COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 5.7.2023
SWD(2023) 801 final
DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION
Rapport 2023 sur l’état de droit
Chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Belgique
accompagnant le document
COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS
Rapport 2023 sur l’état de droit
La situation de l’état de droit dans l’Union européenne
{COM(2023) 800 final} - {SWD(2023) 802 final} - {SWD(2023) 803 final} - {SWD(2023) 804 final} - {SWD(2023) 805 final} - {SWD(2023) 806 final} - {SWD(2023) 807 final} - {SWD(2023) 808 final} - {SWD(2023) 809 final} - {SWD(2023) 810 final} - {SWD(2023) 811 final} - {SWD(2023) 812 final} - {SWD(2023) 813 final} - {SWD(2023) 814 final} - {SWD(2023) 815 final} - {SWD(2023) 816 final} - {SWD(2023) 817 final} - {SWD(2023) 818 final} - {SWD(2023) 819 final} - {SWD(2023) 820 final} - {SWD(2023) 821 final} - {SWD(2023) 822 final} - {SWD(2023) 823 final} - {SWD(2023) 824 final} - {SWD(2023) 825 final} - {SWD(2023) 826 final} - {SWD(2023) 827 final}
Résumé
L’indépendance du pouvoir judiciaire devrait encore augmenter avec le transfert des pouvoirs de gestion budgétaire de l’exécutif au secteur judiciaire, prévu pour 2024. À la suite des critiques formulées par le Conseil supérieur de la justice, le gouvernement réfléchit actuellement aux modifications à apporter à la proposition d’introduction de contrôles de sécurité réguliers effectués par l’Agence nationale de sécurité sur tous les juges, laquelle, sans cela, susciterait des préoccupations. En ce qui concerne le manque de budget et les pénuries de personnel dans le système judiciaire, malgré d’importants investissements et initiatives, des lacunes structurelles persistent en matière de ressources. De nouvelles directives contraignantes interdisent l’enregistrement des réunions entre avocats et clients, ce qui permet de préserver la confidentialité entre avocats et clients. Un certain nombre de mesures ont été prises pour accroître sensiblement le niveau de numérisation du système judiciaire d’ici à 2026, notamment en autorisant la soumission des documents par voie électronique. Un manque persistant de données sur les procédures judiciaires freine encore les progrès en matière d’efficience de la justice, alors que des efforts sont en cours pour cartographier l’arriéré judiciaire.
Des éléments relatifs à la lutte contre la corruption sont inclus dans diverses stratégies et divers plans d’action pertinents. L’Office central pour la répression de la corruption et le parquet continuent de s’attaquer aux affaires de corruption à haut niveau, malgré des ressources globalement limitées. Des mesures spécifiques sont prises pour lutter contre la corruption liée aux groupes criminels organisés et au trafic de drogue, qui est considéré comme un phénomène en expansion. Les enquêtes et les poursuites dans les affaires de corruption transnationale restent difficiles. En ce qui concerne la politique d’intégrité, le code de conduite des mandataires publics fédéraux doit être étendu à tous les membres des cabinets ministériels. Un code de conduite a été mis en place pour les ministres et inclut des lignes directrices concernant les conflits d’intérêts, le pantouflage et les cadeaux et avantages. Toutefois, d’importantes lacunes subsistent dans la politique d’intégrité, tant pour les ministres et leurs cabinets que pour les députés, concernant des domaines tels que le pantouflage, ainsi que les règles relatives aux cadeaux et aux avantages, la prise de conscience générale de la notion de conflit d’intérêts étant faible. Des lacunes existent également en ce qui concerne les déclarations de patrimoine. Il n’existe toujours pas de politique d’intégrité cohésive au sein des forces de police, bien que plusieurs initiatives en matière d’intégrité soient en cours. Aucune mesure concrète n’a été prise en ce qui concerne la réforme de la législation sur le lobbying. Une nouvelle législation sur les lanceurs d’alerte couvrant le secteur privé et le secteur public à des degrés divers a été adoptée.
La liberté et le pluralisme des médias continuent d’être garantis par un cadre juridique solide prévoyant l’indépendance des régulateurs des médias et des radiodiffuseurs de service public. Toutefois, les délais de réaction et les procédures de recours concernant l’accès du public aux documents doivent encore être améliorés. La sécurité des journalistes reste un problème, en particulier en ligne, et des mesures sont prises pour l’améliorer. En Flandre, l’initiative PersVeilig a été lancée; elle prévoit une formation en matière de sécurité pour les journalistes, une assistance juridique et non juridique ad hoc et la possibilité de signaler des attaques.
Le contrôle juridictionnel exercé sur la législation relative à la pandémie de COVID-19 s’est poursuivi après la fin de l’état d’urgence épidémique en mars 2022. L’Institut fédéral des droits humains a continué de jouer un rôle actif au cours de sa deuxième année d’activité. Un institut flamand des droits humains distinct a été créé; il exige une coopération étroite entre les deux niveaux de gouvernance. Le non-respect par le gouvernement fédéral des décisions de justice et des ordonnances infligeant des astreintes suscite des inquiétudes. Certaines préoccupations ont été exprimées en ce qui concerne le paysage de la société civile.
Recommandations
Dans l’ensemble, en ce qui concerne les recommandations figurant dans le rapport 2022 sur l’état de droit, la Belgique:
·a accompli certains progrès supplémentaires en ce qui concerne les mesures visant à fournir des ressources humaines et financières suffisantes au système de justice dans son ensemble, en tenant compte des normes européennes sur les ressources du système de justice;
·a accompli des progrès significatifs dans le renforcement du cadre d’intégrité en ce qui concerne l’extension du code de conduite existant à tous les membres des cabinets ministériels, certains progrès en ce qui concerne les règles sur les cadeaux et les avantages accordés aux membres du Parlement et du gouvernement et certains progrès en ce qui concerne les règles sur le (rétro)pantouflage pour le gouvernement et ses cabinets;
·n’a accompli aucun progrès dans l’achèvement de la réforme législative sur le lobbying, notamment en ce qui concerne un registre de transparence et une empreinte législative applicables à la fois aux membres du Parlement et du gouvernement;
·a accompli certains progrès dans le renforcement du cadre régissant l’accès aux documents officiels, notamment en améliorant les procédures de demande et de recours, tout en tenant compte des normes européennes sur l’accès aux documents officiels.
Sur cette base, et eu égard aux autres évolutions intervenues au cours de la période de référence, il est recommandé à la Belgique de prendre les mesures suivantes:
·poursuivre encore les efforts accomplis pour fournir des ressources humaines et financières suffisantes au système de justice dans son ensemble, en tenant compte des normes européennes sur les ressources du système de justice;
·renforcer le cadre d’intégrité, notamment en adoptant des règles sur les cadeaux et les avantages accordés aux membres du Parlement et du gouvernement et en renforçant les règles sur le (rétro)pantouflage pour le gouvernement et ses cabinets;
·achever la réforme législative sur le lobbying, en établissant un cadre comprenant un registre de transparence et une empreinte législative applicables à la fois aux membres du Parlement et du gouvernement;
·poursuivre les efforts visant à renforcer le cadre régissant l’accès aux documents officiels, notamment en améliorant les procédures de demande et de recours, tout en tenant compte des normes européennes sur l’accès aux documents officiels.
I.Système de justice
Le système de justice comprend 13 tribunaux de première instance de droit commun , un certain nombre de tribunaux de première instance spécialisés , cinq cours d’appel, une Cour de cassation et une Cour constitutionnelle. La branche juridictionnelle, dite «section du contentieux administratif», du Conseil d’État fait office de juridiction administrative suprême. Les cours d’assises, qui sont des juridictions non permanentes, examinent les affaires pénales les plus graves . La Cour constitutionnelle a compétence exclusive pour contrôler la constitutionnalité de la législation. La plupart des compétences en matière de justice sont fédérales . L’indépendance des juges et du ministère public est consacrée dans la constitution . Un Conseil supérieur de la justice indépendant est chargé du recrutement des magistrats et de l’amélioration de la qualité de la justice, grâce à des mécanismes de contrôle comme des audits; il rend également des avis au gouvernement et au Parlement sur des questions liées à la justice, à la demande de ces derniers ou de sa propre initiative. Les candidats à un poste de magistrat sont sélectionnés par le Conseil supérieur de la justice et sont nommés à vie par le Roi, sur proposition du ministre de la justice . Le Collège des cours et tribunaux, composé de présidents de juridictions élus par leurs pairs, est responsable du fonctionnement général des juridictions. L’Ordre des barreaux flamands et l’Ordre des barreaux francophones et germanophone représentent les avocats des différentes parties du pays. La Belgique participe au Parquet européen.
Indépendance
Le niveau d’indépendance du pouvoir judiciaire en Belgique reste perçu comme étant élevé dans l’opinion publique, et est désormais perçu comme étant moyen par les entreprises. Au total, 66 % du grand public et 59 % des entreprises perçoivent le degré d’indépendance des juridictions et des juges en 2023 comme étant «plutôt satisfaisant» ou «très satisfaisant» . Selon les données du tableau de bord 2023 de la justice dans l’UE, aucune tendance claire ne peut être observée dans l’évolution du niveau d’indépendance tel qu'il est perçu par le grand public depuis 2016. Néanmoins, ce chiffre a augmenté par rapport à 2022 (60 %) et à 2016 (62 %). Le pourcentage d'entreprises percevant la justice comme étant indépendante a diminué par rapport à 2022 (63 %), bien qu’il reste supérieur à celui de 2016 (54 %).
L’indépendance du pouvoir judiciaire devrait encore augmenter grâce au transfert des pouvoirs de gestion budgétaire de l’exécutif au secteur judiciaire, prévu pour 2024 . Une fois ce transfert achevé, les trois «piliers» du pouvoir judiciaire (la Cour de cassation, le Collège des cours et tribunaux et le Collège des procureurs généraux) seront directement responsables de la gestion des budgets et de la politique du personnel , y compris des décisions relatives au transfert des magistrats et du personnel des juridictions visés dans le rapport 2022 sur l’état de droit . La loi adoptée le 26 décembre 2022 en ce qui concerne l’organisation judiciaire permet déjà une plus grande flexibilité dans la répartition des ressources humaines entre les entités judiciaires . Le Conseil supérieur de la justice a poursuivi ses efforts pour améliorer les garanties en matière d’indépendance de la justice, notamment en établissant des rapports sur les procédures disciplinaires appliquées à l’égard des juges et des procureurs et sur les initiatives prises en ce qui concerne le respect des principes éthiques généraux qui leur sont applicables . Un premier rapport consolidé sur les mesures disciplinaires a été adopté par l’assemblée générale du Conseil supérieur de la justice le 23 novembre 2022 . Le 12 avril 2022, le Conseil supérieur de la justice a également rendu un avis consultatif sur la déclaration de patrimoine des magistrats et sur l’enregistrement de leurs activités annexes .
À la suite des critiques formulées par le Conseil supérieur de la justice, le gouvernement réfléchit actuellement aux modifications à apporter à la proposition d’introduction de contrôles de sécurité réguliers effectués par l’Agence nationale de sécurité sur tous les juges, laquelle, sans cela, susciterait des préoccupations. Le ministre de la justice a proposé de mettre en place des contrôles de sécurité initiaux et réguliers (tous les cinq ans) effectués par l’Agence nationale de sécurité sur les magistrats et le personnel du pouvoir judiciaire . Cette proposition a été critiquée par le Conseil supérieur de la justice , qui soutient que la proposition menace la séparation des pouvoirs en raison du risque d’ingérence de l’exécutif dans le fonctionnement du pouvoir judiciaire. Le Conseil supérieur fait également valoir que la proposition ne respecte pas les principes de légalité, de sécurité juridique, de droit à un procès équitable et de proportionnalité car elle s’appliquerait indistinctement à tout magistrat et personnel de justice en poste ou à tout candidat à ces postes, sous peine de lourdes sanctions . Enfin, le Conseil supérieur soutient qu’il existe déjà des garanties d’intégrité, notamment dans le cadre de la déontologie et de la discipline judiciaire. Il importe que le régime des contrôles de sécurité tienne compte des normes européennes en matière d’indépendance et d’autonomie de la justice applicables aux procureurs, lesquelles prévoient que «l’indépendance signifie que [la justice] n’est soumise à aucune pression extérieure ni à aucune influence ou manipulation politique, surtout émanant de l’exécutif» . Le contrôle de sécurité appliqué à des juges, en particulier lorsqu’il est effectué par un organe exécutif, peut constituer une telle pression extérieure . L’introduction de contrôles de sécurité réguliers de ce type sur tous les magistrats (et membre du personnel judiciaire) en poste, qui sont menés par l’Agence nationale de sécurité, organe placé sous le contrôle de l’exécutif, susciterait des inquiétudes. La proposition n’a pas encore été adoptée par le gouvernement et une proposition révisée tenant compte de l’avis du Conseil supérieur est en cours d’élaboration .
De nouvelles directives contraignantes interdisent l’enregistrement des réunions entre avocats et clients, ce qui permet de préserver la confidentialité entre avocats et clients. Les rapports 2022 et 2021 sur l’état de droit mentionnaient le fait que des réunions entre des suspects dans les procédures pénales et leurs avocats qui ont eu lieu dans un commissariat de police avaient pu être enregistrées, ce qui a suscité des allégations de violation de la confidentialité entre avocats et clients . Des enquêtes pénales concernant ces violations présumées sont toujours en cours . Le 22 juillet 2022, le Collège des procureurs généraux a rédigé de nouvelles directives contraignantes précisant que la police n’est pas autorisée à enregistrer les réunions entre les suspects et leurs avocats dans un commissariat de police . Dans le même temps, les barreaux indiquent que les autorités publiques, y compris les ministres du gouvernement critiquant les avocats au motif qu'ils défendent certains clients, entravent de plus en plus le libre exercice de leur profession .
Qualité
Des progrès supplémentaires ont été accomplis en ce qui concerne la mise à disposition de ressources humaines et financières suffisantes au sein du système judiciaire mais malgré des initiatives et investissements importants, des lacunes structurelles en matière de ressources persistent. Le rapport 2022 sur l’état de droit recommandait à la Belgique de poursuivre les mesures visant à fournir des ressources humaines et financières suffisantes au système de justice dans son ensemble, en tenant compte des normes européennes sur les ressources du système de justice. Comme indiqué dans les rapports 2020, 2021 et 2022 sur l’état de droit , le manque de ressources humaines et financières adéquates reste un défi pour le système de justice. Selon le tableau de bord 2023 de la justice dans l’UE, le nombre de juges professionnels pour 100 000 habitants en 2021 est resté inférieur à la moyenne de l’UE . Le budget consacré au système judiciaire est également inférieur à la moyenne de l’UE . Un exemple particulièrement alarmant concerne la Cour d’appel de Bruxelles qui a fait l’objet d’un audit de la part du Conseil supérieur de la justice concluant que d’autres problèmes pourraient surgir en raison de la combinaison des pénuries de personnel, de la lourdeur de la charge de travail et de la complexité des affaires traitées . Le plan 2021 du gouvernement prévoyait des ressources financières supplémentaires pour le système judiciaire. Dans ce contexte, de nouvelles initiatives politiques et législatives ont été prises pour remédier au manque de budget et de personnel . En 2022, ces ressources financières supplémentaires ont continué d’être réparties entre les trois piliers du pouvoir judiciaire . Le Conseil supérieur de la justice indique que, bien que de sérieux efforts soient consentis dans le domaine du recrutement, la question de la disponibilité de ressources humaines suffisantes continue de susciter des préoccupations, en particulier en ce qui concerne certaines cours d’appel . La Cour de cassation et le Conseil supérieur de la justice soulignent que la carrière de juge et de procureur souffre manifestement d’un manque d’attractivité, mais que des tentatives sont faites pour y remédier. Le gouvernement prépare par exemple une proposition de «statut social» visant à améliorer les conditions de travail des magistrats . Dans le cadre de son suivi de l’arriéré d’affaires mentionné pour la première fois dans l’affaire Bell c. Belgique de la Cour européenne des droits de l’homme de 2008, le Comité des ministres du Conseil de l’Europe plaide en faveur d’une «perspective structurelle à long terme» en ce qui concerne le personnel judiciaire et le budget de la justice . En outre, le Comité et plusieurs parties prenantes ont fait part de leurs préoccupations quant au choix de l’exécutif de subordonner l’allocation de ressources supplémentaires aux résultats, ce qui pourrait nuire à la qualité du travail judiciaire, à son indépendance et à l’accès effectif des citoyens à la justice . Tout cela montre que, malgré les efforts déployés par le gouvernement pour augmenter le budget du système judiciaire, des lacunes structurelles persistent en matière de ressources et des pénuries de budget et de personnel dans le système judiciaire restent un défi important . Par conséquent, certains progrès ont été accomplis en ce qui concerne la recommandation formulée dans le rapport de 2022.
De nouvelles mesures ont été mises en œuvre pour continuer à améliorer la qualité du système de justice. Conformément aux recommandations du GRECO , les formulaires types concernant les rapports des tribunaux et du ministère public sur leur activité annuelle et leur fonctionnement ont été adaptés en 2022 . Les seuils d’éligibilité à l’aide juridictionnelle n’ont cessé d’augmenter, selon des montants fixes jusqu’en 2023. À partir de 2024, le montant sera indexé chaque année en fonction de l’évolution de l’indice des prix à la consommation . Une légère augmentation est observée en ce qui concerne le nombre de personnes ayant eu accès à l’aide juridictionnelle au cours des années 2021-2022 par rapport aux années 2020-2021 . D’un point de vue comparatif, le tableau de bord 2023 de la justice dans l’UE montre que, dans les affaires de consommation, les seuils d’accès à l’aide juridictionnelle restent supérieurs au seuil de pauvreté Eurostat . Enfin, le Conseil supérieur de la justice procédera à une nouvelle évaluation de l’enquête judiciaire sur le décès de Jozef Chovanec une fois que l’enquête judiciaire en cours sera terminée .
Un certain nombre de mesures ont été prises pour accroître sensiblement le niveau de numérisation du système judiciaire d’ici à 2026, notamment en autorisant la soumission des documents par voie électronique. Le plan de transformation numérique du gouvernement vise à doter toutes les cours et tous les tribunaux belges d’un système de gestion numérique des affaires . Certaines mesures ont déjà été prises pour mettre en œuvre le plan. Ainsi, la plateforme Just-on-Web a été mise à la disposition du public en 2022. Elle permet aux citoyens de demander l’accès aux dossiers judiciaires et de les consulter, de soumettre des documents aux tribunaux, d’introduire des demandes, de gérer le paiement des amendes routières et pénales, de soumettre des documents aux cours et tribunaux et de demander des documents au service de l’état civil. Ces évolutions se reflètent également dans le tableau de bord 2023 de la justice dans l’UE, qui montre une amélioration du niveau de numérisation de la justice en Belgique . En outre, un projet de loi sur l'organisation d'audiences par vidéoconférence dans le cadre des procédures judiciaires en matière civile et pénale a été approuvé par le gouvernement le 23 décembre 2022 et sera soumis au Parlement pour discussion, après réception de l’avis du Conseil d’État et de l’Autorité chargée de la protection des données. La base juridique du registre central des décisions judiciaires a été publiée au Moniteur belge le 24 octobre 2022 . Tout en reconnaissant les efforts considérables déployés pour accroître la numérisation de la justice, les praticiens estiment que le système judiciaire reste insuffisamment numérisé .
Efficience
Si un manque persistant de données sur les procédures judiciaires freine encore les progrès en matière d’efficience de la justice, la cartographie de l’arriéré judiciaire est en cours. Des lacunes importantes subsistent en ce qui concerne la disponibilité des données relatives aux procédures judiciaires . Le Comité des ministres du Conseil de l’Europe poursuit sa surveillance renforcée de la Belgique en ce qui concerne la durée excessive des procédures civiles en première instance et s’est à nouveau déclaré profondément préoccupé par l’absence persistante de données statistiques complètes sur les tribunaux civils de première instance . Il ressort des données limitées actuellement disponibles que le taux d’affaires tranchées en première instance a augmenté de plus de 100 % pour les affaires civiles et commerciales en 2021 , et de plus de 130 % pour les affaires administratives . En outre, le taux global de liquidation des affaires pendantes devant la Cour de cassation pour 2021 était supérieur à 100 % pour les litiges civils et commerciaux, mais inférieur à 100 % pour les affaires de droit administratif et pénal (respectivement 78,6 % et 94,8 %) . Des retards particulièrement importants sont signalés dans certaines juridictions, dont la Cour d’appel de Bruxelles . Comme indiqué ci-dessus dans le contexte de la qualité du système judiciaire, le Conseil supérieur de la justice a procédé à un audit approfondi de son fonctionnement et a publié, en 2022, un rapport contenant des recommandations . Le Collège des cours et tribunaux et le Parquet préparent actuellement un modèle pour une meilleure répartition des ressources en tenant compte de leur charge de travail. Ils ont achevé la première phase de recensement de l’arriéré judiciaire dans les différents tribunaux en 2021 et analysent actuellement les résultats .
II.Cadre de lutte contre la corruption
La compétence d’enquêter sur la corruption et d’engager des poursuites à cet égard est partagée entre plusieurs autorités. L’Office central pour la répression de la corruption (OCRC) reste le service central spécialisé au sein de la police fédérale compétent pour enquêter sur les graves délits de corruption et soutenir les enquêtes sur ces dernières. Le Comité P est l’organe externe indépendant de contrôle des forces de police, chargé de surveiller le respect des règles d’intégrité. La Cour des comptes exerce un contrôle externe sur les opérations budgétaires, comptables et financières de l’État fédéral, tandis que le Corps interfédéral de l’Inspection des finances est un service public qui effectue des tâches de contrôle relatives à la légalité, la faisabilité budgétaire et le caractère opportun des dépenses publiques. La cellule «Intégrité et culture» au sein du SPF Stratégie et Appui (BOSA) deviendra la «Cellule Intégrité» et restera chargée d’élaborer la politique fédérale en matière d’intégrité et de veiller à l’intégrité des fonctionnaires fédéraux. La Commission fédérale de déontologie exerce un rôle consultatif en matière de déontologie auprès du Parlement. D’autres systèmes et institutions de prévention existent au niveau régional. La lutte contre la corruption fait partie des stratégies et des plans d’action pertinents, alors qu’il n’existe pas de cadre stratégique unique de lutte contre la corruption; il n’existe pas non plus d’organe de coordination global chargé de la politique de lutte contre la corruption .
Les experts et les dirigeants d’entreprises perçoivent le niveau de corruption comme toujours relativement faible dans le secteur public. Dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International, publié en 2022, la Belgique obtient un score de 73/100 et se classe au 9e rang dans l’Union européenne et au 18e rang dans le monde . Cette perception est restée relativement stable au cours des cinq dernières années. L’enquête «Eurobaromètre spécial» de 2023 sur la corruption montre que 62 % des personnes interrogées estiment que la corruption est répandue dans leur pays (moyenne de l’UE: 70 %) et que 14 % des personnes interrogées se sentent personnellement touchées par la corruption dans leur vie quotidienne (moyenne de l’UE: 24 %). En ce qui concerne les entreprises, 54 % des entreprises estiment que la corruption est répandue (moyenne de l’UE: 65 %) et 30 % estiment que la corruption est un problème dans le monde des affaires (moyenne de l’UE: 35 %). En outre, 40 % des personnes interrogées estiment qu’il existe un nombre suffisant d’actions pénales ayant abouti à des condamnations pour décourager les pratiques de corruption (moyenne de l’UE: 32 %) , tandis que 43 % des entreprises estiment que les personnes et les entreprises poursuivies pour corruption d’un haut fonctionnaire sont sanctionnées de manière appropriée (moyenne de l’UE: 30 %) .
L’Office central pour la répression de la corruption (OCRC) et les parquets ont continué de s’attaquer à plusieurs affaires importantes de corruption à haut niveau, malgré des ressources globalement limitées. Il existe une bonne coopération entre l’OCRC et le ministère public , en particulier dans le cadre de multiples affaires complexes et à haut niveau qui ont été traitées au cours de la période de référence . Si les ressources de l’OCRC ont augmenté ces dernières années , elles restent globalement limitées, notamment au regard du nombre croissant d’affaires de corruption complexes . À l’OCRC, environ 60 enquêteurs travaillent sur des affaires de corruption. 80 % des affaires qu'ils traitent concernent des pots-de-vin payés aux fonctionnaires . Le gouvernement a proposé d’allouer des ressources supplémentaires à la police judiciaire fédérale . La coopération avec le Parquet européen se passe bien, seuls des problèmes mineurs ont été rapportés en ce qui concerne le signalement des affaires .
Des mesures spécifiques sont prises pour lutter contre la corruption liée aux groupes criminels organisés et au trafic de drogue, qui est considéré comme un phénomène en expansion, tandis que les règles d’intégrité au sein de la police font toujours défaut. Les enquêteurs signalent un nombre croissant de cas de corruption de fonctionnaires liés à la criminalité organisée (en lien avec la drogue, principalement), par exemple des fonctionnaires accédant à des bases de données alors qu'ils n'y sont pas autorisés afin d’obtenir des données spécifiques qu'ils transmettent à des groupes criminels en échange de paiements substantiels . Cette augmentation entraîne des difficultés dans la hiérarchisation des ressources, par exemple lorsqu’il s’agit de déterminer quelles affaires sont susceptibles de mener à l'arrestation de «chefs de bande» et quelles affaires se révèleront être des affaires «mineures» . Au début de l’année 2023, le gouvernement fédéral a nommé un magistrat fédéral «commissaire aux drogues», chargé de traiter tous les aspects liés à la criminalité organisée en matière de drogue, y compris la corruption et l’intégrité, de manière plus coordonnée et pluridisciplinaire . Dans ce contexte, la politique existante en matière d’intégrité au sein des forces de police semble insuffisante pour prévenir de manière adéquate les cas d’infiltration criminelle au sein des services répressifs. Les 184 zones de police locales ont des politiques d’intégrité disparates, peu d’aspects horizontaux étant partagés entre elles . Les zones de police plus petites ne sont pas en mesure ou désireuses d'appliquer une véritable politique d’intégrité, ce qui a également une incidence sur les mesures prises à l'égard d’éventuels cas d’infiltration criminelle . Néanmoins, un texte préfigurant une politique d’intégrité commune à l’ensemble de la police en est au stade final d'élaboration et, s’il est approuvé, il permettrait une coopération importante de l’ensemble de la police en matière d’intégrité . Les autorités n’ont pas progressé dans l’élaboration d’un code de déontologie destiné à l’ensemble de la police intégrée, comme le recommandait le GRECO et la cellule «Intégrité» de la police fédérale est toujours en sous-effectif et sous-financée . Toutefois, les résultats d’une évaluation de l’ensemble de la police ont débouché sur un certain nombre de propositions stratégiques concrètes sur l’importance de l’intégrité . Parmi les autres mesures visant à améliorer l’intégrité figurent un renforcement des contrôles du personnel travaillant dans les principaux ports , le recours à des équipes d’enquête pluridisciplinaires dans cinq grandes villes pour mieux lutter contre l’infiltration et une proposition visant à mieux aider les autorités locales dans leurs procédures de passation de marchés publics .
Des lacunes subsistent en ce qui concerne les enquêtes et les poursuites dans les affaires de corruption transnationale. Comme indiqué dans les précédents rapports sur l’état de droit, la mise en œuvre de certaines recommandations de l’OCDE, en particulier en ce qui concerne les enquêtes et les poursuites dans les affaires de corruption transnationale, n’a pas été menée à son terme, y compris en ce qui concerne le délai de prescription des enquêtes . Les enquêtes et les poursuites dans les affaires de corruption transnationale restent difficiles compte tenu de la complexité des opérations menées dans les pays tiers et de la situation en matière de ressources, ainsi que des difficultés générales à recueillir des preuves dans ces affaires . Le ministère public a signalé huit affaires de corruption transnationale enregistrées entre 2019 et 2022 .
Les transactions extrajudiciares et judiciaires en matière pénale sont encore considérées comme des éléments positifs par les services répressifs et sont régulièrement utilisées pour obtenir des résultats dans des affaires de corruption très médiatisées, malgré les critiques. La transaction pénale extrajudiciaire continue d’être utilisée pour les accords entre le ministère public et les personnes poursuivies afin d’abandonner la procédure sans reconnaissance de culpabilité. Selon le ministère public, 16 règlements de ce type ont été enregistrés dans des affaires de corruption au cours des quatre dernières années . Un audit du cadre actuel par le Conseil supérieur de la justice est en cours, et le Collège des procureurs généraux a envoyé une évaluation de la loi au ministère de la justice en mai 2022 . Une possibilité juridique donnée aux suspects de conclure une transaction judiciaire a été mise en lumière lors de sa toute première utilisation dans deux affaires de corruption à haut niveau; il en a résulté des actes d’enquête supplémentaires, et des suspects ont été poursuivis . Il s’agit notamment de la récente affaire de corruption très médiatisée impliquant des membres du Parlement européen . Si les services répressifs apprécient ces outils qui leur permettent d'être plus efficaces en matière de résultats, en particulier lorsqu’une affaire est au point mort sur le plan procédural ou proche du délai de prescription , des préoccupations subsistent quant au secret des accords passés et à l’équité de traitement .
Des progrès significatifs ont été accomplis en ce qui concerne le Code de conduite des mandataires publics fédéraux, qui doit être étendu à tous les membres des cabinets ministériels, bien que la politique d’intégrité applicable aux ministres, à leurs cabinets ainsi qu’aux membres du Parlement continue de présenter des lacunes. Le rapport 2022 sur l’état de droit recommandait à la Belgique de «[r]enforcer le cadre d’intégrité, notamment en adoptant un code de conduite applicable à tous les membres des cabinets ministériels [...]». Le 16 juin 2023, le gouvernement a adopté une loi qui étendrait l’application du code de conduite existant applicable aux mandataires publics fédéraux à l’ensemble des membres du gouvernement fédéral (c’est-à-dire y compris aux cabinets ministériels), alors qu’auparavant il ne s’appliquait qu’aux chefs et chefs adjoints de ces cabinets . Le Parlement doit encore se prononcer sur cette proposition. Cela fait suite aux avis relatifs à la proposition de la Commission fédérale de déontologie, qui a rendu un avis favorable en février 2023, bien qu’il lui ait été demandé d’élargir le champ d’application afin que le code s’applique également aux assistants parlementaires et au Conseil d’État . Des progrès significatifs ont donc été accomplis en ce qui concerne cette partie de la recommandation du rapport 2022 sur l’état de droit. Le 16 juin 2023, le gouvernement a aussi adopté et publié un code de conduite spécifique pour les ministres, comprenant des règles en matière d’intégrité, étant donné qu’actuellement les ministres ne sont pas couverts par le code de conduite précité applicable aux mandataires publics fédéraux. Ces orientations en matière d’intégrité pour les ministres faisaient auparavant uniquement l’objet de lettres internes non publiques envoyées par le Premier ministre . Elles comprennent des règles de conduite concernant l’intégrité, la responsabilité, les procédures en cas de conflits d’intérêts, l’acceptation et l’exercice d’autres rôles et fonctions, les cadeaux, l’indépendance, le respect de la vie privée, la transparence, les principes de confidentialité et de discrétion, et les obligations à l’issue du mandat. Toutefois, des lacunes subsistent dans la politique d’intégrité, notamment en raison de l’absence de tout mécanisme de suivi et d’exécution . Le gouvernement fédéral a adopté une interdiction de détachement à partir d'entreprises publiques cotées en bourse, à la suite de révélations selon lesquelles les cabinets de plusieurs ministres comprenaient des employés détachés qui étaient toujours payés par une telle entreprise, ce qui a suscité des allégations de conflits d’intérêts . Au niveau local, un certain nombre d’allégations de conflit d’intérêts impliquant des bourgmestres ont été constatées . Dans l’ensemble, ces affaires suscitent des inquiétudes quant à la faible prise de conscience de la notion de conflit d’intérêts à tous les niveaux de gouvernement. En ce qui concerne les marchés publics, l’Eurobaromètre Flash sur l’opinion des entreprises sur la corruption dans l’UE montre que 28 % des entreprises belges (moyenne de l’UE: 26 %) pensent que la corruption les a empêchées de remporter un appel d’offres ou un marché public dans la pratique au cours des trois dernières années .
La politique d’intégrité des fonctionnaires est en cours de réforme. Le code de déontologie non contraignant des fonctionnaires fédéraux a été mis à jour le 5 juillet 2022, l’accent étant mis sur cinq piliers. Le code contient des exemples concrets pour faciliter sa mise en œuvre . Par un arrêté royal portant sur la politique d’intégrité et la gestion de l’intégrité dans diverses organisations du secteur public fédéral, la cellule «Intégrité et culture» au sein du SPF Stratégie et Appui deviendra la «Cellule Intégrité» et aura pour responsabilité principale de veiller à l’intégrité des fonctionnaires fédéraux . En conséquence, chaque service public fédéral disposera également de son propre coordinateur de l’intégrité, qui sera le point de contact unique en la matière. Les coordinateurs de l’intégrité se rencontreront au sein d’un réseau fédéral sous l’égide de la Cellule . L’arrêté prévoit aussi l’élaboration d’un rapport public annuel sur la gestion de l’intégrité des organisations du secteur public fédéral.
Des lacunes subsistent en ce qui concerne la vérification et la transparence des déclarations de patrimoine et d’intérêts, malgré quelques progrès. Les lois relatives aux déclarations de patrimoine ont été révisées en 2022 afin d’inclure le «passif» en tant que catégorie à déclarer . L’objectif est de se conformer à une recommandation spécifique du GRECO . Le système de déclarations de patrimoine ne garantit pas une vérification et une transparence adéquates, étant donné que la Cour des comptes reçoit les déclarations sous pli fermé et que seuls les juges d’instruction ont accès aux déclarations dans le cadre d’enquêtes pénales . Il n'a pas été remédié à cette lacune dans le cadre de la récente révision législative. Si des consultations sur l’amélioration du système de déclaration de patrimoine sont en cours, aucun accord politique n’a été trouvé à ce jour . En ce qui concerne la déclaration de mandats supplémentaires, 9 573 personnes sur les 9 609 tenues par la loi de présenter une déclaration de leurs mandats en 2022 se sont conformées à cette exigence, mais en l’absence de vérification adéquate, la parfaite exactitude de la déclaration relève de la seule responsabilité individuelle de la personne qui la fait . Début 2023, la Commission fédérale de déontologie a publié un avis d’initiative concernant le cumul des fonctions dans le secteur public, dans lequel elle demande l’établissement d’une liste des mandats publics et la déclaration obligatoire de mandats publics multiples .
Certains progrès ont été accomplis en ce qui concerne les règles relatives aux cadeaux et aux avantages, étant donné que certaines dispositions s’appliquent à présent aux ministres, tandis que le Parlement ne dispose toujours pas de règles claires. Le rapport 2022 sur l’état de droit recommandait à la Belgique de «renforcer le cadre d’intégrité, notamment en adoptant [...] des règles sur les cadeaux et les avantages accordés aux membres du Parlement et du gouvernement [...]». Les lacunes relevées dans les précédents rapports sur l’état de droit n’ont pas encore été totalement corrigées. Le Parlement ne dispose toujours pas de règles claires et cohérentes en ce qui concerne les cadeaux et les avantages.
Le code de conduite applicable aux ministres, adopté le 16 juin, comprend des règles concernant les cadeaux. En particulier, il est demandé à chaque membre du gouvernement de tenir un registre des cadeaux reçus. Étant donné que la loi visant à étendre l’application du code de conduite des mandataires publics à l’ensemble des cabinets ministériels comprend également des règles générales sur les cadeaux et les avantages, les membres des cabinets ministériels se verraient à présent aussi appliquer ces règles lors de l’adoption de cette loi au Parlement. Une évaluation des risques et des mesures stratégiques relatives aux conflits d’intérêts survenant après la cessation de fonctions exercées au sein du service public fédéral et dans les cabinets ministériels est également prévue en 2023. Des consultations au sein du Parlement lui-même sur d’éventuelles modifications des règles sur les cadeaux et les avantages seraient en cours, mais aucun progrès n’a encore pu être constaté Les avis demandés par le Parlement et rendus en 2021 par la Commission fédérale de déontologie n'ont pas été suivis d'effets . La Commission fédérale de déontologie continue d’offrir des conseils individuels aux députés sur d’éventuels problèmes de conflit d’intérêts, mais ce service reste peu utilisé . Étant donné que des modifications ont été apportées aux règles sur les cadeaux et les avantages concernant les ministres, certains progrès ont été accomplis en ce qui concerne cette partie de la recommandation du rapport 2022 sur l’état de droit.
Des progrès ont été accomplis en ce qui concerne les règles relatives au «pantouflage», bien que des lacunes subsistent. Le rapport 2022 sur l’état de droit recommandait à la Belgique de «renforcer le cadre d’intégrité, notamment en adoptant […] des règles sur le (rétro)pantouflage pour le gouvernement et ses cabinets». Il subsiste certaines règles sur le «pantouflage» pour les députés et les fonctionnaires, notamment dans le Code de déontologie existant pour les mandataires publics . Étant donné que le gouvernement étend l’application du code de déontologie des mandataires publics aux membres des cabinets, cela élargira aussi le champ d’application des règles relatives au pantouflage. En outre, des dispositions similaires ont été incluses dans le code de déontologie pour les membres du gouvernement qui a été adopté récemment. Toutefois, les règles existantes sur le (rétro)pantouflage continuent de présenter d’importantes lacunes. Il n’existe pas de règles claires ou contraignantes concernant les périodes de transition ou les restrictions transitoires pour les ministres, leur personnel ou les parlementaires, ce qui limite leur efficacité . Cela a été confirmé dans un avis d’initiative de la Commission fédérale de déontologie sur le sujet, publié le 15 mai 2023. Il recommande d’introduire des règles générales juridiquement contraignantes en matière de pantouflage, dont une période de transition pour certaines hautes fonctions (membres du gouvernement, chefs de cabinet, hauts fonctionnaires), parmi d’autres mesures telles que l’interdiction des pratiques de lobbying pour les anciens ministres et une meilleure prévention des conflits d’intérêts . À ce titre, des progrès ont été accomplis sur cette partie de la recommandation en ce qui concerne la question du pantouflage.
À ce jour, il n’y a pas eu de nouveaux progrès dans l’achèvement de la réforme du cadre législatif relatif au lobbying. Le rapport 2022 sur l’état de droit a recommandé à la Belgique d’«achever la réforme législative sur le lobbying, en établissant un cadre comprenant un registre de transparence et une empreinte législative applicables à la fois aux députés et aux membres du gouvernement». Les travaux relatifs à une réforme du lobbying progressent lentement, aucune mesure concrète n’ayant été enregistrée au cours de la période de référence . Le gouvernement reste attaché à la réforme du lobbying , bien que les projets précédemment annoncés visant à étendre le registre de transparence existant du Parlement au gouvernement restent en discussion . Le gouvernement a choisi de mettre en œuvre sa propre réglementation en matière de lobbying sous la forme d’un arrêté royal, bien que le calendrier d’adoption ne soit toujours pas clair . Le Parlement poursuit également le débat sur l’amélioration de sa législation en matière de lobbying . Néanmoins, à ce stade, aucune mesure concrète n’a été prise en ce qui concerne la réforme du lobbying, que ce soit pour le gouvernement ou pour le Parlement, et, par conséquent, aucun progrès supplémentaire n’a été accompli à ce jour en ce qui concerne la recommandation formulée dans le rapport 2022 sur l’état de droit.
Les discussions préliminaires sur une réforme plus large du cadre de financement des partis politiques se poursuivent. Le gouvernement actuel s’est engagé à réformer le financement des partis politiques, étant donné que le système, qui comprend un grand nombre de subventions gouvernementales en faveur des partis politiques, est considéré comme obsolète . En octobre 2022, une étude universitaire commandée par le Parlement a proposé une révision radicale des règles de financement des partis politiques en Belgique . À la suite de sa publication, le Parlement a demandé des avis d’experts supplémentaires issus du monde universitaire et de la société civile ainsi qu’une consultation publique par l’intermédiaire de panels citoyens . Certaines organisations de la société civile ont critiqué cette démarche, la considérant comme une tactique dilatoire, soulignant l’absence d’accord politique sur une quelconque réforme . Le panel citoyen, qui s’est achevé en mai 2023, a demandé davantage de contrôles des dépenses faites par les partis politiques et de leurs dépenses en matière de médias sociaux, entre autres ; bien qu’il soit difficile de savoir si les autorités donneront suite à l’une ou l’autre de ces propositions. Un débat public sur les primes de pension des députés retraités (tant au niveau fédéral que régional) a soulevé des questions sur l’éthique de la gestion par les députés de leurs propres pensions . Lors d’une révision mineure, les deux chambres du Parlement ont voté une réduction temporaire de 5,32 % des subventions accordées aux partis politiques pour les années 2023 et 2024. Cela représenterait une économie de 1,98 million d’euros .
Deux lois ont été adoptées pour renforcer la protection des lanceurs d’alerte. Elles ont été adoptées par le Parlement à la fin de 2022, à savoir une pour le secteur privé, coordonnée par le ministère de l’économie, et l’autre pour le secteur public, sous la houlette du Service public fédéral Stratégie et Appui . Les parties prenantes signalent certaines différences dans le régime de protection prévu dans les deux lois. La loi sur le secteur public offre un large champ de protection aux lanceurs d’alerte (tout ce qui est signalé «dans l’intérêt public»), bien que la procédure prévue puisse se révéler quelque peu fastidieuse . Toutefois, la société civile considère que la loi sur le secteur privé, qui suit le niveau minimum strict de protection , pourrait donner lieu à une hésitation à faire un signalement, étant donné que certains sujets seraient couverts par la protection tandis que d’autres ne le seraient pas . La loi sur le secteur public s’appliquera aux membres des cabinets ministériels et à leur personnel, ce qui était une recommandation du GRECO .
III.Pluralisme et liberté des médias
En Belgique, un cadre juridique fondé sur un ensemble de garanties constitutionnelles, concernant notamment la presse et la liberté d’expression, vise à garantir le pluralisme des médias. La sauvegarde et la promotion du pluralisme dans les médias relèvent de la compétence des trois communautés linguistiques (Communautés flamande, française et germanophone). Chaque Communauté dispose de sa propre autorité de régulation des médias et d’un fournisseur de médias de service public . Des améliorations sont possibles en ce qui concerne l’accès du public à l’information, notamment en ce qui concerne le temps de réponse dans la pratique .
Les autorités de régulation des médias audiovisuels continuent de travailler de manière indépendante et efficace, tandis que la presse reste soumise à un contrôle d’autorégulation efficace. Le cadre réglementaire des régulateurs des médias, garantissant leur indépendance et leur efficacité, est resté stable . Bien que les ressources actuelles soient adéquates à ce stade , de nouvelles tâches découlant de la législation de l’Union, telles que la législation sur les services numériques, s’accompagnent d’un besoin de personnel supplémentaire; les défis à cet égard ne sont pas seulement budgétaires, mais incluent aussi la nécessité de trouver du personnel qualifié . Il existe deux organismes d’autorégulation journalistiques qui garantissent effectivement l’indépendance politique de la presse écrite .
Aucune évolution n’est à signaler en ce qui concerne la transparence de la propriété des médias. L’autorité flamande de régulation des médias publie chaque année un rapport très détaillé sur la concentration des médias dans tous les secteurs et les trois régulateurs des médias fournissent chacun des sites web présentant une vue d’ensemble des offres de médias audiovisuels disponibles . Toutefois, les informations relatives aux bénéficiaires effectifs ne sont que partiellement incluses . Il existe des garanties légales contre les ingérences gouvernementales ou politiques dans le secteur audiovisuel et aucun cas d’ingérence de ce type n’a été signalé pour aucun secteur . En ce qui concerne le niveau élevé de concentration des médias signalé dans le rapport de l’année dernière sur l’état de droit , les trois régulateurs des médias ont souligné l’importance de tenir compte du fait que les citoyens de leur communauté consultent également les médias des Pays-Bas, de la France et de l’Allemagne, respectivement . Même si l’autorité de régulation des médias de la Communauté française avait exprimé des craintes concernant l’acquisition en 2022 de RTL Belgium (un fournisseur de services en langue française) par DPG Media et le Groupe Rossel, ces préoccupations n’ont pas été prises en considération dans l’appréciation de la concentration sous l’angle de la concurrence .
Des garanties bien établies continuent d’assurer l’indépendance des médias de service public. Les organes de contrôle indépendants des médias de service public n’ont pas été saisis d’affaires préoccupantes . Pour les trois fournisseurs de médias de service public, les membres des conseils de surveillance sont sélectionnés sur la base de la représentation proportionnelle des partis politiques au sein des parlements respectifs. À la suite de la réforme annoncée l’année dernière , depuis juillet 2022, le conseil d’administration de la VRT, le fournisseur flamand de médias publics, composé de 12 personnes, compte quatre membres nommés par le gouvernement en raison de leur expertise et de leur indépendance et sur la base des recommandations d’une société de conseil externe indépendante .
Des progrès ont été accomplis en ce qui concerne l’accès du public aux documents, dans la mesure où des initiatives sont en cours pour permettre à la Commission d’accès aux documents administratifs (CTB-CADA) de prendre des décisions contraignantes. Le rapport 2022 sur l’état de droit a recommandé à la Belgique de «renforcer le cadre régissant l’accès aux documents officiels, notamment en améliorant les procédures de demande et de recours et en limitant les motifs de rejet des demandes de divulgation, tout en tenant compte des normes européennes en matière d’accès aux documents officiels». En principe, le droit d’accès du public aux documents est ancré dans la Constitution belge. Au niveau fédéral, l’organe compétent pour traiter un recours sur des questions non liées à l’information en matière d’environnement , la CTB-CADA , n’est encore qu’un organe consultatif . Ce fait a été critiqué non seulement par les parties prenantes , mais aussi par l’Institut fédéral des droits humains , un institut public indépendant. Ils ont également indiqué que les procédures d’obtention d’informations sont trop longues . En outre, la CTB-CADA a été inopérante pendant neuf mois, de septembre 2021 à juin 2022, parce que l’arrêté royal nécessaire à la reconduction de ses membres n’avait pas été renouvelé à temps . Plusieurs députés ont présenté en 2021 une initiative législative sur la question de l’accès du public aux documents; le ministre de l’intérieur considère qu’il s’agit d’une initiative propre et, à cette fin, a posé des questions à l’Institut fédéral des droits humains . Bien que ces développements soient toujours en cours , ils concerneraient la transformation de la CTB-CADA en un organe ayant le pouvoir d’émettre des décisions contraignantes . En Flandre et en Wallonie, l’organe de recours rend des décisions contraignantes , mais la longueur des procédures de demande dans la pratique a été critiquée par les parties prenantes tant en Flandre qu’en Wallonie . En Flandre, l’introduction d’un motif de refus facultatif si la demande concerne la «communication interne» a donné lieu à un recours constitutionnel de la part, notamment, de l’Association flamande des journalistes (Vlaamse Vereniging van Journalisten, VVJ). Le 9 mars 2023, la Cour constitutionnelle a rejeté le recours en considérant que les autorités devraient toujours apprécier spécifiquement si la divulgation porte atteinte au processus décisionnel interne . Étant donné que des initiatives sont en cours pour transformer la CTB-CADA en un organe ayant le pouvoir d’émettre des décisions contraignantes, on peut conclure que des progrès ont été accomplis en ce qui concerne la recommandation formulée dans le rapport de 2022.
La sécurité des journalistes reste un problème, en particulier en ligne, et des mesures sont prises pour l’améliorer. La plateforme du Conseil de l’Europe visant à promouvoir la protection du journalisme et la sécurité des journalistes , le Media Freedom Rapid Response et le rapport de l’Association flamande des journalistes citent plusieurs cas de harcèlement et d’intimidation en ligne en 2022, notamment de femmes journalistes. Selon les parties prenantes, les attaques en ligne sont si nombreuses qu’il serait difficile pour les services répressifs d’y donner suite . Les agressions physiques ont diminué avec la fin des manifestations contre les mesures prises par le gouvernement pour lutter contre la pandémie, mais dans le contexte des émeutes qui ont suivi les matchs de la Coupe du monde de football, plusieurs journalistes ont été attaqués par des émeutiers; certains ont également été arrêtés ou prétendument menacés par la police, apparemment parce qu’ils avaient filmé la scène ou tenté de le faire . La police fédérale et le Comité de surveillance permanent des services de police (Comité P) ont tous deux précisé que les directives de la police interdisaient d’empêcher un journaliste de filmer . En octobre 2022, l’Association flamande des journalistes a lancé PersVeilig.be, inspirée d’une initiative néerlandaise. Elle propose des formations en matière de sécurité pour les journalistes, une assistance juridique et non juridique ad hoc, ainsi que la possibilité de signaler des attaques; elle implique également un dialogue étroit (bien que non formalisé) entre les journalistes et la police . La question des poursuites stratégiques altérant le débat public (poursuites-bâillons) continue également de susciter des inquiétudes chez les journalistes . Le ministre de la justice a reconnu que cette question mériterait une attention particulière et une «approche réfléchie» . En outre, la réforme du code pénal que le gouvernement fédéral a présentée en novembre prévoit l’introduction de peines aggravées pour certains crimes commis à l’encontre de journalistes et l’abolition de la peine d’emprisonnement pour les cas de diffamation .
IV.Autres questions institutionnelles en rapport avec l’équilibre des pouvoirs
La Belgique est un État fédéral dans lequel les Régions et les Communautés disposent de pouvoirs importants. Au niveau fédéral, la Belgique est dotée d’un régime parlementaire bicaméral. Le Parlement est composé de la Chambre des représentants et du Sénat. Les propositions législatives peuvent émaner du gouvernement ainsi que des membres des deux chambres du Parlement . La branche consultative du Conseil d’État rend des avis sur les projets d’actes législatifs. La Cour constitutionnelle a compétence pour contrôler les actes législatifs adoptés par le Parlement fédéral et par les parlements des Régions et des Communautés. Outre le système de justice, des autorités indépendantes jouent un rôle important dans le système d’équilibre des pouvoirs.
Bien que le Parlement fédéral ait mis fin à l’état d’urgence épidémique en vertu de la loi sur la pandémie en mars 2022, le contrôle judiciaire de la législation pandémique s’est poursuivi. Tout au long de 2022 et 2023, les tribunaux ont continué d’examiner activement les mesures liées à la pandémie de COVID-19. Dans un arrêt du 17 juin 2022, le Conseil d’État a reconnu que la limitation des participants à certains types de cérémonies constituait une mesure disproportionnée portant atteinte à la liberté de religion , ce qui a conduit le gouvernement à revoir sa politique . D’importants arrêts de la Cour constitutionnelle ont porté sur la base juridique de la plupart des mesures restrictives prises au cours de la première période de la pandémie , sur la législation relative à la recherche des contacts , sur les règles régionales relatives aux exigences spéciales de quarantaine et d’isolement dans le contexte de la pandémie et sur la loi fédérale «Pandémie» .
L’Institut fédéral des droits humains (IFDH) a continué de jouer un rôle actif et la création d’un institut flamand des droits humains distinct exige une coopération étroite entre les niveaux fédéral et régional. En particulier, l’IFDH a émis de nombreux avis et formulé des recommandations sur des sujets importants faisant l’objet d’un débat sociétal . La législation nationale transposant la directive 2019/1937 (lanceurs d’alerte) a étendu le mandat de l’IFDH, lui permettant de fournir un soutien aux lanceurs d’alerte des secteurs privé et public. En outre, l’Institut fera office de centre d’information et promouvra les droits des lanceurs d’alerte . Enfin, l’IFDH sera un «point focal» national au sens de la recommandation 2022/758 de la Commission du 27 avril 2022 («poursuites stratégiques altérant le débat public») . Pour assurer son fonctionnement efficace, l’IFDH estime qu’il est important de disposer des compétences nécessaires pour traiter les plaintes individuelles . Le plan stratégique de l’Institut mentionne l’intention d’œuvrer à l’adoption d’un éventuel accord de coopération étendant sa compétence aux niveaux de pouvoir autres que fédéral, comme le prévoit la loi portant création de l’Institut . L’extension des compétences aux niveaux non fédéraux ne concerne plus la Flandre puisqu’elle a désormais créé son propre institut des droits humains , qui assume également le rôle d’organisme de promotion de l’égalité au niveau régional. À cet égard, tant l’IFDH que le gouvernement flamand reconnaissent la nécessité d’assurer une coopération étroite en matière de droits humains entre les niveaux fédéral et régional . Le 25 avril 2023, l’IFDH a reçu une accréditation de statut B en tant qu’INDH, ce qui signifie une reconnaissance en tant qu’INDH partiellement conforme aux principes de Paris .
Malgré des améliorations en 2022, certains défis subsistent en ce qui concerne les ressources humaines et financières dont disposent les institutions indépendantes . Le Conseil d’État a reçu des fonds supplémentaires en 2022, ce qui lui a permis de recruter du personnel supplémentaire et de travailler à la réduction de la durée des procédures judiciaires, bien qu’il puisse se révéler nécessaire d’augmenter encore le nombre des recrutements en raison de la charge de travail plus lourde incombant aux magistrats francophones du fait d’une régionalisation partielle de la justice administrative du côté flamand . Comme indiqué précédemment, le gouvernement lie les ressources supplémentaires destinées au pouvoir judiciaire à la priorisation de certaines affaires . Le Conseil a attiré l’attention sur cette législation en faisant valoir que chaque justiciable, quelle que soit l’importance de son litige, a droit à une réponse de la justice dans un délai raisonnable . Grâce à l’augmentation de son budget, la Cour constitutionnelle a pu engager du personnel supplémentaire, ce qui devrait lui permettre de rattraper son retard d’ici à la fin de l’année 2023 . Une opération de rationalisation concernant le fonctionnement administratif des institutions qui reçoivent une dotation du Parlement, y compris le Médiateur fédéral, l’Institut fédéral pour la protection et la promotion des droits humains et le Conseil supérieur de la justice est toujours en cours .
Au 1er janvier 2023, la Belgique comptait 22 arrêts de référence de la Cour européenne des droits de l’homme en attente d’exécution, soit une augmentation d’une unité par rapport à l’année précédente . À cette date, la proportion d’arrêts pilotes des dix dernières années qui restaient en attente d’exécution en Belgique était de 48 % (contre 49 % en 2022), et les arrêts étaient en attente d’exécution depuis 3 ans et 5 mois en moyenne (contre 3 ans et 3 mois en 2022). L’arrêt pilote le plus ancien, en attente d’exécution depuis 14 ans, concerne la durée excessive des procédures civiles en première instance . Au 15 juin 2023, le nombre d’arrêts pilotes en attente d’exécution était passé à 26.
Le non-respect par le gouvernement des décisions de justice et des ordonnances infligeant des astreintes suscite des inquiétudes. Le Tribunal du travail de Bruxelles a rendu un nombre important d’arrêts condamnant l’État pour n’avoir pas assuré un accueil adéquat des demandeurs d’asile . Bien que le gouvernement prenne des mesures afin de remédier à la situation en matière d’accueil , il ne respecte toujours pas un nombre important de jugements et d’ordonnances judiciaires imposant des astreintes . Cette situation a conduit les barreaux à mettre en place un «observatoire de l’état de droit» .
Certaines préoccupations ont été exprimées en ce qui concerne le paysage de la société civile. La note attribuée par CIVICUS au paysage de la société civile reste «rétréci» . Un décret du gouvernement flamand sur le travail socioculturel est critiqué parce qu’il contient des dispositions précisant que les organisations qui pratiquent la «ségrégation» sur la base de l’identité culturelle ethnique ne seront pas subventionnées . Des préoccupations ont également été exprimées en ce qui concerne l’extension du champ d’application des sanctions administratives municipales et leur utilisation à l’encontre de ceux qui organisent des manifestations et y participent . Enfin, les acteurs de la société civile critiquent la mise en balance actuelle dans le code pénal entre le droit de manifester et l’ordre public . Le ministère de la justice prépare actuellement une révision du code qui clarifierait davantage la nécessité de respecter les droits fondamentaux. En particulier, une clause serait introduite pour garantir que les personnes qui exercent leurs droits fondamentaux, tels que le droit de grève, la liberté de réunion et la liberté d’association, ne soient poursuivies pour des infractions au code de la route que s’il y a eu «intention de nuire» .
Annexe I: liste des sources par ordre alphabétique*
* La liste des contributions reçues dans le cadre de la consultation préalable à l’élaboration du rapport 2023 sur l’état de droit peut être consultée sur https://commission.europa.eu/publications/2023-rule-law-report-targeted-stakeholder-consultation_en .
Accord de coalition gouvernementale (2020), https://www.belgium.be/sites/default/files/Accord_de_gouvernement_2020.pdf .
Apache (2023), L’audit révèle une collusion entre le bourgmestre et des promoteurs à Boechout ((Audit toont collussie tussen burgemeester en projectontwikkelaars in Boechout), https://www.apache.be/2023/03/03/audit-toont-collusie-tussen-burgemeester-en-projectontwikkelaars-boechout .
Cabinet du Premier ministre (2023), Code de déontologie pour les membres du gouvernement.
Cabinet du Premier ministre (2023), Un commissaire national aux drogues et plus de police dans le Port d’Anvers pour lutter contre la mafia de la drogue https://www.premier.be/fr/un-commissaire-national-aux-drogues-et-plus-de-police-dans-le-port-d%E2%80%99anvers-pour-lutter-contre-la
Centre pour le pluralisme et la liberté des médias (2022), Instrument de surveillance du pluralisme des médias 2022 – rapport sur la Belgique, https://cadmus.eui.eu/bitstream/handle/1814/74682/MPM2022-Belgium-EN.pdf?sequence=1&isAllowed=y .
Centre pour le pluralisme et la liberté des médias (2023), Instrument de surveillance du pluralisme des médias 2023 – rapport sur la Belgique (à paraître)
Chambre fédérale des représentants (2022), La situation de la police judiciaire fédérale, rapport d’un échange de vues au sein des commissions paritaires des affaires intérieures et de la justice des 11 mai 2022 et 17 mai 2022, 55K2822001
Chambre des représentants (2023), Étude juridique comparative sur le financement des partis politiques en Europe, rédigée par les experts de la commission de contrôle des dépenses électorales et de la comptabilité des partis politiques, https://www.dekamer.be/FLWB/PDF/55/3194/55K3194001.pdf .
Chambre des représentants (2023), Étude juridique comparative sur le financement des partis politiques en Europe, https://www.dekamer.be/FLWB/PDF/55/3194/55K3194002.pdf .
Civicus, Monitor Civicus, outil de surveillance de l’espace civique – Belgique https://monitor.civicus.org/country/belgium/ .
Collège des procureurs généraux (2022), circulaire nº 09/2022 du Collège des procureurs généraux des cours d’appel, 11 juillet 2022, circulaire n° 09/2022 du Collège des procureurs généraux près les cours d’appel, 11 juillet 2022, Circulaires | Ministère public (om-mp.be)
Collège des procureurs généraux (2022), communiqué de presse — Le collège répond à l’audition parlementaire des ministres sur le refinancement de la police judiciaire, https://www.om-mp.be/nl/article/persbericht-het-college-van-procureurs-generaal-reageert-op-parlementaire-hoorzitting-van .
Comité P (2021), Rapport d’enquête sur les violations potentielles de l’intégrité au sein de la police aéronautique https://comitep.be/document/onderzoeksrapporten/Leadership%20et%20int%C3%A9grit%C3%A9%20au%20sein%20de%20la%20police%20a%C3%A9ronautique.pdf .
Commission européenne (2020), Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Belgique.
Commission européenne (2021), Rapport 2021 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Belgique.
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Réunion gouvernementale (2023), Circulaire sur le code de déontologie pour les membres du gouvernement, https://news.belgium.be/fr/circulaire-concernant-le-code-de-deontologie-pour-les-membres-du-gouvernement
Réunion gouvernementale (2023), Extension du code de déontologie pour les mandataires fédéraux aux membres des organes stratégiques, https://news.belgium.be/fr/extension-du-code-de-deontologie-des-mandataires-publics-aux-membres-des-organes-strategiques .
RTL INFO (2023), Les pensions des députés ne pourront pas dépasser le plafond Wijninckx, https://www.rtl.be/actu/belgique/politique/les-pensions-des-deputes-ne-pourront-pas-depasser-le-plafond-wijninckx/2023-04-19/article/544914 .
Team Justice (2022), Un nouveau code pénal adapté au 21e siècle, https://www.teamjustitie.be/fr/2022/11/06/un-nouveau-code-penal-adapte-au-21e-siecle/ .
Union des libertés civiles pour l’Europe (2022), rapport 2022 sur l’état de droit de Liberties, https://dq4n3btxmr8c9.cloudfront.net/files/q3U2FR/LibertiesRuleOfLawReport2022.pdf
Union des libertés civiles pour l’Europe (2023), Contribution écrite de l’Union des libertés civiles pour l’Europe au rapport 2022 sur l’état de droit dans le cadre de la visite dans le pays.
Union des libertés civiles pour l’Europe (2023), rapport 2023 sur l’état de droit de Liberties — rapport sur la Belgique,
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Vlaamse Regulator voor de Media (VRM) (2022), rapport de 2022 sur la concentration des médias en Flandre (Mediaconcentratie in Vlaanderen),
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Vlaamse Regulator voor de Media (VRM), Décisions,
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Voorhoof, Dirk (2022), poursuites-bâillons: procédures juridiques vexatoires, téméraires ou abusives contre les médias, les journalistes et autres «chiens de garde publics» (SLAPPs: tergende, roekeloze of intimiderende rechtsprocedures tegen media, journalisten en andere «publieke waakhonden»), https://www.jubel.be/slapps-tergende-roekeloze-of-intimiderende-rechtsprocedures-tegen-media-journalisten-en-andere-publieke-waakhonden/ .
VRT (2022), La Chambre diminue de 5,3 % la dotation des partis (Kamer verlaagt de partijdotaties met 5.3 procent), https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2022/12/08/kamer-verlaagt-de-partijdotaties-met-5-3-procent/
VRT, Composition du conseil d’administration, https://www.vrt.be/nl/over-de-vrt/organisatie/raad-van-bestuur/raad-van-bestuur-en-mandaten/
VRTNWS (2022), Au moins 12 consuls honoraires belges impliqués dans des affaires douteuses, selon une enquête internationale de grande envergure (Zeker 12 Belgische ereconsuls betrokken bij dubieuze zaken, blijkt uit groot internationaal onderzoek), https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2022/11/14/ereconsuls-in-opspraak/ .
VRTNWS (2022), Plus de 1 500 Belges ont racheté des poursuites judiciaires en toute discrétion, ce qui a permis de récolter 1 milliard d’euros (Meer dan 1.500 Belgen kochten in alle discretie een vervolging af, goed voor 1 miljard euro), https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2022/12/14/afkoopwet/ .
VVJ (2021), Lettre ouverte au législateur flamand (Open brief VVJ aan de Vlaamse wetgever over wijzigingen aan het Bestuursdecreet m.b.t. de openbaarheid van bestuur), https://journalist.be/2021/06/open-brief-vvj-aan-de-vlaamse-wetgever-over-wijzigingen-aan-het-bestuursdecreet-m-b-t-de-openbaarheid-van-bestuur .
VVJ (2022), Rapport sur les agressions contre les journalistes (VVJ-Meldpunt Agressie tegen Journalisten: Rapport 2022), https://journalist.be/2023/03/vvj-meldpunt-agressie-tegen-journalisten-voorlopige-stand-van-zaken-in-2022 .
Annexe II: visite en Belgique
Les services de la Commission ont tenu des réunions virtuelles en février 2023 avec les entités suivantes:
·Collège des cours et tribunaux
·Comité P
·Commission fédérale de déontologie
·Conseil d’État
·Conseil de déontologie journalistique
·Conseil supérieur de l’audiovisuel
·Conseil supérieur de la justice
·Cour constitutionnelle
·Cour de cassation
·Institut fédéral pour la protection et la promotion des droits humains
·Liga voor Mensenrechten (ligue flamande des droits humains)
·Ligue des droits humains
·Médias de service public
·Médiateur fédéral
·Medienrat der deutschsprachigen Gemeinschaft (Conseil des médias de la Communauté germanophone)
·Ministère de l’intérieur
·Ministère de la justice
·Ministère public
·Office central pour la répression de la corruption
·Orde van vlaamse balies (ordre des barreaux flamands)
·Ordre des barreaux francophone et germanophone de Belgique
·Transparency International Belgique
·Unité «Intégrité et culture»
·Vlaamse Regulator voor de Media (régulateur flamand des médias)
* La Commission a également rencontré les organisations suivantes dans le cadre d’un certain nombre de réunions horizontales:
·ALDA (Association Européenne pour la Démocratie Locale)
·Amnesty international
·Centre européen pour la liberté de la presse et des médias
·Commission internationale de juristes
·Culture Action Europe
·Fédération européenne des journalistes
·Fédération internationale pour le planning familial – Réseau européen
·Fédération internationale pour les droits humains
·Forum civique européen
·Forum européen de la jeunesse
·Free Press Unlimited
·Front Line Defenders
·ILGA Europe
·Institut international de la presse
·JEF Europe
·Osservatorio Balcani e Caucaso Transeuropa
·Partenariat européen pour la démocratie
·Philea
·Reporters sans frontières
·Société civile Europe
·SOLIDAR
·Transparency International UE
·Union des libertés civiles pour l’Europe