COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 24.5.2023
SWD(2023) 610 final
DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION
Rapport 2023 pour la France
accompagnant le document
Recommandation de recommandation du Conseil
concernant le programme national de réforme de la France pour 2023 et portant avis du Conseil sur le programme de stabilité de la France pour 2023
{COM(2023) 610 final}
L’économie française ralentit en 2023 dans un contexte où l’inflation demeure élevée
L’économie française a fortement ralenti au second semestre 2022, mais l’activité devrait redémarrer à partir du second semestre 2023. Ce ralentissement est dû à d’importants goulets d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement, à la hausse des prix de l’énergie et des matières premières, et à la persistance d’importantes pénuries d’approvisionnement. Après le fort rebond de 6,8 % en 2021, on estime que le PIB réel a progressé de 2,6 % en 2022. L’activité économique devrait rester modérée au cours du premier semestre 2023. L’investissement, en particulier, devrait diminuer en raison de la hausse des coûts de production, du resserrement des conditions financières et de l’incertitude accrue. Toutefois, la baisse prévue de l’inflation devrait permettre une reprise progressive au cours du second semestre de l’année. L’activité devrait ainsi augmenter de 0,7 % en 2023 et de 1,4 % en 2024.
En 2022, l’invasion de l’Ukraine par la Russie a entraîné une flambée des prix de l’énergie et des matières premières, mais de vastes dispositifs d’aide publique ont permis d’atténuer considérablement le choc pour le secteur privé. Les mesures adoptées par les pouvoirs publics ont permis d’atténuer en grande partie les effets de la crise énergétique sur les ménages et les entreprises et l’inflation est restée en France bien inférieure à celle des autres pays de l’UE en 2022 (+ 5,9 % contre + 9,2 % pour l’UE). À partir de 2023, les conséquences de la guerre en Ukraine sur l’économie française devraient s’estomper. Cependant, au début de l’année 2023, la hausse des prix réglementés de l’électricité et du gaz, la fin de la remise sur les carburants et la répercussion tardive des prix de l’énergie devraient affecter les prix à la consommation. En 2023, l’inflation devrait ralentir progressivement à mesure que les prix de gros de l’énergie et des matières premières diminuent. Dans l’ensemble, elle devrait atteindre 5,5 % en 2023 et 2,5 % en 2024.
Les mesures prises pour contrebalancer les effets de la crise énergétique ont freiné l’amélioration des finances publiques après la COVID‑19. Le déficit des administrations publiques s’est réduit pour atteindre 4,7 % du PIB en 2022, contre 6,5 % en 2021 et 9 % en 2020. Cette baisse du déficit est due à la croissance et au dynamisme persistant des recettes fiscales, à la suppression progressive de la plupart des mesures d’urgence liées à la pandémie et à l’atténuation prévue des effets des mesures de relance. Toutefois, ces effets de réduction du déficit ont été partiellement compensés par le coût budgétaire des mesures adoptées en vue d’atténuer les conséquences des prix élevés de l’énergie et, plus généralement, de l’inflation (voir encadré nº 1). En conséquence, la charge d’intérêt sur la dette a considérablement augmenté, principalement en raison des obligations indexées sur l’inflation. En ce qui concerne l’avenir, le déficit devrait atteindre 4,7 % du PIB en 2023 (reflétant toujours le coût des dépenses engagées pour lutter contre la crise énergétique) et diminuer à 4,3 % du PIB en 2024. La dette publique, qui s’établit à 111,6 % du PIB en 2022, n’a diminué que légèrement, et elle devrait encore diminuer pour atteindre 109,5 % du PIB en 2024. Toutefois, elle devrait s’inscrire de nouveau à la hausse à moyen terme, en l’absence d’action des pouvoirs publics.
La France est confrontée à des vulnérabilités macroéconomiques, qui font l’objet d’une évaluation dans le cadre du bilan approfondi (). Ces vulnérabilités sont liées à la dette publique élevée et à des problèmes de compétitivité, mais la réponse des pouvoirs publics a été globalement appropriée. En effet, la réforme de la gestion des finances publiques est entrée en vigueur en 2022 et un nouveau mécanisme d’évaluation annuelle des dépenses publiques a été adopté. Une mise en œuvre effective de ces deux réformes demeure essentielle pour contenir les dépenses publiques et inscrire la dette publique durablement à la baisse. D’importantes réformes destinées à réduire les coûts de main-d'œuvre ainsi que les impôts sur la production et le taux de l’impôt sur les sociétés ont favorisé le rétablissement de la compétitivité-coûts. La mise en œuvre de réformes récentes pour la simplification de l’environnement des entreprises et les investissements en faveur de la productivité prévus par le plan pour la reprise et la résilience (en vue de soutenir les transitions écologique et numérique et la recherche) seront essentiels pour s’attaquer aux problèmes structurels persistants en matière de compétitivité. Ces réformes et investissements ne devraient produire pleinement leurs effets qu’à moyen terme (voir annexe 22).
Évolution du marché du travail
L’évolution du marché du travail est positive et entraîne une hausse de l’emploi. Malgré le ralentissement économique, le marché du travail est resté dynamique en 2022, entraînant une nouvelle baisse du taux de chômage, qui a atteint son niveau le plus bas depuis le premier trimestre 2008 (7,2 % au quatrième trimestre 2022). Le taux d’emploi des personnes âgées de 15 à 64 ans a également atteint 68,3 % au quatrième trimestre 2022, son plus haut niveau jamais enregistré. Malgré certaines améliorations, les groupes vulnérables restent confrontés à des obstacles persistants qui bloquent l’accès au marché du travail (voir annexe 14).
Les pénuries de main-d’œuvre et les inadéquations de compétences restent des problèmes importants. Les pénuries de main-d’œuvre étaient déjà importantes avant la crise de la COVID‑19 et ont augmenté régulièrement en 2021, pour atteindre leur plus haut niveau en 2022. Les employeurs signalent que le manque de travailleurs correctement formés constitue l’un des principaux obstacles au recrutement, devant les revendications des travailleurs en faveur de meilleures conditions de travail. Les principaux secteurs concernés sont l’industrie, la construction, l’information et la communication, l’éducation et la santé. Les résultats actuels des mesures mises en œuvre dans les domaines du perfectionnement et de la reconversion professionnels, telles que le plan visant à réduire les tensions en matière de recrutement, exigent que les formations disponibles correspondent mieux aux besoins du marché du travail (voir annexe 14).
Les effets des récentes réformes et mesures de soutien de grande ampleur concernant le marché du travail, ainsi que la réforme des retraites, devraient soutenir l’emploi et la croissance économique. La réforme de l’assurance chômage de 2019, qui est entrée intégralement en vigueur en 2021, y compris les mesures dissuasives contre le recours excessif aux contrats de courte durée, pourrait avoir contribué à ramener la segmentation du marché du travail en dessous des niveaux d’avant la crise au quatrième trimestre 2022, conformément à la tendance observée au niveau de l’UE. Plus récemment, la loi de décembre 2022 a introduit une modulation contracyclique de la durée des allocations chômage, en fonction de la situation du marché du travail. En outre, le relèvement de l’âge effectif de la retraite prévu par la réforme actuelle des retraites devrait avoir une incidence positive sur la croissance potentielle à moyen terme, grâce à l’augmentation de la population active. Conformément au principe 8 du socle européen des droits sociaux, la participation active des partenaires sociaux et des parties prenantes est essentielle pour garantir l’acceptabilité de toute réforme.
La France obtient globalement de bons résultats en ce qui concerne le tableau de bord social lié au socle européen des droits sociaux. Tous les indicateurs du tableau de bord (voir annexe 14) se situent dans la moyenne de l’Union ou la dépassent. Certaines faiblesses subsistent néanmoins, comme l’intégration des groupes vulnérables sur le marché du travail, les inadéquations de compétences et la faible participation des adultes peu qualifiés à l’apprentissage. Le système éducatif est bon dans l’ensemble, mais les inégalités socio-économiques continuent d’avoir une incidence sur les résultats scolaires des élèves (voir «Autres priorités pour l’avenir»).
La France obtient de bons résultats et progresse pour ce qui est de la plupart des objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies. On observe une amélioration des résultats pour les ODD liés à l’équité, tels que l’égalité entre les femmes et les hommes (ODD 5) et certains indicateurs relatifs à l’éducation (ODD 4) (voir annexe 1). Les améliorations les plus notables sont enregistrées dans les domaines de la consommation et de la production responsables (ODD 12) et du travail décent (ODD 8). Toutefois, la France obtient des résultats inférieurs à la moyenne de l’UE en ce qui concerne les villes et communautés durables (ODD 11) et peut encore s’améliorer en ce qui concerne l’objectif «Pas de pauvreté» (ODD 1). En effet, la France s’écarte de son objectif de réduction de la pauvreté à l’horizon 2030, puisque le nombre de personnes menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale a augmenté de 512 000 entre 2019 et 2021. Le risque de pauvreté concerne principalement les familles monoparentales, les personnes peu qualifiées, les enfants, les personnes nées en dehors de l’UE et les travailleurs indépendants (voir annexe 14).
Risque économique lié à l’invasion de l’Ukraine par la Russie
Les importations françaises de combustibles fossiles en provenance de Russie sont limitées. Avec une part importante d’énergie nucléaire, le bouquet énergétique de la France est moins dépendant des combustibles fossiles que celui d’autres pays de l’Union. De plus, la Russie ne représentait que 9 % des importations de coke et de produits pétroliers raffinés et 11 % des importations de pétrole brut et de gaz naturel en 2022. Le commerce hors énergie entre la France et la Russie est également très limité. Toutefois, certains secteurs industriels ont été touchés par des ruptures d’approvisionnement en composants clés en provenance de Russie. C’est tout particulièrement le cas du secteur de l’aéronautique (qui dépend du titane) et du secteur automobile (palladium).
Les niveaux élevés de dette publique et privée et la faible compétitivité restent des problèmes macroéconomiques à surveiller
La coexistence de niveaux élevés de dette publique et privée pourrait être une source de vulnérabilité. L’endettement du secteur privé était déjà élevé avant l’apparition de la pandémie. En 2020, il a encore progressé, favorisé également par l’importante enveloppe de prêts garantis par l’État que le gouvernement français a mobilisée. Ce dispositif a permis de stabiliser les bilans des entreprises et de soutenir l’investissement. L’augmentation des emprunts des entreprises a continué d’aller de pair avec une augmentation des fonds propres et une accumulation de coussins de liquidité. En 2021, la croissance économique a facilité un désendettement passif, mais les flux de crédit, en particulier pour les entreprises, sont restés dynamiques tout au long de 2022, ce qui a conduit les ratios d’endettement des sociétés non financières à augmenter et ceux des ménages à se stabiliser globalement. Pour les entreprises comme pour les ménages, les ratios d’endettement sont restés élevés par rapport aux indices de référence. L’endettement en termes nominaux continue d’être alimenté par des flux de crédit dynamiques, qui se sont accélérés pour les entreprises, mais ont ralenti pour les ménages en 2022. Néanmoins, selon l’enquête sur la distribution du crédit bancaire dans la zone euro (), les critères d’octroi de crédit ont été durcis au quatrième trimestre, en particulier pour les prêts aux entreprises et les prêts hypothécaires. Jusqu’à présent, on ne perçoit aucun risque de vague de faillites d’entreprises. Après une baisse cumulée de 50 % en 2021 par rapport à 2019, les faillites d’entreprises ont fortement augmenté en 2022, mais sont restées inférieures d’environ 20 % aux niveaux observés avant la pandémie. Le secteur financier reste solide et les conditions de financement sont plus favorables que dans d’autres pays de l’UE, en ce qui concerne tant le volume des crédits que les taux d’intérêt. Cependant, une dette privée élevée pourrait constituer une source de vulnérabilité, dans un contexte de hausse des taux d’intérêt. Toutefois, la structure du marché français du crédit immobilier, constitué en grande majorité de prêts à taux fixe, et les mesures macroprudentielles du Haut Conseil de stabilité financière concernant le crédit immobilier et l’exposition des banques aux grandes entreprises très endettées atténuent ces risques.
Les exportations de la France ont fortement souffert de la crise de la COVID‑19 en 2020 et sont restées modérées en 2021 et 2022. En 2020, les exportations ont diminué plus que la moyenne de l’UE et n’ont enregistré qu’une hausse modérée en 2021, en partie à cause d’une exposition sectorielle défavorable à la crise de la COVID‑19, notamment dans les secteurs de l’aéronautique et du tourisme.
En 2022, les exportations nettes ont encore contribué négativement à la croissance en restant bien en deçà de leur niveau d’avant la crise. La compétitivité s’est améliorée en 2022 en raison d’une inflation plus faible en France que chez ses partenaires commerciaux, de la baisse de l’euro face au dollar et de mesures fiscales, notamment des réductions des impôts sur la production et du taux de l’impôt sur les sociétés. Cette amélioration est intervenue après deux années de relative stabilité, l’augmentation du coût salarial unitaire ayant été comparable à celle enregistrée dans la zone euro pendant la crise de la COVID-19.
Toutefois, les chiffres pour 2020 et 2021 sont difficiles à interpréter, en raison du déploiement massif des dispositifs de chômage partiel. Le coût salarial unitaire a fortement augmenté en 2022 pour compenser en partie la forte hausse de l’inflation provoquée par les prix de l’énergie. Toutefois, cette augmentation est comparable à celle de l’UE et de la zone euro dans son ensemble.
Si, en France, la croissance de la productivité de la main d’œuvre a rattrapé celle de la zone euro et de l’UE, des faiblesses structurelles subsistent. La croissance de la productivité de la main d’œuvre en France a rattrapé la moyenne de la zone euro et de l’UE avant la crise de la COVID‑19. Bien que la croissance de la productivité ait été récemment freinée par la rétention de main-d’œuvre qui persiste depuis la crise de la COVID-19 et par la réaction dynamique de l’emploi aux mesures prises récemment par les pouvoirs publics, la productivité de la main-d’œuvre, mesurée en emplois équivalents temps plein, devrait progresser, à un rythme comparable aux moyennes de la zone euro et de l’UE à moyen terme.
Malgré cela, des faiblesses structurelles subsistent, notamment des pénuries et inadéquations de compétences, la numérisation insuffisante des petites et moyennes entreprises et la stagnation de l’intensité des dépenses de R&D des entreprises (voir «Autres priorités pour l’avenir»). En outre, des réglementations restrictives en ce qui concerne les professions réglementées et le commerce de détail ont pesé sur la concurrence et le dynamisme des entreprises, risquant d’entraîner une hausse des prix, une baisse de l’innovation et une réduction des gains de productivité (voir annexe 12). La croissance de la productivité totale des facteurs en France reste faible et semble être sur une trajectoire descendante, principalement dans les secteurs des services d’information et de communication, de la finance et de l’assurance, ainsi que de la fabrication de produits électroniques.
Cela peut s’expliquer en partie par l’accroissement rapide de l’écart de productivité qui existe entre les entreprises les plus performantes et les moins performantes, en particulier dans le secteur des services. Cela peut aussi s’expliquer par la formation de la main-d’œuvre française, dont les compétences sont inférieures à celles de certains pays comparables (notamment les Pays-Bas et l’Allemagne).
Le plan français pour la reprise et la résilience et le plan «France Relance» visent à rendre l’économie plus compétitive en favorisant la numérisation et l’insertion des jeunes sur le marché du travail et en réduisant les impôts sur la production. Une série de mesures avaient été prises avant la pandémie en vue de remédier à la faible compétitivité, comme le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), qui, en 2019, a été transformé en un allégement permanent des cotisations sociales versées par les employeurs.
Plusieurs mesures de réforme ont également contribué à traiter le problème de la faible croissance de la productivité. Adoptée en mai 2019, la loi PACTE vise à favoriser la croissance des entreprises en réformant les seuils d’effectifs, en améliorant les procédures de restructuration et en encourageant l’intéressement.
La France se caractérise par des disparités régionales croissantes qui vont au-delà de la fracture persistante entre les régions métropolitaines et les régions ultrapériphériques. Alors que la région de la capitale (l’Île-de-France) affichait un PIB par habitant correspondant à 176 % de la moyenne de l’UE, 23 des 27 régions ont perdu du terrain par rapport à la moyenne de l’UE, avec une croissance faible ou négative pour la période 2010-2020 (voir annexe 17).
La baisse du PIB par habitant a été particulièrement marquée en 2019 et 2020. En conséquence, seules deux régions françaises affichaient un PIB par habitant supérieur à la moyenne de l’UE en 2021. Ces disparités pourraient s’expliquer par des variations de la productivité de la main-d’œuvre ainsi que par des différences considérables en ce qui concerne les performances régionales en matière d’innovation (dans les régions essentiellement rurales, désindustrialisées et ultrapériphériques) et le niveau d’instruction.
La fracture entre les zones urbaines et les zones rurales en matière de dynamisme économique et de perspectives de croissance à long terme est devenue une question d’intérêt public. Il est essentiel de remédier aux déséquilibres régionaux afin d’assurer la réussite des stratégies sectorielles et d’améliorer les perspectives de croissance à long terme de la France.
| Encadré 1 | Mesures prises par la France dans le domaine de l’énergie La France a adopté diverses mesures de soutien visant à atténuer l’incidence de l’inflation des prix de l’énergie sur les ménages et les entreprises. Pour 2023, le coût budgétaire brut de ces mesures devrait, selon les prévisions du printemps 2023 de la Commission, s’élever à 1,5 % du PIB(). La plupart des mesures ne préservent pas le signal de prix et ne ciblent pas les personnes les plus vulnérables, qui, proportionnellement, sont les plus touchées. La plupart de ces mesures sont temporaires et doivent expirer au plus tard en janvier 2024. La mesure la plus représentative est le plafonnement des prix réglementés du gaz et de l’électricité, qui profite à l’ensemble des ménages. Pour l’électricité, l’augmentation a été limitée à 4 % en 2022 et à 15 % jusqu’en janvier 2024. En 2022, le prix réglementé du gaz a été gelé au niveau de celui d’octobre 2021 et, en 2023, son augmentation a été limitée à 15 %. Parmi les autres mesures importantes figurent l’instauration, en 2022, d’une remise générale subventionnée sur les carburants liquides vendus au détail, remplacée en 2023 par un chèque carburant pour les ménages à faible revenu, des subventions aux entreprises, et notamment aux plus petites, en vue de réduire leurs factures d’énergie et des transferts directs aux ménages à faible revenu. Parmi les autres mesures permanentes, visant plus largement à compenser les effets de l’inflation, citons l’indexation anticipée des retraites et des prestations sociales, l’indexation des salaires du secteur public et la suppression de la taxe sur l’audiovisuel. En vertu du règlement (UE) 2022/1854 du Conseil, la France applique la contribution de solidarité de l’UE () ainsi que le mécanisme de plafonnement des recettes issues du marché pour la production d’électricité à partir de technologies inframarginales. Le coût budgétaire des mesures de soutien a également été partiellement compensé par les économies découlant des charges de service public de l’énergie liées à la production d’énergies renouvelables. |
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Le plan pour la reprise et la résilience (PRR) de la France vise à accélérer les transitions écologique et numérique, à accroître le potentiel de croissance et à renforcer la cohésion. Il comprend 22 réformes et 70 investissements qui seront soutenus par 39,4 milliards d’EUR de subventions (1,6 % du PIB). La première demande de paiement soumise en novembre 2021 a donné lieu au versement de 7,4 milliards d’EUR (voir annexe 3).
La mise en œuvre du plan pour la reprise et la résilience de la France est en cours. La France a présenté une demande de paiement correspondant à 38 jalons et cibles du plan et donnant lieu à un décaissement global de 7 400 000 EUR. Ils couvrent des réformes dans les domaines des finances publiques, du changement climatique, du logement, de la mobilité, du marché du travail, des compétences et de la santé. Plusieurs cibles concernent des investissements importants dans les domaines de la rénovation énergétique des bâtiments, de la décarbonation de l’industrie, des véhicules propres, de la recherche, de l’emploi des jeunes et de l’éducation. En avril 2023, la France a présenté une révision de son plan, y compris un chapitre REPowerEU. La demande de la France de modifier son plan est fondée sur la nécessité de tenir compte de la forte inflation enregistrée en 2022, des perturbations de la chaîne d’approvisionnement et de la révision à la baisse de son allocation maximale au titre du FRR. L’inclusion du nouveau chapitre REPowerEU dans le plan pour la reprise et la résilience permettra de financer des réformes et des investissements supplémentaires à l’appui des objectifs stratégiques de la France dans le domaine de l’énergie et de la transition écologique.
L’examen subséquent et plus détaillé des mesures mises en œuvre au titre du PRR ne suppose en aucun cas l’approbation ou le rejet formel par la Commission des demandes de paiement.
Le PRR de la France a joué un rôle clé dans l’accélération de la rénovation énergétique des bâtiments sur la période 2021-2022. Fin 2022, la plupart des projets de rénovation énergétique des bâtiments avaient été sélectionnés et les travaux avaient commencé, ce qui représente un investissement de 5,8 milliards d’EUR (portant tout particulièrement sur les bâtiments publics). Les marchés publics pour les travaux de rénovation visant à améliorer l’isolation des bâtiments ont eu un puissant effet de levier sur le secteur (perfectionnement professionnel et amélioration des solutions techniques). Le déploiement rapide du dispositif d’aide «MaPrimeRénov’» a permis d’accompagner plus de 700 000 ménages dans leurs travaux de rénovation énergétique et des travaux de rénovation ont débuté dans 40 000 logements sociaux, avec un taux d’économie d’énergie minimum de 30 %. Cet investissement est soutenu par des réformes majeures telles que la loi climat et résilience adoptée en août 2021, qui légifère contre les deux catégories de logements les plus énergivores en France (les passoires thermiques) en interdisant progressivement leur mise en location. La révision de la réglementation relative à l’isolation des bâtiments neufs (RE2020) devrait contribuer à réduire l’intensité énergétique du secteur du bâtiment.
Des investissements en faveur de l’efficacité énergétique et des processus de décarbonation dans le secteur industriel sont en cours. Ils devraient permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 5 millions de tonnes équivalent CO2 au cours des vingt prochaines années. Bien que la France ait pris du retard en ce qui concerne les objectifs en matière d’énergies renouvelables pour 2020 — les énergies renouvelables ne représentant que 19,1 % de sa consommation finale brute d’énergie, bien en deçà de l’objectif de 23 % —, le PRR initial n’a pas prévu d’investissements en vue de développer de nouvelles capacités de production d’électricité renouvelable.
Toutefois, le PRR prévoit des investissements dans les énergies renouvelables en ce qui concerne les systèmes de chauffage, avec des rénovations des bâtiments soutenues par le dispositif «MaPrimeRénov’», qui comprennent le déploiement de pompes à chaleur et de chaudières à biomasse, ainsi qu’une aide partielle et indirecte aux énergies renouvelables dans le cadre de mesures soutenant la décarbonation de l’industrie.
Le PRR prévoit des investissements importants dans les transports durables. L’une des mesures les plus importantes du PRR finance la reconstruction et la modernisation du réseau ferroviaire, en particulier des chemins de fer locaux et des lignes de fret. L’électrification des véhicules a été accélérée par un soutien financier pour l’achat de véhicules propres.
Des réformes de la gestion des finances publiques et de la qualité des dépenses publiques ont commencé à être mises en œuvre en 2022. Le PRR comprend des mesures visant à soutenir l’assainissement des finances publiques à moyen et long terme. La réforme la plus importante est l’entrée en vigueur, à partir de 2022, d’une loi organique relative à la modernisation de la gestion des finances publiques. La loi introduit une règle de dépense pluriannuelle applicable à l’ensemble des dépenses publiques, visant à renforcer la dimension pluriannuelle des décisions budgétaires. Cette dimension est encore renforcée par l’extension des attributions du conseil budgétaire national, le Haut Conseil des finances publiques, pour évaluer la cohérence des principaux objectifs budgétaires annuels avec ces nouveaux objectifs de dépenses pluriannuels, ainsi que le réalisme des prévisions de recettes et de dépenses dans les lois de finances annuelles.
À cet égard, la France devrait adopter une loi de programmation pluriannuelle pour la période 2023-2027. Cette loi devrait fixer les objectifs pluriannuels qui devraient sous-tendre la stabilisation du taux d’endettement, puis sa réduction. In fine, la contribution de cette réforme à la réduction de la dette publique dépendra essentiellement de la rigueur des objectifs de dépenses pluriannuels et de leur respect futur. En outre, les bases d’un nouveau cadre de revue des dépenses ont été adoptées, dans le contexte de la loi de finances 2023. À partir de 2023, les dépenses publiques devraient faire l’objet d’évaluations régulières dont les lois de finances devraient tenir compte afin qu’elles se traduisent par une baisse des dépenses et par des gains d’efficacité.
Le PRR soutient également la transition numérique. La numérisation de la santé est une priorité, notamment le soutien à la numérisation des dossiers médicaux, à l’interopérabilité, à l’échange sécurisé de données et à la formation des professionnels de santé. Le plan français prévoit des investissements dans la recherche et le déploiement de technologies numériques clés. Des mesures visant à soutenir le développement des compétences numériques des élèves et des étudiants sont également en cours et devraient, par exemple, dans l’enseignement supérieur, permettre à 1,4 million d’étudiants de bénéficier de programmes de formation numérique d’ici à la fin de l’année 2024.
Une part importante (environ 7,6 milliards d’EUR) du plan soutient des mesures dans les domaines de l’emploi, de l’éducation et des compétences, en mettant l’accent sur la jeunesse. Cela devrait contribuer à la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux. Des mesures générales soutiennent le perfectionnement et la reconversion professionnels des travailleurs, en mettant particulièrement l’accent sur les compétences numériques. Près de 5,5 milliards d’EUR sont consacrés à l’aide aux jeunes, notamment par l’intermédiaire de l’initiative «1 jeune, 1 solution». L’emploi des jeunes a augmenté de 5 points de pourcentage entre le 3e trimestre 2019 et le 3e trimestre 2022, la moitié de cette augmentation étant due au nombre d’apprentis qui a plus que doublé au cours de cette période. Une étude récente () indique que si l’aide à l’embauche des jeunes de moins de 26 ans a eu une incidence quantitative nette limitée, elle a favorisé l’embauche des jeunes en CDI ou en CDD de plus longue durée. Le PRR a également contribué à l’intensification des mesures d’orientation et d’intégration sur le marché du travail.
| Encadré 2 | | Principaux résultats attendus du plan pour la reprise et la résilience pour la période 2023-2024 | ·Allocation de 700 000 subventions «MaPrimeRénov’» aux ménages pour l’amélioration de l’isolation de leur logement ·Rénovation énergétique de 20 millions de mètres carrés de bâtiments publics ·Entrée en vigueur de la loi climat et résilience ·Financement de 700 projets axés sur la restauration de l’environnement et la préservation de la biodiversité dans des zones protégées ·Mise en œuvre du nouveau cadre de revue des dépenses de la France ·Entrée en vigueur d’une nouvelle loi de programmation des finances publiques ·45 000 nouvelles salles de classe équipées de ressources numériques ·40 millions de patients disposant d’un dossier médical national électronique ·Rénovation de 500 km de lignes ferroviaires locales et de 150 km de lignes de fret ·Ouverture au public de 1 500 bornes de recharge électrique ·Entrée en vigueur des décrets d’application de la loi de programmation sur la recherche |
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Les défis cités dans son PRR ne sont pas les seuls que la France doive relever. Le système éducatif peine à produire de bons résultats et à lutter contre les inégalités, car l’origine socio-économique des élèves reste un facteur déterminant de leurs résultats scolaires.
La France accuse du retard en ce qui concerne la production d’énergies renouvelables et pourrait améliorer ses performances en matière d’efficacité énergétique, notamment en encourageant la rénovation énergétique approfondie des bâtiments. Pour répondre à ces deux enjeux, il serait nécessaire d’investir dans les compétences vertes de la main-d’œuvre. La France gagnerait à infléchir sa dette publique à la baisse, notamment par la mise en œuvre effective à moyen terme des réformes budgétaires prévues dans le plan pour la reprise et la résilience. Enfin, plusieurs faiblesses structurelles freinent toujours la compétitivité des entreprises françaises.
Relever ces défis permettra également de progresser davantage dans la réalisation des ODD pour lesquels la France peut encore s’améliorer, à savoir les objectifs «Villes et communautés durables» (ODD 11) et «Pas de pauvreté» (ODD 1).
Une trajectoire budgétaire pluriannuelle efficace pour juguler la dette publique
En France, le niveau élevé des déficits et de la dette publics continue de poser d’importants problèmes de soutenabilité à moyen terme. Après les sommets historiques atteints en 2020, à la suite de la crise de la COVID‑19, le déficit public est resté élevé et la dette publique est tombée à 111,6 % du PIB en 2022; selon les prévisions du printemps 2023 de la Commission, celle-ci devrait encore diminuer, pour atteindre 109,5 % en 2024, ce qui reste nettement supérieur aux niveaux d’avant la pandémie. Cette situation s’explique en grande partie par le niveau élevé des dépenses publiques, encore accru par les mesures budgétaires mises en œuvre pour contrer les effets des hausses récentes des prix de l’énergie.
En 2022, les dépenses publiques de la France, qui représentaient 58,1 % du PIB, sont restées les plus élevées de l’Union, leur niveau étant nettement supérieur à la moyenne de l’Union (49,8 % du PIB). Or, selon les prévisions du printemps 2023 de la Commission, cette tendance devrait se poursuivre en 2023 et en 2024. Les problèmes de soutenabilité de la dette publique sont toujours jugés importants à moyen terme, les projections indiquant que celle-ci devrait de nouveau augmenter, même si la baisse prévue des dépenses liées au vieillissement de la population contribue à atténuer ces problèmes à long terme (voir annexe 21).
Les réformes budgétaires adoptées au titre du PRR français constituent une voie prometteuse pour la maîtrise des dépenses publiques et, à terme, la réduction de la dette publique. La pierre angulaire de cet effort est la fixation d’un plafond de dépenses pluriannuel strict, à compter de l’adoption de la loi de programmation pluriannuelle des finances publiques pour la période 2023-2027.
Le cadre de revue des dépenses récemment adopté devrait favoriser le respect de la trajectoire budgétaire pluriannuelle en répertoriant dûment les économies potentielles. En outre, il devrait être d’une importance déterminante pour accroître l’efficacité des dépenses publiques et canaliser les ressources vers les domaines d’action prioritaires, tels que les investissements favorables à la croissance, les transitions écologique et numérique et la résilience sociale et économique.
En fin de compte, ces réformes devraient contribuer à renforcer le potentiel de croissance de la France et à atténuer les problèmes de soutenabilité de la dette publique. À cet égard, il importe au plus haut point que le nouveau cadre de revue des dépenses produise de meilleurs résultats que les tentatives passées, qui étaient soit limitées, soit éphémères, soit difficiles à quantifier. De même, le respect des objectifs budgétaires pluriannuels devrait être assuré, compte tenu des résultats obtenus par le passé.
La nouvelle réforme des retraites devrait avoir une incidence positive sur la viabilité du système de retraite. Présentée en janvier 2023, cette réforme diffère fortement de celle envisagée durant le précédent mandat présidentiel, qui visait à unifier largement les régimes de retraite et qui a finalement été abandonnée en 2020. L’objectif principal de la nouvelle réforme est avant tout d’assurer l’équilibre du système à l’horizon 2030 (). Ses principaux éléments sont le relèvement progressif de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans, l’accélération d’une réforme antérieure allongeant la durée de cotisation requise et la suppression de certains des principaux régimes spéciaux de retraite ().
En augmentant le taux d’activité des travailleurs âgés, la réforme pourrait avoir un effet positif sur la croissance potentielle à moyen terme. Des mesures ciblées visant à aider les seniors à s’intégrer au marché du travail pourraient y contribuer.
Malgré l’incidence positive envisagée sur sa viabilité, ainsi que des progrès dans la convergence des régimes de retraite, le système de retraite en France reste complexe et la multiplicité des régimes demeure un obstacle à la mobilité de la main-d’œuvre (). Les effets distributifs de la réforme doivent faire l’objet d’un suivi attentif et une analyse plus détaillée de ses effets sociaux est nécessaire.
Libérer la croissance de la productivité pour stimuler la compétitivité
Dans les années qui ont précédé la crise de la COVID‑19, les résultats de la France en matière de commerce se sont quelque peu améliorés, après une longue période de détérioration. La France a connu une contraction significative et continue de ses parts de marché à l’exportation au cours de la période 2002-2012, mais celles-ci se sont stabilisées au cours de la période 2013-2019, parallèlement à une amélioration de la compétitivité des coûts. En particulier, la croissance du coût salarial unitaire a été modérée au cours des quelques années qui ont précédé la crise de la COVID-19, alors que d’importantes réductions de cotisations sociales ont été adoptées [crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) et pacte de responsabilité]. Les coûts salariaux unitaires ont enregistré une hausse modérée, de 2,0 %, entre 2013 et 2019 (contre 5,7 % dans la zone euro).
Malgré la hausse des salaires en 2022, l’augmentation des coûts salariaux unitaires était comparable à celle de l’UE et de la zone euro. Les coûts salariaux unitaires ont augmenté de 5,3 % en France en 2020 et 2021, contre 4,6 % dans la zone euro. Toutefois, ces chiffres sont difficiles à interpréter. Le déploiement massif des dispositifs de chômage partiel, reflétant la rétention de main-d’œuvre, a conduit à des interprétations erronées de la productivité.
L’évolution récente de la productivité de la main-d’œuvre en France semble positive par rapport à celle de la zone euro et de l’UE, mais des faiblesses structurelles subsistent. La croissance de la productivité de la main d’œuvre en France a rattrapé la moyenne de la zone euro et de l’UE avant la crise de la COVID‑19. Bien que la croissance de la productivité ait été récemment freinée par la rétention de main-d’œuvre, qui persiste, la productivité de la main-d’œuvre, mesurée en emplois équivalents temps plein, devrait progresser, à un rythme comparable aux moyennes de la zone euro et de l’UE à moyen terme. Cependant, des faiblesses structurelles subsistent, notamment l’amplification des pénuries et inadéquations de compétences, la stagnation de l’intensité des dépenses de R&D des entreprises et la numérisation insuffisante des petites entreprises. En outre, des réglementations restrictives en ce qui concerne les professions réglementées et le commerce de détail ont pesé sur la concurrence et le dynamisme des entreprises, risquant d’entraîner une hausse des prix, une baisse de l’innovation et une réduction des gains de productivité. Dans le secteur du commerce de détail, la France a adopté depuis 2019 des restrictions strictes en matière de fonctionnement et d’établissement (voir annexe 12).
L’intensité des dépenses de R&D des entreprises stagne et les performances de la France en matière d’innovation ne reflètent pas le niveau élevé des aides publiques en faveur de l’innovation des entreprises. Le niveau élevé des aides publiques en faveur de l’innovation des entreprises (le plus élevé de l’UE en pourcentage du PIB, reposant principalement sur le dispositif du crédit impôt recherche) n’a pas eu d’effet tangible sur les résultats de l’innovation, tels que mesurés par exemple par les brevets (voir annexe 11).
Au cours de l’année 2020, l’activité des entreprises françaises en matière d’innovation a été nettement inférieure à celle de l’UE: moins de 30 % des entreprises françaises ont innové en 2020, contre 36 % dans l’UE. Toutefois, le PRR français et la stratégie à plus long terme «France 2030» pourraient stimuler l’innovation dans les années à venir, car ils consacrent des investissements importants à la recherche, au développement et à l’innovation, en ciblant des secteurs stratégiques tels que l’hydrogène, la décarbonation de l’industrie et les technologies numériques avancées.
Les taux de diffusion et d’adoption des technologies numériques dans les entreprises françaises sont relativement faibles. Alors que le PRR français prévoit un financement supplémentaire en faveur de l’action de numérisation des entreprises «France Num», l’intensité numérique des petites entreprises françaises (47 %) reste inférieure à la moyenne de l’UE (55 %). Seules 12 % des petites entreprises vendent leurs produits en ligne (moyenne de l’UE: 18 %). En ce qui concerne les compétences numériques, la France est confrontée à une grave pénurie de spécialistes en technologies de l’information et de la communication (TIC) (voir annexe 10).
La maîtrise des coûts de production et l’instauration d’un environnement favorable aux entreprises sont des éléments clés de l’investissement et de la compétitivité des entreprises. En France, les entreprises doivent faire face à des prélèvements obligatoires élevés. Toutefois, la récente réduction du taux de l’impôt sur les sociétés et des impôts sur la production pourrait contribuer à préserver ou à stimuler l’activité industrielle. Depuis 2022, comme dans d’autres pays de l’UE, les pénuries de main-d’œuvre et les inadéquations de compétences, les coûts de l’énergie et l’incertitude générale quant à l’avenir ont pesé sur l’investissement des entreprises, même s’il a mieux résisté que prévu. Si les petites entreprises conservent un accès satisfaisant au financement, elles pâtissent de l’augmentation des retards de paiement des secteurs public et privé. Le taux d’intégration des entreprises françaises au marché unique est le plus faible de l’UE (). Une intégration plus poussée pourrait les aider à se développer et à stimuler les gains de productivité.
De vastes programmes d’investissement soutenant la transition de l’industrie vers le zéro émission nette pourraient renforcer la compétitivité. Grâce au plan français pour la reprise et la résilience et à la stratégie à long terme «France 2030», les entreprises bénéficient d’aides financières significatives en faveur de leur transition écologique et de la croissance des technologies pour les énergies propres. En effet, la France dispose d’une base manufacturière solide dans le domaine des technologies et des composants sobres en carbone, notamment l’hydrogène et le nucléaire, et qui devrait s’étendre à d’autres technologies de production décarbonée, y compris les nouveaux parcs éoliens en mer.
La France représente près de 11 % du total des investissements en capital-risque de l’UE dans les jeunes entreprises et les entreprises en expansion du domaine des technologies liées au climat. La France souffre également moins que le reste de l’UE des pénuries de compétences dans le domaine de la production de technologies pour les énergies propres. Toutefois, malgré l’importance des aides publiques, seules 29 % des petites entreprises françaises ont investi plus de 1 % de leur chiffre d’affaires pour devenir efficaces dans l’utilisation des ressources (moyenne de l’UE: 40 %)
Les investissements dans la fabrication de technologies propres sont toutefois entravés par la longueur des procédures d’autorisation. Il faut en moyenne 17 mois pour obtenir un permis de construire, recevoir une autorisation environnementale et mener à bien la procédure d’enquête publique pour un projet industriel (). La procédure comporte des goulets d’étranglement, car le maître d’ouvrage doit attendre les réponses de différents organes (tribunal administratif, avis de l’autorité environnementale, rapport de l’enquêteur public). En outre, une consultation publique doit être organisée pour les grands projets industriels. Ce processus peut prendre au moins 6 mois, durée qui s’ajoute au délai moyen de 17 mois. Les projets d’investissement peuvent également faire l’objet de procédures de recours qui peuvent durer plusieurs années et conduire à l’abandon des projets. Le gouvernement français a annoncé un projet de loi en faveur des industries vertes qui pourrait comprendre des mesures destinées à accélérer l’implantation des usines ().
Lutter contre les inégalités dans l’éducation
Malgré des dépenses publiques en matière d’éducation supérieures à la moyenne de l’OCDE, le système éducatif français se caractérise par une proportion importante d’élèves peu performants et par de fortes inégalités. La proportion d’élèves ne maîtrisant pas les compétences de base reste élevée, en particulier en mathématiques. Les résultats restent fortement liés à l’origine socio-économique. Toutefois, la pandémie de COVID‑19 n’a pas aggravé de manière significative les inégalités socio-économiques existantes, car les mesures prises pour aider les élèves les plus défavorisés ont porté leurs fruits, plus en français qu’en mathématiques cependant. Ces inégalités pèsent sur le potentiel de perfectionnement et de reconversion professionnels de la main-d’œuvre et engendrent par la suite des problèmes sociaux et des difficultés sur le marché du travail (voir annexe 14).
En France, les dépenses publiques sont plus élevées dans l’enseignement secondaire et plus faibles dans l’enseignement primaire et supérieur par rapport à la moyenne de l’UE, alors que l’OCDE recommande d’orienter en priorité les dépenses d’éducation vers les plus jeunes afin de mieux lutter contre les inégalités et le décrochage scolaire ().
Les mesures de réforme adoptées en 2017 en vue de dédoubler les classes de CP et de CE1 dans les écoles primaires publiques défavorisées ont contribué à rapprocher le nombre d’élèves par classe de la moyenne de l’OCDE. S’il est trop tôt pour évaluer les effets à long terme de cette réforme sur les résultats d’apprentissage de près de 300 000 élèves, un rapport récent du Sénat () fait état de résultats encourageants en mathématiques, mais plus mitigés en français. Il salue aussi le soutien accru apporté aux enseignants, qui ont bénéficié d’une formation professionnelle pour la mise en œuvre de cette politique, mais prône des efforts plus soutenus en vue d’aider les enseignants à élaborer de nouvelles pratiques pédagogiques. De plus, cette mesure exclut de nombreux élèves défavorisés sur le plan socio-économique, car ils ne sont pas scolarisés dans des zones prioritaires (REP, REP+).
Les résultats insuffisants en mathématiques et les fortes inégalités restent une source d’inquiétude particulière, car ils ont une incidence sur la croissance potentielle. D’après des enquêtes nationales et internationales, les performances moyennes en mathématiques n’ont cessé de diminuer au cours des trente dernières années pour toutes les catégories d’élèves, et en particulier pour celle des élèves défavorisés. Selon des chercheurs du Conseil d’analyse économique (), en France, la productivité de la main-d’œuvre pourrait augmenter sensiblement si les performances en mathématiques s’amélioraient (voir annexe 15).
Le pourcentage d’élèves décrocheurs s’élevait à 7,6 % en 2022, poursuivant la tendance à la baisse observée au cours de la dernière décennie, mais des disparités existent. Le décrochage scolaire est plus fréquent chez les jeunes dont les parents ont un faible niveau d’éducation et chez ceux qui ne sont pas nés en France. Par rapport à la moyenne nationale, les garçons et les élèves vivant dans les zones rurales et dans les régions ultrapériphériques accusent également du retard. L’intégration des élèves handicapés, même si elle progresse, reste problématique, principalement en raison de la pénurie d’auxiliaires spécialisés et du manque d’accessibilité (voir annexe 15).
Les difficultés de recrutement des enseignants et leurs conditions de travail restent des problèmes majeurs. La Cour des comptes a récemment alerté sur les difficultés croissantes en matière de recrutement des enseignants (), en particulier dans certaines régions et disciplines. Des enseignants auxiliaires sont recrutés pour occuper les postes vacants, mais ils n’ont souvent pas le même niveau de qualification et d’expérience pratique que les enseignants titularisés.
En 2022, le Conseil de l’UE a recommandé à la France d’améliorer les conditions de travail et la formation continue des enseignants. Face à cette demande, le gouvernement français a revalorisé les salaires des enseignants en 2023 et ouvert de nouveaux centres de formation professionnelle en 2022 (voir annexe 15). En outre, si les rapports de l’OCDE indiquent que l’octroi d’un degré élevé d’autonomie aux établissements scolaires peut avoir une incidence positive sur les résultats des élèves (lorsqu’il est associé à une obligation de rendre compte), la Cour des comptes avertit que, dans la pratique, les chefs d’établissement disposent d’une marge de manœuvre limitée pour s’adapter aux besoins des élèves et aux situations locales ().
Énergie: concentrer les efforts sur les énergies renouvelables, la rénovation en profondeur et les compétences vertes
La France n’a pas atteint son objectif en matière d’énergies renouvelables pour 2020 en ce qui concerne la consommation finale brute d’énergie et pourrait avoir du mal à atteindre le nouvel objectif pour 2030. La France accuse du retard dans le déploiement des énergies renouvelables, notamment pour la production d’électricité et le chauffage. Les retards concernant la délivrance des autorisations, pour toutes les technologies (technologies éoliennes terrestres et en mer et technologies solaires), sont liés à un manque de soutien politique en faveur des projets, à une planification inadéquate et à des procédures d’autorisation longues et complexes, ainsi qu’à l’acceptation par le public et à des recours juridiques, qui créent un climat d’incertitude pour les investisseurs et les promoteurs.
Adoptée récemment, la loi relative à l’accélération de la production des énergies renouvelables reconnaît la nécessité de développer considérablement la production de chaleur et de gaz à partir de sources renouvelables et d’accroître l’électrification. Cette nouvelle loi favorise un déploiement plus rapide des projets d’énergies renouvelables qui pourrait placer la France sur une trajectoire lui permettant d’atteindre les objectifs pour 2030. Il est donc essentiel d’adopter rapidement des actes d’exécution (par exemple, sur la base d’un intérêt public supérieur, de l’agrivoltaïsme, de réductions tarifaires, etc.), ainsi qu’une nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie qui reflète le niveau d’ambition politique de la nouvelle loi et l’équilibre approprié entre les sources d’énergie.
En outre, le renforcement des capacités humaines et techniques, tant au niveau de l’État (administration centrale et services décentralisés) que des autorités régionales et locales, sera essentiel pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables sur le terrain.
La France est confrontée à l’augmentation des températures et du niveau de la mer, ainsi qu’à la multiplication des vagues de chaleur, des sécheresses et des feux de forêt. Les deux tiers de la population sont exposés au changement climatique et on prévoit qu’il manquera deux milliards de mètres cubes d’eau à l’horizon 2050 (voir annexe 6). La France est confrontée à un problème de pénurie d’eau de plus en plus grave, exacerbé par des périodes de sécheresse répétées (). Cela remet en cause la répartition équitable et durable des ressources rares pour la biodiversité, l’agriculture, la production d’énergie et l’approvisionnement en eau potable. L’atténuation des risques liés à l’eau nécessite de meilleures synergies entre les administrations nationales et locales et les organismes de gestion des bassins hydrographiques ().
Depuis 2000, les pertes de production nucléaire dues aux températures élevées et aux faibles débits des cours d’eau représentent en moyenne 0,3 % de la production annuelle, ce qui a une influence notable sur la sécurité de l’approvisionnement en électricité. La sécurité de l’approvisionnement souffre également de la disponibilité réduite de la production hydroélectrique, en raison des sécheresses, tandis que les longues périodes de sécheresse aiguë devraient devenir plus fréquentes, même si elles alterneront avec des inondations. Un déploiement rapide des énergies renouvelables contribuerait à la sécurité énergétique de la France.
L’efficacité énergétique peut contribuer à réduire les émissions et la dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles. Le plan français pour la reprise et la résilience prévoit des projets importants de rénovation des bâtiments, tant pour les logements sociaux et individuels que pour les bâtiments publics et les petites entreprises. L’accent mis sur la rénovation des bâtiments du secteur public a un effet d’entraînement sur l’ensemble du secteur de la rénovation (amélioration des processus techniques, promotion de solutions industrielles et novatrices). Face à cet enjeu, il y a lieu de maintenir les efforts, au-delà du plan pour la reprise et la résilience, en particulier pour les autorités régionales et locales, qui devraient tirer parti de tous les instruments budgétaires et d’ingénierie financière disponibles, tels que le financement par des tiers.
En ce qui concerne la rénovation des bâtiments résidentiels, la plupart des projets bénéficiant de «MaPrimeRénov’» ont privilégié des travaux comportant une seule étape et donnant lieu à des rénovations légères, alors que les rénovations en profondeur pourraient réduire la consommation d’énergie de manière significative. Au premier semestre 2022, seuls 27 % des travaux comportaient au moins deux étapes de rénovation et seuls 5 % étaient des rénovations globales (). Les investissements publics et privés dans la rénovation des bâtiments devraient mettre un accent particulier sur les ménages à faibles revenus () et sur le parc immobilier présentant la plus mauvaise performance énergétique, afin d’éradiquer les 5,2 millions de logements les plus énergivores (logements classés F et G) à l’horizon 2030.
La loi climat et résilience de 2021 a introduit certaines mesures qui devraient inciter à la rénovation en profondeur des bâtiments, notamment l’interdiction de la mise en location des logements ayant un certificat de performance énergétique de catégorie «G» et consommant plus de 450 kWh/m²/an à partir de 2023. Cette mesure sera étendue aux autres logements de catégorie «G» en 2025, «F» à partir de 2028 et «E» à partir de 2034.
Plusieurs autres pistes pourraient être explorées, comme le renforcement du dispositif «MaPrimeRénov’ Sérénité» et la réduction du reste à charge pour les ménages les plus modestes, ainsi que le développement de services d’accompagnement (comme «Mon Accompagnateur Rénov’»). En outre, les synergies entre les dispositifs d’aide à la rénovation énergétique et les aides en faveur de l’autoconsommation d’énergie et des communautés énergétiques (dont le potentiel reste largement inexploité) pourraient également contribuer à atténuer les conséquences de la crise énergétique et à améliorer l’efficacité des rénovations.
En France, dans le contexte de la transition écologique, les pénuries de main-d’œuvre dans des secteurs clés se sont aggravées ces dernières années, également en raison d’un manque de compétences appropriées. Cette situation a créé des goulets d’étranglement dans la transition vers une économie à zéro émission nette. En 2022, des pénuries de main-d’œuvre ont été signalées en France pour 54 professions nécessitant des compétences ou des connaissances spécifiques pour la transition écologique, notamment des techniciens en génie civil, des opérateurs de centrales électriques et des ingénieurs (). Le taux de vacance d’emploi a augmenté dans des secteurs clés tels que la construction (de 0,4 % en 2015 à 2 % en 2021) et l’industrie manufacturière (de 0,6 % en 2015 à 1,7 % en 2021), ces deux secteurs se situant en dessous de la moyenne de l’UE qui, en 2021, s’établit à 3,6 % et 1,9 %, respectivement (). En 2022, il a été signalé que les pénuries de main-d’œuvre constituaient un facteur limitant la production dans l’industrie (pour 19,3 % des entreprises) et la construction (pour 45,3 % des entreprises) (). Le perfectionnement et la reconversion professionnels pour la transition écologique, y compris pour les personnes les plus touchées, et la promotion de marchés du travail inclusifs constituent des leviers politiques essentiels pour accélérer la transition vers le zéro émission nette et garantir l’équité de cette mesure (voir annexe 8).
Le soutien budgétaire en faveur des combustibles fossiles réduit les ressources publiques disponibles pour les investissements dans les énergies renouvelables et dissuade les consommateurs d’adopter d’autres solutions, notamment en matière de transports. En 2020, la France a consacré environ 11 milliards d’EUR de subventions en faveur des combustibles fossiles (le deuxième montant le plus élevé de l’UE), chiffre qui a augmenté de manière significative entre 2015 et 2020 (). Cette contribution représentait environ 20 % du montant total des subventions en faveur des combustibles fossiles accordées cette année-là dans l’UE.
Le soutien des pouvoirs publics en faveur des combustibles fossiles était principalement destiné aux bénéficiaires finaux, généralement par l’intermédiaire de dépenses fiscales telles que le remboursement des droits d’accise pour le gazole utilisé dans le transport routier de marchandises (). En ce qui concerne les mesures d’urgence visant à lutter contre la hausse des prix de l’énergie, la France a mis en place des mesures de soutien destinées aux ménages et aux entreprises, conformément aux recommandations. Néanmoins, ces mesures n’ont pas été suffisamment ciblées sur les ménages ou les entreprises qui en avaient le plus besoin et n’ont pas préservé le signal de prix permettant de réduire la demande d’énergie et d’accroître l’efficacité énergétique. La majeure partie des dépenses correspondait à des remises subventionnées sur les combustibles fossiles et à des compensations pour les fournisseurs de gaz, afin de limiter les prix du gaz (boucliers tarifaires).
Le plan pour la reprise et la résilience de la France comprend des mesures visant à relever une série de défis structurels par les actions suivantes:
·des investissements importants dans la transition écologique (rénovation des bâtiments, transports propres, décarbonation de l’industrie, hydrogène, etc.);
·le soutien de la reprise du marché du travail, en mettant l’accent sur les jeunes;
·la promotion de réformes relatives aux finances publiques;
·la numérisation de l’administration, de l’éducation (notamment l’amélioration des compétences numériques), du système de santé et le déploiement de la fibre optique;
·l’orientation de la recherche vers les transitions numérique et écologique.
La France devrait poursuivre la mise en œuvre régulière de son plan pour la reprise et la résilience et achever rapidement l’addendum, notamment le chapitre REPowerEU, en vue de commencer à le mettre en œuvre sans tarder.
Au-delà des réformes et des investissements au titre du PRR, la France bénéficierait des actions suivantes:
·assurer un contrôle efficace des dépenses primaires courantes afin d’inscrire la dette publique dans une tendance durable à la baisse;
·améliorer les résultats d’apprentissage et lutter contre les inégalités dans l’éducation, accroître la part des personnes maîtrisant les compétences de base, fournir des possibilités supplémentaires d'apprentissage en entreprise;
·améliorer sa compétitivité en s’attaquant aux faiblesses structurelles, telles que les pénuries de main-d’œuvre qualifiée et les inadéquations de compétences, la stagnation de l’intensité des dépenses de R&D des entreprises et le déficit de numérisation des petites entreprises;
·accélérer la transition de l’industrie française vers le zéro émission nette et instaurer un environnement réglementaire favorable, afin d’accroître les investissements dans la production de technologies propres, notamment en simplifiant et en accélérant la délivrance d’autorisations pour les projets de production de produits «zéro net»;
·accélérer le déploiement des énergies renouvelables et des technologies de stockage correspondantes, notamment en s’attaquant aux goulets d’étranglement liés à la délivrance d’autorisations; une augmentation de la part des énergies renouvelables atténuerait l’incidence des sécheresses et des vagues de chaleur sur la production hydroélectrique et nucléaire;
·promouvoir la rénovation complète des bâtiments et la décarbonation du chauffage, en mettant un accent particulier sur les ménages à faibles revenus et sur le parc immobilier dont la performance énergétique est la plus mauvaise;
·assurer une formation adéquate, afin de doter la main-d’œuvre des compétences nécessaires à la transition écologique.
Indicateurs transversaux
A1. Objectifs de développement durable
A2. Progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations par pays
A3. Plan pour la reprise et la résilience – vue d’ensemble
A4. Autres instruments de l’UE pour la reprise et la croissance
A5. Résilience
Durabilité environnementale
A6. Pacte vert pour l’Europe
A7. Sécurité énergétique et accessibilité financière de l’énergie
A8. Transition équitable vers la neutralité climatique
Productivité
A9. Productivité, efficacité et circularité des ressources
A10. Transformation numérique
A11. Innovation
A12. Industrie et marché unique
A13. Administration publique
Équité
A14. Défis stratégiques en matière d’emploi, de compétences et de politique sociale à la lumière du socle européen des droits sociaux
A15. Éducation et formation
A16. Santé et systèmes de santé
A17. Performances économiques et sociales au niveau régional
La stabilité macroéconomique
A18. Principales évolutions dans le secteur financier
A19. Fiscalité
A20. Indicateurs économiques et financiers
A21. Analyse de la soutenabilité de la dette
A22. Matrice d’évaluation relative à la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques
LISTE DES Tableaux
A2.1.Tableau de synthèse des recommandations par pays 2019-2022
A3.1.Principaux éléments du/des PRR français
A5.1.Indices de résilience résumant la situation pour chacune des dimensions et des domaines du tableau de bord de la résilience
A6.1.Indicateurs mesurant les progrès dans la mise en œuvre du pacte vert pour l’Europe selon une perspective macroéconomique
A7.1.Principaux indicateurs en matière d’énergie
A8.1.Indicateurs clés pour une transition équitable en France
A9.1.Indicateurs globaux et systémiques de circularité
A10.1.Principaux objectifs de la décennie numérique suivis par les indicateurs DESI
A11.1.Principaux indicateurs d’innovation
A12.1.Industrie et marché unique
A13.1.Indicateurs pour l’administration publique
A14.1.Tableau de bord social pour la France
A14.2.Situation de la France en ce qui concerne les objectifs en matière d’emploi, de compétences et de réduction de la pauvreté pour 2030
A15.1.Objectifs au niveau de l’Union et autres indicateurs contextuels au titre du cadre stratégique de l’espace européen de l’éducation
A16.1.Principaux indicateurs de santé
A17.1 Indicateurs sélectionnés au niveau régional – France
A18.1.Indicateurs de solidité financière
A19.1.Indicateurs de la fiscalité
A20.1.Principaux indicateurs économiques et financiers
A21.1.Analyse de la soutenabilité de la dette de la France
A21.2.Carte thermique des risques pesant sur la viabilité budgétaire de la France
A22.1.Matrice d’évaluation relative à la PDM
LISTE DES Graphiques
A1.1.Progrès accomplis dans la réalisation des ODD en France au cours des cinq dernières années
A2.1.Progrès accomplis par la France concernant les recommandations par pays 2019-2022 (Semestre européen 2023)
A3.1.Total des subventions versées au titre de la FRR
A3.2.État de réalisation des jalons et cibles
A3.3.Décaissements par pilier
A4.1.Fonds de la politique de cohésion pour la période 2021-2027 en France: budget par fonds
A4.2.Synergies entre les fonds de la politique de cohésion et les piliers de la FRR en France
A4.3.Contribution des fonds de la politique de cohésion aux ODD au cours des périodes 2014-2020 et 2021-2027 en France
A6.1.Thématique – Émissions de gaz à effet de serre dans les secteurs relevant de la répartition de l’effort, en millions de tonnes équivalent CO2, 2005-2021
A6.2.Thématique – bouquet énergétique (en haut) et bouquet électrique (en bas), 2021
A6.3.Thématique – Besoins en investissements environnementaux et investissements actuels, p.a. 2014-2020
A7.1.Niveaux de stockage en France
A7.2.Part de la consommation de gaz par secteur, 2021
A7.3 Prix de détail de l’énergie en France pour l’industrie (en haut) et les ménages (en bas)
A8.1.Défis de la transition équitable en France
A8.2.Effets distributifs des prix de l’énergie liés à la hausse des dépenses énergétiques (2021-2023)
A9.1.Tendance dans l’utilisation des matériaux
A9.2.Traitement des déchets municipaux
A12.1.Productivité totale des facteurs (2005=100)
A12.2.Environnement des entreprises et facteurs de productivité
A13.1.France. Performances concernant les outils de gouvernance du tableau d’affichage du marché unique
A13.2.France. Indicateurs relatifs à la politique et à la gouvernance réglementaires: association des parties prenantes
A16.1.Espérance de vie à la naissance, en années
A16.2.Augmentation prévue des dépenses publiques de santé sur la période 2019-2070
A17.1.PIB par habitant (2010) et croissance du PIB (2011-2020) – France
A17.2.Productivité de la main-d’œuvre, UE, régions françaises de niveau NUTS 2, 2000-2020
A19.1.Recettes fiscales provenant des différents types d’impôts, en % du total des impôts
A19.2.Écart fiscal pour les célibataires et les personnes apportant un second revenu, en % du coût total de la main-d’œuvre, 2022
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La présente annexe évalue les progrès accomplis par la France dans la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) selon les quatre dimensions de la durabilité compétitive. Les 17 ODD et leurs indicateurs connexes fournissent un cadre stratégique au titre du programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies. L’objectif est de mettre fin à toutes les formes de pauvreté, de combattre les inégalités et de s’attaquer aux changements climatiques et à la crise environnementale, en veillant à ne laisser personne de côté. L’UE et ses États membres se sont engagés à mettre en œuvre cet accord-cadre mondial historique et à jouer un rôle actif pour avancer autant que possible dans l’accomplissement des ODD. Le graphique ci-dessous est fondé sur l’ensemble d’indicateurs ODD de l’Union développés pour suivre les progrès accomplis dans la réalisation des ODD dans l’Union.
| Graphique A1.1: Progrès accomplis dans la réalisation des ODD en France au cours des cinq dernières années |
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| Source: Eurostat, dernière mise à jour début avril 2023, à l’exception des indicateurs de l’enquête sur les forces de travail (EFT) de l’UE publiés le 27 avril 2023. Les données se rapportent principalement aux périodes 2016-2021 ou 2017-2022. |
La France progresse en ce qui concerne cinq indicateurs des ODD (ODD 2, 7, 9, 12, 13) relatifs à la durabilité environnementale, mais enregistre un recul en ce qui concerne quatre autres ODD (ODD 6, 11, 14, 15). Elle doit rattraper la moyenne de l’UE en ce qui concerne l’ODD 11 (Villes et communautés durables). La France a réalisé des progrès considérables en ce qui concerne l’ODD 12 (Consommation et production responsables) et l’ODD 13 (Action pour le climat), notamment en réduisant les émissions moyennes de CO2 par kilomètre des voitures particulières neuves (de 109,8 g en 2016 à 108,6 g en 2021) et en réduisant la production de déchets. Le plan pour la reprise et la résilience (PRR) prévoit des investissements à grande échelle dans la transition écologique, notamment dans l’efficacité énergétique des bâtiments, les transports durables ou l’économie circulaire. Cependant, la France enregistre un recul en ce qui concerne l’ODD 11 relatif aux villes et communautés durables et se situe en dessous de la moyenne de l’UE. Ses résultats sont en baisse en raison de l’augmentation du nombre de personnes en proie à une privation grave de logement (de 2,3 % en 2015 à 3,8 % en 2020), de la population vivant dans des ménages exposés au bruit (de 16,4 % en 2015 à 20,7 % en 2020) et de la population signalant des actes de criminalité, de violence ou de vandalisme dans son quartier (de 14,2 % en 2015 à 17,7 % en 2020). La France enregistre également un recul en ce qui concerne l’ODD 6 relatif à l’eau propre et à l’assainissement, mais reste au-dessus de la moyenne de l’UE. Le PRR prévoit de nouveaux investissements dans les réseaux d’eau, y compris dans les régions ultrapériphériques.
La France progresse en ce qui concerne presque tous les indicateurs des ODD liés à l’équité (ODD 3, 4, 5, 7, 8, 10), mais enregistre un recul en ce qui concerne l’objectif de l’ODD 1 (Pas de pauvreté). Elle obtient de très bons résultats sur cette dimension des ODD. Des progrès ont été enregistrés en ce qui concerne certains indicateurs liés à l’éducation de qualité (ODD 4), notamment la baisse du pourcentage de jeunes ayant quitté prématurément l’éducation et la formation (de 8,8 % de la population âgée de 18 à 24 ans en 2017 à 7,6 % en 2022) ou l’augmentation du niveau de scolarité dans l’enseignement supérieur (de 44,5 % de la population âgée de 25 à 34 ans en 2017 à 50,4 % en 2022). Toutefois, ces indicateurs globaux ne rendent pas compte de certains problèmes spécifiques que rencontre le système éducatif français, tels que l’influence persistante de l’origine socio-économique sur les résultats scolaires et les particularités de certains groupes vulnérables (voir «Autres priorités pour l’avenir»). La France enregistre un recul en ce qui concerne l’ODD 1 (Pas de pauvreté), davantage de personnes étant menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale (de 18,7 % de la population en 2016 à 19,2 % en 2021) ou vivant dans des ménages à très faible intensité de travail (de 7,8 % en 2016 à 10,7 % en 2021).
La France progresse et obtient de bons résultats pour tous les ODD relatifs à la productivité (ODD 4, 8, 9). En ce qui concerne l’ODD 8 (Travail décent et croissance économique), le pays progresse et obtient de bons résultats en matière de taux d’investissement (24,2 % du PIB contre 22,4 % pour l’UE en 2021). Entre 2017 et 2022, la France est parvenue à réduire la part des jeunes ne travaillant pas, ne suivant pas d’études ou de formation (de 13,2 % de la population âgée de 15 à 29 ans à 12,0 %) et à diminuer le taux de chômage de longue durée (de 2,9 % de la population active à 2,0 %). Bien que, globalement, la France accomplisse des progrès dans la réalisation de l’ODD 9 (Industrie, innovation et infrastructures) et se rapproche de la moyenne de l’UE, certains indicateurs d’innovation stagnent, comme les dépenses internes brutes de recherche et de développement (2,22 % du PIB en 2016, 2,21 % en 2021) ou le nombre de demandes de brevets (159 par million d’habitants en 2017, 161 en 2022); voir aussi annexe 11). Le PRR ainsi que le plan d’investissement à long terme «France 2030» prévoient des investissements importants dans la R&D dans des secteurs stratégiques tels que les technologies numériques clés (nuage, informatique quantique, cybersécurité), la transition écologique (hydrogène, aéronautique, décarbonation de l’industrie) et la numérisation de l’administration (y compris la santé en ligne et l’éducation numérique). Toutefois, des problèmes structurels persistent pour améliorer la croissance de la productivité en France (voir «Autres priorités pour l’avenir»).
La France progresse en ce qui concerne les indicateurs ODD relatifs à la stabilité macroéconomique (ODD 8, 16, 17), mais doit encore rattraper son retard par rapport à l’UE. Bien qu’elle ait réalisé des progrès en ce qui concerne l’ODD 16 (Paix, justice et institutions efficaces) et l’ODD 17 (Partenariats pour la réalisation des objectifs), ses résultats sont inférieurs à la moyenne de l’UE. La France dépense moins pour les tribunaux (91,9 EUR par habitant) que la moyenne de l’UE (107,0 EUR) en 2021. La population fait désormais moins confiance au Parlement européen (38 % de la population contre 49 % pour l’UE). La France est également pénalisée par sa gouvernance financière, avec une dette publique s’élevant à 111,6 % du PIB en 2022 (moyenne de l’UE 84,0 %) et une faible part des taxes environnementales dans les recettes fiscales totales (4,8 % en 2021, moyenne de l’UE 5,5 %). Le PRR comporte des réformes de la gouvernance des finances publiques qui devraient améliorer la qualité et l’efficacité des dépenses publiques et permettre de privilégier la croissance et les dépenses respectueuses de l’environnement.
Comme les ODD forment un cadre général, tous les liens avec les ODD pertinents sont expliqués ou représentés par des icônes dans les autres annexes.
| Graphique A2.1: Progrès accomplis par la France concernant les recommandations par pays 2019-2022 (Semestre européen 2023) |
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| Source: Commission européenne |
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| Tableau A2.1: Tableau de synthèse des recommandations par pays 2019-2022 |
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| Table (continued) |
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