| Résumé de l’analyse d’impact |
| Analyse d’impact sur le règlement de la Commission portant application de la directive 2009/125/CE du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les exigences d’écoconception applicables aux téléphones portables et aux tablettes et sur le règlement de la Commission complétant le règlement (UE) 2017/1369 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne l’étiquetage énergétique des smartphones et des tablettes. |
| A. Nécessité d’une action |
| Pourquoi? Quel est le problème à résoudre? |
| En 2020, environ 150 millions de téléphones portables et 23,90 millions de tablettes ont été vendus dans l’Union européenne (UE) et la consommation totale d’énergie primaire dans l’UE de la base installée de téléphones portables et de tablettes tout au long de leur cycle de vie (y compris leur production, leur utilisation et leur élimination) s’élevait à 39,5 TWh (soit environ 0,25 % de la consommation totale d’énergie primaire de l’UE27). L’utilisation généralisée et croissante des téléphones portables (en particulier des smartphones) et des tablettes entraîne un certain nombre de problèmes: - la fonctionnalité et la popularité des smartphones et des tablettes ont augmenté au fil du temps, ce qui a entraîné une augmentation de la demande d’énergie et de matériaux nécessaires à leur fabrication, qui s’accompagne d’une augmentation des incidences environnementales associées; - à la fin de leur cycle de vie, les dispositifs sont généralement mis en «hibernation»; autrement dit, ils restent inutilisés dans des tiroirs, ce qui constitue un gaspillage des ressources, qui pourraient, à l’aide de procédés appropriés, être réutilisées, recyclées ou réparées; - ces appareils sont en moyenne remplacés prématurément par les utilisateurs. Les principaux facteurs de problèmes recensés étaient de nature comportementale (normes sociales et dépréciation rapide de la valeur des produits en évolution rapide et à la mode, biais et inertie du statu quo), défaillances du marché (absence d’incitations en faveur de modèles économiques circulaires et de production et de consommation durables, externalités négatives de la production et de la consommation non internalisées et informations insuffisantes sur les critères de durabilité et les incidences sur l’environnement) et défaillances réglementaires (jusqu’à présent, les aspects liés à l’efficacité des matériaux n’ont pas été suffisamment couverts par les réglementations existantes, et il existe des cas de divergences dans la législation relative aux produits dans les États membres de l’UE). L’initiative concernera une part importante de la population de l’UE, ainsi que les fabricants d’équipements d’origine, les réparateurs, les détaillants et les entreprises de recyclage. |
| Quels sont les objectifs de cette initiative? |
| Les objectifs spécifiques des options envisagées dans la présente analyse d’impact sont de corriger les défaillances recensées dans la définition du problème: - éviter l’obsolescence prématurée des téléphones portables, des téléphones sans fil et des tablettes; - contribuer à une économie circulaire en facilitant la réparation et en accroissant la durabilité de ces produits et de leurs composants essentiels (par exemple, batterie et écran); - aider les consommateurs à faire un choix éclairé et durable au point de vente; - encourager la conception de produits qui utilisent des matériaux économiques et qui permettent des économies d’énergie. |
| Quelle est la valeur ajoutée d’une action à l’échelle de l’Union? |
| Il existe une valeur ajoutée indiscutable de l’action à l’échelle de l’Union: en l’absence d’exigences harmonisées au niveau de l’UE, les États membres seraient incités à établir, comme c’est déjà le cas dans certaines situations, des exigences nationales dans le cadre de leurs politiques environnementales et énergétiques. Cela compromettrait la libre circulation des produits et augmenterait les coûts de conception, de fabrication et de distribution. |
| B. Les solutions |
| Quelles sont les options législatives et non législatives envisagées? Y a-t-il une option privilégiée? Pourquoi? |
| Les options envisagées sont les suivantes: - option 1 - pas d’action (c’est-à-dire statu quo); - option 2 – scénario avec autoréglementation (soit un accord volontaire au sens de la directive sur l’écoconception, soit d’autres initiatives non législatives telles que le système de notation écologique); - options concernant l’éco-conception: l’option 3.1 est axée sur les exigences d’écoconception applicables aux smartphones et aux tablettes. L’option 3.2 ajoute à l’analyse les téléphones portables autres que les smartphones et les téléphones sans fil et l’option 3.3 ajoute un indice de notation sur la réparabilité des smartphones et des tablettes; - option 4 – étiquetage énergétique - l’option 5.1 est une combinaison de l’écoconception et d’une étiquette énergétique, qui se concentre sur les smartphones et les tablettes. Elle combine les options 3.1 et 4; - l’option 5.2 combine les exigences d’écoconception avec un indice de notation relatif à la réparabilité (option 3.3) et des exigences en matière d’étiquetage énergétique (option 4). L’option 5.2 semble la plus appropriée, car elle se classe généralement mieux que les autres en ce qui concerne l’efficacité, l’efficience et la cohérence attendues. |
| Qui soutient quelle option? |
| - Les petites et moyennes entreprises (PME) principalement actives dans le domaine de la réparation, de la remise en état et du recyclage, ont considéré que l’option envisagée privilégiée, notamment concernant les exigences d’efficacité des matériaux en matière de durabilité, de réparabilité, d’évolutivité, d’entretien, de réutilisation et de recyclage, était importante (et pourrait, dans certains cas, changer la donne). - Les ONG de protection de l’environnement et des consommateurs ont accueilli favorablement l’option privilégiée. - Les États membres de l’UE ont accueilli avec prudence l’option privilégiée, en émettant quelques inquiétudes en ce qui concerne les tests. - Les fabricants d’équipements d’origine sont généralement favorables à l’option privilégiée, avec quelques réserves, notamment en ce qui concerne les exigences en matière de réparabilité et de disponibilité des pièces de rechange. |
| C. Incidences de l’option privilégiée |
| Quels sont les avantages de l’option privilégiée (ou, à défaut, des options principales)? |
| Les incidences positives suivantes de l’option privilégiée ont été estimées (les calculs se rapportent à l’année 2030) par rapport au scénario de référence (statu quo): - incidences sur l’environnement: une réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de 4 mt CO2eq, une réduction de la consommation d’énergie de 49 PJ, une diminution de l’acidification de 24 kt SO2eq et une diminution de la consommation de matériaux d’au moins 40 000 tonnes; - conséquences économiques: une réduction des dépenses annuelles totales de consommation de plus de 20 milliards d’EUR et une limitation des dommages annuels externes à la société estimée à plus de 1 milliard d’EUR; - incidences sociales: création de milliers d’emplois dans le secteur de la réparation et de l’entretien. |
| Quels sont les coûts de l’option privilégiée (le cas échéant, sinon des options principales)? |
| Il a été estimé que les coûts suivants pourraient être associés à l’option privilégiée (calculs relatifs à l’année 2030) par rapport au scénario de référence (statu quo): - réduction des recettes commerciales (liée à l’allongement de la durée de vie des appareils, ce qui entraînerait une diminution de la demande de nouveaux produits); - augmentation des coûts de réparation de l’ordre de 680 millions d’EUR (en raison de la réparabilité accrue des appareils; ce chiffre serait largement compensé par les économies globales réalisées par les consommateurs grâce à des dispositifs plus durables et réparables, comme le montre la réduction des dépenses annuelles totales des consommateurs). |
| Quelle sera l’incidence sur les entreprises, les PME et les microentreprises? |
| Les PME du secteur de la réparation et de l’entretien devraient bénéficier fortement de ces initiatives, notamment grâce aux exigences d’écoconception proposées en matière de réparabilité et de facilité de démontage. De nouveaux réparateurs apparaîtront dans le secteur et ceux qui sont déjà là se développeront. |
| Y aura-t-il une incidence notable sur les budgets nationaux et les administrations nationales? |
| La forme de la législation proposée dans le cadre de l’option privilégiée est, respectivement, un règlement d’exécution (écoconception) et un règlement délégué (étiquetage énergétique), tous deux directement applicables dans tous les États membres. Cela garantit qu’il n’y aura pas de coûts liés à la transposition pour les administrations nationales. Les activités de surveillance du marché entraîneraient des coûts d’essai et de personnel. |
| Y aura-t-il d’autres incidences notables? |
| L’option privilégiée devrait stimuler la concurrence et l’innovation en matière d’efficacité énergétique et d’efficacité des matériaux. |
| D. Suivi |
| Quand la législation sera-t-elle réexaminée? |
| Le processus de réexamen prévu pour l’écoconception et l’étiquetage énergétique proposés devrait avoir lieu, à titre indicatif, dans un délai de quatre ans à compter de l’adoption des mesures. |