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Initiative législative52023IP0342

Initiative législative — 52023IP0342

CELEX52023IP0342
TypeInitiative législative
Datemercredi 4 octobre 2023

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2024/1180

23.2.2024

P9_TA(2023)0342

Ségrégation et discrimination des enfants roms dans l’éducation

Résolution du Parlement européen du 4 octobre 2023 sur la ségrégation et la discrimination des enfants roms dans l’éducation (2023/2840(RSP))

(C/2024/1180)

Le Parlement européen,

—

vu la question à la Commission sur la ségrégation et la discrimination des enfants roms (1) dans l’éducation (O-000039/2023 — B9-0026/2023),

—

vu l’article 2 du traité sur l’Union européenne, les articles 10 et 19 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne et les articles 14, 20, 21, 22 et 24 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (ci-après «la charte»),

—

vu la convention européenne des droits de l’homme et la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme en la matière,

—

vu la directive 2000/43/CE du Conseil du 29 juin 2000 relative à la mise en œuvre du principe de l’égalité de traitement entre les personnes sans distinction de race ou d’origine ethnique (directive sur l’égalité raciale) (2),

—

vu la décision de la Commission de lancer plusieurs procédures d’infraction [République tchèque (2014), Slovaquie (2015) et Hongrie (2016) (3)] et de saisir la Cour de justice de l’Union européenne, le 19 avril 2023, à l’encontre de la Slovaquie pour violation des règles de l’Union figurant dans la directive relative à l’égalité raciale en ne s’attaquant pas efficacement au problème de la ségrégation des enfants roms dans l’éducation,

—

vu la décision-cadre 2008/913/JAI du Conseil du 28 novembre 2008 sur la lutte contre certaines formes et manifestations de racisme et de xénophobie au moyen du droit pénal (4),

—

vu la recommandation du Conseil du 12 mars 2021 sur l’égalité, l’inclusion et la participation des Roms (5),

—

vu le cadre stratégique de l’UE pour l’égalité, l’inclusion et la participation des Roms pour la période 2020-2030, publié le 7 octobre 2020,

—

vu la vision pour un espace européen de l’éducation à l’horizon 2025,

—

vu la charte sociale européenne,

—

vu la communication de la Commission du 9 janvier 2023 sur le rapport d’évaluation des cadres stratégiques nationaux des États membres en faveur des Roms (COM(2023)0007),

—

vu la communication de la Commission du 18 septembre 2020 intitulée «Une Union de l’égalité: plan d’action de l’UE contre le racisme 2020-2025» (COM(2020)0565), qui encourage tous les États membres à élaborer et à adopter des plans d’action nationaux contre le racisme et la discrimination raciale d’ici la fin de l’année 2022,

—

vu sa résolution du 17 septembre 2020 sur la mise en œuvre des stratégies nationales d’intégration des Roms: lutter contre les comportements négatifs envers les personnes d’origine rom en Europe (6),

—

vu sa résolution du 5 octobre 2022 sur la situation des Roms vivant dans des campements dans l’UE (7),

—

vu sa résolution du 10 novembre 2022 sur la justice raciale, la non-discrimination et la lutte contre le racisme dans l’UE (8),

—

vu sa résolution du 19 avril 2023 sur la lutte contre la discrimination dans l’Union européenne — la tant attendue directive horizontale anti-discrimination (9),

—

vu sa résolution du 15 avril 2015 à l’occasion de la journée internationale des Roms — antitsiganisme en Europe et reconnaissance par l’Union européenne de la journée de commémoration du génocide des Roms durant la Seconde Guerre mondiale (10),

—

vu sa résolution du 11 mars 2021 sur les droits de l’enfant dans la perspective de la stratégie de l’Union européenne sur les droits de l’enfant (11),

—

vu la Recommandation de politique générale no 13 révisée de la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance du Conseil de l’Europe sur la lutte contre l’antitsiganisme et les discriminations envers les Roms, adoptée le 24 juin 2011,

—

vu sa résolution du 8 mars 2022 sur le rôle de la culture, de l’éducation, des médias et du sport dans la lutte contre le racisme (12),

—

vu les arrêts no 5Cdo/102/2020 et 5Cdo/220/2022 de la Cour suprême slovaque confirmant la discrimination des enfants roms dans l’éducation et la responsabilité des communes et de l’État à cet égard,

—

vu sa résolution du 12 février 2019 sur la nécessité de renforcer le cadre stratégique de l’UE pour les stratégies nationales d’intégration des Roms après 2020 et d’intensifier la lutte contre l’antitsiganisme (13),

—

vu sa résolution du 9 mars 2011 sur la stratégie européenne pour l’intégration des Roms (14),

—

vu la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant,

—

vu l’article 136, paragraphe 5, et l’article 132, paragraphe 2, de son règlement intérieur,

A.

considérant que tous les enfants ont le droit de s’épanouir et de développer leurs compétences et leurs talents en accédant à une éducation ouverte à tous, sans ségrégation et de qualité;

B.

considérant que le droit à une instruction obligatoire de qualité, accessible et gratuite, y compris l’accès au jardin d’enfants et à l’enseignement préscolaire, devrait être garanti à tous les enfants, quelle que soit leur origine ethnique;

C.

considérant que des milliers d’élèves roms, qui font partie de la plus grande minorité ethnique de l’Union européenne, sont toujours victimes de graves discriminations à tous les niveaux de l’enseignement en raison d’un manque de volonté politique et de l’incapacité de plusieurs États membres à lutter efficacement contre les inégalités et leurs causes profondes et à les surmonter;

D.

considérant que la persistance de formes multiples de discrimination, de racisme et de préjugés est à l’origine de la ségrégation généralisée des élèves roms dans les écoles, en dépit de l’interdiction légale de telles pratiques dans les cadres nationaux et internationaux;

E.

considérant que cette ségrégation scolaire prend différentes formes, notamment la présence d’un nombre disproportionné d’enfants roms dans des écoles spéciales pour enfants souffrant de handicaps mentaux, des classes ou des sections séparées pour les élèves roms au sein des écoles ordinaires mixtes, ainsi que la prévalence d’«écoles ghettos»;

F.

considérant que la mise en place de systèmes éducatifs parallèles pour les enfants roms entrave gravement le bon fonctionnement de la démocratie et de l’état de droit, notamment en ce qui concerne la protection des droits des minorités;

G.

considérant que les enfants roms sont confrontés à une discrimination intersectionnelle et rencontrent des obstacles à une participation égale à l’éducation, tels que l’incapacité à couvrir les coûts liés à l’éducation, la ségrégation spatiale, le manque de structures d’accueil des enfants à proximité ou encore un accès inégal ou inexistant à l’apprentissage en ligne ou à distance;

H.

considérant que la pauvreté, le manque d’accès aux services de base et les conditions précaires affectent grandement le développement physique, mental et émotionnel des enfants et augmentent les risques de décrochage scolaire et de retard dans tous les aspects de leur vie adulte;

I.

considérant que la faible fréquentation de l’enseignement préscolaire est un déterminant principal des taux de décrochage scolaire précoce chez les Roms, qui sont encore exacerbés par une rentrée scolaire tardive et une fréquentation scolaire irrégulière; que la participation des Roms à l’enseignement secondaire est entravée par des facteurs tels que les déplacements, la ségrégation en matière de logement et le mauvais fonctionnement des services d’orientation;

J.

considérant que ce traitement discriminatoire trouve son origine dans les préjugés structurels et institutionnels contre les Roms et qu’il est souvent aggravé par des systèmes éducatifs nationaux qui ne sont pas adaptés au travail avec des enfants issus de milieux sociaux et ethniques différents et de groupes vulnérables;

K.

considérant que des diagnostics erronés fondés sur les résultats de tests et d’outils culturellement et linguistiquement biaisés, mais aussi discriminatoires et racistes, affectent le parcours scolaire des élèves roms, en particulier de ceux issus de milieux socio-économiques défavorisés; que ces tests identifient les élèves roms comme souffrant de handicaps mentaux légers et qu’ils sont donc systématiquement placés dans des écoles spéciales pour enfants handicapés mentaux;

L.

considérant qu’au lieu d’être intégrés et soutenus, ces enfants reçoivent un enseignement de qualité inférieure fondé sur des programmes scolaires réduits dans des écoles spéciales et dans des écoles ordinaires au sein de classes frappées par la ségrégation, fréquentées majoritairement ou uniquement par des enfants roms; que cette situation a des répercussions négatives et durables pour ces enfants et leurs perspectives d’avenir;

M.

considérant que les enseignants et le personnel d’encadrement ont un rôle important à jouer dans l’intégration des enfants roms et dans la création d’un environnement sûr, exempt de discrimination, de stigmatisation et de brimades, phénomènes qui pourraient être aggravés par le genre, l’orientation sexuelle ou le handicap; que le manque de personnel bien formé et de ressources financières suffisantes est l’un des obstacles à l’intégration des enfants roms dans les écoles ordinaires;

N.

considérant que la situation ne s’est pas améliorée au cours des neuf années qui se sont écoulées depuis que la Commission a lancé la première procédure d’infraction concernant la ségrégation et la discrimination à l’égard des enfants roms dans le domaine de l’éducation, même si un montant important de fonds de l’Union a été mis à disposition pour aider les États membres concernés à mettre en œuvre diverses mesures de soutien;

O.

considérant que les données disponibles provenant de différentes sources au niveau de l’Union et au niveau national, y compris l’enquête 2021 de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne sur les Roms (15) et le rapport d’évaluation de la Commission sur les cadres stratégiques nationaux des États membres en faveur des Roms de janvier 2023, indiquent que les mesures proposées ne sont pas mises en œuvre et contrôlées de manière efficace et rigoureuse par les États membres concernés et qu’elles semblent insuffisantes au regard de l’ampleur des défis à relever;

P.

considérant que la pandémie de COVID-19 a exacerbé la discrimination à l’égard des enfants roms, dont beaucoup n’ont pas pu suivre le rythme rapide de la transition vers l’enseignement numérique en raison de leurs conditions de vie et des possibilités d’apprentissage réduites à domicile, de l’absence d’appareils numériques et d’un accès limité à l’internet ou à des cours de soutien accessibles; que les écarts de scolarisation sont encore creusés par la fracture numérique croissante entre les enfants roms et non roms;

Q.

considérant que la prévalence de la discrimination à l’égard des Roms dans de nombreux États membres entrave la cohésion de l’Union, renforce les sentiments anti-Roms et l’intolérance, alimente le racisme et la radicalisation dans nos sociétés et est incompatible avec les lois, les obligations des États et les normes et valeurs consacrées par les traités de l’Union et la charte;

R.

considérant que l’exécution de plusieurs arrêts importants de la Cour européenne des droits de l’homme, tels que l’arrêt du 13 novembre 2007 dans l’affaire D.H. et autres c. République tchèque (57325/00) et l’arrêt du 29 janvier 2013 dans l’affaire Horváth et Kiss c. Hongrie (11146/11), devenus définitifs le 29 avril 2013, reste en suspens ou que ces arrêts ne sont pas mis en œuvre de manière effective, parfois plus de 15 ans après avoir été prononcés;

1.

invite la Commission et les États membres à remédier d’urgence et de manière globale et efficace à la situation des enfants roms dans l’éducation, grâce à des politiques appropriées à court et à long terme assorties d’un financement suffisant de l’Union et des États membres; demande une nouvelle fois à tous les États membres d’assumer la responsabilité qu’ils ont préalablement engagée de donner suite à leurs engagements, et de remplir les obligations qui leur incombent en vertu du droit de l’Union et du droit international afin que tous les enfants, y compris les enfants roms, bénéficient de l’égalité et de la gratuité de l’enseignement et jouissent du droit à l’instruction;

2.

déplore la persistance de la ségrégation des enfants roms dans les écoles spéciales ainsi que dans le système éducatif ordinaire; fait remarquer que les tests psychologiques standardisés utilisés dans certains États membres ne devraient pas être utilisés pour refuser ou retarder l’entrée des enfants dans les écoles ordinaires; demande la mise en place de garanties pour empêcher cette pratique;

3.

invite les États membres à mettre fin aux pratiques de ségrégation persistante des enfants roms, à mettre en œuvre des stratégies globales d’élimination de la ségrégation assorties d’objectifs clairs, de ressources suffisantes et de calendriers clairs et ambitieux, à adopter des méthodes d’apprentissage inclusives, à garantir aux enfants roms le plein accès aux activités scolaires et à mettre en œuvre des campagnes de lutte contre la discrimination dans les écoles; souligne que les réformes du système éducatif devraient être menées en étroite coopération avec toutes les parties prenantes concernées aux niveaux national, régional et local, y compris les représentants des communautés roms, les parents roms et les organisations de la société civile dirigées par les Roms, ainsi qu’avec les professionnels de l’enseignement;

4.

estime que l’élimination de la ségrégation et de la discrimination dans les écoles devrait aller de pair avec des mesures socio-économiques visant à éliminer la pauvreté et l’exclusion sociale et à améliorer le niveau de vie des communautés roms, ce qui briserait le cercle vicieux de la pauvreté intergénérationnelle et des possibilités d’apprentissage réduites à domicile;

5.

invite les États membres à explorer de nouvelles voies en matière d’intégration et de participation des enfants roms à l’enseignement numérique, notamment en investissant davantage dans l’amélioration de l’accessibilité de l’infrastructure et de l’habileté numérique, afin de les préparer à l’ère du numérique;

6.

demande aux États membres de soutenir l’éducation des femmes et des filles roms et de mettre notamment l’accent sur l’importance des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM), ainsi que de prendre des mesures pour réduire le taux de décrochage scolaire des filles; souligne la nécessité de lutter contre les inégalités entre les hommes et les femmes et de veiller à ce que les filles roms ne soient pas exclues des politiques d’inclusion;

7.

se félicite de la décision de la Commission européenne de lancer plusieurs procédures d’infraction [République tchèque (2014), Slovaquie (2015) et Hongrie (2016)] pour mauvaise mise en œuvre de la directive sur l’égalité raciale et de saisir la Cour de justice d’un recours contre la Slovaquie en 2023 pour violation du droit de l’Union en ne s’attaquant pas efficacement au problème de la ségrégation des enfants roms dans l’éducation; constate toutefois que ces procédures d’infraction n’ont pas permis d’éliminer efficacement les causes de discrimination et n’ont pas remédié à la situation, étant donné que les mesures prises par les États membres ne sont pas suffisantes et qu’elles n’ont pas été effectivement mises en œuvre;

8.

est fermement convaincu que la Commission devrait faire tout ce qui est en son pouvoir pour faire cesser et pour prévenir les violations des droits de l’homme et des valeurs fondamentales de l’Union, en commençant par affecter efficacement les fonds de l’Union pour soutenir les pratiques non discriminatoires dans les États membres, y compris dans le domaine de l’éducation; demande dès lors une fois encore de mettre en place un mécanisme d’alerte précoce pour signaler les risques d’abus ou d’utilisation abusive des fonds de l’Union destinés à remédier à la situation des Roms et invite la Commission à informer régulièrement le public de l’efficacité et des résultats concrets de ses exercices de suivi;

9.

invite les États membres à redoubler d’efforts pour éliminer les discriminations structurelles et systémiques, y compris dans le domaine de l’éducation qui, outre les dimensions politiques, sociales, économiques et historiques fondamentales, fonctionne également au moyen de certaines normes, procédures, démarches et comportements, qui pourraient être de nature raciste et qui créent des obstacles pour parvenir à une véritable égalité des chances;

10.

rappelle que la fréquentation par les enfants roms du jardin d’enfants et de l’enseignement préscolaire a une influence positive sur leur développement et leur réussite scolaire, sur l’obtention d’un emploi décent et de qualité, sur l’accès au logement et sur une vie exempte de discrimination, rompant ainsi le cycle de la marginalisation et de l’inégalité; invite les États membres à accroître la disponibilité et l’accessibilité des infrastructures telles que les jardins d’enfants, de l’éducation préscolaire et de l’instruction obligatoire ainsi que des services ouverts à tous et de qualité;

11.

demande aux États membres de surveiller systématiquement les risques de décrochage scolaire et les inégalités en matière d’accès à l’éducation à tous les niveaux afin de pouvoir intervenir en temps utile, tant en termes d’aide pédagogique et de conseil individuel que d’activités extrascolaires pour les enfants et leurs parents; fait remarquer que la participation effective des parents roms contribuerait également à lutter contre le risque de décrochage scolaire chez les enfants;

12.

déplore que les écoles fréquentées par des enfants roms aient souvent une capacité d’accueil insuffisante, qu’elles fonctionnent avec un système de classe alternée, qu’elles soient situées dans des bâtiments séparés ou modulaires et qu’elles offrent un enseignement qui ne répond pas aux normes, et dans laquelle les enfants roms sont coupés de leurs pairs non roms;

13.

invite les États membres à investir dans la formation des enseignants pour améliorer leur capacité à dispenser aux enfants roms un enseignement approprié, en mettant particulièrement l’accent sur la sensibilité à la culture et à l’identité roms, et à mettre en place des stratégies positives pour promouvoir la tolérance et lutter contre les comportements discriminatoires et anti-Roms; invite les États membres à allouer davantage de ressources financières en faveur d’auxiliaires d’enseignement compétents;

14.

encourage les États membres concernés à utiliser efficacement les ressources financières mises à leur disposition au titre de divers instruments financiers nationaux et de l’Union, notamment Erasmus +, le Fonds social européen plus, le Fonds européen de développement régional et la facilité pour la reprise et la résilience, afin de renforcer les infrastructures et les services éducatifs, ce qui permettrait également aux enfants roms d’accéder à une éducation ouverte à tous et de qualité;

15.

invite la Commission à évaluer la discrimination environnementale qui touche les zones habitées par les communautés roms et à se pencher sur l’incidence potentielle de conditions environnementales défavorables sur la qualité de l’éducation et le bien-être des enfants roms;

16.

souligne que l’un des moyens de lutter contre les stéréotypes et les sentiments anti-Roms est d’éduquer le public à l’histoire des Roms, y compris l’holocauste des Roms, les coutumes, la culture et la langue roms, afin de tendre vers une meilleure compréhension et d’échanger les bonnes pratiques;

17.

invite les États membres à veiller à ce que les politiques publiques et les services universels dans la planification des politiques sur l’éducation, l’emploi, les soins de santé, le logement, les services sociaux, les transports, les systèmes de revenu minimum et la législation antidiscrimination touchent et associent les Roms de manière efficace et non discriminatoire, y compris ceux qui vivent dans des zones rurales reculées;

18.

invite les États membres à veiller à ce que, lors de l’élaboration, de la mise en œuvre et du suivi des plans d’action nationaux contre le racisme, toutes les actions soient fondées sur des données de qualité, fiables et solides; invite la Commission et les États membres à accroître la disponibilité des données sur la participation des enfants roms à l’éducation et à la formation, tout en respectant les cadres législatifs nationaux des États membres, ainsi que le caractère sensible de ces données (16);

19.

invite la Commission à se pencher sur l’éducation des enfants roms dans le cadre de son évaluation de la vision d’un espace européen de l’éducation d’ici à 2025, qui fixe des objectifs européens ambitieux dans le domaine de l’éducation pour tous les États membres de l’Union, qui met l’accent sur le renforcement de l’équité et de l’inclusion dans l’éducation et la formation, et qui sous-tend l’engagement de l’Union à promouvoir les libertés fondamentales, la tolérance et la non-discrimination, y compris par l’éducation;

20.

demande à la Commission d’assurer le suivi et l’évaluation des progrès accomplis, de faciliter l’échange de bonnes pratiques et de mettre à la disposition des États membres concernés une expertise, une coordination et un soutien technique;

21.

estime qu’une incapacité systémique à lutter contre la discrimination constitue une menace directe pour l’état de droit et la démocratie et qu’elle devrait donc être traitée dans le rapport annuel de la Commission sur l’état de droit, ainsi que par d’autres mesures de l’Union visant à protéger la démocratie et l’état de droit;

22.

rappelle que la non-exécution des arrêts constitue une violation des principes de l’état de droit; prie instamment la Commission de surveiller la mise en œuvre des arrêts pertinents de la Cour européenne des droits de l’homme et des juridictions des États membres et de déclencher les mesures prévues par le règlement sur la conditionnalité liée à l’état de droit (17) si cette non-exécution porte atteinte ou présente un risque sérieux de porter atteinte à la bonne gestion financière du budget de l’Union ou à la protection des intérêts financiers de l’Union;

23.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution à la Commission et au Conseil, ainsi qu’aux gouvernements et aux parlements des États membres.

(1) Le terme «Roms» est un terme générique qui englobe un large éventail de groupes d’origine rom, tels que les Roms, les Sintés, les Kalés, les Romanichels et les Boyash/Rudari; il englobe également des groupes tels que les Ashkalis, les Égyptiens, les Yéniches, les Doms, les Loms, les Roms et les Abdals, de même que les «Voyageurs», comprenant les Travellers ou les populations désignées sous le vocable administratif de «Gens du voyage», ainsi que les personnes qui se désignent elles-mêmes comme gitans, tsiganes ou tziganes, sans nier leurs caractéristiques particulières;

(2) JO L 180 du 19.7.2000, p. 22.

(3) Affaires INFR(2015)2025, INFR(2014)2174 et INFR(2015)2206.

(4) JO L 328 du 6.12.2008, p. 55.

(5) JO C 93 du 19.3.2021, p. 1.

(6) JO C 385 du 22.9.2021, p. 104.

(7) JO C 132 du 14.4.2023, p. 29.

(8) JO C 161 du 5.5.2023, p. 10.

(9) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0111.

(10) JO C 328 du 6.9.2016, p. 4.

(11) JO C 474 du 24.11.2021, p. 146.

(12) JO C 347 du 9.9.2022, p. 15.

(13) JO C 449 du 23.12.2020, p. 2.

(14) JO C 199 E du 7.7.2012, p. 112.

(15) https://fra.europa.eu/en/publication/2022/roma-survey-findings

(16) «Orientations pour améliorer la collecte et l’utilisation des données relatives à l’égalité», groupe de haut niveau sur la non-discrimination, l’égalité et la diversité, juillet 2018. La Cour des comptes européenne a recommandé l’élaboration de méthodes appropriées pour collecter les données utiles sur l’inclusion des Roms dans tous les États membres. «Initiatives et soutien financier de l’Union européenne en faveur de l’intégration des Roms: malgré des progrès notables ces dix dernières années, des efforts supplémentaires restent nécessaires sur le terrain», rapport spécial no 14/2016.

(17) Règlement (UE, Euratom) 2020/2092 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2020 relatif à un régime général de conditionnalité pour la protection du budget de l’Union, JO L 433 I du 22.12.2020, p. 1.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/1180/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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