| CELEX | 52023IP0464 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 13 décembre 2023 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2024/4168 | 2.8.2024 |
P9_TA(2023)0464
La situation des enfants privés de liberté dans le monde
Résolution du Parlement européen du 13 décembre 2023 sur la situation des enfants privés de liberté dans le monde (2022/2197(INI))
(C/2024/4168)
Le Parlement européen,
| — | vu la déclaration universelle des droits de l’homme, le pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, |
| — | vu la convention des Nations unies du 20 novembre 1989 relative aux droits de l’enfant, en particulier son article 37, point b), et son article 40, ainsi que ses protocoles facultatifs, |
| — | vu la convention des Nations unies du 13 décembre 2006 sur les droits des personnes handicapées (CNUDPH) et son protocole facultatif, |
| — | vu les lignes directrices des Nations unies du 18 décembre 2009 relatives à la protection de remplacement pour les enfants, |
| — | vu l’ensemble de principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention ou d’emprisonnement, du 9 décembre 1988, |
| — | vu les règles des Nations unies pour la protection des mineurs privés de liberté («règles de La Havane»), du 14 décembre 1990, |
| — | vu l’ensemble de règles minima des Nations unies concernant l’administration de la justice pour mineurs («règles de Beijing»), du 29 novembre 1985, les principes directeurs des Nations unies pour la prévention de la délinquance juvénile («principes de Riyad»), du 14 décembre 1990, l’ensemble de règles minima des Nations unies pour l’élaboration de mesures non privatives de liberté («règles de Tokyo»), du 14 décembre 1990, les principes directeurs relatifs aux mesures prises à l’égard des enfants dans le système de justice pénale («principes de Vienne»), du 21 juillet 1997, et l’ensemble de règles minima des Nations unies pour le traitement des détenus («règles Nelson Mandela»), du 17 décembre 2015, |
| — | vu l’observation générale conjointe no 4 (2017) du Comité pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille et l’observation générale conjointe no 23 (2017) du Comité des droits de l’enfant sur les obligations des États concernant les droits fondamentaux des enfants dans le contexte des migrations internationales dans les pays d’origine, de transit, de destination et de retour, |
| — | vu les observations générales du Comité des droits de l’enfant des Nations unies, et notamment l’observation générale no 24 (2019) sur les droits de l’enfant dans le système de justice pour enfants, |
| — | vu le pacte mondial du 19 décembre 2018 des Nations unies pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, et notamment son objectif 13, point b), et le pacte mondial des Nations unies sur les réfugiés, du 17 décembre 2018, |
| — | vu l’étude mondiale des Nations unies sur les enfants privés de liberté du 11 juillet 2019, |
| — | vu la résolution des Nations unies intitulée «Transformer notre monde: le Programme de développement durable à l’horizon 2030», adoptée par l’Assemblée générale le 25 septembre 2015, |
| — | vu le rapport d’avril 2021 du programme des Nations unies pour le développement intitulé «Ne laisser personne de côté: impact du COVID-19 sur les objectifs de développement durable (ODD)», |
| — | vu la stratégie pour la protection de l’enfance (2021-2030) et le plan stratégique (2022-2025) de l’Unicef, ainsi que son programme «Reimagine Justice for Children» (2021-2030), |
| — | vu le traité sur l’Union européenne, et notamment son article 3, paragraphe 5, et son article 21, |
| — | vu la convention européenne des droits de l’homme (CEDH), et notamment son article 8, |
| — | vu la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, et notamment son article 14, |
| — | vu la proposition de la Commission du 23 février 2022 relative à une directive du Parlement européen et du Conseil sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité et modifiant la directive (UE) 2019/1937 (COM(2022)0071), |
| — | vu la recommandation CM/Rec(2018)5 du Comité des ministres du Conseil de l’Europe aux États membres concernant les enfants de détenus, adoptée le 4 avril 2018, |
| — | vu les orientations de l’UE pour la promotion et la protection des droits de l’enfant, du 6 mars 2017, |
| — | vu la recommandation (UE) 2021/1004 du Conseil du 14 juin 2021 établissant une garantie européenne pour l’enfance (1), |
| — | vu la communication de la Commission du 24 mars 2021 intitulée «Stratégie de l’UE sur les droits de l’enfant» (COM(2021)0142), |
| — | vu les conclusions du Conseil du 9 juin 2022 sur la stratégie de l’UE sur les droits de l’enfant, |
| — | vu la communication conjointe du 25 mars 2020 de la Commission et du haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité intitulée «Plan d’action de l’UE en faveur des droits de l’homme et de la démocratie 2020-2024» (JOIN(2020)0005), |
| — | vu la charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant du 11 juillet 1990, |
| — | vu la charte de l’organisation des États américains de 1948, et notamment son article 49, |
| — | vu la charte africaine des droits de l’homme et des peuples du 27 juin 1981, et notamment ses articles 17 et 25, |
| — | vu la déclaration relative aux droits de l’homme de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est du 19 novembre 2012, et notamment son article 31, |
| — | vu la déclaration commune de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) du 4 mai 2023 sur le rapport des rapporteurs au titre du mécanisme de Moscou de l’OSCE relatif au transfert forcé ou à la déportation d’enfants ukrainiens, |
| — | vu le rapport du secrétaire général des Nations unies du 5 juin 2023 sur les enfants et les conflits armés, |
| — | vu sa résolution du 26 novembre 2019 sur les droits de l’enfant, à l’occasion du 30e anniversaire de la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant (2), |
| — | vu sa résolution du 11 mars 2021 sur les droits de l’enfant dans la perspective de la stratégie de l’Union européenne sur les droits de l’enfant (3), |
| — | vu sa résolution du 3 mai 2022 intitulée «Vers une stratégie de l’Union visant à encourager l’éducation des enfants dans le monde: atténuer l’incidence de la pandémie de COVID-19 (4) », |
| — | vu sa résolution du 7 avril 2022 sur la protection accordée par l’Union européenne aux enfants et aux jeunes qui fuient en raison de la guerre en Ukraine (5), |
| — | vu sa résolution du 15 septembre 2022 sur les violations des droits de l’homme dans le contexte de la déportation forcée de civils ukrainiens et de l’adoption forcée d’enfants ukrainiens en Russie (6), |
| — | vu sa résolution du 15 juin 2023 sur la torture et les poursuites pénales à l’encontre des mineurs ukrainiens Tihran Ohannisian et Mykyta Khanhanov par la Fédération de Russie (7), |
| — | vu sa résolution du 9 juin 2022 sur la situation des droits de l’homme au Xinjiang, y compris les fichiers de la police du Xinjiang (8), |
| — | vu sa résolution du 3 mai 2022 sur la persécution des minorités fondée sur les convictions ou la religion (9), |
| — | vu sa résolution du 19 mai 2022 sur la lutte contre l’impunité des crimes de guerre en Ukraine (10), |
| — | vu la résolution CM/Res(2023)3 du Conseil de l’Europe établissant l’accord partiel élargi sur le registre des dommages causés par l’agression de la Fédération de Russie contre l’Ukraine, |
| — | vu la déclaration de Reykjavik du Conseil de l’Europe intitulée «Unis autour de nos valeurs», adoptée lors de son quatrième sommet des chefs d’État et de gouvernement des 16 et 17 mai 2023, |
| — | vu l’article 54 de son règlement intérieur, |
| — | vu le rapport de la commission des affaires étrangères (A9-0371/2023), |
| A. | considérant que, selon l’article premier de la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, «un enfant s’entend de tout être humain âgé de moins de dix-huit ans, sauf si la majorité est atteinte plus tôt en vertu de la législation qui lui est applicable»; qu’un enfant est avant tout un enfant, indépendamment de son origine ethnique, de son sexe, de sa nationalité, de sa religion, de son milieu socio-économique, de ses aptitudes, de son statut migratoire ou de résidence ou d’un éventuel handicap; que tous les enfants doivent bénéficier d’une protection particulière et jouir de tous les droits consacrés par la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant; |
| B. | considérant que la privation de liberté recouvre toute forme de détention, de rétention d’une personne contre son gré ou d’emprisonnement, ou le placement d’un enfant dans un établissement public ou privé dont il n’est pas autorisé à sortir à son gré, soit sur ordre d’une autorité publique judiciaire, administrative ou autre, ou d’une organisation criminelle ou terroriste, soit de facto; |
| C. | considérant que l’âge de la responsabilité pénale varie d’un État à l’autre; que l’étude mondiale des Nations unies sur les enfants privés de liberté recommande de porter l’âge minimal de responsabilité pénale à 14 ans; que l’observation générale no 10 du Comité des droits de l’enfant recommandait que l’âge minimal de responsabilité pénale ne soit pas inférieur à 12 ans; |
| D. | considérant que la privation arbitraire de liberté est interdite, que toute arrestation et détention d’un être humain ne peut être manifestement disproportionnée, injuste ou imprévisible, et que la manière spécifique de mener l’arrestation ne peut être discriminatoire; |
| E. | considérant que lorsque des autorités publiques décident de détenir des enfants, elles ont l’obligation positive de veiller à ce que ces enfants puissent jouir des droits consacrés par la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant; que l’article 10, paragraphe 1, du PIDCP dispose que toute personne privée de sa liberté doit être traitée avec humanité et avec le respect de la dignité inhérente à la personne humaine; |
| F. | considérant que les «enfants privés de liberté» comprennent les enfants privés de liberté dans le cadre de l’administration de la justice, pour des raisons liées à la migration, dans des institutions, y compris des institutions pour enfants handicapés, en prison avec les personnes qui en ont la garde, dans le cadre de conflits armés, et pour des raisons de sécurité nationale; que le consentement des parents ou de l’enfant ne détermine pas si un enfant est privé de liberté ou non; |
| G. | considérant que, conformément à l’article 37, point b), de la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, la privation de liberté des enfants n’est qu’une mesure de dernier ressort et doit être d’une durée aussi brève que possible, limitée à des cas exceptionnels et soumise à réexamen; que, bien que le Comité des droits de l’enfant indique, dans son observation générale no 24, que les exceptions devraient être limitées aux raisons avérées de sûreté ou de santé publiques, il est apparu au cours de la pandémie de COVID-19 que ces exceptions pourraient avoir été surexploitées; |
| H. | considérant que, selon l’étude mondiale des Nations unies sur les enfants privés de liberté, priver les enfants de leur liberté signifie les exposer à une forme de violence structurelle; que, dans le cadre du Programme 2030, les États se sont engagés à mettre fin à toute forme de violence envers les enfants; |
| I. | considérant que la privation de liberté d’un enfant en vue de le sanctionner pour son orientation sexuelle ou son identité de genre, entre autres, ou en tant que crime d’honneur, n’est jamais dans l’intérêt supérieur de l’enfant et ne peut en aucun cas respecter les normes strictes qui encadrent les mesures de dernier ressort conformément à l’article 37, point b), de la convention relative aux droits de l’enfant; |
| J. | considérant que l’expression «enfants privés de liberté dans le cadre de l’administration de la justice» désigne les enfants en garde à vue, en détention provisoire ou dans l’attente d’un procès ainsi que les enfants ayant fait l’objet d’une condamnation; |
| K. | considérant que l’expression «enfants vivant en prison avec la personne qui en a la garde» désigne les enfants qui vivent avec la personne détenue ou emprisonnée qui en a la garde, et qui sont de facto privés de leur liberté; |
| L. | considérant que l’expression «enfants privés de liberté pour des raisons liées à la migration» se réfère à tout environnement dans lequel un enfant est privé de liberté pour des raisons liées à son statut migratoire ou à celui de ses parents, indépendamment de la manière dont est désignée la mesure visant à priver un enfant de sa liberté et du motif donné, ainsi que du nom de l’établissement ou du lieu où l’enfant est privé de liberté; que les enfants non accompagnés et séparés de leur famille ne devraient pas être privés de liberté et que la rétention ne saurait être justifiée uniquement par le fait que l’enfant n’est pas accompagné ou est séparé de sa famille, par son statut migratoire ou de résidence, ou par son absence de statut; |
| M. | considérant que, selon plusieurs rapports, en particulier le document de travail de l’Unicef de février 2019 sur les alternatives au placement en rétention d’enfants migrants, les dispositions relatives à la détention d’enfants (qui constitue une «mesure de dernier ressort») de la convention relative aux droits de l’enfant ne sont pas applicables aux procédures d’immigration et ne peuvent donc pas être utilisées pour justifier la détention d’enfants pour des raisons liées à l’immigration; que les enfants non accompagnés ou séparés de leur famille sont particulièrement vulnérables dans ce contexte; que l’étude mondiale des Nations unies sur les enfants privés de liberté recommande d’interdire la privation de liberté des enfants en lien avec la migration en toutes circonstances; |
| N. | considérant que les enfants ne devraient pas être détenus pour des raisons liées à la migration; que les enfants ne devraient pas être hébergés dans des centres fermés pour migrants sans possibilité de les quitter, parce que la migration n’est pas un crime et qu’il n’est donc pas justifié d’appliquer dans ce cas les mêmes mesures que pour les personnes ayant commis un crime; que, d’après l’étude mondiale des Nations unies sur les enfants privés de liberté, «[a]bstraction faite des conditions de détention, […] la rétention administrative nuit à la santé physique et mentale des enfants et les expose à des risques de violence et d’exploitation sexuelle»; |
| O. | considérant que certains pays instrumentalisent la migration à l’encontre de l’Union pour leurs intérêts politiques, en tirant parti des situations humanitaires et particulièrement en portant préjudice aux enfants; |
| P. | considérant que l’expression «enfants privés de liberté dans des institutions» désigne les enfants, et notamment les enfants handicapés, qui sont séparés de leur famille et privés de liberté dans des institutions dont ils ne sont pas autorisés à sortir à leur guise pour diverses raisons; |
| Q. | considérant que l’expression «enfants privés de liberté dans le cadre de conflits armés» désigne les enfants recrutés par les forces armées et les groupes armés en tant que combattants, gardes, espions, messagers, cuisiniers ou pour exercer d’autres fonctions, notamment à des fins d’exploitation sexuelle, ou qui sont forcés d’exercer ces rôles; que les groupes armés et les organisations terroristes recrutent des enfants en tant que membres de leurs organisations et les privent de leur liberté, dans l’intention de les préparer idéologiquement afin de créer des opinions politiques cohérentes et unifiées; que ces organisations ciblent les très jeunes enfants et les déploient à des postes de combat en première ligne; |
| R. | considérant que l’article 38 de la convention relative aux droits de l’enfant et le protocole additionnel aux conventions de Genève obligent les États et les groupes armés à s’abstenir d’enrôler dans leurs forces armées des enfants qui n’ont pas atteint l’âge de 15 ans et à veiller à ce qu’ils ne participent pas aux hostilités; que le droit relatif aux droits de l’homme fixe à 18 ans l’âge minimum légal pour le recrutement dans des conflits armés; que le recrutement d’enfants de moins de 15 ans, que ce soit par des États ou par des groupes armés, est considéré comme un crime de guerre au titre du Statut de Rome; |
| S. | considérant que plusieurs pays dans le monde continuent d’exécuter des prisonniers pour des crimes qu’ils sont accusés d’avoir commis avant l’âge de 18 ans; |
| T. | considérant que l’expression «enfants privés de liberté pour des raisons de sécurité nationale» désigne les enfants recrutés par des terroristes ou des groupes armés, ou ceux qui, en vertu de la législation sur la sécurité nationale, ont été inculpés pour avoir exercé leur droit de réunion et d’association, par exemple dans le cadre de manifestations; que, selon l’étude mondiale des Nations unies sur les enfants privés de liberté, la plupart des États ont adopté des lois antiterroristes ou modifié leur législation d’une manière qui a des conséquences néfastes sur les enfants; que ces mesures font courir aux enfants un risque accru d’être détenus pour des infractions présumées liées à la sécurité nationale; que des forces de renseignement et de sécurité auraient commis des actes de torture horribles, tels que le viol et d’autres formes de violence sexuelle, à l’encontre de manifestants mineurs en détention afin de les punir, de les humilier et de les dissuader de participer à des manifestations; |
| U. | considérant qu’un enfant en conflit avec la loi est un enfant qui entre en contact avec les services répressifs parce qu’il est présumé avoir enfreint le droit pénal, qu’il a été accusé de cette infraction ou qu’il en a été reconnu coupable; |
| V. | considérant que le système de justice pour les enfants ou les mineurs comprend la législation, les normes, les lignes directrices, les politiques, les procédures, les mécanismes, les dispositions, les institutions et les organes spécifiquement applicables aux enfants en conflit avec la loi, qui ont atteint ou dépassé l’âge minimum de la responsabilité pénale; |
| W. | considérant que les enfants qui n’ont pas atteint l’âge minimum de la responsabilité pénale au moment où ils commettent une infraction ne peuvent en être tenus responsables dans le cadre d’une procédure pénale; que les enfants qui ont atteint ou dépassé l’âge minimum de la responsabilité pénale au moment où ils commettent une infraction, mais qui sont âgés de moins de 18 ans, peuvent être officiellement inculpés et soumis à des procédures judiciaires pour enfants, y compris la privation de liberté, dans le plein respect de la convention relative aux droits de l’enfant; |
| X. | considérant que les enfants interagissent avec les systèmes judiciaires pour de nombreuses raisons, en tant que victimes ou rescapés, en tant que témoins, lorsqu’ils sont accusés d’une infraction, en tant que parties intéressées, ou parce qu’une intervention est nécessaire pour assurer leur bonne prise en charge, leur protection, leur santé ou leur bien-être; |
| Y. | considérant que l’accès des enfants à la justice couvre toutes les procédures judiciaires et administratives concernant les enfants, y compris les mécanismes judiciaires coutumiers et religieux, le règlement extrajudiciaire des litiges et les mécanismes quasi judiciaires, et qu’il s’applique au droit constitutionnel, pénal, civil, public, privé, administratif et militaire aux niveaux national et international; |
| Z. | considérant que l’intérêt supérieur de l’enfant constitue une considération essentielle dans toutes les décisions le concernant, y compris dans la décision de priver ou non un enfant de sa liberté individuelle, mais qu’il ne faut en même temps jamais ignorer les actes ayant des conséquences pénales commis par un enfant; que le principe de l’intérêt supérieur de l’enfant doit être examiné par les autorités compétentes et impose que la réintégration des enfants ayant commis une infraction pénale soit une priorité; qu’il convient par conséquent de soutenir les enfants afin de leur permettre de jouer un rôle constructif dans la société; |
| AA. | considérant que le droit à l’éducation est un droit fondamental; qu’à l’échelle mondiale, on estime toujours à 244 millions le nombre d’enfants et de jeunes qui ne vont pas à l’école pour des raisons sociales, économiques et culturelles; que les filles sont plus susceptibles que les garçons d’être privées d’accès à l’éducation, en particulier dans les pays en développement, ce qui restreint considérablement leur liberté et leurs chances d’entrer dans l’âge adulte à égalité avec les garçons; |
| AB. | considérant que l’accès à la justice requiert l’autonomisation juridique de tous les enfants et doit tenir compte de leur âge, de leur maturité et de leur capacité de développement; |
| AC. | considérant que la déjudiciarisation consiste à réorienter, sous certaines conditions, les enfants en conflit avec la loi d’une procédure judiciaire officielle vers un autre mode de résolution du problème qui permet à nombre d’entre eux d’être pris en charge par des instances non judiciaires, évitant ainsi les effets négatifs des procédures judiciaires officielles, tels que la stigmatisation liée à la condamnation et au casier judiciaire, pour autant que les droits de l’homme et les garanties juridiques soient pleinement respectés; |
| AD. | considérant que l’étude mondiale des Nations unies sur les enfants privés de liberté, publiée en juillet 2019, est louable et marque une étape importante pour mettre fin à l’invisibilité et surmonter la vulnérabilité, la stigmatisation et l’exclusion sociale des enfants privés de liberté; |
| AE. | considérant que, selon l’étude mondiale des Nations unies, plus de 7 millions (11) d’enfants sont privés de liberté dans le monde; |
| AF. | considérant que, selon l’étude mondiale des Nations unies, environ 94 % des enfants privés de liberté sont des garçons et 6 % sont des filles, et qu’environ 5,4 millions d’enfants sont placés dans des institutions, qui sont intrinsèquement préjudiciables aux enfants et à leur développement; qu’environ 1,4 million d’enfants privés de liberté sont en garde à vue, en détention provisoire ou en prison; |
| AG. | considérant qu’au moins 330 000 enfants sont placés en rétention pour des raisons liées à la migration, soit seuls, soit avec leur famille; qu’au moins 19 000 enfants vivent en prison avec la personne qui en a la garde, laquelle est presque toujours leur mère; |
| AH. | considérant que 35 000 enfants sont actuellement détenus dans le cadre de conflits armés et que des dizaines de milliers, au minimum, ont été déplacés de force, séparés de leur famille ou adoptés; qu’au cours de la seule année 2022, 2 496 enfants ont été privés de liberté en raison de leur association réelle ou présumée avec des parties aux conflits, notamment des groupes armés et des organisations terroristes; qu’au moins 1 500 enfants sont actuellement détenus pour des raisons de sécurité nationale dans des pays dont le territoire est épargné par les conflits, notamment pour des activités telles que des manifestations pacifiques, l’expression d’opinions politiques en ligne, et la participation à des groupes politiques interdits ou à des activités menées par des bandes organisées; que, parmi les pays en situation de conflit dont l’étude mondiale des Nations unies indique qu’ils ont les plus forts taux de détention d’enfants, certains sont parvenus à réduire significativement le nombre d’enfants détenus, tandis que pour d’autres, ce nombre n’a fait qu’augmenter; que dans des contextes de conflit, des enfants naissent de mères qui luttent sur le front et vivent dans des camps de prisonniers; que selon l’Unicef, au début de l’année 2020, environ 160 millions d’enfants étaient contraints de travailler; |
| AI. | considérant que les autorités russes continuent de cibler et d’opprimer délibérément les enfants ukrainiens; que, selon la plateforme ukrainienne Children of War, au moins 488 enfants ukrainiens sont morts à la suite de l’invasion de la Russie, au moins 1 016 ont été blessés, quelque 19 500 ont été déportés vers la Russie et 3 924 sont portés disparus; |
| AJ. | considérant que le fait de priver des enfants de leur liberté parce qu’ils ont exprimé leurs convictions et leurs opinions politiques ou ont participé à des manifestations et à des rassemblements constitue une violation du droit d’exprimer ses opinions dont bénéficie tout enfant en vertu des articles 12 et 13 de la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant; que les enfants détenus pour des motifs politiques sont souvent traités comme des adultes et même détenus dans les mêmes prisons que les adultes et sont soumis aux mêmes règlements et procédures; |
| AK. | considérant que d’innombrables enfants sont placés dans des conditions inhumaines et dans des établissements destinés aux adultes, en violation claire de leurs droits fondamentaux; que cette rétention se fait dans des conditions de surpopulation, d’absence de séparation entre enfants et adultes ou entre garçons et filles, d’atteintes systématiques à la vie privée, d’absence de soutien psychosocial aux enfants et aux jeunes, notamment le contact avec la famille et le monde extérieur, ainsi que d’accès insuffisant à l’éducation, aux soins de santé et à des activités récréatives et culturelles; que les enfants privés de liberté sont victimes d’autres violations des droits de l’homme, telles que la violence, le viol et les agressions sexuelles, ainsi que d’actes de torture et de traitements ou punitions cruels, inhumains et dégradants; |
| AL. | considérant que, dans son observation générale no 24, le Comité des droits de l’enfant indique que certains enfants handicapés ne devraient pas être confrontés au système judiciaire destiné aux enfants, même s’ils ont atteint l’âge minimum de responsabilité pénale; que l’article 14 de la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées (CNUDPH) dispose qu’en aucun cas l’existence d’un handicap ne justifie une privation de liberté; que l’observation générale no 24 du Comité des droits de l’enfant indique que des aménagements devraient être apportés pour les enfants handicapés, notamment en ce qui concerne l’accès physique aux tribunaux et à d’autres bâtiments, l’aide aux enfants qui ont un handicap psychosocial et l’assistance en matière de communication et de lecture des documents; que les enfants handicapés sont surreprésentés dans les institutions, subissent des formes de privation de liberté spécifiques à leur handicap et sont plus susceptibles d’être victimes d’exploitation, de violence, d’abus, de torture et d’autres formes de mauvais traitements; que 50 à 75 % des enfants qui entrent en contact avec le système judiciaire souffrent déjà d’une forme ou d’une autre de trouble de la santé mentale, d’abus ou de négligence; qu’en général, la privation de liberté entraîne des problèmes de santé mentale et cognitive ou les exacerbe; |
| AM. | considérant que les enfants handicapés ont des droits et des besoins spécifiques, ne devraient pas être détenus dans des centres fermés et devraient bénéficier de conditions leur permettant de mener une existence autonome grâce au soutien de tiers tels que des accompagnants individuels; |
| AN. | considérant que, selon l’étude mondiale des Nations unies, les enfants issus de milieux économiques défavorisés, handicapés ou issus de l’immigration, ou faisant partie de la communauté LGBTIQ + sont surreprésentés parmi les enfants en détention partout dans le monde; |
| AO. | considérant que selon l’étude mondiale des Nations unies, des enfants sont aussi arrêtés et détenus uniquement en raison de leur religion, ethnie, identité tribale ou lieu d’origine; qu’il a été prouvé que, dans certains pays, les cas de privation de liberté, notamment les mariages forcés, les enlèvements et les conscriptions forcées dans des milices ou gangs criminels, sont également fondés sur des tensions ethniques et religieuses et des préjugés à l’encontre de minorités religieuses et de croyance dans la société; que des groupes armés et des organisations terroristes, ainsi que certains États, ont ciblé des enfants issus de minorités religieuses et ethniques, enlevé des milliers de femmes, de filles et de garçons, et soumis nombre d’entre eux à des violences sexuelles et à des viols systématiques, à des mariages forcés et à des avortements forcés; |
| AP. | considérant que, dans certaines traditions, les filles sont particulièrement exposées au risque de crimes d’honneur, ce qui les prive de leur liberté et donne lieu à des meurtres et à des «meurtres d’honneur»; que 12 millions de filles sont mariées avant d’avoir atteint l’âge de 18 ans; que le mariage forcé constitue une autre forme de privation de liberté, indépendamment de leur âge et de l’âge de la majorité selon le droit national du pays; que les enfants LGBTIQ+ assignés à résidence par leur famille et qui sont contraints de subir des thérapies de conversion sont également privés de liberté; |
| AQ. | considérant que, selon l’Unicef, entre mars 2020 et octobre 2021, plus de 45 000 enfants ont été libérés de détention dans au moins 84 pays dans le monde à titre de mesure de lutte contre l’infection par la COVID-19, ce qui montre à la fois qu’il est possible de mettre fin à la détention et que les pays qui n’y ont pas recours sont mieux préparés à faire face à certains aspects des urgences de santé publique; |
| AR. | considérant que l’Union joue déjà un rôle moteur pour ce qui est de protéger et de soutenir les enfants du monde entier en améliorant l’accès à l’éducation, aux services et à la santé, et en les protégeant contre toutes les formes de violence, d’abus et de négligence, notamment dans un contexte humanitaire; |
1.
rappelle que l’enfance est une étape de la vie au cours de laquelle les enfants développent leur personnalité, leurs relations émotionnelles avec les autres, leurs aptitudes sociales et éducatives et leurs compétences sociales, et souligne par conséquent que priver des enfants de liberté les prive également de leur enfance et de leur avenir; souligne que les enfants ont droit à un accès sans entrave à l’éducation et à des activités de bien-être, lesquelles constituent le meilleur moyen d’atténuer les effets de la pauvreté et de garantir un avenir meilleur pour eux, leur famille et leur communauté; invite les institutions compétentes à veiller à ce que ce droit soit effectivement appliqué;
2.
rappelle que, selon le Comité des droits des personnes handicapées des Nations unies, le placement en institution constitue une forme de privation arbitraire de liberté; reconnaît que, bien qu’il n’existe pas de définition communément admise de la notion d’«institutions», ces dernières sont inévitablement préjudiciables au développement et à l’attachement psychosocial des enfants, du fait de caractéristiques telles que la dépersonnalisation, les routines strictes, le manque de soutien individuel ou de traitement personnel, ainsi que l’absence de contrôle des résidents sur leur vie et les décisions qui les concernent;
3.
souligne que la privation de liberté peut constituer en soi une forme de torture, de traitement cruel, inhumain ou dégradant, ou de punition à l’encontre des enfants, qui enfreint le droit international, est explicitement interdite par l’article 37, point a), de la convention relative aux droits de l’enfant ou peut entraîner la violation du droit de l’enfant à la vie, à la survie et au développement consacré à l’article 6 de la convention relative aux droits de l’enfant; demande instamment que les cadres législatifs nationaux interdisent totalement et punissent toute forme de torture et de traitement ou de peine cruel, inhumain ou dégradant; demande l’abrogation de tout acte législatif ou pratique qui continue de permettre l’emprisonnement à vie et les châtiments corporels pour les enfants, malgré leur interdiction absolue aux termes de l’article 37, point a), de la convention relative aux droits de l’enfant; rappelle que l’imposition de la peine de mort à un individu qui était un enfant au moment où l’acte a été commis est interdite par le droit international en matière de droits fondamentaux; demande instamment que les cadres juridiques nationaux interdisent totalement la peine de mort pour les délinquants mineurs;
4.
rappelle que les enfants de moins de 18 ans ne devraient en aucune circonstance être recrutés par des groupes armés ou des personnes qui leur sont associées ni participer à des hostilités;
5.
relève que, selon l’Unicef, les mesures liées à la COVID-19 ont montré que les pays peuvent agir rapidement lorsqu’ils ont une raison claire et convaincante de le faire, en l’occurrence une urgence de santé publique, pour protéger les groupes de population à risque, tels que ceux qui vivent dans des espaces confinés, et que la déjudiciarisation et d’autres mesures donnant lieu à des solutions autres que la détention pourraient être utilisées explicitement pour les enfants; demande que les parents, les familles ou les aidants aient davantage de possibilités de rendre visite aux enfants et d’interagir avec eux lorsque cela est dans l’intérêt supérieur de l’enfant;
6.
déplore que des enfants soient détenus; estime que la communauté internationale devrait redoubler d’efforts pour mettre un terme à la détention des enfants d’ici à 2030 grâce à l’utilisation et à la reconnaissance juridique explicite de la déjudiciarisation, et étudier d’autres mesures non privatives de liberté et des mesures de justice réparatrice, étant donné qu’il a été prouvé de manière irréfutable que la privation de liberté nuit au bien-être des enfants et est utilisée de manière excessive;
7.
souligne que les personnes ou organisations qui ont ordonné à l’enfant de commettre une infraction ou qui l’ont entraîné à le faire doivent être punies et tenues responsables en fonction du préjudice causé;
8.
souligne que priver un enfant de sa liberté ne devrait jamais être considéré comme un moyen de parvenir à sa réhabilitation ou à sa réintégration dans la société, comme le requiert le droit international; invite par conséquent la Commission et le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) à encourager les partenaires de pays tiers à suivre la recommandation de l’étude mondiale des Nations unies concernant l’âge minimal de responsabilité pénale; demande instamment aux pays tiers de ne pas abaisser l’âge minimal de la responsabilité pénale et de dépénaliser des concepts vagues tels que les comportements dit «immoraux» ou «perturbateurs» des enfants;
9.
constate qu’il n’existe pas de données complètes, actualisées et ventilées sur le nombre d’enfants actuellement privés de liberté dans le monde, en particulier dans le cadre de la migration, des institutions, de la sécurité nationale et des conflits armés; souligne qu’il est nécessaire de mettre au point une base de données internationale sur ce sujet et de la tenir à jour; souligne que, le cas échéant, ces chiffres devraient être ventilés en fonction de la catégorie d’infraction et du motif de privation de liberté;
10.
demande que soit élaboré un système efficace de contrôle indépendant de tous les lieux de détention d’enfants, qui garantisse que les résultats des visites de contrôle sont rendus publics; souligne le rôle clé des journalistes et des organisations non gouvernementales pour ce qui est de fournir des informations sur le nombre d’enfants privés de liberté et sur leur situation, en particulier dans le cas des pays en conflit ou lorsque la coopération avec les gouvernements dans ce domaine est difficile, voire impossible;
11.
demande par conséquent aux institutions de l’Union et aux États membres de prendre l’initiative et de lancer une campagne mondiale visant à réduire le nombre d’enfants retenus dans des lieux de détention, notamment par la création d’un mécanisme de suivi des Nations unies visant à garantir la mise en œuvre intégrale des recommandations de l’étude mondiale des Nations unies, qui peut contribuer à la libération effective des enfants placés en détention; invite la Commission et le SEAE à soutenir activement, y compris par un financement le cas échéant, les initiatives prises par les autorités des partenaires de pays tiers ou par des organisations locales afin de s’attaquer aux causes profondes de la privation de liberté de manière systématique et globale;
12.
se félicite de la stratégie de l’UE sur les droits de l’enfant adoptée par la Commission en 2022, qui permet de renforcer le rôle essentiel que joue l’Union sur la scène mondiale, d’améliorer les capacités de protection de l’enfance au sein des délégations de l’Union en désignant des points de contact pour la jeunesse et de garantir la protection et le respect des droits de l’enfant par l’intermédiaire de la politique extérieure de l’Union dans tous les contextes; demande à la Commission de fournir davantage de détails et des informations à jour sur le rôle et les activités des délégations de l’Union, dans le but d’améliorer la communication publique, d’accroître l’efficacité de son rôle et de renforcer son mandat, y compris, si possible, au moyen d’outils de diplomatie parlementaire (par exemple de missions officielles du Parlement);
13.
rappelle à l’Union et à ses États membres qu’il est important de soutenir le renforcement des systèmes régionaux des droits de l’homme, grâce notamment à une aide financière et à des échanges d’expérience interrégionaux; est fermement convaincu que ces systèmes régionaux doivent jouer un rôle dans la résolution de la situation des enfants privés de liberté et qu’ils complètent le système des droits de l’homme des Nations unies;
14.
invite la Commission et le SEAE à mettre au point une politique globale de désinstitutionnalisation en aidant les autorités des pays tiers et les organisations locales à élaborer des plans d’action nationaux assortis de mesures concrètes et de calendriers clairs en vue de réduire le nombre d’enfants privés de liberté et de donner la priorité aux solutions non privatives de liberté et aux structures de type familial par rapport à la détention; demande à la Commission et au SEAE de se tenir prêts à soutenir les organisations de pays tiers et les organisations locales engagées dans la désinstitutionnalisation;
15.
rappelle que l’Union a fait part de sa volonté de soutenir, dans le cadre de son action extérieure, la transition des soins en institutions vers des soins familiaux et de proximité dans son instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (IVCDCI), dans l’instrument d’aide de préadhésion (IAP III), dans son plan d’action 2020-2024 en faveur des droits de l’homme et de la démocratie et dans la dimension globale de sa stratégie 2021-2024 sur les droits de l’enfant; demande instamment aux institutions de l’Union de ne pas financer les institutions, y compris leur réaménagement, leur construction ou leur rénovation, si elles ne s’inscrivent pas dans un processus de désinstitutionnalisation;
16.
relève que certains des pays candidats à l’adhésion ont encore recours à des institutions fermées pour les personnes handicapées, y compris les enfants; demande encore une fois aux pays candidats à l’adhésion à l’Union de faire des progrès en vue de garantir que les droits des personnes handicapées sont respectés et que les personnes handicapées, y compris les enfants, jouissent de conditions de vie décentes;
17.
demande que l’Union adopte une liste des pays prioritaires, qui pourrait notamment inclure les zones de conflit, les territoires occupés, les zones de déplacements accrus ou celles où des groupes armés ou des organisations terroristes sont présents, dans lesquels le SEAE, la Commission et les États membres devraient intensifier leur action en faveur des enfants privés de liberté et coopérer avec les autorités locales en vue de mettre en place des mécanismes de protection et une législation spécifique visant à garantir la protection des enfants, ou de les améliorer; insiste sur le fait que cette liste prioritaire devrait être établie par le SEAE, en étroite concertation avec les parties prenantes et le Parlement, et mise à jour chaque année; demande en outre au vice-président de la Commission / haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (VP/HR) de présenter un rapport public annuel sur les actions menées dans les pays prioritaires;
18.
condamne fermement le trafic et l’exploitation de personnes, y compris d’enfants;
19.
encourage les ambassades des États membres et les délégations de l’Union à veiller à inclure les organisations de la société civile, les chefs des communautés locales et les acteurs religieux dans les discussions avec les autorités en vue d’éliminer les pratiques dommageables infligées aux enfants, telles que les mariages forcés ou les privations de liberté fondées sur la foi ou la religion, y compris en contribuant activement à l’élimination de ces pratiques partout où elles se produisent; reconnaît que, dans certains pays, il est connu que les privations de liberté se fondent sur des stéréotypes ethniques, religieux et sexistes;
20.
rappelle que, quelles que soient les conditions dans lesquelles les enfants sont détenus, des études montrent que la détention a une incidence profonde et négative sur leur santé et leur développement physique, émotionnel et mental, et que ces dommages peuvent se produire même si la détention est relativement courte; demande l’attribution de ressources appropriées et l’adoption d’une approche centrée sur l’enfant, prenant en considération les traumatismes ainsi que l’âge et le genre, afin d’atténuer les risques accrus pour les groupes vulnérables, notamment les enfants handicapés ou appartenant à des communautés autochtones, ethniques et minoritaires; souligne que l’existence d’un handicap ne peut en aucun cas justifier la privation de liberté;
21.
demande instamment qu’il soit mis fin à la discrimination à l’égard des enfants handicapés dans l’ensemble des lois, politiques et pratiques relatives au droit à la liberté individuelle; invite les délégations de l’Union à aider les autorités des pays tiers à intégrer les droits et les besoins des enfants handicapés dans tous les domaines de la législation et de la politique directement ou indirectement liés à la prévention et à l’élimination des détentions illégales ou arbitraires, et à garantir la participation pleine et effective des enfants handicapés à tous les processus décisionnels, et notamment à tous les stades de l’élaboration des politiques visant à mettre fin à la privation de liberté des enfants; encourage et soutient les campagnes de sensibilisation et les programmes de formation, en particulier à l’intention des décideurs politiques, des agents publics, des prestataires de services et des médias, sur le droit à la liberté et à la sécurité des enfants handicapés, y compris la lutte contre les stéréotypes, les préjugés et les pratiques préjudiciables;
22.
demande une nouvelle fois à la Commission, au SEAE et aux États membres d’aider les autorités des pays tiers à faire en sorte que tous les enfants puissent jouir de leur droit à une formation primaire et à prendre des mesures pour s’assurer que la formation secondaire soit disponible et accessible; insiste dès lors pour que les enfants privés de liberté soient correctement pris en compte; souligne que l’ensemble du matériel scolaire et éducatif doit respecter les normes de l’Unesco en matière d’éducation; invite en outre la Commission, le SEAE et les États membres à aider les autorités des pays tiers à concevoir et à mettre en œuvre des méthodes d’apprentissage et d’enseignement numériques et à faciliter l’accès à l’internet pour tous les enfants;
23.
appelle à sensibiliser davantage la population en ce qui concerne les contenus en ligne impliquant des enfants, accessibles aux enfants ou créés par des enfants, ainsi qu’à renforcer le contrôle sur ces contenus; constate que les menaces liées au développement de la numérisation et le contrôle insuffisant en la matière conduisent souvent à l’exploitation de mineurs, ce qui présente un risque pour leur vie ou leur santé et peut même mener à leur privation de liberté;
24.
souligne que, pour lutter contre les causes profondes de la privation de liberté des enfants, les États doivent investir d’importantes ressources pour réduire les inégalités et donner aux familles les moyens de favoriser le développement physique, mental, spirituel, moral et social des enfants; appelle instamment à prendre des mesures pour garantir une protection sociale à tous les enfants;
25.
condamne toutes les formes de sanctions conduisant à la privation de liberté des enfants en raison de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre, du fait qu’ils ont subi un avortement ou des activités sexuelles consensuelles et non abusives entre des adolescents d’âges similaires, ainsi que les privations de liberté découlant d’abus fondés sur «l’honneur»; prie instamment la Commission et le SEAE d’aider les agences compétentes des Nations unies et les acteurs locaux de la société civile engagés auprès des autorités de pays tiers à s’attaquer à toutes les lois discriminatoires visant des adolescents sur la base de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre, et souligne qu’il convient de garantir que ceux-ci reçoivent une attention suffisante et sont correctement protégés contre toutes les formes de discrimination, de violence et d’exploitation sexuelle dans les lieux de détention;
26.
condamne toute forme de sanction conduisant à une privation de liberté sur la base de la religion, de l’ethnicité ou de l’identité tribale; souligne que le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion inclut la liberté de choisir en quoi croire ou ne pas croire et la liberté de fonder une religion ou croyance, d’y adhérer, d’en changer ou de la quitter, sans aucune contrainte;
27.
souligne qu’il convient d’employer tous les moyens possibles pour remédier à la surreprésentation des garçons en détention, notamment en encourageant la déjudiciarisation à tous les stades du système de justice pénale et en appliquant des solutions non privatives de liberté aux garçons et aux filles de manière proportionnelle; estime qu’il est urgent d’introduire une dimension de genre dans les systèmes de justice pour les enfants et de remédier aux disparités entre les sexes en matière d’accès aux services de justice pour enfants;
28.
relève que l’écart important entre garçons et filles en matière de détention d’enfants reflète également des formes particulières et parfois moins visibles d’oppression des femmes et des filles et de privation de leurs droits et libertés, y compris des formes spécifiques de violence telles que les meurtres d’honneur et les mariages forcés; invite la Commission à étudier des actions supplémentaires pour faire face à ces formes spécifiques de violence dans le cadre de l’examen à mi-parcours du troisième plan d’action de l’Union européenne sur l’égalité entre les hommes et les femmes, notamment des perspectives innovantes dans le cadre des dialogues politiques et des dialogues au sujet des droits fondamentaux avec les pays tiers;
29.
invite l’Union et les États membres à aider les pays tiers à dispenser aux autorités compétentes, y compris aux juges, une formation spécialisée sur les droits et les besoins des enfants;
30.
relève que les filles vivant dans la rue sont particulièrement vulnérables, car elles sont souvent arrêtées et détenues pour des accusations liées à la prostitution, et que des études relatives aux arrestations de filles montrent qu’elles sont bien plus susceptibles que les garçons d’être arrêtées pour des infractions liées au statut; condamne le fait que, dans les pays où l’avortement est pénalisé, les filles risquent d’être placées en détention pour la seule décision de mettre fin à une grossesse; condamne le fait que, pendant qu’elles sont privées de liberté, les filles sont particulièrement exposées au harcèlement sexuel, entre autres formes de violence sexiste;
31.
relève que dans plusieurs pays, les jeunes LGBTIQ+ sont plus susceptibles d’être arrêtés et détenus pour des infractions liées au statut et d’autres infractions non violentes, qu’ils sont souvent détenus dans des établissements qui ne sont pas adaptés à leur genre et qu’ils sont particulièrement vulnérables aux violences;
32.
insiste sur la nécessité de dépénaliser les infractions liées au statut;
33.
invite la Commission et le SEAE à encourager les partenaires de pays tiers à ratifier le protocole facultatif se rapportant à la convention contre la torture et à mettre en place des mécanismes nationaux de prévention indépendants et efficaces, dotés d’une expertise particulière pour effectuer des visites dans des lieux où les enfants sont ou pourraient être privés de liberté; se félicite du fait que la convention relative aux droits de l’enfant soit la convention sur les droits de l’homme la plus largement ratifiée, et demande de toute urgence sa ratification complète et universelle; prie instamment tous les pays de ratifier le troisième protocole facultatif à la convention relative aux droits de l’enfant établissant une procédure de présentation des communications, qui permet aux enfants de demander réparation en cas de violation de leurs droits;
34.
demande un renforcement des actions en faveur des enfants disparus ou enlevés grâce à l’échange d’informations au niveau régional et international, ainsi que des efforts conjoints visant à rendre les enfants à leurs parents ou tuteurs légaux;
35.
rappelle que les politiques publiques sont efficaces lorsque leur élaboration s’appuie sur des données complètes, actualisées et fiables; encourage l’Union et ses États membres à proposer une assistance sur mesure et un soutien méthodologique aux autorités des pays tiers en matière de collecte de données, notamment en ce qui concerne les moyens techniques et les cadres juridiques, afin de faciliter le partage de données entre les institutions publiques ainsi qu’avec les acteurs non étatiques concernés (par exemple les organisations internationales); insiste sur la nécessité de collecter systématiquement des données ventilées afin de mieux comprendre les parcours qui mènent des garçons et des filles à la détention dans toutes les situations où des enfants se trouvent privés de liberté;
36.
déplore que, depuis l’adoption des orientations de l’Union pour la promotion et la protection des droits de l’enfant en 2017, le SEAE n’ait procédé à aucun examen; estime qu’il est urgent de lancer une analyse d’impact sur la manière dont les délégations de l’Union mettent en œuvre les lignes directrices dans les pays tiers;
37.
invite la Commission et le SEAE à aborder systématiquement les droits de l’enfant dans le cadre du dialogue politique avec les pays partenaires, comme c’est déjà le cas dans le cadre des négociations d’adhésion et du processus de stabilisation et d’association;
Les enfants dans l’administration de la justice
| 38. | invite le SEAE et la Commission à proposer, dans tous leurs programmes de coopération sur le renforcement des capacités en matière d’état de droit et de justice, un chapitre spécifique axé sur le soutien à apporter aux autorités des pays tiers pour mettre en place des systèmes judiciaires efficaces pour les enfants, qui porterait notamment sur l’application de mesures de déjudiciarisation dès le début de la procédure pénale et à chaque étape de celle-ci, le maintien ou le relèvement de l’âge de la responsabilité pénale conformément à la recommandation de l’étude mondiale des Nations unies, la dépénalisation des infractions liées au statut, la mise en place de mécanismes d’information et de participation adaptés aux enfants, et à envisager des moyens de réduire la durée de détention au minimum lorsque celle-ci est inévitable; |
| 39. | demande des efforts accrus pour faire en sorte que tous les enfants détenus puissent jouir des droits consacrés par la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant et soient traités avec humanité et dans le respect de la dignité inhérente à toute personne humaine; demande l’interdiction de la violence physique et psychologique comme mesure de discipline en détention; |
| 40. | invite le SEAE et la Commission à poursuivre, en collaboration avec les partenaires de pays tiers, le développement de programmes de formation destinés au personnel de la justice et des services répressifs afin de mettre au point des auditions et des procédures adaptées aux enfants, et de déterminer la meilleure manière d’obtenir le point de vue des enfants, étant donné qu’ils ont le droit de participer aux décisions conduisant à leur privation de liberté et de former un recours contre celles-ci; souligne que tous les enfants ont le droit d’avoir accès à une aide juridique, à une représentation et à des services gratuits, y compris en matière de santé mentale et de soutien psychologique, à des spécialistes de l’enfance et à des praticiens du droit de confiance, qui peuvent faire la différence dans l’expérience que fait l’enfant du système judiciaire et dans l’issue de l’affaire; |
Les enfants et les personnes qui en ont la garde
| 41. | souligne que les États devraient, dans toute la mesure du possible, s’abstenir de placer en détention les personnes qui ont la garde de très jeunes enfants et, si ce n’est pas le cas, créer des «unités parent-enfant» adaptées aux enfants dans les prisons, mettre en place une structure spécifique pour les soins et les traitements prénatals, périnatals et postnatals, et avoir pour objectif de libérer les enfants avec leurs parents; rappelle qu’il convient de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité, la dignité et le développement de tout enfant vivant avec un parent en prison et de lui assurer à tout moment une protection contre la violence, les traumatismes et les situations préjudiciables; |
| 42. | rappelle les recommandations du Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants visant à faciliter l’imposition de solutions autres que la détention dans le cas des filles enceintes et des jeunes mères afin d’éviter les situations dans lesquelles des enfants vivent en détention; |
| 43. | souligne que les autorités devraient intégrer des évaluations de l’intérêt supérieur de l’enfant dans tous les processus décisionnels dans le cadre desquels la mise en détention d’un parent pourrait entraîner la privation de liberté d’un enfant, y compris les décisions préalables au procès, les décisions de condamnation et tout type de décision relative au séjour éventuel d’un enfant en prison avec un parent qui en a la garde et à la durée de ce séjour; |
| 44. | invite les pays partenaires à adopter des lois et des règlements qui soutiennent et privilégient les solutions non privatives de liberté plutôt que les solutions privatives de liberté pour les parents d’enfants à charge, et à encourager l’évaluation judiciaire de chaque cas individuel sur la base des critères de nécessité, de proportionnalité et de bien-fondé lors de l’examen des décisions de détention provisoire et de condamnation; |
| 45. | invite la Commission et le SEAE à soutenir les pays partenaires dans l’élaboration de programmes de réhabilitation pour les personnes ayant la charge d’un enfant au sein des prisons, lesquels devraient inclure des mécanismes de protection de l’enfant afin de prévenir la stigmatisation, et à encourager le renforcement de la coopération et de la coordination entre les services publics compétents et les organisations de la société civile afin de réintégrer les enfants dans la société lorsqu’ils sortent de centres de détention; |
Enfants migrants
| 46. | rappelle qu’en règle générale, les enfants migrants ne devraient pas être placés en rétention, mais placés dans un logement avec des dispositions spéciales pour les mineurs, y compris, le cas échéant, dans des installations de proximité non privatives de liberté; souligne que les États devraient mettre en place des garanties appropriées pour protéger tous les enfants migrants présents sur leur territoire, notamment en adoptant des mesures pour que les enfants disposent d’un logement sûr et adapté et des services de soutien nécessaires pour veiller à leur intérêt supérieur et à leur bien-être; |
| 47. | se déclare préoccupé par le nombre croissant de pays qui retiennent les migrants, les demandeurs d’asile et les réfugiés, parmi lesquels des enfants, dans divers établissements temporaires ou permanents, tels que des établissements pénitentiaires ou d’autres établissements destinés à des fins répressives, ou dans divers autres établissements temporaires ou permanents dont ils n’ont pas la possibilité de sortir ou dont ils ne peuvent sortir qu’à certains moments et sous certaines conditions, et qui ne respectent pas les normes minimales de sécurité et d’hygiène; souligne que les conditions d’accueil doivent être adaptées à la situation spécifique des mineurs et à leurs besoins particuliers en matière d’accueil, qu’ils soient non accompagnés ou avec leur famille, en tenant compte de leur sécurité, y compris la protection contre les violences sexuelles et sexistes et la prise en charge de leur santé physique et affective, et qu’elles doivent favoriser leur développement général; |
| 48. | déplore que des enfants soient parfois séparés de leurs parents et de leurs tuteurs légaux ou placés dans des centres éloignés de ceux-ci, ce qui ne fait qu’aggraver le traumatisme de la migration, accroît leur sentiment de menace et d’insécurité, et a une incidence négative sur le développement de ces enfants; souligne que la séparation des familles ou la rétention de migrants ne servent jamais l’intérêt supérieur de l’enfant; souligne que la détention des familles et des enfants, que ces derniers soient accompagnés ou non et détenus avec leur famille ou non, n’est jamais dans leur meilleur intérêt et viole toujours les droits de l’enfant; |
| 49. | estime que les enfants non accompagnés devraient se voir fournir une protection de remplacement et un hébergement conformes aux lignes directrices des Nations unies relatives à la protection de remplacement pour les enfants, et que les États devraient faire en sorte que les enfants réfugiés aient accès à des procédures d’asile ainsi qu’à une protection et à une aide humanitaire adéquates, y compris le regroupement familial, l’éducation et les soins de santé; |
| 50. | estime que des voies d’accès sûres et légales et des solutions de proximité non privatives de liberté doivent être trouvées pour mettre un terme à la détention des enfants migrants et de leurs familles; estime que le fait qu’un enfant soit privé de liberté ne dépend pas du nom ou de la classification attribués par l’État à l’institution où celui-ci est retenu, mais du fait que l’existence et la sévérité des restrictions imposées équivalent à une privation de liberté; demande l’adoption de procédures de signalement et d’identification des migrants adaptées aux enfants; invite, dans ce contexte, les États membres de l’Union à montrer l’exemple et à aider les pays de transit et de destination à mettre fin à cette pratique; |
| 51. | relève que les familles avec des enfants ne peuvent pas être expulsées vers des pays où il existe un risque important de mariage forcé; |
| 52. | souligne que la détention ou la criminalisation des mineurs pour des raisons liées à l’immigration n’est jamais dans l’intérêt supérieur de l’enfant; rappelle que les États ont l’obligation de protéger et de respecter les droits et l’intérêt supérieur de l’enfant à tout moment, indépendamment de son statut migratoire ou de celui de ses parents, en garantissant la disponibilité et l’accessibilité d’une gamme suffisante de solutions de substitution à la détention qui ne soient pas privatives de liberté, en encourageant une prise en charge de proximité qui garantisse l’accès à l’éducation et aux soins de santé et qui respecte son droit à la vie familiale et à l’unité familiale, et en s’efforçant de limiter la pratique de la détention d’enfants dans le cadre des migrations internationales, dans l’optique d’y mettre un terme; |
| 53. | constate avec inquiétude que, dans certains cas, les enfants migrants sont traités comme des migrants adultes et privés de liberté parce qu’ils ne disposent pas d’un acte de naissance et qu’il n’est pas possible de déterminer leur âge; invite les pays partenaires à faire en sorte que le développement de l’enfant soit évalué rapidement, de manière adaptée et en tenant compte de la dimension de genre, et que cette évaluation soit réalisée par des spécialistes de la pédiatrie et d’autres experts médicaux dont il devrait être possible de contester les décisions avec toutes les garanties juridiques requises; |
Enfants touchés par un conflit
| 54. | signale qu’en 2022, plus d’un enfant sur six vivait dans une zone de conflit; rappelle que les enfants détenus dans le cadre d’une occupation ou d’un conflit armé doivent être considérés avant tout comme des victimes et ne doivent jamais être détenus ou punis pour leur seule appartenance à des forces ou groupes armés; souligne qu’il est nécessaire de mettre en place des soins de santé mentale et des soins psychosociaux adéquats ainsi que des mesures éducatives pour permettre aux enfants de réintégrer leur communauté et de trouver leur place dans la société après le conflit, afin de prévenir et d’empêcher la transmission de la violence à la génération suivante et d’éviter que les efforts de consolidation de la paix ne soient compromis; souligne qu’il est nécessaire de faire en sorte que les garçons et les filles qui étaient auparavant associés aux forces armées et aux groupes armés bénéficient d’un accès égal à l’aide à la réintégration et à la réhabilitation, et de veiller à ce qu’ils réintègrent leurs familles; souligne que les personnes et les organisations responsables de la privation de la liberté et des droits fondamentaux d’enfants doivent être tenues responsables; |
| 55. | souligne qu’il importe de condamner les groupes armés et les organisations terroristes qui utilisent des enfants pour parvenir à leurs fins; |
| 56. | se félicite de la nouvelle série de priorités communes de l’Union et des Nations unies pour la période 2022-2027 et de leur engagement commun visant à inclure les enfants touchés par les conflits armés dans leurs priorités transversales; insiste sur la nécessité de créer des voies de réintégration et de réparation pour les enfants qui ont été victimes de violations de leurs droits et d’intégrer le programme des Nations unies sur les enfants et les conflits armés dans toutes les politiques extérieures de l’Union; |
| 57. | invite la Commission et le VP/HR à redoubler d’efforts pour prévenir et faire cesser les violations graves commises à l’encontre des enfants privés de liberté dans le cadre de conflits armés, notamment l’oppression brutale, la déportation, la séparation des familles et l’adoption forcées, celles-ci étant assimilables à des crimes contre l’humanité et représentant un risque grave de génocide; souligne qu’il importe de progresser sur la question des enfants et des conflits armés dans le cadre de l’action extérieure de l’Union et des politiques de sécurité et de lutte contre le terrorisme, en se concentrant particulièrement sur les territoires et les pays où des groupes armés et des organisations terroristes sont actifs, et d’englober le sujet dans les opérations de la politique de sécurité et de défense commune, les réformes du secteur de la sécurité et la médiation; demande à l’Union et aux États membres d’agir urgemment, avec la communauté internationale, afin de faciliter le retour des enfants déportés de force, séparés de leur famille ou adoptés vers leurs représentants légaux ou leur pays d’origine; |
| 58. | appelle l’Union et ses États membres à prendre toutes les mesures nécessaires, conformément à la convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide, afin de mettre un terme à ces atrocités et de garantir que les responsables des crimes commis répondent de leurs actes, y compris au moyen de mécanismes internationaux de responsabilisation; |
| 59. | prend note des conclusions du récent rapport du secrétaire général des Nations unies sur les enfants et les conflits armés, qui montre que la détention d’enfants continue d’être utilisée comme arme politique dans de nombreux pays; se félicite de l’inclusion des forces armées russes dans la liste annuelle des parties à des conflits qui ont commis des violations graves des droits de l’enfant; |
| 60. | insiste sur le fait que les personnes responsables de violations graves des droits de l’homme, notamment de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, doivent être tenues responsables; se félicite du régime mondial de sanctions de l’Union en matière de droits de l’homme (loi Magnitsky de l’Union), et demande un élargissement de la liste des sanctions de l’Union y afférente, en particulier pour y inclure toutes les personnes et entités identifiées comme étant responsables de la préparation et de l’organisation de déportations forcées et d’adoptions forcées d’enfants; |
| 61. | souligne que les enfants associés à des groupes classés comme terroristes ou extrémistes violents sont victimes et non coupables; rappelle que les États sont responsables de leurs ressortissants mineurs détenus à l’étranger; invite les États membres de l’Union concernés à garantir la protection et le rapatriement de leurs ressortissants mineurs qui sont emprisonnés ou détenus dans des pays tiers; regrette que certains groupes et forces armées placent des enfants en détention comme punition ou retiennent des enfants en otage, comme l’indique l’étude mondiale des Nations unies; |
| 62. | demande aux pays européens de mettre en place des programmes de réintégration pour les enfants nés dans des camps de combattants ou de prisonniers; |
| 63. | considère que les États devraient exclure explicitement les enfants de leur législation nationale en matière de lutte contre le terrorisme et de sécurité et veiller à ce que les enfants suspectés d’infractions à la sécurité nationale soient traités uniquement dans le cadre de systèmes de justice pour mineurs; |
| 64. | condamne les actes horribles commis par les forces de renseignement et de sécurité, y compris la rétention d’enfants et, en outre, la torture, le viol et d’autres violences sexuelles, contre des manifestants mineurs détenus afin de les punir, de les humilier et de les dissuader de prendre part aux manifestations nationales; ° ° ° |
| 65. | charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission. |
(1) JO L 223 du 22.6.2021, p. 14
(2) JO C 232 du 16.6.2021, p. 2
(3) JO C 474 du 24.11.2021, p. 146
(4) JO C 465 du 6.12.2022, p. 44
(5) JO C 434 du 15.11.2022, p. 50.
(6) JO C 125 du 5.4.2023, p. 67.
(7) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0240.
(8) JO C 493 du 27.12.2022, p. 96.
(9) JO C 465 du 6.12.2022, p. 33.
(10) JO C 479 du 16.12.2022, p. 68.
(11) Toutes les données mentionnées ci-dessus sont tirées de l’étude mondiale des Nations unies sur les enfants privés de liberté.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4168/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
Initiative législative — 52023IE0430
14/12/2023
Initiative législative — 52023IE0848
14/12/2023
Initiative législative — 52023IE1864
14/12/2023
Initiative législative — 52023IE1906
14/12/2023