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Initiative législative — 52023IP0471

CELEX52023IP0471
TypeInitiative législative
Datemercredi 13 décembre 2023

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/4173

2.8.2024

P9_TA(2023)0471

30 ans des critères de Copenhague - donner un nouvel élan à la politique d'élargissement de l'Union européenne

Résolution du Parlement européen du 13 décembre 2023 sur les 30 ans des critères de Copenhague – donner un nouvel élan à la politique d’élargissement de l’Union européenne (2023/2987(RSP))

(C/2024/4173)

Le Parlement européen,

—

vu le traité sur l’Union européenne (traité UE), et notamment son article 49,

—

vu sa résolution du 22 novembre 2023 sur les projets du Parlement européen tendant à la révision des traités (1),

—

vu les conclusions de la présidence du Conseil européen de Copenhague des 21 et 22 juin 1993, également connues sous le nom de «critères de Copenhague»,

—

vu la déclaration de Thessalonique du 21 juin 2003 du sommet UE-Balkans occidentaux, concernant la perspective d’adhésion des pays des Balkans occidentaux à l’Union européenne,

—

vu la communication de la Commission du 5 février 2020 intitulée «Renforcer le processus d’adhésion – Une perspective européenne crédible pour les Balkans occidentaux» (COM(2020)0057),

—

vu sa recommandation du 23 novembre 2022 à l’intention du Conseil, de la Commission et du vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité concernant la nouvelle stratégie de l’Union européenne en matière d’élargissement (2),

—

vu sa recommandation du 19 juin 2020 au Conseil, à la Commission et au vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité concernant les Balkans occidentaux, à la suite du sommet de 2020,

—

vu les conclusions du Conseil européen des 23 et 24 juin 2022 et des 29 et 30 juin 2023,

—

vu le paquet «Élargissement» du 8 novembre 2023, adopté par la Commission,

—

vu les principes fondateurs de l’Union européenne, notamment l’engagement en faveur de la démocratie, de l’état de droit et du respect des droits de l’homme,

—

vu la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,

—

vu l’article 132, paragraphes 2 et 4, de son règlement intérieur,

A.

considérant que l’élargissement est l’un des instruments les plus efficaces de la politique étrangère de l’Union et l’une des politiques les plus réussies à ce jour pour stimuler les réformes nécessaires, tant au sein de l’Union que dans les pays candidats; qu’il demeure un investissement géopolitique stratégique et tourné vers l’avenir en faveur de la paix, de la sécurité, de la stabilité, de la coopération, des valeurs partagées et de la prospérité sur le continent européen;

B.

que les précédents cycles d’élargissement ont permis de renforcer le marché unique, de stimuler la croissance économique et d’accroître l’influence de l’Union à l’échelle mondiale;

C.

considérant que l’efficacité de l’élargissement a considérablement diminué ces dernières années en raison de l’incapacité de l’Union, et notamment du Conseil, à tenir ses promesses; que les retards indus et les vetos au sein du Conseil ont considérablement entamé la crédibilité de l’Union et sa capacité à encourager les transformations politiques dans les pays candidats à l’élargissement; que le Parlement est incontestablement l’institution de l’Union la plus engagée en faveur de l’élargissement;

D.

considérant qu’il y a plus de 30 ans, les 21 et 22 juin 1993, les douze chefs d’État ou de gouvernement de l’Union européenne de l’époque se sont réunis à Copenhague et ont adopté un ensemble de critères pour l’adhésion à l’Union, notamment en ce qui concerne la démocratie, l’état de droit, les droits de l’homme, l’économie de marché et la capacité à mettre en œuvre efficacement l’acquis de l’Union; que les critères de Copenhague sont essentiels pour garantir que les pays qui aspirent à adhérer à l’Union partagent les valeurs communes, disposent d’institutions stables et sont en mesure de mettre en œuvre avec efficacité la législation de l’Union;

E.

considérant que, conformément à l’article 2 du traité UE, l’Union est fondée sur les valeurs de démocratie, d’état de droit et de respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités, qui font partie des critères de Copenhague et que tous les États membres ont l’obligation de respecter à tout moment; que le mécanisme européen de l’état de droit a été conçu pour garantir la protection efficace et cohérente de l’état de droit dans tous les États membres;

F.

considérant que, compte tenu de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et de la menace croissante que fait peser la Russie sur la paix et la stabilité en Europe, une politique d’élargissement renforcée reste un instrument stratégique très puissant dont dispose l’Union pour protéger et promouvoir la paix, la sécurité, la stabilité, la coopération et les valeurs démocratiques sur le continent européen;

G.

considérant que l’adhésion à l’Union européenne doit toujours être une procédure fondée sur le mérite, dans le cadre de laquelle chaque candidat est évalué sur la base de ses mérites propres au regard du respect des critères de Copenhague, en particulier le plein respect des droits de l’homme, de la démocratie et de l’état de droit, afin que l’élargissement renforce l’Union et son marché unique plutôt qu’il ne les affaiblisse; que le processus d’adhésion est défini à l’article 49 du traité UE; que la capacité d’intégration de l’Union doit également être prise en compte, comme le prévoient les conclusions du Conseil européen de Copenhague de 1993; que le Parlement a demandé que des délais clairs soient fixés pour la conclusion des négociations avec les pays en voie d’adhésion, au plus tard à la fin de la décennie en cours;

H.

considérant qu’une réforme des structures de gouvernance de l’Union, y compris la rationalisation des procédures décisionnelles, est déjà nécessaire dans la composition actuelle de l’Union et constitue une condition nécessaire au fonctionnement correct et efficace d’une Union européenne élargie; qu’une Union réformée et fonctionnant mieux est dans l’intérêt tant des États membres actuels que des futurs États membres;

I.

considérant que le programme d’élargissement a pris un nouvel élan en juin 2022; que, dans son paquet «Élargissement» de 2023, la Commission a recommandé d’entamer des négociations d’adhésion avec l’Ukraine et la République de Moldavie, ainsi qu’avec la Bosnie-Herzégovine, dès que les mesures nécessaires auront été mises en œuvre, et d’accorder le statut de pays candidat à la Géorgie dès que les critères d’adhésion pertinents seront remplis; que les 14 et 15 décembre 2023, le Conseil européen prendra une décision sur ces recommandations; que le Monténégro, la Serbie, la Macédoine du Nord, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Turquie, la République de Moldavie et l’Ukraine sont actuellement des pays candidats à l’adhésion à l’Union; que le Kosovo et la Géorgie sont considérés comme des «pays candidats potentiels»; que le Conseil européen a accordé le statut de pays candidat à l’Ukraine et à la République de Moldavie les 23 et 24 juin 2022, et à la Bosnie-Herzégovine le 15 décembre 2022;

J.

considérant que, dans sa communication de 2023 sur la politique d’élargissement de l’Union, la Commission note que les pays visés par l’élargissement devront agir avec plus de détermination pour mettre en œuvre les réformes nécessaires et réaliser des progrès tangibles concernant les éléments fondamentaux afin de tirer pleinement parti de la nouvelle dynamique insufflée à cette politique;

K.

considérant que, le 17 octobre 2023, le Premier ministre arménien, Nikol Pachinyan, a déclaré devant le Parlement européen que la République d’Arménie est prête à se rapprocher de l’Union européenne, dans la mesure où l’Union européenne le juge possible;

1.

à la lumière de ce qui précède, invite instamment le Conseil européen des 14 et 15 décembre 2023 à approuver les recommandations de la Commission présentées le 8 novembre 2023 dans son paquet «Élargissement» de 2023, et à décider d’ouvrir des négociations d’adhésion avec l’Ukraine et la République de Moldavie, d’ouvrir des négociations d’adhésion avec la Bosnie-Herzégovine et d’accorder le statut de pays candidat à la Géorgie, étant entendu que certaines mesures doivent être prises; salue le nouveau plan de croissance pour les Balkans occidentaux annoncé par la Commission européenne à l’occasion de la présentation du paquet «Élargissement» de 2023; invite le Conseil à adopter également sans délai le cadre de négociation, une fois que les exigences applicables à chacun des pays candidats seront remplies, afin d’entamer rapidement les négociations d’adhésion;

2.

commémore le 30e anniversaire des critères de Copenhague, en appréciant leur importance historique dans la mise en place d’un cadre clair et efficace pour l’élargissement de l’Union et en célébrant les réalisations et les progrès réalisés par différentes nations sur la voie de l’adhésion à l’Union européenne; se réjouit de l’intérêt et de la volonté politique d’adhérer à l’Union dont ont fait preuve tant de pays, et reconnaît les efforts considérables déployés par de nombreux pays candidats pour satisfaire aux conditions d’adhésion; réaffirme son engagement en faveur de la future adhésion des pays candidats et des pays candidats potentiels à l’Union européenne; souligne la nécessité d’établir un calendrier clair pour l’élargissement de l’Union afin que les pays candidats à l’adhésion à l’Union puissent conclure les négociations d’adhésion à l’Union d’ici la fin de la décennie en cours; met en avant qu’il ne devrait pas exister de procédures accélérées pour les adhésions; souligne qu’il ne peut y avoir de raccourcis en ce qui concerne les valeurs fondamentales;

3.

réaffirme l’importance des critères de Copenhague pour garantir que les pays candidats et les pays candidats potentiels fassent preuve d’un engagement cohérent et durable en faveur de la démocratie, de l’état de droit, des droits de l’homme, du respect et de la protection des minorités et des réformes économiques, tout en s’adaptant à l’évolution des besoins et des défis de l’Union; invite la Commission et le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) à appliquer une approche plus crédible et davantage fondée sur le mérite, fermement attachée aux critères de Copenhague;

4.

estime que l’élargissement revêt une importance stratégique pour l’Union, d’autant plus face à la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine; souligne qu’une politique d’élargissement renforcée constitue désormais l’un des instruments géopolitiques les plus puissants dont dispose l’Union et qu’il n’existe plus de zones grises dans son voisinage; souligne que l’élargissement est un investissement stratégique dans la paix, la sécurité, la stabilité et la prospérité, ainsi qu’un moteur pour la démocratie et les valeurs européennes sur le continent;

5.

souligne l’importance géopolitique d’inclure les pays des Balkans occidentaux, l’Ukraine, la République de Moldavie et la Géorgie dans l’Union, en insistant sur les nombreux efforts qu’ils déploient actuellement et sur l’importance de leur intégration pour la stabilité et la sécurité régionales, et en encourageant la poursuite du dialogue et de la coopération en vue de résoudre les conflits et les différences actuels; déplore vivement, à cet égard, les déclarations du Premier ministre hongrois concernant l’ouverture des négociations d’adhésion avec l’Ukraine et le changement de politique de ce pays vis-à-vis du Kosovo, et constate que les déclarations de Viktor Orban font obstacle au processus d’élargissement de l’Union; rappelle au Conseil que la reprise par la Hongrie de la présidence de l’Union en juillet 2024 pourrait avoir des conséquences négatives;

6.

réaffirme son inquiétude au vu d’informations selon lesquelles le commissaire chargé du voisinage et de l’élargissement, Olivér Várhelyi, chercherait délibérément à éluder et à affaiblir le caractère central des réformes dans les pays candidats à l’adhésion à l’Union dans les domaines de la démocratie et de l’état de droit; réitère sa demande à la Commission d’ouvrir une enquête indépendante sur cette question et d’en rendre compte au Parlement et au Conseil;

7.

se félicite de la volonté du gouvernement arménien de se rapprocher de l’Union européenne et invite la Commission à envisager d’aller au-delà de l’accord de partenariat global et renforcé dans les relations bilatérales;

8.

conclut que le gouvernement turc n’a aucun intérêt à combler l’écart qui persiste et se creuse entre la Turquie et l’Union en ce qui concerne les valeurs et les normes, étant donné qu’il a fait preuve d’un manque manifeste de volonté politique ces dernières années pour mener à bien les réformes nécessaires, en particulier en ce qui concerne l’état de droit et les droits fondamentaux, ainsi que la protection et l’inclusion de toutes les minorités ethniques, religieuses et sexuelles; conclut en outre que le gouvernement turc n’a manifesté aucun intérêt pour le respect et la défense des critères de Copenhague ni pour s’aligner sur les politiques et les objectifs de l’Union;

9.

souligne que l’adhésion à l’Union doit avoir lieu conformément à l’article 49 du traité UE, dans le respect des procédures applicables et des critères établis, en particulier les critères de Copenhague pour l’adhésion à l’Union; souligne que l’adhésion devrait toujours rester un processus fondé sur le mérite qui nécessite l’adoption et la mise en œuvre des réformes pertinentes par les pays des Balkans occidentaux, l’Ukraine, la République de Moldavie et la Géorgie, en particulier dans les domaines de la démocratie, de l’état de droit, des droits de l’homme, des libertés fondamentales, du respect et de la protection des minorités, de l’économie de marché et de la mise en œuvre de l’acquis de l’Union; salue les efforts déployés par les autorités de nombre des pays candidats et candidats potentiels pour faire avancer leur programme de réformes et les encourage à redoubler d’efforts pour progresser sur la voie de l’adhésion à l’Union, conformément aux recommandations de la Commission; espère des progrès concrets dans les prochains temps dans le cadre du dialogue entre Belgrade et Pristina mené grâce à la médiation de l’Union et attend des parties concernées qu’elles honorent leurs engagements; demande une nouvelle fois à la Commission et au Conseil de lever les mesures restrictives prises à l’encontre du Kosovo; souligne qu’il importe d’éviter d’utiliser les différends bilatéraux et régionaux non résolus pour bloquer les processus d’adhésion des pays candidats lors du processus d’élargissement de l’Union; invite la Commission à proposer un mécanisme permettant de garantir que la résolution et l’arbitrage de ces litiges soient traités séparément de la question de l’adhésion des pays candidats à l’Union; relève que l’utilisation des questions bilatérales par les États membres à leur profit est contraire à l’esprit des traités de l’Union; déplore, dans ce contexte, la résurgence d’exigences historiques unilatérales de certains États membres, qui entravent la progression de certains pays candidats sur la voie de leur adhésion à l’Union et nuisent considérablement à la crédibilité de cette dernière;

10.

se félicite de la proposition de règlement de la Commission établissant la facilité pour l’Ukraine (3), qui soutiendra également les réformes liées à l’adhésion; réaffirme sa position sur la facilité, telle qu’adoptée en octobre 2023; s’inquiète de l’absence de progrès dans la procédure législative et invite instamment le Conseil à adopter rapidement une orientation générale sur le règlement et la révision globale du cadre financier pluriannuel, afin que les négociations interinstitutionnelles puissent commencer sans plus tarder;

11.

est fermement convaincu que l’alignement sur la politique étrangère et de sécurité commune de l’Union est une nécessité absolue pour les pays candidats et les pays candidats potentiels, et qu’il s’agit également d’un moyen de démontrer le plein respect des principes fondamentaux de l’Union et d’un indicateur important pour une future adhésion durable; réaffirme que l’adhésion ne peut se faire que si un pays s’aligne sur les sanctions de l’Union à l’encontre de la Russie en raison de sa guerre d’agression menée contre l’Ukraine;

12.

invite l’Union et ses États membres à accélérer l’intégration des pays qui font preuve d’une orientation stratégique et d’un engagement sans faille en faveur des réformes liées à l’Union, de la consolidation démocratique, des valeurs fondamentales et de l’alignement de la politique étrangère et de sécurité;

13.

encourage l’application cohérente des normes et des règles à tous les pays candidats et invite la Commission à veiller à ce que le processus d’élargissement reste efficace, transparent et intègre et à ce que toutes les décisions soient prises d’une manière équitable, impartiale et conforme aux principes fondamentaux de l’Union;

14.

demande à la Commission d’appliquer des conditions strictes et d’évaluer formellement les pays candidats à l’adhésion dans le cadre du mécanisme européen de protection de l’état de droit afin de donner une idée objective et claire de la situation et d’éviter ainsi un manque persistant de progrès, de graves lacunes et une régression; prend acte des efforts limités déployés par certains pays concernés par l’élargissement pour satisfaire aux conditions d’adhésion conformément aux critères de Copenhague; déplore l’absence grave et inquiétante de progrès, voire le recul, constaté chez certains pays de l’élargissement sur la voie de leur adhésion à l’Union; invite la Commission, à cet égard, à ne verser des fonds qu’aux pays qui produisent des résultats tangibles et mettent en œuvre des réformes dans le domaine des «questions fondamentales»;

15.

demande à l’Union de s’assurer qu’elle se prépare également à accueillir dans son marché unique tout pays candidat à l’adhésion à l’Union dès que ce pays aura démontré sa capacité à assumer les obligations requises et à instaurer un état de droit solide; préconise, dans ce contexte, la mise en place de modèles de conditionnalité positive en cas de progrès, pour permettre la participation au marché unique de l’Union, ainsi qu’à d’autres politiques et initiatives européennes sur la base d’un plan d’action prioritaire et de programmes sectoriels appropriés, et pour permettre l’accès aux financements pertinents de l’Union, grâce à quoi les citoyens des pays candidats pourront bénéficier des avantages de l’adhésion au cours du processus et non pas seulement à son achèvement; plaide également pour le déclenchement d’une conditionnalité négative en cas de recul ou d’absence persistante de progrès, sous la forme d’une suspension du financement de la préadhésion et des négociations d’adhésion; recommande en particulier de prévoir une obligation de rendre compte plus stricte et plus contraignante en ce qui concerne l’utilisation de ces fonds; souligne que les avantages et les initiatives tels que la Communauté politique européenne ne constituent pas des alternatives à l’élargissement, car cela affaiblirait les aspirations légitimes des pays qui souhaitent devenir des États membres de l’Union;

16.

demande qu’il soit envisagé de nommer un négociateur en chef de l’Union, qui serait responsable devant le Parlement européen, pour mener des négociations dans le cadre d’un large mandat pour chaque pays;

17.

souligne qu’il est nécessaire de renforcer le contrôle parlementaire de la politique d’élargissement de l’Union; insiste pour que le rôle du Parlement soit renforcé tout au long du processus d’adhésion, y compris en lui permettant de contrôler pleinement les progrès accomplis par de nombreux pays candidats et pays candidats potentiels dans tous les domaines d’action; invite la Commission et le Conseil à tenir dûment compte des préoccupations et des demandes formulées par le Parlement; souligne la fonction spécifique des organes parlementaires dans les pays de l’élargissement et demande que leur rôle dans le processus d’adhésion à l’Union soit renforcé, au vu de leur contribution spécifique et essentielle au processus de réforme requis en matière de rapprochement législatif, de contrôle et de communication avec les citoyens;

18.

insiste sur l’importance de mener des réformes internes à l’Union parallèlement au processus d’élargissement, afin de renforcer la capacité de l’Union à intégrer efficacement les nouveaux membres, comme le prévoient les conclusions du Conseil européen de Copenhague de 1993, de veiller à ce que le processus d’élargissement contribue positivement à la cohésion et à la stabilité globales de l’Union et de renforcer la capacité d’action de l’Union en réformant le processus décisionnel, notamment par l’introduction du vote à la majorité qualifiée, y compris pour les décisions en matière de politique étrangère et de sécurité et dans les domaines d’importance pour le processus d’adhésion; plaide pour la suppression, en particulier, de l’exigence d’unanimité pour décider de l’ouverture du processus de négociation, ainsi que de l’ouverture et de la clôture des différents volets et chapitres de négociation, mais souligne que la décision finale sur l’adhésion de chaque pays candidat doit demeurer unanime; appelle en outre à garantir le bon fonctionnement d’une Union élargie dans son ensemble; rappelle qu’il serait également possible de progresser vers la suppression du vote à l’unanimité en tirant pleinement parti des possibilités offertes par le traité de Lisbonne; rappelle que la mise en œuvre de réformes permettra d’assurer le bon fonctionnement d’une Union élargie dans son ensemble, parallèlement aux négociations d’adhésion avec les pays candidats, de telle sorte que l’Union soit prête à accueillir de nouveaux membres dans un délai raisonnable et au plus tard d’ici la fin de la décennie actuelle;

19.

demande la mise en place d’un mécanisme solide permettant d’assurer le suivi des réformes et des progrès réalisés par les pays candidats en ce qui concerne le respect des critères politiques; recommande, en particulier, qu’un mécanisme de suivi spécifique et efficace soit mis en place pour protéger les valeurs fondamentales et les intérêts financiers de l’Union dans le cadre des procédures d’adhésion; préconise, dans la perspective du prochain élargissement, de renforcer le mécanisme de protection de l’état de droit et des principes et valeurs fondamentaux de l’Union, ainsi que des moyens de contrôle de leur respect; insiste sur la nécessité d’un mécanisme plus large de conditionnalité liée à l’état de droit couvrant l’intégralité du budget de l’Union et l’ensemble de ses valeurs fondamentales, telles qu’énoncées à l’article 2 du traité UE;

20.

demande de nouveau à la Commission de mettre en œuvre les recommandations du rapport spécial no 01/2022 de la Cour des comptes européenne afin de s’assurer que l’assistance financière de l’Union défend efficacement l’état de droit dans les Balkans occidentaux, notamment en arrêtant des lignes directrices et des critères de référence clairs sur l’application des dispositions de l’instrument d’aide de préadhésion (IAP III) relatives à la modulation et à la conditionnalité; demande instamment à la Commission d’ajouter les nouveaux pays candidats à l’IAP III;

21.

invite la Commission à tenir compte des réflexions en cours sur les perspectives de réforme à long terme des politiques de l’Union dans le contexte du processus d’élargissement;

22.

invite l’Union et ses États membres à accroître sensiblement l’engagement public et à améliorer la communication stratégique pour informer les citoyens des pays candidats et des États membres des avantages liés à l’élargissement; invite les autorités des pays candidats à contribuer pleinement à ces efforts; invite l’Union et ses États membres à s’engager activement dans la résolution des conflits et la promotion de relations de bon voisinage dans les pays candidats; invite la Commission à apporter un soutien financier aux pays candidats à l’adhésion qui œuvrent réellement en faveur de relations de bon voisinage et d’une réconciliation durable et qui sont pleinement alignés sur les objectifs, les valeurs et les intérêts stratégiques de l’Union, y compris sur sa politique étrangère et de sécurité commune;

23.

invite l’Union et ses États membres à continuer de soutenir l’éducation aux médias et l’indépendance des médias, ainsi que de la société civile, dans les pays candidats et candidats potentiels, et à les soutenir dans leur lutte contre la manipulation de l’information et les ingérences malveillantes étrangères, afin de renforcer les institutions et les valeurs démocratiques; souligne l’importance d’associer structurellement les organisations de la société civile au processus d’élargissement; invite, dans ce contexte, l’Union à allouer des ressources supplémentaires aux acteurs de la société civile engagés en faveur des valeurs et principes de l’Union, de la démocratie, du maintien de la paix et des contacts entre les peuples; insiste sur la nécessité d’intégrer les questions de l’égalité entre les hommes et les femmes, des droits de l’homme (en particulier la liberté d’expression), de la protection des minorités et de la protection des défenseurs des droits de l’homme dans ces domaines, ainsi que de mettre pleinement en œuvre le principe de non-discrimination tout au long du processus d’adhésion; souligne l’importance d’intensifier les contacts interpersonnels entre les États membres de l’Union et les pays concernés par l’élargissement;

24.

invite le prochain collège des commissaires à nommer un commissaire chargé de l’élargissement ainsi qu’à rétablir la direction générale de l’élargissement;

25.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au vice-président de la Commission et haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, aux gouvernements et aux parlements des États membres, ainsi qu’aux gouvernements et aux parlements des pays en voie d’adhésion.

(1) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0427.

(2) JO C 167 du 11.5.2023, p. 105.

(3) Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant la facilité pour l’Ukraine (COM(2023)0338), présentée par la Commission le 20 juin 2023 .


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4173/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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