| CELEX | 52023IR0229 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 6 juillet 2023 |
| Journal officiel | FR Séries C |
| C/2023/249 | 26.10.2023 |
Avis du Comité européen des régions sur le thème «Accroître le potentiel des initiatives du pacte vert de l’Union visant à soutenir les régions et les villes et favoriser les synergies entre ces initiatives»
(C/2023/249)
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RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),
| 1. | se réjouit des possibilités qu’une série d’initiatives de l’Union européenne offre aux villes et aux régions pour accélérer la transition écologique et faciliter la mise en œuvre du pacte vert pour l’Europe à l’échelon local et régional, contribuant ainsi à combler le fossé entre «Bruxelles» et les communautés locales. Le présent avis a pour but de formuler un certain nombre de recommandations visant à accroître les effets de ces initiatives sur le terrain; |
| 2. | prend note de la gravité extrême de la situation mondiale, où la nécessité de trouver des solutions à la triple crise planétaire (1) est compromise par des conditions géopolitiques instables, et où les combustibles fossiles sont utilisés comme des armes, rendant les sociétés et les économies européennes vulnérables à la volatilité des prix de l’énergie. Ce n’est qu’en nous appuyant sur nos villes et nos régions que nous trouverons des solutions concrètes à ces problèmes; |
| 3. | souligne que le chemin vers la neutralité climatique requiert une profonde transformation des régions et des villes ainsi que de l’économie européenne dans son ensemble; rappelle, à cet égard, les travaux menés sous la houlette politique du groupe de travail «Pacte vert — Investir l’échelon local» du CdR; |
| 4. | constate que, même s’il est plus nécessaire que jamais d’accélérer la transition énergétique, les collectivités locales et régionales sont actuellement animées d’un sentiment croissant de lassitude générale à l’égard de nouveaux engagements et de nouvelles initiatives; |
| 5. | encourage dès lors l’Union européenne à recentrer d’une manière générale ses débats sur les objectifs politiques du pacte vert et les processus de planification sur la mise en œuvre de projets et le prototypage de solutions pragmatiques sur le terrain, notamment en éliminant les obstacles que rencontrent les collectivités locales et régionales, par exemple le manque de personnel et de ressources financières; |
| 6. | estime que les conclusions de la conférence sur l’avenir de l’Europe ont clairement hissé au rang de priorités la transition écologique et la nécessité de reconnaître le rôle des collectivités locales et régionales tout en associant les citoyens à ce processus. Mettre l’accent sur la publication régulière d’informations transparentes et de source ouverte concernant les réalisations et leurs incidences permettra d’établir un lien plus étroit entre les objectifs d’une part, et les efforts des citoyens et des acteurs locaux et régionaux, d’autre part. Le Comité considère en outre qu’il convient de promouvoir une véritable gouvernance à plusieurs niveaux et une subsidiarité active dès la conception des politiques jusqu’à leur mise en œuvre. À cet égard, il est impératif de consulter les collectivités locales et régionales et toutes les propositions législatives doivent tenir compte de leur impact territorial inévitable; |
| 7. | attire l’attention sur les défis structurels auxquels les îles et les régions ultrapériphériques sont confrontées, en raison de leur vulnérabilité face au changement climatique et aux catastrophes naturelles; |
| 8. | préconise la mise en place d’initiatives telles que le pacte européen pour le climat afin d’offrir aux citoyens, en particulier aux jeunes, la possibilité de travailler sur des projets locaux et régionaux et de développer des compétences «vertes»; invite, à cette fin, la Commission européenne à créer des synergies avec le programme Erasmus+, le corps européen de solidarité et les programmes du Fonds social européen, et à formuler des propositions dans le cadre de l’Année européenne des compétences 2023. À cet égard, les collectivités locales et régionales sont essentielles pour permettre des discussions concrètes sur les besoins en compétences et cerner les déficits en la matière ainsi que les lacunes au niveau des outils, dans le but d’élaborer des programmes appropriés et des solutions connexes; |
Accroître l’impact des initiatives de l’Union destinées aux collectivités locales et régionales pour réaliser le pacte vert
| 9. | juge utile et féconde la grande variété d’initiatives liées au pacte vert et axées sur des sujets spécifiques mais interconnectés; souligne toutefois que la multiplication des initiatives et la concurrence entre celles-ci risquent de ne pas se traduire par une augmentation équivalente de leurs effets mesurables étant donné que cette multiplication est susceptible d’entraver l’inclusivité des initiatives et d’empêcher un groupe de collectivités locales et régionales plus large que le «cercle restreint des habitués» qui dispose de moyens et de capacités plus importants, d’y avoir accès; |
| 10. | suggère dès lors de procéder à une évaluation et à une révision complètes des initiatives et de leurs contrats de mise en œuvre afin de mieux comprendre si un même budget pourrait permettre d’obtenir des effets plus importants, d’une part en favorisant davantage de synergies, en mutualisant les efforts et en évitant les chevauchements et, d’autre part, en suivant une approche plus ciblée sur l’utilisateur, flexible et axée sur les besoins, qui limite l’obligation d’information à un petit nombre d’indicateurs essentiels et tienne compte des besoins et contextes nationaux propres aux différentes collectivités locales et régionales; |
| 11. | reconnaît le pouvoir de transformation qu’a eu sur les politiques locales en matière de climat et d’énergie la Convention des maires, laquelle a encouragé des milliers de villes et de villages représentant plus de 60 % de la population de l’Union à prendre des mesures ambitieuses; |
| 12. | demande que les missions de l’Union soient reconnues en tant qu’exemples d’initiatives transversales intégrées reposant sur le principe de gouvernance à plusieurs niveaux et que les villes et régions sélectionnées bénéficient d’un soutien financier de manière à offrir un potentiel d’expérimentation considérable en matière de prototypage, à produire des retombées positives et à favoriser le transfert de capacités d’action et d’innovation dans d’autres villes; |
| 13. | demande, en outre, de mettre en place des environnements d’apprentissage spécifiques, fondés sur le modèle des communautés URBACT, afin de favoriser la reproduction de ce modèle dans le plus grand nombre possible de villes et de régions. Cette démarche permettrait de produire davantage d’effets si on utilisait les ressources financières et les capacités existantes de l’Union en redéfinissant les conditions d’un renforcement mutuel des capacités et de l’assistance financière; |
| 14. | souligne que l’élimination des cloisonnements et l’adoption d’une approche systémique en matière d’élaboration des politiques doivent commencer au niveau de l’Union et que la gestion des missions de l’Union représente une avancée significative dans ce sens et qu’elle doit aussi être soutenue de manière fiable par la future Commission; demande dès lors que les objectifs et le champ d’application des initiatives de l’Union soient alignés d’une manière plus claire sur les objectifs du pacte vert et qu’ils soient couplés au cadre des objectifs de développement durable; |
| 15. | estime que la mise en œuvre du pacte vert doit accorder une attention particulière aux conséquences sociales et économiques, conformément aux ODD; invite la Commission à maintenir son soutien au groupe consultatif sur la précarité énergétique (EPAH), à diffuser de bonnes pratiques et à adopter des lignes directrices relatives à la mise en œuvre du Fonds social pour le climat à l’échelon local et régional; |
| 16. | insiste sur la nécessité de développer des synergies structurelles et à long terme, et notamment d’intégrer verticalement les initiatives dans des cadres nationaux et régionaux de soutien aux collectivités locales; |
| 17. | souligne que cette intégration doit comporter trois volets pour avoir davantage d’impact:
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| 18. | invite les colégislateurs à élaborer un nouveau chapitre européen sur les stratégies locales et régionales pour le pacte vert en s’appuyant sur les expériences tirées de l’initiative «Pacte vert — Investir l’échelon local» du Comité des régions et en intégrant son récit et ses principes dans tous les principaux programmes de financement et de soutien de l’Union. Dans le cadre de ce chapitre, les collectivités locales et régionales peuvent accroître leur influence en collaborant et en créant des réseaux avec d’autres collectivités similaires aux niveaux régional, national et européen afin d’échanger de bonnes pratiques, des connaissances et des compétences et de mobiliser des ressources pour accroître l’impact des initiatives de l’Union. La mise en place de partenariats avec d’autres parties prenantes, telles que des ONG, des entreprises ou des établissements universitaires, peut également renforcer l’impact des initiatives du pacte vert. Le Comité est prêt à apporter tout le soutien nécessaire lors de la phase d’élaboration de ce chapitre, et à jouer un rôle de premier plan pour mobiliser les collectivités locales et régionales et les associer à sa mise en œuvre; |
| 19. | préconise l’adoption d’une approche ascendante et territorialisée, fondée sur des cadres flexibles, susceptibles d’être adaptés aux besoins locaux et qui permettent d’appliquer les principes du nouveau Bauhaus européen à l’échelon local. Cette approche est une occasion de promouvoir l’interaction entre zones urbaines et zones rurales et de prendre en compte les spécificités des régions périphériques, ultrapériphériques, de montagne et insulaires tout en favorisant la coopération transfrontalière; |
| 20. | souligne qu’il importe d’assurer le suivi des résultats d’une manière intégrée et intelligente. Si des progrès substantiels ont été accomplis en ce qui concerne le suivi des objectifs en matière d’équivalents CO2, il convient toutefois de mettre davantage l’accent sur la surveillance intelligente pour suivre les avancées réalisées dans d’autres domaines comme la diversité biologique, la gestion de l’eau ou l’économie circulaire. Ces mécanismes de suivi devraient être parfaitement en phase avec les exigences nationales et ne pas générer de charges supplémentaires pour les collectivités locales et régionales; |
| 21. | rappelle qu’il est nécessaire que les villes et les régions élaborent leurs plans de transition dans le cadre du pacte vert en étroite coopération avec les citoyens, les parties prenantes et les entreprises, et qu’elles fixent des objectifs clairs et concrets; invite dès lors la Commission européenne à renforcer encore les régimes de soutien dans ce domaine, comme le pacte européen pour le climat, et à veiller à ce que les objectifs proposés dans ses initiatives soient faciles à communiquer au grand public, comme c’est le cas du pacte local pour le climat de la Flandre (2) et du pacte climat 2.0 au Grand-Duché de Luxembourg; |
Un nouveau chapitre pour les initiatives européennes de soutien en tant que pierre angulaire du cadre de gouvernance à plusieurs niveaux
| 22. | invite la Commission européenne à transposer à une plus grande échelle la Convention des maires en tirant parti des synergies avec d’autres initiatives, en les renforçant et en promouvant un nouveau cadre de gouvernance à plusieurs niveaux. Cette Convention des maires élargie pourrait devenir une initiative faîtière, qui s’inspire de l’initiative «Pacte vert — Investir l’échelon local» gérée par le Comité et s’appuie sur celle-ci. Le Comité est prêt à soutenir ce processus et à garantir son ancrage politique; |
| 23. | propose que la nouvelle Convention des maires envisage en outre un système modulaire fondé sur un engagement politique unique en faveur de la mise en œuvre du pacte vert, traduise celui-ci en plans d’action fondés sur des données scientifiques et adaptés aux réalités locales, c’est-à-dire en laissant aux collectivités locales et régionales la liberté de choisir avec souplesse les domaines thématiques (atténuation, adaptation, précarité énergétique, mobilité durable, qualité de l’air, gestion de l’eau, diversité biologique, etc.) sur lesquels elles souhaitent se concentrer, en fonction des différentes situations de départ et des besoins, le but étant d’inclure progressivement de nouveaux domaines d’action. Ce système permettrait, d’une part, à des collectivités locales et régionales bien outillées d’aborder tous les domaines de manière systémique dès le début, par exemple en suivant l’approche de la mission «Villes neutres pour le climat et intelligentes», et, d’autre part, d’adopter une approche plus inclusive et d’associer les collectivités locales et régionales confrontées à des obstacles plus structurels; |
| 24. | exhorte la Commission européenne à revoir l’ensemble des initiatives du pacte vert pour l’Europe en vue de maximiser leurs synergies et d’intégrer le niveau auquel les engagements sont pris (par exemple, l’accord sur les villes vertes et l’initiative «villes et régions circulaires») dans cette offre plus vaste tout en conservant les aspects liés à la «tangibilité»; |
| 25. | souligne qu’il faut améliorer l’adéquation de la demande d’engagements politiques d’une part, avec les mécanismes de mise en œuvre et le financement direct d’autre part, pour veiller à ce que l’engagement politique puisse être suivi d’actions cohérentes; rappelle à cet égard qu’il est nécessaire d’établir des liens systématiques entre l’élaboration des plans en matière d’énergie durable et de climat dans le cadre de la Convention des maires, et de son éventuel approfondissement futur, et l’accès à des structures qui offrent une assistance technique et financière sectorielle, comme dans le cas du groupe consultatif sur la précarité énergétique et du projet «Facilité européenne pour les villes»; |
| 26. | fait observer que, s’agissant du soutien technique et du renforcement des capacités, les gouvernements régionaux et/ou nationaux ainsi que les agences de l’énergie pourraient contribuer à orienter les initiatives de soutien de l’Union vers les petites municipalités, les zones rurales et isolées et les territoires insulaires afin de les rendre plus inclusives, y compris dans le cadre de la politique de cohésion; invite la Commission européenne à apporter un soutien aux structures des États membres pour leur permettre de développer leurs propres capacités de conseil aux petites villes et aux villages, par exemple en élargissant le rôle des coordinateurs de la Convention ainsi qu’en tirant parti du réseau ManagEnergy et en le renforçant; |
| 27. | prend en considération les particularités de chaque ville et région, et préconise de ne pas essayer de leur appliquer une approche uniforme mais de prêter une attention particulière aux régions qui présentent certaines spécificités territoriales et démographiques. Les réseaux et les initiatives de soutien financées par l’Union devraient offrir une marge de manœuvre suffisante pour tenir compte de certaines spécificités et adapter le soutien aux besoins locaux et régionaux, étant entendu qu’il convient de mettre l’accent sur la création de cadres propices à l’accélération de la mise en œuvre; |
| 28. | souligne que les initiatives de l’Union européenne devraient renforcer les synergies et tirer parti des initiatives déployées aux niveaux national et régional dans de nombreux États membres, lesquelles permettent souvent une coopération étroite et concrète entre les autorités locales, régionales et nationales au sein de cadres communs. Il importe que ces initiatives de l’Union rendent possible et soutiennent un développement diversifié ascendant, plutôt que de chercher à favoriser un développement inverse, du sommet vers la base; |
| 29. | invite la Commission européenne à œuvrer à la définition d’une nouvelle identité visuelle commune pour la Convention des maires afin qu’elle apparaisse clairement comme une initiative-cadre ou faîtière tout en garantissant une certaine cohérence et une identité terminologique avec l’ensemble des autres initiatives. Il importe de s’appuyer sur les marques existantes afin de garantir la cohérence de l’information et de la communication et de les améliorer tout en veillant à ce que l’identité visuelle de l’Union européenne soit bien présente et facilement reconnaissable dans la stratégie de marque de l’initiative ou des initiatives concernées; |
| 30. | souligne l’importance que revêt la méthode de suivi pour susciter l’enthousiasme et favoriser l’engagement au niveau local et régional, tout en évitant que ce suivi ne se transforme en une charge administrative dont la valeur ajoutée serait limitée sur le plan de la communication et du soutien à la planification locale et régionale; demande que le nouveau chapitre du cadre de soutien tire parti des possibilités en matière de visualisation, d’innovation numérique et de stratégies narratives afin d’accroître l’effet de mobilisation. Fournir des informations sur les avantages que la transition climatique procure à tous en suivant les progrès réalisés grâce à l’amélioration concrète des conditions de vie des citoyens européens renforce la confiance dans la manière dont l’argent des contribuables est utilisé et incite davantage à apporter une contribution en modifiant les comportements; |
| 31. | estime que la méthode proposée concernant le suivi des objectifs locaux et régionaux devrait reposer sur une base scientifique solide et sur la contribution spécifique au pacte vert pour l’Europe, de la même manière que les contributions déterminées au niveau national contribuent à l’accord de Paris des Nations unies sur le climat. Cette méthode devrait être compatible avec celle utilisée au niveau national dans le cadre des plans nationaux en matière d’énergie et de climat. Rendre ces données accessibles par l’intermédiaire d’une plateforme visuelle intuitive devrait accroître le sentiment de toutes les collectivités locales d’être comptables de leurs objectifs et alimenter le cadre national en matière d’information, tout en permettant de suivre la transition vers la neutralité climatique au niveau national ou régional, en fonction de la répartition des compétences dans les États membres; |
| 32. | est conscient qu’il n’existe pas de solution miracle pour le suivi à l’échelle européenne; propose la mise en place d’un mécanisme de validation, de vérification ou de soutien permettant de décider, sur une base scientifique, quelles contributions sont susceptibles de créer un sentiment d’adhésion et de responsabilité au niveau local et régional. Sur le plan politique, les avancées réalisées concernant cette contribution devraient faire l’objet d’un débat au sein de chaque conseil local et régional afin d’élargir la base de soutien démocratique, d’accroître la transparence et, partant, l’acceptation du public, y compris la participation des entreprises locales; |
| 33. | attire l’attention sur les possibilités inexploitées des nouvelles innovations en matière d’automatisation du processus de suivi, notamment au moyen de données satellitaires, de l’intelligence artificielle ou des jumelages numériques, autant de procédés qui permettraient d’éviter des méthodes qui génèrent une charge administrative excessive au niveau local et régional; invite à cet égard la Commission européenne à explorer plus avant les plateformes de données numériques à source ouverte et interopérables, qui peuvent jouer un rôle majeur pour déclencher de nouvelles innovations, y compris des applications logicielles, essentielles au développement de projets locaux et régionaux en matière de climat et d’énergie. Cette approche est en outre susceptible d’encourager la participation des citoyens et de favoriser le succès de tous les types d’entreprises, notamment les PME et les jeunes pousses; |
| 34. | invite la Commission européenne à soutenir une intégration approfondie des efforts et des contributions des collectivités locales et régionales. Il convient de s’assurer que le système d’information et de suivi soit compatible avec les plans nationaux en matière d’énergie et de climat et qu’il comporte des indicateurs clairs pour les collectivités locales et régionales sans augmenter les formalités administratives en matière de publication d’informations. À cet égard, le Centre commun de recherche (JRC) pourrait jouer un rôle crucial pour établir des liens entre la méthodologie de la Convention et les méthodes nationales et garantir la compatibilité des plans d’action en faveur de l’énergie et du climat (PAEDC) avec les différents cadres nationaux afin de mettre en place une gouvernance en matière d’énergie et de climat à plusieurs niveaux qui soit solide et fondée sur les données. Les coordinateurs de la Convention et les agences de l’énergie peuvent jouer un rôle clé pour aider les collectivités locales à mettre ces programmes en œuvre et accéder aux données. Dans le but de garantir la cohérence des politiques, il conviendrait de consentir des efforts supplémentaires pour mieux aider les collectivités locales et régionales à suivre les progrès accomplis concernant la mise en œuvre de l’ensemble du pacte vert et à en rendre compte; l’harmonisation de la Convention des maires et des cadres de l’accord sur les villes vertes pourrait constituer un premier pas dans cette direction; |
| 35. | demande à la Commission européenne d’étudier et d’analyser comment répartir de manière équilibrée les aides financières (subventions) au moyen d’appels à propositions, le but étant d’éviter de ne soutenir qu’un seul groupe relativement restreint de villes qui disposent des ressources suffisantes pour solliciter des subventions. Outre ce risque, il convient certes d’évaluer la durée du projet, mais aussi sa durabilité, et de se demander si ces efforts réduisent réellement la dépendance à l’égard des subventions; |
| 36. | demande que le prochain chapitre de la Convention des maires permette de mieux relier la phase de planification (PAEDC, PMUD) à la phase de mise en œuvre, en s’inspirant des premiers exemples de contrats (d’investissement) pour le climat conclus dans le cadre de la mission «Villes neutres pour le climat et intelligentes» et en veillant à ce que la réserve de projets d’investissement puisse être financée; suggère de tirer les premiers enseignements des contrats de ville climatique, entre autres initiatives, afin de relier les plans d’investissement aux investissements privés et aux flux de financement et d’évaluer les possibilités de prévoir des demandes de financement accélérées pour les villes et les régions dans le cadre de ces initiatives. À cette fin, on pourrait s’inspirer du modèle des projets phares des villes et communautés intelligentes et des projets de démonstration des villes et régions circulaires financés au titre des programmes Horizon; |
| 37. | exhorte la Commission européenne à réfléchir également aux possibilités de mieux intégrer les besoins de soutien financier des éléments non finançables de ces projets, par exemple en réduisant les risques liés aux investissements (garanties de première perte, prêts mezzanine, etc.) en coopération avec la Banque européenne d’investissement et en accordant des subventions pour répondre aux besoins les plus urgents des parties non rentables du plan; |
| 38. | invite la Commission européenne à mieux relier les besoins de financement susmentionnés aux fonds de la politique de cohésion. L’évaluation à mi-parcours du cadre financier pluriannuel, qui doit avoir lieu sous peu, arrive à point nommé à cet effet. Le Comité demande que l’on prenne en compte d’autres instruments financiers afin de mobiliser des capitaux privés et publics pour les collectivités locales et régionales et, en particulier, de relier le soutien financier apporté à des objectifs et des résultats concrets, plutôt qu’au résultat de procédures d’appel à propositions chronophages; en tant qu’organismes chargés de la mise en œuvre de projets cofinancés, les groupements européens de coopération territoriale (GECT) peuvent fournir une structure de travail multilatérale et stable, garantir la continuité des actions et rendre l’utilisation des fonds publics plus efficace; |
| 39. | invite la Commission européenne à proposer des financements directs aux villes par l’intermédiaire de la mission de l’Union visant à rendre cent villes neutres pour le climat et intelligentes à l’horizon 2030 afin de mettre en œuvre les projets du pacte vert sur le terrain. Si les villes sont responsables de 75 % des émissions de gaz à effet de serre en Europe, elles sont toutefois aussi des pôles de la société pour l’innovation et la collaboration. Il est dès lors fondamental qu’elles se voient attribuer des fonds adaptés à leurs besoins et directement accessibles, en synergie avec les fonds existants; |
Vers une nouvelle gouvernance des initiatives du pacte vert pour l’Europe
| 40. | préconise la mise en place d’une seule plateforme appuyée par un service administratif bien outillé servant de guichet pour les collectivités locales et régionales disposées à jouer un rôle de pionnier dans la mise en œuvre du pacte vert. Les différentes initiatives devraient être interconnectées entre elles et les collectivités locales et régionales devraient disposer d’orientations claires pour choisir leurs actions prioritaires et passer du guichet aux différentes initiatives complémentaires. Avec le soutien de la Commission européenne, l’initiative du CdR intitulée «Pacte vert — Investir l’échelon local» serait à même de contribuer à la mise en œuvre de cet instrument; |
| 41. | suggère de créer un groupe de pilotage politique unique pour préserver la viabilité à long terme de l’intégration verticale à plusieurs niveaux (Union européenne, niveaux national, régional et local) et horizontale au niveau de l’Union européenne; |
| 42. | souligne qu’en sa qualité d’organe institutionnel représentant les collectivités locales et régionales, le Comité est prêt à renforcer son groupe de travail «Pacte vert — Investir l’échelon local» et la chambre des ambassadeurs nationaux de la Convention des maires afin de favoriser des échanges réguliers avec les commissaires, les présidences du Conseil et le Parlement européen au sujet du déploiement du pacte vert sur le terrain et de son évolution future. Ce groupe de pilotage devrait être opérationnel avant la fin de 2024; |
| 43. | souligne combien les initiatives contribuent à renforcer la coopération internationale aux niveaux local et régional, comme en témoignent la Convention mondiale des maires et le programme international de coopération urbaine et régionale; invite, à cet égard, la Commission européenne à continuer d’œuvrer en faveur d’une reconnaissance accrue du rôle des autorités infranationales au niveau des Nations unies en tirant parti de cette coopération, en particulier dans le cadre de processus mondiaux tels que les COP de la CCNUCC et de la CDB. |
Bruxelles, le 6 juillet 2023.
Le président du Comité européen des régions
Vasco ALVES CORDEIRO
(1) What is the Triple Planetary Crisis? [«Qu’est-ce que la triple crise planétaire?» (uniquement en anglais et en espagnol)] CCNUCC.
(2) Le pacte local énergie-climat de la Flandre est devenu un modèle régional et a été signé par 294 collectivités locales, qui approfondissent la coopération menée dans le contexte de la Convention des maires. En tant que niveau d’engagement supplémentaire, le pacte promeut l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre par la réalisation d’un certain nombre de rénovations collectives pour 1 000 logements, de projets participatifs en matière d’énergie renouvelable pour 500 habitants, en prévoyant un certain nombre de véhicules électriques partagés par 500 habitants, un mètre de piste cyclable supplémentaire par habitant et une borne de recharge (semi-)publique pour 100 habitants. Dans le domaine de l’adaptation, le défi se traduit par la plantation d’un arbre par habitant, par la plantation d’un demi-mètre de haie supplémentaire ou de façade verte par habitant, par 1 m3 de capacité supplémentaire d’infiltration des eaux de pluie par habitant et la suppression de 1 m2 de surface dure par habitant. La prévention de la précarité énergétique se traduit par une concentration des rénovations collectives dans les quartiers les plus diversifiés sur le plan social et par l’accroissement du partage de l’énergie avec les ménages qui ne peuvent pas investir dans des panneaux solaires (pour des raisons financières, parce qu’ils louent ou parce que la capacité du toit est insuffisante). Le gouvernement flamand offre un cadre propice à la réalisation de ces objectifs au moyen d’une aide financière, d’un suivi simplifié, d’un outil de rénovation des quartiers, d’un dialogue politique visant à améliorer la législation et d’une assistance technique pour renforcer les capacités locales des communautés énergétiques.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/249/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
Initiative législative — 52023IE0430
14/12/2023
Initiative législative — 52023IE0848
14/12/2023
Initiative législative — 52023IE1864
14/12/2023
Initiative législative — 52023IE1906
14/12/2023