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AccueilDroit européen52023IP0339
Initiative législative52023IP0339

Initiative législative — 52023IP0339

CELEX52023IP0339
TypeInitiative législative
Datemardi 3 octobre 2023

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2024/1179

23.2.2024

P9_TA(2023)0339

Des transports européens qui fonctionnent pour les femmes

Résolution du Parlement européen du 3 octobre 2023 sur des transports européens qui fonctionnent pour les femmes (2022/2140(INI))

(C/2024/1179)

Le Parlement européen,

—

vu les articles 2 et 3 du traité sur l’Union européenne,

—

vu les articles 4, 8, 10, 19, 91, 153 et 157 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,

—

vu les articles 21 et 23 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,

—

vu le programme de développement durable à l’horizon 2030 et les objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies y afférents, en particulier l’ODD 5 ainsi que ses cibles et indicateurs respectifs,

—

vu la convention des Nations unies du 18 décembre 1979 sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes,

—

vu les directives de l’Union européenne adoptées depuis 1975 concernant divers aspects de l’égalité de traitement entre les hommes et les femmes, dont la directive 79/7/CEE du Conseil du 19 décembre 1978 relative à la mise en œuvre progressive du principe de l’égalité de traitement entre hommes et femmes en matière de sécurité sociale (1), la directive 92/85/CEE du Conseil du 19 octobre 1992 concernant la mise en œuvre de mesures visant à promouvoir l’amélioration de la sécurité et de la santé des travailleuses enceintes, accouchées ou allaitantes au travail (2), la directive 2004/113/CE du Conseil du 13 décembre 2004 mettant en œuvre le principe de l’égalité de traitement entre les femmes et les hommes dans l’accès à des biens et services et la fourniture de biens et services (3), la directive 2006/54/CE du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2006 relative à la mise en œuvre du principe de l’égalité des chances et de l’égalité de traitement entre hommes et femmes en matière d’emploi et de travail (4), la directive (UE) 2019/1158 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 concernant l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et des aidants et abrogeant la directive 2010/18/UE du Conseil (5), la directive 2010/41/UE du Parlement européen et du Conseil du 7 juillet 2010 concernant l’application du principe de l’égalité de traitement entre hommes et femmes exerçant une activité indépendante, et abrogeant la directive 86/613/CEE du Conseil (6) ainsi que la directive (UE) 2023/970 du Parlement européen et du Conseil du 10 mai 2023 visant à renforcer l’application du principe de l’égalité des rémunérations entre les femmes et les hommes pour un même travail ou un travail de même valeur par la transparence des rémunérations et les mécanismes d’application du droit (7) (directive sur la transparence des rémunérations),

—

vu la communication de la Commission du 17 juin 2009 intitulée «Un avenir durable pour les transports: vers un système intégré, convivial et fondé sur la technologie» (COM(2009)0279),

—

vu la communication de la Commission du 5 mars 2020 intitulée «Une Union de l’égalité: stratégie en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes 2020-2025» (COM(2020)0152),

—

vu la communication de la Commission du 9 décembre 2020 intitulée «Stratégie de mobilité durable et intelligente — mettre les transports européens sur la voie de l’avenir» (COM(2020)0789),

—

vu la communication de la Commission du 14 juillet 2021 intitulée « “Ajustement à l’objectif 55”: atteindre l’objectif climatique de l’UE à l’horizon 2030 sur la voie de la neutralité climatique» (COM(2021)0550),

—

vu la communication de la Commission du 14 décembre 2021 intitulée «Le nouveau cadre de l’UE pour la mobilité urbaine» (COM(2021)0811),

—

vu le règlement (UE) 2020/1054 du Parlement européen et du Conseil du 15 juillet 2020 modifiant le règlement (CE) no 561/2006 en ce qui concerne les exigences minimales relatives aux durées maximales de conduite journalière et hebdomadaire et à la durée minimale des pauses et des temps de repos journalier et hebdomadaire, et le règlement (UE) no 165/2014 en ce qui concerne la localisation au moyen de tachygraphes (8),

—

vu sa résolution du 11 septembre 2012 sur le rôle des femmes dans l’économie verte (9),

—

vu sa résolution du 29 novembre 2018 sur la situation des femmes handicapées (10),

—

vu la stratégie de l’Union en faveur des droits des personnes handicapées 2021-2030,

—

vu sa résolution du 21 janvier 2021 sur la perspective de genre pendant la crise de la COVID-19 et la période de l’après-crise (11),

—

vu sa résolution du 21 janvier 2021 sur la stratégie de l’Union européenne en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes (12),

—

vu le document de travail no 298 de l’Organisation internationale du travail (OIT) daté de 2013 intitulé «Promoting the employment of women in the transport sector — Obstacles and policy options» (Promouvoir l’emploi des femmes dans le secteur des transports — Obstacles et options stratégiques),

—

vu sa résolution du 6 octobre 2021 sur le cadre politique de l’UE en matière de sécurité routière pour la décennie d’action 2021-2030 — Recommandations pour les prochaines étapes de la campagne «Vision Zéro» (13),

—

vu sa résolution du 16 février 2023 sur le développement d’une stratégie européenne pour le vélo (14),

—

vu la stratégie du Conseil de l’Europe pour l’égalité entre les hommes et les femmes 2018-2023,

—

vu l’indice d’égalité de genre 2022 de l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE),

—

vu l’étude du département thématique des droits des citoyens et des affaires constitutionnelles de sa direction générale des politiques internes de l’Union, du 16 décembre 2021, intitulée «Les femmes et les transports»,

—

vu le rapport de la Commission du 14 septembre 2022 intitulé «Study on the social dimension of the future EU transport system regarding users and passengers — Final report» (Étude sur la dimension sociale du futur système de transport de l’Union en ce qui concerne les usagers et les passagers — Rapport final),

—

vu l’article 54 de son règlement intérieur,

—

vu l’avis de la commission des transports et du tourisme,

—

vu le rapport de la commission des droits des femmes et de l’égalité des genres (A9-0239/2023),

A.

considérant que l’égalité entre les hommes et les femmes doit être et est effectivement une valeur fondamentale de l’Union; que l’égalité entre les hommes et les femmes est essentielle pour garantir un mode de vie européen prospère et pour que l’ensemble des citoyens soient unis dans la diversité; que l’ensemble des politiques de l’Union devraient intégrer la perspective de genre, au moyen d’une approche intégrée de l’égalité de genre et de l’intégration d’une perspective de genre dans le processus budgétaire; que l’EIGE souligne en particulier qu’il convient d’inclure l’approche intégrée de l’égalité de genre dans la préparation de l’ensemble des politiques et des programmes, ainsi que dans les dépenses sortantes pertinentes telles que les infrastructures, tout en relevant que l’objectif consistant à promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes et à lutter contre la discrimination devrait également être de rigueur dans le secteur des transports;

B.

considérant qu’au 1er janvier 2021, l’Union européenne comptait 229 millions de femmes et 219 millions d’hommes (15), ce qui devrait se traduire par des mesures et des prises de décisions adaptées en matière de transport dans chaque État membre; qu’il est nécessaire de comprendre les préoccupations propres au genre, telles que les besoins et le vécu des femmes, lors de l’évaluation de la conception, de la mise en œuvre, du suivi et de l’évaluation des mesures et programmes relatifs aux transports dans toutes les sphères politiques, économiques et sociétales pour que les femmes, les familles et les ménages dans toute leur diversité, les personnes âgées, les jeunes, les personnes handicapées, les personnes LGBTIQ+, les personnes de couleur et les autres groupes vulnérables en bénéficient de manière égale et que les inégalités ne se perpétuent pas;

C.

considérant que l’EIGE souligne en particulier qu’il convient d’inclure l’approche intégrée de l’égalité de genre dans la préparation de l’ensemble des politiques et des programmes, ainsi que dans les dépenses pertinentes telles que les infrastructures, tout en relevant que l’objectif consistant à promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes et à lutter contre la discrimination devrait également être de rigueur dans le secteur des transports;

D.

considérant que des villes partout dans le monde mettent en place des mesures visant à réduire l’utilisation de la voiture et à privilégier les transports publics afin de lutter contre l’encombrement de la circulation, la pollution atmosphérique et les émissions de gaz à effet de serre; que le temps de trajet, la sécurité et l’environnement bâti sont considérés comme les principaux facteurs qui entrent en jeu lorsque les usagers choisissent leurs modes de déplacement; que, cependant, le temps de trajet en transports publics est environ trois fois plus long qu’en véhicule personnel et que cela est souvent lié aux longs délais d’attente du bus ou à l’encombrement des stations de métro aux heures de pointe (16);

E.

considérant que la pandémie de COVID-19 et les confinements nécessaires en lien avec celle-ci ont montré aux citoyens combien des services locaux, accessibles de façon égale et présentant le moins d’entraves possible sont essentiels au bien-être et à la santé de la communauté dans son ensemble, et notamment des femmes, des groupes vulnérables, des familles dans toute leur diversité, des jeunes et des personnes âgées;

F.

considérant que les recherches menées dans l’ensemble des États membres montrent que la violence fondée sur le genre dans les espaces et les transports publics est un problème majeur et que les mesures de sécurité et l’accompagnement des victimes restent insuffisants; que, d’après l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, jusqu’à 55 % des femmes au sein de l’Union européenne ont été victimes de harcèlement sexuel dans les transports publics (17); que de multiples agressions sexuelles ont été signalées dans différents moyens de transport, parmi lesquels les voitures de transport avec chauffeur (VTC) et les taxis; que cela peut entraîner des répercussions négatives sur les choix de transport et sur les perspectives en matière d’emploi, d’éducation et de vie sociale et professionnelle des femmes dans toute leur diversité;

G.

considérant qu’il incombe aux plateformes de transport et aux VTC de veiller à la sécurité des passagers et que les fournisseurs sont tenus d’améliorer la sécurité en adoptant une perspective de genre; que la technologie peut améliorer la sécurité des femmes et des filles lors de leurs déplacements grâce au travail d’ingénieurs en sécurité, parmi lesquels des femmes, qui ont mis au point de nouvelles fonctionnalités innovantes en matière de sécurité;

H.

considérant que des politiques des transports mal conçues peuvent exacerber la pauvreté et l’exclusion sociale existantes; qu’il manque toujours de données ventilées par sexe et par genre, ainsi que de données ventilées par d’autres facteurs socio-économiques tels que le revenu, les modalités de vie et le statut professionnel; qu’il subsiste également un manque d’analyse par genre des transports et de la mobilité dans l’ensemble de l’Union, ainsi que de données ventilées par d’autres facteurs tels que l’âge; que ce manque de données ventilées empêche la mise en œuvre de mesures bien ciblées, inclusives et tenant compte de la dimension de genre dans le secteur des transports pour les individus, les familles et les ménages dans toute leur diversité; que des données ventilées par genre seraient un apport précieux en vue d’élaborer une politique des transports prenant dûment en considération les différences entre les genres; qu’à l’heure actuelle, les données disponibles ne sont pas toujours comparables et normalisées et ne peuvent être utilisées efficacement; qu’il est nécessaire de poursuivre des recherches approfondies sur les facteurs psychologiques et sociaux qui déterminent les besoins et les préférences spécifiques des femmes en ce qui concerne l’utilisation des modes de transport; que davantage de données sont nécessaires pour discerner clairement les obstacles et le manque de possibilités qui empêchent les femmes d’intégrer le secteur des transports et les facteurs qui influencent leur décision de quitter le secteur ou d’y rester;

I.

considérant que le taux d’emploi des femmes dans le secteur des transports est d’environ 22 % à l’échelle de l’Union, ce taux variant de manière significative selon les différents sous-secteurs des transports (terrestre, aérien, maritime) et selon les États membres; que les femmes sont davantage exposées que les hommes au harcèlement et aux violences sexuelles dans les transports, ce qui peut être l’une des causes de leur faible représentation dans ce secteur;

J.

considérant que l’adoption d’une stratégie de planification urbaine tenant compte de la dimension de genre et la réalisation d’une analyse des services de transport du point de vue du genre sont essentielles pour améliorer la qualité de vie des femmes dans toute leur diversité; qu’en outre, une telle démarche peut être transformatrice pour l’ensemble des usagers, y compris les familles et les ménages dans toute leur diversité, qui pourront ainsi accéder aux possibilités qu’offrent les villes et les régions ultrapériphériques, et qu’elle générera dans le même temps des avantages plus larges sur les plans social, économique et environnemental; qu’un meilleur équilibre entre hommes et femmes, une plus grande diversité et une inclusion plus poussée entraînent une meilleure intégration de la diversité sur les lieux de travail, ce qui renforce l’attractivité des emplois dans le secteur des transports et la compétitivité de l’ensemble de ce secteur;

K.

considérant que la pollution atmosphérique entraîne une accélération marquée de l’ostéoporose chez les femmes; que les femmes présentant une masse osseuse réduite et un début précoce d’ostéoporose sont particulièrement exposées aux risques de blessures dans les transports publics (18);

L.

considérant que l’utilisation qui est faite des transports varie selon le genre, ainsi que d’autres facteurs, tels que la complexité, la durabilité, la fréquence, le mode, la durée, la finalité, le coût, la sécurité, l’accessibilité et la sûreté; que les différents genres ont donc des besoins et des exigences différents en matière de transport, souvent en raison de stéréotypes et d’inégalités de genre persistants, et utilisent les transports publics et la voiture de différentes manières; que les femmes sont plus susceptibles d’avoir des habitudes de déplacement plus compliquées, choisissant plus souvent les transports publics et effectuant plusieurs arrêts sur le trajet, et qu’elles sont plus susceptibles de voyager aux heures creuses, notamment en raison de leurs responsabilités familiales; que les hommes optent plus souvent pour le transport en voiture et sont plus susceptibles que les femmes d’avoir un trajet quotidien direct, 31 % des femmes utilisant les transports publics contre 24 % des hommes (19);

M.

considérant que les femmes ont tendance à vivre plus longtemps que les hommes, ce qui suppose généralement une réduction de la mobilité avec l’âge, qui complique encore davantage l’utilisation des services de transport;

N.

considérant que trop peu de cas est fait des besoins des femmes dans les transports publics ou dans la planification des infrastructures; que la compréhension des habitudes de déplacement et de la mobilité des femmes dans toute leur diversité est essentielle à l’élaboration de politiques des transports tenant compte de la dimension de genre, qui devraient offrir aux femmes des conditions leur permettant de partager des moyens de transport sûrs, accessibles, fiables, durables et non discriminatoires; que les femmes sont sous-représentées parmi les spécialistes et décideurs dans le secteur des transports et de la planification de la mobilité urbaine;

O.

considérant que le déplacement sûr des travailleuses du secteur des transports n’est pas toujours garanti, notamment lorsqu’elles commencent à travailler tôt le matin et/ou qu’elles finissent tard le soir; que le harcèlement sexuel et la violence de genre dans les transports ont une incidence sur les habitudes de déplacement des femmes; que la peur du harcèlement dans l’espace public ne se limite pas uniquement aux femmes et aux filles, mais qu’elle est également répandue chez les personnes LGBTQI+, ce qui limite leur intégration sociale et économique;

P.

considérant que les femmes sont plus nombreuses que les hommes à utiliser des modes de transport collectifs et durables, tels que les transports publics, la marche ou le vélo, et qu’elles enchaînent souvent les parcours, ce qui fait d’elles des moteurs de changement dans le cadre de la transition écologique; que ces taux plus élevés de marche peuvent avoir, dans des environnements d’air pur, une incidence positive sur la santé des femmes et des filles, car ils permettent de réduire les risques cardiovasculaires et de contribuer au bon fonctionnement des vaisseaux sanguins;

Q.

considérant que la mission des «Villes neutres pour le climat et intelligentes» de la Commission vise à ce que 100 villes de l’Union soient neutres pour le climat d’ici à 2030, grâce à diverses mesures telles que la création de centres-villes sans voitures visant à permettre aux citoyens d’accéder plus facilement aux transports publics, à la mobilité active et aux solutions de transport à faibles émissions; que la réalisation des objectifs de développement durable relatifs à l’égalité de genre devrait aller de pair avec le rôle enthousiasmant que les femmes ont le potentiel de jouer dans l’accélération de la décarbonation du secteur des transports; que la lutte contre la précarité en matière de mobilité est un élément essentiel de l’objectif du pacte vert pour l’Europe visant à opérer une transition juste ne laissant personne de côté; que les femmes sont plus exposées à la pauvreté en matière de mobilité, en particulier les mères célibataires (qui représentent 85 % des familles monoparentales), les femmes appartenant à des groupes minoritaires, les femmes à faible revenu, ainsi que les femmes célibataires, les femmes handicapées ou les femmes âgées;

R.

considérant que les besoins spécifiques des femmes devraient être pris en compte dans le cadre de l’adoption de nouvelles technologies de véhicules et d’automatisation et qu’il convient d’améliorer la sécurité et la durabilité et de ne pas exclure les citoyens ayant de faibles connaissances en informatique et un accès limité à l’internet;

S.

considérant que les solutions logicielles peuvent modéliser, simuler, analyser et optimiser les écosystèmes de mobilité, et permettre ainsi que les besoins spécifiques à chaque genre soient pris en considération dans leur évolution;

T.

considérant que les transports durables, tels que les transports publics, en particulier les trains locaux, et les vélos, nécessitent un accès égal aux services de mobilité, grâce à des mesures permettant d’offrir des prix abordables et une meilleure mobilité à tous, personnes âgées et personnes handicapées comprises, ainsi que la même qualité de service dans les zones urbaines et les zones rurales;

U.

considérant que la sécurité et la commodité sont des facteurs majeurs dissuadant les femmes et les filles de se déplacer à vélo; que les femmes sont plus susceptibles d’utiliser des poussettes ou de bénéficier de la possibilité d’utiliser des vélos-cargos dans le cadre de leurs responsabilités familiales; qu’elles sont davantage susceptibles de faire entrer la durabilité et la sécurité en ligne de compte au moment de choisir leurs moyens de transport; que les femmes sont davantage susceptibles de choisir le vélo lorsqu’il est possible d’emprunter des pistes et des bandes cyclables sûres et continues; que les infrastructures adaptées aux vélos, les bandes cyclables et les pistes cyclables séparées améliorent la sécurité et le sentiment de sécurité, ce qui encourage les citoyens, et notamment les femmes, à opter pour le vélo; que le développement d’applications conviviales de partage de vélos ou de véhicules offre de nouvelles possibilités de déplacement enthousiasmantes, y compris pour les personnes vivant dans des zones rurales;

V.

considérant que les routes ne sont généralement pas conçues pour accueillir les piétons, ces derniers étant bien trop souvent pris en considération après coup, et que, lorsque des infrastructures piétonnes sont en place, celles-ci sont souvent insuffisantes;

W.

considérant que les différences morphologiques entre les hommes et les femmes sont un facteur déterminant essentiel de vulnérabilité lors d’un accident de voiture; que les hommes sont dans l’ensemble plus susceptibles d’être impliqués dans des accidents de voiture, mais que les femmes impliquées dans des accidents de voiture ont 47 % de risques en plus d’être gravement blessées, 71 % de risques en plus d’être légèrement blessées (20) et 17 % de risques en plus de décéder que les hommes (21); que les femmes sont également deux fois plus susceptibles que les hommes de rester coincées dans un véhicule accidenté (22); que la conception des véhicules et des wagons, y compris des dispositifs de sécurité tels que les sièges de voiture et les ceintures de sécurité, se fonde souvent sur une physionomie plus grande, typiquement masculine, raison pour laquelle l’efficacité et la facilité d’utilisation sont moindres, tandis que les risques de blessures graves et les taux de mortalité en cas d’accident sont plus élevés, pour les personnes de plus petit gabarit, notamment les femmes et les filles; que les véhicules, les ceintures de sécurité, les sièges et les airbags ont principalement été conçus en recourant à des essais de choc fondés sur des modèles masculins biofidèles; qu’il n’est pas encore exigé par la loi que les normes des essais de choc soient sensibles au genre;

X.

considérant que lorsque les infrastructures de transport sont établies dans un environnement bien conçu et sûr au niveau des points de transit (y compris les points nodaux et d’autres centres de transport), la sécurité réelle, mais aussi la sécurité perçue, s’en trouvent améliorées (23);

Y.

considérant que les femmes et les autres parents et aidants voyageant seuls avec des bébés ou des enfants en bas âge éprouvent des difficultés logistiques supplémentaires lors des contrôles de sécurité effectués dans les aéroports et autres terminaux internationaux, à l’intérieur des aéronefs lorsqu’ils utilisent des installations sanitaires ou lors du débarquement; que les déplacements en transports publics sont difficiles si l’accès et l’espace consacrés aux landaus et poussettes sont limités; que les femmes sont plus susceptibles de souffrir de pauvreté en matière de transports, en particulier les mères célibataires, les femmes appartenant à des groupes minoritaires, les femmes à faible revenu, ainsi que les femmes célibataires, les femmes handicapées ou les femmes âgées;

Z.

considérant que l’emploi, l’accès aux services et l’inclusion sociale sont étroitement liés à l’accès aux transports et à la mobilité; que les obstacles à la mobilité entravent l’accès des femmes à l’emploi et aux services essentiels, tels que la santé et l’éducation, et compromettent leur propre accumulation de capital humain et celle des personnes qui dépendent d’elles;

AA.

considérant que le recrutement de davantage de femmes dans les transports publics permet de renforcer la sécurité des transports publics pour les travailleuses et les passagères (24);

AB.

considérant que, dans une enquête menée en 2017 par la Fédération européenne des travailleurs des transports, 63 % des personnes interrogées avaient été victimes de violences, dont 49 % par des clients, 22 % par des collègues et 17 % par des supérieurs hiérarchiques; que 80 % des femmes ayant signalé un incident ne pensaient pas que leur plainte aurait des répercussions négatives sur l’auteur des faits ou rendrait leur lieu de travail plus sûr (25);

AC.

considérant que les femmes devraient pouvoir choisir librement leur type de travail en fonction de leurs besoins, afin qu’elles puissent déployer pleinement leur potentiel sans être limitées par des stéréotypes sexistes ou d’autres obstacles extérieurs; que les femmes, qui sont confrontées à des obstacles qui rendent le secteur des transports moins attrayant pour elles, tels qu’une culture de l’agressivité, les stéréotypes sexistes, les discriminations et les inégalités de traitement, le manque d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, le manque de mesures de santé et de sécurité, notamment l’accès insuffisant à des installations sanitaires décentes, et les niveaux élevés de violence et de harcèlement, sont sous-représentées à tous les niveaux dans les emplois du secteur des transports, représentant ainsi en moyenne environ 16 % du total des salariés (26), et sont particulièrement rares dans les postes d’encadrement; que le secteur doit prendre des mesures pour remédier à la sous-représentation des femmes dans les activités, la prise de décision, la planification et la recherche; qu’il convient de redoubler d’efforts pour recueillir les contributions des femmes sur les questions de transport en général; qu’une représentation accrue des femmes dans le secteur contribuerait à une meilleure prise en compte des besoins des femmes en matière de transport; que la prise en compte de ces questions entraînerait l’élaboration de produits, de systèmes et de politiques qui tiennent compte des besoins de la majorité des membres de la société, à savoir les femmes, des groupes vulnérables, des familles dans toute leur diversité, des jeunes et des personnes âgées; qu’un secteur des transports plus attrayant pour les femmes sera bénéfique pour tous les travailleurs du secteur et améliorera sa résilience et sa durabilité dans son ensemble;

AD.

considérant que l’industrie maritime est un environnement à dominance masculine, les femmes ne représentant que 2 % de la main-d’œuvre maritime dans le monde, en ce compris l’équipage travaillant dans l’hôtellerie et la restauration sur les navires de croisière, et 1 % des marins (27); que les femmes ne représentent actuellement que 1,2 % de la main-d’œuvre mondiale des gens de mer, selon le Seafarer Workforce Report 2021 élaboré par BIMCO et ICS; que la place des femmes dans le monde maritime a progressé ces dernières années, mais trop lentement, et que, dans les secteurs traditionnels tels que le transport, la construction navale ou la pêche, les hommes restent majoritaires;

AE.

considérant qu’en Europe, les femmes salariées représentent 40 % de la main-d’œuvre totale du secteur du transport aérien; que la majorité des femmes employées dans le secteur de l’aviation travaillent dans les services à la clientèle et administratifs et que les femmes sont encore sous-représentées aux postes à responsabilité malgré les progrès réalisés ces dernières années; que seuls 3 % des pilotes de ligne dans le monde sont des femmes (28) et que, dans une enquête réalisée en 2018 par Women in Aviation International, 71 % des femmes consultées ont déclaré avoir été victimes de harcèlement au travail;

AF.

considérant que la part de conductrices de camion s’élève à moins de 3 % dans la plupart des régions européennes et que celle des conductrices de bus et d’autocar est de moins de 12 % (29); que, selon l’Union internationale des transports routiers (IRU), en 2019, seuls 2 % des conducteurs en Europe étaient des femmes, alors que la pénurie de conducteurs s’aggrave, empêchant jusqu’à 40 % des postes d’être pourvus; que les mauvaises conditions de travail sont la principale cause de cette situation; que, selon une étude réalisée par l’IRU, 87 % des conducteurs de plus de 55 ans et 73 % des conducteurs de moins de 24 ans considèrent que l’obligation de passer de longues périodes loin du domicile explique en grande partie la pénurie de candidatures dans le secteur;

AG.

considérant que le secteur des transports devrait tenir compte des besoins spécifiques des femmes afin de veiller à leur santé et à leur sécurité aussi bien au travail que lors des déplacements; que, dans de nombreux secteurs d’activité et pays du monde, les transports sont encore considérés comme un secteur dans lequel les femmes qui y travaillent sont confinées à des emplois moins bien rémunérés, avec peu ou pas de possibilités d’évolution de carrière; que, selon l’Organisation internationale du travail, la violence, la discrimination, le harcèlement au travail, le harcèlement psychologique et sexuel, les brimades et le manque d’équipements de base dont sont victimes les travailleurs des transports sont les principaux facteurs qui limitent à la fois l’attrait des emplois dans ce secteur pour les femmes et le maintien dans l’emploi de celles qui y travaillent, ce qui entraîne des difficultés dans certains secteurs; que l’automatisation et la numérisation ont changé la nature de profils d’emplois auparavant laborieux, sont un enjeu et ont le potentiel d’accroître l’attractivité du secteur pour les femmes; que les femmes sont minoritaires parmi les conducteurs de train, en particulier dans les trains de marchandises; que cette situation est due à des conditions de travail difficiles, surtout pour les femmes; que le manque de toilettes ou de papier toilette ou encore le mauvais état des sanitaires et le manque d’hygiène dans les trains de marchandises et de voyageurs sont des obstacles majeurs à l’augmentation du nombre de travailleuses dans ce secteur; que la distribution de sous-vêtements menstruels ne suffit pas à améliorer la satisfaction des femmes et des filles quant aux sanitaires qu’elles utilisent; que des améliorations ne peuvent être apportées qu’en installant des toilettes adéquates qui permettent des pauses sanitaires agréables et sereines entre et pendant les trajets;

AH.

considérant que les sociétés de transport, dans presque tous les modes de transport, sont confrontées à d’importants problèmes de recrutement, notamment en raison de conditions de travail incompatibles avec un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée et les responsabilités familiales, ainsi que des bas salaires, en particulier pour le personnel mobile; qu’il serait possible de remédier aux pénuries de personnel dans le secteur des transports en employant davantage de femmes, ce qui pourrait se faire en rendant le secteur plus compétitif et plus attrayant pour elles, notamment en améliorant les conditions de travail (30);

AI.

considérant que les petites et moyennes entreprises (PME) ont un rôle à jouer pour revitaliser le secteur des transports et promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes;

AJ.

considérant qu’il importe de promouvoir et de préserver une mobilité efficace, durable et abordable dans les zones rurales et les régions ultrapériphériques; que la promotion et la préservation d’options de mobilité efficaces et abordables, qui permettent d’améliorer la connectivité et l’accessibilité, sont essentielles pour accroître les perspectives économiques et sociales dans ces zones et régions; que la connectivité au sein des zones rurales n’est pas suffisamment développée en raison d’infrastructures de transport souvent lacunaires et de connexions sporadiques à l’origine d’un accès inégal aux services de santé; que le développement d’applications conviviales de partage de vélos ou de véhicules offre de nouvelles possibilités prometteuses en matière de déplacements et de mobilité, y compris pour les personnes vivant dans des zones rurales; que les femmes des zones rurales sont moins susceptibles de posséder un permis de conduire ou d’avoir accès à une voiture que les hommes, mais aussi qu’elles voyagent davantage que ces derniers en raison du rôle d’aidant qu’elles assument;

AK.

considérant que les femmes, les filles et d’autres groupes vulnérables vivant dans les zones rurales rencontrent des obstacles à l’obtention d’une aide, y compris d’un accès aux services de santé, lorsqu’ils sont victimes de violences sexistes en raison du manque persistant d’une infrastructure de transport développée; que parmi ces obstacles figurent le caractère peu abordable et le manque d’accès aux transports ou de moyens permettant de contacter des services de transport et de prise en charge médicale dans les zones rurales;

AL.

considérant que des transports collectifs insuffisants peuvent sévèrement entraver la capacité des femmes, des filles et d’autres personnes vulnérables à obtenir un traitement médical vital, des thérapies prophylactiques postexposition ou encore une contraception d’urgence;

1.

réaffirme l’engagement de l’Union à parvenir à l’égalité entre les hommes et les femmes dans les transports, tout en prenant acte des progrès accomplis jusqu’à présent; souligne que des mesures concrètes sont nécessaires pour améliorer la sécurité, la disponibilité, l’accessibilité et le caractère abordable des services de transport ainsi que les possibilités d’emploi et les conditions de travail dans le secteur pour les femmes dans toute leur diversité;

2.

prend acte avec inquiétude des changements démographiques dans certaines régions de l’Union; suggère d’en tenir compte pour renforcer l’action publique lorsqu’il s’agit de lutter contre le vieillissement de la main-d’œuvre et les pénuries de main-d’œuvre qui en découlent, ce qui pourrait inciter les femmes talentueuses à combler ces pénuries;

3.

souligne que, si l’on souhaite parvenir à l’égalité entre les hommes et les femmes dans le secteur, les femmes sont nécessaires à la fois dans la conception physique et la prestation de services de transport;

4.

souligne que l’intégration de la dimension de genre dans les transports a des effets positifs à tous les niveaux, y compris l’inclusion sociale et les perspectives d’emploi; souligne l’importance de l’intégration de la dimension de genre dans les transports pour l’accomplissement des transitions écologique et numérique; demande une nouvelle fois à cet égard à la Commission, aux États membres et aux autorités locales de procéder à une intégration intersectionnelle de la dimension de genre dans la planification des transports et de la mobilité urbaine ainsi que de consulter et d’associer les femmes et les filles dans toute leur diversité, y compris les femmes handicapées, aux processus décisionnels afin que les transports et l’urbanisme répondent efficacement aux besoins des femmes;

5.

souligne qu’il est essentiel d’assurer le suivi et de rendre compte des mesures mises en œuvre dans l’Union en matière de transports pour les adapter à l’évolution des modes de mobilité des femmes et des hommes et d’une société vieillissante; met en avant, à cet égard, que le partage des bonnes pratiques et la consultation des acteurs locaux, y compris les associations de femmes et de personnes LGBTQI+, sont primordiaux aux fins de l’optimisation des mesures de politique des transports; souligne que la mobilité durable doit garantir la dignité de la personne et aller dans le droit fil aussi bien de la stratégie en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes que de la stratégie en faveur des personnes LGBTIQ+; insiste également sur le fait que la participation des parties prenantes est essentielle pour mieux comprendre et satisfaire les besoins des usagers des transports, en particulier les besoins spécifiques des femmes dans toute leur diversité, ainsi que pour obtenir l’adhésion des parties prenantes (31);

6.

rappelle que les stéréotypes, les préjugés et les discriminations sexistes entraînent l’exclusion des femmes des activités économiques, politiques et sociales, ce qui occasionne un manque d’efficacité, un gaspillage accru de ressources humaines, un manque de revenu et d’indépendance financière pour les femmes et une entrave à la participation politique des femmes; souligne qu’il est nécessaire que les femmes soient actives et associées sur un pied d’égalité à tous les niveaux et dans tous les domaines liés au transport, y compris aux processus décisionnels; estime qu’il est nécessaire de disposer de ressources pour veiller à ce que les femmes soient représentées dans la recherche et la prise de décision dans le domaine des transports;

7.

déplore le manque de données normalisées, ventilées par sexe et par genre, et d’analyses par genre recueillies conformément au règlement général sur la protection des données pour tous les modes de transport, comme l’a mis en évidence l’étude «Les femmes et les transports»; invite dès lors la Commission à évaluer s’il y a lieu d’inclure le partage des données sur les genres entre les acteurs des transports dans l’espace européen commun des données afin de combler les lacunes en matière de données dans les transports et d’éclairer l’élaboration des politiques; estime que davantage de consultations et de données s’avèrent nécessaires pour définir les habitudes et les besoins des femmes dans le secteur des transports; se félicite, à cet égard, que l’énergie et les transports soit l’axe thématique de l’édition 2023 de l’indice d’égalité de genre de l’EIGE, qui permettra de mieux comprendre les effets probables de la transition vers une société à faible intensité de carbone du point de vue du genre et de l’intersectionnalité; relève que l’indice d’égalité de genre comprendra des données d’enquête sur les comportements respectueux de l’environnement en matière de transport et sur les incidences potentielles sur le temps consacré aux responsabilités familiales non rémunérées;

8.

estime que la Commission, les États membres et les autorités régionales et locales devraient déterminer les causes de la sous-représentation des femmes dans le secteur des transports, recueillir des données supplémentaires et établir des indicateurs clés, tels que des statistiques tenant compte de la dimension de genre, des données sur les facteurs socio-économiques et des données de mobilité différenciées selon le genre sur l’utilisation et les exigences pour chaque mode de transport et l’exposition aux risques, ainsi que des données relatives à l’âge et au handicap, afin de recenser et de surmonter les obstacles auxquels se heurtent les femmes dans les transports, d’améliorer la sécurité routière, de comprendre les schémas de déplacement et d’optimiser la mobilité, tout en tenant compte des besoins des femmes et en contribuant à la conception de transports publics et à des initiatives stratégiques liées aux usagers des transports et aux travailleurs; considère que les données collectées devraient être mises à la disposition de toutes les parties intéressées; rappelle que l’élaboration des politiques de l’Union dans le domaine des transports nécessite des données fiables, accessibles et détaillées, ainsi que des analyses d’impact, afin de contribuer à intégrer une approche tenant compte de la dimension de genre dans toutes les politiques pertinentes de l’Union et de pouvoir répondre efficacement aux besoins des femmes;

9.

invite les entreprises de transport dans les États membres à encourager le recueil de données ventilées qui renforcerait le corpus de données pour une planification sensible à la dimension de genre, permettant ainsi d’établir des références robustes, de déceler des tendances et d’accroître la compétitivité, étant donné que les transports répondraient mieux aux besoins d’une société et d’une économie en évolution constante et dynamiques;

10.

met en avant la capacité de l’intelligence artificielle à agréger des ensembles de données anonymisées sur l’utilisation des transports publics et à mettre au point des applications de services intermodaux ou de transport inclusifs, et ce en répondant aux exigences liées au genre; souligne que cela pourrait améliorer les transports, en particulier pour les femmes, car les besoins spécifiques des femmes et des filles dans toute leur diversité pourraient mieux être intégrés;

11.

salue le lancement de la nouvelle initiative de la Commission sur le réseau des ambassadeurs de la diversité dans les transports, dont le but est de promouvoir la diversité, l’égalité et l’inclusion dans le secteur des transports de l’Union, de sensibiliser le public ainsi que de concevoir et de mettre en œuvre différentes initiatives en adoptant les perspectives tant des travailleurs du secteur des transports que des usagers des transports;

12.

demande que les essais de performance en matière de sécurité et les essais de choc incluent des normes tenant compte du genre et intègrent des modèles féminins biofidèles; considère que l’IA peut nous aider à mieux comprendre comment la physique humaine, dans toute sa diversité, réagit différemment dans les situations d’urgence; souligne qu’il est nécessaire d’utiliser des données sur le genre lors du processus décisionnel; invite la Commission et les États membres à s’attaquer aux écarts de sécurité entre les hommes et les femmes en veillant à ce que les organismes nationaux de normalisation et les organisations chargées de l’élaboration de normes intègrent un plan de normes et d’élaboration de normes tenant compte de la dimension de genre dans leur plan d’action en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes, conformément aux actions décrites dans la Déclaration sur les normes et l’élaboration des normes tenant compte des questions de genre; salue le fait que l’écart s’amenuise entre les taux de décès des hommes et des femmes victimes d’accidents avec les modèles de voiture les plus récents (32);

Comprendre la mobilité des femmes et l’équité dans les transports

13.

souligne la diversité des attentes, des habitudes de déplacement, des besoins et des vécus des femmes en tant qu’usagères des transports; demande qu’une législation pertinente et une perspective de genre soient mises en place dans les transports afin d’intégrer pleinement le point de vue des femmes, qui, à l’heure actuelle, assument encore davantage de responsabilités familiales dans la société, afin d’accroître la durabilité et l’efficacité et à mieux répondre aux besoins de la société, y compris ceux des femmes handicapées et des groupes marginalisés;

14.

déplore que la micromobilité ne fonctionne pas encore de façon adéquate pour les femmes, étant donné que sa conception et sa mise en œuvre sont généralement effectuées par des hommes; demande aux prestataires de services de micromobilité de tenir compte des besoins des femmes dans toute leur diversité pour mieux s’assurer que les villes durables intègrent une perspective de genre;

15.

invite les États membres à utiliser suffisamment de données lors de la prise de décision relative à l’affectation des sols; souligne qu’il convient d’aménager les zones urbaines et rurales de manière à tenir compte des habitudes de transport de tous les sexes;

Services de mobilité inclusive et infrastructures adéquates

16.

appelle de ses vœux des mesures pour s’assurer de la disponibilité et de l’abordabilité de modes de transport durables, y compris les vélos, afin de répondre aux besoins des femmes, et permettre des déplacements multimodaux confortables, sûrs et sans stress;

17.

relève que le concept de ville du quart d’heure, qui suppose que toutes les commodités se situent à une courte distance à pied ou en vélo de son domicile ou à proximité d’un arrêt de transport collectif, permettrait d’améliorer la qualité de vie des femmes et des filles;

18.

souligne que les femmes handicapées sont confrontées à des obstacles spécifiques et à des discriminations lorsqu’elles sont travailleuses ou usagères des transports, qui restent souvent invisibles et non traitées; reconnaît le rôle important joué par les animaux de service, tels que les chiens d’aveugle qui veillent à la sécurité des femmes aveugles et sourdes et à celles d’autres personnes vulnérables; invite les États membres et la Commission à prendre dûment en compte l’intégration de l’accessibilité dans leurs politiques et leur législation; encourage en outre les États membres à élaborer des politiques de transport public et à développer des infrastructures de transport, telles que des structures d’autobus, qui facilitent la mobilité des femmes handicapées et à promouvoir la formation des professionnels des transports publics en matière d’accessibilité;

19.

déplore que les cartes/tours de cou d’assistance au déplacement et tout autre objet de signalisation s’avèrent moins efficaces lors des déplacements transfrontières et que cette situation représente une charge supplémentaire pour les femmes et les filles handicapées lorsqu’elles se déplacent dans l’Union; demande à cet égard à la Commission d’instaurer un code QR paneuropéen, qui ferait office de carte d’assistance au déplacement, facilitant ainsi le voyage transfrontière et permettant de lever les barrières linguistiques et logistiques auxquelles se heurtent les femmes dans leur diversité;

20.

souligne qu’il peut s’avérer très difficile d’entrer et de sortir rapidement d’une rame de métro avec un enfant en bas âge ou une poussette;

21.

demande aux entreprises de transport collectif d’envisager une conception holistique et sensible à la dimension de genre, étant donné qu’il est par exemple difficile actuellement pour nombre de femmes d’atteindre les poignées de bus, car elles sont souvent conçues par des hommes pour convenir à une taille masculine en moyenne plus grande;

22.

invite les États membres et les autorités régionales et locales à veiller à ce que les infrastructures de transport, en particulier lorsqu’elles sont modernisées, tiennent pleinement compte de la continuité, de l’accessibilité et de la sécurité des infrastructures piétonnes et cyclables durables et à chercher des synergies entre ces connexions afin de promouvoir des modes actifs de transport;

23.

relève que la montée à bord peut s’avérer particulièrement ardue pour les femmes, notamment les femmes accompagnées de nourrissons ou d’enfants en poussette et celles en situation de handicap, en raison des écarts non négligeables entre la plateforme et le marchepied, et des marches présentes dans certaines versions plus anciennes du matériel roulant, des autobus et des autocars;

24.

invite les États membres et les autorités locales à encourager tous les secteurs de la société qui visent spécifiquement à accroître l’utilisation par les femmes, les groupes vulnérables, les familles dans toute leur diversité, la jeune génération et les personnes âgées, ainsi que les personnes à mobilité réduite lorsque c’est possible, à recourir à des options de transport à faibles émissions de carbone et sans émission, telles que le vélo et la marche, en fournissant des trottoirs et des pistes cyclables bien conçus, des trottoirs et des pistes cyclables suffisamment larges pour accueillir les poussettes et les vélos-cargos, un réseau étendu et intégré de pistes cyclables séparées de haute qualité, ainsi que des parkings à vélos sécurisés et accessibles, y compris pour les vélos-cargos, en particulier à proximité des infrastructures de transport telles que les gares ferroviaires et les stations d’autobus; souligne que des pistes cyclables larges et séparées augmentent non seulement la fréquentation globale, mais favorisent également la réduction de l’écart hommes/femmes en matière de cyclisme;

25.

relève que la popularité grandissante des vélos électriques et d’autres options analogues, associés aux incitations financières allouées au niveau local ou national, a augmenté la viabilité réelle et perçue du vélo en tant que choix de mobilité positif; se félicite des programmes lancés par plusieurs États membres dans le but d’encourager les jeunes ou les cyclistes occasionnels à adopter le vélo, à son tour favoriser un transfert modal; demande que les parkings à vélos et les lieux de stockage soient sécurisés et que les besoins les plus essentiels soient satisfaits en garantissant des installations sanitaires propres et de qualité dans les bureaux et les bâtiments publics, qui devraient également répondre aux besoins des femmes cyclistes; invite les États membres et les autorités locales à garantir la possibilité de transporter des vélos dans les trains et les bus en vue de développer l’intermodalité; se félicite des orientations de la Commission sur les projets promouvant le cyclisme dans l’Union, qui rassemblent les conseils existants en une ressource d’orientation unique, cohérente et universelle, en ligne, qui permet aux utilisateurs d’identifier les informations les plus pertinentes pour leur situation; demande que soit conclu, dans un délai raisonnable, entre le Parlement et le Conseil un accord sur les infrastructures cyclables pour tenir compte des besoins des communautés rurales, prévoir des infrastructures le long du réseau routier public couvert par des systèmes de transport intelligents et modifier la directive 2010/40/UE (33);

26.

souligne qu’une meilleure conception des infrastructures telles que des arrêts de bus rapidement accessibles à pied, des bus plus fréquents en dehors des heures de pointe, une disponibilité accrue des services pour les femmes vivant dans les zones rurales et des infrastructures adaptées aux poussettes peuvent accroître l’utilisabilité par les femmes et encourager les femmes à utiliser les transports publics ainsi que des modes de transport plus durables;

27.

invite les États membres à réfléchir à la façon dont différentes solutions budgétaires bénéficient à différents groupes et à introduire une budgétisation sensible au genre;

28.

rappelle qu’un large éventail d’instruments de financement de l’Union sont à la disposition des États membres pour investir dans les besoins de mobilité des femmes et l’emploi des femmes dans le secteur des transports, ainsi que pour lutter contre la pauvreté en matière de mobilité, y compris le Fonds européen de développement régional, la facilité pour la reprise et la résilience, le Fonds social européen+ (FSE+), le Fonds social pour le climat et le Fonds de cohésion; invite la Commission et les États membres à veiller à ce que les mesures et investissements soutenus par ces fonds respectent le principe de l’égalité entre les hommes et les femmes et à veiller particulièrement à ce que les femmes bénéficient de la mise en œuvre de ces instruments de financement;

29.

souligne que l’entretien du réseau routier, y compris les mesures saisonnières telles que le déneigement et le labour, devrait porter en priorité sur les transports actifs, durables ou publics, ainsi qu’au niveau des entrées des garderies et d’autres chaussées nécessaires;

30.

regrette l’insuffisance des fonds consacrés à la promotion de l’égalité hommes/femmes dans le secteur des transports, et ce bien qu’un tiers environ du Fonds de relance et de résilience au titre du pilier de la transition verte soit alloué à la mobilité durable; invite la Commission et les États membres à proposer et à mettre en œuvre des projets en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes dans le secteur des transports dans le cadre du Fonds pour la reprise et la résilience;

31.

demande que les nouveaux aéronefs soient équipés de sanitaires suffisamment spacieux pour permettre à un passager handicapé ou à un adulte accompagné d’un enfant de s’approcher, d’entrer et de se déplacer avec aisance dans le sanitaire, de changer un bébé ou d’aider un enfant à utiliser l’installation, ce qui renforcera encore davantage l’égalité de genre; note qu’il est important d’aménager des espaces spécifiques et sécurisés où laisser les enfants, de sorte qu’ils soient toujours à portée de vue des parents durant les contrôles de sécurité nécessaires;

32.

demande aux États membres, aux autorités locales et aux parties prenantes de veiller à ce que les itinéraires les plus fréquentés soient desservis par des véhicules à plancher surbaissé spécialement conçus et que les arrêts en transit soient configurés de sorte à améliorer l’accessibilité au véhicule et à permettre un accès sans entrave aux stations de métro et aux gares pour améliorer l’expérience vécue par les femmes dans les transports;

33.

souligne que les autorités locales jouent un grand rôle dans la prestation de services de transports publics aux citoyens et qu’elles connaissent bien les besoins de leurs communautés dans la mesure où elles entretiennent souvent un lien étroit avec les utilisatrices; rappelle qu’il importe de soutenir les autorités locales dans la prestation de services de transports qui répondraient aux besoins des femmes, des groupes vulnérables, des personnes âgées, des personnes en situation de handicap et de celles vivant dans des zones rurales et des régions ultrapériphériques; demande en ce sens aux États membres de ne pas limiter le financement alloué aux gouvernements locaux;

Assurer la sûreté et la sécurité des femmes dans les environnements de transport

34.

demande que l’on mette davantage l’accent sur la sûreté et la sécurité dans les transports publics et la planification de la mobilité urbaine, par des moyens tels qu’un éclairage public suffisant et durable ainsi que par des arrêts de transport public bien éclairés, afin d’éviter les situations dans lesquelles les femmes doivent passer par des endroits sombres et sinistres lorsqu’elles se rendent au travail ou en reviennent; demande en outre que la conception intégrée des transports tienne compte du «dernier kilomètre», en particulier en dehors des heures de pointe, et des connexions depuis et vers les différentes zones, y compris des zones défavorisées et appelle à installer des installations d’urgence;

35.

souligne que les employeurs et les pouvoirs publics doivent travailler ensemble pour garantir la sécurité des femmes dans les transports publics entre leur domicile et leur lieu de travail, ce qui comprend la responsabilité pour les employeurs de garantir un moyen de transport sûr pour les travailleuses qui rentrent tard de leur travail ou lorsque les transports publics ne sont pas disponibles, par une évaluation des risques sexospécifiques dans la planification des transports; souligne que les mesures préventives telles que des arrêts de bus installés dans des endroits bien visibles, une augmentation de l’éclairage, la présence de signaux d’alarme et de personnel à bord des bus, et la possibilité de déposes à la demande pendant la nuit peuvent accroître la sécurité; invite les entreprises de transport public à veiller à ce que les moyens de paiement électroniques puissent être utilisés afin que les femmes et les filles ne se retrouvent pas dans une situation désagréable, voire dangereuse, si elles n’ont pas de monnaie sur elles, ce qui les empêcherait de rentrer chez elles en toute sécurité; rappelle que les entreprises de transport collectif ont une obligation de diligence pour veiller à mettre à la disposition des passagers des lignes de communication d’urgence, pour que les victimes puissent rapidement obtenir de l’aide, notamment lorsque les voitures sont vides; invite les prestataires de services de transport à mettre en place des formations personnalisées à l’intention de l’ensemble de leur personnel pour leur permettre de reconnaître et de combattre les violences à caractère sexiste et d’être à même d’apporter le soutien adéquat aux victimes; invite les États membres à sensibiliser, notamment par le biais de campagnes d’information, aux mesures de prévention et de lutte contre le harcèlement et la violence de genre dans les réseaux de transports publics et dans la sphère publique; demande aux autorités répressives de renforcer la présence de forces de police, y compris de policières, lors des heures de pointe, afin de dissuader les auteurs d’infraction et de rassurer les personnes vulnérables;

36.

encourage les États membres à adopter des mesures visant à réduire la circulation des véhicules à moteur autour des écoles et des structures de garde d’enfants et à mettre en place des itinéraires sûrs vers les écoles;

37.

encourage les États membres à approfondir le passage au numérique et l’introduction de nouveaux modèles de transport, qui peuvent offrir des services de meilleure qualité, plus accessibles et plus abordables aux femmes;

38.

demande que les applications de transport à la demande incluent une boîte à outils de sécurité qui permettrait de centraliser toutes les informations et fonctionnalités à l’intention des passagers et des chauffeurs dans un seul et même endroit sur l’application; souligne également qu’il est nécessaire d’inclure des signaux d’alarme, des contacts de confiance, un historique anonymisé des adresses, ainsi qu’une fonctionnalité intégrée à l’application permettant de lancer des alertes relatives à la piste cyclable et aux piétons;

39.

relève qu’il serait utile de permettre aux chauffeurs de bus d’autoriser la descendante de passagers entre les arrêts sur un itinéraire déterminé à l’avance afin de permettre aux femmes et aux filles d’atteindre plus rapidement leur destination la nuit;

40.

relève que les femmes jouent un rôle important dans les choix de mobilité des ménages et que les expériences négatives (insécurité, inefficacité, prix élevé) lorsqu’elles utilisent certains modes de transport collectifs et durables, y compris les transports publics, la marche et le vélo, mais aussi des options plus récentes telles que les scooters électriques, peuvent être décourageantes et peu attrayantes et peuvent, à juste titre, induire une anxiété et une peur considérables et, par conséquent, perpétuer des déplacements inefficaces; reconnaît que des transports publics et collectifs abordables et de qualité contribuent à l’émancipation des femmes; invite à cet égard les États membres à prendre des mesures pour garantir la mise en place d’installations plus sûres pour les cyclistes et les piétons, y compris des dispositifs ralentisseurs et des investissements en faveur d’une modernisation de l’infrastructure pour qu’elle protège de façon adéquate les usagers de la route particulièrement vulnérables;

41.

souligne qu’il convient de veiller à ce que les transports collectifs permettent aux femmes de se déplacer en toute sécurité, sans menace, situation gênante ou risque de violence; relève qu’il importe d’organiser régulièrement des formations aux chauffeurs, aux travailleurs du secteur des transports et au personnel travaillant dans les plateformes de transit, qui portent sur les questions de genre et sur la façon de signaler et de rapporter des incidents liés à la violence et au harcèlement de genre; souligne à cet égard l’importance d’associer les prestataires de transport et les acteurs concernés aux sessions de formation et de sensibilisation;

42.

met en exergue les difficultés rencontrées par les femmes, notamment dans les zones rurales où les transports publics restent généralement insuffisamment développés, alors que ces femmes ont plus souvent que les hommes des fonctions d’aidantes; souligne que les politiques visant à promouvoir des transports durables ne doivent pas exclure les femmes, les familles dans toute leur diversité, les personnes LGBTQI+, les personnes âgées, les jeunes et les autres groupes vulnérables ainsi que les habitants des zones rurales; invite les États membres à garantir des options de mobilité durable et abordable dans les zones rurales, y compris des services plus fréquents, plus abordables et plus réguliers; constate qu’un service de mobilité à la demande s’est avéré être une solution populaire dans les zones à faible demande et les zones rurales ainsi que dans les régions ultrapériphériques et qu’il est susceptible de répondre à certains des besoins non satisfaits du fait de la baisse de la qualité des transports collectifs dans ces zones;

43.

demande aux pouvoirs publics et aux collectivités locales de veiller à ce que les trottinettes électriques et les vélos partagés ne soient pas abandonnés sur les trottoirs ou à d’autres endroits inappropriés car ils empêchent les piétons, tels que les femmes avec des poussettes, de circuler, et représentent un danger général pour les aveugles, les malvoyants et les femmes âgées et handicapées qu’ils peuvent faire trébucher; invite à cet égard les parties prenantes à inclure dans les applications la fonction exigeant des utilisateurs qu’ils stationnent leurs trottinettes en parallèle à la bordure du trottoir et en tenant compte des piétons, y compris les femmes avec des poussettes, les personnes en fauteuils roulants et les personnes malvoyantes;

44.

relève que les passages souterrains et les passerelles pour piétons sont susceptibles de poser des risques de sécurité majeurs pour les navetteurs, y compris les navetteurs actifs, les femmes avec des poussettes, les personnes âgées et les personnes handicapées; invite les autorités nationales et locales à associer l’ensemble des parties prenantes au processus d’aménagement urbain, afin de créer de nouvelles infrastructures de passages souterrains et de passerelles pour piétons (ou d’adapter les infrastructures existantes, le cas échéant) pour qu’elles soient propres, sûres, inclusives, correctement balisées, plus esthétiques et accessibles à l’ensemble des usagers; demande aussi en ce sens que la participation d’un plus grand nombre de femmes soit encouragée lors des processus de conception et de planification, pour que ces environnements bâtis soient plus adaptés aux piétons et sensibles au genre;

45.

invite les autorités locales à veiller à ce que les plans de mobilité urbaine durable satisfassent les besoins en mobilité des personnes en mettant tout particulièrement l’accent sur les femmes, ainsi que le besoin essentiel de tous les citoyens de disposer d’une meilleure qualité de vie;

Les femmes et l’emploi dans le secteur des transports

46.

souligne que les femmes qui travaillent dans le secteur des transports peuvent être confrontées à des difficultés à tous les niveaux, telles que les préjugés et les stéréotypes sexistes, les discriminations intersectionnelles et un mauvais équilibre entre vie professionnelle et vie privée, qui touchent de manière disproportionnée les femmes ayant des responsabilités, ainsi qu’une rémunération inférieure à celle des hommes pour un travail égal ou de valeur égale, et des installations inexistantes ou mal adaptées, qui rendent possibles le harcèlement et la violence; fait observer que les femmes ont également moins de modèles ou de mentors professionnels dans le secteur des transports, et qu’il est donc difficile de les attirer et de les fidéliser dans les emplois du secteur; demande à cet égard aux prestataires de transport public qu’ils reconnaissent que les premières expériences des femmes, la façon dont elles sont accueillies et traitées, soutenues et promues, jouent un rôle clé dans leur volonté de rester dans le secteur; invite les États membres à mettre en œuvre dans les meilleurs délais la directive relative à la présence des femmes dans les conseils d’administration et la directive sur l’égalité des rémunérations;

47.

relève qu’Eurostat a constaté en 2018 que le taux d’emploi des femmes âgées de 20 à 64 ans dans l’Union s’élevait à 67 %, et qu’au sein du secteur des transports à l’échelle européenne, ce taux est encore plus faible (22 %); note, à cet égard, que, parmi les femmes employées dans l’Union, environ un tiers travaillait à temps partiel (30 %), soit près de quatre fois le taux des hommes (8 %); invite dès lors les États membres à promouvoir et à soutenir les emplois à temps plein et à temps partiel pour les femmes, éventuellement au moyen d’initiatives en faveur de l’accès aux services de garde d’enfants;

48.

souligne que toute forme de discrimination, de harcèlement, d’intimidation ou de violence sur le lieu de travail doit être éliminée; invite dès lors la Commission à redoubler d’efforts pour introduire des dispositions relatives au genre dans tous les textes législatifs concernés, dans le droit fil de la stratégie de mobilité durable et intelligente et de la stratégie en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes, afin de combattre les discriminations et les inégalités fondées sur le genre et de garantir un environnement de travail sûr pour les femmes dans tous les modes de transport, et à envisager la mise en œuvre de toutes les mesures préventives et dissuasives nécessaires (par exemple, des aires de stationnement sûres et sécurisées);

49.

demande à la Commission et aux États membres de lutter contre la discrimination et de veiller à la mise en œuvre des politiques et de la législation existante afin de combler l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes et d’améliorer les conditions de travail pour tous dans le secteur des transports, y compris en adoptant des mesures ou initiatives susceptibles d’améliorer l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée, en encourageant l’évaluation des risques spécifiques au genre, en suivant une approche équilibrée de la santé et de la sécurité et en soutenant les mesures qui garantissent des lieux de travail sûrs et sécurisés, telles que des formations sur la lutte contre le harcèlement pour les employés et à tous les niveaux de gestion, des protocoles prévoyant des procédures juridiques claires et des mesures visant à soutenir de manière adéquate les victimes, ce qui profiterait à tous les travailleurs du secteur des transports;

50.

condamne toutes les formes de comportements sexistes, discriminatoires ou dégradants à l’égard des travailleurs du secteur des transports; souligne sans équivoque que ces comportements ne sauraient être tolérés; invite les entreprises de transport collectif à opter pour un langage sensible à la dimension de genre dans toutes les communications; souligne que les facteurs, tels que les conditions de travail, la rémunération, l’environnement de travail, la formation et la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale jouent un rôle fondamental dans la participation accrue des femmes au secteur des transports; reconnaît que ce n’est qu’en améliorant les conditions de travail dans les différentes branches du secteur des transports que celui-ci pourra recruter et retenir davantage de femmes; estime que l’augmentation du nombre de femmes dans le secteur est un moyen stimulant de parvenir à une véritable égalité sur le lieu de travail et le seul moyen de remédier à la pénurie de femmes professionnelles dans le secteur;

51.

demande aux États membres de lutter contre la ségrégation professionnelle fondée sur le genre, que sous-tend et renforce le mythe selon lequel les femmes ne sont pas en mesure ou sont physiquement incapables d’endosser certaines responsabilités, d’effectuer certaines tâches ou d’occuper certains postes;

52.

salue le succès relatif et le potentiel de certaines PME qui garantissent de bons réseaux aux côtés d’autres entreprises, clients et autorités locales afin de cibler de potentielles employées, et qui se tournent vers des agences d’emploi afin de trouver des candidates compétentes, qualifiées et enthousiastes;

53.

invite l’ensemble des États membres à mettre en œuvre l’article 3, point f), de la convention no 190 de l’Organisation internationale du travail sur l’élimination de la violence et du harcèlement dans le monde du travail, qui s’applique également aux personnes pendant les trajets entre le domicile et le lieu de travail (article 3, point f) et, partant, à mettre en avant l’obligation légale des employeurs à cet égard;

54.

souligne qu’une représentation déséquilibrée des sexes et, dans certains cas, une culture masculine dans le secteur des transports peuvent conduire au harcèlement et aux violences sexistes; souligne que la violence au travail dans les différentes branches du transport est un élément essentiel pour comprendre le manque de femmes dans ce secteur; souligne que ces violences peuvent être le résultat de pratiques sexistes, voire misogynes, ou liées à des facteurs externes tels que les agressions de passagers (dans les transports publics) ou de bandes organisées dans le transport de marchandises; invite l’Union et ses États membres à faire de la lutte contre la violence au travail une priorité et à rassembler davantage de données à ce sujet afin de mieux comprendre, étudier et combattre ce type d’atteintes aux droits de l’homme;

55.

invite la Commission à promouvoir l’égalité des chances en matière de formation entre les hommes et les femmes; souligne que la formation est l’une des pierres angulaires du développement professionnel et personnel, qui permet de maintenir des niveaux de compétence équivalents entre les hommes et les femmes;

Renforcer la position des femmes dans le secteur des transports

56.

souligne que le manque de femmes dans le secteur des transports doit être considéré comme un défi à relever; appelle à la mise en œuvre de politiques visant à lutter contre les obstacles à l’emploi des femmes et à mieux sensibiliser à ces obstacles; invite la Commission, les États membres, les parties prenantes et les partenaires sociaux à s’attaquer à ces obstacles et à prendre des mesures proactives pour renforcer l’attrait du secteur pour les femmes; demande de ne pas modifier ce qui fonctionne bien au niveau national, mais plutôt de renforcer les systèmes nationaux existants, en mettant fortement l’accent sur le dialogue social et la négociation collective, y compris dans sa dimension contraignante; souligne l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes dans le secteur des transports, qui est lié dans une large mesure au fait que les femmes gagnent moins que les hommes pour un même travail, ou un travail de même valeur; appelle de ses vœux une étude exhaustive afin de définir et d’analyser l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes dans le secteur;

Informer et encourager les changements de comportement

57.

fait observer que les femmes sont traditionnellement sous-représentées dans l’enseignement technique et dans des domaines tels que les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques, qui sont essentiels au développement de la mobilité et du secteur des transports; engage les États membres à lutter contre la segmentation du marché du travail dans les secteurs des transports et des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques; relève que la promotion de l’esprit d’entreprise chez les filles dès le plus jeune âge pourrait déconstruire les stéréotypes éducatifs existants et faire en sorte que davantage de femmes intègrent les secteurs de la logistique, de l’ingénierie et des transports; invite dès lors la Commission à promouvoir et à soutenir des projets tenant compte de l’égalité entre les hommes et les femmes et à identifier des modèles féminins;

58.

se félicite de l’instauration d’une plateforme intitulée «Les femmes dans les transports — Plateforme de l’Union européenne pour le changement», dans le cadre de laquelle les parties prenantes européennes peuvent apprendre les unes des autres et échanger les bonnes pratiques; demande davantage d’initiatives accordant la priorité à l’employabilité des femmes, à l’instar de la plateforme WeGate ou l’événement Aviation 4 Girls, pour que les femmes puissent mieux surmonter les obstacles à l’entrée et à la performance au sein du secteur des transports, qu’elles se sentent ainsi encouragées à entamer une carrière prospère dans le domaine des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM), qu’elles rencontrent des travailleuses et des entrepreneures du secteur des transports ayant réussi ou y aspirant, et qu’elles s’en inspirent;

59.

souligne les déséquilibres potentiels en matière de main-d’œuvre dans le secteur des transports en ce qui concerne les politiques de recrutement et de sélection; invite les États membres à promouvoir des campagnes publicitaires ciblées encourageant les femmes à postuler à un emploi dans le secteur des transports, à promouvoir des politiques de gouvernance d’entreprise et de ressources humaines tenant compte de la dimension de genre, telles que des politiques d’égalité des salaires, des structures de garde d’enfants sur site, des horaires de travail flexibles et la possibilité de travailler à temps partiel, ainsi qu’à garantir un environnement de travail bien conçu, ainsi que des équipements de protection individuelle et des vêtements, des cabines de conduite, des installations sanitaires et de changement suffisantes et sûres, etc.

60.

insiste sur la nécessité de campagnes et d’actions sur les médias sociaux pour enraciner une culture de tolérance zéro à l’égard du harcèlement et des environnements de travail délétères, ainsi que des programmes pédagogiques dans les écoles portant sur la mobilité sûre et les rôles genrés afin d’améliorer la sécurité dans les transports publics;

61.

invite les États membres à lancer des programmes de sensibilisation afin d’approfondir les connaissances, pour que les citoyens puissent détecter lorsqu’une femme, une fille ou toute autre personne vulnérable se sent mal à l’aise ou en danger ou risque d’être victime de violence et/ou de harcèlement;

62.

souligne que la numérisation et les nouveaux modèles de transport ont le potentiel d’offrir aux femmes des environnements de travail de meilleure qualité, plus sûrs et plus accessibles;

63.

invite la Commission à veiller à ce que les transitions écologique et numérique ciblent et éliminent les obstacles entravant l’accès des femmes à l’emploi dans le secteur des transports; souligne que les programmes et les instruments de financement actuels, tels que le pacte vert pour l’Europe ou le FSE+ peuvent apporter une différence tangible à cet égard; souligne que des mesures favorisant davantage le transfert modal vers les transports publics et la mobilité active, tout en préservant toutes les options de mobilité permettant aux femmes d’avoir toujours le droit de choisir l’option de mobilité de leur choix car elles connaissent le mieux leur situation particulière, qu’il s’agisse de la mobilité privée, de la micromobilité ou de la mobilité active, contribueraient non seulement à la réalisation de l’objectif de neutralité climatique, mais permettraient également de répondre de manière appropriée aux besoins des femmes; souligne que la priorité accordée aux besoins des femmes dans le domaine des transports favorise la transition écologique;

64.

demande aux entreprises de transport public d’afficher davantage de messages publicitaires visant à informer les citoyens sur tous les types d’abus ainsi que sur les législations actuellement en vigueur; rappelle qu’une sensibilisation accrue permettra non seulement aux femmes d’avoir le courage de demander de l’aide, mais encouragera également les témoins à intervenir; rappelle à cette fin qu’il est nécessaire de disposer de centres d’assistance clairs, visibles et fonctionnels auprès desquels il est possible d’obtenir une assistance immédiate;

65.

invite les acteurs du secteur aéronautique à adopter une approche globale de l’égalité des genres et à reconnaître qu’il existe un écart dans le nombre de femmes occupant certains postes au sein du secteur;

66.

souligne que l’inclusion de femmes cadres dans le personnel d’encadrement des transports publics a le potentiel d’améliorer les processus décisionnels, ce qui témoigne des bienfaits et des avantages sociétaux que confèrent la responsabilité environnementale des entreprises et l’investissement;

67.

demande instamment aux États membres d’entrer tôt en contact avec les écoles, les universités, les réseaux et les associations professionnelles pour mobiliser les filles et les femmes dès le plus jeune âge, et de rendre les matières techniques attrayantes pour elles, ce qui pourrait à terme déboucher sur une carrière prometteuse dans le secteur des transports;

o

o o

68.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission.

(1) JO L 6 du 10.1.1979, p. 24.

(2) JO L 348 du 28.11.1992, p. 1.

(3) JO L 373 du 21.12.2004, p. 37.

(4) JO L 204 du 26.7.2006, p. 23.

(5) JO L 188 du 12.7.2019, p. 79.

(6) JO L 180 du 15.7.2010, p. 1.

(7) JO L 132 du 17.5.2023, p. 21.

(8) JO L 249 du 31.7.2020, p. 1.

(9) JO C 353 E du 3.12.2013, p. 38.

(10) JO C 363 du 28.10.2020, p. 164.

(11) JO C 456 du 10.11.2021, p. 191.

(12) JO C 456 du 10.11.2021, p. 208.

(13) JO C 132 du 24.3.2022, p. 45.

(14) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0058.

(15) Eurostat, https://ec.europa.eu/eurostat/cache/digpub/demography_2022/bloc-1b.html

(16) https://www.nature.com/articles/s41598-020-61077-0

(17) Women Mobilize Women, Safe commuting for all — how cities can tackle sexual harassment on public transport, 2022.

(18) The Guardian, «Air pollution “speeds up osteoporosis” in postmenopausal women», 10 mars 2023.

(19) Eurobaromètre, Mobilité et transport, juillet 2020.

(20) Washington Post, «Female dummy makes her mark on male-dominated crash tests», 25 mars 2012.

(21) National Highway Traffic Safety Administration, Injury Vulnerability and Effectiveness of Occupant Protection Technologies for Older Occupants and Women, Washington DC, 2013.

(22) The Guardian, «Women almost twice as likely to be trapped in crashed vehicle, study finds», 2022.

(23) International Transport Forum, Women’s Safety and Security: A Public Transport Priority, Éditions de l’OCDE, Paris, 2018.

(24) https://wiit-paris2014.sciencesconf.org/conference/wiit-paris2014/pages/shemoves_wiit_web_2.pdf

(25) https://www.itf-oecd.org/sites/default/files/docs/womens-safety-security_0.pdf

(26) https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/ATAG/2022/729293/EPRS_ATA(2022)729293_EN.pdf

(27) Economist Impact, Empowering women in the maritime industry, septembre 2019.

(28) Eurostat, 2017.

(29) IRU, International Women’s Day spotlight: commercial road transport, mars 2023.

(30) Commission européenne, direction générale de la mobilité et des transports, «Good staff scheduling and rostering practices in transport — Final report», Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg, 2021.

(31) Commission européenne, Study on the social dimension of the future EU transport system regarding users and passengers: final report, 2022.

(32) https://www.nhtsa.gov/press-releases/nhtsa-report-newer-cars-appear-significantly-reduce-gender-disparities-crash

(33) Directive 2010/40/UE du Parlement européen et du Conseil du 7 juillet 2010 concernant le cadre pour le déploiement de systèmes de transport intelligents dans le domaine du transport routier et d’interfaces avec d’autres modes de transport (JO L 207 du 6.8.2010, p. 1).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/1179/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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