte contre les maladies infectieuses et la RAM dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, notamment grâce au partenariat des pays européens et en développement sur les essais cliniques (entreprise commune «EDCTP3 pour la santé mondiale») (40);

d.

appuyant les programmes de vaccination;

e.

soutenant la collecte, le partage et l’analyse de données de surveillance fiables;

f.

se consacrant en priorité à la lutte contre les causes économiques, sociales et environnementales profondes des problèmes de santé et des maladies, conformément à la stratégie de l’UE en matière de santé mondiale, notamment l’accès à une eau propre et à des systèmes d’assainissement;

Établissement de rapports

57.

invite la Commission à rendre compte au Parlement européen et au Conseil de l’avancée de la mise en œuvre de la présente résolution, quatre ans après son adoption;

o

o o

58.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution aux États membres, au Conseil, à la Commission et à l’Organisation mondiale de la santé.

(1) JO C 433 du 23.12.2019, p. 153.

(2) JO C 224 du 8.6.2022, p. 47.

(3) https://health.ec.europa.eu/publications/hera-factsheet-health-union-identifying-top-3-priority-health-threats_en

(4) Murray, C.J.L., Ikuta, K.S., Sharara, F., et al. «Global burden of bacterial antimicrobial resistance in 2019: a systematic analysis» (Charge mondiale de la résistance des bactéries aux antimicrobiens en 2019: une analyse systématique), Lancet, vol. 399, no 10325, pp. 629-655: www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)02724-0/fulltext.

(5) https://www.ecdc.europa.eu/sites/default/files/documents/Health-burden-infections-antibiotic-resistant-bacteria.pdf

(6) https://www.ecdc.europa.eu/en/news-events/eaad-2022-launch

(7) https://www.oecd.org/health/health-systems/AMR-Tackling-the-Burden-in-the-EU-OECD-ECDC-Briefing-Note-2019.pdf

(8) https://health.ec.europa.eu/system/files/2020-01/amr_2017_action-plan_0.pdf

(9) https://cordis.europa.eu/programme/id/HORIZON_HORIZON-HLTH-2024-DISEASE-09-01; https://research-and-innovation.ec.europa.eu/system/files/2022-02/ec_rtd_he-partnerships-onehealth-amr.pdf

(10) https://www.eib.org/fr/index.htm

(11) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX:32021R0240 Règlement (UE) 2021/240 du Parlement européen et du Conseil du 10 février 2021 établissant un instrument d’appui technique (JO L 57 du 18.2.2021, p. 1).

(12) https://digitallibrary.un.org/record/845917#record-files-collapse-header

(13) https://www.who.int/fr/publications/i/item/9789241509763

(14) https://health.ec.europa.eu/publications/overview-report-member-states-one-health-national-action-plans-against-antimicrobial-resistance_fr

(15) Règlement (UE) 2022/2371 du Parlement européen et du Conseil du 23 novembre 2022 concernant les menaces transfrontières graves pour la santé et abrogeant la décision no 1082/2013/UE (JO L 314 du 6.12.2022, p. 26).

(16) https://www.unep.org/fr/resources/superbugs/environmental-action

(17) https://www.nature.com/articles/s41579-021-00649-x.pdf, p. 266.

(18) Proposition de la Commission du 26 octobre 2022 de directive du Parlement européen et du Conseil modifiant la directive 2000/60/CE établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau, la directive 2006/118/CE sur la protection des eaux souterraines contre la pollution et la détérioration, et la directive 2008/105/CE établissant des normes de qualité environnementale dans le domaine de l’eau (COM(2022)0540) et proposition de la Commission du 26 octobre 2022 de directive du Parlement européen et du Conseil relative au traitement des eaux urbaines résiduaires (refonte) (COM(2022)0541).

(19) «Study on a future-proofing analysis of the 2017 EU AMR Action Plan» (Étude sur une analyse de la pérennité du plan d’action de 2017 sur la résistance aux antimicrobiens), Commission européenne, direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire, novembre 2022.

(20) Proposition de la Commission du 26 avril 2023 de directive du Parlement européen et du Conseil instituant un code de l’Union relatif aux médicaments à usage humain et abrogeant la directive 2001/83/CE et la directive 2009/35/CE (COM(2023)0192).

(21) «Data on antimicrobial resistance (AMR): use of antibiotics in the EU decreases but more needs to be done» (Données sur la résistance aux antimicrobiens: l’utilisation d’antibiotiques dans l’UE diminue mais il faut faire davantage d’efforts), Commission européenne, 17 novembre 2022: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_22_6951

(22) «1 in 3 use antibiotics without prescription, WHO/Europe’s study shows» (Une étude de l’OMS sur l’Europe montre qu’une personne sur 3 utilise les antibiotiques sans ordonnance), Organisation mondiale de la santé, 21 novembre 2022: https://www.who.int/europe/news/item/21-11-2022-1-in-3-use-antibiotics-without-prescription--who-europe-s-study-shows

(23) Étude de la direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire de la Commission européenne sur la résistance aux antimicrobiens et les causes de l’utilisation non prudente des antibiotiques dans la médecine humaine dans l’UE, avril 2017.

(24) Note d’information de l’EU-JAMRAI de 2021 sur la bonne utilisation des antibiotiques dans une perspective «Une seule santé»: https://eu-jamrai.eu/wp-content/uploads/2021/02/201020_EUJAMRAI_policy-brief_WP7_appropriate-use-of-antibiotics-one-health-perspective.pdf

(25) Règlement (UE) 2019/6 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2018 relatif aux médicaments vétérinaires et abrogeant la directive 2001/82/CE (JO L 4 du 7.1.2019, p. 43).

(26) https://www.bcg.com/publications/2022/model-for-tackling-antimicrobial-resistance

(27) Règlement (UE) 2016/429 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 relatif aux maladies animales transmissibles et modifiant et abrogeant certains actes dans le domaine de la santé animale («législation sur la santé animale») (JO L 84 du 31.3.2016, p. 1).

(28) Recommandation du Conseil du 7 décembre 2018 relative au renforcement de la coopération contre les maladies à prévention vaccinale, JO C 466 du 28.12.2018, p. 1.

(29) https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/330309/9789242515527-fre.pdf

(30) https://www.unep.org/fr/resources/superbugs/environmental-action?gclid=CjwKCAjw3ueiBhBmEiwA4BhspORyl2FvYKYC7fLimOJhkw0cUCYkdzVm-iNEyTrumAw90gQ2ap7nBRoC6LgQAvD_BwE

(31) https://www.who.int/publications/i/item/9789240062382

(32) https://www.amreducare.eu/

(33) https://food.ec.europa.eu/horizontal-topics/official-controls-and-enforcement/legislation-official-controls/better-training-safer-food_fr

(34) https://www.who.int/initiatives/glass

(35) https://www.ippc.int/fr/

(36) https://www.fao.org/fao-who-codexalimentarius/sh-proxy/en/?lnk=1&url=https%253A%252F%252Fworkspace.fao.org%252Fsites%252Fcodex%252FStandards%252FCXC%2B61-2005%252FCXC_061e.pdf

(37) https://www.fao.org/fao-who-codexalimentarius/sh-proxy/en/?lnk=1&url=https%253A%252F%252Fworkspace.fao.org%252Fsites%252Fcodex%252FStandards%252FCXG%2B94-2021%252FCXG_94e.pdf

(38) https://www.fao.org/antimicrobial-resistance/quadripartite/the-platform/fr/

(39) https://mptf.undp.org/fund/amr00

(40) https://research-and-innovation.ec.europa.eu/research-area/health/edctp_fr


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/1227/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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