| Les certificats complémentaires de protection sont des droits de propriété intellectuelle spécifiques qui prolongent de cinq ans au maximum la durée de validité des brevets de 20 ans pour les médicaments ou les produits phytopharmaceutiques (ci-après les «PPP»). Ils visent à compenser la perte de protection effective par un brevet en raison des essais obligatoires et de longue haleine requis dans l’Union afin d’obtenir l’autorisation réglementaire de mise sur le marché de ces produits. Les textes législatifs de l’Union applicables en la matière sont les suivants: ·le règlement (CE) nº 469/2009 sur le CCP pour les médicaments; ·le règlement (CE) nº 1610/96 sur le CCP pour les produits phytopharmaceutiques. Entre 25 et 81 demandes de CCP ont été déposées chaque année par pays de l’Union et plus de 26 000 CCP nationaux ont été délivrés depuis 1993. La durée moyenne de la protection conférée par un CCP est estimée à trois ans et demi. Dans son plan d’action en faveur de la propriété intellectuelle de novembre 2020 [COM(2020) 760 final], qui s’appuie sur l’évaluation des règlements sur les CCP (SWD(2020) 292 final), la Commission a insisté sur la nécessité de remédier à la fragmentation persistante du système de propriété intellectuelle de l’Union, qui entraîne des procédures complexes et coûteuses. Elle a indiqué que, pour les médicaments et les produits phytopharmaceutiques, la protection au moyen de CCP n’était disponible qu’à l’échelon national. Parallèlement, il existe une procédure unique pour la délivrance des brevets européens, ainsi qu’un ensemble unique de règles pour l’obtention des autorisations de mise sur le marché. Dans le même ordre d’idées, dans sa stratégie pharmaceutique pour l’Europe [COM(2020) 761 final], la Commission a souligné l’importance d’investir dans la R&D pour créer des médicaments innovants, tout en indiquant que les différences entre les pays de l’Union dans la mise en œuvre des régimes de propriété intellectuelle, en particulier pour les CCP, entraînaient des doubles emplois et des inefficacités qui entravent la compétitivité de l’industrie pharmaceutique. Le Conseil et le Parlement européen ont tous deux demandé à la Commission de remédier à ces lacunes. Le système de brevet unitaire, qui devrait entrer en vigueur en 2023, revêt une importance particulière pour la présente analyse d’impact. Il permettra de délivrer un brevet unique couvrant tous les pays participants de l’Union de manière unitaire. Parallèlement, la nouvelle juridiction unifiée du brevet permettra de centraliser les contentieux pour les pays participants. Sans cette initiative en faveur des CCP, il n’y aurait pas de CCP unitaire correspondant pour accompagner (étendre) les brevets unitaires. Les principaux problèmes que l’initiative vise à résoudre sont les suivants: 1.l’incertitude juridique concernant le statut des CCP; 2.la lourdeur du suivi des CCP; 3.les coûts et la charge élevés liés à l’obtention et au maintien de la protection conférée par un CCP dans l’Union. Pour obtenir la protection conférée par un CCP dans l’ensemble de l’Union pour la durée maximale de cinq ans, les demandeurs doivent se conformer à 27 procédures différentes auprès des offices nationaux des brevets et payer diverses taxes nationales de dépôt et de maintien, pour un total de 192 000 EUR. En raison de la divergence de ces pratiques de délivrance au niveau national, le résultat des procédures nationales est incertain, notamment en raison du manque d’uniformité de la durée et du résultat de l’examen. Historiquement, environ un quart des demandes concernant le même produit ont donné lieu à des décisions différentes. Les producteurs de médicaments génériques et biosimilaires, ainsi que les acheteurs publics dans le secteur de la santé, rencontrent des difficultés pour vérifier en temps utile le statut de la protection conférée par un CCP. Pour les producteurs, cette situation peut entraver le lancement de produits génériques ou biosimilaires concurrents, ou leur participation à des appels d’offres pour l’achat de médicaments. Pour les autorités nationales, cette situation crée des problèmes d’approvisionnement en médicaments, en particulier conjointement avec d’autres pays de l’Union. |