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AccueilDroit européen52023IR3805
Initiative législative52023IR3805

Initiative législative — 52023IR3805

CELEX52023IR3805
TypeInitiative législative
Datemercredi 29 novembre 2023

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2024/1048

9.2.2024

Avis du Comité européen des régions sur le thème «Cadre de l’UE en matière de lutte contre la corruption»

(C/2024/1048)

Rapporteur général:

Jean-Luc VANRAES (BE/Renew Europe), conseiller communal d’Uccle

Textes de référence:

Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil relative à la lutte contre la corruption, remplaçant la décision-cadre 2003/568/JAI du Conseil et la convention relative à la lutte contre la corruption impliquant des fonctionnaires des Communautés européennes ou des fonctionnaires des États membres de l’Union européenne, et modifiant la directive (UE) 2017/1371 du Parlement européen et du Conseil

COM(2023) 234 final

Communication conjointe au Parlement européen, au Conseil et au Comité économique et social européen sur la lutte contre la corruption

JOIN(2023) 12 final

I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENT

COM(2023) 234 final

Amendement 1

Considérant 24

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les députés et d’autres agents publics peuvent bénéficier d’une immunité ou d’une protection juridique à l’égard d’enquêtes ou de poursuites, ce qui contribue à renforcer leur indépendance en les protégeant contre les plaintes non fondées, notamment en ce qui concerne les opinions ou votes émis dans l’exercice de leurs fonctions. Toutefois, les protections et immunités de ce type peuvent entraver l’efficacité des enquêtes et poursuites en matière d’infractions de corruption, notamment en ayant une incidence sur la détection d’infractions commises par d’autres personnes et sur les enquêtes ou poursuites visant ces mêmes personnes qui ne bénéficient pas d’une immunité et qui peuvent avoir participé à l’infraction. En outre, l’application de l’immunité sans procédures appropriées pour lever cette immunité dans les cas où il existe des motifs de soupçonner la participation à des actes criminels nuit à la crédibilité des institutions publiques. Il convient donc de trouver un juste équilibre entre, d’une part, les éventuels immunités ou privilèges de juridiction accordés aux agents publics pour les actes accomplis dans l’exercice de leurs fonctions et, d’autre part, la possibilité de mener des enquêtes, des poursuites et des procédures de jugement efficaces concernant les infractions de corruption.

Les députés et d’autres agents publics peuvent bénéficier d’une immunité ou d’une protection juridique à l’égard d’enquêtes ou de poursuites, ce qui contribue à renforcer leur indépendance en les protégeant contre les plaintes non fondées, notamment en ce qui concerne les opinions ou votes émis dans l’exercice de leurs fonctions. Toutefois, les protections et immunités de ce type peuvent entraver l’efficacité des enquêtes et poursuites en matière d’infractions de corruption, notamment en ayant une incidence sur la détection d’infractions commises par d’autres personnes et sur les enquêtes ou poursuites visant ces mêmes personnes qui ne bénéficient pas d’une immunité et qui peuvent avoir participé à l’infraction. En outre, l’application de l’immunité sans procédures appropriées pour lever cette immunité dans les cas où il existe des motifs de soupçonner la participation à des actes criminels nuit à la crédibilité des institutions publiques. Il convient donc de trouver un juste équilibre entre, d’une part, les éventuels immunités ou privilèges de juridiction accordés aux agents publics pour les actes accomplis dans l’exercice de leurs fonctions et, d’autre part, la possibilité de mener des enquêtes, des poursuites et des procédures de jugement efficaces concernant les infractions de corruption , si et aussi longtemps que cela est compatible avec le système juridique et constitutionnel de l’État membre concerné .

Exposé des motifs

De telles dispositions doivent toujours être compatibles avec la structure politique et constitutionnelle des États membres.

Amendement 2

Considérant 33

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Afin de lutter de manière effective contre la corruption, il est indispensable que les informations entre les autorités compétentes chargées de la prévention ou de la détection des infractions de corruption, des enquêtes ou des poursuites en la matière soient échangées de manière efficace. Les États membres devraient veiller à ce que les informations soient échangées avec efficacité et rapidité dans le respect du droit national et du droit de l’Union. La présente directive, qui vise à arrêter des définitions communes des infractions de corruption, devrait servir de référence pour l’échange d’informations et la coopération entre les autorités nationales compétentes au titre des directives (UE) XX/202352, (UE) 2019/115353 et (UE) 2016/68154 du Parlement européen et du Conseil, des règlements (UE) 2018/124055, (UE) 2018/186256 et (UE) 603/201357 du Parlement européen et du Conseil ainsi que de la décision 2008/633/JAI du Conseil58.

Afin de lutter de manière effective contre la corruption, il est indispensable que les informations entre les autorités compétentes chargées de la prévention ou de la détection des infractions de corruption, des enquêtes ou des poursuites en la matière soient échangées de manière efficace. Les États membres devraient veiller à ce que les informations soient échangées avec efficacité et rapidité entre les autorités fédérales, fédérées, régionales et locales compétentes au sein d’un État membre, ainsi qu’entre ces autorités et celles des autres États membres, dans le respect du droit national et du droit de l’Union. La présente directive, qui vise à arrêter des définitions communes des infractions de corruption, devrait servir de référence pour l’échange d’informations et la coopération entre les autorités nationales compétentes au titre des directives (UE) XX/202352, (UE) 2019/115353 et (UE) 2016/68154 du Parlement européen et du Conseil, des règlements (UE) 2018/124055, (UE) 2018/186256 et (UE) 603/201357 du Parlement européen et du Conseil ainsi que de la décision 2008/633/JAI du Conseil58.

Exposé des motifs

Une approche intégrée de la lutte contre la corruption exige que l’échange d’informations se fasse sans heurts non seulement entre les États membres, mais aussi au sein des États membres lorsque les gouvernements régionaux ou locaux sont investis de pouvoirs en la matière, ainsi qu’entre les gouvernements infranationaux de différents États membres, en particulier dans les cas de corruption transfrontière.

Amendement 3

Article 2

Définitions

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Aux fins de la présente directive, on entend par:

Aux fins de la présente directive, on entend par:

1. «prévention de la corruption», la détection et l’élimination des causes et des conditions de la corruption, par le développement et la mise en œuvre d’un système de mesures appropriées, ainsi que la dissuasion des actes liés à la corruption;

1. «prévention de la corruption», la détection et l’élimination des causes et des conditions de la corruption, par le développement et la mise en œuvre d’un système de mesures appropriées, ainsi que la dissuasion des actes liés à la corruption;

2. «biens», les fonds ou actifs de toute nature, corporels ou incorporels, meubles ou immeubles, tangibles ou intangibles, ainsi que les documents ou instruments juridiques, sous quelque forme que ce soit, y compris électronique ou numérique, attestant la propriété de ces actifs ou de droits y afférents;

2. «biens», les fonds ou actifs de toute nature, corporels ou incorporels, meubles ou immeubles, tangibles ou intangibles, ainsi que les documents ou instruments juridiques, sous quelque forme que ce soit, y compris électronique ou numérique, attestant la propriété de ces actifs ou de droits y afférents;

3. «agent public»,

3. «agent public»,

a)

un agent de l’Union ou un agent national d’un État membre ou d’un pays tiers,

a)

un agent de l’Union ou un agent national d’un État membre ou d’un pays tiers, nommé ou élu, permanent ou temporaire, rémunéré ou non ;

b)

toute autre personne investie d’une fonction de service public dans les États membres ou des pays tiers , auprès d’une organisation internationale ou d’une juridiction internationale et qui exerce une telle fonction ;

b)

toute autre personne investie d’une fonction de service public dans un État membre ou dans un pays tiers, détentrice d’une autorité publique ou soumise au contrôle ou à la surveillance d’autorités publiques ;

c)

toute personne travaillant dans des entreprises appartenant à l’État, aux collectivités régionales ou locales, ou dans des fondations de gestion d’actifs et des entreprises privées exerçant des fonctions de service public;

d)

toute autre personne investie d’une fonction de service public auprès d’une organisation internationale ou d’une juridiction internationale et qui exerce une telle fonction;

4. «agent de l’Union», une personne qui est:

4. «agent de l’Union», une personne qui est:

a)

membre d’une institution, d’un organe ou d’un organisme de l’Union ainsi que le personnel de ces derniers, tous étant assimilés aux fonctionnaires de l’Union;

a)

membre d’une institution, d’un organe ou d’un organisme de l’Union ainsi que le personnel de ces derniers, tous étant assimilés aux fonctionnaires de l’Union;

b)

fonctionnaire ou autre agent engagé par contrat par l’Union au sens du statut des fonctionnaires de l’Union européenne et du régime applicable aux autres agents de l’Union européenne fixé par le règlement (CEE, Euratom, CECA) no 259/68 du Conseil (le «statut»);

b)

fonctionnaire ou autre agent engagé par contrat par l’Union au sens du statut des fonctionnaires de l’Union européenne et du régime applicable aux autres agents de l’Union européenne fixé par le règlement (CEE, Euratom, CECA) no 259/68 du Conseil (le «statut»);

c)

détachée auprès de l’Union par un État membre ou par tout organisme public ou privé et qui y exerce des fonctions équivalentes à celles qu’exercent les fonctionnaires ou autres agents de l’Union;

c)

détachée auprès de l’Union par un État membre ou par tout organisme public ou privé et qui y exerce des fonctions équivalentes à celles qu’exercent les fonctionnaires ou autres agents de l’Union;

5. «agent national», toute personne exerçant une fonction exécutive, administrative ou juridictionnelle au niveau national, régional ou local, qu’elle ait été nommée ou élue, à titre permanent ou temporaire, qu’elle soit rémunérée ou non, et quel que soit son niveau hiérarchique. Toute personne exerçant des fonctions législatives au niveau national, régional ou local est considérée comme un agent national aux fins de la présente directive;

5. «agent national», toute personne exerçant une fonction exécutive, administrative ou juridictionnelle au niveau national, régional ou local, qu’elle ait été nommée ou élue, à titre permanent ou temporaire, qu’elle soit rémunérée ou non, et quel que soit son niveau hiérarchique. Toute personne exerçant des fonctions législatives au niveau national, régional ou local est considérée comme un agent national aux fins de la présente directive;

6. «violation d’une obligation», au moins tout comportement déloyal constituant la violation d’une obligation légale ou, selon le cas, la violation de règles ou de directives professionnelles qui s’appliquent dans le cadre de l’activité professionnelle d’une personne qui exerce une fonction de direction ou un travail, à quelque titre que ce soit, pour une entité du secteur privé;

6. «violation d’une obligation», au moins tout comportement déloyal constituant la violation d’une obligation légale ou, selon le cas, la violation de règles ou de directives professionnelles qui s’appliquent dans le cadre de l’activité professionnelle d’une personne qui exerce une fonction de direction ou un travail, à quelque titre que ce soit, pour une entité du secteur privé;

7. «personne morale», toute entité dotée de la personnalité juridique en vertu du droit national applicable, exception faite des États ou des entités publiques dans l’exercice de leurs prérogatives de puissance publique et des organisations internationales publiques;

7. «personne morale», toute entité dotée de la personnalité juridique en vertu du droit national applicable, exception faite des États ou des entités publiques dans l’exercice de leurs prérogatives de puissance publique et des organisations internationales publiques;

8. «agents de haut niveau», les chefs d’État, les chefs de gouvernement central ou régional, les membres de gouvernement central ou régional, ainsi que d’autres personnes nommées par le pouvoir politique qui exercent une fonction publique de haut niveau, telles que les vice-ministres, les secrétaires d’État, le chef et les membres du cabinet d’un ministre, et les hauts fonctionnaires politiques, ainsi que les membres des chambres parlementaires, les membres des plus hautes juridictions, telles que les cours constitutionnelles et suprêmes, et les membres des institutions supérieures de contrôle des finances publiques.

8. «agents de haut niveau», les chefs d’État, les chefs de gouvernement central ou régional, les membres de gouvernement central ou régional, ainsi que d’autres personnes nommées par le pouvoir politique qui exercent une fonction publique de haut niveau, telles que les vice-ministres, les secrétaires d’État, le chef et les membres du cabinet d’un ministre, et les hauts fonctionnaires politiques, ainsi que les membres des chambres parlementaires, les membres des plus hautes juridictions, telles que les cours constitutionnelles et suprêmes, et les membres des institutions supérieures de contrôle des finances publiques.

Exposé des motifs

Cet amendement aligne la définition sur le considérant 9 de la proposition.

Amendement 4

Article 5

Ressources

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les États membres prennent les mesures nécessaires afin que les autorités nationales compétentes pour détecter les infractions pénales définies par la présente directive ou pour mener des enquêtes, engager des poursuites ou statuer en la matière disposent en permanence d’un personnel qualifié en nombre suffisant ainsi que des ressources financières, techniques et technologiques nécessaires à l’exercice effectif de leurs fonctions liées à la mise en œuvre de la présente directive.

Les États membres prennent les mesures nécessaires afin que les autorités nationales , régionales et locales compétentes pour détecter les infractions pénales définies par la présente directive ou pour mener des enquêtes, engager des poursuites ou statuer en la matière disposent en permanence d’un personnel qualifié en nombre suffisant ainsi que des ressources financières, techniques et technologiques nécessaires à l’exercice effectif de leurs fonctions liées à la mise en œuvre de la présente directive.

Exposé des motifs

L’amendement vise à refléter le fait que, dans certains États membres, les pouvoirs concernés sont dévolus aux niveaux infranationaux de gouvernance.

Amendement 5

Article 7

Corruption dans le secteur public

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les comportements suivants , lorsqu’ils sont intentionnels, soient passibles de sanctions en tant qu’infractions pénales:

Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les comportements suivants soient passibles de sanctions en tant qu’infractions pénales:

a)

la promesse, la proposition ou l’octroi, directement ou par interposition de tiers, d’un avantage, de quelque nature que ce soit, à un agent public, pour lui-même ou pour un tiers, afin que cet agent accomplisse ou s’abstienne d’accomplir un acte relevant de sa fonction ou un acte dans l’exercice de ses fonctions (corruption active);

a)

la promesse, la proposition ou l’octroi, directement ou par interposition de tiers, d’un avantage, de quelque nature que ce soit, à un agent public, pour lui-même ou pour un tiers, dans l’intention d’inciter cet agent à exercer ou à s’abstenir d’exercer ses fonctions officielles ou à accomplir ou s’abstenir d’accomplir tout acte dans l’exercice de ses fonctions officielles d’une manière contraire à ses responsabilités officielles (corruption active);

b)

la sollicitation ou la réception par un agent public, directement ou par interposition de tiers, d’un avantage de quelque nature que ce soit, ou la promesse d’un tel avantage, pour lui-même ou pour un tiers, afin que cet agent accomplisse ou s’abstienne d’accomplir un acte relevant de sa fonction ou un acte dans l’exercice de ses fonctions (corruption passive).

b)

la sollicitation ou la réception par un agent public, directement ou par interposition de tiers, d’un avantage de quelque nature que ce soit, ou la promesse d’un tel avantage, pour lui-même ou pour un tiers, en contrepartie duquel ou de laquelle cet agent exerce ou s’abstient d’exercer ses fonctions officielles ou accomplit ou s’abstient d’accomplir tout acte dans l’exercice de ses fonctions officielles d’une manière contraire à ses responsabilités officielles (corruption passive).

Exposé des motifs

L’amendement vise à clarifier la définition d’un point de vue linguistique, compte tenu des différentes versions linguistiques des textes juridiques sur lesquels elle repose, à savoir l’article 3 de la convention établie sur la base de l’article K.3, paragraphe 2, point c), du traité sur l’Union européenne relative à la lutte contre la corruption impliquant des fonctionnaires des Communautés européennes ou des fonctionnaires des États membres de l’Union européenne, et l’article 4, paragraphe 2, points a) et b), de la directive (UE) 2017/1371 du Parlement européen et du Conseil (1) relative à la lutte contre la fraude portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union au moyen du droit pénal.

Amendement 6

Article 8

Corruption dans le secteur privé

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les comportements suivants, lorsqu’ils sont intentionnels et commis dans le cadre d’activités économiques, financières, professionnelles ou commerciales, soient passibles de sanctions en tant qu’infractions pénales:

Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les comportements suivants, lorsqu’ils sont intentionnels et commis dans le cadre d’activités économiques, financières, professionnelles ou commerciales, soient passibles de sanctions en tant qu’infractions pénales:

a)

la promesse, la proposition ou l’octroi, directement ou par interposition de tiers, à une personne qui exerce une fonction de direction ou un travail, à quelque titre que ce soit, pour une entité du secteur privé, d’un avantage indu, de quelque nature que ce soit, pour elle-même ou pour un tiers, afin que cette personne accomplisse ou s’abstienne d’accomplir un acte en violation de ses obligations (corruption active);

a)

la promesse, la proposition ou l’octroi, directement ou par interposition de tiers, à une personne qui exerce une fonction de direction ou un travail, à quelque titre que ce soit, pour une entité du secteur privé, d’un avantage indu, de quelque nature que ce soit, pour elle-même ou pour un tiers, dans l’intention d’inciter cette personne à accomplir ou à s’abstenir d’accomplir un acte en violation de ses obligations (corruption active);

b)

la sollicitation ou la réception par une personne, directement ou par interposition de tiers, d’un avantage indu de quelque nature que ce soit, ou la promesse d’un tel avantage, pour elle-même ou pour un tiers, dans l’exercice d’une fonction de direction ou d’un travail, à quelque titre que ce soit, pour une entité du secteur privé, afin que cette personne accomplisse ou s’abstienne d’accomplir un acte en violation de ses obligations (corruption passive).

b)

la sollicitation ou la réception par une personne, directement ou par interposition de tiers, d’un avantage indu de quelque nature que ce soit, ou la promesse d’un tel avantage, pour elle-même ou pour un tiers, dans l’exercice d’une fonction de direction ou d’un travail, à quelque titre que ce soit, pour une entité du secteur privé, en contrepartie duquel ou de laquelle cette personne accomplit ou s’abstient d’accomplir un acte en violation de ses obligations (corruption passive).

Exposé des motifs

L’amendement vise à clarifier la définition d’un point de vue linguistique, compte tenu des différentes versions linguistiques du texte juridique sur lequel repose la définition, à savoir la décision-cadre 2003/568/JAI du Conseil (2) du 22 juillet 2003 relative à la lutte contre la corruption dans le secteur privé.

Amendement 7

Article 15 bis (nouveau)

Interdiction des grâces et des amnisties

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Dans le respect du principe de subsidiarité, les États membres prennent les mesures nécessaires pour définir clairement les notions de remise de peine, d’amnistie et de mesure de grâce applicables à l’une quelconque des infractions pénales visées par la présente directive, et ils fixent les mécanismes et modalités d’application de ces dispositions.

Exposé des motifs

Conformément au principe de subsidiarité, il appartient aux États membres de décider de l’application de telles mesures.

Amendement 8

Article 19

Privilèges ou immunité en matière d’enquêtes et de poursuites concernant les infractions de corruption

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les privilèges ou immunités en matière d’enquêtes et de poursuites accordés aux agents nationaux pour les infractions définies par la présente directive puissent être levés dans le cadre d’une procédure objective, impartiale, efficace et transparente préétablie par la loi, fondée sur des critères clairs et conclue dans un délai raisonnable.

Lorsque cela est compatible avec leur système juridique et leurs principes constitutionnels, les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les privilèges ou immunités en matière d’enquêtes et de poursuites accordés aux agents nationaux pour les infractions définies par la présente directive puissent être levés dans le cadre d’une procédure objective, impartiale, efficace et transparente préétablie par la loi, fondée sur des critères clairs et conclue dans un délai raisonnable.

Exposé des motifs

De telles dispositions doivent toujours être compatibles avec la structure politique et constitutionnelle des États membres, conformément à l’article 4, paragraphe 2, du traité sur l’Union européenne.

II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),

1.

souligne que la lutte contre la corruption est essentielle pour garantir l’état de droit; met en garde quant au fait que selon le dernier Eurobaromètre spécial sur la corruption (3), près de trois quarts des européens (74 %) pensent que la corruption est répandue dans les institutions publiques nationales de leur pays, tandis que 73 % d’entre eux estiment que la corruption existe dans les institutions publiques locales ou régionales de leur pays;

2.

demande de s’attaquer à cette menace à tous les niveaux de gouvernance — local, régional, national et européen — dans la mesure où les citoyens attendent des normes élevées de probité de la part des fonctionnaires; signale que les affaires de corruption au niveau de l’Union entament dangereusement la confiance que le public accorde aux institutions européennes;

3.

souligne qu’en adhérant à l’Union européenne, chaque État membre s’est engagé à cet égard, étant donné que le bon fonctionnement et la stabilité des institutions démocratiques, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le respect des droits de l’homme et la lutte contre la corruption et la criminalité organisée sont autant de conditions préalables relevant de l’exigence de l’état de droit figurant dans les critères de Copenhague à l’aune desquels tous les pays candidats à l’adhésion à l’Union font l’objet d’une appréciation;

4.

réaffirme que la corruption constitue une menace majeure pour la gouvernance locale et régionale et la démocratie en Europe et que la lutte contre la corruption est essentielle pour préserver les valeurs démocratiques européennes ainsi que pour protéger le bon fonctionnement et la croissance du marché unique européen;

5.

fait observer que les personnes vivant dans des régions où le taux de corruption est le plus élevé, toutes choses égales par ailleurs, font état, en moyenne, d’une moindre satisfaction dans la vie; est conscient que les régions les moins développées pâtissent des graves répercussions de la corruption qui freinent leurs progrès et exacerbent les inégalités, et souligne la nécessité d’y mener des initiatives ciblées de lutte contre la corruption pour stimuler le développement social et économique;

6.

approuve l’objectif général de la directive anticorruption proposée par la Commission européenne, qui est d’harmoniser la législation pertinente dans tous les États membres; relève que la proposition reflète bien l’article 83 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, qui érige la corruption en «eurocrime», c’est-à-dire une forme de criminalité particulièrement grave revêtant une dimension transfrontière, pour laquelle l’Union peut, dans certaines circonstances, établir des règles minimales; fait valoir que la dimension transfrontière de la corruption et la grande disparité dans le champ d’application du droit pénal des États membres exigent de renforcer la coordination et de définir des normes communes au sein de l’Union; relève, de même, que la mise en œuvre intégrale de la directive en droit pénal national sera un processus difficile et lent;

7.

étant donné que la corruption porte atteinte à la démocratie européenne et à l’intégrité des élections à tous les niveaux de pouvoir, estime qu’il y a lieu de se féliciter de la sanction supplémentaire proposée par la directive sous la forme de privation du droit d’éligibilité aux élections, sur la base d’une définition commune de la corruption qui soit partagée par l’ensemble de l’Union, et ce d’autant plus que la proposition exige uniquement que le législateur national examine la possibilité d’appliquer les sanctions et mesures supplémentaires ou substitutives énumérées à l’article 15, paragraphe 4;

8.

est convaincu, au vu de la dimension transnationale de la corruption, de ses liens croissants avec la criminalité organisée transfrontière et de la législation européenne existante, qu’il est préférable d’agir à l’échelle de l’Union plutôt qu’au niveau de chaque État membre; estime dès lors que la proposition semble compatible avec le principe de subsidiarité; considère par ailleurs que la proposition est conforme au principe de proportionnalité, car elle se limite à ce qui est nécessaire et proportionné pour prévenir et combattre efficacement la corruption et pour mettre en œuvre les obligations et les normes internationales; observe en outre que, comme la proposition prend la forme d’une directive, elle laisse aux États membres une marge de manœuvre suffisante dans sa mise en œuvre;

9.

souligne que des instruments globaux existent déjà aux niveaux international, européen et national pour lutter contre la corruption, mais que leur efficacité continue d’être entravée par des lacunes en matière de mise en œuvre et d’application ainsi que par les obstacles à la coopération, ce qui appelle des efforts supplémentaires;

10.

relève qu’il importe de mettre en œuvre en temps utile la directive sur la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises (CSRD) (4) dans les ordres juridiques des États membres, en particulier en ce qui concerne l’obligation pour les entreprises de divulguer des facteurs de gouvernance tels que leur éthique des affaires et leur culture d’entreprise, y compris les mesures qu’elles prennent pour lutter contre la corruption et protéger les lanceurs d’alerte; reconnaît le rôle fondamental des programmes d’éducation, ainsi que de reconversion et de perfectionnement professionnels pour ce qui est de promouvoir les valeurs éthiques et l’intégrité et de mieux sensibiliser les citoyens à la lutte contre la corruption, et préconise d’investir davantage dans les initiatives éducatives visant à favoriser une culture de l’intégrité et de la responsabilité;

11.

soutient les efforts visant à diffuser les bonnes pratiques appliquées par de nombreuses régions ou administrations locales, notamment en ce qui concerne les marchés publics, les normes de transparence, les déclarations de patrimoine, la prévention et la sanction des conflits d’intérêts, ainsi que le contrôle des dépenses publiques; insiste à cet égard sur l’importance de permettre au public d’accéder aux documents de manière à promouvoir la transparence et l’obligation de rendre des comptes;

12.

met en exergue l’étroite coopération entre le Comité des régions et le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe en matière de lutte contre la corruption, par exemple sous la forme de l’organisation d’une conférence conjointe sur le rôle des collectivités locales et régionales dans la prévention de la corruption et la promotion de la bonne gouvernance;

13.

souligne que le code de conduite européen pour toutes les personnes participant à la gouvernance locale et régionale, adopté par le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, constitue un excellent exemple s’agissant de faire de la lutte contre la corruption une priorité à long terme pour les collectivités locales et régionales et leurs associations; rappelle la résolution 433 (2018) (5) dans laquelle le Congrès invite les collectivités locales et régionales à adopter elles-mêmes ce code ou à élaborer et promouvoir des codes de conduite similaires;

14.

demande que la promotion et le suivi de ce code soient menés conjointement par le CdR et le Congrès dans le cadre d’un dialogue annuel et d’un rapport de suivi en tant qu’outil efficace de suivi de la lutte contre la corruption;

15.

recommande que les collectivités locales et régionales réfléchissent à leurs cadres d’éthique et d’intégrité existants et à l’utilisation de toute une série d’activités et d’outils afin de mieux lutter contre toute pratique potentiellement corrompue et de réassurer les citoyens quant au respect de normes éthiques élevées;

16.

invite les collectivités locales et régionales à s’inspirer du code et des lignes directrices proposés par le Congrès et à élaborer ou réviser leurs stratégies de lutte contre la corruption et leurs codes de conduite abordant, entre autres, la transparence et les méthodes ouvertes de gouvernance, la prévention des conflits d’intérêts et du clientélisme par la tenue de registres des intérêts financiers et non financiers des fonctionnaires, une protection claire des lanceurs d’alerte afin de renforcer les comportements de signalement, la lutte contre le népotisme, le copinage et le favoritisme, la garantie d’une transparence totale des procédures de passation des marchés publics et la prévention de l’utilisation abusive des ressources administratives lors des campagnes électorales;

17.

fait valoir que, dans le cadre du processus d’élargissement, l’alignement sur le droit de l’UE en vigueur, le respect de l’état de droit et les réformes dans le domaine de la lutte contre la corruption déterminent largement le rythme des progrès accomplis par les pays candidats sur la voie de l’adhésion à l’UE; souligne que les collectivités locales et régionales des pays candidats devraient donner la priorité à leurs propres stratégies de lutte contre la corruption et promouvoir des normes élevées d’intégrité et de transparence dans les organismes publics qu’elles gèrent et supervisent;

18.

met en garde contre le fait que la construction liée au développement urbain, ainsi que la gestion des déchets, la gestion des ports (y compris la menace de corruption liée au trafic de drogue) et les marchés publics figurent parmi les secteurs les plus exposés à la corruption au niveau local et qu’il convient de s’attaquer spécifiquement à ces problèmes au moyen de stratégies ciblées de lutte contre la corruption; demande que soient mis en place dans les États membres des portails en ligne accessibles et conviviaux, présentant des informations détaillées sur les marchés publics, les budgets et les dépenses aux niveaux local et régional, afin de favoriser la transparence et de permettre aux citoyens de contrôler l’utilisation des deniers publics;

19.

salue les efforts déployés par les collectivités locales et régionales pour prévenir la corruption et susciter la confiance dans la démocratie et l’état de droit dans les collectivités de l’ensemble de l’Union européenne, par exemple en créant des comités sur l’intégrité, en promouvant les bonnes pratiques, la transparence, la responsabilité, le contrôle des pratiques en matière d’investissement et de passation de marchés, la numérisation des flux de travail, la garantie de conditions de concurrence équitables, et l’application des réglementations locales et l’amélioration des services publics en général;

20.

salue les initiatives de la société civile qui ont également eu un effet bénéfique sur la responsabilité des administrations publiques en ce qui concerne la transparence des dépenses publiques; encourage la participation active des organisations de la société civile aux efforts de lutte contre la corruption, grâce à une collaboration renforcée entre les collectivités locales, la société civile et les citoyens;

21.

demande une rémunération adéquate des maires et des autres élus locaux, en particulier dans les petites municipalités, afin de reconnaître leur rôle en tant que poste d’emploi à temps plein et, partant, de renforcer la bonne administration et l’intégrité de la gouvernance depuis la base;

22.

souligne que les déclarations d’intérêts et de patrimoine devraient être simplifiées et centralisées afin d’alléger la charge administrative pesant sur leurs auteurs, qu’il s’agisse de personnes physiques ou morales, tandis que l’accès à ces déclarations devrait refléter un juste équilibre entre la protection de la vie privée et les attentes du public en matière de transparence;

23.

attire l’attention sur l’importance d’un rapport de suivi régulier sur les codes de conduite mis en œuvre et sur la nécessité de formations et d’évaluations sectorielles des risques déployées sur une base régulière pour les administrations publiques, ainsi que des guides d’interaction entre les secteurs public et privé aux niveaux local et régional; encourage les États membres à mettre en place des mécanismes de signalement normalisés, en veillant à la cohérence des pratiques de transparence entre différents secteurs; estime que les rapports de transparence devraient être rendus publics et facilement accessibles, pour donner aux citoyens les moyens de demander aux autorités de rendre compte de leurs actes;

24.

demande la mise en place de mesures préventives fortes, y compris au moyen de programmes d’information et de recherche visant à renforcer la sensibilisation du public;

25.

salue le rôle joué par les médias pour lutter contre la corruption, dans le respect des principes du journalisme responsable et de comportements éthiques, notamment en ce qui concerne le droit fondamental à la présomption d’innocence; encourage le développement et la mise en œuvre de solutions numériques, telles que des plateformes en ligne destinées au signalement de la corruption, pour faciliter le signalement anonyme et mieux sensibiliser le public aux questions liées à la corruption;

26.

s’engage à jouer un rôle actif s’agissant de mettre sur pied l’organisme interinstitutionnel chargé des questions d’éthique et d’élaborer des règles de transparence applicables dans l’ensemble des institutions et organes de l’Union; s’engage à soutenir les initiatives visant à renforcer l’obligation de rendre des comptes et les comportements éthiques au sein des institutions et organes de l’Union; encourage la mise en place d’un cadre global et uniforme pour le signalement et la prise en charge des violations des règles éthiques dans toutes les institutions de l’Union, qui garantisse la cohérence et l’équité dans le traitement des questions liées à l’intégrité;

27.

soutient l’idée de réviser son propre code de conduite en tant qu’exemple d’intégrité et de transparence institutionnelles;

28.

exprime son vif intérêt à participer aux travaux du réseau européen de lutte contre la corruption mis en place par la Commission européenne, avec la ferme conviction que la perspective locale et régionale est la clef d’une lutte efficace contre la corruption.

Bruxelles, le 29 novembre 2023.

Le président du Comité européen des régions

Vasco ALVES CORDEIRO


(1) Directive (UE) 2017/1371 du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2017 relative à la lutte contre la fraude portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union au moyen du droit pénal (JO L 198 du 28.7.2017, p. 29).

(2) JO L 192 du 31.7.2003, p. 54.

(3) Citizens’ attitudes towards corruption in the EU in 2023 — July 2023 — Eurobarometer survey (Attitude des citoyens de l’Union face à la corruption en 2023 — Juillet 2023 — Enquête Eurobaromètre) (https://europa.eu/eurobarometer/surveys/detail/2658).

(4) Directive (UE) 2022/2464 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 modifiant le règlement (UE) no 537/2014 et les directives 2004/109/CE, 2006/43/CE et 2013/34/UE en ce qui concerne la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises (JO L 322 du 16.12.2022, p. 15).

(5) https://rm.coe.int/code-de-conduite-europeen-pour-toutes-les-personnes-participant-a-la-g/16808ec7e2


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/1048/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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