COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 24.5.2023
SWD(2023) 616 final
DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION
Rapport par pays 2023 - Luxembourg
accompagnant le document:
Recommandation de RECOMMANDATION DU CONSEIL
concernant le programme de réforme du Luxembourg pour 2023 et portant avis du Conseil sur le programme de stabilité du Luxembourg pour 2023
{COM(2023) 616 final}
Aperçu de la situation en matière d’économie et d’emploi
Vent debout, l’économie luxembourgeoise se maintient sur la vague de la croissance.
L’économie luxembourgeoise s’est rapidement redressée après la crise de la COVID-19, mais elle a été coupée dans son élan par un environnement international moins favorable, entre tensions inflationnistes, réorientation de la politique monétaire et incertitude quant aux retombées économiques de la guerre menée par la Russie en Ukraine. Le PIB réel progressait rapidement avant la crise de la COVID-19, enregistrant une croissance annuelle moyenne de 2,4 % au cours des cinq années précédant 2019. Après un léger ralentissement, de 0,8 %, en 2020, la croissance a redémarré pour atteindre 5,1 % en 2021, à mesure que les mesures restrictives liées à la COVID-19 étaient levées. Toutefois, la persistance des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, dues à la pandémie de COVID-19, a continué de ralentir la croissance et de faire grimper les prix, en particulier ceux de l’énergie et des denrées alimentaires.
Les retombées économiques à l’échelle mondiale de la guerre menée par la Russie en Ukraine ont aggravé l’environnement international, auquel l’économie luxembourgeoise est très sensible. Comme dans d’autres États membres de la zone euro, l’inflation a persisté plus longtemps que prévu, et ce à un niveau élevé. Au premier semestre 2022, la hausse de l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) a atteint son niveau le plus élevé depuis les années 1980, culminant à plus de 10 % en juin avant de diminuer progressivement, grâce au ralentissement de la hausse des prix de l’énergie et des services. Cependant, les tensions inflationnistes se sont étendues aux denrées alimentaires et aux produits industriels non énergétiques. Un des facteurs clés du ralentissement de la croissance économique a été le durcissement de la politique monétaire dans la zone euro, qui a entraîné une chute des investissements, une hausse des remboursements et une baisse de la valeur des actifs dans le secteur des fonds. Toutefois, la situation était différente pour les banques dont l’activité se concentre sur un marché luxembourgeois où la hausse des taux d’intérêt a augmenté leur rentabilité.
En 2022 et en mars 2023, le gouvernement a conclu quatre accords avec les parties prenantes afin de mettre en place des mesures visant à protéger les ménages et les entreprises contre la hausse des prix de l’énergie et à réduire les niveaux d’inflation. Les interventions budgétaires convenues avec les parties prenantes en 2022 devaient prendre fin le 31 décembre 2023. Toutefois, les prévisions du STATEC ( 2023 ) indiquent un rebond de l’inflation en 2024, ce qui a amené les principales parties prenantes à demander des mesures supplémentaires. Un accord conclu avec le gouvernement le 7 mars 2023 prévoit de nouvelles interventions budgétaires qui se poursuivront jusqu’au 31 décembre 2024. Alors que ces accords ont contribué à limiter les indexations salariales, la hausse de l’IPCH au Luxembourg a été nettement inférieure à celle de l’agrégat de la zone euro, cette différence atteignant des niveaux historiques tant pour l’inflation globale que pour l’inflation sous-jacente (graphique 1). Un suivi et une communication étroits seraient essentiels pour garantir que ces mesures restent temporaires et ciblées sur les personnes qui en ont le plus besoin, tout en soutenant la transition vers une consommation d’énergie propre.
| Graphique 1.1: Écart de l’inflation sous-jacente (1) au Luxembourg par rapport à la zone euro (en glissement annuel) |
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| Source: Eurostat |
Stimulée par les interventions budgétaires, la croissance économique continuera d’être tirée par la consommation privée, bien qu’elle soit ralentie par un environnement moins favorable. Les mesures prises par le gouvernement pour atténuer l’incidence des prix élevés de l’énergie et une série d’indexations salariales devraient soutenir le pouvoir d’achat des ménages et, partant, les dépenses de consommation. En revanche, l’investissement devrait rester modéré en raison de la hausse des taux d’intérêt, du durcissement des conditions de financement et de la faiblesse de la croissance économique, ce qui pèse sur la demande d’emprunts des entreprises et des ménages. La croissance économique est descendue à 1,5 % en 2022 et devrait rester faible en 2023. Selon les prévisions de printemps de la Commission, la croissance économique devrait atteindre 1,6 % en 2023 avant de revenir à 2,4 % en 2024.
Malgré le coût des mesures successives adoptées depuis la pandémie, les finances publiques luxembourgeoises restent saines. Les niveaux du déficit et de la dette sont généralement restés inférieurs à leurs limites respectives de 3 % et de 60 %, sauf en 2020, où, en raison des mesures liées à la pandémie, le déficit a atteint 3,4 %. Toutefois, le coût des mesures destinées à compenser les prix élevés de l’énergie devrait se traduire par un déficit de 1,7 % en 2023, tandis que le déficit prévu pour 2024 est de 1,5 %. Le niveau du ratio dette/PIB devrait donc augmenter et passer de 24,6 % en 2022 à 27,0 % en 2024. Le principal défi budgétaire pour le Luxembourg reste la viabilité à long terme, principalement en raison de la forte augmentation attendue du coût des pensions, qui pèsera lourdement sur les finances publiques au cours des prochaines décennies.
| Encadré 1: | Mesures prises par le Luxembourg en matière de politique énergétique Le Luxembourg a adopté plusieurs mesures de soutien pour atténuer l’incidence de la hausse des prix de l’énergie sur les ménages et les entreprises. Selon les prévisions du printemps 2023 de la Commission, leur coût atteindra en 2023 1,1 % du PIB. La plupart des mesures ne pas préservent pas le signal de prix en 2023 et une grande partie ne sont pas ciblées. Néanmoins, en 2022, elles ont soutenu le pouvoir d’achat des ménages et assuré la compétitivité du secteur des entreprises en réduisant la fréquence des augmentations de salaires par indexation automatique. Dans l’ensemble, les mesures sont considérées comme progressives et elles ont eu une incidence nette positive sur le pouvoir d’achat des ménages à faibles revenus. Les mesures ont été prorogées en mars 2023 et devraient être progressivement levées d’ici la fin de l’année 2024. Les mesures principales en 2023 visent à freiner l’inflation afin de réduire le risque que l’indexation automatique des salaires n’entraîne une spirale salaires-prix. Dans ce contexte, le gouvernement a plafonné les prix du gaz (à + 15 % au-dessus du niveau de prix moyen de septembre 2022) et gelé les prix de l’électricité à leur niveau de 2022. Afin de soutenir les ménages vulnérables, des abattements ciblés et des crédits d’impôt ont été accordés afin de compenser la hausse des prix de l’énergie pour les ménages à faibles revenus. En outre, un régime de soutien aux entreprises énergivores a été mis en place, conformément au cadre de l’UE en matière d’aides d’État. Certaines mesures accordent des subventions pour soutenir les investissements dans la transition écologique. Ces mesures sont financées par le budget national et n’imposent pas de restrictions aux prix fixés par les entreprises opérant sur le marché. En mars 2023, le gouvernement a présenté au Parlement le projet de loi pour l’application du règlement (UE) 2022/1854 du Conseil. En ce qui concerne la contribution de solidarité, le Luxembourg a indiqué à la Commission qu’aucune entreprise luxembourgeoise ne relevait du champ d’application du chapitre III du règlement (UE) 2022/1854 du Conseil sur une intervention d’urgence pour faire face aux prix élevés de l’énergie. En ce qui concerne la sécurité de l’approvisionnement énergétique, le Luxembourg a mis en place des mesures visant à accélérer le déploiement des énergies renouvelables et à encourager l’efficacité énergétique (par exemple, en révisant le régime d’aide et en introduisant un «Topup social 100 %»). Il a sensibilisé la population à la consommation d’énergie au moyen de campagnes d’économies d’énergie (pour le gaz et l’électricité). |
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Après une décennie de taux d’intérêt très bas, la normalisation de la politique monétaire affecte les conditions de financement des entreprises et des ménages. La normalisation des politiques monétaires induite par la hausse de l’inflation se traduit par des taux plus élevés imposés par les établissements de crédit, ce qui a une incidence sur les dépenses de consommation et sur la volonté des entreprises d’investir. En outre, en tant que centre financier important, le Luxembourg est relativement plus exposé aux risques de volatilité sur les marchés financiers, qui pourraient résulter d’un durcissement inattendu des conditions financières et pourraient entraîner de fortes baisses de la valeur des actifs gérés par le secteur des fonds ainsi que des biens immobiliers garantis par des prêts hypothécaires.
Le contexte macroéconomique difficile a contribué à l’émergence de vulnérabilités qui sont évaluées dans le bilan approfondi concernant le Luxembourg. La hausse des prix de l’immobilier résidentiel continue d’alimenter des niveaux plus élevés d’endettement des ménages, ce qui suscite des inquiétudes quant aux problèmes potentiels que pourrait entraîner le cycle de ralentissement. Bien que la dette des ménages reste modérée en pourcentage du PIB (65 % en 2022), le niveau d’endettement agrégé est élevé par rapport aux revenus. Après une augmentation constante au cours des vingt dernières années, le ratio dette/revenu disponible brut a culminé à 180 % en 2022, soit l’un des niveaux les plus élevés de l’UE. Le niveau d’endettement des ménages est largement imputable à la forte croissance des prêts immobiliers résidentiels. La dynamique des prix des logements accroît les inégalités et pourrait faire du pays un lieu de travail moins attrayant, ce qui constituerait un désavantage concurrentiel. La stratégie du gouvernement visant à remédier à la situation du logement au Luxembourg comprend des mesures dans plusieurs domaines d’action (voir section 3). Ces sujets devraient perdre de l’importance cette année compte tenu de la détérioration des perspectives économiques et du durcissement des conditions financières (voir l’annexe 22).
Alors que la succession d’augmentations salariales indexées soutient le pouvoir d’achat des ménages en 2022-2023, les mesures de soutien du gouvernement allègent également la charge pesant sur les employeurs. Les salaires nominaux ont augmenté de 5,4 % en 2022, tandis que les salaires réels ont été relativement bien protégés et n’ont diminué que de 0,2 %. Une indexation automatique des salaires de 2,5 % a eu lieu en avril 2022 ainsi qu’en février et avril (reportée de juillet 2022) 2023. Une indexation supplémentaire est prévue au dernier trimestre 2023 et au dernier trimestre 2023. Les coûts salariaux unitaires nominaux devraient donc augmenter considérablement, de 7,8 % en 2023, après l’augmentation déjà élevée de 7,4 % en 2022.
Le marché du travail s’est révélé résilient en 2021 et 2022, avec une forte croissance de l’emploi et un chômage tombant à des niveaux historiquement bas. Le taux d’emploi (des 20 à 64 ans) a atteint 74,1 % en 2021 et a enregistré la plus forte croissance au sein de l’UE. Il a ensuite diminué en 2022, passant de 75,4 % au premier trimestre 2022 à 74,4 % au troisième trimestre 2022, et est légèrement inférieur à la moyenne de l’UE sur un marché du travail où environ 47 % de la main-d’œuvre provient des pays voisins. Selon les prévisions de printemps de la Commission, le marché du travail devrait rester résilient, mais devrait légèrement ralentir, parallèlement à la baisse de la croissance de l’activité économique en 2022 et 2023. Le taux de chômage est tombé à 4,6 % en 2022, en dessous de son niveau d’avant la pandémie, bien qu’il ait légèrement augmenté au second semestre 2022. Tout en restant relativement faible au Luxembourg, le taux de chômage devrait progressivement augmenter, pour passer à 4,8 % en 2023 et à 5,0 % en 2024.
Les indicateurs de pauvreté au Luxembourg se sont dégradés dans une certaine mesure en raison de la crise de la COVID-19 et de la hausse des prix des logements. La proportion de personnes exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale a augmenté en 2021 pour atteindre 21,1 %. Les ressortissants de pays tiers âgés de plus de 18 ans sont plus susceptibles de connaître la pauvreté au Luxembourg: 38,7 % étaient exposés au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale en 2021, contre 13,9 % des citoyens luxembourgeois. Le taux de travailleurs pauvres a également augmenté et compte parmi les plus élevés de l’UE, comme le souligne le tableau de bord social qui sous-tend le socle européen des droits sociaux (annexe 12). En outre, la persistance de la hausse des prix des logements est une préoccupation majeure pour la population. Selon Eurostat, les transferts sociaux (à l’exclusion des pensions) ont réduit la proportion de personnes exposées au risque de pauvreté de 34,2 % en 2021, contre 39,4 % en 2020. Par conséquent, les transferts sociaux, y compris le revenu d’inclusion sociale (REVIS), semblent être devenus moins efficaces pour réduire la pauvreté au Luxembourg. De nouvelles mesures en matière de politique sociale aideraient le Luxembourg à atteindre l’objectif national de réduire d’au moins 4 000 le nombre de personnes exposées au risque de pauvreté d’ici 2030.
Le ratio entre le nombre d’emplois vacants et l’ensemble des emplois a atteint des niveaux historiquement élevés en 2022. Les pénuries de main-d’œuvre ont fortement augmenté depuis début 2021, en particulier dans les services non financiers. Globalement, 72 % des entreprises ont indiqué que le manque de main-d’œuvre était un facteur limitant la production. Parallèlement, le taux d’emplois vacants dans le secteur privé est passé de 1,8 % en 2020 à 3,1 % en 2022. L’inadéquation globale des compétences est passée de 22,4 % en 2020 à 23,8 % en 2021. Le système luxembourgeois de recherche et d’innovation repose largement sur sa capacité à attirer des talents étrangers. La stratégie nationale en matière de recherche et d’innovation reconnaît la nécessité de mieux surveiller le déficit de compétences résultant de l’écart entre les besoins et l’offre, et de former davantage de personnes à de nouvelles compétences numériques hautement dynamiques.
Le développement des compétences est une priorité absolue du programme du gouvernement. Ces dernières années, de nombreuses initiatives ont été prises pour promouvoir la formation professionnelle des demandeurs d’emploi, relever les défis de la numérisation et mieux anticiper les compétences nécessaires, en particulier dans le cadre de l’initiative Skillsdësch. Néanmoins, la prise de mesures efficaces reste nécessaire pour améliorer l’accès à l’apprentissage tout au long de la vie des travailleurs moins instruits, des personnes peu qualifiées et des travailleurs âgés. Le projet de création de comptes individuels de formation semble être au point mort, les négociations entre le gouvernement et les partenaires sociaux ayant jusqu’à présent échoué. En outre, la spécificité du marché du travail luxembourgeois, dans lequel les travailleurs frontaliers représentent 47 % de la main-d’œuvre, rend plus difficile la mise en œuvre de la recommandation du Conseil relative aux comptes individuels de formation, car elle nécessite des négociations bilatérales avec les pays voisins. Il est également essentiel de mettre en œuvre la recommandation du Conseil afin d’atteindre l’objectif national du Luxembourg d’au moins 62,5 % de l’ensemble des adultes participant chaque année à l’éducation et à la formation d’ici 2030.
Bien qu’elle reste l’une des plus élevées de l’UE, la productivité de la main d’œuvre du Luxembourg stagne depuis les années 2000. Le Luxembourg affiche l’un des niveaux les plus élevés de produit intérieur brut par heure travaillée au sein de l’UE et de l’OCDE. Si l’on analyse la productivité de la main-d’œuvre par heure travaillée en termes de taux de croissance plutôt qu’en termes de niveaux, la situation apparaît moins positive. Le graphique A12.1 de l’annexe 12 montre que depuis 2007, la productivité du Luxembourg a évolué moins favorablement que la moyenne de la zone euro et des pays voisins. En 2022, la productivité de la main-d’œuvre a diminué de 2,0 %.
Les faibles gains de productivité s’expliquent en partie par le faible niveau des investissements des entreprises, y compris dans les activités de recherche et développement (R & D). En 2021, les investissements des entreprises représentaient 8,3 % du PIB au Luxembourg, contre 13,5 % dans l’UE. Ils s’agit là de l’un des niveaux d’investissement les plus faibles de l’Union et de l’OCDE. Les dépenses de R & D des entreprises ont continué de diminuer et sont tombées à 0,47 % du PIB en 2021, contre 1,5 % dans l’UE (voir l’annexe 11).
Dans l’ensemble, le Luxembourg obtient de relativement bons résultats pour plusieurs indicateurs de suivi des objectifs de développement durable (ODD), bien qu’il reste des défis à relever dans certains domaines. En ce qui concerne les ODD relatifs à la durabilité environnementale: le pays obtient de bons résultats en ce qui concerne les villes et les communautés durables (ODD 11) ainsi que l’industrie, l’innovation et les infrastructures (ODD 9). Dans certains cas, bien qu’il soit en dessous de la moyenne de l’UE, il progresse en ce qui concerne l’énergie propre et d’un coût abordable (ODD 7) et la consommation et la production responsables (ODD 12). Le Luxembourg obtient de bons résultats en ce qui concerne certains indicateurs de suivi des ODD relatifs à l’équité, tels que la bonne santé et le bien-être (ODD 3), l’égalité entre les sexes (ODD 5), et la réduction des inégalités (ODD 10). En ce qui concerne les ODD relatifs à la productivité, le pays s’éloigne de l’objectif fixé pour l’éducation de qualité (ODD 4) et commence à rattraper son retard en ce qui concerne le travail décent et la croissance économique (ODD 8). Enfin, le Luxembourg affiche de très bons résultats en ce qui concerne l’indicateur nº 16 de suivi des ODD relatif à la stabilité macroéconomique.
Le plan pour la reprise et la résilience suit son cours
Le plan pour la reprise et la résilience (PRR) du Luxembourg vise à relever les principaux défis liés aux compétences, au climat, à la numérisation, à la santé et à la lutte contre le blanchiment de capitaux. Il se compose de neuf réformes et de dix investissements, appuyés sur 83 millions d’euros de subventions, soit 0,11 % du PIB (voir l’annexe 3 pour plus de détails).
La mise en œuvre du plan luxembourgeois pour la reprise et la résilience est en cours Le Luxembourg a présenté le 28 décembre 2022 sa première demande de paiement, correspondant à 26 jalons et cibles de la décision d’exécution du Conseil, pour le versement de 20 millions d’euros au titre de la facilité pour la reprise et la résilience. Le 28 avril, la Commission a adopté une évaluation préliminaire concluant que l’ensemble des 26 jalons et cibles avaient été atteints de manière satisfaisante.
Les jalons et cibles évalués positivement marquent des étapes significatives dans la mise en œuvre du plan du Luxembourg. Il s’agit notamment de l’entrée en vigueur de la réforme du «Pacte logement 2.0», qui vise à accroître l’offre de logements locatifs abordables proposés par les communes ainsi que les investissements en faveur de la numérisation du secteur public et du développement d’une communication ultra-sécurisée, à renforcer les compétences de la main-d’œuvre avec le lancement du programme «FutureSkills» et à mettre en œuvre une réforme pour les marchés publics de véhicules propres. Le Luxembourg devrait présenter un chapitre REPowerEU et a déjà décidé de transférer 128,5 millions d’euros de la réserve d’ajustement au Brexit vers la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) afin de financer sa mise en œuvre.
L’examen plus détaillé, proposé ci-après, des mesures mises en œuvre dans le cadre du PRR n’implique en aucun cas une approbation ou un rejet formel par la Commission d’une quelconque demande de paiement.
Le Luxembourg a présenté le 11 novembre 2022 un PRR mis à jour à la Commission afin de tenir compte de la révision à la baisse de sa contribution financière maximale, qui passe de 93,4 millions d’euros à 82,7 millions d’euros. Le Luxembourg a proposé de supprimer de son plan initial le programme de formation aux compétences numériques destiné aux travailleurs bénéficiant de régimes de chômage partiel, car il ne répondait pas aux attentes initiales du point de vue de la demande, principalement en raison d’un rebond plus important que prévu de l’économie luxembourgeoise au printemps 2021. Dans son évaluation, la Commission a considéré que la modification limitée proposée par le Luxembourg n’avait pas d’incidence sur son évaluation positive du PRR initial en ce qui concerne sa pertinence, son efficacité, son efficience et sa cohérence. En conséquence, elle a proposé que le Conseil approuve le PRR mis à jour. Le Conseil a suivi cette recommandation et a adopté une décision d’exécution modifiée approuvant le PRR mis à jour, le 17 janvier 2023.
Le Luxembourg a présenté le 28 décembre 2022 sa première demande de paiement, pour un montant de 24,9 millions d’euros. La première demande de paiement du Luxembourg porte sur des jalons et des cibles liés aux réformes dans les domaines des compétences, du logement, du climat, de la santé et de la lutte contre le blanchiment de capitaux. Elle concerne également des investissements, par exemple dans les domaines des compétences et de la numérisation. Le 28 avril, la Commission européenne a approuvé une évaluation préliminaire positive de la première demande de paiement du Luxembourg.
Bien que l’investissement dans les compétences numériques ait été supprimé, le PRR mis à jour contient encore des mesures en lien avec le numérique, notamment des mesures de reconversion et de perfectionnement professionnels, qui contribuent à la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux. En particulier, le programme FutureSkills vise à armer les demandeurs d’emploi de compétences non techniques, numériques et de gestion, en mettant particulièrement l’accent sur les personnes âgées de 45 ans et plus, afin d’aider celles-ci à retrouver un emploi. La réforme du Skillsdësch (lancée en janvier 2021) vise à concevoir des programmes de formation professionnelle (Skillsbridges) pour aider les travailleurs et les demandeurs d’emploi à améliorer leur employabilité pendant les transitions écologique et numérique.
En outre, le PRR mis à jour maintient également un certain nombre d’investissements dans la numérisation et l’innovation, qui contribuent à la transition numérique dans les domaines des soins de santé et des services publics et au développement d’une infrastructure de communication ultra-sécurisée. Plusieurs mesures ont déjà été mises en œuvre, notamment la mise en place d’une plateforme centrale permettant aux administrations publiques de gérer les documents et les dossiers par voie électronique ainsi que l’adoption de la stratégie 2025 de l’ADEM (Agence pour le développement de l’emploi) afin de relever les défis opérationnels et numériques liés à la poursuite de la numérisation. À la suite de la modification du plan, 30 % de l’enveloppe finale soutiendra les mesures numériques et 69 % les mesures écologiques, soit davantage que les niveaux minimaux de 20 % et 37 % respectivement, fixés dans le règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience.
S’appuyant sur l’engagement du Luxembourg en faveur de la transition numérique, le plan pour la reprise et la résilience comprend des investissements et des réformes soutenant les activités de recherche et développement (R & D) ainsi que l’innovation technologique. Le plan alloue un soutien substantiel au développement d’infrastructures de communication quantique et au laboratoire LuxQCI, qui devrait aider le Luxembourg à développer des capacités essentielles de recherche et d’innovation dans ce domaine, tout en offrant des possibilités de coopération entre les laboratoires de recherche et le secteur privé.
Le PRR s’attaque vigoureusement aux défis environnementaux et climatiques. Comme cela est indiqué à l’annexe 6, le PRR met l’accent sur la transition écologique. Parmi les mesures prévues dans ce domaine, le PRR comprend le déploiement d’un système de production d’énergie renouvelable dans une nouvelle zone résidentielle. La réforme du Pacte logement 2.0 prévue dans le PRR encouragera les investissements dans l’efficacité énergétique des bâtiments et incitera les communes à augmenter leur parc de logements abordables. Le PRR favorisera également la réduction du niveau élevé d’émissions provenant des transports en mettant en œuvre de nouvelles mesures pour l’électrification des véhicules de transport en commun ainsi qu’un dispositif de financement pour l’élargissement du réseau de bornes de recharge pour les véhicules électriques.
Le Luxembourg a pris de nouvelles mesures en vue de l’électrification de son réseau de transports en commun. Comme l’exige l’étape 2A-1 du PRR, le Luxembourg a adopté un nouveau règlement grand-ducal en vertu duquel chaque pouvoir adjudicateur doit acquérir un pourcentage minimal de véhicules routiers propres au cours de la période 2021-2025. Au moins 38,5 % des véhicules légers (catégories M1 et N1) de 2021 à 2025 doivent satisfaire aux critères applicables aux véhicules propres. L’administration centrale applique des objectifs plus ambitieux puisqu’elle achète que des voitures électriques pour son propre parc automobile.
Encadré 2: | Principales réalisations dans le cadre du plan pour la reprise et la résilience attendues en 2023 et 2024: ·Installation de 1 300 bornes de recharge supplémentaires pour les véhicules électriques d’ici la fin de l’année 2023 dans le cadre du programme de décarbonation des transports. ·Au moins 70 % des communes devraient signer le nouveau Pacte logement 2.0 d’ici la fin de l’année 2023. ·Au moins 30 communes devraient signer le contrat Naturpakt d’ici le début de l’année 2024 ·Démonstration transfrontalière d’un système de distribution quantique fin 2024 au moyen d’une connexion par satellite dans le cadre de la mesure de connectivité ultra-sécurisée. |
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Le Luxembourg a adopté des mesures supplémentaires pour protéger la nature et la biodiversité. Le Luxembourg a adopté la loi Naturpakt en vertu de laquelle les communes peuvent signer un contrat Naturpakt avec l’État, par lequel elles s’engagent à mettre en œuvre des initiatives jusqu’en 2030 pour protéger la nature et la biodiversité. Les communes reçoivent une certification après avoir signé le contrat et ont droit à des subventions financières dès qu’elles atteignent un niveau de performance suffisant. Cette condition est évaluée sur la base de la mise en œuvre d’un catalogue de mesures adoptées par chaque commune à partir d’une liste de catégories d’activités publiée par l’État.
Le Luxembourg a également adopté une nouvelle loi destinée à remplacer le Pacte logement, qui vise à accroître l’efficacité du soutien accordé par l’État aux communes pour permettre à celles-ci d’offrir des logements abordables. En particulier, le Pacte logement 2.0 vise à accroître durablement l’offre de logements proposés par les communes à des prix abordables. Le gaz naturel représente environ un tiers de la consommation finale d’énergie dans le secteur résidentiel. Le PRR du Luxembourg contribue à réduire la dépendance au gaz en installant des panneaux photovoltaïques dans le cadre du projet immobilier Neischmelz, l’un des plus grands projets de développement durable du pays.
Le PRR prend la mesure des vulnérabilités dans le secteur de la santé. La pandémie de COVID-19 a mis en lumière les pénuries dans les métiers de la santé, dans un contexte marqué par une augmentation de la demande en soins de santé. Les mesures incluses dans le PRR visent à accroître l’efficacité de la gestion du personnel grâce à des investissements dans la télémédecine ainsi qu’à un répertoire électronique des professionnels de la santé. Ce répertoire numérique devrait permettre d’améliorer la gestion quotidienne du personnel et de mieux anticiper les pénuries de médecins et d’infirmiers. En outre, des initiatives stratégiques visent à améliorer l’attractivité des métiers de la santé, en particulier par une redéfinition des compétences exigées des professionnels de la santé. La première réforme, à savoir la mise en place d’un conseil consultatif des parties prenantes appelé Gesondheetsdësch, a été réalisée et contribuera à la poursuite des réformes et des investissements ainsi qu’au plan national de santé.
Le Luxembourg a adopté plusieurs mesures pour lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Le PRR permet de mieux comprendre le cadre de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, et les mesures juridiques qu’il prévoit pour renforcer cette lutte. La première demande de paiement comporte trois étapes: publication de rapports en vue d’une meilleure détection, évaluation et compréhension des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. En outre, deux lois sont entrées en vigueur, qui ont vocation à renforcer les pouvoirs de surveillance et de sanction des autorités de surveillance et des organismes d’autorégulation dans le domaine de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Une autre mesure relevant de la première demande de paiement est une étude sur le régime de supervision applicable aux professionnels fournissant des services aux sociétés et fiducies, qui servira de base à l’étape consécutive visant à renforcer le cadre de lutte contre le blanchiment de capitaux pour ces professionnels.
Autres priorités pour l’avenir
Le Luxembourg est confronté à des défis supplémentaires qui n’ont pas été abordés dans son plan pour la reprise et la résilience (PRR). Ce sont: i) la viabilité à long terme des finances publiques, principalement en lien avec le système de retraite; ii) les vides juridiques dont pourraient profiter les multinationales aux pratiques de planification fiscale agressives; iii) les vulnérabilités liées aux prix élevés des logements et à l’endettement des ménages; iv) les failles du système éducatif qui accroissent les inégalités; v) les problèmes liés au réseau de transport; et vi) les obstacles potentiels à l’abandon progressif des combustibles fossiles. La réponse à ces défis contribuera également à réaliser de nouveaux progrès dans la réalisation de certains ODD pour lesquels le Luxembourg pourrait faire mieux, à savoir l’énergie propre et d’un coût abordable (ODD 7), la consommation et la production responsables (ODD 12) et la lutte contre les changements climatiques (ODD 13). Malgré ses résultats supérieurs à la moyenne de l’UE en matière d’éducation de qualité (ODD 4), le faible niveau en lecture chez les jeunes de 15 ans et le nombre de jeunes quittant prématurément le système d’éducation et de formation restent problématiques.
Renforcer la viabilité à long terme des finances publiques
La dette publique reste très faible pour le moment. Néanmoins, les perspectives à long terme se présentent différemment. La dette publique a augmenté progressivement, même si elle reste à un niveau faible. Elle a atteint 24,6 % du PIB en 2022. Toutefois, à long terme, le Luxembourg devra faire face à la hausse des dépenses liées aux pensions la plus forte de tous les pays de l’UE. L’incidence attendue de cette hausse sur les finances publiques figure également parmi les plus importantes de l’Union, menaçant la viabilité budgétaire à long terme du pays.
Les indicateurs du risque lié à la viabilité budgétaire du Luxembourg à long terme restent élevés. Le Luxembourg est confronté à des risques élevés à long terme conformément à la classification globale des risques à long terme figurant dans le rapport de 2022 sur les programmes de stabilité et de convergence (Commission européenne, 2022). Ces risques sont entièrement dus à l’augmentation attendue des dépenses liées au vieillissement de la population (qui devraient augmenter d’environ 10,4 points de pourcentage du PIB d’ici 2070), principalement pour les retraites (environ 8,7 points de pourcentage du PIB).
L’incidence de l’évolution démographique sur les dépenses publiques s’accentuera au cours des prochaines décennies. Cela est dû au fait que le nombre de retraités par personne active devrait progresser de manière constante compte tenu du vieillissement de la population et au ralentissement des flux migratoires nets. S’il n’envisage aucun changement de politique, le Luxembourg sera confronté d’ici 2070 à l’une des plus fortes augmentations des dépenses de retraite de l’UE en pourcentage du PIB, puisqu’elles devraient doubler d’ici là pour atteindre environ 18 % du PIB, et seraient parmi les plus élevées de l’UE. Il en résultera une augmentation significative de la dette publique, mettant en péril la viabilité des finances publiques.
L’âge moyen de départ à la retraite est parmi les plus bas de l’UE. Le haut niveau des pensions par rapport aux salaires et l’existence de dispositifs de départ à la retraite anticipé se traduisent par un âge effectif de départ à la retraite de 61,3 ans en moyenne, l’un des plus bas de l’UE. De même, le taux d’emploi des travailleurs âgés (de 55 à 64 ans), qui s’élevait à 46,6 % en 2022, reste nettement inférieur à la moyenne de l’UE (62,4 %). Aucun nouveau relèvement de l’âge légal de départ à la retraite n’a été prévu par la loi: il devrait donc rester à 65 ans si aucune réforme n’est adoptée.
Le plan pour la reprise et la résilience n’aborde pas la viabilité à long terme du système de retraite. En particulier, le plan ne prend pas la mesure des effets négatifs des dispositifs de retraite anticipée et des incitations financières à quitter prématurément le marché du travail, qui expliquent le faible taux d’emploi (et d’activité) des travailleurs âgés. Certaines études ont évalué les incidences à long terme des différentes options de réforme; toutefois, les résultats sont soumis à un degré élevé d’incertitude quant à l’incidence sur les différentes variables et manquent de précision en ce qui concerne la conception et la mise en œuvre de la panoplie de politiques. L’incidence principale s’observe généralement sur de vastes variables démographiques et économiques, en particulier sur la main-d’œuvre, l’emploi, la croissance économique et la productivité. Dans ce contexte, le relèvement de l’âge effectif de départ à la retraite aurait des effets macroéconomiques très bénéfiques, avec un fort potentiel de réduction des dépenses de retraite, tout particulièrement si cet objectif était atteint en réduisant le pourcentage de la pension (par rapport au salaire antérieur) versé à une personne qui prend une retraite anticipée, qui est d’environ 81 % au Luxembourg, l’un des plus élevés de l’UE. La suppression progressive des dispositifs de retraite anticipée et, à terme, une corrélation de l’âge de départ à la retraite avec l’espérance de vie, conjuguées à des mesures visant à encourager les personnes à continuer à travailler, contribueraient également à accroître le taux d’emploi des travailleurs âgés, et donc à soutenir la croissance économique et à renforcer l’équité économique entre les générations.
Le gouvernement a chargé le Conseil économique et social national (CES) d’examiner les conséquences possibles du vieillissement de la population sur la viabilité financière du système de retraite à long terme. Le CES a commencé à travailler sur cette question à la fin de l’automne 2022 et devrait publier un rapport contenant des propositions concrètes. Cette mesure constitue une première étape vers un débat national sur la réforme des retraites.
Lutte contre la planification fiscale
agressive
La lutte contre la planification fiscale agressive est essentielle pour éviter les distorsions de concurrence entre les entreprises, pour garantir un traitement équitable des contribuables dans l’UE et pour protéger les finances publiques. Les données économiques conduisent à envisager un risque de planification fiscale agressive potentiellement plus élevé que dans la plupart des autres États membres. Certains aspects du système fiscal luxembourgeois, tels que l’absence de retenue à la source ou l’autorisation de divergences des prix de transfert, par exemple par déduction des paiements (considérés comme tels) d’intérêts, peuvent faciliter ces pratiques davantage que dans d’autres États membres. En outre, le Luxembourg a pris moins de mesures pour résoudre ce problème que la plupart des autres États membres.
Les données économiques donnent à penser que des entreprises utilisent les règles fiscales luxembourgeoises à des fins de planification fiscale agressive. En 2021, le Luxembourg a enregistré le stock d’investissements directs étrangers entrants et sortants le plus élevé de l’UE en pourcentage du PIB. La majeure partie du stock d’investissements directs étrangers au Luxembourg (85 % des flux entrants d’investissements directs étrangers et 79 % des flux sortants d’investissements directs étrangers en 2020) est détenue par des entités à vocation spéciale. La part considérable de stocks d’investissements directs étrangers détenus par de telles entités peut être un indice de planification fiscale agressive. Le Luxembourg est l’un des principaux vecteurs de flux de capitaux: il reçoit 24 % de l’ensemble des dividendes perçus par l’EU-27 et est à l’origine de 28 % de l’ensemble des dividendes versés par l’EU-27 (2020). Il est également le bénéficiaire de 36 % de l’ensemble des intérêts perçus par l’EU-27 et à l’origine de 31 % de l’ensemble des intérêts payés par l’EU-27 (2019). Ces flux sont les plus élevés de l’UE et sont disproportionnés par rapport à la taille de l’économie. Le Luxembourg est une petite économie ouverte avec un secteur financier international important, ce qui explique une grande partie de ces flux financiers. Cependant, ceux-ci reflètent également la présence importante, sur le territoire luxembourgeois, d’entreprises sous contrôle étranger qui mènent des activités de trésorerie intragroupe.
L’absence de retenues à la source sur les paiements d’intérêts et de redevances à destination de pays où le taux d’imposition est faible ou nul, ou de mesures ayant un effet équivalent, est particulièrement préoccupante. L’absence de retenues à la source sur les paiements sortants d’intérêts et de redevances effectués par des entreprises situées au Luxembourg vers des pays en dehors de l’UE pourrait se traduire par une imposition faible ou nulle si ces paiements ne sont assujettis à aucune taxation, ou ne sont que faiblement taxés, dans le pays du bénéficiaire. En 2021, le Luxembourg a adopté une mesure qui rend non déductibles les paiements d’intérêts et de redevances effectués vers des pays figurant sur la liste de l’UE des pays et territoires non coopératifs à des fins fiscales. Toutefois, le champ d’application de cette mesure est trop restreint pour faire face aux risques de planification fiscale agressive liés aux paiements sortants émis au Luxembourg. En outre, les règles du Pilier Deux de l’OCDE introduisant un impôt minimum mondial sur les sociétés ne sont pas encore appliquées dans l’UE. Elles contribueront à résoudre le problème des paiements sortants émis au Luxembourg, mais pas entièrement, en raison de la limitation de leur champ d’application aux plus grandes multinationales (seuil de 750 millions d’euros) et des exceptions prévues pour certains secteurs.
Les mesures prises par le Luxembourg ne vont pas au-delà de la mise en œuvre de la législation de l’UE et des conclusions du Conseil. Bien qu’elle constitue un pas dans la bonne direction, la directive sur l’imposition minimale effective (Pilier Deux) ne répond pas entièrement au problème et n’a pas encore été mise en œuvre. Par conséquent, à l’heure actuelle, aucune mesure du système fiscal luxembourgeois ne traite suffisamment la question de la non-déductibilité des paiements sortants d’intérêts et de redevances.
Remédier à la pénurie persistante
de logements et à la hausse des prix
de l’immobilier résidentiel
Le Luxembourg est confronté à des vulnérabilités croissantes liées à la forte croissance des prix des logements et à l’endettement élevé des ménages. Les prix des logements au Luxembourg ont historiquement augmenté plus rapidement que dans la zone euro, soutenus par des flux migratoires importants, l’offre de logements restant à la traîne de la demande, ce qui a entraîné une pénurie croissante de logements. Entre 2010 et 2021, les prix des logements ont augmenté de 135 % (42 % dans la zone euro), 86 % de cette hausse ayant eu lieu au cours des quatre dernières années. Au cours de la même période, la population a augmenté d’environ 30 % (5 % dans la zone euro), soit plus de 7 000 ménages par an. Dans le même temps, la production de nouveaux logements a été inférieure à 4 000 unités par an, ce qui a entraîné une forte pénurie de logements, qui n’est que partiellement atténuée par le marché du logement transfrontalier.
Ces dernières années, l’endettement des ménages exprimé en pourcentage du revenu disponible a continué d’augmenter de façon préoccupante et il est nettement plus élevé que dans d’autres États membres. À un niveau agrégé, l’endettement des ménages a atteint 180 % du revenu disponible en 2022, soit 61 % au-dessus de sa moyenne à long terme, ce qui constitue l’un des écarts les plus importants par rapport à sa moyenne historique dans les États membres de l’UE. L’endettement des ménages est largement imputable à la forte croissance des prêts immobiliers résidentiels, les prêts hypothécaires bancaires représentant plus de 80 % de la dette des ménages (146 % du revenu disponible).
Une longue période de politiques fiscales incitatives, encourageant l’accession à la propriété plutôt que la location d’un logement, a encore contribué à soutenir la croissance du crédit hypothécaire. Comme dans d’autres États membres, les emprunteurs ont bénéficié de taux hypothécaires historiquement bas et de conditions de financement favorables. Toutefois, l’important soutien fiscal apporté à l’accession à la propriété, notamment la déductibilité des intérêts hypothécaires, explique en grande partie la croissance plus élevée du crédit et de la dette des ménages ces dernières années par rapport à d’autres États membres. En outre, compte tenu de la pénurie persistante de logements, les allègements fiscaux et les subventions ont été capitalisés dans des prix des logements plus élevés.
Plusieurs facteurs peuvent atténuer les risques de corrections désordonnées susceptibles d’être déclenchées par le cycle de ralentissement dans la situation actuelle. La pression structurelle de la demande et les contraintes en matière d’offre figurent parmi les principaux facteurs à l’origine de la tendance forte et durable à la croissance des prix de l’immobilier, y compris au cours de la crise financière mondiale (2008-2009) et de la crise de la dette souveraine qui a suivi (2010-2012). Elles devraient soutenir la phase d’expansion du cycle, mais ne pas amplifier les chocs pendant la période de ralentissement. En particulier, les flux migratoires entrants permanents devraient constituer un facteur d’atténuation du ralentissement actuel, car ils continuent de soutenir la demande de logements lorsque les prix baissent (CERS, 2019 ). Le risque pour les banques est atténué parce qu’une grande partie de la dette est due par des ménages aisés et semble être bien couverte par des actifs financiers liquides. Les coussins de sécurité des banques semblent suffisants pour absorber les chocs potentiels provenant du marché immobilier résidentiel et de la dette hypothécaire.
Malgré d’éventuels ajustements des prix, la stabilisation durable des prix de l’immobilier reste à court terme l’un des défis les plus pressants que le Luxembourg aura à relever. Le gouvernement adopte des mesures visant à freiner la croissance des prix de l’immobilier. Tandis que leur mise en œuvre risque de prendre du temps, il est nécessaire d’intensifier les efforts et d’améliorer la coordination des politiques avec les communes et la Grande Région pour permettre une mise en œuvre efficace. Le «Pacte logement 2.0» constitue un pas dans la bonne direction. La mise en œuvre de la politique d’aménagement du territoire révisée doit être accélérée afin de permettre une utilisation des sols plus efficace sur l’ensemble du territoire national. Il convient de donner la priorité à l’adoption rapide des propositions récurrentes en matière de politique fiscale, telles que celles relatives aux terrains non bâtis et aux logements inoccupés, afin de décourager la rétention de terres et de favoriser la création de logements. Les dispositifs fiscaux soutenant l’accession à la propriété doivent être progressivement supprimés, notamment la déductibilité des intérêts hypothécaires, qui bénéficie davantage aux ménages à revenus élevés, étant donné qu’ils sont plus susceptibles de financer leur logement par l’emprunt hypothécaire alors que les prix sont devenus moins abordables et que les taux d’accession à la propriété ont diminué.
Les prix élevés de l’énergie rendent également le logement moins abordable au Luxembourg. La hausse des prix de l’énergie en 2022 a eu une incidence négative sur le budget des ménages, en particulier pour les groupes à faibles revenus. À la suite de l’évolution des prix de novembre 2021 à octobre 2022 (voir l’annexe 7), on estime que la proportion de personnes vivant dans des ménages qui consacrent plus de 10 % de leur budget à l’énergie a augmenté de 12,1 %. Selon les estimations, la part du budget des ménages consacrée à l’électricité a le plus augmenté pour les groupes à revenu faible et à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, tandis que les dépenses résidentielles en gaz ont le plus augmenté dans les groupes à revenus les plus élevés.
Lutte contre les inégalités dans le
système éducatif
Au Luxembourg, le taux de jeunes ayant quitté prématurément le système d’éducation et de formation (9,3 %) est proche de l’objectif fixé au niveau de l’UE (inférieur à 9 %), mais est en constante augmentation. La proportion de jeunes âgés de 20 à 34 ans ayant une expérience professionnelle et ayant quitté le système d’éducation et de formation sans avoir achevé le deuxième cycle de l’enseignement secondaire est passée de 6,3 % en 2018 à 9,3 % en 2021. Le redoublement d’une année scolaire est le plus sûr signe annonciateur d’un décrochage scolaire: en 2020-2021, 80 % des élèves en décrochage avaient redoublé au moins une fois.
Les compétences de base et les performances globales des élèves dépendent largement de leur milieu socio-économique et linguistique. Les résultats scolaires sont fortement influencés par le milieu socio-économique d’un élève. Au Luxembourg, les niveaux moyens de compétences à l’âge de 15 ans, tels qu’ils sont mesurés par le programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l’OCDE, sont nettement inférieurs à la moyenne de l’UE. L’écart entre les étudiants favorisés et leurs pairs défavorisés est plus important au Luxembourg que dans n’importe quel autre pays de l’UE. La langue parlée dans le système scolaire national au niveau primaire est le luxembourgeois, alors que les élèves apprennent à lire et à écrire en allemand. Toutes les matières (à l’exception du français) sont enseignées en allemand. Cela représente une exigence très élevée de compétences linguistiques dans un pays où seul un élève sur trois parle le luxembourgeois en première langue. En septembre 2022, le Luxembourg a lancé dans quatre écoles primaires un projet pilote prévoyant que les élèves commencent à apprendre d’abord en français, puis en allemand. S’il est étendu à un plus grand nombre d’écoles, ce projet pilote pourrait contribuer à améliorer les performances des élèves dont la première langue n’est pas l’allemand. Le nombre d’écoles européennes publiques, dont l’accès est gratuit, est passé à six. Les élèves de ces écoles peuvent choisir entre l’anglais, le français ou l’allemand comme langue principale d’enseignement, au lieu du système d’enseignement trilingue. Seuls 4 % des élèves des niveaux préprimaire et primaire au Luxembourg sont actuellement inscrits dans ces écoles publiques internationales et les élèves issus de milieux socio-économiques défavorisés ou de milieux ni germanophones ni francophones y sont sous-représentés. Si la possibilité d’enseigner dans une langue principale était étendue à une plus grande partie de la population scolaire, cela pourrait considérablement améliorer les chances des élèves d’obtenir de meilleurs résultats d’apprentissage.
Le Luxembourg a investi massivement dans l’accès aux dispositifs d’éducation et d’accueil des jeunes enfants (EAJE) et dans la qualité de ces dispositifs. En septembre 2017 ont été introduites dans le secteur de l’éducation non formelle des normes de qualité nationales que tous les prestataires doivent respecter pour pouvoir bénéficier du système de bons de cofinancement pour les services de garde d’enfants mis en place par le gouvernement. Ces normes englobent des activités destinées à familiariser les enfants d’un à quatre ans avec le français et le luxembourgeois. L’élargissement de l’accès aux dispositifs d’éducation et d’accueil des jeunes enfants (EAJE) et la création d’incitations pour améliorer la qualité de ces dispositifs sont des mesures positives susceptibles d’améliorer les acquis d’apprentissage des enfants à un stade ultérieur.
La transition écologique et la dépendance à l’égard des énergies fossiles
Les États membres devraient mettre en œuvre le plan «REPowerEU» afin de garantir la sécurité de l’approvisionnement et des prix abordables de l’énergie. Cela implique en particulier: i) des efforts continus pour réduire notre dépendance à l’égard des combustibles fossiles; ii) des mesures de diversification par rapport aux combustibles russes; iii) la poursuite des efforts déployés pour réduire la demande au moyen de mesures plus structurelles telles que l’efficacité énergétique et le déploiement des énergies renouvelables.
Le Luxembourg est fortement tributaire des importations de combustibles fossiles. La réduction de la dépendance du Luxembourg à l’égard des combustibles fossiles est un élément essentiel pour garantir la sécurité de l’approvisionnement. Le Luxembourg importe plus de 90 % de sa consommation d’énergie. En 2021, le pétrole représentait 69 % du bouquet énergétique luxembourgeois, le gaz naturel 18 % et les énergies renouvelables 12 %. La part importante du pétrole témoigne du rôle central du transport dans l’économie luxembourgeoise. En 2021, près de 100 % du gaz consommé au Luxembourg a été importé par gazoducs de Belgique et d’Allemagne. Le Luxembourg n’a pas de production de gaz fossile, mais produit du biogaz qui est injecté dans le réseau.
Le Luxembourg bénéficie d’un bon niveau de sécurité d’approvisionnement grâce à son partenariat avec les pays voisins. Le Luxembourg est fortement interconnecté avec ses voisins, tant pour l’électricité que pour le gaz. Si les réseaux d’électricité et de gaz du Luxembourg sont suffisants pour répondre à ses besoins actuels, il est prévu de poursuivre le développement du réseau électrique et d’améliorer les interconnexions avec l’Allemagne d’ici 2040 afin d’absorber l’augmentation attendue de la demande d’électricité. En décembre 2022, le gouvernement a présenté un plan de risques actualisé pour le secteur de l’électricité, qui ne faisait état d’aucun risque particulier grâce à une réduction significative de la demande et à une augmentation des capacités avec l’Allemagne.
Le Luxembourg a accompli des progrès considérables ces dernières années en ce qui concerne les énergies renouvelables et la numérisation de la transition énergétique. Sa capacité de production d’énergie renouvelable a considérablement augmenté ces dernières années. Dans sa loi sur le climat, le gouvernement a fixé des objectifs ambitieux visant à répondre à plus d’un tiers de la demande d’électricité par des énergies renouvelables d’ici 2030 (principalement l’énergie solaire photovoltaïque et l’énergie éolienne), à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50 % à 55 % d’ici 2030 et à parvenir à la neutralité climatique d’ici 2050. Dans cette optique, le Luxembourg a poursuivi la mise en œuvre de ses régimes d’aide publique au déploiement des énergies renouvelables, notamment au moyen de tarifs de rachat pour les petites installations, de primes de marché et d’appels d’offres, bien que les résultats aient été inférieurs aux prévisions. Le régime d’aides en faveur de l’énergie photovoltaïque concerne de plus en plus les particuliers. En outre, des mesures incitatives visant à promouvoir la consommation d’hydrogène ont été annoncées par le gouvernement en septembre 2021.
Certains obstacles continuent d’entraver le développement des énergies renouvelables. La procédure administrative pour obtenir l’autorisation d’un projet dans le domaine des énergies renouvelables est longue, en raison, pour partie, d’un manque de personnel administratif. Au Luxembourg, les taxes sur les combustibles fossiles incitent peu à investir dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. En outre, les subventions aux combustibles fossiles se sont élevées à plus de 41 millions d’euros en 2020 et ont augmenté de 30 % depuis 2015. Le Luxembourg a déjà pris certaines mesures en supprimant progressivement les subventions aux véhicules à moteur à combustion, qui, à partir de 2025, ne seront accordées qu’aux voitures à émission zéro. Toutefois, certains problèmes importants subsistent, tels que les remboursements des droits d’accise et les exonérations pour le gazole utilisé dans l’agriculture ou pour l’utilisation de gaz naturel, qui découragent l’adoption de solutions de remplacement plus propres.
Le secteur résidentiel représente environ un tiers de la consommation totale de gaz naturel. La rénovation du parc immobilier et la réalisation de nouvelles économies d’énergie restent essentielles pour réduire la dépendance à l’égard du pétrole et du gaz naturel. Environ 89 % du parc immobilier résidentiel utilise des systèmes de chauffage à combustibles fossiles. Le Luxembourg dispose d’une stratégie de rénovation à long terme pour la rénovation énergétique des bâtiments, dans le but d’atteindre un taux de rénovation annuel de 3 % dans le secteur résidentiel et de rénover toutes les habitations existantes afin de parvenir à zéro émission nette d’ici 2050. Si les prix de l’énergie ont baissé, l’incertitude demeure quant à l’hiver prochain, ce qui nécessite des efforts continus pour réduire structurellement la demande de gaz.
Le transport est la principale cause de la congestion routière, de la pollution atmosphérique et des émissions de gaz à effet de serre au Luxembourg. Les véhicules personnels sont à l’origine de la congestion routière et de l’apparition de zones critiques en matière de pollution atmosphérique malgré la bonne qualité globale de l’air dans le pays. La mise en œuvre du plan national de mobilité 2035 devrait remédier progressivement à ces lacunes par des investissements directs dans les infrastructures et les services de transports en commun. Les incitations visant à encourager le transport multimodal et à réduire l’utilisation de véhicules individuels restent plutôt floues. Une meilleure coordination avec les États membres voisins serait nécessaire pour améliorer les services de transports en commun dans la grande région. Un engagement d’avancer sur la question de la taxe sur le CO2 d’ici 2030 permettrait aux entreprises de planifier les ajustements nécessaires, ce qui favoriserait la transition.
La précarité énergétique a augmenté ces dernières années au Luxembourg. La part de la population totale qui n’est pas en mesure de chauffer correctement son logement a augmenté, passant de 0,9 % en 2015 à 2,5 % et la précarité énergétique touchait 5,1 % de la population exposée au risque de pauvreté en 2021. La hausse des prix de l’énergie en 2022 a eu une incidence négative sur les ménages à faibles revenus. Selon les estimations, la proportion de personnes vivant dans des ménages qui consacrent plus de 10 % de leur budget à l’énergie a augmenté de 21,7 points de pourcentage parmi la population exposée au risque de pauvreté.
Le Luxembourg a pris d’importantes mesures d’urgence pour atténuer les effets de la hausse des prix de l’énergie et soutenir les ménages. Le 11 novembre 2022, le Conseil de gouvernement a approuvé un ensemble de mesures dénommé «Solidaritéitspak 2.0», qui vise principalement à contribuer à réduire la dépendance des ménages aux combustibles fossiles et à promouvoir le remplacement de ceux-ci par des énergies renouvelables. Il comprenait également des mesures visant à plafonner et à stabiliser les prix de l’énergie sur les factures d’électricité et de gaz naturel des ménages et des consommateurs. Le Conseil de gouvernement a également approuvé un projet de loi visant à modifier temporairement l’aide financière «Klimabonus Wunnen». La mesure sera applicable aux demandes effectuées entre le 1er novembre 2022 et le 31 décembre 2023. Le gouvernement devrait veiller à ce que ces mesures soient temporaires et ciblées et à ce qu’elles préservent le signal de prix de l’énergie. Le gouvernement devrait également veiller à ce que ces mesures n’entravent pas la transition écologique, ne favorisent pas une plus grande consommation d’énergie et n’augmentent pas l’inflation.
Dans le contexte de la transition écologique, le Luxembourg a connu ces dernières années des pénuries de main-d’œuvre croissantes dans des secteurs clés. Celles-ci sont également liées à un manque de compétences appropriées et créent des obstacles à la transition vers une économie à zéro émission nette. En 2022, des pénuries de main-d’œuvre ont été signalées au Luxembourg dans sept professions qui nécessitent des compétences ou des connaissances spécifiques pour la transition écologique, y compris les responsables des politiques et de la planification. Le taux de vacances d’emploi a augmenté dans des secteurs clés tels que la construction (de 0,6 % en 2015 à 1,2 % en 2021) et l’industrie manufacturière (de 0,7 % en 2015 à 1,3 % en 2021); dans ces deux secteurs, ce taux i était inférieur, aux moyennes de l’UE, qui étaient, en 2021, de 3,6 % et 1,9 % respectivement. En 2022, 27 % des entreprises ont déclaré que les pénuries de main-d’œuvre étaient un facteur ayant limité la production. Le perfectionnement et la reconversion professionnels en matière de transition écologique, y compris pour les personnes les plus touchées, et la promotion de marchés du travail inclusifs sont des politiques essentielles pour accélérer la transition vers un niveau d’émissions de gaz à effet de serre nul et garantir son équité (voir l’annexe 8).
Productivité et investissement
des entreprises
Bien qu’elle reste l’une des plus élevées de l’UE, la productivité de la main d’œuvre au Luxembourg stagne depuis les années 2000. La productivité horaire de la main-d’œuvre n’a guère évolué entre 2000 et 2019, avec une augmentation de 0,7 % sur l’ensemble de la période. La productivité a évolué moins favorablement que dans la moyenne de la zone euro et dans les pays voisins, en particulier depuis la crise financière mondiale (annexe 12). En 2021 et 2022, la productivité annuelle de la main-d’œuvre par heure travaillée a diminué, de 2,3 % et de 2,0 % respectivement.
Des changements structurels au Luxembourg ont apporté un soutien marginal à la croissance de la productivité de la main d’œuvre depuis l’année 2000, avec un effet négatif après 2008. En tant que principal contributeur à la croissance du PIB, le secteur financier est également le principal moteur de la productivité par heure travaillée. Trois périodes distinctes ont pu être observées au cours de ces années. Au cours de la période 2000-2007, les gains de productivité dans ce secteur ont atteint des niveaux record, proches de 3 % par an, ce qui a contribué de manière significative à la croissance de la productivité globale. Toutefois, depuis la crise financière mondiale et jusqu’à 2019, la productivité des services financiers a sensiblement diminué, tandis que le secteur a continué de contribuer fortement à la croissance du PIB, grâce à des hausses des prix relatifs par rapport à la production d’autres secteurs. En revanche, des secteurs plus productifs, tels que l’industrie manufacturière et les transports, ont connu une réduction relative, la main-d’œuvre étant réaffectée à des secteurs moins productifs, ce qui a également contribué à réduire la productivité globale. Depuis la pandémie, les services financiers ont réalisé des gains de productivité internes, bien que cette amélioration ait été plus que compensée par une baisse des prix relatifs et des effets négatifs des réaffectations. Les pertes au sein des services d’information et de communication, des services professionnels et techniques et de la construction ont encore réduit la productivité globale en 2021 et 2022.
Les faibles gains de productivité s’expliquent en partie par le faible niveau des investissements des entreprises, notamment en R & D, le soutien public à l’innovation des entreprises restant à des niveaux très faibles. En 2021, les investissements des entreprises au Luxembourg (8,3 % du PIB) figuraient parmi les plus faibles de l’UE. Les dépenses des entreprises en matière de R & D ont continué de diminuer et sont tombées à 0,47 % en 2021, contre 1,5 % dans l’UE. Bien que le Luxembourg ait pris des mesures pour encourager l’innovation en entreprise, le soutien public qui lui est accordé reste marginal (annexe 11). Le Luxembourg n’apporte pas de soutien indirect aux activités de R & D sous la forme de crédits d’impôt, contrairement à la plupart des pays de l’OCDE et de l’UE. Seulement 6 % des activités de R & D des entreprises sont financés par les pouvoirs publics.
Le manque de personnel qualifié est l’obstacle de long terme à l’investissement le plus fréquemment cité par les entreprises luxembourgeoises. Malgré la forte proportion de travailleurs frontaliers (environ 46 % de la main-d’œuvre du pays), les pénuries de main-d’œuvre sont importantes, en particulier dans les secteurs des technologies de l’information et de la communication (TIC), de la construction et de l’industrie (annexe 14). La part des entreprises faisant état de difficultés dans le recrutement pour les postes vacants requérant des compétences spécialisées dans les TIC est largement supérieure à la moyenne de l’UE (annexe 10). La pénurie de main-d’œuvre qualifiée, en particulier de personnes possédant des compétences numériques, nuit aux efforts des PME pour devenir plus vertes et plus numériques.
Principales conclusions
Le plan pour la reprise et la résilience du Luxembourg comprend des mesures destinées à répondre à un ensemble de difficultés structurelles, à savoir:
·une réforme qui permettra d’accroître l’offre de logements abordables;
·des programmes de formation professionnelle visant à remédier à l’inadéquation des compétences au sein du marché de l’emploi et à favoriser la croissance inclusive;
·des mesures pour favoriser la décarbonation des transports, l’électrification de la flotte des transports en commun et l’introduction d’un dispositif de financement pour élargir le réseau de bornes de recharge des véhicules électriques;
·le passage au numérique de l’administration publique, y compris une offre de solutions en ligne destinées aux citoyens et aux entreprises, ainsi que du secteur de la santé;.
·le Luxembourg devrait poursuivre la mise en œuvre continue de son plan révisé pour la reprise et la résilience et finaliser rapidement le chapitre REPowerEU en vue de commencer sa mise en œuvre dans les meilleurs délais.
Outre les réformes et investissements prévus dans le PRR, le Luxembourg pourrait tirer profit des mesures suivantes:
·renforcer la viabilité à long terme du système de retraite afin de conserver des finances publiques saines et de préserver l’équité, en particulier en accroissant le taux de participation des travailleurs âgés;
·renforcer les actions pour lutter efficacement contre la planification fiscale agressive afin d’éviter les distorsions de concurrence entre les entreprises, de garantir le traitement équitable des contribuables dans l’UE et de protéger les finances publiques;
·remédier à la pénurie persistante de logements, ce qui contribuera à réduire les inégalités et à rendre le pays plus attrayant pour les travailleurs, cette pénurie constituant un obstacle à l’investissement et à la croissance à moyen terme et risquant de devenir un désavantage concurrentiel pour l’économie;
·s’attaquer à une congestion routière croissante, qui constitue un défi majeur au Luxembourg, avec des conséquences économiques, sociales et environnementales;
·réduire la dépendance aux combustibles fossiles et accélérer la transition écologique, notamment en promouvant les compétences nécessaires pour la transition écologique, en investissant dans les énergies renouvelables et en promouvant l’efficacité énergétique, particulièrement dans les bâtiments et les transports;
·stimuler la productivité en soutenant les investissements des entreprises, en particulier dans la recherche et l’innovation;
·réduire l’impact des inégalités sur les performances des élèves et promouvoir l’égalité des chances pour tous les étudiants dans le système éducatif.
Annexes
Liste des annexes
Indicateurs transversaux 27
A1.Objectifs de développement durable27
A2.Progrès accomplis dans la mise en oeuvre des recommandations par pays33
A3.Vue d’ensemble des plans pour la reprise et la résilience31
A4.Autres instruments de l’UE pour la reprise et la croissance33
A5.Résilience36
Durabilité environnementale 40
A6.Pacte vert pour l’Europe40
A7.Sécurité et accessibilité financière de l’énergie46
A8.Transition équitable vers la neutralité climatique50
Productivité 51
A9.Efficacité et circularité des ressources53
A10.Transformation numérique56
A11.Innovation59
A12.Industrie et marché unique62
A13.Administration publique66
Équité 69
A14.Défis stratégiques en matière d’emploi, de compétences et de politique sociale à la lumière du socle européen des droits sociaux56
A15.Éducation et formation72
A16.Santé et systèmes de santé75
A17.Performance économiques et sociales au niveau régional77
Stabilité macroéconomique 79
A18.Principales évolutions dans le secteur financier79
A19.Fiscalité82
A20.Tableau des indicateurs économiques et financiers86
A21.Analyse de la soutenabilité de la dette88
A22.Matrice d’évaluation des déséquilibres macroéconomiques91
LISTE DES TABLEAUX
A2.1: Tableau de synthèse des recommandations par pays 2019-2022
A3.1: Principaux éléments du PRR du Luxembourg
A5.1: Indices de résilience résumant la situation dans l’ensemble des dimensions et domaines du tableau de bord de la résilience
A6.1: Indicateurs permettant de suivre les progrès accomplis dans la réalisation du pacte vert pour l’Europe d’après une perspective macroéconomique
A7.1: Principaux indicateurs en matière d’énergie
A8.1: Indicateurs clés pour une transition équitable au Luxembourg
A9.1: Indicateurs globaux et systémiques de suivi de la circularité
A10.1: Objectifs clés de la décennie numérique suivis par les indicateurs de l’indice DESI
A11.1: Principaux indicateurs en matière d’innovation
A12.1: Industrie et marché unique
A13.1: Indicateurs relatifs à l’administration publique
A14.1: Tableau de bord social pour le Luxembourg
A14.2: Situation du Luxembourg en ce qui concerne les objectifs en matière d’emploi, de compétences et de réduction de la pauvreté à l’horizon 2030
A15.1: Objectifs à l’échelle de l’UE et autres indicateurs contextuels au titre du cadre stratégique de l’espace européen de l’éducation
A.16.1: Principaux indicateurs en matière de santé
A17.1: Selection d'indicateurs concernant le Luxembourg
A18.1: Indicateurs de solidité financière
A19.1: Indicateurs de la fiscalité
A20.1: Principaux indicateurs économiques et financiers
A21.1: Analyse de la soutenabilité de la dette - Luxembourg
A21.2: Carte thermique des risques en matière de viabilité des finances publiques - Luxembourg
A22.1: Matrice d’évaluation des déséquilibres macroéconomiques
LISTE DES GRAPHIQUES
A1.1: Écart de l’inflation sous-jacente (1) au Luxembourg par rapport à la zone euro (en glissement annuel) 27
A1.1: Progrès accomplis dans la réalisation des ODD au Luxembourg au cours des cinq dernières années
A2.1: Progrès du Luxembourg dans la réalisation des recommandations par pays de 2019 à 2022 (Semestre européen 2023)
A3.1: Part des fonds de la FRR contribuant à chaque pilier
A3.2: Total des subventions versées au titre de la FRR
A4.1: Fonds de la politique de cohésion 2021-2027 au Luxembourg: budget par fonds
A4.2: Synergies entre les fonds de la politique de cohésion et la FRR et ses six piliers au Luxembourg
A4.3: Contribution des fonds de la politique de cohésion aux ODD pour les périodes 2014-2020 et 2021-2027 au Luxembourg
A6.1: Thématique – Émissions de gaz à effet de serre des secteurs visés par la répartition de l’effort en millions de tonnes équivalent CO2, 2005-2021
A6.2: Thématique – bouquet énergétique (haut) et bouquet électrique (bas), 2021
A6.3: Thématique – besoins en investissements environnementaux et investissements actuels, par an, 2014-2020
A7.1: Part de la consommation de gaz par secteur, 2021
A7.2: Prix de détail de l’énergie au Luxembourg pour l’industrie (haut) et les ménages (bas)
A8.1: Défis d’une transition équitable au Luxembourg
A8.2: Effets distributifs des prix de l’énergie dus à l’augmentation des dépenses énergétiques (2021-2023)
A9.1: Évolution de l’utilisation des matières premières
A9.2: Traitement des déchets urbains
A11.1: Dépenses de R&D des entreprises en % du PIB, 2011-2021
A12.1: Évolution de la productivité de la main-d’œuvre, ensemble de l’économie (indice, 100 = 07T4)
A12.2: Environnement des entreprises et moteurs de la compétitivité
A13.1: Luxembourg. Administration publique Proportion de femmes et d’hommes occupant des postes à responsabilité. Données de 2022
A13.2: Luxembourg. a) Analyse d’impact réglementaire, b) Association des parties prenantes et c) Évaluation ex post de la législation
A15.1: évolution de la compréhension écrite en allemand en troisième année de primaire, en fonction du statut socio-économique entre 2018 et 2020
A16.1: Espérance de vie à la naissance, en années
A16.2: Hausse prévue des dépenses publiques dans le secteur des soins de santé entre 2019 et 2070
A18.1: Taille des intermédiaires financiers et du marché obligataire au Luxembourg, fin 2021
A19.1: Coin fiscal sur les premiers et les seconds apporteurs de revenu en pourcentage du coût total de la main-d’œuvre, 2022
A19.2: risque lié à l’activité financière au Luxembourg: flux de dividendes et d’intérêts, et utilisation d’entités à vocation spéciale pour les investissements étrangers directs (IED)
La présente annexe contient une évaluation des progrès accomplis par le Luxembourg dans la réalisation des objectifs de développement durable (ODD), selon les quatre dimensions de la compétitivité durable. Les 17 ODD et les indicateurs qui leur sont associés constituent un cadre stratégique établi conformément au Programme de développement durable à l’horizon 2030 adopté par les Nations unies. Ce programme a pour but de mettre fin à toutes les formes de pauvreté ainsi que de lutter contre les inégalités, contre le changement climatique et contre la crise environnementale, tout en veillant à ce que personne ne soit laissé pour compte. L’Union européenne et ses États membres se sont engagés à respecter cet accord-cadre mondial historique et à jouer un rôle actif pour optimiser les progrès accomplis dans la réalisation des ODD. Le graphique ci-dessous est fondé sur l’ensemble d’indicateurs de l’UE pour les ODD conçu pour mesurer les progrès accomplis en vue de la réalisation des ODD dans l’UE.
| Graphique A1.1: Progrès accomplis dans la réalisation des ODD au Luxembourg au cours des cinq dernières années |
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| Source: Eurostat: dernière mise à jour du début avril 2023, sauf pour les indicateurs de l’Enquête de l’Union européenne sur les forces de travail (EFT), publiés le 27 avril 2023. Les données concernent principalement les périodes 2016-2021 ou 2017-2022. |
Si le Luxembourg progresse sur les indicateurs de suivi des ODD liés à la durabilité environnementale (ODD 2, 7, 12 et 13), il n’obtient de bons résultats que pour l’ODD 11 (Villes et communautés durables) et l’ODD 9 (Industrie, innovation et infrastructures). Le Luxembourg a réalisé des progrès, en particulier en ce qui concerne le pourcentage des terres agricoles affectées à l’agriculture biologique, qui a légèrement augmenté, passant de 3,5 % en 2016 à 5,2 % en 2021, mais continue à se situer sous la moyenne de l’UE, qui s’établit à 9,1 % (ODD 2). En ce qui concerne l’ODD 7 (Énergie propre et d’un coût abordable), la part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie a plus que doublé (de 5,4 % en 2016 à 11,7 % en 2021, la moyenne de l’UE étant de 21,8 %), tandis que la dépendance à l’égard des importations d’énergie exprimée en pourcentage des importations brutes d’énergie disponible a diminué (passant de 96,3 % en 2016 à 92,5 % en 2021), mais reste supérieure à la moyenne de l’UE (55,5 %). Les émissions moyennes de CO2 par km des voitures particulières neuves (ODD 12) se sont améliorées, baissant de 126,1 g de CO2 par km en 2016 à 123,8 g en 2021 (toujours au-dessus de la moyenne de l’UE, qui est de 116,3 g). Le Luxembourg a également enregistré une amélioration des émissions nettes de gaz à effet de serre (ODD 13), qui ont chuté, passant de 19,2 tonnes par habitant en 2016 à 16,9 tonnes en 2021, mais restent supérieures à la moyenne de l’UE (7,4 tonnes). Le pays a encore amélioré ses performances en matière de recyclage des déchets urbains exprimés en pourcentage du total des déchets produits (ODD 11), passant de 49,2 % en 2016 à 55,3 % en 2021, ce qui est nettement supérieur à la moyenne de l’UE (49,6 %). Le plan pour la reprise et la résilience (PRR) du Luxembourg contient le plus haut pourcentage de mesures écologiques (68,8 %) des 22 PRR approuvés en 2021; ces mesures ciblent en particulier la décarbonation des transports.
Le Luxembourg affiche de bons résultats en ce qui concerne certains indicateurs de suivi des ODD relatifs à l’équité (ODD 3, 4, 5 et 10) et améliore ses performances relativement à d’autres indicateurs (ODD 7 et 8). Le pourcentage de personnes de 16 ans ou plus déclarant être en bonne ou en très bonne santé a augmenté, passant de 69,2 % en 2016 à 76,5 % en 2021 (moyenne de l’Union: 69,0 %). En ce qui concerne l’ODD 4 (Éducation de qualité), le taux de diplômés de l’enseignement supérieur en pourcentage de la population âgée de 25 à 64 ans a bondi de 51,3 % en 2017 à 61,0 % en 2022, ce qui est bien au-dessus de la moyenne de l’UE (42,0 %), et le pourcentage de la population adulte ayant participé à des activités d’apprentissage au cours des 4 dernières semaines est passé de 17,2 % en 2017 à 18,1 % en 2022 (moyenne de l’UE: 11,9 %). En revanche, le pourcentage de jeunes ne travaillant pas et ne suivant ni études ni formation a légèrement augmenté, passant de 6,6 % de la population âgée de 15 à 29 ans à 6,8 %, mais reste inférieur à la moyenne de l’UE (11,7 %). En ce qui concerne l’ODD 5 (Égalité entre les sexes), le Luxembourg a progressé tant en ce qui concerne l’écart entre les hommes et les femmes en matière d’emploi (passant de 7,9 % des personnes âgées de 20 à 64 ans en 2017 à 6,5 % en 2022, contre 10,7 % en moyenne dans l’UE) qu’au niveau des sièges occupés par des femmes au gouvernement et dans les parlements nationaux, avec un pourcentage en hausse, passé de 28,3 % en 2017 à 35,0 % en 2022, et se situant maintenant au-dessus de la moyenne de l’UE (32,5 %). Le PRR comprend des mesures visant à renforcer la résilience du système de santé, notamment par la numérisation du secteur.
Sur le plan de la productivité, le Luxembourg s’éloigne de l’ODD 4, enregistre une amélioration concernant l’ODD 9 et doit rattraper son retard au niveau de l’ODD 8. Les dépenses intérieures brutes consacrées aux activités de R & D (ODD 9) ont chuté, passant de 1,27 % du PIB en 2016 à 1,02 % en 2021, tandis que la moyenne de l’UE a augmenté pour atteindre 2,26 %. Le nombre de jeunes ayant quitté prématurément le système d’éducation et de formation (ODD 4) exprimé en pourcentage de la population âgée de 18 à 24 ans est passé de 7,3 % en 2017 à 8,2 % en 2022 et se rapproche ainsi de la moyenne de l’UE (9,6 %). En ce qui concerne l’ODD 8, bien que le PIB réel par habitant demeure le plus élevé de l’UE malgré une légère baisse, de 84 020 euros par habitant en 2017 à 83 940 euros en 2022 (moyenne de l’UE: 28 820 euros), le taux de risque de pauvreté des travailleurs exprimé en pourcentage de la population s’est accru, passant de 10,9 % en 2016 à 13,5 % en 2021, soit un niveau supérieur à la moyenne de l’UE (8,9 %). Le PRR envisage plusieurs réformes et investissements destinés à promouvoir une économie fondée sur les données ainsi que la numérisation de l’administration publique. Il comprend également des mesures visant à améliorer les compétences, le perfectionnement et la reconversion professionnels afin de faciliter l’accès au marché du travail. Les formations proposées dans le cadre de l’initiative «FutureSkills» figurant dans le PRR ont ciblé les demandeurs d’emploi, et tout particulièrement les personnes âgées de 45 ans et plus.
Le Luxembourg obtient de bons résultats en ce concerne l’ODD 16 relatif à la stabilité macroéconomique, s’améliore sur le plan de l’ODD 8, mais s’éloigne de l’ODD 17. La dette publique brute (ODD 17) a augmenté, passant de 21,8 % du PIB en 2017 à 24,6 % en 2022, mais reste très faible par rapport à la moyenne de l’UE (84,0 %). En ce qui concerne l’ODD 8, le taux d’emploi de la population âgée de 20 à 64 ans est passé de 71,5 % en 2017 à 74,8 % en 2022 (moyenne de l’UE: 74,6 %), et le taux de chômage de longue durée exprimé en pourcentage de la population active a chuté de 2,1 % en 2017 à 1,3 % en 2022 (moyenne de l’UE: 2,4 %). Par ailleurs, la part des investissements par rapport au PIB a diminué, passant de 17,3 % en 2016 à 16,6 % en 2021, soit à un niveau nettement inférieur à la moyenne de l’UE (23,2 %). La perception de l’indépendance du système judiciaire s’est améliorée (très bonne et plutôt bonne), passant de 72 % d’avis positifs au sein de la population en 2017 à 77 % en 2022, soit un taux bien plus élevé que la moyenne de l’UE (53 %). Le PRR du Luxembourg comporte des mesures visant à promouvoir une économie transparente et équitable. Ces mesures ont notamment pour but d’améliorer l’efficacité de la supervision des professionnels qui fournissent des services aux sociétés et fiducies dans le cadre de la lutte contre le blanchiment de capitaux. Une autre mesure visant à renforcer la qualité et la transparence du répertoire d’entreprises aidera les autorités à mieux identifier les bénéficiaires finals des entités juridiques. Cela dissuaderait les criminels d’utiliser ces entités pour blanchir des fonds illicites
Étant donné que les ODD constituent un cadre global, tous les liens avec les ODD pertinents sont expliqués ou représentés au moyen de pictogrammes dans les autres annexes.
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La Commission a évalué les recommandations par pays adressées entre 2019 et 2022 au Luxembourg dans le cadre du Semestre européen. Ces recommandations concernent un large éventail de domaines d’action liés à 9 des 17 objectifs de développement durable (voir l’annexes 1 et 3). Cette évaluation tient compte des mesures stratégiques adoptées par le Luxembourg à ce jour ainsi que des engagements formulés par le pays dans son plan de relance et de résilience (PRR). À ce stade de la mise en œuvre du PRR, 71 % des recommandations par pays axées sur des questions structurelles pour la période 2019-2022 ont enregistré au moins «certains progrès», tandis que 18 % ont enregistré des «progrès limités» (voir le graphique A2.1). Étant donné que la mise en œuvre du PRR se poursuit, des progrès considérables sont escomptés dans la réalisation des recommandations structurelles par pays dans les années à venir.
| Graphique A2.1: Progrès du Luxembourg dans la réalisation des recommandations par pays de 2019 à 2022 (Semestre européen 2023) |
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| Source: Commission européenne |
Tableau A2.1: Tableau de synthèse des recommandations par pays 2019-2022

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