LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilDroit européen52023IP0483
Initiative législative52023IP0483

Initiative législative — 52023IP0483

CELEX52023IP0483
TypeInitiative législative
Datejeudi 14 décembre 2023

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/4184

2.8.2024

P9_TA(2023)0483

Résolution du Parlement européen sur Frontex s’appuyant sur l’enquête du groupe de travail LIBE sur le contrôle de Frontex

Résolution du Parlement européen du 14 décembre 2023 sur Frontex s’appuyant sur l’enquête du groupe de travail LIBE sur le contrôle de Frontex (2023/2729(RSP))

(C/2024/4184)

Le Parlement européen,

—

vu la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948,

—

vu la convention des Nations unies de 1951 relative au statut des réfugiés et son protocole de 1967,

—

vu le chapitre V, règle 33, de la convention internationale pour la sauvegarde de la vie humaine en mer (SOLAS) concernant les situations de détresse: obligations et procédures,

—

vu les chapitres 4 et 5 de la convention internationale sur la recherche et le sauvetage maritimes (convention SAR) sur les procédures de mise en œuvre,

—

vu la convention européenne des droits de l’homme,

—

vu l’article 1er, l’article 2, paragraphe 1, les articles 3, 6, 18 et 19 et l’article 24, paragraphe 2, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,

—

vu l’article 67, paragraphe 1, et l’article 77, paragraphes 1 et 2, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,

—

vu le règlement (UE) no 656/2014 du Parlement européen et du Conseil du 15 mai 2014 établissant des règles pour la surveillance des frontières maritimes extérieures dans le cadre de la coopération opérationnelle coordonnée par l’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l’Union européenne (1),

—

vu le règlement (UE) 2019/1896 du Parlement européen et du Conseil du 13 novembre 2019 relatif au corps européen de garde-frontières et de garde-côtes et abrogeant les règlements (UE) no 1052/2013 et (UE) 2016/1624 (2),

—

vu la communication de la Commission du 14 mars 2023 instituant la politique stratégique pluriannuelle pour la gestion européenne intégrée des frontières (COM(2023)0146),

—

vu le rapport spécial no 8/2021 de la Cour des comptes européenne,

—

vu le rapport final de l’Office européen de lutte antifraude du 31 janvier 2022 sur de graves manquements au sein de Frontex et ses conclusions,

—

vu la décision de la Médiatrice européenne dans l’affaire OI/4/2021/MHZ sur la manière dont l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) se conforme à ses obligations en matière de droits fondamentaux et applique l’obligation de rendre des comptes en ce qui concerne ses responsabilités accrues,

—

vu sa résolution du 19 mai 2021 sur la protection des droits de l’homme et la politique migratoire extérieure de l’Union (3),

—

vu la communication de la Commission du 14 avril 2021 sur la stratégie de l’UE visant à lutter contre la traite des êtres humains 2021-2025 (COM(2021)0171),

—

vu la communication de la Commission du 29 septembre 2021 intitulée «Un plan d’action renouvelé de l’UE contre le trafic de migrants (2021-2025)» (COM(2021)0591),

—

vu sa décision (UE, Euratom) 2021/1613 du 28 avril 2021 concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes pour l’exercice 2019 (4), ajournant la décision concernant la décharge,

—

vu sa décision (UE) 2022/1808 du 4 mai 2022 sur la clôture des comptes de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) pour l’exercice 2020 (5), reportant la clôture des comptes,

—

vu sa décision du 18 octobre 2022 concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) pour l’exercice 2020 (6), refusant la décharge à la directrice exécutive de Frontex,

—

vu sa décision du 10 mai 2023 concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes pour l’exercice 2021 (7),

—

vu le rapport de la mission d’enquête indépendante des Nations unies en Libye du 27 mars 2023 (A/HRC/52/83),

—

vu le document de travail du 14 juillet 2021 intitulé «Rapport d’enquête sur Frontex concernant des violations présumées des droits fondamentaux» du groupe de travail sur le contrôle de Frontex (ci-après dénommé «groupe de travail») de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE), et ses recommandations,

—

vu l’arrêt du Tribunal du 6 septembre 2023 dans l’affaire T-600/21, WS e. a./Frontex (8),

—

vu l’article 132, paragraphe 2, de son règlement intérieur,

A.

considérant qu’en 2021, le groupe de travail a été constitué au sein de la commission LIBE afin de surveiller tous les aspects du fonctionnement de Frontex, y compris son rôle et ses ressources renforcés pour la gestion intégrée des frontières, la bonne application de l’acquis de l’Union et son exécution des règlements (UE) 2019/1896 et 656/2014;

B .

considérant que le groupe de travail a été chargé de mener une enquête sur les faits, en rassemblant toutes les informations et tous les éléments de preuve pertinents concernant des violations présumées des droits fondamentaux auxquelles l’Agence a participé, dont elle avait connaissance et/ou auxquelles elle n’a pas réagi, concernant la gestion interne de l’Agence, y compris les procédures de signalement et de traitement des plaintes, et concernant la transparence et la responsabilité de l’Agence vis-à-vis du Parlement européen; que le groupe de travail a adopté, en juillet 2021, son rapport contenant 42 recommandations spécifiques à l’Agence, au conseil d’administration, à la Commission, aux États membres et au Conseil;

C.

considérant que, en réponse au rapport du groupe de travail, l’Agence et son conseil d’administration ont déployé des efforts pour mettre en œuvre les recommandations du groupe de travail et ont indiqué qu’ils avaient mis en œuvre 36 recommandations à ce jour; qu’un nombre limité de recommandations sont toujours en suspens, notamment celles relatives aux opérations de Frontex en Grèce et en Hongrie, à une meilleure protection des lanceurs d’alerte, à l’établissement de rapports exceptionnels dans le cadre du mécanisme de signalement des incidents graves, à la communication avec les gouvernements nationaux et au traitement adéquat des allégations de violations des droits fondamentaux par les États membres;

D.

considérant que le rapport de l’OLAF du 15 février 2022 sur les enquêtes sur Frontex a révélé des fautes graves et d’autres irrégularités commises par trois personnes employées par l’Agence, dont l’ancien directeur exécutif, ainsi que trois autres questions essentielles, à savoir le fait que l’ODF a été empêché d’accéder aux informations opérationnelles, le fait que l’ODF n’a pas été désigné comme gestionnaire de dossier pour les rapports sur des incidents graves impliquant des violations présumées des droits fondamentaux et le fait que les membres du personnel qui ont signalé des incidents graves à la hiérarchie ont été ignorés par les personnes faisant l’objet d’une enquête de l’OLAF; que les députés au Parlement et l’ODF n’ont eu accès au rapport de l’OLAF qu’avec beaucoup de retard; que la décision de ne pas mettre rapidement à la disposition du Parlement le rapport de l’OLAF sur les activités de Frontex a eu une incidence sur les pouvoirs de contrôle démocratique des responsabilités de l’Agence en matière de violations des droits fondamentaux; qu’en dépit de nombreuses demandes, fondées sur des préoccupations juridiques liées aux droits procéduraux des personnes intéressées, le rapport n’a été rendu public que le 31 octobre 2022, alors que deux rapports supplémentaires de l’OLAF sont attendus cette année concernant Frontex;

E.

considérant que les graves problèmes touchant les mécanismes de contrôle interne de Frontex et les graves lacunes de l’Agence concernant la protection des droits fondamentaux des demandeurs d’asile et des migrants, la transparence, la protection des données, les allégations de harcèlement sexuel et de mauvaise administration au sein de Frontex ont conduit le Parlement européen à refuser la décharge sur le budget 2020 de l’Agence;

F.

considérant que la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a jugé que les décisions de retour prises par les autorités hongroises étaient incompatibles avec la directive 2008/115/CE et la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (ci-après dénommée «Charte») et que la Hongrie avait manqué aux obligations qui lui incombent en vertu de la directive 2013/32/UE et de la directive 2013/33/UE (9); que Frontex a procédé à des vérifications et a conclu que l’Agence n’avait jamais été impliquée dans des retours liés à la législation hongroise jugée incompatible avec le droit de l’Union par la CJUE (loi nationale hongroise LXXXIX de 2007 et loi LVIII de 2020); que l’Agence exige de la Hongrie qu’elle prenne des engagements spécifiques concernant les procédures suivies lorsqu’elle demande le soutien de Frontex; que Frontex a également officiellement demandé à la Hongrie de partager systématiquement tous les rapports disponibles préparés par le parquet hongrois, qui est l’autorité responsable du suivi de la détention et des retours forcés de ressortissants de pays tiers;

G.

considérant que les institutions nationales de défense des droits de l’homme, les organes du Conseil de l’Europe, le HCR, les médias et les ONG ont publié d’autres rapports sur des allégations de refoulements et d’autres violations graves des droits fondamentaux, y compris la violence à l’encontre des migrants aux frontières extérieures terrestres et maritimes de l’Union, y compris dans le cadre d’opérations conjointes de surveillance des frontières auxquelles Frontex a participé; que quatre recours relatifs à de prétendus refoulements ont été introduits contre Frontex devant le Tribunal de l’Union européenne, dont deux ont été déclarés irrecevables et deux sont pendants;

H.

considérant que, à la suite des avis et recommandations de l’ODF concernant son évaluation de la situation en Grèce, y compris son avis du 1er septembre 2022, dans lequel il indiquait que «des allégations fondées de violations des droits fondamentaux en Grèce ont atteint le niveau auquel les conditions de déclenchement de l’article 46, paragraphe 4, du règlement relatif au corps européen de garde-frontières et de garde-côtes sont remplies», l’ancien directeur exécutif par intérim a mis en place un groupe de travail et s’est engagé dans un processus avec les autorités grecques en ce qui concerne les activités opérationnelles menées en Grèce; qu’à la suite de ces discussions, les autorités grecques ont élaboré un plan de mise en œuvre des garanties en matière de droits fondamentaux; que l’ODF a reconnu, dans le 36e rapport au CA de mars 2023, les efforts déployés par les autorités grecques et l’approbation par l’Agence des mesures à prendre pour répondre aux préoccupations en matière de droits fondamentaux, mais que, malgré le plan d’action, les allégations de refoulements, accompagnées de mauvais traitements à l’égard des migrants, persistent; que, lors de la réunion du conseil d’administration de juin 2023, l’ODF a réaffirmé que les conditions de déclenchement de l’article 46 sont pleinement remplies et a plaidé en faveur d’une suspension des activités, qui ne devraient reprendre que lorsqu’une relation de confiance avec les autorités grecques aura été rétablie, et que, dans l’intervalle, Frontex devrait maintenir une présence sur le terrain dans le pays;

I.

considérant que, dans son arrêt du 30 juin 2022, la CJUE a estimé que la législation lituanienne autorisant le refus de protection internationale et le placement en rétention automatique des demandeurs au seul motif qu’ils ont franchi irrégulièrement la frontière est incompatible avec le droit de l’Union; qu’à partir de juillet 2022, Frontex ne participe plus à la surveillance des frontières de la Lituanie et ne la soutient plus; que l’Agence a maintenu son opération conjointe Terra en Lituanie, avec des agents travaillant sur les vérifications aux frontières et les retours, même après l’arrêt de la CJUE;

J.

considérant que, dans son avis de 2023 sur la décharge de l’Agence pour 2021, la commission LIBE s’est déclarée préoccupée par les rapports qui ont révélé que la mise en œuvre du programme de traitement des données à caractère personnel pour l’analyse des risques (PEDRA) a conduit à une collecte intrusive de données à caractère personnel par Frontex auprès des migrants et des réfugiés afin d’alimenter les bases de données d’Europol sur la criminalité; que l’Agence a affirmé que le projet avait été mis en œuvre entre 2015 et 2017; que, à la réception des avis du Contrôleur européen de la protection des données (CEPD) sur les décisions 56/2021, 68/2021 et 69/2021 du conseil d’administration de l’Agence, le délégué à la protection des données de l’Agence a élaboré un plan d’action pour la mise en œuvre des recommandations du CEPD; que la décision 56/2021 du conseil d’administration a été révisée en mars 2023;

K.

considérant que, dans le 36e rapport au conseil d’administration, l’officier aux droits fondamentaux a abordé les préoccupations croissantes concernant la Bulgarie, y compris les allégations de retours illégaux («refoulements»), accompagnés de mauvais traitements infligés aux migrants lors des arrestations par les autorités nationales, et a souligné la nécessité de mener des enquêtes efficaces et impartiales par les autorités nationales;

L.

considérant que l’Agence a connu et connaît actuellement un processus de transition: en juin 2021, le nouveau Bureau des droits fondamentaux de Frontex a pris ses fonctions; fin 2021 et début 2022, trois directeurs exécutifs adjoints ont pris leurs fonctions pour la première fois dans l’histoire de l’Agence; en avril 2022, un nouveau président du conseil d’administration a entamé son mandat; à la suite d’une enquête de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) sur la mauvaise gestion de l’Agence, le directeur exécutif a démissionné en avril 2022, après quoi le conseil d’administration de Frontex a choisi l’un des directeurs exécutifs adjoints pour diriger l’Agence en tant que directeur exécutif par intérim; un nouveau directeur exécutif a été nommé en décembre 2022 et est entré en fonction en mars 2023;

M.

considérant que, dans sa résolution (10) accordant la décharge à l’Agence pour 2021, le Parlement a pris acte des mesures prises par l’Agence pour améliorer la culture de gestion et promouvoir le bien-être du personnel, y compris la décentralisation de la prise de décision pour répartir les responsabilités et l’appropriation des décisions, l’encouragement d’un dialogue ouvert au moyen des réunions de gestion de l’Agence, l’élaboration d’une stratégie de communication interne globale, le renforcement de l’équipe de communication interne et l’élargissement du réseau des conseillers confidentiels;

N.

considérant que le rôle accru de Frontex dans la coopération pratique et opérationnelle avec les pays tiers, notamment les Balkans occidentaux, la Moldavie et le Maroc, a considérablement renforcé, entre autres en matière de retour et de réadmission, la lutte contre la traite des êtres humains, la formation, d’assistance opérationnelle et technique aux autorités des pays tiers aux fins de la gestion et du contrôle des frontières, en réalisant des opérations ou des opérations conjointes aux frontières extérieures de l’UE ou sur le territoire de pays tiers, et en déployant des officiers de liaison et du personnel opérationnel dans les pays tiers;

O.

considérant que la Commission négocie actuellement en vue d’élargir considérablement le mandat de l’Agence dans le voisinage de l’Union en concluant des accords sur le statut nouveaux ou modernisés avec la Macédoine du Nord, l’Albanie, le Monténégro, la Serbie, la Bosnie-Herzégovine et la Moldavie;

P.

considérant que la Commission négocie avec les gouvernements du Sénégal et de la Mauritanie en vue de conclure des accords sur le statut avec ces pays; que de tels accords sur le statut seraient les premiers avec des pays tiers en dehors de l’Europe;

Q.

considérant que, le 20 mars 2023, le Conseil a décidé de prolonger jusqu’en mars 2025 le mandat de l’opération militaire de l’Union européenne en Méditerranée menée dans le cadre de la PSDC de l’Union, chargée, entre autres, de soutenir le renforcement des capacités et la formation des garde-côtes libyens et de la marine libyenne; que Frontex entretient une relation de travail avec cette opération; que les agents de Frontex ont transmis au centre libyen de coordination de sauvetage maritime des informations relatives à des personnes en détresse en mer ; que, dans son rapport A/HRC/52/83, la mission indépendante d’établissement des faits des Nations unies en Libye a fait part de vives inquiétudes quant à l’implication d’acteurs libyens dans des crimes contre l’humanité et des violations flagrantes des droits de l’homme contre les migrants;

R.

considérant que, conformément à la convention SAR, toute autorité ou tout élément des services de recherche et de sauvetage qui a des raisons de croire qu’un navire se trouve en situation d'urgence devrait aussitôt que possible communiquer tous les renseignements disponibles au centre de coordination de sauvetage ou au centre secondaire de sauvetage compétent;

S.

considérant que la Commission est tenue de procéder à une évaluation du règlement relatif au corps européen de garde-frontières et de garde-côtes au plus tard le 5 décembre 2023, afin de déterminer si les règles fonctionnent comme prévu; que la Commission est tenue de réexaminer le contingent permanent de Frontex au plus tard le 31 décembre 2023, en évaluant le nombre total et la composition du contingent permanent;

1.

souligne la nécessité d’une Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes efficace et performante, capable d’aider les États membres à gérer efficacement les frontières extérieures communes de l’Union européenne et à assurer une gestion intégrée des frontières efficace dans le plein respect des droits fondamentaux;

2.

souligne que le budget de l’Agence a augmenté de manière exponentielle, passant d’environ 114 millions d’euros en 2015 à environ 750 millions d’euros en 2022; ajoute que les mandats révisés de l’Agence en 2016 et en 2019 correspondaient à des augmentations importantes des responsabilités et des compétences de l’Agence, assorties des augmentations correspondantes en personnel et en équipements techniques; souligne que cette augmentation des responsabilités et du budget de l’Agence doit s’accompagner d’une augmentation correspondante de sa redevabilité et de sa transparence et d’un contrôle accru du respect du droit de l’Union par l’Agence;

Changements dans la direction de l’Agence

3.

relève qu’au cours des deux dernières années, l’Agence a connu d’importants changements de son personnel dirigeant, notamment un nouvel officier aux droits fondamentaux, un nouveau président de son conseil d’administration, trois nouveaux directeurs exécutifs adjoints et un nouveau directeur exécutif; espère que ces changements entraîneront les changements nécessaires de culture en ce qui concerne le respect des principes et des valeurs de l’Union, en particulier les droits fondamentaux, ainsi qu’en ce qui concerne la transparence et l’efficacité des procédures internes et l’obligation accrue de rendre des comptes au Parlement et au Conseil, conformément au cadre juridique applicable; estime que cela pourrait renforcer encore la capacité de l’Agence à accomplir son mandat; se félicite des mesures déjà mises en œuvre pour améliorer la culture de gestion et renforcer l’intégrité et l’obligation de rendre des comptes au sein de l’Agence; invite les nouveaux dirigeants à entreprendre les réformes profondes qui sont requises et invite le conseil d’administration à évaluer comment il peut intensifier sa participation et son contrôle de la manière dont l’Agence est gérée;

4.

estime que la deuxième enquête de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) sur les pratiques de gestion au sein de l’Agence, qui est en cours alors que seulement neuf mois se sont écoulés depuis la clôture de la première enquête de l’OLAF, démontre que l’Agence a besoin d’un changement de culture;

Procédure de nomination du directeur exécutif

5.

se dit déçu que, au cours de la procédure de nomination et sans que les députés en aient eu connaissance, l’un des candidats proposés pour le poste de directeur exécutif de l’Agence ait été concerné par la deuxième enquête en cours de l’OLAF;

6.

attire l’attention sur le fait que la Commission, le conseil d’administration et l’OLAF n’ont pas partagé ces informations avec lui, alors que le groupe de travail sur le contrôle de Frontex avait souligné que les arguments relatifs à la confidentialité avaient entravé le contrôle démocratique par le Parlement et avait demandé expressément à la Commission de le tenir régulièrement informé de toute activité ou initiative susceptible d’avoir une incidence sur les droits fondamentaux; estime que ce manquement constitue une violation du principe de coopération mutuelle et loyale qui régit les relations entre les institutions, organes et organismes de l’Union;

Mise en œuvre des recommandations du groupe de travail sur le contrôle de Frontex

7.

reconnaît les efforts déployés par l’Agence pour mettre en œuvre 36 des 42 recommandations du groupe de travail et les progrès tangibles accomplis à cet égard; recommande, sur la base des recommandations du groupe de travail, de prendre les mesures spécifiques suivantes:

—

L’Agence devrait veiller à ce que l’officier aux droits fondamentaux soit consulté plus tôt dans le processus d’élaboration des plans opérationnels, à ce qu’il dispose d’un délai suffisant pour donner son avis et à ce qu’il dispose de méthodes et de canaux à exploiter si son avis est ignoré;

—

Un mécanisme transparent de signalements devrait être intégré dans chaque plan opérationnel en vertu duquel l’État membre hôte compte des moyens utilisés dans la zone opérationnelle, quelle que soit la manière dont ils sont financés; les plans opérationnels devraient également garantir que les équipes de Frontex aient accès à tous les moyens qui interviennent dans les opérations conjointes, informations pertinentes et sites au sein de la zone opérationnelle; reconnaît que l’Agence ne peut pas atteindre ces résultats à elle seule, étant donné qu’ils nécessitent le consentement des États membres concernés;

—

Des garanties formelles devraient être mises en place pour veiller à ce que les règles et garanties en matière de protection des lanceurs d’alerte soient applicables aux experts nationaux détachés, aux stagiaires, au personnel intérimaire et aux agents locaux;

—

L’Agence devrait poursuivre la mise en œuvre intégrale des recommandations en suspens qu’elle-même ne juge actuellement pas mises en œuvre;

Transparence et contrôle

8.

prend acte des efforts récemment déployés par le nouveau directeur exécutif pour lui fournir, ainsi qu’au Conseil, une vue d’ensemble actualisée des activités de Frontex au moyen d’un nouvel outil de compte rendu appelé «tableau de bord»;

9.

souligne la présomption générale de non-divulgation publique des documents relatifs aux enquêtes en cours de l’OLAF (11); demande néanmoins une nouvelle fois que les rapports de l’OLAF sur l’Agence soient rendus publics en cas d’intérêt public supérieur justifiant la divulgation et, dans tous les cas, que ses députés concernés aient accès à ces rapports dans un délai raisonnable afin de leur permettre d’exercer effectivement un contrôle démocratique et de demander des comptes à l’Agence; estime que les règles actuelles doivent être révisées afin de garantir qu’il soit pleinement informé, en sa qualité de décideur politique et de colégislateur, en particulier eu égard à ses pouvoirs budgétaires;

10.

approuve la recommandation de la Médiatrice (12) selon laquelle Frontex devrait adopter une approche plus dynamique pour ce qui est de la transparence afin de garantir une plus grande responsabilité dans ses opérations; soutient les recommandations les plus récentes de la Médiatrice en ce qui concerne les pratiques de l’Agence en matière de traitement des demandes d’accès aux documents lorsqu’elle estime que ces demandes sont imprécises ou qu’elles concernent un grand nombre de documents ou des documents volumineux (13);

11.

encourage la présidence du conseil d’administration à continuer d’inviter des observateurs du Parlement à ses réunions et à envisager d’élargir l’invitation à tous les points de l’ordre du jour, y compris aux points à huis clos, et à continuer de fournir toutes les pièces justificatives sans exception et, si cela est jugé nécessaire, de manière confidentielle;

Préoccupations actuelles concernant les droits fondamentaux

12.

note que l’Agence dispose enfin de 46 contrôleurs des droits fondamentaux, malgré le retard important pris dans le respect des exigences du mandat actualisé; note que 31 contrôleurs ont été nommés au niveau administrateur (AD); continue de souligner que les contrôleurs qui ont été engagés au grade inférieur d’assistant (AST) devraient être revalorisés au grade AD dès que possible, en appliquant les procédures appropriées; souligne que, sur la base du mandat actualisé de l’Agence, le nombre de contrôleurs des droits fondamentaux devrait continuer à croître à mesure que la taille globale du contingent permanent augmente; attend avec intérêt, à cet égard, de recevoir les détails des projets de l’Agence concernant l’augmentation du nombre de contrôleurs, accompagnés d’une évaluation de l’officier aux droits fondamentaux concernant l’estimation du nombre nécessaire de contrôleurs;

13.

se déclare vivement préoccupé par les allégations graves et persistantes contre les autorités grecques relatives à des refoulements et à des violences sur des migrants; est convaincu que le respect des principes et des valeurs de l’Union doit être la condition sine qua non à une opération conjointe de Frontex avec un État membre; est en outre convaincu que, si un État membre n’est pas en mesure de respecter ces principes et ces valeurs, l’Agence devrait réduire ses activités et les réorienter vers des activités de surveillance à la lumière de l’article 46 de son mandat, tout en maintenant sa présence sur le terrain afin de ne pas laisser de vide; regrette que l’Agence se soit abstenue jusqu’à présent de réduire ou de réorienter ses activités en Grèce;

14.

prend acte de l’enquête d’initiative lancée par le médiateur de l’Union visant à clarifier le rôle de Frontex dans les opérations de recherche et de sauvetage en mer Méditerranée à la suite de la noyade de centaines de personnes au large des côtes grecques le 14 juin 2023; prend acte du fait qu’après le naufrage, l’Agence a publié une déclaration indiquant le déroulement chronologique des événements et sa version des faits; attend de l’Agence une pleine coopération au cours de l’enquête, y compris l’accès à ses ressources sur demande;

15.

se félicite de la décision de l’Agence de réduire ses activités en Lituanie en juillet 2022 à la lumière de l’arrêt rendu par la CJUE le 30 juin 2022 eu égard à la loi et aux décrets lituaniens en matière d’asile et de migration (14); note que l’Agence dispose toujours d’agents sur le terrain qui aident les autorités nationales à effectuer des vérifications aux frontières à certains points de passage frontaliers et soutiennent les activités liées au retour en Lituanie; recommande à l’Agence d’adopter une approche plus dynamique en matière de protection des principes et des valeurs de l’Union, en conformité avec les arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne;

16.

rappelle que, bien que l’Agence se soit retirée de ses activités en Hongrie en janvier 2021 à la suite d’un arrêt clair de la CJUE en décembre 2020 (15), elle continue de soutenir les autorités hongroises dans la réalisation de retours; répète la demande du groupe de travail sur le contrôle de Frontex au directeur exécutif de suspendre immédiatement le soutien aux opérations de retour depuis la Hongrie;

Recherche et sauvetage

17.

prend acte du mandat de l’Agence de fournir une meilleure connaissance de la situation dans le domaine maritime et de transmettre ces informations aux autorités compétentes en matière d’opérations de recherche et de sauvetage; prend note de la position du Parlement selon laquelle tous les acteurs de la Méditerranée devraient communiquer des informations de manière anticipée et, le cas échéant, transmettre les messages d’appel concernant des personnes en détresse en mer aux autorités responsables des opérations de recherche et de sauvetage et, le cas échéant, à tous les navires situés à proximité qui pourraient rapidement lancer une opération de recherche et de sauvetage (16); rappelle l’obligation, en vertu du droit international de la mer, de prêter assistance aux personnes en détresse en mer et de les conduire vers le port sûr le plus proche; note que le règlement (UE) no 656/2014 établissant des règles pour la surveillance des frontières maritimes extérieures dans le cadre de la coopération opérationnelle coordonnée par Frontex énonce les règles applicables à la participation de l’Agence aux opérations de recherche et de sauvetage; souligne que l’Agence pourrait faire davantage pour accroître la capacité de l’Union et des États membres à mener des opérations de recherche et de sauvetage, notamment en investissant dans des moyens appropriés pour de telles opérations;

18.

signale qu’il a précédemment manifesté l’avis qu’il est indispensable que l’Union adopte des mesures durables, fiables et efficaces en matière d’opérations de recherche et de sauvetage en mer afin d’enrayer l’augmentation du nombre de victimes parmi les migrants qui tentent de traverser la Méditerranée (17); demeure convaincu que l’Agence pourrait jouer un rôle clé pour faire en sorte que l’Union et des États membres fassent preuve d’une plus grande détermination en matière de recherche et de sauvetage, en particulier en mer Méditerranée, et de lutte contre les passeurs et les trafiquants d’êtres humains;

19.

estime que l’absence d’une mission de recherche et de sauvetage au niveau de l’Union et le manque de capacités de recherche et de sauvetage offertes par les États membres ont conduit d’autres organisations de la société civile et organisations non gouvernementales à combler un tel manque en fournissant ce type de capacités; s’inquiète du nombre croissant de tentatives visant à incriminer de telles actions, qui limitent encore les possibilités de sauvetage des personnes en détresse en mer;

20.

prend acte des conclusions de l’officier aux droits fondamentaux selon lesquelles la Libye ne peut être considérée comme un port sûr et de la conclusion de la mission d’enquête indépendante des Nations unies en Libye;

Dimension extérieure

21.

prie instamment la Commission de procéder à des analyses d’impact sur les droits fondamentaux dans les domaines pertinents couverts par l’accord avant de conclure des négociations en vue d’un accord sur le statut avec un pays tiers, et ce afin de pouvoir tenir pleinement compte de l’incidence de la coopération avec ce pays sur les droits fondamentaux; invite l’Agence à partager des évaluations périodiques des opérations conjointes dans les pays tiers et à évaluer en permanence l’impact et la portée des opérations actives, y compris en ce qui concerne les droits fondamentaux;

L’invasion de l’Ukraine par la Russie et le rôle de l’Agence

22.

se félicite du rôle positif joué par l’Agence pour aider les États membres à faire face au grand nombre de personnes qui franchissaient les frontières extérieures de l’Union au cours des premières phases de l’invasion de l’Ukraine par la Russie qui a commencé le 24 février 2022;

23.

se félicite du déploiement par l’Agence d’environ 500 agents du contingent permanent le long de la frontière orientale de l’Union, de la Finlande à la Roumanie, dont plus de 350 aux frontières entre l’Union et l’Ukraine; se félicite également de la signature d’une convention de subvention d’un montant de 12 millions d’euros entre Frontex et le service national ukrainien des gardes-frontières afin de soutenir les agents aux frontières ukrainiennes dans l’exercice de leurs fonctions;

24.

souligne, en particulier, le rôle joué par l’Agence en Moldavie, à la suite de l’adoption d’un accord sur le statut au début de l’année 2022, avec le déploiement de plus de 50 agents du contingent permanent pour aider les autorités moldaves à faire face aux problématiques de la gestion des frontières telles que la traite des êtres humains, la drogue, la détection des véhicules volés, la fraude aux documents et le terrorisme;

°

° °

25.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution à l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, à la Commission et au Conseil.

(1) JO L 189 du 27.6.2014, p. 93.

(2) JO L 295 du 14.11.2019, p. 1.

(3) JO C 15 du 12.1.2022, p. 70.

(4) JO L 340 du 24.9.2021, p. 324.

(5) JO L 258 du 5.10.2022, p. 416.

(6) JO L 45 du 14.2.2023, p. 13.

(7) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0165.

(8) CJUE, arrêt du 6 septembre 2023 dans l’affaire T-600/21, WS e.a./Frontex, ECLI:EU:T:2023:492.

(9) Arrêt de la Cour de justice du 17 décembre 2020, Commission/Hongrie (Accueil des demandeurs de protection internationale), C-808/18, EU:C:2020:1029.

(10) Résolution du Parlement européen du 10 mai 2023 contenant les observations qui font partie intégrante de la décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes pour l’exercice 2021 (Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0165).

(11) Le Tribunal a jugé qu’«un accès généralisé, sur la base du règlement (CE) no 1049/2001, aux documents que comporte le dossier de l’OLAF, alors que la procédure d’enquête de l’OLAF est encore en cours, porterait en principe atteinte au bon déroulement de l’enquête»; Arrêt du Tribunal dans l’affaire T-110/15 du 26 mai 2016, IMG/Commission, point 33, ECLI:EU:T:2016:322.

(12) Affaire OI/4/2021/MHZ.

(13) Affaire OI/4/2022/PB.

(14) Arrêt de la Cour de justice du 30 juin 2022, M.A./Valsybès sienos apsaugos tarnyba, C-72/22PPU, ECLI:EU:C:2022:505.

(15) Arrêt de la Cour de justice du 17 décembre 2020, Commission/Hongrie, C-808/18, ECLI:EU:C:2020:1029.

(16) Résolution du Parlement européen du 13 juillet 2023 sur la nécessité d’une action de l’Union en matière de recherche et de sauvetage en Méditerranée (Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0293).

(17) Résolution du Parlement européen du 12 avril 2016 sur la situation en Méditerranée et sur la nécessité d’une approche globale des migrations de la part de l’Union européenne (JO C 58 du 15.2.2018, p. 9).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4184/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


Documents similaires

Initiative législative52023IE0430

Initiative législative — 52023IE0430

14/12/2023

Initiative législative52023IE0848

Initiative législative — 52023IE0848

14/12/2023

Initiative législative52023IE1864

Initiative législative — 52023IE1864

14/12/2023

Initiative législative52023IE1906

Initiative législative — 52023IE1906

14/12/2023

← Retour au droit européenVoir aussi sur EUR-Lex →