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Acte préparatoire52023SC0294

Acte préparatoire — 52023SC0294

CELEX52023SC0294
TypeActe préparatoire
Datemardi 5 septembre 2023

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 5.9.2023

SWD(2023) 294 final

DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION

RÉSUMÉ DU RAPPORT D'ANALYSE D'IMPACT

accompagnant le document:

proposition de directive du Parlement européen et du Conseil

relative aux associations transfrontalières européennes

{COM(2023) 516 final} - {SEC(2023) 306 final} - {SWD(2023) 292 final} - {SWD(2023) 293 final}


Résumé de l’analyse d’impact

Analyse d’impact d’une initiative législative sur les activités transfrontières des associations au sein du marché unique

A.Nécessité d’une action

Quel est le problème et pourquoi est-il traité?

Selon les estimations, 3 870 millions d’associations à but non lucratif sont actives dans les États membres de l’UE, générant 2,9 % du PIB de l’UE (soit 420 milliards d’euros) dans des secteurs tels que la santé, les soins et les services sociaux, l’inclusion sociale, la culture, le sport et l’aide humanitaire. Les associations sont réglementées par la législation nationale dans 24 États membres. Lorsqu’elles exercent leurs activités par-delà les frontières au sein du marché unique, les associations sont confrontées à des incertitudes pour ce qui est des règles applicables ainsi qu’à des charges et des coûts administratifs supplémentaires, étant donné que les législations nationales ne comportent généralement pas (à de rares exceptions) de règles sur les aspects transfrontières, ou que ces aspects sont traités de différentes manières.

L’analyse d’impact a mis en évidence des obstacles au sein du marché unique dans quatre domaines: les activités transfrontières des associations liées à leur droit d’établissement et à la fourniture de biens et de services; la circulation des capitaux; l’adhésion et la participation transfrontières aux organes de gouvernance; la mobilité transfrontière (transformations, fusions, scissions).

On a estimé dans l’analyse d’impact que le problème constaté concernait environ 8 % des associations qui exercent actuellement des activités transfrontières (soit environ 310 000 associations), ainsi que jusqu’à 185 000 autres associations qui seraient susceptibles de participer à de telles activités si les obstacles abordés par l’initiative étaient éliminés. L’élimination des obstacles pourrait entraîner une croissance du PIB et créer des emplois supplémentaires et libérer davantage le potentiel socio-économique du secteur à but non lucratif en Europe, dans lequel les associations constituent la forme juridique dominante (environ 87 %).

Quels sont les objectifs à atteindre?

L’initiative vise à améliorer le fonctionnement du marché unique en éliminant les obstacles administratifs et réglementaires auxquels se heurtent les associations exerçant des activités dans plusieurs États membres afin de leur permettre de réaliser pleinement leur potentiel de création de valeur économique et sociétale dans l’UE. Il s’agit notamment de leur permettre de bénéficier pleinement des libertés offertes par le marché unique, en particulier de la liberté d’établissement, de la liberté de fournir et de recevoir des biens et des services, ainsi que de la libre circulation des capitaux (dons transfrontières, cotisations d’adhésion).

Aux fins de cet objectif général, l’initiative poursuit les objectifs spécifiques suivants:

-améliorer les possibilités pour une association de voir sa personnalité juridique reconnue dans d’autres États membres, en garantissant ainsi l’égalité de traitement au sein du marché unique;

-réduire les formalités réglementaires pour les associations exerçant des activités dans plusieurs États membres.

Quelle est la valeur ajoutée de l’action au niveau de l’UE (subsidiarité)?

En l’absence d’action de l’UE, les États membres conserveront leurs diverses règles nationales, ce qui se traduira par une fragmentation persistante des exigences et des limitations, créant ainsi des conditions inégales pour les associations qui souhaitent exercer des activités au sein du marché unique. Comme indiqué dans la résolution du Parlement européen de février 2022 et ainsi qu’il ressort de la consultation publique et des activités de consultation menées dans le cadre d’une étude indépendante à l’appui de l’analyse d’impact, l’activité transfrontière des associations n’a pas atteint son plein potentiel dans l’Union. Seule une action au niveau de l’UE permettrait de mettre en place des règles harmonisées ou coordonnées qui seraient capables de lever les obstacles existants aux activités transfrontières des associations. Indirectement, elle peut également contribuer à renforcer le secteur à but non lucratif et la société civile dans son ensemble.

B.Solutions

Quelles sont les différentes options pour atteindre les objectifs? Y a-t-il une option stratégique privilégiée? Si tel n’est pas le cas, pourquoi?

Outre le scénario de base (aucune action), l’analyse d’impact a recensé les options stratégiques suivantes:

Option nº 1 – Créer une forme juridique d’association au niveau de l’UE

Sous-option nº 1a – Une forme juridique au niveau de l’UE: l’«association européenne». Une forme juridique européenne d’association serait introduite et régirait tous les aspects liés au fonctionnement d’une association (formation, enregistrement, constitution, fonctionnement, financement, dissolution, liquidation et insolvabilité). Les personnes physiques et morales intéressées pourraient créer une association européenne et les associations existantes pourraient se transformer en associations européennes. L’association européenne coexisterait avec les autres formes juridiques d’associations au niveau national, sans les remplacer, et verrait automatiquement reconnaître sa personnalité juridique dans l’ensemble de l’Union. Cette option serait adaptée aux associations qui souhaitent être actives dans de nombreux États membres.

Sous-option nº 1b) – Une forme juridique au niveau de l’UE: l’«association transfrontalière européenne». Il s’agirait d’une forme juridique au niveau de l’UE, mais, au lieu d’être une forme juridique entièrement prescrite, comme dans le cadre de la sous-option 1a), elle ne couvrirait que les aspects transfrontières et, lorsque la cohérence l’exigerait, elle spécifierait les principales caractéristiques d’une association transfrontalière européenne. Cette nouvelle forme juridique coexisterait avec les formes juridiques d’associations existantes au niveau national et ne les remplacerait pas. L’association transfrontalière européenne bénéficierait d’une reconnaissance automatique de sa personnalité juridique dans l’ensemble de l’Union. Les personnes physiques et morales intéressées pourraient créer une association européenne et les associations existantes pourraient se transformer en associations européennes. Cette option stratégique serait adaptée aux associations qui souhaitent être actives dans de nombreux États membres.

Option nº 2 – Harmoniser les normes minimales communes pour les activités transfrontières des associations. Cette option harmoniserait les normes minimales communes pour les activités et la mobilité transfrontières des associations dans les États membres et contribuerait à réduire les différences entre les législations nationales. Les associations bénéficieraient automatiquement de ces mesures d’harmonisation, sans qu’il soit nécessaire de créer ou de passer à une nouvelle forme juridique. Cette option impliquerait de supprimer ou de modifier les règles existantes ou d’introduire de nouvelles règles dans le droit des États membres, ce qui affecterait également les associations sans finalité transfrontière.

Option nº 3 – Créer une forme juridique supplémentaire d’association destinée aux activités transfrontières et reconnue par les États membres. Cette option imposerait aux États membres d’introduire dans leur système juridique national une forme juridique d’association à finalité transfrontière. Cette forme ne couvrirait que les exigences et garanties nécessaires pour faciliter ces activités transfrontières et coexisterait avec les formes juridiques prévues dans le droit national pour les associations. Les personnes intéressées pourraient former une «association transfrontalière» de plusieurs manières (par exemple, en créant une nouvelle association, en transformant une association existante ou en procédant à une fusion). Dans le cadre de cette option, les «associations transfrontalières» n’auraient pas besoin de s’établir séparément dans chaque État membre, étant donné que leur personnalité juridique serait reconnue soit automatiquement, soit au moyen d’une procédure simplifiée.

Les principales différences entre les trois options concernent leur degré de conformité avec les principes de proportionnalité et de subsidiarité par rapport au problème constaté. L’option privilégiée est l’option nº 3, qui contribue principalement à résoudre le problème constaté et répond aux objectifs spécifiques. Elle est ciblée et est également celle qui respecte le mieux les principes de proportionnalité et de subsidiarité, tout en étant l’approche la plus équilibrée en termes de coûts et d’avantages.

Quelles sont les positions des différentes parties prenantes? Qui soutient quelle option?

La Commission a consulté les parties prenantes dans le cadre de diverses activités de consultation dont un appel à contributions, une consultation publique , une consultation ciblée (c’est-à-dire une enquête en ligne) ainsi que 64 entretiens qui ont été menés afin de renforcer encore la base factuelle et d’appuyer l’élaboration des options stratégiques. Ensemble, ces activités de consultation ont porté au total sur 3 026 associations (y compris des associations individuelles et des organisations faîtières) et 12 autorités nationales.

Dans le cadre de la consultation publique (64 réponses), la majorité des répondants (73 %, soit 47 sur 64) ont indiqué soutenir une action de l’UE visant à faciliter les activités transfrontières des associations au sein du marché unique. Les réponses indiquent qu’une «nouvelle forme juridique pour les associations» est privilégiée par 36 % des répondants (soit 22 sur 64) et par 42 % des répondants ayant la forme juridique d’association (soit 16 sur 38) (options stratégiques nº 1 et 3). L’«harmonisation des normes minimales communes» (option stratégique nº 2) était l’option privilégiée pour 42 % de l’ensemble des répondants (26 sur 64) et 32 % des répondants ayant la forme juridique d’association (12 sur 38).

Dans le cadre de l’enquête ciblée (140 réponses), les associations ayant répondu ont soutenu une intervention de l’UE, en privilégiant éventuellement l’option nº 1, en raison de son efficacité pour faciliter les activités des associations dans un autre État membre (quatre répondants sur cinq en moyenne), tandis que les options stratégiques nº 2 et 3 ont également recueilli un large soutien (respectivement 3,4 sur 5 et 3,2 sur 5).

C.Incidences de l’option privilégiée

Quels sont les avantages de l’option privilégiée (ou, à défaut, des options principales)?

Par rapport au scénario de base, l’option nº 3 devrait réduire à la fois les coûts de lancement et les coûts récurrents des associations exerçant des activités par-delà les frontières:

·la réduction du surcoût lié au lancement d’activités transfrontières (par exemple, les coûts d’information et les coûts directs) est estimée à 2 150 euros par lancement. Sur la période de 15 ans ayant fait l’objet d’une évaluation, les réductions des surcoûts pourraient atteindre 338 millions d’euros, voire 378 millions d’euros dans le scénario fondé sur la meilleure estimation;

·la réduction du surcoût des opérations (coûts récurrents, par exemple les coûts administratifs et de mise en conformité) est estimée à 770 millions d’euros par an. Sur cette même période de 15 ans, les économies de coûts pourraient se chiffrer jusqu’à 8,5 milliards d’euros.

L’analyse d’impact fournit une meilleure estimation des avantages économiques indirects potentiels générés sur 15 ans: 185 000 associations supplémentaires exerçant des activités transfrontières, créant jusqu’à 75 000 emplois et 4,2 milliards d’euros de valeur ajoutée. L’analyse d’impact comprend plusieurs scénarios reflétant l’adoption potentielle de l’option privilégiée et la libération de son potentiel, allant d’un scénario fondé sur la meilleure estimation à un scénario plus prudent afin d’atténuer les éventuelles surestimations.

L’analyse d’impact prévoit une incidence sociale positive indirecte, y compris sur les droits fondamentaux (non quantifiable). Lorsque des effets indirects sur l’environnement et le climat sont attendus, ils sont considérés comme positifs (mais non quantifiables), bien qu’ils ne soient pas d’une ampleur significative. D’une manière générale, l’option nº 3 devrait avoir une incidence positive à long terme sur les autorités compétentes, sans leur imposer de coûts d’adaptation importants.

Quels sont les coûts de l’option privilégiée (ou, à défaut, des options principales)?

Les coûts pour les associations qui adoptent cette nouvelle forme juridique dépendront de la mesure dans laquelle les règles harmonisées différeront des règles nationales, tandis que pour celles qui ne souhaitent pas prendre cette forme juridique, il n’y aurait ni coûts d’ajustement ni coûts administratifs. Par rapport au scénario de base, ainsi que par rapport aux autres options, l’option nº 3 devrait générer des coûts moins élevés en ce qui concerne la mise en conformité et la charge administrative, ainsi que des économies comparativement plus importantes grâce à une réduction des surcoûts (comme indiqué ci-dessus).

Pour les autorités compétentes, l’option nº 3 devrait globalement avoir une incidence positive à long terme et l’ampleur du coût (d’adaptation) ne devrait pas être significative.

Quelles sont les incidences sur les PME et la compétitivité?

Si l’initiative ne cible pas spécifiquement et n’impose pas de nouvelles obligations administratives aux PME, ses objectifs ont une incidence directe sur les associations qui relèvent de cette catégorie (en tenant compte du fait que les associations qui exercent des activités économiques peuvent relever de la définition de micro, petite ou moyenne entreprise ). Étant donné que l’initiative vise à éliminer les obstacles aux activités transfrontières des associations et que les petites associations disposent généralement de moins de ressources et de capacités pour surmonter les obstacles existants, les ajustements des exigences relatives à l’entrée et à l’activité devraient avoir une incidence positive sur la position concurrentielle des associations de la taille d’une PME. Voir également les avantages de l’option privilégiée relatifs à la réduction des coûts pour les associations, mentionnés ci-dessus.

Y aura-t-il une incidence notable sur les budgets nationaux et les administrations nationales?

Pour les autorités nationales compétentes, l’option privilégiée (tout comme les options nº 1 et 2) entraînerait certains coûts d’ajustement, bien que ceux-ci n’aient pas été jugés significatifs dans l’analyse d’impact. De même, en ce qui concerne les coûts récurrents des registres en ligne (liés, par exemple, à la maintenance, à la publication et aux systèmes informatiques), les autorités compétentes ne devraient pas devoir supporter des coûts supplémentaires importants.

Y aura-t-il d’autres incidences notables?

Aucune autre incidence notable n’a été recensée.

Proportionnalité

Le respect du principe de proportionnalité serait assuré par l’établissement, au niveau national, d’une forme juridique supplémentaire à finalité transfrontière. Cela n’introduirait la reconnaissance de la personnalité juridique et des normes uniformes que dans la mesure nécessaire et uniquement afin d’offrir une possibilité aux associations qui exercent des activités par-delà les frontières au sein du marché unique.

D.Suivi

L’initiative fera l’objet d’une évaluation cinq ans après sa transposition par les États membres, ainsi que d’un contrôle périodique.

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