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AccueilDroit européen52023IR5586
Initiative législative52023IR5586

Avis du Comité européen des régions — Vers un pacte vert mondial: harmoniser les cadres mondiaux en matière de changement climatique, de biodiversité et de développement durable (avis d’initiative)

CELEX52023IR5586
TypeInitiative législative
Datemercredi 19 juin 2024

Résumé IA

Cet avis d'initiative du Comité européen des régions propose une stratégie pour que l'UE promeuve un "pacte vert mondial", visant à aligner les cadres internationaux sur le climat, la biodiversité et le développement durable. Il souligne le rôle clé des collectivités locales et régionales dans la mise en œuvre de ces objectifs et appelle à une approche cohérente de la diplomatie verte européenne. Pour un professionnel du droit français, ce texte offre une vision politique de l'action extérieure de l'UE en matière environnementale, sans créer de droits ou d'obligations juridiques directement contraignants.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/5362

17.9.2024

Avis du Comité européen des régions — Vers un pacte vert mondial: harmoniser les cadres mondiaux en matière de changement climatique, de biodiversité et de développement durable

(avis d’initiative)

(C/2024/5362)

Corapporteurs

:

Rafał TRZASKOWSKI (PL/PPE), maire de Varsovie (Pologne)

Kata TÜTTŐ (HU/PSE), bourgmestre adjointe de Budapest-Capitale (Hongrie)

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),

Une approche globale et à plusieurs niveaux pour faire face à la combinaison des crises planétaires

1.

souligne que les objectifs des conventions de Rio, ainsi que le programme de développement durable à l’horizon 2030 et ses 17 objectifs de développement durable (ODD), le futur traité international sur les matières plastiques et le cadre d’action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe, sont intrinsèquement interconnectés et devraient être abordés en synergie afin d’optimiser les avantages connexes; à cet égard, attire l’attention sur la déclaration conjointe de la COP 28 de la CCNUCC sur le climat, la nature et les peuples (1), qui vise à favoriser des synergies, une intégration et un alignement dans la planification plus poussés et la mise en œuvre des stratégies et des plans nationaux en matière de climat, de biodiversité et de restauration des terres;

2.

se déclare préoccupé que le monde n’adopte pas une trajectoire propre à réaliser les ODD (2), qu’il risque de dépasser l’objectif de l’accord de Paris de limitation du réchauffement planétaire à 1,5 °C (3) et que la nature enregistre à l’échelle planétaire un déclin à un rythme sans précédent dans l’histoire de l’humanité (4). Par conséquent, une action urgente, accélérée, responsable et à plusieurs niveaux est nécessaire pour maintenir le monde dans les limites de notre planète et sur la voie de la réduction de la pollution, de la réalisation des objectifs en matière de biodiversité, de la neutralité en matière de dégradation des terres, des objectifs climatiques et des ODD, d’une manière équitable sur les plans social et économique;

3.

souligne que les collectivités locales et régionales jouent un rôle central dans la conception, la mise en œuvre, le financement et le suivi de solutions intégrées et globales à la combinaison des crises planétaires, comme l’ont démontré les villes et les régions membres de la circonscription des gouvernements locaux et des autorités municipales (LGMA) auprès de la CCNUCC et du comité consultatif sur les gouvernements infranationaux et la biodiversité (AC SNG), et de réseaux tels que la Convention mondiale et européenne des maires, l’ICLEI, la coalition Under2, Regions4, C40 Cities et l’Union pour le climat; rappelle par ailleurs qu’il convient d’adopter une approche structurée et inclusive, qui aille au-delà de la simple gouvernance à plusieurs niveaux et englobe une gouvernance plurisectorielle en associant activement un large éventail de parties prenantes, notamment des collectivités locales et régionales, des organisations de la société civile, des secteurs industriels, des établissements universitaires et d’autres professionnels;

4.

réaffirme le rôle crucial que jouent les villes et les régions dans la réalisation des objectifs mondiaux en matière de lutte contre la perte de biodiversité, de changement climatique, de pollution, de dégradation des terres et de développement durable, et leur rôle central s’agissant de rendre les décisions et les recommandations des Nations unies plus accessibles aux citoyens. Leur participation active est indispensable pour induire des changements sociétaux et faire en sorte que les populations locales, et en particulier les femmes, les enfants, les jeunes et les groupes vulnérables et marginalisés soient pleinement informés et activement engagés à tous les niveaux institutionnels, conformément au principe consistant à «ne laisser personne de côté». Les gouvernements infranationaux peuvent faciliter une approche attentive à la dimension de genre qui réponde efficacement à la diversité des besoins de tous les citoyens, en particulier les plus vulnérables. Ils peuvent également intensifier l’éducation à l’environnement et les efforts de sensibilisation au changement climatique, en associant davantage les écoles, les établissements d’enseignement et les médias à la diffusion d’informations précises et pertinentes sur les défis climatiques et environnementaux et sur les mesures nécessaires pour y faire face;

5.

souligne que les mécanismes visant à inclure les gouvernements infranationaux dans les accords-cadres des Nations unies devraient gagner en cohérence, en homogénéité et en transparence pour que les collectivités infranationales et les populations locales se sentent davantage associées aux processus des Nations unies, et permettre de rapprocher les activités de ces dernières des citoyens;

6.

se félicite du caractère global du pacte vert pour l’Europe, qui apporte à l’Union une approche politique interconnectée lui permettant de mettre également en œuvre les engagements internationaux en matière de biodiversité, de climat, de pollution, d’environnement et de développement durable; relève la nécessité et l’urgence d’établir des liens entre les objectifs du pacte vert pour l’Europe et les mécanismes de production de rapports concernant la mise en œuvre des ODD et des conventions de Rio et du cadre de Sendai, tout spécialement en vue d’accroître les capacités de mise en œuvre pour atteindre les objectifs fixés; demande de renforcer la cohérence de l’ensemble des politiques de l’Union afin de s’assurer qu’elles contribuent à la réalisation des engagements mondiaux des Nations unies et sans porter atteinte à la capacité des pays tiers à réaliser ces mêmes engagements; souligne qu’il convient d’assurer une gouvernance à plusieurs niveaux qui soit solide et axée sur le long terme dans le cadre du pacte vert pour l’Europe, afin d’en améliorer la mise en œuvre, la transparence et l’approche territorialisée;

7.

rappelle que l’assemblée générale et le conseil des droits de l’homme des Nations unies ont reconnu le droit universel à un environnement propre, sain et durable et se félicite de l’initiative d’élaborer un pacte mondial pour l’environnement (5); demande de concevoir une stratégie globale et mondiale afin de surmonter les trois crises que connaît la planète de manière exhaustive et inclusive à l’ensemble des échelons, et pour ce faire, de favoriser l’intégration des objectifs et des cibles qui découlent des conventions de Rio, des ODD, du cadre de Sendai, du traité sur les matières plastiques, ainsi que d’établir un cadre pour accélérer la transition écologique et vivre en harmonie avec la nature par la voie d’un pacte vert mondial;

8.

note que les villes et les régions ont adopté l’approche intégrée du pacte vert pour l’Europe au moyen d’un certain nombre d’initiatives, notamment des plans d’action en faveur de l’énergie durable et du climat (PAEDC) dans le cadre de la Convention européenne des maires, des pactes verts locaux dans le cadre du défi des villes intelligentes de l’UE ou encore des contrats pour le climat des villes dans le cadre de la mission de l’UE pour des villes intelligentes et neutres pour le climat, ainsi que des plans d’écologisation de l’espace urbain (Urban Nature Plans), afin de mettre en pratique la stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030. Le CdR souligne que de telles initiatives et de tels réseaux veillent à ce que le pacte vert pour l’Europe soit traduit aux niveaux local et régional et qu’ils sont des instruments essentiels de la mise en œuvre des ODD, des conventions de Rio et du cadre de Sendai;

9.

estime que l’Union européenne montre l’exemple au niveau mondial en matière d’action à plusieurs niveaux en faveur du développement durable, du climat et de la biodiversité, grâce à l’existence d’une institution spécifique, le CdR, et à diverses initiatives ciblant les collectivités locales et régionales dans le cadre du pacte vert pour l’Europe; souligne néanmoins la nécessité de renforcer encore cette stratégie-cadre en garantissant une gouvernance à plusieurs niveaux et un financement direct aux niveaux local et régional, et attire l’attention sur les recommandations du rapport du Conseil scientifique consultatif européen sur le changement climatique (6), dont la mise en œuvre pourrait contribuer à améliorer la cohérence des politiques;

10.

estime qu’un pacte vert pour l’Europe renforcé, davantage mis en cohérence avec les objectifs, le financement, le calendrier de l’établissement des rapports et les exigences des conventions de Rio et des ODD, et offrant des structures de gouvernance à plusieurs niveaux améliorées, pourrait être une source d’inspiration pour cette approche globale au niveau international; estime qu’un pacte vert mondial devrait concilier la durabilité et la création d’emplois équitables, à la hauteur des besoins locaux et régionaux;

11.

recommande à la Commission d’évaluer la manière dont les États membres de l’Union créent des structures de gouvernance à plusieurs niveaux et partagent les méthodes et les systèmes de suivi dans le cadre de leurs stratégies en matière de durabilité, de climat et de diversité biologique; suggère de diffuser les bonnes pratiques dans les États membres de l’Union afin de promouvoir parmi elles la cohérence des politiques et la gouvernance à plusieurs niveaux, et invite instamment la Commission à tenir compte de ces bonnes pratiques lors de son réexamen du règlement sur la gouvernance de l’union de l’énergie et de l’action pour le climat (règlement sur la gouvernance). Cette approche permettra d’associer, à tous les niveaux, non seulement les institutions compétentes, mais aussi toutes les parties concernées, telles que les organisations de la société civile, les milieux économiques ou les établissements universitaires;

12.

se déclare conscient que la crise climatique est susceptible d’exacerber les disparités socio-économiques; aussi est-il essentiel, dès lors que l’on accroît la cohérence des cadres nationaux et mondiaux, de repenser et d’adapter ces derniers afin de tenir compte desdites disparités et de s’assurer, ce faisant, de donner la priorité aux populations et aux régions vulnérables;

Veiller à assurer la reconnaissance des gouvernements infranationaux par les conventions de Rio et les processus des Nations unies comme une condition essentielle à la réalisation des objectifs mondiaux

13.

invite instamment l’Union européenne et tous les États membres des Nations unies à mettre en place une approche structurée, coordonnée, systématique et harmonisée pour l’inclusion, le financement direct, le suivi, l’établissement de rapports et le renforcement des capacités des gouvernements infranationaux dans le cadre de l’ensemble des conventions de Rio et du programme à l’horizon 2030, afin de garantir et de soutenir la mise en œuvre au niveau local; en ce sens, se félicite des travaux accomplis par le groupe consultatif du secrétaire général de l’ONU sur les pouvoirs locaux et régionaux visant à proposer, selon ses termes, des modalités et moyens de renforcer les mécanismes institutionnels pour accroître la participation des gouvernements locaux et régionaux aux processus intergouvernementaux, et se déclare disposé à coopérer afin d’étudier plus avant les différentes options mises sur la table, en vue de créer un point d’entrée unique stable pour la participation permanente des villes et des régions;

14.

salue les efforts actuellement déployés par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) en vue de l’élaboration de son Rapport spécial sur les villes et le changement climatique (7);

15.

attire l’attention sur l’objectif de la Conférence de Berne III consistant à recenser les possibilités de promouvoir une approche collaborative et de renforcer les synergies entre les secrétariats des Nations unies et les parties mettant en œuvre le cadre mondial en matière de biodiversité; demande qu’un processus semblable soit mis en place pour les conventions de Rio et d’autres accords multilatéraux sur l’environnement (AME), sous la forme par exemple de la continuation du groupe de liaison commun mis en place entre les secrétariats de la CDB, de la CCNUCC et de la CNULD afin de renforcer leur coordination; invite l’ensemble des parties à la Conférence de Berne III, l’UE et ses États membres à reconnaître le rôle important que jouent les gouvernements infranationaux en établissant des liens entre la biodiversité, le climat et les programmes d’ordre social – les mesures et les cadres d’action qu’ils adoptent, bien que circonscrits à l’échelle locale, ont en effet une influence sur le plan mondial;

16.

invite toutes les parties aux conventions de Rio des Nations unies, ainsi que l’Union et ses États membres, à assurer des synergies lors de l’élaboration de stratégies telles que les contributions déterminées au niveau national (CDN), les plans nationaux d’adaptation, les stratégies à long terme, les stratégies nationales de développement durable, les stratégies nationales et plans d’action en faveur de la diversité biologique, les plans nationaux de restauration, les stratégies de réduction des risques de catastrophe, les stratégies et les plans touchant aux objectifs de neutralité en matière de dégradation des terres, et les invite tous instamment à garantir une gouvernance à plusieurs niveaux, qui permette de promouvoir ces synergies notamment aux niveaux infranational, régional et local, et une intégration de la dimension de genre dans l’élaboration de leurs plans et à favoriser ce faisant une approche collaborative qui vise en fin de compte à permettre d’agir en respectant les limites de notre planète;

17.

souligne que, malgré l’approche globale adoptée par les gouvernements infranationaux pour mettre en œuvre les ODD et les conventions de Rio, pour les adapter aux conditions locales et pour en assurer le suivi, les financements pour les actions infranationales restent limités, compliqués et dispersés. Les données disponibles indiquent en effet qu’entre 2003 et 2016, moins de 10 % du financement de l’action climatique provenant des fonds mondiaux pour le climat ont été consacrés à l’action locale (8); considère que les aides financières et financements coordonnés par l’Union européenne devraient être facilement accessibles et directement destinés aux collectivités locales et régionales sans charge administrative excessive; dans cette optique, estime que les collectivités locales et régionales devraient bénéficier, pour mettre en œuvre les projets relevant du pacte vert, de fonds suffisants dont elles devraient être associées à la planification, l’élaboration et l’exécution;

18.

plaide auprès de l’Union européenne et de l’ensemble des États membres des Nations unies en faveur d’une harmonisation des financements afin d’atteindre les objectifs en matière de climat et de biodiversité et les ODD, et d’une réduction de la fragmentation entre les différents programmes de financement et entre les parties prenantes, ainsi que de la charge administrative et demande que ces programmes de financement soient plus réactifs aux besoins des collectivités locales et régionales, ainsi qu’aux actions et aux investissements développés au niveau local. Le CdR presse les gouvernements nationaux de réexaminer et d’évaluer les formalités administratives imposées et d’en proposer la simplification et l’automatisation, dans l’intérêt des pouvoirs publics infrarégionaux. Il souligne qu’il est essentiel de fournir un accès direct aux fonds provenant d’institutions financières telles que le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), le Fonds pour l’adaptation, le Fonds pour les pertes et préjudices et les banques de développement multilatérales et bilatérales, sans imposer de contraintes économiques et administratives excessives, de manière à favoriser des solutions intégrées et menées au niveau local;

19.

est conscient que la population mondiale ne cesse de s’urbaniser, et qu’elle habite d’ores et déjà majoritairement dans des villes de tailles diverses, contribuant ainsi significativement à la crise climatique, du fait des fortes concentrations d’émissions de gaz à effet de serre, de la consommation d’énergie et de la production de déchets; cette évolution de l’urbanisation met en relief le rôle incontournable des villes, en particulier celles de moyenne ou grande taille, pour conduire l’action en matière de durabilité et de climat; met en exergue les défis distincts auxquels sont confrontées les petites villes et les zones rurales dans le cadre de l’élaboration des plans d’action globaux en faveur de la biodiversité, du climat et du développement durable et contre la dégradation des terres et la pollution, de l’établissement de synergies et de liens avec les zones métropolitaines et de l’accès au financement; attire l’attention sur le fait que les populations vivant dans des zones périphériques ou rurales sont frappées de manière disproportionnée par le changement climatique (9) et souligne également la nécessité d’aider ces espaces en particulier au moyen de lignes de financement spécifiques, en ce qu’ils sont ceux qui fournissent les services écosystémiques les plus importants;

20.

souligne le manque de données sur les villes dans de nombreuses régions du monde et insiste sur la nécessité de prévoir des financements accrus pour la recherche et l’innovation, qui soutiennent les actions visant à combler les lacunes en matière de données en recueillant des données, statistiques et informations ventilées par sexe et de nature intersectionnelle (10), lesquelles sont déterminantes pour mettre au point des systèmes d’alerte précoce et éviter ainsi des pertes et dommages, ainsi qu’en mettant des ressources à disposition et en renforçant les capacités des pouvoirs publics locaux et de leurs partenaires; note à cet égard les efforts déployés par la Commission européenne pour intégrer et mettre à jour l’indice de progrès social au niveau européen, et demande que des initiatives similaires soient prises en ce qui concerne les grandes zones urbaines de l’UE, sachant qu’elles regroupent la majeure partie de la population;

21.

fait valoir que les réserves de biosphère, les zones humides d’importance internationale selon la convention de Ramsar, les géoparcs mondiaux UNESCO et les sites naturels classés au patrimoine mondial constituent autant d’atouts puissants pour réaliser les objectifs nationaux au sein des États membres de l’Union au titre de leurs engagements internationaux;

22.

estime que l’établissement de rapports est nécessaire pour suivre les progrès réalisés au niveau mondial dans la réalisation des objectifs, soutenir la prise de décision et ajuster les actions; souligne néanmoins que les différences actuelles entre les cadres en place pour l’établissement des rapports et les mécanismes de soutien des conventions de Rio et des ODD créent des goulets d’étranglement et un surcroît de charge administrative; invite dès lors les Nations unies à œuvrer à la mise en place d’un cadre de suivi intégré et interopérable pour les différentes conventions des Nations unies dans ce domaine, en s’appuyant sur les cadres de suivi existants tels que ceux de la plateforme CDP-ICLEI Track de la Convention mondiale des maires, et des initiatives CitiesWithNature et RegionsWithNature;

23.

se félicite du sommet des villes et des régions et de la déclaration ministérielle de l’ANUE-6, qui comprend l’engagement de relever d’urgence les enjeux interconnectés d’aujourd’hui au moyen de mesures efficaces, transsectorielles, inclusives et durables fondées sur la science et avec la participation de tous les acteurs et partenaires concernés. Le CdR souligne l’importance de la résolution UNEP/EA.6/L.7 du PNUE sur la promotion des synergies, de la coopération ou de la collaboration pour la mise en œuvre au niveau national des accords multilatéraux sur l’environnement et d’autres instruments relatifs à l’environnement, ainsi que de la résolution UNEP/EA.6/L.9 sur la promotion d’une action nationale pour remédier aux problèmes environnementaux mondiaux par une coopération accrue entre l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement, le Programme des Nations unies pour l’environnement et les accords multilatéraux sur l’environnement. Le CdR souligne également l’importance de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement en tant qu’organe mondial dédié à la gouvernance environnementale sous les auspices du PNUE, et se réjouit à la perspective de coopérer et de participer à de futures réunions et manifestations parallèles;

La COP 29 de la CCNUCC, la COP 16 de la CDB, la COP 16 de la CNULD des Nations unies et le sommet de l’avenir des Nations unies en tant que tournants décisifs dans la réalisation de l’harmonisation et de la gouvernance à plusieurs niveaux

24.

fait observer que, dans ses conclusions sur la COP 28 de la CCNUCC, le Conseil a mentionné les collectivités locales et régionales comme des partenaires essentiels pour atteindre les objectifs climatiques; attire l’attention sur ses conclusions sur la COP 15 de la CDB, qui soulignent l’importance de garantir la participation pleine et effective des gouvernements infranationaux au cadre mondial de la biodiversité; invite le Conseil à confirmer ces positions dans ses conclusions sur la COP 29 de la CCNUCC et la COP 16 de la CDB;

25.

se félicite que la COP 28 de la CCNUCC ait reconnu l’importance d’une action à plusieurs niveaux et le rôle des gouvernements infranationaux avec le lancement de la Coalition pour des partenariats multiniveaux de grande ambition (CHAMP) (11) et l’organisation du sommet local sur l’action pour le climat (12). Le CdR invite la présidence de la COP 29 à s’appuyer sur la CHAMP et à garantir la participation structurée de la circonscription des gouvernements locaux et des autorités municipales (LGMA) aux négociations et à soutenir l’organisation de la troisième réunion ministérielle sur l’urbanisation et le changement climatique. Le CdR invite la présidence de la COP 29, ainsi que les futures présidences, à continuer de soutenir la CHAMP et d’organiser des sommets locaux sur l’action pour le climat dans le cadre des prochaines réunions de la conférence, et à poursuivre les discussions sur les synergies en ce qui concerne le climat, la nature et les peuples, en s’appuyant sur la déclaration commune de la COP 28;

26.

se félicite de l’augmentation de 15 % du contenu urbain entre la première et la deuxième série de contributions déterminées au niveau national (CDN) (2016 et 2021) et souligne que 132 des 157 CDN évaluées par ONU-Habitat ont un contenu portant sur les zones urbaines. Le CdR souligne que le dernier rapport (13) reconnaît que les villes du monde entier disposent d’un grand potentiel s’agissant de stimuler la transition, mais que bon nombre des contributions et rapports nationaux ne reconnaissent pas ce rôle;

27.

fait toutefois observer qu’un tiers seulement des pays qui soutiennent la CHAMP ont soumis des CDN à fort contenu urbain, les économies à revenu faible et intermédiaire occupant le peloton de tête. Conscient de la responsabilité historique du «Nord global» pour les émissions et la crise climatique qui s’est ensuivie, le CdR prie tous les États membres de l’UE et la Commission d’approuver officiellement la CHAMP et de mettre ses principes en œuvre dans l’Union en appliquant le paquet «Ajustement à l’objectif 55» et en révisant le règlement sur la gouvernance, qui devrait associer activement les villes et les régions à l’élaboration des plans nationaux en matière d’énergie et de climat, entre autres textes législatifs. Le CdR souligne également que la définition d’un objectif climatique à l’horizon 2040 fondé sur des données scientifiques et garantissant une gouvernance à plusieurs niveaux devrait constituer la base de la CDN révisée de l’UE, laquelle devrait être présentée bien avant la COP 30 de la CCNUCC. L’objectif climatique à l’horizon 2040 de l’UE devrait tenir compte de la situation socio-économique locale et régionale et du principe de subsidiarité, et garantir un soutien à tous les secteurs — en particulier l’agriculture et l’industrie — afin de favoriser la transition, la durabilité et la compétitivité de l’Europe. Le Comité souligne qu’il est urgent de conformer la législation à l’accord de Paris, au cadre mondial en matière de biodiversité et au programme de développement durable à l’horizon 2030. Dans le cadre de l’indispensable transition énergétique, il invite l’UE à supprimer progressivement tous les combustibles fossiles, sans pour autant imposer une hausse disproportionnée des coûts aux villes et aux régions qui sont tributaires de ces combustibles (14), et à intensifier les investissements européens dans les technologies écologiques, les sources renouvelables d’énergie et l’efficacité énergétique afin d’atteindre la neutralité climatique d’ici à 2050, sans compromettre la compétitivité et l’autonomie stratégique de l’Union;

28.

estime que le document intitulé «Roadmap to Mission 1.5°C» (feuille de route pour la mission 1,5°C) et l’instauration d’un «trio de présidences de la COP» (15) constituent une occasion idéale d’établir un programme de travail sur 2 ans; invite instamment les présidences de la COP de la CCNUCC à collaborer avec les gouvernements infranationaux afin de mettre en œuvre la CHAMP tout en renforçant la composante urbaine des CDN pour s’assurer que l’objectif de Paris de 1,5°C reste atteignable;

29.

prie instamment les parties à la CCNUCC d’assurer une approche de gouvernance et de planification à niveaux multiples afin d’élaborer leurs engagements, à commencer par la révision des CDN prévue par la COP 30 de la CCNUCC, en incluant les engagements climatiques, les actions et les réalisations de l’échelon infranational dans les CDN, les stratégies à long terme et les plans nationaux d’adaptation, et en tenant compte de la répartition des compétences dans leur mise en œuvre; presse les États membres de tenir compte de la situation propre aux régions et de leurs particularités, ainsi que d’user de leur prérogative pour définir leur bouquet énergétique conformément au principe de neutralité technologique;

30.

enjoint à la présidence de la COP 29 de la CCNUCC d’échanger avec les gouvernements infranationaux tout au long du dialogue sur la mise en œuvre des résultats du bilan mondial au cours de la période 2024-2028, à partir de la 6e Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties à l’Accord de Paris. Le CdR souligne l’importance du bilan local/des débats avec les citoyens sur la COP et celle d’inclure les résultats de ces discussions locales dans le dialogue annuel sur le bilan mondial, et ce dès la 60e session des organes subsidiaires (juin 2024), afin de faciliter le partage des connaissances et des bonnes pratiques au niveau local sur la manière dont les résultats du bilan mondial alimentent la préparation des CDN;

31.

demande avec force à la CCNUCC et aux parties de convenir d’un nouvel objectif collectif chiffré ambitieux pour le financement consacré à l’action climatique, en partant d’un seuil de 100 milliards de dollars par an, et souligne ce faisant la nécessité vitale d’un financement direct aux gouvernements infranationaux et d’un financement international pour le climat afin d’atténuer les effets du changement climatique, de s’y adapter et de compenser les pertes et les préjudices, notamment dans le «Sud global»; reconnaît qu’au fil de leur histoire, des pays européens ont significativement contribué aux émissions mondiales et qu’ils portent par conséquent une responsabilité dans l’exacerbation de la crise climatique dans les régions vulnérables; dans ce contexte, l’Union européenne doit honorer les obligations qui lui incombent en vertu de l’accord de Paris en apportant sa juste contribution au financement international pour le climat, notamment en prenant des engagements substantiels sur plusieurs années en faveur du nouveau Fonds pour les pertes et préjudices. Le CdR souligne que les villes et les régions ont besoin d’une approche par programme plus intégrée pour le financement, qui devrait également renforcer les synergies entre l’atténuation, l’adaptation, les solutions fondées sur la nature, la protection et la restauration de la biodiversité, ainsi que les ODD, garantissant ainsi que personne n’est laissé pour compte dans la lutte mondiale contre le changement climatique;

32.

demande instamment à l’Union européenne de favoriser des partenariats pour le pacte vert avec des acteurs mondiaux et de mener un pacte vert mondial au moyen d’investissement, de l’accès aux technologies et aux échanges d’expertise; souligne qu’il est nécessaire pour l’Union européenne de prendre la tête en matière d’innovation technologique et de modèles économiques pour la décarbonation, notamment en favorisant les échanges technologiques avec le «Sud global», tout en rééquilibrant le système mondial des droits de propriété intellectuelle afin de garantir que ledit «Sud global» puisse accéder aux technologies clés, notamment dans les domaines de la santé et de la décarbonation; plaide pour mobiliser des initiatives telles que la stratégie «Global Gateway» et les partenariats pour une transition énergétique juste, car elles constituent les vecteurs essentiels d’un développement écologique et résilient visant à faire correspondre l’ampleur des investissements dans la transition écologique mondiale et les efforts que mène l’Union pour sa propre transition écologique;

33.

souligne que l’Union se doit d’endosser un rôle moteur dans la réduction des inégalités mondiales ainsi que des injustices climatiques et environnementales liées à ses besoins en ressources, qu’il s’agisse de leur extraction ou de leur traitement, et demande qu’elle accorde la priorité à la santé des communautés locales et des peuples autochtones ainsi qu’à la préservation de la nature et de la biodiversité tout au long de ces processus;

34.

rappelle que l’économie circulaire, la prévention des déchets et la gestion durable des déchets sont essentielles pour prévenir l’aggravation des inégalités mondiales et des injustices environnementales, et attire l’attention sur les exportations alarmantes de déchets de l’Union vers des pays tiers, qui se sont élevées à 32,1 millions de tonnes en 2022; salue l’accord politique provisoire conclu récemment par les colégislateurs pour mettre à jour le règlement sur les transferts de déchets; demande instamment que soit renforcée et étendue l’interdiction pour les États membres d’exporter des déchets destinés à être éliminés ou valorisés, au motif qu’elle concerne les plastiques ainsi que d’autres matériaux dangereux ou non dangereux, l’objectif étant d’appliquer une démarche relative à la fin de vie des déchets dans les pays tiers et les pays non membres de l’OCDE;

35.

se félicite de la coopération fructueuse avec la Commission et les colégislateurs lors de la COP 28 de la CCNUCC et réaffirme son engagement à renforcer les synergies et à promouvoir la participation des collectivités locales et régionales de l’Union aux processus de la CCNUCC; invite la prochaine Commission à poursuivre cette coopération, et les présidences belge et hongroise à reconnaître, dans les conclusions du Conseil sur la préparation de la COP 29, le rôle moteur joué par les villes et les régions de l’Union dans l’accélération et l’élargissement des mesures d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à celui-ci;

36.

attire l’attention sur la décision 15/12 de la COP 15 de la CDB des Nations unies sur la coopération avec les gouvernements infranationaux, les villes et les autres gouvernements locaux afin d’améliorer la mise en œuvre du cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal; met également en exergue la décision 15/6, qui demande aux parties de réviser et de mettre à jour leurs stratégies nationales et plans d’action en faveur de la diversité biologique et de les rendre conformes au cadre mondial de la biodiversité et à ses objectifs avant la COP 16; souligne que tous les niveaux de gouvernement sont responsables de la mise en œuvre du cadre mondial et demande que l’approche gouvernementale globale proposée serve de base;

37.

souligne l’importance de la COP 16 de la CDB pour s’attaquer à l’interconnexion entre la perte de biodiversité, le changement climatique et les ODD, en particulier grâce à des solutions fondées sur les écosystèmes et la nature visant à accroître la résilience et à réduire la perte de biodiversité; réaffirme le rôle que les gouvernements infranationaux peuvent jouer pour fournir des solutions globales et cohérentes afin de relever ces enjeux étroitement liés;

38.

met en lumière l’incidence de la crise climatique sur la sécurité alimentaire mondiale, tout en faisant valoir la nécessité d’un système alimentaire durable et résilient pour concourir au droit à des aliments sains et à une alimentation adéquate dans le cadre d’un pacte vert mondial juste; prie instamment l’Union européenne d’adopter les pratiques agroécologiques et de faire correspondre ses politiques alimentaire et commerciale à la souveraineté alimentaire mondiale et à une agriculture respectueuse du climat et de l’environnement; souligne que les exportations de l’Union européenne ne sauraient anéantir les marchés locaux et les structures productives dans les pays du reste du monde;

39.

insiste sur le rôle des villes et des régions tel que reconnu dans la législation de l’Union comme la stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030, qui consiste à protéger et à restaurer la biodiversité, dans le cadre de l’initiative relative aux plans d’écologisation de l’espace urbain, ou encore de l’accord des villes vertes et des missions de l’Union; prend acte de l’adoption définitive de la loi européenne sur la restauration de la nature et souligne qu’il est nécessaire de la mettre en œuvre afin de veiller à ce qu’il n’y ait aucune perte nette d’espaces verts urbains; réaffirme l’importance de renforcer les compétences techniques et les capacités des collectivités locales et régionales en ce qui concerne la conception, l’exécution et le suivi des actions visant à atteindre cet objectif;

40.

se félicite des initiatives volontaires mises en place par les villes et les régions pour mener des actions ambitieuses en faveur de la biodiversité afin de combler les lacunes en matière de gouvernance et de suivi à plusieurs niveaux, telles que le pacte de Berlin sur la nature urbaine, qui devrait être mis en œuvre très bientôt;

41.

invite l’Union à mettre en place un cadre de suivi et d’établissement de rapports qui soit intégré à tous les niveaux de gouvernement et fournisse aux villes des mécanismes peu contraignants leur permettant d’alimenter facilement la structure de transmission de rapports des États membres de l’Union en vue de la CDB. Le CdR voit dans les initiatives CitiesWithNature et RegionsWithNature des plateformes établies approuvées par la CDB pour permettre ce type de rapports rationalisés;

42.

rappelle que l’Union connaît d’importantes lacunes en matière de gouvernance à plusieurs niveaux, de planification, de mise en œuvre et de financement en ce qui concerne l’intégration de l’action locale en faveur de la biodiversité, le suivi et l’établissement de rapports dans le cadre des stratégies nationales et plans d’action en faveur de la diversité biologique; prie instamment le Conseil de s’engager à garantir une gouvernance à plusieurs niveaux afin de mettre pleinement en œuvre le cadre mondial de la biodiversité en respectant le principe de subsidiarité, tout en veillant à ce que les points de vue et les apports des collectivités locales et régionales soient pris en compte dans les engagements, les contributions et les rapports aux niveaux national, européen et international;

43.

souligne qu’il importe de mettre en place des mécanismes plus robustes et plus transparents pour le suivi et l’évaluation des progrès accomplis dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, l’objectif étant de pouvoir évaluer avec précision l’efficacité des politiques et mesures adoptées et de repérer facilement et à un stade précoce les domaines d’action éventuels. En outre, s’agissant de la participation des citoyens et des parties prenantes, il convient de promouvoir la création d’outils de suivi plus accessibles et plus compréhensibles, ce qui améliorera la transparence et la responsabilisation dans le cadre du processus décisionnel en matière de climat;

44.

invite l’Union à fournir un soutien financier, des ressources et des orientations aux collectivités locales et régionales et à développer leurs capacités afin qu’elles puissent répondre à l’appel lancé dans la stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 et mettre en œuvre des plans d’écologisation de l’espace urbain qui serviront de cadres stratégiques pour la mise en œuvre d’actions ambitieuses en faveur de la biodiversité. Cela leur permettra également d’élaborer des stratégies spécifiques d’adaptation au changement climatique aux échelons local et régional, de manière à prendre dûment en compte les besoins, ressources et vulnérabilités spécifiques de chaque territoire et région, en améliorant l’efficacité des mesures et en garantissant davantage de résilience;

45.

prie instamment le Parlement européen d’assurer un suivi de la participation des collectivités locales et régionales et demande à la Commission de présenter des rapports de suivi concernant la mise en œuvre de la décision 15/12 relative au cadre mondial de la biodiversité, en particulier en ce qui concerne la participation des autorités locales et régionales à la conception, à la mise en œuvre et au financement de la stratégie de l’Union en faveur de la biodiversité, du règlement sur la restauration de la nature et des stratégies nationales et plans d’action en faveur de la diversité biologique – en particulier au moyen de plans d’écologisation de l’espace urbain;

46.

attire l’attention sur la décision 5 de la COP 15 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification relative à la participation et à l’association des gouvernements et des parlements locaux pour mettre en œuvre cette convention; se félicite de la décision 8 qui invite les parties à étudier les complémentarités qui se présentent dans la mise en œuvre des objectifs de neutralité en matière de dégradation des terres, des contributions déterminées au niveau national, des stratégies nationales et plans d’action en faveur de la diversité biologique, ainsi que des objectifs nationaux posés par le cadre d’action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe et toutes les actions en rapport de planification, de programmation, d’établissement de rapports et de suivi, afin de réaliser les objectifs de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification; plaide pour une action renforcée et harmonisée en vue de réaliser à l’échelon local et régional les objectifs liés à la neutralité en matière de dégradation des terres, aux risques de catastrophe, à la diversité biologique et au changement climatique;

47.

invite le sommet de l’avenir des Nations unies de 2024 à prendre en compte les résolutions du PNUE, notamment la résolution UNEP/EA.6/L.7, et à s’appuyer sur celles-ci pour assurer des synergies et donner aux autorités infranationales un rôle de premier plan dans la mise en œuvre des conventions de Rio des Nations unies, des AME, du cadre de Sendai, du traité sur les matières plastiques ou encore des ODD d’une manière globale et en faisant jouer les synergies;

48.

se félicite de l’avant-projet révisé de pacte pour l’avenir (16) et de l’engagement de transformer la gouvernance mondiale des Nations unies, de réformer la gouvernance de l’architecture financière internationale et de renforcer les Nations unies et leur Conseil économique et social (Ecosoc), ainsi que d’associer davantage les gouvernements infranationaux aux organes intergouvernementaux des Nations unies; soutient la demande adressée par les parties au secrétaire général de formuler des recommandations sur ce point. Le CdR invite les parties et les Nations unies à veiller à ce que le texte relatif à la participation des gouvernements infranationaux aux organes intergouvernementaux des Nations unies soit pris en compte dans la mouture finale du pacte pour l’avenir afin que ces gouvernements puissent jouer leur rôle d’acteurs clés à la croisée des objectifs de développement durable et de la mise en œuvre des conventions de Rio. Il convient de garantir une participation significative et efficace des collectivités infranationales aux processus des Nations unies grâce à la mise en place d’un organisme permanent;

49.

approuve le projet de déclaration du pacte sur les générations futures (17) lorsqu’il demande des processus de gouvernance mondiaux qui ne compromettent pas la capacité des générations futures à satisfaire leurs besoins fondamentaux, en évitant sciemment les préjudices prévisibles; approuve la demande visant à encourager les pouvoirs publics nationaux à mettre en place des organismes consultatifs de la jeunesse disposant de prérogatives et de ressources pour faire participer officiellement les jeunes générations et leur donner ainsi la possibilité de décider activement de leur avenir; encourage également les instances régionales et locales à explorer des pistes similaires;

50.

demande à l’Union européenne et à l’ensemble des États membres des Nations unies d’inclure la nécessité d’harmoniser les plans d’action en faveur de la biodiversité, du climat et des ODD et de la lutte contre la pollution et la désertification, ainsi que les mécanismes de financement et de soutien au renforcement des capacités dans les futures versions du pacte pour l’avenir afin de créer des synergies et de mieux cerner les arbitrages. Le CdR les invite également à y ajouter un engagement à associer les gouvernements infranationaux aux processus nationaux de planification, de financement et de suivi de la biodiversité, du climat et des ODD;

51.

souligne qu’il importe de réformer les partenariats internationaux, les banques de développement et les clauses défavorables dans les accords commerciaux, conformément aux intérêts et aux valeurs de l’UE en lien avec les ODD et de manière à renforcer la protection des droits humains; estime que l’accord de Paris, le cadre mondial de Kunming-Montréal en matière de biodiversité, les objectifs de développement durable, les conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail, le principe de précaution et les mesures destinées à supprimer progressivement les combustibles fossiles et d’autres subventions qui nuisent à l’environnement devraient être autant de pierres angulaires des accords de libre-échange, et permettre ainsi au commerce de contribuer aux actions visant à limiter les émissions, à passer aux technologies «zéro net» et à mettre fin à la dégradation de l’environnement;

52.

recommande que le secrétaire général des Nations unies contribue aux délibérations des États membres dans la perspective du sommet de l’avenir, afin que ceux-ci puissent donner leur avis sur une stratégie globale des Nations unies pour la participation des collectivités locales et régionales, sous la forme notamment de mécanismes institutionnels, de processus intergouvernementaux et d’accords de partenariat, permettant ainsi à celles-ci de contribuer davantage à la mise en œuvre du programme de développement durable à l’horizon 2030 et du Nouveau programme pour les villes.

Bruxelles, le 19 juin 2024.

Le président

du Comité européen des régions

Vasco ALVES CORDEIRO


(1) Déclaration conjointe de la COP 28 sur le climat, la nature et les peuples (en anglais).

(2) ONU (2023): Rapport sur les objectifs de développement durable, Rapport du Secrétaire général – Point sur les objectifs de développement durable: vers un plan de sauvetage pour l’humanité et la planète, et DAES de l’ONU/ONU-Femmes «Progrès vers la réalisation des objectifs de développement durable: gros plan sur l’égalité des sexes 2023».

(3) GIEC (2023): Résumé à l’intention des décideurs (en anglais). In: Changement climatique 2023: Rapport de synthèse.

(4) IPBES (2019), Résumé à l’intention des décideurs du Rapport de l’évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques (en anglais).

(5) Projet de pacte mondial pour l’environnement.

(6) Conseil scientifique consultatif européen sur le changement climatique: «Vers la neutralité climatique de l’UE: progrès, lacunes politiques et opportunités».

(7) Rapport spécial sur les villes et le changement climatique.

(8) Document de travail de l’IIED: «Delivering real change: getting international climate finance to the local level» (Induire de réels changements: faire parvenir le financement international de la lutte contre le changement climatique à l’échelon local).

(9) ONU Femmes, note explicative «Inégalités entre les sexes et changements climatiques: des enjeux étroitement liés».

(10) Avis du Comité européen des régions — Égalité entre les hommes et les femmes et changement climatique: vers une intégration des questions d’égalité des sexes dans le pacte vert pour l’Europe (JO C 270 du 13.7.2022, p. 25).

(11) https://www.cop28.com/en/cop28-uae-coalition-for-high-ambition-multilevel-partnerships-for-climate-action (en anglais).

(12) https://www.cop28.com/en/lcas (en anglais).

(13) ONU-Habitat (2024): «Local Action for Global Goals: An Opportunity for Enhancing Nationally Determined Contributions» (L’action locale au service des objectifs mondiaux: une opportunité de renforcer les contributions déterminées au niveau national).

(14) Avis du Comité européen des régions sur le thème «COP 28 de la CCNUCC: le rôle des collectivités infranationales pour garder le cap de l’ambition climatique» (avis d’initiative) (JO C, C/2023/1323, 22.12.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/1323/oj).

(15) La COP 28 lance le «trio de présidences de la COP» en partenariat avec les présidences des COP 29 et COP 30.

(16) Texte daté du 14 mai 2024 (en anglais): https://www.un.org/sites/un2.un.org/files/sotf-pact-for-the-future-rev.1.pdf.

(17) Déclaration des Nations unies sur les générations futures (en anglais).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/5362/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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