| La Commission a élaboré certaines options stratégiques législatives. Les options non législatives n’ont pas été prises en considération, étant donné que la stratégie relative au droit des victimes (2020-2025) contient déjà des mesures non législatives à mettre en œuvre dans les années à venir. L’effet escompté de ces options est toutefois inclus dans le scénario de référence. Toutes les options stratégiques répondent aux objectifs spécifiques définis. Objectif spécifique 1 -Option I.1: Créer une obligation de mettre en place un mécanisme national de coordination entre les services répressifs, les autorités judiciaires (procureurs et juges) et les organisations d’aide aux victimes. Ils œuvreraient de concert pour veiller à ce que les victimes reçoivent des informations adaptées à l’évolution de leurs besoins individuels. Les mécanismes de coordination devraient comprendre des protocoles spécifiques prévoyant la fourniture d’informations aux victimes en détention ou dans d’autres établissements fermés. -Option I.2: Option I.1 + Créer une obligation afin que des lignes nationales d’assistance aux victimes agissent en tant que premier point de contact pour toutes les victimes de toutes les infractions, fournissent un soutien moral et orientent les victimes vers des services d’aide spécialisés si nécessaire, utilisent le numéro de téléphone européen 116 006 et mettent à disposition un site internet doté de technologies de pointe pour fournir un accès optimal dans les langues les plus parlées et aux personnes handicapées. -Option I.3: Option I.1 + Mettre en place un mécanisme permettant aux victimes d’être informées de manière proactive par les organisations d’aide aux victimes (avec une option de non-participation). Une fois qu’une victime dénonce une infraction ou est reconnue comme victime, elle est contactée par une organisation d’aide aux victimes qui lui fournira des informations sur les droits des victimes et la disponibilité de services d’aide. Cette option prévoit l’obligation pour toutes les personnes ou institutions en contact avec les victimes (organisations d’aide aux victimes, professionnels médicaux et travailleurs sociaux) d’informer les victimes de leurs droits. Selon l’analyse et l’évaluation, l’option privilégiée est l’option I.2. -Objectif spécifique 2 -Option II.1: Veiller à ce que l’évaluation personnalisée des besoins des victimes en matière de protection, actuellement prévue à l’article 22 de la directive sur les droits des victimes, soit améliorée en ajoutant ce qui suit: i) procéder à l’évaluation dès le premier contact avec les autorités compétentes; ii) faire appel aux services d’aide, aux services répressifs et au pouvoir judiciaire; iii) évaluer les risques présentés par l’auteur de l’infraction (comme l’abus d’alcool ou la détention d’armes); et iv) prévoir une évaluation des besoins individuels en matière de soutien. -Option II.2: Option II.1 + Renforcer le recours aux mesures de protection physique des victimes, comme les décisions de protection, grâce à l’ajout de mesures de protection à la liste des mesures de protection spécifiques actuellement prévues à l’article 23 de la directive sur les droits des victimes, à utiliser par les autorités compétentes à la suite d’une évaluation personnalisée. -Option II.3: Option II.2 + Imposer des normes minimales concernant le contenu et les conditions d’application des mesures de protection physique, telles que les décisions de protection et les mesures de protection des témoins, à la suite d’une évaluation personnalisée. Selon l’analyse et l’évaluation, l’option privilégiée est l’option II.2. Objectif spécifique 3 -Option III.1: Garantir la disponibilité de services d’aide spécialisés pour tous les enfants victimes sur un même site, sur la base du modèle Barnahus (en fournissant, sous un même toit, un soutien et une protection transversaux aux enfants victimes de la criminalité), et d’un soutien psychologique gratuit aussi longtemps que nécessaire pour toutes les victimes vulnérables qui en ont besoin. Il s’agirait notamment de coordonner à l’échelon national les services d’aide, les services répressifs et les autorités judiciaires et d’apporter le soutien adapté à l’âge et la protection nécessaires pour répondre de manière exhaustive aux besoins des victimes. -Option III.2: Option III.1 + Veiller à la disponibilité de services d’aide spécialisés pour toutes les victimes vulnérables. Il s’agirait notamment de coordonner à l’échelon national les services d’aide, les services répressifs et les autorités judiciaires (pas nécessairement sur un même site). Pour toutes les victimes vulnérables, les services d’aide spécialisés comprendraient un soutien psychologique gratuit aussi longtemps que nécessaire si l’évaluation personnalisée en atteste la nécessité. Cela s’appuierait sur la disposition actuelle de l’article 9, paragraphe 1, de la directive, qui prévoit ces services lorsqu’ils sont disponibles. -Option III.3: Option III.1 + Veiller à la disponibilité de services d’aide spécialisés pour toutes les victimes vulnérables (pas seulement pour les enfants). Ces services pourraient être fournis sur un même site ou par l’intermédiaire d’un point de contact central selon le modèle Barnahus. Veiller à ce que les services d’aide spécialisés fournissent un soutien psychologique gratuit aussi longtemps que nécessaire à toutes les victimes de la criminalité (pas seulement aux victimes vulnérables). Ce soutien devrait être déterminé lors de l’évaluation personnalisée du soutien. Selon l’analyse et l’évaluation, l’option privilégiée est l’option III.2. Objectif spécifique 4 -Option IV.1: Établir un droit pour les victimes à une aide juridique/administrative et à être accompagnées par une personne de leur choix tout au long de la procédure pénale, que la victime soit ou non formellement partie à la procédure. Établir un droit pour les victimes de contester les décisions prises au cours de la procédure pénale qui les concernent directement. Les États membres devraient veiller à ce que les victimes puissent contester ces décisions, quel que soit leur statut dans le cadre de la procédure pénale et conformément au principe de contrôle juridictionnel. -Option IV.2: Option IV.1 + modifier le droit actuel à l’aide juridictionnelle prévu à l’article 13 de la directive sur les droits des victimes, qui est actuellement limité aux victimes qui sont parties à une procédure pénale. Ce droit serait étendu afin de garantir une aide juridictionnelle aux victimes qui ne disposent pas des ressources nécessaires lorsqu’elles contestent des décisions relatives à leurs droits au cours de la procédure pénale. Les conditions ou règles de procédure régissant l’accès de la victime à l’aide juridictionnelle continueraient d’être fixées par le droit national. -Option IV.3: Prévoir le droit des victimes de participer en tant que partie formelle à la procédure pénale indépendamment des restrictions actuellement prévues par le droit national. Par conséquent, les droits actuels des victimes à participer à la procédure pénale au titre de la directive sur les droits des victimes, tels que l’accès au dossier judiciaire et l’accès à l’aide juridictionnelle, s’appliqueraient aux victimes au cours de la procédure pénale. Selon l’analyse et l’évaluation, l’option privilégiée est l’option IV.1. Objectif spécifique 5 -Option V.1: Établir le droit pour les victimes d’obtenir qu’il soit statué sur l’indemnisation par l’auteur de l’infraction dans le cadre de la procédure pénale, sans l’exception actuelle prévue à l’article 16 de la directive, concernant le cas où le droit national prévoit que cette décision est prise dans le cadre d’une autre procédure judiciaire. -Option V.2: Option V.1. + Créer une obligation pour les États membres de verser d’emblée à la victime l’indemnisation incombant à l’auteur de l’infraction, immédiatement après le prononcé du jugement, et d’en demander ensuite le remboursement à l’auteur de l’infraction. -Option V.3: Imposer des normes minimales en matière d’indemnisation par l’État en modifiant la directive de 2004 relative à l’indemnisation. Il s’agirait notamment d’étendre le champ d’application de la directive relative à l’indemnisation à toutes les infractions (pas seulement à la criminalité intentionnelle violente). Imposer des normes minimales concernant les conditions d’obtention de l’indemnisation par l’État en modifiant la directive de 2004 relative à l’indemnisation (notamment les délais administratifs pour traiter les affaires dans des délais raisonnables et les conditions relatives à la manière de déterminer le montant de l’indemnisation). Selon l’analyse et l’évaluation, l’option privilégiée est l’option V.2. L’ensemble d’options privilégiées se compose des options I.2, II.2, III.2, IV.1 et V.2. Cette combinaison obtient le score le plus élevé pour chacun des critères et devrait apporter le plus d’avantages aux victimes dans l’ensemble de l’UE, tout en respectant les limites de la base juridique et la proportionnalité de l’action de l’UE. |