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AccueilDroit européen52023IP0343
Initiative législative52023IP0343

Initiative législative — 52023IP0343

CELEX52023IP0343
TypeInitiative législative
Datemercredi 4 octobre 2023

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2024/1181

23.2.2024

P9_TA(2023)0343

Harmonisation des droits des personnes autistes

Résolution du Parlement européen du 4 octobre 2023 sur l’harmonisation des droits des personnes autistes (2023/2728(RSP))

(C/2024/1181)

Le Parlement européen,

—

vu les articles 2 et 10 du traité sur l’Union européenne,

—

vu les articles 19, 21, 153, 165, 168 et 174 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (ci-après, le «traité FUE»),

—

vu la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, notamment ses articles 3, 21, 24, 26, 34, 35, 41 et 47,

—

vu le socle européen des droits sociaux, et en particulier ses principes 1, 3, 10 et 17,

—

vu la directive 2000/78/CE du Conseil du 27 novembre 2000 portant création d’un cadre général en faveur de l’égalité de traitement en matière d’emploi et de travail (1) (directive sur l’égalité en matière d’emploi),

—

vu sa résolution du 10 mars 2021 sur la mise en œuvre de la directive 2000/78/CE du Conseil portant création d’un cadre général en faveur de l’égalité de traitement en matière d’emploi et de travail à la lumière de la CNUDPH (2),

—

vu la charte des droits des personnes autistes, rédigée par Autisme-Europe et adoptée par le Parlement européen le 9 mai 1996 (3),

—

vu la convention des Nations unies sur les droits des personnes handicapées (CNUDPH), qui est entrée en vigueur dans l’Union le 21 janvier 2011 à la suite de la décision 2010/48/CE du Conseil du 26 novembre 2009 concernant la conclusion, par la Communauté européenne, de la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées,

—

vu la communication de la Commission du 3 mars 2021 intitulée «Union de l’égalité: stratégie en faveur des droits des personnes handicapées 2021-2030» (COM(2021)0101),

—

vu la déclaration écrite du 7 septembre 2015 sur l’autisme, signée par une majorité des députés qui composent le Parlement,

—

vu sa résolution du 18 juin 2020 sur la stratégie européenne en faveur des personnes handicapées pour l’après-2020 (4),

—

vu sa résolution du 7 octobre 2021 sur la protection des personnes handicapées en tenant compte des éléments fournis par diverses pétitions: enseignements tirés (5),

—

vu sa résolution du 13 décembre 2022 intitulée «Vers l’égalité des droits pour les personnes handicapées» (6),

—

vu les conclusions du Conseil du 14 juin 2021 sur la stratégie en faveur des droits des personnes handicapées 2021-2030, qui invitent les 27 États membres de l’Union à veiller à ce que les personnes handicapées soient mieux intégrées et à ce que leurs droits soient bien respectés, en particulier en ce qui concerne la libre circulation, l’emploi et le logement,

—

vu la résolution 2353 du 4 décembre 2020 de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe intitulée «Soutenir les personnes atteintes d’autisme et leurs familles»,

—

vu le cadre de suivi de la stratégie de la Commission en faveur des droits des personnes handicapées pour la période 2021-2030,

—

vu la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil établissant la carte européenne du handicap et la carte européenne de stationnement pour personnes handicapées (COM(2023)0512), présentée le 6 septembre 2023,

—

vu la pétition no 0822/2022,

—

vu l’article 227, paragraphe 2, de son règlement intérieur,

A.

considérant qu’environ 100 millions de personnes handicapées vivent dans l’Union, dont 5 millions sont atteintes d’un trouble du spectre autistique, soit plus d’une personne sur cent (7);

B.

considérant que l’autisme ne se manifeste pas par des caractéristiques spécifiques communes à toutes les personnes qui en sont atteintes et que celles-ci doivent donc pouvoir bénéficier d’un soutien optimal en fonction de leurs propres besoins au quotidien et lors de leurs déplacements dans l’Union; considérant qu’une part importante de personnes autistes sans déficience intellectuelle connexe peuvent vivre de manière autonome mais indiquent toutefois avoir des difficultés à faire reconnaître, malgré le diagnostic établi d’autisme, leur statut de personne handicapée, ce qui les empêche d’accéder à des services de soutien et à des prestations liées au handicap dont elles ont pourtant grandement besoin, tandis que d’autres personnes autistes présentent des handicaps qui, selon leur gravité, peuvent nécessiter des soins et un soutien tout au long de leur vie;

C.

considérant que, dans les États membres, plusieurs années peuvent s’écouler avant qu’enfants et adultes aient accès à un diagnostic de l’autisme et que ceux-ci ne bénéficient par conséquent pas suffisamment de services de soutien et d’interventions de qualité, abordables et axés sur la personne, déterminés en fonction des besoins individuels et assurés par des professionnels formés; qu’actuellement, il n’existe pas d’orientations de l’Union sur les interventions à proposer en cas d’autisme en se fondant sur des données probantes et sur les droits; que, dans toute l’Europe, les familles reçoivent encore des offres de thérapies et d’interventions non éprouvées et potentiellement nocives, y compris de procédés manifestement illégaux qui exposent les enfants à des sévices corporels graves, comme les lavements à l’eau de Javel, qui sont encore répandus et insuffisamment réglementés dans la plupart des États membres alors qu’ils devraient être interdits; considérant que les retards de diagnostic et le sous-diagnostic peuvent avoir de graves conséquences, allant du refus de services aux décès précoces;

D.

considérant que toutes les personnes handicapées bénéficient de l’égalité des droits sur un pied d’égalité avec les autres dans tous les domaines de la vie et peuvent prétendre à une dignité inaliénable, à l’égalité de traitement, à une vie indépendante, à l’autonomie et à la pleine participation à la société; que cette participation est essentielle à l’exercice de leurs droits fondamentaux; qu’elles sont en droit d’attendre que leur contribution aux progrès sociaux, politiques et économiques de l’Union soit respectée et valorisée; considérant que dans ses résolutions, le Parlement a demandé à plusieurs reprises aux États membres de mettre en œuvre des mesures appropriées dans ce sens (8);

E.

considérant qu’il est généralement admis que les personnes handicapées continuent de se heurter à une discrimination et à des obstacles multiples au quotidien, qui les empêchent de jouir des droits et libertés fondamentaux énoncés dans les cadres législatifs applicables de l’Union et des Nations unies; que ces droits et libertés fondamentaux comprennent l’égalité d’accès à l’éducation et à la formation professionnelle, l’accès au marché du travail se caractérisant par l’égalité des chances et de traitement dans l’emploi et la profession, l’accès à une assistance personnelle et la garantie des droits de vote, ainsi que l’inclusion des personnes dans la société;

F.

considérant que, par rapport aux personnes sans handicap, les personnes autistes courent un risque plus élevé d’être victimes de discours et de crimes de haine, ainsi que de subir des violences; qu’elles ont davantage d’obstacles à franchir pour avoir accès à la justice et signaler des actes de violence; que de nombreuses personnes autistes se voient toujours refuser le droit à la capacité juridique ainsi que la liberté de faire leurs propres choix et d’être associées à l’élaboration des politiques sur les questions les concernant; qu’elles doivent trop souvent vivre dans des établissements ou avec les membres de leur famille, qui sont eux aussi confrontés à un terrible manque de soutien et à une discrimination par association; que les personnes autistes se voient refuser l’exercice de leurs droits génésiques et que les personnes autistes LGBTIQ+ ou appartenant à des minorités ethniques subissent aussi des discriminations supplémentaires;

G.

considérant la disparité de l’accès des personnes autistes aux soins de santé, qui empêche de répondre aux besoins de ces personnes en matière de soins de santé physique et psychologique et constitue une raison de leur espérance de vie nettement plus courte;

H.

considérant que les filles et les femmes autistes sont confrontées à de multiples formes de discrimination, notamment des obstacles entravant leur accès au diagnostic, à l’éducation et à l’emploi;

I.

considérant que la proposition de directive anti-discrimination (9), qui offrirait une meilleure protection contre toutes les formes de discrimination grâce à une approche horizontale, est toujours bloquée au Conseil;

J.

considérant que les personnes autistes sont touchées de manière disproportionnée par le chômage, qui pourrait concerner jusqu’à 90 % d’entre elles (10);

K.

considérant qu’il existe manifestement un besoin urgent d’élaborer des programmes de formation n’excluant personne et destinés aux professionnels de tous les secteurs de la société, afin d’œuvrer en faveur d’une meilleure compréhension de l’autisme, d’éviter la discrimination et de garantir l’accessibilité et l’inclusion;

L.

considérant que le statut conféré par la citoyenneté européenne, tel que prévu à l’article 20 du traité FUE, comporte le droit de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres; que, pour les personnes handicapées, ce droit est protégé par l’article 18 de la CNUDPH, ratifiée par l’Union européenne et les 27 États membres, ce qui garantit leur liberté de circulation, leur liberté de choisir leur lieu de résidence et leur droit à une nationalité sur un pied d’égalité avec les autres;

M.

considérant que l’absence de reconnaissance mutuelle, entre les États membres, du statut de personne handicapée et du diagnostic de l’autisme entrave le libre exercice, par les personnes autistes et leurs familles, de leur droit à la liberté de circulation au sein de l’Union, puisque cela crée des obstacles pour les personnes handicapées qui vont dans un autre État membre pour y travailler, y étudier ou pour d’autres raisons, et complique leur accès aux aides; que des pétitions présentées ces dernières années ont mis en évidence ces difficultés, en particulier le fait que la disparité des diagnostics de l’autisme dans les divers États membres ainsi que les différences de méthodes et de résultats entre les systèmes nationaux d’évaluation des handicaps ont une incidence sur la vie des personnes et sur leurs choix de vie;

N.

considérant que la commission des pétitions a récemment reçu une pétition demandant que la carte européenne du handicap garantisse aussi la protection des personnes atteintes de troubles du spectre autistique;

O.

considérant que les personnes autistes restent largement exclues de la recherche, y compris des travaux d’investigation médicale, clinique et universitaire qui les concernent directement;

1.

est préoccupé par les difficultés que les personnes autistes sont susceptibles de rencontrer pour prouver leur état dans tous les États membres, ainsi que par l’incertitude dans laquelle elles sont plongées lorsqu’elles se déplacent dans l’Union, étant donné que les cartes nationales de handicap ne sont pas reconnues dans tous les pays de l’Union et que l’accès à certaines prestations spécifiques est inégal; déplore le fait que, puisque près de 40 % des personnes autistes n’ont pas de déficience intellectuelle connexe, beaucoup de personnes autistes vivant dans l’Union n’aient pas reçu d’attestation de reconnaissance de handicap, mais seulement un diagnostic médical, ce qui complique fortement leurs déplacements d’un État membre de l’Union à un autre, et ce qui implique également qu’elles ne peuvent pas prouver leur statut ni solliciter le soutien dont elles ont besoin;

2.

demande à la Commission d’actualiser la proposition de directive de l’Union sur l’égalité de traitement, en s’appuyant sur la position du Parlement telle qu’exposée dans sa résolution de mars 2021 (11), qui permettrait aux États membres de progresser en matière de lutte contre la discrimination dans l’ensemble de l’Union et dans tous les domaines de la vie, et ce dès que possible; invite la présidence du Conseil à donner la priorité à la directive anti-discrimination et à en débattre au plus haut niveau politique;

3.

rappelle qu’il est important, conformément à la stratégie en faveur des droits des personnes handicapées 2021-2023, de disposer de données publiques et ventilées par sexe et par âge, ainsi que par type de handicap, y compris l’autisme, afin d’améliorer les politiques publiques destinées aux personnes autistes et d’en accroître l’efficacité; invite à cet égard la Commission et les États membres à financer et à réaliser des études de prévalence de l’autisme dans tous les États membres;

4.

invite instamment les États membres à faciliter l’accès des enfants et des adultes au diagnostic de l’autisme, en accordant une attention particulière aux personnes à risque et en insistant sur la nécessité de délivrer, selon une procédure simplifiée et accélérée, des certificats de diagnostic; insiste sur le fait qu’un diagnostic d’autisme devrait donner lieu à une reconnaissance de handicap, y compris pour les personnes autistes sans déficience intellectuelle, afin de garantir un accès égal aux droits et aux services dans tous les domaines de la vie;

5.

salue la publication récente de la proposition de la Commission concernant la création d’une carte européenne du handicap d’ici à la fin de 2023, dans l’optique que celle-ci soit reconnue et mise en place de manière cohérente dans tous les États membres et pour tous les domaines de la vie, notamment en ce qui concerne les services et le soutien; souligne qu’il est important que la procédure d’obtention de la carte soit simple et accessible à tous, et note qu’un format numérique permettrait des contrôles de validation;

6.

souligne l’utilité de la carte européenne de handicap pour les personnes porteuses de handicaps invisibles, comme l’autisme; souligne qu’il est essentiel que cette carte serve notamment dans toutes les situations dans lesquelles des conditions spéciales ou un traitement préférentiel sont proposés par des entités privées ou des autorités publiques aux personnes handicapées, et que cette carte garantisse le droit de ces personnes à la libre circulation dans l’Union en facilitant la reconnaissance mutuelle du statut de personne handicapée qu’ont les titulaires de la carte; invite les États membres dans lesquels ce n’est pas encore le cas à inclure l’autisme dans les grilles nationales relatives aux handicaps et encourage tous les États membres à être ambitieux quant à la portée des droits dont disposeront les titulaires de la carte; encourage en outre la Commission à veiller à la bonne mise en œuvre de ce dispositif par tous les États membres, en adoptant une législation contraignante;

7.

demande l’adoption d’un statut juridique européen pour les personnes handicapées, qui permette une reconnaissance et une accréditation mutuelles dans tous les États membres, en tenant compte du caractère spécifique de l’autisme et en assurant la protection et l’inclusion de toutes les personnes autistes;

8.

souligne l’importance d’allouer des fonds de l’Union aux politiques de lutte contre la discrimination qui touche les personnes autistes, notamment les femmes et les filles;

9.

prie instamment la Commission et les États membres de contribuer à une meilleure compréhension de l’autisme et de prendre activement part à des campagnes de sensibilisation, en collaboration avec des personnes autistes et les organisations qui les représentent, de manière à favoriser leur pleine intégration et leur participation;

10.

invite les États membres à développer l’accès à des aménagements raisonnables dans tous les aspects des soins de santé et du diagnostic, en vue de garantir l’égalité d’accès des personnes autistes aux soins de santé physique et psychologique; insiste sur la nécessité de développer des infrastructures adaptées à l’accueil des personnes autistes dans les hôpitaux, les gares, les aéroports et les transports en commun, en créant des espaces qui leur conviennent tels que des «salles silencieuses», et permettant d’assurer un service d’accompagnement des personnes autistes qui voyagent d’un État membre à un autre;

11.

invite les États membres et la Commission à charger le Centre européen de ressources en matière d’accessibilité, AccessibleEU, d’identifier et d’éliminer les obstacles à l’accessibilité des personnes autistes, conformément à l’article 9 de la CNUDPH, à promouvoir l’offre d’ajustements souples et d’aménagements raisonnables en fonction des besoins individuels des personnes, et ce en adoptant des orientations spécifiques dans tous les secteurs, et à pallier les lacunes de la législation actuelle en répondant aux besoins des personnes autistes;

12.

s’inquiète du taux de chômage élevé des personnes autistes, et en particulier des femmes autistes, par rapport à d’autres groupes au sein de l’Union; demande aux États membres de promouvoir et d’assurer un cadre législatif et stratégique propice à la participation des personnes autistes sur le marché de l’emploi; invite la Commission et les États membres à promouvoir et à soutenir les entreprises sociales axées sur l’emploi des personnes autistes; encourage les États membres à adapter les lieux de travail et à prendre des mesures pour améliorer la santé et la sécurité au travail; invite l’Union et les États membres à appliquer les lignes directrices relatives aux aménagements raisonnables destinés aux personnes autistes sur le lieu de travail et à œuvrer en faveur de la progression de leur carrière; demande à la Commission d’accorder une attention particulière aux travailleurs autistes dans le futur cadre stratégique de l’Union en matière de santé et de sécurité au travail, et de fixer des objectifs ambitieux;

13.

prie instamment les États membres de se conformer pleinement à la directive sur l’égalité en matière d’emploi et de travail, et de s’assurer que les mesures telles que les programmes d’action positive en matière de recrutement et de quotas débouchent sur des possibilités d’emploi concrètes qui favorisent le caractère inclusif du lieu de travail;

14.

demande aux États membres d’encourager la formation des professionnels sur l’autisme, dans tous les secteurs de la société, notamment l’éducation, la santé, le travail social, les transports et la justice, en prévoyant, dans les différents programmes d’études des professions concernées, une formation obligatoire sur l’autisme, en associant activement pour ce faire les personnes autistes, leurs familles et les organisations qui les représentent;

15.

rappelle que les personnes autistes ont le droit de participer à tous les niveaux et à toutes les formes d’éducation, y compris l’éducation de la petite enfance, et ce, sur un pied d’égalité avec les autres; souligne la nécessité de promouvoir l’accès à une éducation universelle, de qualité, abordable et inclusive, ainsi que d’apporter aux personnes autistes une assistance et un soutien individualisés et continus dans le domaine de l’éducation; demande à la Commission et aux États membres de prévoir des aménagements et des matériels pédagogiques accessibles, comme énoncé à l’article 24 de la CNUDPH, de soutenir le développement d’écoles inclusives à même de devenir une référence en matière d’enseignement et d’apprentissage n’excluant personne et innovants, et d’effectuer un suivi de l’accès des apprenants autistes à l’éducation, à l’enseignement primaire et secondaire, à la formation professionnelle et à l’emploi;

16.

constate que le sport revêt une importance cruciale pour la croissance et le développement des enfants autistes et demande aux États membres de réduire les obstacles rencontrés par les personnes autistes lorsqu’elles participent à des activités de loisirs, sportives et culturelles, ainsi que d’encourager une plus grande participation aux activités physiques;

17.

souligne qu’il est important que la recherche sur l’autisme respecte des normes éthiques rigoureuses; invite la Commission et les États membres à promouvoir la recherche effectuée en partenariat avec les personnes autistes et leurs familles dans le but d’améliorer la qualité de vie des personnes autistes; souligne qu’il est nécessaire que les bonnes pratiques soient partagées de manière structurée entre les États membres afin d’encourager l’acquisition de connaissances sur l’autisme et de les approfondir, et de mieux comprendre ainsi les besoins des personnes autistes dans l’ensemble de l’Union européenne;

18.

invite les États membres à réformer leurs régimes de tutelle afin de permettre aux personnes autistes d’exercer leur capacité juridique, en leur donnant accès à des systèmes de prise de décision assistée, tout en s’assurant que les garanties adéquates soient en place; invite la Commission et les États membres à veiller à ce que les personnes autistes disposent des moyens d’agir et aient pleinement accès au système judiciaire ainsi qu’à la participation à la vie politique et publique;

19.

souligne qu’il est important de prévoir, dans le processus d’allocation des fonds de l’Union, un élément consacré aux mesures de lutte contre la discrimination exercée à l’encontre des personnes autistes, notamment les femmes et les filles, qui sont confrontées à des niveaux particulièrement élevés de pauvreté, d’exclusion sociale et de violence, ainsi que de faire de la stérilisation forcée un acte punissable en l’érigeant en infraction pénale relevant du domaine de criminalité que constitue l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants, au titre de l’article 83, paragraphe 1, du traité FUE; demande aux institutions de l’Union de s’assurer que, dans la proposition de directive sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (COM(2022)0105), présentée le 8 mars 2022, la stérilisation forcée figure parmi les infractions pénales visées, au titre du même article; salue la décision du Conseil de juin 2023 relative à la conclusion de la convention d’Istanbul, qui crée un cadre juridique complet et multidimensionnel pour protéger les femmes contre toutes les formes de violence (12);

20.

prie instamment les États membres de remédier activement aux autres formes de discrimination intersectionnelle subies par les personnes autistes, en particulier par celles qui appartiennent à des groupes vulnérables; invite les États membres et la Commission à adopter des stratégies nationales transsectorielles pour l’apport de financements spécifiques suffisants en vue de leur mise en œuvre effective;

21.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission ainsi qu’aux gouvernements et aux parlements des États membres.

(1) JO L 303 du 2.12.2000, p. 16.

(2) JO C 474 du 24.11.2021, p. 48.

(3) JO C 152 du 27.5.1996, p. 87.

(4) JO C 362 du 8.9.2021, p. 8.

(5) JO C 132 du 24.3.2022, p. 129.

(6) JO C 177 du 17.5.2023, p. 13.

(7) Publication «Principaux repères» de l’Organisation mondiale de la santé sur les troubles du spectre autistique, consultable à l’adresse suivante: https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/autism-spectrum-disorders

(8) Résolution du Parlement européen du 13 décembre 2022 intitulée «Vers l’égalité des droits pour les personnes handicapées» (JO C 177 du 17.5.2023, p. 30).

(9) Proposition de la Commission du 2 juillet 2008 en vue d’une directive du Conseil relative à la mise en œuvre du principe de l’égalité de traitement entre les personnes sans distinction de religion ou de convictions, de handicap, d’âge ou d’orientation sexuelle (COM(2008)0426).

(10) Suivi des progrès réalisés en ce qui concerne la stratégie en faveur des droits des personnes handicapées, disponible à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/social/main.jsp?langId=fr&catId=1484&furtherNews=yes&newsId=10274

(11) Résolution du Parlement européen du 10 mars 2021 sur la mise en œuvre de la directive 2000/78/CE du Conseil portant création d’un cadre général en faveur de l’égalité de traitement en matière d’emploi et de travail à la lumière de la CNUDPH (JO C 474 du 24.11.2021, p. 48).

(12) Décision (UE) 2023/1075 du Conseil du 1er juin 2023 relative à la conclusion, au nom de l’Union européenne, de la convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique en ce qui concerne les institutions et l’administration publique de l’Union (JO L 43 I du 2.6.2023, p. 1).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/1181/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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