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AccueilDroit européen52023IR4544
Initiative législative52023IR4544

Avis du Comité européen des régions — Santé mentale (Avis d’initiative)

CELEX52023IR4544
TypeInitiative législative
Datemercredi 17 avril 2024

Résumé IA

Le Comité européen des régions, dans cet avis d'initiative, appelle à une approche intégrée et territoriale de la santé mentale, soulignant le rôle clé des collectivités locales et régionales dans la prévention, l'accès aux soins et la lutte contre la stigmatisation. Il préconise une stratégie européenne ambitieuse, incluant un financement dédié et une meilleure coordination entre les politiques de santé, d'éducation et d'emploi. Pour un professionnel du droit français, cet avis, bien que non contraignant, constitue un signal politique fort qui pourrait influencer les futures propositions législatives de l'UE et les orientations des politiques nationales de santé mentale.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/3666

26.6.2024

Avis du Comité européen des régions — Santé mentale

(Avis d’initiative)

(C/2024/3666)

Rapporteur

:

Mieczysław STRUK (PL/PPE), maréchal de la voïvodie de Poméranie

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

Messages clés

1.

accueille favorablement la communication de la Commission européenne sur une approche globale en matière de santé mentale, laquelle montre clairement que l’ensemble des mesures en faveur de la santé mentale se doivent de revêtir un caractère global et intersectoriel, qui dépasse le cadre de la politique de santé;

2.

rappelle que la santé mentale est un droit de l’homme universel et qu’elle est déterminante pour le développement individuel, collectif et socio-économique; aussi l’estimation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) selon laquelle plus de 150 millions de personnes en Europe souffrent d’un problème de santé mentale pose-t-elle un défi lorsqu’il s’agit d’assurer globalement le bien-être et le développement durable au sein des sociétés européennes;

3.

constate qu’en vertu de l’article 168 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, l’action de l’Union complète et soutient les politiques nationales et porte sur l’amélioration de la santé publique et la prévention des maladies et des affections humaines et des causes de danger pour la santé physique et mentale; toutefois, cette action doit être menée dans le respect de la politique régionale des États membres en matière de santé, notamment pour ce qui est de l’organisation et de la fourniture de services de santé et de soins médicaux;

4.

renvoie à ses avis antérieurs relatifs à la santé, et ce faisant, attire l’attention sur le lien indissociable qui unit la santé physique et la santé mentale, qu’il convient de traiter sur un pied d’égalité lorsqu’il s’agit de les financer de manière adéquate; souligne que l’on observe chez les personnes victimes de maladies mentales graves une prévalence accrue de comorbidités physiques et de multimorbidité, et qu’il est dès lors nécessaire de prodiguer des soins de manière intégrée et globale, en tenant compte de leurs besoins en matière de santé mentale et physique;

5.

relève que les troubles de la santé mentale non seulement raccourcissent la durée de la vie en bonne santé, mais constituent aussi un facteur de risque intervenant dans certains décès prématurés; ils sont ainsi un facteur de risque associé au suicide, qui est la deuxième cause la plus fréquente de décès chez les jeunes de la tranche d’âge de 15 à 24 ans dans l’Union européenne;

6.

fait valoir qu’avant même que n’éclate la pandémie de COVID-19, les problèmes de santé mentale touchaient environ 84 millions de personnes dans l’Union européenne, pour un coût estimé de quelque 600 milliards d’EUR par an, soit plus de 4 % du PIB; en outre, ces problèmes s’accompagnent d’une région à l’autre d’importantes inégalités sociales, de genre et d’âge, lesquelles requièrent de poursuivre les recherches menées sur ces écarts;

7.

rappelle que la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne consacre le droit d’accéder à la prévention en matière de santé et celui de bénéficier de soins médicaux (1);

8.

se déclare préoccupé des obstacles rencontrés dans certains États membres, qui entravent l’accès aux services de santé mentale relevant du système public de soins de santé, notamment les problèmes tels que des frais supplémentaires, des temps d’attente très longs pour obtenir un rendez-vous, une pénurie de professionnels de la santé mentale et la prévalence de la stigmatisation;

9.

se félicite des conclusions du Conseil du 30 novembre 2023, lesquelles invitent les États membres «à élaborer des plans d’action ou des stratégies avec une approche intersectorielle de la santé mentale»; se déclare lui-même prêt à prendre part à cette démarche, que ce soit, par le truchement de ses membres, à chacun des échelons de gouvernement infranational ou encore, en sa qualité d’organe consultatif, au niveau de l’Union européenne;

10.

met en relief le rôle de l’incidence des facteurs environnementaux sur la santé mentale, e souligne qu’il est nécessaire que les États membres, lorsqu’ils conçoivent leurs stratégies en matière de santé mentale, s’attaquent non seulement aux facteurs sociétaux et économiques, mais aussi à ceux de stress environnemental, tels que la pollution, le bruit et le changement climatique;

Le rôle des collectivités locales et régionales et l’importance de la collecte de données

11.

met en avant le rôle déterminant que jouent les collectivités locales dans la gestion des services dans le domaine de la santé mentale (2), ainsi que l’engagement des villes et des régions en faveur de soins de santé de haute qualité centrés sur le patient; renvoie également à son rapport de 2022 sur l’état des villes et des régions (3), et notamment aux exemples de projets locaux en matière de santé mentale;

12.

attire l’attention sur la possibilité très limitée, voire parfois nulle, d’accéder à des données régionales mises à jour relatives à la santé mentale, ce qui complique l’élaboration et la mise en œuvre de programmes de promotion, de prévention et de traitement visant à améliorer la santé mentale et l’accès aux soins de santé nécessaires (4); invite dès lors la Commission à faire une priorité de la collecte de données locales et régionales normalisées, dans le but de définir les conditions à réunir dans le domaine de la santé mentale, ainsi que les besoins en matière de santé à l’échelon régional et local; les données ainsi collectées permettront d’effectuer un suivi permanent des disparités régionales et locales en matière de santé et d’y apporter les réponses adéquates, notamment pour ce qui est des déséquilibres dans l’accès à des services de haute qualité; se félicite dès lors du dessein de la Commission d’inclure à partir de 2025 dans l’enquête de santé européenne par interview (EHIS) des données supplémentaires sur la santé mentale; invite par ailleurs la Commission à soutenir la poursuite des recherches dans le domaine de la santé mentale, à évaluer minutieusement les projets locaux et régionaux et à mettre à l’essai l’application des résultats les plus prometteurs des actions conjointes telles que ImpleMENTAL;

13.

approuve les démarches visant à faire progresser les travaux de recherche de toute sorte en recourant aux données de santé sous forme numérique; fait observer, dans le même temps, que les progrès de la numérisation d’informations aussi sensibles doivent aller de pair avec leur sécurisation au degré adéquat; en effet, les menaces qui pèsent sur la cybersécurité ne cessent de s’aggraver, alors même qu’une fuite éventuelle de données relatives à la santé, et tout spécialement à la santé mentale, peut s’avérer extraordinairement funeste pour le bien-être des personnes directement concernées; invite également la Commission à s’assurer que les possibilités ainsi que les exigences sur le plan de la sécurité qui ressortissent au partage et à l’utilisation primaire et secondaire des données relatives à la santé mentale soient pleinement prises en compte et développées dans le cadre de l’initiative de l’Union visant à créer un espace européen des données de santé (5);

14.

souhaite s’associer en qualité d’observateur au groupe d’experts sur la santé publique de la Commission, de manière à favoriser la transmission des bonnes pratiques en la matière des États membres et des parties intéressées auprès des villes et des régions;

15.

se félicite de l’intention manifestée par la Commission d’assurer un soutien adéquat à chaque État membre par la voie d’une assistance technique et d’un renforcement des capacités dans le domaine du transfert et de l’application des bonnes pratiques; invite la Commission et les États membres à élargir cette offre aux collectivités régionales et locales, puisque ce sont ces dernières qui disposent d’une connaissance spécifique et d’expérience touchant aux besoins et aux solutions, et qui sont responsables dans une large mesure de l’application ultérieure de ces solutions sur leur territoire;

Soutien et interventions de promotion, de prévention et de traitement en faveur de la santé mentale

16.

souscrit à l’affirmation selon laquelle «[l]a santé des personnes est influencée par leurs expériences de vie et l’environnement dans lequel elles vivent» car celle-ci met en relief le rôle essentiel, pour la santé mentale, des déterminants liés au milieu de vie, notamment d’ordre socio-économique; renouvelle dès lors sa demande à la Commission de financer une nouvelle édition de son rapport de 2013 sur la question des inégalités en matière de santé au sein de l’Union européenne (6), afin de rendre compte de la situation actuelle, c’est-à-dire de l’influence des guerres, de la pandémie, des transformations technologiques à l’œuvre et de la crise énergétique et économique;

17.

rappelle que notamment les professionnels de la santé, mais aussi de l’éducation, de la sécurité ou des services essentiels, ainsi que les travailleurs postés, sont soumis à une charge de stress élevée et à des taux de suicide anormalement élevés; réclame dès lors, en faveur de ces métiers, des politiques et des interventions ciblées visant à prévenir et à promouvoir la santé mentale et le bien-être; fait valoir qu’il convient de concevoir les conditions de travail de manière à permettre un équilibre sain entre vie professionnelle et vie privée, et de s’assurer ce faisant de retenir à long terme ces professionnels dans leurs domaines respectifs;

18.

souligne l’importance du rôle que joue un développement sain de l’enfant pour promouvoir la santé mentale et prévenir les problèmes en la matière; en 2022, 24,7 % des enfants âgés de moins de 18 ans dans l’Union européenne étaient menacés par la pauvreté ou l’exclusion sociale (7); réitère par conséquent son appel en faveur d’une union de l’enfance en Europe et d’une garantie européenne pour l’enfance afin d’éradiquer la pauvreté des enfants et d’assurer leur accès à des droits tels que les soins de santé et l’éducation (8); estime que de telles mesures permettraient non seulement aux enfants d’obtenir davantage de possibilités de développement dans la vie, mais aussi d’accroître la capacité des personnes qui assurent effectivement leur garde à développer avec eux des liens affectifs sûrs, sachant que ces derniers revêtent un caractère essentiel pour la santé mentale des enfants, y compris par la suite à l’âge adulte;

19.

approuve les conclusions du Conseil adoptées le 9 octobre 2023 (9) sur les liens étroits qui existent entre la santé mentale et l’emploi, l’accent étant mis sur le travail précaire, et selon lesquelles la santé mentale et le travail sont étroitement corrélés, la santé mentale revêt une grande importance pour l’aptitude au travail et la productivité et, inversement, les risques psychosociaux au travail peuvent être préjudiciables à la santé mentale et en particulier, le travail précaire, qui comprend les emplois mal rémunérés et non protégés, peut entraîner des troubles tels que l’anxiété et la dépression; qui plus est, des études montrent que certaines catégories de travailleurs, en raison de la nature même des tâches qu’ils accomplissent, sont particulièrement vulnérables aux troubles de la santé mentale et qu’ils doivent faire l’objet d’une attention et d’une protection spéciales, car ils fournissent par ailleurs des services essentiels à la collectivité; on citera notamment le personnel soignant, les services de secours et le personnel de sécurité, car ils sont exposés à des situations de stress important et à une lourde charge émotionnelle; des mesures de suivi de la santé mentale dans les situations où il existe un risque psychologique permettront de mieux protéger la santé de ces personnels;

20.

accueille favorablement l’invitation à présenter les bonnes pratiques en matière de promotion de la santé et de la santé mentale par l’intermédiaire du portail européen des meilleures pratiques (10); encourage les collectivités locales et régionales à y faire connaître des exemples de projets innovants ou prometteurs réalisés sur leur territoire;

21.

rappelle à la Commission que, dans la majorité des États membres, les systèmes de santé sont décentralisés; recommande donc, pour améliorer l’accès aux traitements, aux soutiens et aux soins, de faire également figurer des liens vers les pages des régions sur les sites internet nationaux destinés aux citoyens, prévus dans le cadre de l’initiative phare 4;

22.

renvoie à la déclaration de Venise (11), centrée sur l’objectif 11 du programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies visant à faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, pérennes et durables; souligne, à l’instar de cette déclaration, le rôle considérable que peut jouer l’organisation de campagnes en faveur de modes de vie sains lorsqu’il s’agit de promouvoir la santé mentale et de prévenir les problèmes en la matière; à cet égard, invite les villes et les régions qui ne l’ont pas encore fait à signer cette déclaration et à permettre ce faisant de recueillir plus largement les bonnes pratiques pertinentes afin de les mettre en commun;

23.

appuie la campagne «Chaque mouvement compte» de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) (12), et attire l’attention sur la corrélation positive entre l’activité physique et la santé mentale; de fait, des travaux scientifiques montrent que l’activité physique atténue les manifestations d’angoisse et de dépression; les mesures visant à favoriser l’activité physique revêtent une importance toute particulière pour les personnes souffrant de problèmes de santé mentale, car celles-ci subissent un risque plus élevé d’être en moins bonne santé physique; invite les États membres à instaurer des programmes nationaux en faveur de l’activité physique, en portant une attention particulière aux différences qui prévalent dans sa pratique en fonction de l’âge, du sexe et de la situation socio-économique, ainsi qu’à accroître l’accès aux infrastructures sportives, aux cours et aux clubs;

Toxicomanie et santé mentale

24.

s’inquiète de la puissante interaction des crises de santé mentale et de la consommation et de l’abus de drogues; à titre d’exemple, selon l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, au sein de certains groupes de thérapie contre les drogues, jusqu’à 80 % des patients présentent également d’autres problèmes de santé mentale (13);

25.

souscrit au point de vue selon lequel les personnes souffrant de troubles de santé mentale sont plus enclines à abuser de substances psychoactives (14), sachant que certaines d’entre elles sont susceptibles d’y recourir pour soulager la douleur émotionnelle à l’origine de leurs problèmes de santé mentale; chez ces personnes, l’abus de telles substances a souvent pour effet de les rendre dépendantes et d’accroître ce faisant leur vulnérabilité face au chômage et au sans-abrisme ou encore la probabilité qu’elles adoptent des comportements à haut risque en ce qui concerne les infections, notamment en matière de contamination par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ou encore par celui de l’hépatite C; il convient de déployer des efforts spécifiques pour repérer ces troubles et aussi adopter des approches pluridisciplinaires et globales dans le but de garantir une coordination et une intégration étroites entre les différents services du réseau de santé à l’échelon régional et national;

26.

est conscient de la stigmatisation qui pèse sur la dépendance et la toxicomanie, qui peut décourager les personnes qui en sont victimes de chercher de l’aide pour s’en sortir, et plaide donc pour que cette question soit traitée à titre de problème sanitaire complexe; invite les États membres à s’engager davantage dans des travaux de recherche scientifique et à mettre en place des solutions organisationnelles à l’intention des personnes sujettes à des problèmes de santé mentale et à des dépendances; se félicite de la nouvelle feuille de route de l’Union européenne en matière de lutte contre le trafic de drogue et la criminalité organisée, car il est conscient de l’effet destructeur des agissements des cartels de la drogue, tant en Europe que sur d’autres continents; fait valoir que la lutte contre la criminalité organisée doit aller de pair avec des programmes favorisant le traitement de la toxicomanie et la prévention de la consommation de drogue, notamment auprès des mineurs;

Groupes particulièrement vulnérables et discriminés

27.

est conscient de l’effet qu’exercent sur la santé mentale les discriminations fondées sur le sexe, la race ou l’origine ethnique, la religion ou les convictions, le handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle;

28.

fait valoir l’importance de politiques sociales pour lutter contre l’exclusion sociale, la pauvreté, le sans-abrisme, les troubles liés à la consommation de substances, le chômage et les vulnérabilités économiques, afin de prévenir les problèmes de santé mentale et de s’attaquer à leurs causes profondes; souligne qu’il est nécessaire d’offrir des instruments plus performants pour aider les citoyens à surmonter ces problèmes;

29.

condamne l’incrimination et la discrimination liées au virus de l’immunodéficience humaine (VIH) au sein de l’Union européenne, et exhorte les États membres à mettre immédiatement fin à ces pratiques, et notamment à celles qui entravent l’accès aux services de santé;

30.

fait observer que les femmes sont deux fois plus souvent touchées par la dépression, et que leurs expériences et leur rôle social forgent les perceptions et les attentes et influent de ce fait sur le bien-être mental (15); a donc pris acte avec satisfaction de la directive adoptée au printemps 2023 sur la transparence des rémunérations (16), et invite chacun des États membres à la transposer sans délai dans son ordre juridique interne; espère que la directive (UE) 2023/970 contribuera à réduire rapidement l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes, qui se situe actuellement dans l’Union européenne autour de 13 %;

31.

se déclare choqué par le fait qu’un tiers de l’ensemble des femmes en Europe ont été au moins une fois à l’âge adulte victimes de violences physiques ou sexuelles, que 20 % des jeunes femmes ont subi un harcèlement sexuel sur l’internet, qu’une femme sur cinq a été persécutée, qu’une sur vingt a été violée, et que plus d’une sur dix a été victime de violences sexuelles; de tels actes laissent des traces indélébiles dans le psychisme des femmes; demande que soient mises en œuvre des actions plus efficaces à tous les niveaux des pouvoirs publics afin de veiller à ce que les auteurs de crimes sexuels soient poursuivis et de mettre l’accent sur la prévention de la violence et sur l’aide aux victimes de violences ainsi que sur leur réinsertion dans la société et le travail;

32.

rappelle que la Convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (17) est entrée en vigueur dans l’Union européenne le 1er octobre 2023; presse les quelques États membres qui n’ont pas encore ratifié cette convention d’y procéder sans délai;

33.

constate que la situation des migrants et des réfugiés les expose davantage à des crises de santé mentale; au sein de ce groupe, la prévalence des problèmes de santé mentale relevant des maladies du spectre de la dépression, de l’angoisse et des troubles de stress post-traumatique, est notoirement plus marquée (un sur trois) que dans le reste de la population; en outre, de nombreux migrants rencontrent des difficultés pour accéder aux services de santé mentale (18);

34.

appelle à la vigilance à l’égard des défis qui se posent en matière de discrimination à l’encontre de la communauté LGBTQIA+; la stigmatisation et la discrimination de ces personnes n’ont rien perdu de leur actualité et influent négativement sur leur bien-être général et accroissent chez elles le risque de dépression ou de tentative de suicide (19);

35.

prend acte de la situation en ce qui concerne les personnes sans domicile fixe et leur état de santé mentale, telle qu’elle ressort de nombreuses études européennes et internationales (20), et invite les États membres à mettre au point des programmes de soutien à leur intention dans le but de placer la santé mentale au centre des parcours de soins et d’accompagnement;

36.

condamne la discrimination à l’encontre des personnes LGBTQIA+ sous toutes ses formes, car elle constitue une menace importante pour leur santé mentale et une violation des droits de l’homme;

37.

met en évidence le lien, bien souvent négligé, entre santé mentale et grossesse, et note la prévalence inquiétante de troubles dépressifs et anxieux chez les femmes enceintes; insiste sur l’importance d’un soutien complet et accessible dès la conception jusqu’après l’accouchement; met en relief le rôle de l’éducation sur l’incidence de la santé mentale aussi bien de la mère que de son enfant pour assurer leur sécurité et leur bien-être durant cette période déterminante, et aussi après;

38.

souligne que le processus de vieillissement accroît le risque d’isolement social, de perte d’autonomie et d’apparition de maladies chroniques, et ce faisant, exerce un effet négatif sur la santé mentale; se dit inquiet de la fréquence des dépressions et de la hausse des indicateurs de suicide chez les personnes âgées, et demande aux collectivités locales et régionales de se saisir prioritairement des projets qui s’attachent à permettre de vieillir dignement, à soutenir l’activité physique et la socialisation des personnes âgées, sachant que de telles initiatives agissent positivement sur leur bien-être mental;

39.

souligne qu’il importe de protéger la santé mentale des enfants, des adolescents et des jeunes adultes, en particulier dans leur environnement scolaire et familial, sachant que ce dernier détermine dans une large mesure leur développement à l’âge adulte; met en relief le rôle important de l’éducation pour prévenir le harcèlement et le cyberharcèlement à l’école afin de prévenir les problèmes pour la santé et le bien-être des étudiants;

40.

insiste sur l’effet bénéfique de l’activité physique, du mouvement et du jeu en tant que facteurs d’une bonne santé mentale, en particulier pour les enfants, les adolescents et les jeunes adultes;

41.

se félicite de l’annonce de la mise en place de programmes pour soutenir la santé mentale des enfants et des jeunes, et notamment d’un «réseau pour la santé mentale des enfants et des jeunes» (initiative 7), d’une «boîte à outils de prévention» consacrée aux risques liés entre autres au «harcèlement dans les environnements éducatifs» (initiative 8), d’«outils destinés aux enfants et aux jeunes afin de se pencher activement, par exemple, sur la question des modes de vie sains» (initiative 9) ou encore d’un programme pour «une utilisation saine des écrans» (initiative 10);

42.

demande à l’Union européenne et à ses États membres de concevoir une stratégie globale pour traiter les états «neurodivergents» et les handicaps invisibles, tels que l’autisme ou les troubles hyperactifs avec déficit de l’attention; souligne le rôle déterminant d’un diagnostic précoce afin d’apporter un meilleur soutien en temps utile et de créer un environnement éducatif qui encourage un apprentissage continu et une intégration bien encadrée chez les enfants présentant des états «neurodivergents», et afin de favoriser l’inclusivité et de parvenir à une société qui attache de la valeur aux personnes qui ont des besoins différents et leur donne les moyens d’agir;

43.

s’inquiète du nombre croissant des tentatives de suicide chez les enfants et les jeunes; relève que les causes d’une telle situation présentent de multiples facettes et appellent des mesures intégrées intersectorielles, notamment de la part des services de santé, du système scolaire, de l’institution judiciaire et de l’assistance sociale; préconise de mieux financer les programmes visant à intégrer ces domaines d’action et de contribuer ce faisant à l’adoption d’une approche globale de la santé mentale; demande qu’une attention particulière soit portée aux médias et aux responsables de contenu numérique;

44.

fait valoir qu’il est essentiel pour une bonne santé mentale de donner la priorité à des politiques en faveur de la famille, qui reconnaissent les mérites de celle-ci pour procurer aux personnes un sentiment de sécurité, d’amour et d’appartenance; estime que beaucoup peut être fait à domicile pour lutter contre les problèmes de santé mentale, dès lors que l’on met en place les structures adéquates et que l’on soutient correctement les parents et les aidants;

Privatisation des soins en matière de santé mentale

45.

attire l’attention sur les pénuries de main-d’œuvre dans les services de santé auxquelles presque toutes les régions et les villes sont confrontées; s’inquiète tout particulièrement du manque de spécialistes dans les différentes professions relevant du domaine des problèmes de santé mentale; ces pénuries touchent aussi bien le personnel médical en psychiatrie, les professionnels de la psychologie clinique et les infirmiers spécialistes de la santé mentale que les autres personnels soignants dans les établissements tant ambulatoires qu’hospitaliers; invite les États membres à s’attaquer à cette question en coopérant avec les assureurs, les universités et les services de santé afin de créer les conditions adéquates pour former les spécialistes de la santé mentale, développer leurs compétences et leur assurer une vie professionnelle soutenable;

46.

demande instamment à la Commission et aux États membres de soutenir et développer des programmes de soutien destinés aux proches et aidants informels des personnes souffrant de problèmes de santé mentale, qui sont eux-mêmes constamment soumis à un stress important, si bien que leur propre bien-être mental peut s’en trouver gravement compromis;

47.

fait valoir que, s’il est vrai que les citoyens peuvent accéder aux soins de santé, le temps d’attente pour être pris en charge contraint nombre d’entre eux à assumer eux-mêmes le coût de ces prestations; cet état de fait a pour effet d’amoindrir la capacité des personnes les moins favorisées d’y accéder, voire, à plus long terme, de les exclure de la société (21);

48.

prie instamment d’accroître le financement de la santé mentale infanto-juvénile, ainsi que l’aide structurelle en faveur des formes locales de prestation des services, qui peuvent intervenir pour prévenir les crises mentales chez les mineurs;

Désinstitutionnalisation et coût de l’inaction

49.

invite l’ensemble des pouvoirs publics nationaux à appliquer les bonnes pratiques de désinstitutionnalisation dans le domaine de la santé mentale, ce qui implique de renforcer les dispositifs de proximité et d’en augmenter les moyens;

50.

exprime ses préoccupations quant à la commercialisation croissante des services de santé dans le domaine de la psychiatrie, qui conduira à creuser les inégalités dans l’accès à ce type de prestations parmi les personnes qui en ont besoin; met de ce fait l’accent sur l’importance capitale que revêt le caractère public et accessible à tous des prestations de soins de santé en Europe;

51.

fait valoir que la recherche en économie de la santé (22) met en évidence que le développement des services sociaux en matière de santé mentale réduit considérablement les coûts des services en milieu hospitalier, tout en préservant l’efficacité élevée du traitement; l’effet positif sur la santé signifie que davantage de personnes peuvent entrer sur le marché du travail; le niveau de production s’en trouve ainsi accru, tout comme la participation générale à la société;

52.

souligne que l’inaction peut entraîner à plus long terme des charges plus importantes pour l’économie, entre autres une augmentation des coûts des soins, mais aussi des conséquences sociales, dans la mesure où l’absence de traitement des problèmes de santé mentale ne fait que les renforcer, et pousse ceux qui la subissent dans des situations difficiles, entrave la recherche d’emploi et accroît l’exposition aux risques de pauvreté et d’exclusion sociale;

53.

suggère de développer des services en matière de santé mentale dans les établissements de soins médico-sociaux primaires; rendre ces derniers plus accessibles permet de réduire la pression sur le système très coûteux de soins hospitaliers; estime qu’il conviendrait aussi de promouvoir le développement de services de santé mentale dans le cadre des activités menées par les services de santé des structures chargées de la prévention des risques professionnels et qu’il serait possible, dans le cadre du suivi de la santé des travailleurs, de repérer précocement des signes et des symptômes se rapportant à la santé mentale, et ce serait là une piste à creuser pour gagner en efficacité et en efficience;

54.

est conscient de l’effet que peuvent produire les services numériques de santé mentale afin d’accroître leur accessibilité pour les jeunes, notamment dans les zones éloignées ou mal pourvues; est tout aussi conscient que la fracture numérique et les obstacles liés à l’habileté numérique sont susceptibles d’empêcher certains jeunes d’accéder auxdits services numériques de santé mentale;

55.

attire l’attention sur le fait que, selon des recherches de l’Organisation mondiale de la santé, un dollar investi dans un traitement plus efficace de la dépression et des états d’angoisse assure un retour de quatre dollars sous la forme d’une meilleure santé et d’une capacité accrue à travailler; par conséquent, les charges liées à la santé mentale ne constituent pas un coût, mais un investissement qui se distingue par un taux de rendement élevé;

Intégrer la santé mentale dans l’ensemble des politiques

56.

souscrit à l’approche visant à «intégrer la santé mentale dans l’ensemble des politiques», et appuie les mesures en faveur du bien-être mental entre autres dans les domaines de l’éducation, de l’art et de la culture, de l’environnement, du droit du travail, du chômage, de la cohésion, de la recherche et de l’innovation, de la protection sociale, du développement régional durable, du développement urbain durable ou encore du monde numérique;

57.

souligne qu’il importe de mettre en place des systèmes robustes de suivi et d’évaluation afin d’accroître l’efficacité des programmes en matière de santé mentale et de repérer les domaines qui requièrent une amélioration;

58.

invite les États membres à élaborer des programmes en matière de santé mentale et à les mettre en œuvre au sein des établissements scolaires afin de favoriser le développement des enfants dans un environnement non stigmatisant, adapté à leur structure émotionnelle; il s’impose de munir les enfants des compétences leur permettant de faire face au stress et à d’autres facteurs négatifs qui affectent leur santé mentale; recommande à la Commission de créer un registre des programmes dans les écoles pour donner à celles-ci davantage de possibilités d’en tirer parti entre elles;

59.

invite les États membres et leurs pouvoirs publics à traiter prioritairement de la santé mentale des enfants dans l’ensemble des stratégies des villes, des régions et de l’État, ainsi qu’à investir, entre autres, dans un accès libre aux activités sportives ou culturelles, aux organisations de la jeunesse et aux clubs extrascolaires;

60.

s’inquiète de la propagation de la cyberviolence; se félicite par conséquent du règlement relatif à un marché unique des services numériques (23), et notamment de son article 34 qui oblige les fournisseurs de grandes plateformes en ligne ou de grands moteurs de recherche en ligne à procéder à une évaluation du risque systémique, et tout spécialement des menaces susceptibles de produire «tout effet négatif réel ou prévisible lié aux violences sexistes et à la protection de la santé publique et des mineurs et les conséquences négatives graves sur le bien-être physique et mental des personnes»;

61.

recommande aux collectivités locales et régionales de soutenir les actions qui favorisent la sensibilisation aux menaces liées à l’utilisation de services numériques en perfectionnant les compétences numériques tout en protégeant l’identité sur l’internet;

62.

recommande aux collectivités locales et régionales d’intensifier leurs efforts en vue d’améliorer la qualité de l’air à l’échelon local en agissant sur l’aménagement du territoire, la mobilité et les transports, l’écologie locale et d’autres stratégies politiques; met en avant les déclarations de l’Organisation des Nations unies concernant le lien entre une mauvaise qualité de l’air et les problèmes psychologiques et comportementaux de l’enfance, notamment le syndrome des troubles hyperactifs avec déficit de l’attention (THADA), l’angoisse et la dépression;

63.

réitère son appel (24) aux municipalités pour qu’elles s’engagent à promouvoir et à faciliter des stratégies de conception urbaine susceptibles de créer une société favorable à la marche et au vélo, bénéficiant d’espaces publics ouverts et accessibles, sûrs et attrayants; rappelle aussi que les espaces verts influent positivement sur la santé mentale (25);

Financement

64.

prend acte avec satisfaction de l’annonce d’un montant de 1,23 milliard d’EUR destiné à soutenir les activités liées à la santé mentale; constate cependant que ce financement pourrait s’avérer insuffisant pour appuyer l’ensemble des initiatives proposées par la Commission;

65.

rappelle qu’il est prévu dans le cadre des programmes «Horizon 2020» et «Horizon Europe» d’allouer 765 millions d’EUR pour soutenir des projets dans le domaine de la recherche scientifique et de l’innovation en matière de santé mentale; invite les pouvoirs publics et les structures de recherche scientifique à tirer parti de ces possibilités;

66.

fait part de son inquiétude face à une situation où l’accès aux Fonds de l’Union européenne demeure d’une complexité excessive, notamment pour les entités de moindre taille; réclame à cet égard l’équivalent de l’instrument d’appui technique dont bénéficient les régions et les villes;

67.

appuie la proposition du Parlement européen touchant à la création d’une mission sur la santé mentale dans le cadre du programme Horizon Europe et du futur programme du cadre financier pluriannuel 2028-2035;

L’avenir de la santé mentale en Europe

68.

approuve l’appel visant à proclamer une Année européenne de la santé mentale, ainsi qu’à élaborer un plan européen pour protéger la santé mentale;

69.

encourage la Commission à considérer l’approche globale comme une première étape sur la voie d’une législation à part entière sur la santé mentale;

70.

demande à la Commission de veiller à ce que les recommandations formulées à l’occasion du Semestre européen ne produisent pas d’effets néfastes pour les services publics et le droit à la santé des Européens; insiste en particulier sur la nécessité que les mesures d’austérité ne compromettent pas la résilience des services de santé au sein des États membres.

Bruxelles, le 17 avril 2024.

Le président

du Comité économique et social européen

Vasco ALVES CORDEIRO


(1) JO C 202 du 7.6.2016, p. 389.

(2) Étude commandée par le Comité européen des régions, La gestion des systèmes de santé dans les États membres de l’UE — Le rôle des collectivités locales et régionales, 2012.

(3) Avis du Comité européen des régions sur «Le rôle des villes dans la promotion de la santé», adopté le 30 novembre 2023, non encore paru au Journal officiel.

(4) Eurostat ne disposant pas de données spécifiques pour la prévention en matière de santé mentale ni pour les soins de santé à l’échelon des régions NUTS 2, il s’appuie par défaut sur des données de l’échelon national.

(5) Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil visant à renforcer l’application du principe de l’égalité des rémunérations entre hommes et femmes pour un même travail ou un travail de même valeur par la transparence des rémunérations et les mécanismes d’exécution, COM(2021) 93 final, 4 mars 2021.

(6) Commission européenne, Agence exécutive pour la santé et les consommateurs, Health inequalities in the EU – Final report of a consortium - Consortium lead: Sir Michael Marmot («Les inégalités en matière de santé au sein de l’Union européenne, rapport final d’un consortium sous l’égide de Michael Marmot»), 2013, https://data.europa.eu/doi/10.2772/34426.

(7) Commission européenne, Eurostat, Children at risk of poverty or social exclusion («Les enfants menacés par la pauvreté et l’exclusion sociale»), septembre 2022, https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=Children_at_risk_of_poverty_or_social_exclusion.

(8) Avis du Comité européen des régions sur le thème «Une gouvernance à multiniveaux du pacte vert: vers une révision du règlement sur la gouvernance» — Renforcer l’inclusion sociale des enfants par la mise en œuvre de la garantie européenne pour l’enfance au niveau local et régional (JO C, C/2024/3669 du 26.6.2024, ELI : http://data.europa.eu/eli/C/2024/3669/oj).

(9) Conseil de l’Union européenne, Conclusions du Conseil sur la santé mentale et le travail précaire, https://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-13937-2023-INIT/fr/pdf, 9 octobre 2023.

(10) Portail des meilleures pratiques (europa.eu) (en anglais).

(11) Déclaration de Venise (en anglais).

(12) Centre des médias du site internet de l’Organisation mondiale de la santé, reportage «Physical activity — great for your body, great for your mind» («L’activité physique est saine pour votre corps et votre esprit»), 7 octobre 2022.

(13) Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, «Motion graphic: Drug use problems and mental health — comorbidity explained» («Animation graphique: explication du lien entre problèmes de consommation de drogue et santé mentale»), 20 mai 2016.

(14) Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, Comorbidity of substance use and mental health disorders in Europe (Perspectives on drugs) [«Comorbidité de la consommation de drogue et des troubles de la santé mentale (perspective sur les drogues)»], 31 mai 2016.

(15) Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE), Gender Equality Index 2021: Health («Indice d’égalité de genre en 2021 dans le domaine de la santé»).

(16) Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil visant à renforcer l’application du principe de l’égalité des rémunérations entre hommes et femmes pour un même travail ou un travail de même valeur par la transparence des rémunérations et les mécanismes d’exécution, COM(2021) 93 final, 4 mars 2021.

(17) Conseil de l’Union européenne, Lutte contre la violence à l’égard des femmes: le Conseil adopte une décision relative à l’adhésion de l’UE à la convention d’Istanbul , communiqué de presse du 1er juin 2023.

(18) Centre des médias du site internet de l’Organisation mondiale de la santé, principaux repères — Santé mentale et déplacements forcés, 31 août 2021.

(19) LGA-Europe, Annual Review of the Human Rights Situation of Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex People in Europe and Central Asia («Rapport annuel sur la situation en matière des droits humains pour les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées en Europe et en Asie centrale»), 14 février 2022.

(20) Voir Hwang, 2001; Baggett et al., 2010; Chin et al., 2011; Kertesz, 2014; Davies et Wood, 2018.

(21) Irish Independant, Stark divide between private and public mental health units revealed in new watchdog report («Un nouveau rapport de l’autorité de surveillance met en lumière le fossé considérable entre les unités de soins de santé mentale du privé et du public»), 30 juin 2022.

(22) Groupe européen d’experts sur le passage de soins en institution à des soins de proximité (EEG), Common European Guidelines on the Transition from Institutional to Community-based Care («Lignes directrices européennes communes sur le passage de soins en institution à des soins de proximité»), novembre 2021.

(23) Règlement (UE) 2022/2065 du Parlement européen et du Conseil du 19 octobre 2022 relatif à un marché unique des services numériques et modifiant la directive 2000/31/CE (règlement sur les services numériques) (JO L 277 du 27.10.2022, p. 1).

(24) Avis du Comité européen des régions sur le thème «Le rôle des villes dans la promotion de la santé» (JO C, C/2024/1045 du 9.2.2024, ELI : http://data.europa.eu/eli/C/2024/1045/jo).

(25) White, M. P., Elliott, L. R., Grellier, J. et al., Associations between green/blue spaces and mental health across 18 countries, («Associations entre espaces verts ou bleus et santé mentale dans 18 pays»), in Nature, Scientific Reports 11, article no 8903, 2021, https://doi.org/10.1038/s41598-021-87675-0.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/3666/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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