| CELEX | 52024AE0176 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 25 avril 2024 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2024/4065 | 12.7.2024 |
Avis du Comité économique et social européen
Nouveau plan de croissance et facilité pour les réformes et la croissance pour les Balkans occidentaux
[COM(2023) 691 final et COM(2023) 692 final]
(C/2024/4065)
Rapporteur:
Ionuț SIBIANCorapporteure:
Dragica MARTINOVIĆ DŽAMONJA| Conseillères | Krisela HACKAJ (pour le rapporteur) |
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| Milena MIHAJLOVIC (pour la corapporteure) |
| Décision du bureau | 30.11.2023 |
| Consultation | 8.12.2024 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Relations extérieures» |
| Adoption en section | 3.4.2024 |
| Adoption en session plénière | 25.4.2024 |
| Session plénière no | 587 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 152/0/3 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le Comité économique et social européen (CESE) se félicite de l’engagement renouvelé en faveur de la convergence socio-économique et des réformes fondamentales décrites dans la proposition de nouveau plan de croissance ainsi que dans la proposition de règlement établissant une facilité pour les réformes et la croissance en faveur des Balkans occidentaux (ci-après, le règlement). Le CESE se déclare fermement convaincu qu’une approche graduelle, prévisible et fondée sur le mérite pour obtenir toujours plus d’avantages au cours du processus d’adhésion à l’Union est la meilleure façon de procéder à l’élargissement de l’Union. La Commission européenne devrait s’assurer que les bénéficiaires reçoivent en temps utile l’assistance technique requise pour s’aligner sur l’acquis et le mettre en œuvre. |
| 1.2. | Le CESE se félicite de la solide approche de conditionnalité qui est celle du règlement, lequel met l’accent sur les réformes clés de la démocratie, de l’état de droit et des droits de l’homme, y compris les droits des minorités. Cette approche ne sera efficace que si les appréciations de la Commission sont méthodiques, objectives et transparentes. Le CESE recommande à la Commission de publier des orientations claires et transparentes quant à la manière d’appliquer l’ensemble de conditions proposées. Le CESE rappelle aussi qu’il importe de veiller à ce que la priorité qu’accorde l’Union à la stabilité et aux intérêts géopolitiques ne se fasse pas aux dépens de l’état de droit et de la démocratie. |
| 1.3. | La Commission devrait aider les pays candidats et candidats potentiels à évaluer à la fois les avantages et les inconvénients d’une intégration précoce au marché, en recensant ceux qui seront affectés négativement, et en mettant en œuvre des mesures d’atténuation ajustées aux besoins. Cette dimension sera essentielle pour prévenir l’érosion du soutien de l’opinion publique à l’adhésion à l’Union dans les pays candidats et pour faciliter leur intégration harmonieuse dans le marché unique européen. La Commission devrait de surcroît veiller à ce que, lors de l’élaboration de ces mesures, les contributions des partenaires sociaux et de la société civile soient sollicitées en temps utile et dûment prises en considération. |
| 1.4. | Le CESE insiste sur la nécessité d’établir une cohérence entre le mécanisme du règlement et les principes et règles de gouvernance de la politique de cohésion de l’Union, en mettant en avant le développement territorial et social dans l’optique de préparer les institutions des Balkans occidentaux à avoir pleinement accès aux financements de la politique de cohésion. Il souligne aussi l’importance d’harmoniser le soutien aux pays candidats et les instruments financiers des États membres en vue d’une transition sans accrocs vers l’adhésion. Les instruments financiers de préadhésion devraient être à l’avenir rationalisés pour éviter de créer des goulets d’étranglement administratifs. |
| 1.5. | Il convient que la Commission renforce l’approche d’intégration progressive en élaborant une proposition qui vise à faciliter la connectivité institutionnelle des candidats et l’accès aux travaux des institutions européennes, y compris les différentes directions générales de la Commission, même durant le processus d’adhésion, dans le but de stimuler l’apprentissage par les pairs, de renforcer progressivement les capacités administratives des pays candidats et de familiarise ces derniers avec les processus d’élaboration des politiques et législatifs de l’Union. |
| 1.6. | Tout en soutenant pleinement l’approche de conditionnalité renforcée du règlement, le CESE insiste sur la nécessité pour la Commission de prévoir une méthodologie et des orientations transparentes pour évaluer si les conditions préalables sont correctement respectées et si les réformes liées au décaissement des fonds sont réalisées de manière satisfaisante. Le CESE invite la Commission à commencer à évaluer, dans ses rapports réguliers, les progrès et l’état de préparation à l’adhésion dans le sous-domaine «Fonctionnement des institutions démocratiques» du groupe 1, et ce de manière transparente, inclusive, cohérente et objective, sachant qu’il y a là une condition préalable essentielle à l’aide de l’Union au titre du règlement. Les indicateurs d’impact final et les jalons correspondants concernant toutes les réformes décrites dans les programmes de réformes devraient être fixés dans les accords contraignants ultérieurs. |
| 1.7. | Le CESE estime que des investissements dans la cohésion sociale, économique et territoriale sont nécessaires pour parvenir à la croissance économique et créer des emplois dans la région. Il recommande que la Commission accorde également la priorité à l’inclusion, dans les programmes de réformes, des améliorations et investissements liés au capital humain afin de pallier la proportion limitée de ce type d’investissements soutenue dans le cadre du plan économique et d’investissement (1). Le CESE préconise aussi de définir des indicateurs de résultats sociaux et fondés sur le développement pour toutes les mesures figurant dans les programmes de réforme. |
| 1.8. | Le CESE recommande que la mise en œuvre du nouveau plan de croissance soit suivie de près par des mesures visant à développer les capacités administratives nationales, ainsi que celles des partenaires sociaux et économiques, qui sont essentielles pour améliorer la qualité du dialogue social et civique dans les pays candidats. |
| 1.9. | Conformément au principe de partenariat de l’Union et aux objectifs sociaux et économiques du plan, le CESE insiste pour que les partenaires sociaux et la société civile soient associés à l’élaboration, à la mise en œuvre, au suivi et à l’évaluation des programmes de réforme — en temps utile et de manière significative. Le CESE recommande que les programmes de réforme contiennent un résumé du processus de consultation décrivant la manière dont les contributions des parties prenantes ont été prises en compte. |
| 1.10. | Sur la base de l’expérience acquise dans la mise en œuvre de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) dans les États membres, le CESE recommande la mise sur pied de comités de suivi pour chaque pays, dans le but d’améliorer la mise en œuvre, la coordination et le suivi du plan. Ces comités devraient inclure des partenaires sociaux, ainsi que des organisations de la société civile (OSC) spécialisées des pays bénéficiaires. |
| 1.11. | Dans la mesure où au moins la moitié (2) des fonds du règlement sont appelés à transiter par le truchement du cadre d’investissement en faveur des Balkans occidentaux (CIBO), le CESE réaffirme la nécessité d’associer de manière constructive et en temps utile les OSC spécialisées à la gouvernance du règlement, et souligne l’importance de les inclure à la fois dans le CIBO (3) et dans les comités nationaux d’investissement des bénéficiaires. |
| 1.12. | Le CESE invite instamment la Commission à rendre publics en temps utile les programmes de réforme, les accords ultérieurs et les rapports pertinents. En outre, afin de renforcer la transparence et l’adhésion sociétale dans la région ainsi que de promouvoir un dialogue régulier et un contrôle public dans le contexte de la mise en œuvre du plan, le CESE recommande d’établir un tableau de bord pour le règlement, fondé sur le tableau de bord de la reprise et de la résilience dans l’Union. |
| 1.13. | Le CESE rappelle l’importance de la coopération régionale et des relations de bon voisinage tout au long du processus d’adhésion, et il se félicite que la proposition de la Commission accorde un caractère prioritaire au développement du marché commun régional (MRC). Toutefois, le CESE propose de mettre en place un système de suivi objectif et transparent pour la mise en œuvre des engagements, avec la participation des partenaires sociaux et des organisations de la société civile, et avec la volonté politique d’appliquer des mécanismes de réversibilité en cas de besoin. |
2. Un nouvel élan pour l’élargissement de l’Union
| 2.1. | Défiée par l’agression russe contre l’Ukraine, l’Union a donné un nouvel élan à l’élargissement. En décembre 2023, le Conseil européen est convenu d’ouvrir des négociations d’adhésion avec la Moldavie et l’Ukraine et d’accorder, sous condition, le statut de pays candidat à la Géorgie. Les considérations géopolitiques occupent une place importante dans ces décisions, puisque l’Union cherche à unir le continent autour de ses valeurs fondamentales que sont la démocratie et l’état de droit. Le CESE se félicite aussi de la décision prise par le Conseil européen en mars 2024 d’ouvrir des négociations d’adhésion avec la Bosnie-Herzégovine (4). |
| 2.2. | Les Balkans occidentaux, qui ont obtenu la perspective d’une adhésion à l’Union dès 2003, ont été confrontés à de multiples défis dans un processus d’intégration qui dure depuis deux décennies. Malgré un enthousiasme et des progrès variables en ce qui concerne les réformes, y compris des périodes de stagnation, le CESE souligne la nécessité de perspectives crédibles d’adhésion reposant sur un processus prévisible et fondé sur le mérite. |
| 2.3. | Le rythme et l’ampleur de la convergence socio-économique entre les partenaires des Balkans occidentaux et l’Union n’ont pas répondu aux attentes, freinant ainsi leurs progrès sur la voie de l’adhésion. Il est essentiel d’agir beaucoup plus énergiquement en matière de convergence, en particulier au vu du risque d’effritement du soutien public dans les Balkans occidentaux. Tous les partenaires doivent intensifier leurs efforts de réforme afin de tirer parti de la dynamique d’élargissement actuelle et de démontrer la valeur des investissements financiers européens supplémentaires dans le développement de la région. |
| 2.4. | Les nations des Balkans occidentaux affichent une grande diversité sur les plans politique, économique, social et religieux, ainsi que des attitudes différentes à l’égard de l’adhésion à l’Union. En dépit de conflits internes et d’une certaine sensibilité aux influences géopolitiques extérieures à l’Union, l’ensemble de la région partage des racines et aspirations à l’adhésion communes. Il est essentiel de cultiver cette aspiration commune pour l’avenir de la région, sa sécurité et l’avenir de l’Europe. Le CESE souligne le rôle cardinal que jouent les partenaires sociaux et les organisations de la société civile pour surmonter, tout au long du processus d’adhésion, les problèmes découlant de ces différences. |
| 2.5. | La transition vers une société démocratique a parfois laissé le champ libre à des organisations patronales et syndicales mal organisées, notamment au niveau régional. Le CESE affirme qu’il est essentiel, dans les Balkans occidentaux, d’aider les partenaires sociaux et autres associations patronales concernées, telles que les chambres de commerce, à encourager une forte représentation des employeurs et des syndicats. En outre, il est crucial d’encourager ces derniers à participer aux organisations européennes d’employeurs et de travailleurs, en s’appuyant sur l’expertise, les programmes de formation et les pratiques sociales de l’Union. |
| 2.6. | Le CESE insiste sur la nécessité pour l’Union d’adopter une attitude volontariste dans le traitement des différends bilatéraux entre les États membres et les pays candidats. Ces litiges entravent souvent les progrès et nuisent aux forces politiques pro-européennes dans les pays candidats et candidats potentiels, ce qui entraîne une stagnation, voire un retour en arrière, des réformes orientées vers l’Union. |
3. Intégration progressive entre l’Union et les Balkans occidentaux
| 3.1. | Depuis la publication des conclusions du Conseil européen en juin 2022 (5), l’intégration progressive des pays candidats à l’adhésion tout au long du processus d’adhésion a été reconnue comme une approche efficace de la politique d’élargissement de l’Union. Cela permet aux candidats d’observer et de pratiquer à un stade précoce le respect des obligations liées à l’adhésion, de manière à pouvoir mieux se préparer à leurs responsabilités postérieures à l’adhésion. De plus, l’augmentation de l’assistance financière aide progressivement à combler l’écart de convergence socio-économique entre ces pays et la moyenne de l’Union. |
| 3.2. | Le CESE apprécie l’approche progressive exposée dans diverses propositions, telles que l’«adhésion par étapes» (6) ou l’intégration de la cohésion à un stade précoce du processus d’élargissement (7), qui s’inscrivent en cohérence avec la méthodologie révisée en matière d’élargissement, et qui se reflètent pour partie dans l’approche qui sous-tend le nouveau plan de croissance de la Commission pour les Balkans occidentaux. Ces propositions émanant d’organisation de la société civile et de groupes de réflexion devraient servir d’inspiration pour les actions futures de la Commission. L’objectif final devrait être une réforme de la politique d’élargissement ainsi que d’autres réexamens des politiques européennes, sur la base de l’expérience acquise et adaptée aux défis actuels. |
| 3.3. | Le CESE se félicite de la participation croissante des organisations de la société civile et des groupes de réflexion à ce processus, et souligne que la Commission s’intéresse de plus en plus aux moyens de solliciter leur contribution lors de l’élaboration de propositions. Toutefois, le CESE insiste fortement sur la nécessité pour toutes les parties, y compris l’Union, de mener un dialogue social fondé sur le principe de partenariat (8). |
4. Un processus crédible et prévisible, axé sur les fondamentaux
| 4.1. | Le CESE se félicite que le nouveau plan de croissance introduise une prévisibilité indispensable dans la relation entre réformes et financement. Il souligne toutefois que la prévisibilité fait toujours largement défaut dans l’ensemble du processus d’adhésion à l’Union. Cela s’explique principalement, pour toutes les questions liées à l’élargissement, par le recours exclusif à l’unanimité dans le processus décisionnel des États membres, ainsi que par la réticence de ces derniers à invoquer des mécanismes de réversibilité en cas de recul, ce qui affecte directement les progrès de l’adhésion ainsi que la manière dont elle est perçue par la population des Balkans occidentaux. Le CESE rappelle qu’il importe de veiller à ce que la priorité que l’Union accorde à la stabilité et aux intérêts géopolitiques ne se fasse pas au détriment de l’état de droit et de la démocratie. |
| 4.2. | Le CESE souligne l’importance de l’approche reposant sur le principe de la «priorité aux fondamentaux», et demande à la Commission de procéder à des évaluations rigoureuses et objectives des réformes pour garantir la crédibilité du processus d’élargissement. Le CESE note que le domaine «Fonctionnement des institutions démocratiques» est le seul pour lequel la Commission ne fournit toujours pas d’évaluation des progrès accomplis et de la préparation. |
| 4.3. | Le CESE soutient la solide approche de conditionnalité qu’adopte le règlement, lequel met l’accent sur les réformes clés de la démocratie, de l’état de droit et des droits de l’homme, y compris les droits des minorités. Cette approche ne sera efficace que si les appréciations de la Commission sont méthodiques, objectives et transparentes. |
| 4.4. | Le CESE se félicite que les propositions de la Commission insistent avec force sur le dialogue entre Belgrade et Pristina, qui est l’une des conditions préalables au soutien de l’Union dans le cadre du règlement. La poursuite des progrès vers une normalisation complète des relations entre la Serbie et le Kosovo (9) est primordiale pour le fonctionnement du marché commun régional et son incidence sur la population. Le CESE souligne que l’alignement complet des Balkans occidentaux sur la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l’Union reste une pierre angulaire des dispositions européennes en matière de conditionnalité, comme le souligne la dernière déclaration du sommet UE-Balkans occidentaux de 2023 (10). |
5. Renforcer la convergence socio-économique avec l’Union
| 5.1. | Si le renforcement du développement socio-économique est l’une des principales conséquences de l’adhésion, il est aussi primordial que celui-ci soit soutenu dans le processus de préadhésion afin d’améliorer la qualité de vie dans les pays candidats et de soutenir leur transition vers l’adhésion. Le CESE se félicite que la Commission mette l’accent sur la promotion de la convergence socio-économique des Balkans occidentaux avec l’Union. Ces économies accusent un retard, puisqu’elles se situent actuellement à 27 % — soit 50 % de la moyenne de l’Union, et il faudra probablement des décennies pour que celle-ci soit atteinte. La différence entre le soutien que l’Union apporte aux Balkans occidentaux et celui dont bénéficient leurs voisins qui sont de nouveaux États membres contribue à creuser leurs divergences. |
| 5.2. | En mettant en avant la convergence et en soutenant cette dernière financièrement, le nouveau plan de croissance a la capacité de contribuer directement aux facteurs de développement local. En appliquant les normes de gouvernance européenne fondées sur la conditionnalité et la solidarité, son incidence sur le terrain peut aller bien au-delà d’une injection financière accrue de l’Union et contribuer à la crédibilité européenne, ainsi qu’à la légitimité et la visibilité des résultats de ce plan. |
6. Montée en puissance des avantages obtenus au cours du processus d’adhésion
| 6.1. | Le CESE soutient le renforcement de l’intégration économique des pays des Balkans occidentaux dans le marché unique de l’Union, comme indiqué dans le nouveau plan de croissance. La Commission souligne à juste titre les avantages d’une intégration plus poussée des marchés, sous réserve des progrès accomplis par les pays candidats dans l’adoption de l’acquis pertinent de l’Union. Le CESE insiste sur la nécessité d’aider les gouvernements dans toutes les réformes qui sont nécessaires pour accéder aux éléments du marché unique définis dans le plan. |
| 6.2. | Le CESE souligne que si l’intégration dans le marché présente des avantages, elle peut aussi engendrer des risques et des pertes pour les économies des pays candidats. Les effets négatifs qu’elle est susceptible d’entraîner pour le développement socio-économique devraient être soigneusement surveillés et atténués. Le CESE souligne l’importance du dialogue social et civique pour identifier et atténuer de tels risques. Par conséquent, il est essentiel d’aider les gouvernements à réaliser des analyses, à identifier les «perdants» potentiels et, en coopération avec les partenaires sociaux et commerciaux, mais aussi avec les organisations de la société civile, à mettre en œuvre rapidement des mesures de soutien adaptées, avec pour visée de faciliter la préparation aux pressions du marché unique. |
| 6.3. | Le CESE accueille favorablement la proposition de la Commission d’augmenter l’assistance financière aux pays candidats par l’intermédiaire du règlement. Une telle démarche est essentielle pour le développement socio-économique et pour garantir l’engagement politique en faveur des réformes dont ces pays ont besoin sur la voie de leur adhésion. Le train de mesures proposé combine subventions et prêts, imitant ainsi les synergies entre les Fonds structurels et la FRR dont disposent les États membres. Le CESE souligne aussi l’importance d’aligner le soutien aux pays candidats sur les instruments financiers des États membres en vue d’une transition sans accrocs vers l’adhésion. |
| 6.4. | Le CESE note que la méthodologie révisée en matière d’élargissement pour les pays candidats envisage la possible «participation des pays en tant qu’observateurs aux grandes réunions de l’UE portant sur des sujets revêtant pour eux une importance substantielle» (11). Toutefois, le nouveau plan de croissance ne mentionne que la «participation la plus large possible aux groupes d’experts de la Commission», excluant ainsi d’autres formes possibles de participation institutionnelle des pays candidats. Le CESE souligne qu’il est le premier organe de l’Union à permettre aux représentants des pays candidats de participer à ses travaux quotidiens avant l’adhésion. |
7. Coopération régionale et parachèvement du marché commun régional
| 7.1. | Le CESE rappelle l’importance de la coopération régionale et des relations de bon voisinage tout au long du processus d’adhésion et se félicite que la proposition de la Commission accorde un caractère prioritaire au développement du marché commun régional. Toutefois, il est absolument nécessaire d’assurer un suivi objectif de la mise en œuvre des engagements et de garantir la volonté politique d’appliquer des mécanismes de réversibilité en cas de besoin. |
| 7.2. | Le CESE soutient l’intégration économique des Balkans occidentaux au marché unique de l’Union en tant que priorité stratégique en matière de développement. À cette fin, il reconnaît que le processus de Berlin confère la volonté politique indispensable à l’élargissement, en mettant l’accent sur la création, la mise en œuvre et l’achèvement du marché commun régional en tant que tremplin vers le marché unique (12). La rigueur des conditions attachées au nouveau plan de croissance est le principal indicateur de cette évolution. Tout en se fondant pleinement sur les normes de l’Union, les progrès accomplis sur la voie du marché commun régional constitueront un test révélateur adéquat des capacités des partenaires des Balkans occidentaux à adopter l’acquis relatif au marché unique. |
| 7.3. | Le CESE rappelle que le renforcement de la coopération économique et des échanges commerciaux intrarégionaux, qui se fonde sur les normes de l’Union, permettra de libérer le potentiel économique inexploité de la région, de rendre les entreprises plus compétitives en encourageant les chaînes de production transfrontières et en tirant parti des avantages comparatifs régionaux, de créer de nouveaux emplois, de dégager des bénéfices pour les consommateurs et d’attirer les investisseurs, qui pourront bénéficier d’un marché plus vaste. |
| 7.4. | La proposition de la Commission comporte une disposition qui veut que, si un pays fait obstacle à la coopération régionale, ses actions propres sont bloquées, mais pas celles de ses voisins. Le CESE se félicite de cette nouvelle approche, qui est susceptible de créer des relations plus constructives entre les pays des Balkans occidentaux et d’empêcher l’émergence de nouveaux différends bilatéraux. Dans le même temps, le CESE attire l’attention sur le manque de précisions concernant la mise en œuvre d’une telle approche dans la pratique, notamment en ce qui concerne le fonctionnement du marché commun régional. |
| 7.5. | L’actuel plan d’action relatif au marché commun régional expirant à la fin de 2024, le CESE se félicite que le nouveau plan de croissance insiste sur la nécessité d’élaborer un nouveau plan ambitieux au-delà de 2024, facilitant ainsi l’accès progressif au marché unique. Le CESE exprime son soutien aux parties prenantes favorables au développement du marché commun régional, en particulier le Conseil de coopération régionale (CCR) et les parties à l’accord de libre-échange centre-européen (ALECE). |
| 7.6. | Le CESE insiste sur la nécessité de garantir la transparence et la participation de la société civile et des partenaires sociaux au développement, au suivi et à l’évaluation des effets du marché commun régional. |
| 7.7. | Le CESE estime que la mise en place de portails en ligne centralisés offrant des informations complètes et faciles à obtenir pour le commerce intrarégional pourrait faciliter une intégration régionale plus rapide et aider les entreprises et les particuliers à faire face à des pratiques juridiques divergentes et à une réglementation coûteuse. |
| 7.8. | Le CESE estime qu’il est important d’élaborer un cadre juridique harmonisé régissant les systèmes de qualité de l’Union, en particulier pour les indications géographiques. Le règlement établissant une facilité pour les réformes et la croissance en faveur des Balkans occidentaux et le plan d’action pour le marché commun régional devraient soutenir la certification des produits et leur promotion des caractéristiques locales sur le marché unique ainsi que dans les pays tiers. |
8. Gouvernance inclusive et mise en œuvre du règlement
| 8.1. | Le CESE se déclare préoccupé par le fait que la proposition de règlement n’ait pas fait l’objet d’une consultation publique ni d’une analyse d’impact, ce qui serait essentiel pour étayer les allégations de la Commission concernant les effets positifs sur les économies régionales. Ce point revêt une importance toute particulière étant donné qu’à l’heure actuelle, dans la mesure où il n’existe pas d’évaluation à mi-parcours de l’instrument d’aide de préadhésion (IAP III), il est impossible d’évaluer l’incidence des réformes et des investissements réalisés jusqu’à présent dans le cadre du plan économique et d’investissement. Le CESE se dit déçu que les partenaires sociaux et la société civile n’aient pas été suffisamment associés à l’élaboration du plan. La participation des partenaires sociaux à l’élaboration, à la réalisation et à l’évaluation des réformes, en particulier en ce qui concerne le marché du travail, la transition écologique, les jeunes et le développement des compétences, permettra de veiller à ce qu’elles aient l’impact escompté. |
| 8.2. | Le CESE insiste sur la nécessité d’aligner le mécanisme du règlement sur les principes et règles de gouvernance de la politique de cohésion de l’Union, en mettant en avant le développement territorial et social. Cette mise en cohérence prépare les institutions des Balkans occidentaux en vue de leur plein accès aux financements de la politique de cohésion. |
| 8.3. | Pour atteindre les objectifs de convergence sociale et économique du plan, le CESE insiste sur la nécessité de promouvoir et soutenir les réformes et les projets sociaux dans le cadre du règlement, en s’inspirant de l’approche de hiérarchisation des priorités définie au titre de l’action pour le climat (13). Le CESE souligne l’importance de définir des indicateurs sociaux et de développement, pour qu’ils puissent être utilisés afin de rendre compte des progrès accomplis et aux fins du suivi et de l’évaluation de la facilité. Le CESE souligne que le processus d’élargissement devrait promouvoir et renforcer les valeurs européennes, ainsi qu’affermir les normes sociales, la qualité du travail et la qualité de vie dans la région. |
| 8.4. | Le CESE estime qu’un système de gouvernance à plusieurs niveaux pour la mise en œuvre du règlement, y compris une répartition claire des responsabilités, est nécessaire pour garantir l’application d’une conditionnalité forte à chaque étape. Le CESE suggère de mettre en place des comités de suivi nationaux du règlement, avec la participation des partenaires sociaux, dans l’optique de renforcer l’engagement local et régional. Il sera ainsi possible de compenser le faible degré de participation des collectivités locales et régionales, des partenaires sociaux et des organisations de la société civile au dialogue sur l’appui budgétaire dans les Balkans occidentaux, ainsi que leur absence des comités nationaux d’investissement. |
| 8.5. | Il est essentiel de garantir dans les pays bénéficiaires un sentiment d’appropriation du règlement établissant une facilité pour les réformes et la croissance en faveur des Balkans occidentaux afin de soutenir une mise en œuvre réussie et un impact durable au niveau national. Le CESE souligne la nécessité d’une participation constructive et opportune des organisations de la société civile spécialisées à la gouvernance du règlement, et insiste sur l’importance de les associer au cadre d’investissement en faveur des Balkans occidentaux (CIBO) (14) au même titre que le secteur des entreprises, et aussi dans les comités nationaux d’investissement. |
| 8.6. | Le CESE prend acte de la pratique actuelle consistant à disposer d’un tableau de bord de la reprise et de la résilience dans l’Union, qui sert de base au dialogue sur la reprise et la résilience et garantit sa transparence et son caractère inclusif. La mise en place d’un tableau de bord pour le règlement favorisera sa bonne mise en œuvre et sa complémentarité avec l’aide en cours au titre de l’IAP III. |
| 8.7. | Le CESE demande la mise à disposition publique, et en temps utile, de tous les documents et rapports d’évaluation clés du règlement établissant une facilité pour les réformes et la croissance en faveur des Balkans occidentaux, ainsi que des sites web spécialisés, dans les langues locales, pour les tableaux de bord des Balkans occidentaux, de manière à faciliter la participation et le suivi de la société civile. |
Bruxelles, le 25 avril 2024.
Le président
du Comité économique et social européen
Oliver RÖPKE
(1) En décembre 2023, seuls 3 des 59 «investissements phares» approuvés dans le cadre du plan économique et d’investissement pour la période 2020-2023 étaient des investissements dans le capital humain: https://www.wbif.eu/storage/app/media/Library/FactSheets/Factsheets%202023/WBIF%20Endorsed%20Flagship%20Investments%20Dec%202023%20updates.pdf
(2) Au moins 3 milliards d’euros pour la période 2024-2027. Entre 2009 et 2023, au titre de l’instrument d’aide de préadhésion, la Commission a contribué à hauteur de quelque 2,94 milliards d’euros au CIBO sous la forme de subventions à l’investissement dans les infrastructures.
(3) Déclaration finale — 8e Forum de la société civile des Balkans occidentaux: https://www.eesc.europa.eu/en/documents/final-declaration-8th-western-balkans-civil-society-forum#downloads
(4) Conclusions du Conseil européen des 21 et 22 mars 2024: https://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2024/03/22/european-council-conclusions-21-and-22-march-2024/
(5) Réunion du Conseil européen (23 et 24 juin 2022) — Conclusions, document EUCO 24/22 du 24 juin 2022: https://www.consilium.europa.eu/media/57442/2022-06-2324-euco-conclusions-en.pdf
(6) Mihajlovic, M. et al, Template 2.0 for Staged Accession to the EU (en anglais), Centre de politique européenne (CEP) et Centre d’études de la politique européenne (CEPS), août 2023: https://cep.org.rs/en/publications/template-2-0-for-staged-accession-to-the-eu/
(7) Conditionality and Solidarity: Frontloading Cohesion into EU Enlargement to Southeast Europe 6 (en anglais), Institut pour la coopération et le développement (CDI), avril 2023: https://cdinstitute.eu/wp-content/uploads/2023/05/Tirana-Connectivity-Forum-2022-.pdf
(8) Conformément à la lettre et à l’esprit de l’article 152 du TFUE, qui souligne la nécessité de respecter simultanément l’indépendance et la diversité des partenaires sociaux.
(9) Cette désignation est utilisée sans préjudice des positions sur le statut du Kosovo et se conforme à la résolution 1244/1999 du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi qu’à l’avis de la Cour internationale de justice (CIJ) sur la déclaration d’indépendance du Kosovo.
(10) Déclaration de Bruxelles, 13 décembre 2023: https://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2023/12/13/brussels-declaration-13-december-2023/
(11) «Renforcer le processus d’adhésion — Une perspective européenne crédible pour les Balkans occidentaux», COM(2020) 57 final du 5 février 2020.
(12) Conclusions and Agreements — Berlin Process Summit 2023 in Tirana (en anglais): https://www.berlinprocess.de/
(13) Un pourcentage d’au moins 37 % du soutien financier non remboursable mis à disposition par l’intermédiaire du CIBO devrait être attribué aux objectifs climatiques.
(14) Déclaration finale — 8e Forum de la société civile des Balkans occidentaux.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4065/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.114781
30/12/2024
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.114943
30/12/2024
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.116252
30/12/2024
Avis institutionnel — 52024AB0042
30/12/2024