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AccueilDroit européen52023IR3934
Initiative législative52023IR3934

Avis du Comité européen des régions sur le thème «Vers une approche politique intégrée de l’Union pour soutenir l’innovation territorialisée aux fins de la transition écologique et numérique»

CELEX52023IR3934
TypeInitiative législative
Datemercredi 31 janvier 2024

Résumé IA

Cet avis du Comité européen des régions propose une approche politique intégrée de l'Union européenne visant à soutenir l'innovation territorialisée, en particulier pour accompagner les transitions écologique et numérique. Il insiste sur la nécessité de mobiliser les écosystèmes locaux et régionaux, de simplifier l'accès aux financements européens et de renforcer la gouvernance multi-niveaux pour adapter les politiques aux spécificités des territoires. Pour un professionnel du droit français, ce texte préfigure des évolutions potentielles dans les cadres réglementaires et les instruments de soutien à l'innovation locale, notamment dans le contexte de la politique de cohésion et des stratégies de spécialisation intelligente.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2024/1978

18.3.2024

Avis du Comité européen des régions sur le thème «Vers une approche politique intégrée de l’Union pour soutenir l’innovation territorialisée aux fins de la transition écologique et numérique»

(C/2024/1978)

Rapporteur:

Andrea PUTZU (IT/ECR), conseiller régional des Marches

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR)

Le concept d’innovation territorialisée

1.

définit l’innovation territorialisée comme une approche nécessaire pour relever les défis de société au moyen de solutions innovantes grâce à la participation active de toutes les parties prenantes de la «quadruple hélice», y compris les responsables politiques locaux et régionaux, les entreprises, les universités et la société civile;

2.

souligne que l’innovation territorialisée repose sur un processus ascendant qui nécessite une solide gouvernance et une expérimentation locales/régionales afin de garantir l’appropriation et de trouver des solutions spécifiques et adaptées aux besoins territoriaux;

3.

considère les stratégies de spécialisation intelligente, qui ont été élaborées comme une condition favorisante de l’utilisation des Fonds structurels, comme des instruments efficaces pour promouvoir l’innovation territorialisée et combler la fracture de l’innovation;

4.

insiste sur le fait que l’innovation est un moteur essentiel de la compétitivité nécessaire pour garantir la santé et le bien-être des citoyens, ainsi qu’un processus qui est ancré dans un lieu, sachant que les régions et les villes sont celles qui connaissent le mieux les besoins de leurs territoires et de leurs populations, et que chaque niveau de gouvernance représente une pièce du puzzle de l’innovation;

5.

souligne le rôle essentiel des collectivités locales et régionales dans la conception de programmes de compétences numériques adaptés aux besoins de leurs populations; insiste sur l’importance des efforts de collaboration entre ces collectivités et les établissements d’enseignement pour une mise en œuvre efficace des initiatives en matière de compétences numériques dans les écoles;

6.

fait observer que l’innovation territorialisée doit être englobée dans un système efficace de processus intégrés descendants et ascendants, dans lequel une gouvernance multiniveaux efficace est nécessaire à l’harmonisation des politiques et aussi pour garantir un soutien cohérent aux solutions locales et régionales;

7.

se déclare convaincu que l’innovation territorialisée a un rôle essentiel à jouer dans la mise en relation des politiques de l’Union avec les défis et solutions spécifiques qui s’observent dans les régions et communes d’Europe, ce qui suppose une approche transversale et multisectorielle impliquant le développement d’une double transition dans divers secteurs clés, allant de la durabilité, l’atténuation du changement climatique, l’adaptation et la résilience, à l’industrie, à l’agriculture, aux transports et à l’énergie, en passant par la santé et le bien-être des populations grâce à des solutions d’IA;

Le rôle des collectivités locales et régionales dans les transitions écologique et numérique

8.

affirme que le déploiement des transitions écologique et numérique au moyen de stratégies d’innovation locales et régionales nécessite une coopération entre les différents niveaux de gouvernance pour coordonner l’usage des fonds et instruments de l’Union disponibles;

9.

s’affirme fermement persuadé, dans le sillage de l’approche adoptée dans le cadre de l’action pilote sur les partenariats pour l’innovation régionale, qu’il appartient à chaque région de se forger sa propre vision et de définir ses propres objectifs en tenant compte de ses intérêts dans le domaine de la recherche et de l’innovation, tout en gardant à l’esprit qu’une stratégie régionale d’innovation et le renforcement des écosystèmes à ce niveau sont porteurs d’une valeur ajoutée qui ne peut se limiter au respect des critères d’éligibilité d’un fonds ou d’un programme de l’Union particulier;

10.

rappelle qu’à ce jour, seul un nombre très réduit de participants aux processus d’innovation locaux ou régionaux jouent un rôle de premier plan dans les principales chaînes de valeur de l’Union, et que la plupart des participants, y compris les entreprises, les jeunes pousses, les pépinières d’entreprises et les universités, sont dépendants de la performance et de la cohésion de l’écosystème d’innovation local et régional, et de la capacité de ce dernier à s’épanouir en tant que regroupements d’excellence, grâce à la stratégie locale singulière qu’il déploie pour attirer et conserver talents et investissements, ainsi que l’a aussi démontré l’action pilote sur les partenariats pour l’innovation régionale;

11.

est plus particulièrement d’avis que les régions moins développées ou les petites entités sont plus particulièrement confrontées à la nécessité de clarifier les différentes possibilités de financement disponibles et de simplifier leur usage combiné et, à cette fin, insiste sur l’importance d’intégrer l’action pilote sur les partenariats pour l’innovation régionale (PIR) avec les autres régions qui la rejoignent;

12.

souligne la position centrale des universités, lesquelles sont souvent au cœur des écosystèmes régionaux d’innovation et jouent un rôle de premier plan dans les «vallées régionales de l’innovation», suivant le modèle de la quadruple hélice, y compris en ce qui concerne les quatre missions que représentent l’éducation, la recherche, l’engagement social/citoyen et la valorisation économique des résultats de la recherche; estime que les universités peuvent remplir une fonction cardinale dans la formation, la reconversion et le perfectionnement professionnels de la main-d’œuvre, ainsi qu’en matière d’optimisation de la valorisation des talents;

13.

insiste sur la nécessité de concilier la directionnalité globale de l’Union vers une double transition équitable («approche descendante») et les contextes et aspirations spécifiques des régions partout dans l’Union («approche ascendante») pour que l’Union soit en mesure de surveiller de près, et de façon dynamique, les déséquilibres susceptibles de s’accumuler au sein du système et de réagir promptement au moyen de politiques et d’instruments résilients fondés sur un large consensus;

14.

invite l’échelon de gouvernance national des États membres et les institutions de l’Union à reconnaître plus clairement le rôle éminent des collectivités locales et régionales, non seulement dans la mise en œuvre, mais aussi dans la conception des politiques européennes, en partant d’une vision et des objectifs plus larges des futures politiques de l’Union, compte tenu des travaux politiques que mène le CdR;

15.

encourage les États membres à intégrer les innovations numériques et les technologies modernes dans l’éducation, en garantissant une certaine cohérence avec les avancées sociétales et industrielles; souligne qu’il est urgent de mettre à jour les programmes et les méthodes éducatifs afin de cultiver l’habileté numérique et de doter les apprenants des compétences essentielles à l’évolution du marché du travail; prend acte des difficultés rencontrées par les personnes ne travaillant pas, ne suivant pas d’études ou de formation (NEET) pour accéder aux initiatives en matière d’éducation numérique et de la nécessité de programmes et de ressources sur mesure spécialement conçus pour les associer et les réintégrer dans les initiatives d’éducation numérique;

16.

souligne la nécessité d’une coopération accrue des acteurs de l’innovation au niveau local/régional; promeut la mise en place de plateformes formalisées de partage des connaissances au niveau local/régional (conseils consultatifs régionaux en matière d’innovation), rassemblant les collectivités locales et régionales et des représentants de l’université, de l’industrie, de la société civile et d’autres parties prenantes clés, dans le but de conduire des dialogues réguliers sur l’exploitation efficace du potentiel d’innovation local et régional, en explorant l’avantage comparatif unique des régions dans le contexte des transitions écologique et numérique, et en partageant des savoirs précieux au niveau européen, de façon à garantir une adéquation toujours plus efficace des politiques avec les besoins spécifiques des régions en vue d’exploiter comme il se doit le potentiel d’innovation régional; demande instamment à la Commission d’assurer un soutien financier adéquat à la mise en place de telles structures et à leur fonctionnement permanent;

17.

souligne la nécessité de donner accès aux ressources éducatives libres, au matériel et aux technologies pédagogiques numériques aux étudiants partout en Europe, indépendamment des disparités socio-économiques ou des limitations géographiques;

Évaluation du processus lancé par la communication sur le nouveau programme européen d’innovation

18.

partage l’avis de la Commission quant à son programme d’innovation, en soulignant le rôle des régions européennes et leur capacité en matière d’innovation «deep tech» pour contribuer aux innovations et en tirer profit, ainsi que la nécessité de prendre des mesures pour remédier à la fracture persistante en matière d’innovation entre les États membres et les régions, dans le but de renforcer la cohésion interne et d’apporter des bénéfices économiques et sociaux plus larges, et il fait observer que, d’après le tableau de bord de l’innovation régionale 2023 de la Commission, les régions les plus performantes sont jusqu’à neuf fois plus innovantes que celles qui le sont le moins;

19.

salue le nouveau programme européen d’innovation, qui met en avant le rôle central que jouent les stratégies de spécialisation intelligente dans le renforcement des écosystèmes régionaux d’innovation et le soutien à la croissance économique, et souligne que les plateformes thématiques de spécialisation intelligente et les partenariats se sont aussi imposés comme des outils essentiels pour mettre en relation les innovateurs, les atouts et les priorités similaires ou complémentaires dans la totalité des États membres et des régions, y compris pour ce qui concerne des domaines liés à la technologie qui sont essentiels à la double transition écologique et numérique;

20.

approuve les recommandations de l’OCDE (1) selon lesquelles une tâche importante pour la gouvernance à plusieurs niveaux dans le domaine de la politique régionale de l’innovation consisterait à créer un environnement propice à des processus participatifs et délibératifs associant toutes les parties prenantes et les collectivités régionales et locales, y compris les citoyens, la société civile, le secteur privé, les groupes de travail, les établissements financiers et éducatifs et les partenaires sociaux, avec des capacités et des ressources adéquates, ainsi qu’à promouvoir les canaux de communication stratégiques, la transparence et l’accès à des informations, données et justifications claires, complètes, opportunes, fiables et pertinentes;

21.

partage l’avis de la Commission pour qui l’alignement du soutien du Fonds européen de développement régional (FEDER) sur les stratégies de spécialisation intelligente dans les régions de l’Europe entière favorise l’innovation territorialisée et stimule les investissements en adéquation avec les besoins et les possibilités des entreprises régionales;

22.

prend acte de l’orientation de la communication sur le nouveau programme européen d’innovation, qui va dans le sens d’un renforcement de l’offre de technologie, tout en soulignant la prise en compte potentiellement insuffisante du volet demande qui concerne la commercialisation de l’innovation;

23.

déplore, d’une manière générale, la persistance d’une aversion pour le risque qui s’observe chez les acteurs publics et privés en Europe, lesquels pourraient soutenir plus énergiquement l’expansion des petites et moyennes entreprises innovantes, que ce soit tant à des fins de compétitivité et de souveraineté technologique que pour renforcer la résilience des chaînes de valeur en Europe, au lieu de contraindre les jeunes pousses européennes prometteuses à rechercher des investisseurs stratégiques en dehors de l’Union et à passer ainsi sous le contrôle de pays tiers;

Partenariats pour l’innovation régionale — enseignements tirés de l’action pilote et perspectives pour de nouvelles actions pilotes

24.

reconnaît que, lors de l’action pilote lancée en mai 2022, les partenariats pour l’innovation régionale sont apparus comme un pont entre les spécialisations intelligentes, la mise en œuvre locale/régionale des missions «Horizon Europe» et les activités régionales dans le cadre de l’Espace européen de la recherche, y compris le renforcement des écosystèmes régionaux d’innovation, conformément à la vision d’un espace européen de la recherche (EER);

25.

salue les efforts déployés par la Banque européenne d’investissement (BEI) et le Conseil européen de l’innovation pour encourager plusieurs innovations «deep tech» à grande échelle d’importance stratégique, par exemple dans le domaine des semi-conducteurs, où l’évolution récente de la réglementation européenne constitue un facteur de facilitation supplémentaire;

26.

souligne que tous les participants aux partenariats pour l’innovation régionale ont commencé à aligner leurs politiques d’innovation sur le nouveau programme européen d’innovation, tout en mobilisant les parties prenantes concernées et en coopérant avec d’autres niveaux de gouvernance en vue de créer ensemble des voies de transformation vers la compétitivité et la durabilité;

27.

recommande de recourir à l’intelligence collective des «grappes» européennes pour que les chaînes de valeur/d’approvisionnement deviennent plus résilientes, en créant des synergies et une coopération avec les PME et les organisations patronales afin d’anticiper les risques et de se préparer à des possibilités et défis nouveaux, tout en faisant desdites grappes une partie intégrante des pôles d’innovation numérique avec pour visée d’intégrer ces dernières à leurs gouvernance et activités dans le cadre d’une collaboration continue sur la transition numérique;

28.

reconnaît que les partenariats pour l’innovation régionale ont pleinement démontré leur capacité à servir de base à la mise en œuvre de missions territoriales spécifiques qui créent des synergies concrètes entre un certain nombre de politiques européennes, tout en les intégrant dans l’écosystème d’innovation territorialisée;

29.

se déclare convaincu que la diversité des régions européennes devrait justifier l’éligibilité au soutien de l’Union à des solutions technologiques très différentes en fonction des possibilités, des préférences et des besoins locaux spécifiques, pour permettre à des projets innovants qui ont réussi d’être reproduits et de se développer à partir d’autres régions et ainsi d’œuvrer à la compatibilité, aux normes communes et à l’interopérabilité au sein du marché unique européen; dans le même temps, il est nécessaire d’éviter de nouvelles dépendances à l’égard d’une seule source d’approvisionnement et de veiller à ce que l’introduction de nouvelles technologies dans chaque région s’accompagne d’une meilleure infrastructure de recherche et d’une infrastructure générale de service public renforcée;

30.

souligne la nécessité constante d’un dialogue structuré entre les différents services de la Commission et les acteurs des écosystèmes régionaux d’innovation, en se donnant pour but la viabilité des politiques existantes et la conception de nouvelles politiques et de nouveaux instruments de financement pour soutenir les écosystèmes régionaux d’innovation et la coopération interrégionale entre eux;

31.

privilégie la mise en place de nouvelles actions pilotes sur les partenariats pour l’innovation régionale dans le but de permettre à d’autres régions de participer au processus d’innovation, en s’appuyant sur un bilan des meilleures pratiques de la première action pilote;

32.

estime qu’à l’avenir, les partenariats pour l’innovation régionale devraient être mobilisés pour aider les régions participantes à faire face non seulement aux questions plus larges du changement climatique et de la numérisation, mais encore aux défis régionaux plus spécifiques de l’innovation et de la transition socio-économique, par exemple en surmontant la dépendance traditionnelle à l’égard du charbon, les problèmes du secteur automobile ou encore le déclin démographique;

Les synergies entre les fonds et programmes de l’Union européenne

33.

fait valoir la nécessité de mettre en relief l’importance fondamentale d’harmoniser les politiques, de mieux coordonner les ressources et de favoriser plus efficacement les collaborations pour stimuler les transitions écologique et numérique grâce à l’innovation, dans le but de maximiser l’impact des régions selon une approche de gouvernance à plusieurs niveaux;

34.

préconise de poursuivre la coopération entre les régions et les institutions européennes afin de développer davantage les partenariats intrarégionaux et la coopération interrégionale en matière d’innovation, en s’appuyant sur l’expérience acquise dans le contexte des stratégies régionales de spécialisation intelligente et sur l’action pilote conjointe CdR-JRC sur les partenariats pour l’innovation régionale, tout en resserrant la coopération avec le Parlement européen et en accordant une attention toute particulière à l’appel en faveur des vallées régionales de l’innovation;

35.

souligne que la coopération entre le gouvernement, l’industrie, l’université et la société civile constitue la base des écosystèmes régionaux d’innovation, et insiste pour que l’Union prolonge son soutien au renforcement des capacités, à la mise en réseau, à l’apprentissage entre pairs et à l’expérimentation des politiques afin de maintenir et d’étendre cette dynamique;

36.

est d’avis que l’instauration d’une gouvernance à plusieurs niveaux suffisamment bien coordonnée est un défi qui reste à relever, notamment en ce qui concerne les possibilités concrètes pour les régions de cofinancer leurs projets Horizon Europe avec l’appui des fonds de l’Union au titre de la politique régionale, malgré les orientations administratives générales existantes, et souligne l’impératif de synergies claires entre les fonds et les programmes européens;

37.

se félicite des instruments de soutien prévus par la proposition de règlement de l’Union sur la plateforme «Technologies stratégiques pour l’Europe» (STEP), qui permet aux régions de financer de grandes entreprises «deep tech», et réaffirme que ce règlement devrait inclure les collectivités locales et régionales dans le processus de sélection des projets qui bénéficieraient du «label de souveraineté», ce qui représente aussi une occasion importante pour leur croissance en matière d’innovation;

38.

prend acte des multiples initiatives actuelles de l’Union qui peuvent être utilisées par les régions dans la conception et la mise en œuvre de leurs stratégies, et rappelle la nécessité d’une coordination pour asseoir leur efficacité:

—

les pôles européens d’innovation numérique (EDIH),

—

les Euroclusters,

—

les partenariats interrégionaux soutenus par le FEDER,

—

les écosystèmes d’innovation dans les régions à faible performance en matière d’innovation, soutenus par les communautés de la connaissance et de l’innovation (CCI) de l’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT) et le programme régional d’innovation (PRI) de ce dernier,

—

Startup Europe,

—

les vallées européennes de l’hydrogène,

—

les «pôles de circularité» (H4C), et

—

le réseau Entreprise Europe (EEN);

39.

demeure préoccupé par la fragmentation des instruments de l’Union visant à soutenir l’innovation territorialisée, qui prend la forme de mécanismes de gouvernance distincts pour chaque domaine d’action [à savoir la politique de recherche et d’innovation, la politique de cohésion, la facilité pour la reprise et la résilience (FRR), le Fonds pour l’innovation sur le changement climatique et le programme pour une Europe numérique], lesquels devraient être mis en cohérence dans un avenir proche;

40.

invite la Commission à susciter de nouvelles synergies entre les financements des différentes DG, sans négliger pour autant les Fonds structurels et la politique de cohésion;

41.

estime que les politiques de l’Union et leurs instruments de mise en œuvre devraient être élaborés de manière à aider les collectivités locales et régionales et d’autres acteurs locaux, tels que les entreprises et les universités, en évitant les chevauchements et en créant des synergies grâce à la combinaison des financements (notamment les financements au titre d’Horizon Europe, du FEDER et de la FRR);

42.

pense qu’il est nécessaire de garantir la participation des régions dès les premières phases du lancement prochain du 10e programme-cadre de recherche et d’innovation, et aussi dans le cadre du nouveau programme européen d’innovation, pour une mise en œuvre réussie de la politique d’innovation de l’Union sur le terrain;

43.

estime que l’allègement de la charge administrative et l’amélioration de l’accès des innovateurs locaux et régionaux au financement sont essentiels, et considère que cela nécessite une meilleure coordination entre les autorités qui soutiennent l’innovation et les autorités de gestion du FEDER, et que le dialogue entre les services compétents de la Commission et les parties prenantes soit intensifié pour parvenir à l’avenir à une plus grande synergie;

44.

invite la Commission à étudier la possibilité de permettre qu’une partie du cofinancement au niveau régional soit «en nature», ce qui signifie que les projets de la vallée régionale de l’innovation pourraient s’appuyer sur les activités de recherche et d’innovation en cours dans chaque région, qui pourraient être prises en compte dans le cadre de leur cofinancement, et à mieux étudier la mise en œuvre d’une telle approche en vue de l’introduire dans les futurs appels à propositions;

Conclusion: messages clés

45.

invite la Commission et les autres institutions de l’Union à mieux réagir à l’urgence de réduire l’écart en matière d’innovation entre les régions de l’Union, de renforcer l’élément de l’innovation et de diffuser cette dernière en renforçant les synergies entre le programme Horizon pour la recherche et les instruments de politique régionale;

46.

insiste sur le rôle de l’Espace européen de la recherche dans le renforcement des écosystèmes d’innovation territorialisée dans l’Union, en soutenant des structures collaboratives telles que des pôles spécifiques de l’espace européen de la recherche dans les régions, ce qui faciliterait la coordination entre les parties prenantes, la cohérence des stratégies d’innovation, les synergies entre les instruments de financement ou encore la correction des déficiences affectant les infrastructures de recherche;

47.

fait observer que la politique de cohésion a été et continuera d’être le principal instrument visant à renforcer les capacités d’innovation au niveau des collectivités territoriales dans toutes les régions de l’Union européenne. Il convient que dans le prochain budget à long terme, elle couvre également la totalité de ces territoires, afin de poursuivre l’action ainsi menée et de relever les défis communs de l’avenir en recourant à des initiatives et démarches à l’échelle locale et régionale;

48.

fait valoir que les régions jouent un rôle de plus en plus essentiel en tant que moteurs de l’innovation, et que celles-ci devraient donc être placées au centre du nouveau narratif sur la politique industrielle de l’Union dans le nouveau programme européen d’innovation qui sera défini après 2024, ainsi que dans le prochain et 10e programme de recherche et d’innovation;

49.

souligne la nécessité de réexaminer la mise en œuvre du nouveau programme d’innovation, en accordant la priorité aux besoins des collectivités locales et régionales, y compris dans le cadre des vallées de l’innovation «deep tech» et des vallées régionales de l’innovation, dans l’optique de renforcer les écosystèmes européens d’innovation reliant les territoires de l’Union et de créer des synergies entre les pôles existants et futurs, les actions pilotes (PIR) et les parties prenantes, avec pour visée de réduire la fracture de l’innovation;

50.

invite la Commission à poursuivre l’action pilote sur les partenariats pour l’innovation régionale, en insistant sur le soutien nécessaire de l’Union et l’importance de la participation de nouveaux acteurs et de nouvelles régions;

51.

prie la Commission d’apporter un soutien financier ciblé aux actions déployées par les régions pour renforcer la coopération au niveau local/régional entre les principaux acteurs de l’innovation afin de tirer parti du potentiel d’innovation régional, dans le contexte des transitions écologique et numérique;

52.

invite la Commission et l’autorité budgétaire de l’Union à veiller à ce que le programme-cadre de recherche Horizon Europe fasse davantage à l’avenir pour renforcer les pôles et écosystèmes régionaux d’innovation, ainsi que la connectivité entre eux, tout en soulignant, dans ce contexte, l’énorme potentiel d’une action spécifique sur les pôles de l’EER dans le cadre du programme stratégique de l’EER; estime que le Forum de l’Espace européen de la recherche joue un rôle crucial à cet égard, notamment le nouveau réseau RIMA (Robotics for Inspection and Maintenance), qui offre une plateforme pour renforcer le dialogue et la coordination entre la Commission et les États membres afin de garantir des synergies entre toutes les sources de financement pertinentes et de conforter l’excellence scientifique et en matière d’innovation partout en Europe;

53.

demande à la Commission de fournir des lignes directrices pour aider les régions à analyser et à mieux coordonner les possibilités de financement existantes des différents programmes européens, nationaux et régionaux (Horizon Europe, Fonds structurels, Erasmus, InvestEU, facilité pour la reprise et la résilience, investissements interrégionaux en matière d’innovation I3, Interreg Europe, mécanisme pour l’interconnexion en Europe, programme pour une Europe numérique, programme d’action de l’Union dans le domaine de la santé, BEI et EIT) afin de mieux les exploiter dans une perspective intégrée de la mise en œuvre de la double transition;

54.

souligne l’importance des pays candidats à l’adhésion à l’Union européenne ou concernés par son élargissement qui disposent de noyaux d’excellence pouvant être exploités pour diffuser leurs performances d’exception dans d’autres régions de l’Union grâce aux différentes possibilités de financement [notamment Interreg Europe, stratégies macrorégionales de l’UE, I3, groupement européen de coopération territoriale (GECT)]; plaide pour une exploration active des possibilités de participation des pays candidats à l’adhésion à l’Union européenne ou concernés par son élargissement aux futurs partenariats pour l’innovation régionale, en créant un paysage de l’innovation plus inclusif et plus dynamique;

55.

demande un financement supplémentaire et accru pour les vallées régionales de l’innovation et les réseaux de partenariats pour l’innovation régionale, en gardant à l’esprit que la Commission, avec le nouveau programme européen d’innovation, cherche à promouvoir davantage de co-investissements en la matière, en favorisant d’autres leviers de financement (Cofund) par l’intermédiaire du programme Horizon Europe en faveur des écosystèmes européens d’innovation (EIE) et de l’instrument I3 du FEDER;

56.

souligne que les villes et les régions peuvent combiner l’approche de la mission territoriale avec des solutions territorialisées pour la mise en œuvre des politiques de l’Union en incluant la découverte entrepreneuriale dans ce processus, tout en développant les missions territoriales en stratégies de développement territorialisées à part entière, et en encourageant les citoyens et la société civile à s’approprier les transitions écologique et numérique;

57.

suggère d’adopter, lors du prochain cycle de programmation politique de l’Union, une approche «pangouvernementale» en matière de transformation territoriale axée sur l’innovation, en reliant les priorités de l’Union aux plans nationaux et aux possibilités et aux défis ancrés localement;

58.

suggère que la Commission et les autres institutions de l’Union élaborent un concept commun explicitant la manière de soutenir, dans toutes ses régions, une innovation territorialisée dans la perspective des prochains cycles de programmes et politiques de l’Union pour le prochain CFP.

Bruxelles, le 31 janvier 2024.

Le président du Comité européen des régions

Vasco ALVES CORDEIRO


(1) OCDE, «Régions en transition industrielle — politiques au service de la population et des territoires», 2019.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/1978/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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