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CELEX52023IR0152
TypeInitiative législative
Datemercredi 24 mai 2023

Texte intégral

21.7.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 257/28


Avis du Comité européen des régions sur le règlement pour une Europe interopérable

(2023/C 257/06)

Rapporteur:

Michele PAIS (IT/ECR), Président et membre du conseil régional de Sardaigne

Texte de référence:

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant des mesures destinées à assurer un niveau élevé d’interopérabilité du secteur public dans l’ensemble de l’Union (règlement pour une Europe interopérable)

COM(2022) 720 final

I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENT

Amendement 1

Considérant 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

La nouvelle structure de gouvernance devrait être dotée d’un mandat juridique lui permettant de dynamiser le développement du cadre d’interopérabilité européen et d’autres solutions d’interopérabilité communes, telles que des spécifications et des applications. En outre, le présent règlement devrait établir un label clair et facilement reconnaissable pour certaines solutions d’interopérabilité. Il convient d’encourager la création d’une communauté dynamique autour de solutions technologiques ouvertes pour l’administration.

La nouvelle structure de gouvernance devrait permettre aux collectivités locales et régionales de donner leur avis sur le rythme et le degré de mise en œuvre, conformément au principe de subsidiarité. La structure de gouvernance serait ainsi dotée d’un mandat juridique lui permettant de dynamiser le développement du cadre d’interopérabilité européen et d’autres solutions d’interopérabilité communes, telles que des spécifications et des applications. Il convient de limiter autant que possible les conséquences financières qu’impliqueront pour les collectivités locales et régionales les missions liées à la mise en œuvre de l’interopérabilité. En outre, le présent règlement devrait établir un label clair et facilement reconnaissable pour certaines solutions d’interopérabilité. Il convient d’encourager la création d’une communauté dynamique autour de solutions technologiques ouvertes pour l’administration.

Exposé des motifs

Les collectivités locales et régionales disposent de moyens limités en matière de financement, de ressources humaines, d’outils, etc. Par conséquent, tout en respectant le principe de subsidiarité, il y a lieu de veiller à ce que les collectivités locales et régionales conservent un certain contrôle sur le processus de mise en œuvre. Elles devraient également recevoir un financement approprié pour couvrir les coûts supplémentaires qui leur sont imposés par le processus de mise en œuvre.

Amendement 2

Considérant 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Afin de rendre le processus suffisamment démocratique et ascendant, les citoyens des États membres de l’Union devraient avoir leur mot à dire sur les priorités en matière d’interopérabilité. Dans cette optique, conformément à l’objectif du règlement pour une Europe interopérable, les collectivités locales et régionales peuvent procéder tous les deux ans à des consultations directes des citoyens, en vue de déterminer quelles sont les solutions d’interopérabilité qu’ils jugent prioritaires. La Commission européenne accorde un soutien financier approprié aux collectivités locales et régionales pour leur permettre de mener de tels dialogues avec leurs citoyens. Les collectivités locales et régionales partagent les résultats des consultations avec le comité pour une Europe interopérable et la communauté «Europe interopérable».

Exposé des motifs

Les collectivités locales et régionales étant le niveau le plus proche des citoyens, elles sont en mesure de mieux comprendre leurs priorités et leurs attentes. Les collectivités locales et régionales doivent être associées activement et suffisamment au suivi des priorités des citoyens pour faire de l’interopérabilité un processus démocratique et ascendant.

Amendement 3

Considérant 8

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Pour mettre en place des services publics transfrontières interopérables, il importe de se concentrer sur l’interopérabilité le plus tôt possible dans le processus d’élaboration des politiques. Par conséquent, un organisme public qui a l’intention de mettre en place un nouveau réseau ou système d’information ou de modifier un réseau ou un système d’information existant susceptible d’avoir des incidences importantes sur l’interopérabilité transfrontière devrait procéder à une évaluation de l’interopérabilité. Cette évaluation est nécessaire pour comprendre l’ampleur de l’impact de l’action prévue et pour proposer des mesures permettant de maximiser les avantages et de réduire les coûts potentiels. L’évaluation de l’interopérabilité devrait être obligatoire dans trois cas, qui relèvent de l’interopérabilité transfrontière. Dans d’autres situations, les organismes publics peuvent décider de procéder à l’évaluation de l’interopérabilité sur une base volontaire.

Pour mettre en place des services publics transfrontières interopérables, il importe de se concentrer sur l’interopérabilité le plus tôt possible dans le processus d’élaboration des politiques. Par conséquent, un organisme public qui a l’intention de mettre en place un nouveau réseau ou système d’information ou de modifier un réseau ou un système d’information existant susceptible d’avoir des incidences importantes sur l’interopérabilité transfrontière devrait procéder à une évaluation de l’interopérabilité. Cette évaluation est nécessaire pour comprendre l’ampleur de l’impact de l’action prévue et pour proposer des mesures permettant de maximiser les avantages et de réduire les coûts potentiels. Pour que l’évaluation de l’interopérabilité soit mise en œuvre de manière harmonieuse, le comité «Europe interopérable» devrait publier des lignes directrices pratiques précisant quels services sont concernés par la directive. L’évaluation de l’interopérabilité devrait être obligatoire dans trois cas, qui relèvent de l’interopérabilité transfrontière. Dans les cas où une évaluation de l’interopérabilité est obligatoire, il a lieu de prévoir les activités d’éducation et de formation qui s’imposent et de veiller, grâce à des sources de financement telles que le programme pour une Europe numérique, à mettre également à la disposition des collectivités locales et régionales les ressources destinées à couvrir les coûts supplémentaires encourus. Lorsqu’une évaluation n’est pas obligatoire, les organismes publics peuvent décider de procéder à l’évaluation de l’interopérabilité sur une base volontaire.

Exposé des motifs

Les collectivités locales et régionales disposent de ressources limitées et on ne doit donc pas s’attendre à ce qu’elles couvrent elles-mêmes les coûts des évaluations obligatoires. À cette fin, dans les cas où les évaluations de l’interopérabilité sont obligatoires, la Commission devrait assurer leur financement.

Amendement 4

Considérant 37

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Afin d’assurer des conditions uniformes d’exécution du présent règlement, il convient de conférer des compétences d’exécution à la Commission, en vue de fixer les règles et les conditions de la mise en œuvre et du fonctionnement des bacs à sable réglementaires.

Afin d’assurer des conditions uniformes d’exécution du présent règlement, il convient de conférer des compétences d’exécution à la Commission, en vue de fixer les règles et les conditions de la mise en œuvre et du fonctionnement des bacs à sable réglementaires en collaboration avec les organismes du secteur public concernés, y compris les collectivités locales et régionales .

Exposé des motifs

Étant donné que les bacs à sable réglementaires fonctionnent sous la responsabilité des organismes du secteur public participants, il apparaîtrait inéquitable que la Commission européenne en fixe seule les conditions opérationnelles, sans consulter d’autres entités concernées.

Amendement 5

Article 3, paragraphe 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les autorités nationales compétentes et les coordinateurs en matière d’interopérabilité fournissent le soutien nécessaire à la réalisation de l’évaluation de l’interopérabilité. La Commission peut fournir des outils techniques à l’appui de l’évaluation.

Les autorités nationales compétentes et les coordinateurs en matière d’interopérabilité fournissent le soutien nécessaire à la réalisation de l’évaluation de l’interopérabilité. La Commission peut fournir des outils techniques à l’appui de l’évaluation. Les autorités nationales compétentes et le comité «Europe interopérable» fournissent le soutien nécessaire à l’évaluation préalable visant à déterminer si l’action prévue relève du champ d’application du présent règlement avant que l’évaluation de l’interopérabilité ne devienne obligatoire.

Exposé des motifs

Le champ d’application du règlement est large et, pour les petits organismes du secteur public ou les municipalités, il peut être trop compliqué d’évaluer si l’action prévue comporte une dimension transfrontière.

Amendement 6

Article 3, paragraphe 5

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

5.

[…]

—

Lorsque l’organisme du secteur public ou l’institution, l’organe ou l’organisme de l’Union concerné réalise une évaluation de l’interopérabilité, il s’abstient de recourir à l’expertise du fournisseur des services existants ou de son personnel afin de prévenir tout conflit d’intérêts potentiel. Cette consultation est sans préjudice de la protection des intérêts commerciaux ou publics ou de la sécurité de ces systèmes.

Exposé des motifs

Afin d’éviter toute dépendance à l’égard des fournisseurs, les organismes du secteur public concernés devraient faire appel à l’expertise de personnes indépendantes, étant donné que les fournisseurs des systèmes et/ou réseaux existants pourraient avoir un jugement partial et privilégier leurs propres solutions.

Amendement 7

Article 9, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Le projet de soutien à la mise en œuvre des politiques définit:

a)

les solutions «Europe interopérable» existantes jugées nécessaires à la mise en œuvre numérique des exigences liées aux politiques;

b)

toute solution d’interopérabilité manquante à mettre au point, jugée nécessaire à la mise en œuvre numérique des exigences liées aux politiques;

c)

d’autres mesures de soutien recommandées, telles que des formations ou des évaluations par les pairs.

Le projet de soutien à la mise en œuvre des politiques définit:

a)

les solutions «Europe interopérable» existantes jugées nécessaires à la mise en œuvre numérique des exigences liées aux politiques;

b)

toute solution d’interopérabilité manquante à mettre au point, jugée nécessaire à la mise en œuvre numérique des exigences liées aux politiques;

c)

d’autres mesures de soutien recommandées, telles que des formations ou des évaluations par les pairs;

d)

les possibilités d’aide financière pour appuyer la mise en œuvre de solutions d’interopérabilité.

Exposé des motifs

La mise en œuvre de l’interopérabilité ne pourra se faire sans aide financière. Il devrait dès lors également s’agir d’un élément spécifique du projet de soutien à la mise en œuvre des politiques.

Amendement 8

Article 11, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les bacs à sable réglementaires fonctionnent sous la responsabilité des organismes du secteur public participants et sous la supervision d’autres autorités nationales compétentes lorsqu’ils impliquent le traitement de données à caractère personnel par des organismes du secteur public, […].

Les bacs à sable réglementaires fonctionnent sous la responsabilité des organismes du secteur public participants et sous la supervision d’autres autorités nationales ou infranationales compétentes lorsqu’ils impliquent le traitement de données à caractère personnel par des organismes du secteur public, […].

Exposé des motifs

Les bacs à sable réglementaires peuvent également être utilisés aux niveaux local et régional. Les administrations locales et régionales jouent un rôle essentiel dans la mise en œuvre de solutions d’interopérabilité proches des citoyens et fournissent un large éventail de services au niveau local.

Amendement 9

Article 12, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les organismes du secteur public participants veillent à ce que, dans la mesure où la solution d’interopérabilité innovante implique le traitement de données à caractère personnel ou relève à d’autres titres de la surveillance d’autres autorités nationales assurant ou encadrant l’accès aux données, les autorités nationales chargées de la protection des données et ces autres autorités nationales soient associées au fonctionnement du bac à sable réglementaire. […]

Les organismes du secteur public participants veillent à ce que, dans la mesure où la solution d’interopérabilité innovante implique le traitement de données à caractère personnel ou relève à d’autres titres de la surveillance d’autres autorités nationales ou infranationales assurant ou encadrant l’accès aux données, les autorités nationales ou infranationales chargées de la protection des données et ces autres autorités nationales ou infranationales soient associées au fonctionnement du bac à sable réglementaire. […]

Exposé des motifs

Les bacs à sable réglementaires peuvent également être utilisés aux niveaux local et régional. Les administrations locales et régionales jouent un rôle essentiel dans la mise en œuvre de solutions d’interopérabilité proches des citoyens et fournissent un large éventail de services au niveau local.

Amendement 10

Article 13, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

La Commission organise des formations sur les questions d’interopérabilité au niveau de l’Union afin de renforcer la coopération et l’échange de bonnes pratiques entre les membres du personnel des organismes du secteur public, des institutions, des organes et des agences de l’Union. Les cours sont annoncés sur le portail «Europe interopérable».

La Commission organise des formations sur les questions d’interopérabilité au niveau de l’Union afin de renforcer la coopération et l’échange de bonnes pratiques entre les membres du personnel des organismes du secteur public, des institutions, des organes et des agences de l’Union. Les cours destinés aux décideurs et/ou aux praticiens sont annoncés sur le portail «Europe interopérable» et peuvent comprendre des séances d’information en ligne, des tutoriels vidéo et des ateliers, du matériel pour la formation des formateurs et des orientations pour la formation pratique .

Exposé des motifs

Lorsqu’il a été consulté, le réseau RegHub du CdR a indiqué que la formation à l’interopérabilité était une priorité essentielle. Outre les praticiens et les experts en TIC, il est important de cibler le personnel d’encadrement supérieur et de veiller à l’adhésion de l’encadrement intermédiaire, étant donné qu’un changement de culture peut s’avérer nécessaire.

Amendement 11

Article 15, paragraphe 4, point r)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

assurer une information régulière et assurer la coordination avec les coordinateurs en matière d’interopérabilité et la communauté «Europe interopérable» sur les questions relatives à l’interopérabilité transfrontière des réseaux et des systèmes d’information.

assurer une information régulière et assurer la coordination avec les coordinateurs en matière d’interopérabilité et la communauté «Europe interopérable» sur les questions relatives à l’interopérabilité transfrontière des réseaux et des systèmes d’information ainsi que sur les projets et réseaux pertinents financés par l’Union .

Exposé des motifs

Le comité «Europe interopérable» devrait également présenter d’autres projets pertinents financés par l’Union, tels qu’H2020-AURORAL, ou des réseaux de villes pour la transformation numérique, tels que living-in.eu, et rechercher des synergies aux niveaux stratégique et opérationnel.

Amendement 12

Article 16, paragraphe 4

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

d)

à aider les organismes du secteur public, institutions, agences ou organes de l’Union à réaliser des évaluations de l’interopérabilité.

Exposé des motifs

Cette recommandation va de pair avec une suggestion relative au regroupement des experts de tous les États membres de l’Union pour soutenir les évaluations de l’interopérabilité. Contrairement aux évaluations par les pairs prévues à l’article 14, les experts ne doivent pas nécessairement provenir d’États membres autres que ceux dans lesquels est situé l’organisme du secteur public qui fait l’objet de l’évaluation par les pairs dans le cadre d’une évaluation de l’interopérabilité.

Amendement 13

Article 17, paragraphe 2, point f)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

coordonner et encourager l’implication active d’un éventail diversifié d’entités nationales dans la communauté «Europe interopérable» […]

coordonner et encourager l’implication active d’un éventail diversifié d’entités nationales , y compris des collectivités locales et régionales, dans la communauté «Europe interopérable» […]

Exposé des motifs

Les administrations locales et régionales jouent un rôle essentiel dans la mise en œuvre de solutions d’interopérabilité proches des citoyens et fournissent un large éventail de services au niveau local.

Amendement 14

Article 17, paragraphe 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les États membres veillent à ce que l’autorité compétente dispose de compétences et de ressources suffisantes pour s’acquitter, de manière efficace et efficiente, des missions qui lui sont dévolues.

Les États membres veillent à ce que l’autorité compétente dispose de compétences suffisantes pour s’acquitter, de manière efficace et efficiente, des missions qui lui sont dévolues. La Commission veille à ce que les autorités compétentes des États membres reçoivent un financement approprié pour pouvoir s’acquitter de leurs missions en la matière.

Exposé des motifs

Étant donné que les autorités compétentes désignées se verront confier des missions supplémentaires liées à l’interopérabilité, la Commission doit veiller à ce que les éventuelles implications financières des missions concernées, y compris la nécessité éventuelle d’engager du personnel supplémentaire, ne soient pas exclusivement supportées par les autorités compétentes désignées.

Amendement 15

Article 19, paragraphe 2, point d)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

un inventaire des synergies avec les autres programmes et initiatives pertinents de l’Union et des États membres.

un inventaire des synergies avec les autres programmes et initiatives pertinents de l’Union, des États membres et des collectivités régionales et locales .

Exposé des motifs

Les administrations régionales et locales jouent un rôle essentiel dans la mise en œuvre de solutions d’interopérabilité proches des citoyens et fournissent un large éventail de services au niveau local.

Amendement 16

Article 21, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Sous réserve de la disponibilité des fonds, le budget général de l’Union couvre les coûts :

a)

de la création et de la gestion du portail «Europe interopérable»;

b)

du développement, de la gestion et de la promotion des solutions «Europe interopérable»;

c)

des mesures de soutien en faveur d’une Europe interopérable.

Sous réserve de la disponibilité des fonds, le budget général de l’Union couvre:

a)

les coûts de la création et de la gestion du portail «Europe interopérable»;

b)

les coûts du développement, de la gestion et de la promotion des solutions «Europe interopérable»;

c)

les coûts des mesures de soutien en faveur d’une Europe interopérable;

d)

les coûts des évaluations de l’interopérabilité obligatoires pour les collectivités locales et régionales;

e)

les consultations citoyennes menées par les collectivités locales et régionales concernant les priorités en matière d’interopérabilité.

Exposé des motifs

Les collectivités locales et régionales disposent de ressources limitées et on ne doit pas s’attendre à ce qu’elles couvrent elles-mêmes la totalité des coûts des évaluations obligatoires. À cette fin, dans les cas où les évaluations de l’interopérabilité sont obligatoires, la Commission devrait assurer leur financement. Conformément à l’amendement 12, les collectivités locales et régionales étant le niveau le plus proche des citoyens, elles sont en mesure de mieux comprendre les priorités et les attentes de ceux-ci en ce qui concerne les solutions d’interopérabilité à mettre au point. Il sera essentiel d’associer activement et suffisamment les collectivités locales et régionales au suivi des priorités des citoyens, et de prévoir à cette fin un financement approprié.

Amendement 17

Article 21, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

e)

les coûts supplémentaires supportés par les autorités compétentes du fait de leurs travaux sur l’interopérabilité.

Exposé des motifs

Étant donné que les autorités compétentes désignées se verront confier des missions supplémentaires liées à l’interopérabilité, la Commission doit veiller à ce que les éventuelles implications financières des missions concernées, y compris la nécessité éventuelle d’engager du personnel supplémentaire, ne soient pas exclusivement supportées par les autorités compétentes désignées.

II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),

1.

prend acte de la proposition législative, qui vise à mettre en place un système de gouvernance de l’interopérabilité à l’échelle de l’Union, en établissant le juste équilibre entre, d’une part, l’approche descendante pour la définition d’une procédure de formulation de recommandations générales concernant des solutions d’interopérabilité au niveau de l’Union, et, d’autre part, la prise en compte des contributions des collectivités locales et régionales, qui sont les plus proches des citoyens, s’agissant de la mise en œuvre de la législation de l’Union;

2.

relève toutefois que certains aspects de la proposition doivent être renforcés et précisés, notamment en ce qui concerne les nouvelles missions incombant aux collectivités infranationales, les ressources mises à leur disposition pour qu’elles puissent mettre en œuvre rapidement et efficacement des solutions d’interopérabilité, ainsi qu’une structure de gouvernance équilibrée qui respecte le principe de subsidiarité et la diversité des modèles de gouvernance des États membres, et permette aux collectivités locales et régionales d’avoir aussi leur mot à dire sur le rythme et le degré de mise en œuvre des solutions d’interopérabilité;

3.

recommande de prendre en compte l’existence éventuelle de systèmes nationaux d’interopérabilité, généraux ou par domaine, ayant été mis en place avant le cadre réglementaire à l’examen et pouvant s’avérer incompatibles avec la nouvelle réglementation, ce qui entraînerait des asymétries et nécessiterait de consacrer des ressources humaines et financières considérables à la mise en œuvre;

4.

souligne le rôle essentiel des collectivités locales et régionales dans la fourniture de services aux citoyens et la numérisation de ces services d’ici à 2030, conformément aux objectifs de la décennie numérique pour l’Europe ainsi qu’aux principes de subsidiarité et de proportionnalité; à cet égard, la protection des données à caractère personnel doit être garantie à tout moment et par toutes les parties concernées;

5.

fait observer que ces services couvrent généralement des secteurs tels que, entre autres, la mobilité, l’énergie, la population, la santé et l’agriculture, et attire l’attention sur les liens entre l’utilisation des données dans ces secteurs et la législation pertinente de l’Union, comme les règlements européens sur les données (1) et sur la gouvernance des données et le règlement général sur la protection des données (RGPD) (2);

6.

reconnaît qu’avec l’apport d’un soutien financier supplémentaire et de mesures d’éducation et de formation du personnel, l’interopérabilité est susceptible d’améliorer sensiblement l’efficacité de l’administration publique au niveau local et régional. Dans le cadre des principes de subsidiarité et de proportionnalité, il appartient aux administrations locales et régionales de veiller à ce que leurs systèmes soient interopérables avec ceux des autres collectivités locales et régionales au niveau national, ainsi qu’avec ceux d’autres pays de l’Union et ceux des entreprises et fournisseurs qui collaborent avec elles; dans le contexte de la proposition législative à l’examen, l’une des principales préoccupations est l’interopérabilité transfrontière;

7.

constate que dans le contexte économique actuel, de nombreuses administrations locales et régionales font face à des contraintes en matière de ressources financières et humaines, et que la transformation numérique doit néanmoins être considérée comme une priorité; souligne qu’en l’absence de soutien financier, ces contraintes peuvent compromettre leurs chances futures de tirer parti des possibilités économiques et sociales de cette transformation et représenter un risque réel pour la cohésion numérique globale; invite les institutions européennes à soutenir la transition numérique au moyen de ressources financières adéquates, y compris pour les régions et les îles de plus petite taille et/ou défavorisées;

8.

fait observer qu’une enquête menée auprès du réseau RegHub des administrations locales et régionales (3) a permis de recenser les principaux défis à relever pour parvenir à l’interopérabilité au niveau local, à savoir: le respect des exigences légales en vigueur; le respect des exigences techniques relatives à l’intégration de données avec des spécifications souvent complexes; l’absence d’interopérabilité actuelle entre divers systèmes au niveau national; le manque de données disponibles en permanence; la diversité des sources et des types de consommation; et enfin, la nécessité d’alléger la charge administrative au sein des organisations et d’adapter les cultures organisationnelles à l’interopérabilité des systèmes techniques (interopérabilité organisationnelle);

9.

prend acte des travaux menés par la Commission européenne lors de l’élaboration de la proposition à l’examen, ainsi que de son approche inclusive tenant compte des recommandations du groupe d’experts sur l’interopérabilité des services publics européens (4), d’un avis récent de la plateforme «Prêts pour l’avenir» (Fit for Future) sur la «stratégie d’interopérabilité des gouvernements» (5) et des contributions d’un certain nombre de parties prenantes et de pionniers qui mettent en pratique des solutions innovantes à un stade très précoce;

10.

réaffirme la nécessité de veiller à l’introduction de solutions cohérentes, garantissant la compatibilité rétrospective des nouveaux systèmes avec les systèmes existants (6);

11.

vante les mérites des solutions à code source libre et ouvert, qui constitueront un avantage incontestable pour les collectivités locales et les citoyens européens en tant que moyen tout à fait déterminant pour atteindre l’objectif visé de partage et de réutilisation des solutions d’interopérabilité et ainsi améliorer l’interopérabilité transfrontière, conformément à l’article 4, paragraphe 1;

12.

indique que le développement et la mise en œuvre de solutions d’interopérabilité communes entraîneront des coûts financiers et humains considérables pour les collectivités locales et régionales, ce qui implique de mettre au point de nouvelles solutions interopérables et d’investir dans celles-ci ou de s’attaquer à la transformation des systèmes existants. À cette fin, des sources de financement telles que le programme pour une Europe numérique devraient aider les collectivités locales et régionales à couvrir les coûts nécessaires;

13.

souligne que l’utilisation de logiciels libres et ouverts est une méthode essentielle et nécessaire pour éviter le verrouillage de la part des fournisseurs, et que le partage et la réutilisation éventuels de solutions d’interopérabilité non ouvertes ne confèrent pas aux titulaires de droits des avantages concurrentiels déloyaux, en vertu de l’article 4, paragraphe 2;

14.

invite le comité «Europe interopérable» à fournir des informations concrètes concernant la date à laquelle l’évaluation obligatoire de l’interopérabilité aura lieu et les éléments susceptibles de déclencher cette évaluation, par exemple en ce qui concerne les marchés publics; souligne en outre que la réalisation de l’évaluation de l’interopérabilité ne devrait pas être obligatoire tant que le comité «Europe interopérable» n’aura pas adopté les lignes directrices pertinentes;

15.

suggère d’élaborer des cadres et des orientations sur l’octroi de licences appropriées et l’utilisation de solutions d’interopérabilité fondées sur des sources ouvertes et assurant la protection des droits d’auteur afin de soutenir les marchés publics et les achats de ces solutions par les pouvoirs publics;

16.

constate que la gouvernance de l’interopérabilité est fragmentée, en particulier dans les pays décentralisés, en raison du caractère volontaire du cadre d’interopérabilité européen; souligne le rôle essentiel des autorités nationales compétentes et des collectivités locales et régionales pionnières dans les actions de sensibilisation et de promotion de la transformation numérique au sein des autres villes et régions;

17.

réaffirme la nécessité de combler les fractures numérique et territoriale, grâce notamment à l’objectif de la boussole numérique (7) consistant à fournir 100 % de services publics clés en ligne d’ici à 2030; souligne que l’interopérabilité des services publics numériques et/ou en ligne revêt une importance cruciale pour l’ensemble des communes et régions de l’Union, indépendamment de leur situation géographique, y compris les régions périphériques, les îles isolées et les zones de montagne. La technologie peut mettre un terme aux inconvénients liés à la marginalisation de ces régions et communes; le Comité insiste sur la nécessité d’une collaboration concrète et efficace avec les régions insulaires et périphériques dans le cadre de la gouvernance de la transition interopérable;

18.

se félicite des activités menées par les villes et les régions proactives qui recherchent des solutions et partagent les bonnes pratiques, en faisant un travail de pionnières et en expérimentant de nouvelles pratiques; salue le travail accompli par le mouvement «living-in.eu» (8), qui réunit des villes et des communautés pour favoriser la transformation numérique, ou le réseau «Open & Agile Smart Cities», qui a mis au point des mécanismes d’interopérabilité minimale en tant qu’outils universels pour parvenir à l’interopérabilité des données, des systèmes et des services entre les villes et les fournisseurs dans le monde entier; souligne que seul un système de gouvernance à l’échelle de l’Union permettra de mettre en place un environnement d’interopérabilité plus homogène et des solutions d’interopérabilité largement utilisées;

19.

fait observer que les marchés publics et les appels d’offres pour de nouveaux systèmes ou la modernisation des systèmes existants représenteront une charge pour les collectivités locales et régionales, notamment en raison du manque d’expertise, de ressources financières et de personnel;

20.

réaffirme l’importance cruciale de l’interopérabilité pour la résilience numérique et l’indépendance stratégique de l’Union: si l’on dispose de services et de systèmes interconnectés, il convient de prévenir toute pandémie numérique susceptible de se déclencher à la suite d’une cyberattaque majeure sur les points les plus faibles du réseau en utilisant des solutions identiques ou similaires dans toutes les entités interconnectées. Dans le même temps, le recours à des solutions à code source ouvert réduira la dépendance à l’égard des principaux fournisseurs de solutions logicielles, renforçant ainsi l’indépendance stratégique de l’Union;

21.

fait siennes les préoccupations des villes, des petites municipalités et des régions en ce qui concerne les nouvelles missions conférées par la proposition de règlement et souligne la nécessité absolue de tenir compte de leurs intérêts spécifiques; insiste pour que les représentants du CdR fassent partie intégrante du niveau stratégique de la gouvernance de l’interopérabilité; entend veiller, par sa participation au comité «Europe interopérable», à ce que les préoccupations locales et régionales soient prises en compte;

22.

souligne qu’il importe que les collectivités locales et régionales reçoivent des lignes directrices pratiques du comité «Europe interopérable» et des autorités nationales compétentes précisant quels services sont concernés par l’évaluation de l’interopérabilité; insiste pour qu’un examen préalable de l’applicabilité transfrontière soit prévu en amont de toute évaluation de l’interopérabilité et que les autorités nationales compétentes soient chargées de le réaliser;

23.

se félicite de l’accent mis par la proposition sur les solutions à code source ouvert ainsi que sur la participation des développeurs de logiciels libres à la communauté «Europe interopérable». Le fait de disposer d’un code source ouvert comme élément essentiel des solutions de service au niveau de l’administration locale et régionale renforcera la transparence, réduira les coûts, promouvra la cybersécurité et évitera les situations de dépendance à l’égard des fournisseurs, qui pourraient avoir comme conséquence que certaines données déjà collectées ne soient pas disponibles en cas de changement de fournisseur de services;

24.

suggère que le portail «Europe interopérable», ou un portail présentant des fonctionnalités similaires, serve de répertoire de tous les services publics fournis en ligne dans les États membres de l’Union, regroupés par type de service et par État membre. Le portail peut alors devenir un point de départ pour tout citoyen cherchant des informations sur la manière d’accéder à ces services publics en ligne. Il s’agirait d’un moyen efficace de mettre en commun les informations sur les principaux services publics à fournir en ligne d’ici à 2030;

25.

enfin, relève que la proposition respecte les principes de subsidiarité et de proportionnalité.

Bruxelles, le 24 mai 2023.

Le président du Comité européen des régions

Vasco ALVES CORDEIRO


(1) Avis du Comité européen des régions sur le règlement européen sur les données (JO C 375 du 30.9.2022, p. 112), voir la fiche d’information sur l’avis.

(2) Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données, et abrogeant la directive 95/46/CE (règlement général sur la protection des données) (JO L 119 du 4.5.2016, p. 1).

(3) Réseau de pôles régionaux.

(4) Recommandations officielles des experts en vue d’une nouvelle politique d’interopérabilité (en anglais).

(5) Avis final 2022/SBGR3/10 — Stratégie d’interopérabilité des gouvernements (en anglais).

(6) Ce point de vue s’inscrit dans le prolongement d’une recommandation formulée dans l’avis de la plateforme «Prêts pour l’avenir», qui suggérait d’améliorer les niveaux d’interopérabilité organisationnelle et sémantique afin de tenir compte de la dimension temporelle des données (à propos de la compatibilité entre les anciennes et nouvelles versions des solutions informatiques).

(7) https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/europes-digital-decade

(8) https://living-in.eu/


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