| CELEX | 52024AE1789 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 18 septembre 2024 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2024/6873 | 28.11.2024 |
Avis du Comité économique et social européen
Les politiques de l’Union qui s’imposent pour que les entreprises et l’économie deviennent compétitives d’une manière équitable, durable, plus forte et plus résiliente afin de réaliser le pacte vert pour l’Europe
(avis exploratoire)
(C/2024/6873)
Rapporteur:
Felipe MEDINA| Consultation | Présidence hongroise du Conseil, 14.3.2024 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Marché unique, production et consommation» |
| Adoption en section | 5.9.2024 |
| Date de l’adoption en session plénière | 18.9.2024 |
| Session plénière no | 590 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 212/1/6 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le pacte vert constitue le projet phare de la Commission européenne sortante. Il a été introduit pour répondre à la menace de l’urgence climatique. Sa mise en œuvre présente un ensemble de défis et de perspectives pour les entreprises et les citoyens, non seulement à l’intérieur de l’Union, mais aussi pour nos partenaires commerciaux. Si l’on ne garantit pas la capacité des entreprises à se conformer à cette transition et à en bénéficier, la tâche sera tout simplement insurmontable. C’est la raison pour laquelle le Comité économique et social européen (CESE) se félicite de l’intérêt porté par la présidence hongroise à une question sur laquelle il convient d’enregistrer des améliorations: renforcer la transition écologique et juste en l’associant à la compétitivité des entreprises. Pour cerner en détail les implications de la mise en œuvre du pacte vert, il convient de veiller à ce qu’il soit déployé efficacement, avec le soutien résolu du CESE. |
| 1.2. | Les entreprises ont besoin d’une plus grande certitude, d’un accord mondial, d’orientations, de méthodes avancées en matière de responsabilité et, en fin de compte, d’un soutien de la part des législateurs. Elles ont fait la preuve de leur bonne volonté, mais pressées par des délais serrés et de lourds prélèvements, elles voient cette volonté entravée. Il reste encore beaucoup à faire pour atteindre les objectifs finaux de décarbonation et de transition vers une économie plus durable, définis par la Commission dans sa formulation initiale du pacte vert. |
| 1.3. | Le CESE accueille favorablement et soutient la proposition du Conseil de mettre en place un pacte pour la compétitivité européenne (1) visant à améliorer nos performances économiques et à favoriser un marché unique plus intégré et plus efficace sans laisser personne de côté. Il est urgent que les fonds publics soient alloués de manière stratégique à des objectifs convenus d’un commun accord par les décideurs politiques européens et la société civile. Cette initiative doit être étroitement liée à la stratégie industrielle. |
| 1.4. | Compte tenu du contexte instable dans lequel nous nous trouvons au niveau mondial, le moment pourrait être venu de veiller à ce que les modalités de mise en œuvre du pacte soient adaptées à nos entreprises et concitoyens et faire en sorte qu’elles soient à la hauteur de l’ambition du pacte vert de rendre l’économie de l’Union plus compétitive. À cette fin, il est indispensable de développer un dialogue structuré et permanent avec la société civile, et le CESE peut jouer un rôle essentiel en donnant un effet de levier aux demandes de celle-ci. |
| 1.5. | Les États membres ont besoin d’un soutien au niveau de l’Union et d’une contribution de la société civile pour aider les entreprises en leur fournissant des orientations, des évaluations comparatives et des capacités d’apprentissage partagées pour qu’elles puissent adopter et mettre en œuvre les réformes structurelles découlant du pacte vert: renforcer les taux d’emploi, améliorer l’accès aux compétences et à la main-d’œuvre, promouvoir la flexibilité et l’efficacité sur les marchés du travail. Il s’agit là d’une condition préalable pour renforcer la capacité des entreprises à respecter leurs obligations. Le calendrier est un facteur important et il convient d’éviter que les dispositions soient appliquées à des rythmes différents suivant les États membres. |
| 1.6. | Le CESE estime qu’il est important de déterminer quelles sont les politiques nécessaires du point de vue des entreprises, en les divisant sur la base de deux considérations distinctes:1) principes communs sur lesquels les futures politiques devront être fondées afin d’éviter de reproduire les erreurs passées; 2) thèmes sur lesquels ces politiques pourraient se concentrer pour améliorer les capacités des entreprises à mettre en œuvre les dispositions du pacte vert et du pacte sur la compétitivité. |
| 1.7. | Le CESE encourage les décideurs politiques à adopter une approche collaborative et à ne laisser personne de côté, car il est essentiel de relever les défis communs et de tirer parti des atouts des différentes régions. Cette approche dépendra en grande partie de notre capacité à communiquer sur les coûts de la non-réalisation de cette transition, qui sera beaucoup plus ambitieuse, ainsi que sur le coût d’une mise en œuvre insuffisante de la transition, comme expliqué ci-dessous dans la section consacrée aux enseignements à tirer du pacte vert. |
| 1.8. | L’élaboration de normes mondiales communes est essentielle pour garantir la réalisation de l’objectif consistant à orienter l’argent vers des investissements verts. L’Union doit adopter une approche de partenariat ferme et efficace afin que nos partenaires commerciaux s’engagent à respecter nos normes sociales, économiques et environnementales. Dans le cas contraire, nos efforts seront tout à fait vains. |
2. Observations générales
| 2.1. | Le pacte vert pour l’Europe constitue le projet phare de la Commission européenne sortante. Il est la réponse apportée par l’Union européenne à la problématique du changement climatique et de la décarbonation, soit l’un des défis les plus urgents sur lequel l’Europe entend jouer un rôle de premier plan au niveau mondial, en élaborant une stratégie de croissance visant à transformer l’Union en une économie plus juste, plus efficace dans l’utilisation des ressources et plus compétitive. Le CESE accueille favorablement cette initiative. |
| 2.2. | Le pacte vert se compose d’un ensemble d’initiatives législatives et non législatives portant sur différents domaines. |
Le CESE a constaté qu’au cours des quatre dernières années, la Commission européenne a progressivement lancé des initiatives à discuter dans le cadre d’un calendrier très serré, voire pressant. Depuis le début, des avancées significatives ont pourtant été réalisées, plusieurs initiatives législatives ayant été approuvées très rapidement, mais la superposition de plusieurs crises (reprise après la pandémie de COVID-19, prix de l’énergie, inflation) a eu des répercussions sur le processus.
| 2.3. | Le CESE reconnaît que ce processus législatif complexe a des incidences sur les entreprises et les citoyens, notamment sur le plan: i) des coûts de mise en œuvre et de l’impact social élevé, qui, pour de nombreuses entreprises et de nombreux citoyens, sont parfois insoutenables; ii) de l’insuffisance de la mise en œuvre et de la réalisation concrètes des mesures proposées, compte tenu de leur champ d’application très large; et iii) du calendrier et du manque de flexibilité des dispositifs: pour assurer le déploiement efficace du pacte vert, il importe de renforcer les capacités afin de garantir un soutien adéquat et de faciliter les travaux à accomplir, en évitant ainsi des contradictions dans la mise en œuvre et des dispositions qui se chevauchent, ainsi que de fournir aux entreprises les moyens nécessaires pour se conformer aux exigences, de réduire la bureaucratie et de garantir la cohérence entre les différentes réglementations. Si tout cela est réalisé convenablement, le pacte vert peut conférer à l’Union un avantage concurrentiel considérable. |
| 2.4. | Le CESE note que l’un des dossiers présente un intérêt particulier pour les entreprises, les travailleurs et les consommateurs: celui concernant les obligations de déclaration et la taxinomie. Un certain nombre de nouvelles directives et de règlements vont modifier radicalement les obligations d’information des entreprises, tant sur le plan de la méthode que pour le contenu, ce qui aura des implications considérables pour les investisseurs et les consommateurs. Cet ensemble complexe de dossiers aura également des répercussions sur les entreprises de pays tiers, et le manque de cohérence entre les normes d’information constitue une préoccupation pour les entreprises. |
3. Enseignements à tirer après quatre ans de pacte vert
Même si le pacte vert, dans un certain nombre de domaines, n’est pas encore entièrement appliqué, puisqu’il s’agit d’un projet à long terme, il est possible de procéder à des évaluations susceptibles de nous aider au cours de la prochaine phase. Sur l’ensemble des observations que l’on peut formuler, cinq ans après l’annonce du pacte, on peut citer en particulier les éléments suivants:
| 3.1. | Analyse d’impact. Si les objectifs du pacte vert sont très ambitieux et plus que louables, le CESE estime qu’ils auraient dû au préalable faire l’objet d’une discussion plus approfondie et d’un accord avec la société civile, ce qui aurait permis d’éviter certaines difficultés que l’on constate actuellement. L’absence d’analyse d’impact ex ante est l’un des défauts majeurs du pacte vert. Les différentes initiatives n’ont pas été suffisamment passées au crible d’une analyse solide et critique d’ordre économique, environnemental et social, non plus qu’il n’y a eu de réflexion sur la manière d’éviter ou de réduire les incidences négatives. |
| 3.2. | Calendrier. Ces dernières années, les institutions européennes ont produit un volume important de dossiers législatifs, ce qui a rendu très difficile non seulement le suivi de la législation, mais aussi son application au niveau national et régional, tant pour les pouvoirs publics que pour le secteur privé. |
| 3.3. | Ambition Dans certains cas, le calendrier et les exigences nécessaires pour atteindre les objectifs fixés ont mis en péril l’application effective du pacte vert, au détriment des entreprises. Par exemple, il convient d’assurer des conditions de concurrence équitables au moment de fixer les objectifs de réduction des déchets d’emballage, notamment en plastique. Les grands objectifs de recyclage devraient s’accompagner d’investissements dans les infrastructures et les technologies de recyclage. De même, le déploiement d’énergies renouvelables nécessite des infrastructures suffisantes. Réaliser un contrôle de compétitivité préalable (2) pour chaque proposition législative, en conformité avec les ODD et en garantissant que les concurrents, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’UE, respectent les normes environnementales et sociales les plus élevées, contribuerait à en évaluer les incidences économiques, sociales et environnementales ainsi que celles au regard des zones rurales (test rural), et également à déterminer quels sont la méthode et le calendrier appropriés pour l’élaboration et la mise en œuvre (3) (4). |
| 3.4. | Technologie. Les solutions technologiques n’étant pas toujours disponibles, il s’impose d’accroître les investissements dans la R&D et de développer les compétences professionnelles qui font encore défaut. Le rapport d’Enrico Letta (5) met en lumière ce problème majeur en relevant que l’Union n’a pas mis en place une industrie suffisamment solide pour bénéficier de la nouvelle vague d’innovation, ce qui a entraîné une dépendance à l’égard des technologies étrangères. De plus, il demande la mise en place d’une cinquième liberté: celle consistant à encourager la recherche, l’innovation et l’éducation dans le marché unique. Dans un même ordre d’idées, le CESE estime que l’absence de cette liberté entrave l’autonomie stratégique et la sécurité économique de l’Union et profite à ses concurrents mondiaux qui tirent parti de cette occasion. |
| 3.5. | Compétences. Les changements sont si importants et complexes qu’ils auraient dû s’accompagner de campagnes de sensibilisation, de pédagogie sociale et de dialogue social entre les représentants des entreprises et les syndicats. Les compétences éducatives et techniques, en particulier au titre du pilier environnemental, restent nécessaires et constituent une condition préalable à la réussite du pacte vert. De plus, si l’on considère que la transition écologique devrait créer de nouveaux emplois, la recherche, l’éducation, la formation et l’investissement dans le perfectionnement professionnel demeurent un besoin impératif pour tirer parti des avantages de la technologie et de la numérisation et répondre aux défis démographiques. |
| 3.6. | Impacts sociaux. Si, en certaines occasions, il a été prévu dans le cadre du pacte vert d’introduire des mesures visant à atténuer l’impact social de la législation afférente — comme dans le cas du Fonds social pour le climat, lié exclusivement aux transports et aux ménages —, l’Union ne dispose pas d’une stratégie spécifique et d’ensemble pour intégrer la dimension sociale dans la transition verte et juste, ce qui permettrait de profiter de gains potentiels de compétitivité pour les entreprises (en générant et en finançant de nouvelles compétences et de nouveaux emplois) et d’atténuer les risques de pauvreté et d’exclusion des citoyens les plus vulnérables. Un moyen qui peut permettre aux entreprises de devenir compétitives de manière équitable, durables, plus fortes et plus résilientes est de réaliser des progrès en ce qui concerne le cadre politique en faveur d’une transition juste, comme l’a demandé par ailleurs le CESE (6). |
| 3.7. | Aspects financiers. Même si les modifications législatives ont été assorties de financements publics spécifiques, il s’impose de mobiliser des ressources supplémentaires et spécialement conçues pour adapter le modèle économique au processus de décarbonation. Les entreprises doivent réorienter leurs capitaux vers des activités durables, comme elles le font déjà. Ce changement de paradigme financier devrait être au cœur du pacte vert, en offrant aux entreprises une sécurité juridique et économique accrue, ainsi que davantage d’orientations en la matière. À cette fin, il pourrait être utile de créer un fonds d’investissement de l’Union, intégré dans le prochain cadre financier pluriannuel et consacré aux projets d’investissement d’intérêt stratégique européen, tout en ciblant également les régions et les secteurs les plus touchés par la transition; un tel fonds serait propre à mobiliser davantage les investissements privés (7). |
| 3.8. | Contexte géopolitique. Des crises géopolitiques majeures, tels que l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ont eu certaines conséquences économiques inattendues et ont mis en évidence notre absence de stocks — de gaz ou de céréales, par exemple —, ainsi que la nécessité d’une approche commune et globale. Ces perturbations continueront également de jouer un rôle dans le déploiement du pacte vert, et elles devraient encourager l’accélération de la transition écologique. Cela met en évidence la nécessité d’une plus grande autonomie stratégique sur le plan de l’approvisionnement en énergie et en matériaux ainsi que l’importance de renforcer la position de l’Union au regard de la transition écologique sur la scène internationale. |
| 3.9. | Incidences économiques. Les conséquences économiques de la mise en œuvre du pacte vert sur les entreprises ne sont pas toujours suffisamment prises en considération. La réglementation de l’Union étant susceptible d’entraîner des coûts supplémentaires importants pour les entreprises, le CESE souligne qu’il est nécessaire de rationaliser la réglementation européenne relative à l’environnement, notamment en vue d’alléger la charge administrative qui pèse sur les PME (8), et d’appliquer les mêmes normes élevées aux entreprises extra-européennes. De plus, des étoffements de la réglementation ont lieu aux niveaux régional et national, qui souvent légifèrent à l’avance ou adoptent des mesures plus strictes, ce qui fragmente encore davantage le marché unique de l’Union. Pour y remédier, M. Letta demande la création d’une autorité indépendante de l’Union chargée de garantir la cohérence réglementaire. Il souligne que les entreprises européennes ont besoin d’une solution globale pour les aider à s’acquitter efficacement de leurs obligations. |
4. La compétitivité et le dialogue social au cœur de la transition écologique: l’Europe de la création d’emplois et des compétences
| 4.1. | Les entreprises européennes soutiennent le programme de l’Union en matière de climat et s’engagent à améliorer leurs processus de production, à adapter leurs modèles commerciaux et de travail, à créer de nouveaux profils professionnels et à développer des technologies innovantes pour être plus efficaces et plus durables sur le plan environnemental, contribuant ainsi à la réalisation des objectifs ambitieux fixés par l’Union européenne. C’est pourquoi le pacte vert pour l’Europe doit s’accompagner d’une stratégie industrielle européenne (9) véritablement cohérente qui garantisse la compétitivité des entreprises européennes et reconnaisse leur rôle de facilitateurs de solutions pratiques pour atteindre les objectifs sociaux, environnementaux et climatiques, en garantissant une transition juste afin d’assurer la prospérité économique de tous et de surmonter les crises qui se chevauchent. Cette démarche exige: |
| 4.1.1. | d’élaborer des politiques visant à préserver et à renforcer l’industrie européenne, d’accélérer l’octroi de permis industriels sans pour autant entraver la transparence, et de rendre les chaînes d’approvisionnement plus résilientes en diversifiant les sources d’énergie, les matières premières et les biens intermédiaires, et d’augmenter les capacités européennes, y compris moyennant une révision des règles régissant les infrastructures commerciales globales de l’Union; |
| 4.1.2. | de mettre en place un pacte pour la compétitivité européenne, assorti d’une nouvelle approche en faveur d’une stratégie unifiée pour le marché unique, ce qui est crucial. Nous devons construire un marché unique qui oriente des fonds publics vers des objectifs stratégiques, mis en place conjointement par les décideurs politiques européens et la société civile. Le CESE approuve le rapport de M. Letta, qui souligne que, sans mobiliser davantage de ressources, l’Union ne peut maintenir son objectif de rester chef de file sur la scène internationale. Cela va de pair avec le renforcement de nos capacités administratives; |
| 4.1.3. | d’œuvrer en faveur de la sécurité et de l’approvisionnement énergétiques et alimentaires dans l’Union, en s’attaquant au différentiel de coûts entre l’Union et ses principaux concurrents et en encourageant les investissements dans les énergies propres (10); |
| 4.1.4. | de promouvoir un nouveau modèle de mobilité durable et multimodale fondé sur le principe de neutralité technologique et d’améliorer les conditions du marché pour les flux circulaires de matériaux, ainsi que l’accessibilité pour les personnes handicapées et les personnes âgées; |
| 4.1.5. | d’adopter une approche globale et cohérente des politiques de l’Union dans le domaine de l’eau et de garantir des mesures de conservation et de restauration de la biodiversité présentant un bon rapport coût-efficacité et équilibrées au regard des intérêts sociaux et économiques. |
| 4.2. | Le CESE est déterminé à renforcer le dialogue social et les capacités des partenaires sociaux, un élément essentiel pour faire face aux transformations et aux défis auxquels l’Union est actuellement confrontée, avec de fortes répercussions sur le fonctionnement de son marché du travail. La pénurie de main-d’œuvre et le manque de compétences qui seraient nécessaires du fait de l’évolution du tissu productif, notamment celles liées à la transition numérique, appellent des réponses multidimensionnelles et la participation de tous les acteurs concernés. Pour que l’Union puisse continuer à être le meilleur endroit pour vivre et travailler, le CESE avance les propositions suivantes: |
| 4.2.1. | renforcer le rôle du dialogue social et de la négociation collective aux niveaux européen et national afin de trouver des solutions flexibles adaptées aux réalités des marchés du travail par l’intermédiaire d’un cadre politique en faveur d’une transition juste; |
| 4.2.2. | promouvoir la mobilité de la main-d’œuvre entre les États membres en améliorant la reconnaissance des qualifications et en mettant en place des politiques migratoires sûres et ordonnées afin d’attirer les talents de pays tiers. Il convient d’assurer un lien entre les talents des migrants et les besoins des entreprises; |
| 4.2.3. | développer des systèmes d’orientation professionnelle pour soutenir les processus d’apprentissage tout au long de la vie, renforcer la formation aux compétences liées à la double transition et rendre les disciplines STIM (11) plus attrayantes; |
| 4.2.4. | adopter des stratégies proactives pour susciter et consolider le soutien du public aux efforts de l’Union en faveur d’une transition écologique, durable et compétitive, au moyen de campagnes de communication publiques efficaces et en mettant en place de nouvelles mesures de soutien à l’emploi, en tirant parti de leur valeur stratégique et en garantissant des solutions visant à garantir la continuité pour les citoyens les plus vulnérables. |
5. Un cadre réglementaire pour la compétitivité et l’innovation en vue d’une transition écologique efficace
| 5.1. | Le CESE estime qu’il serait souhaitable que le nouveau cycle institutionnel s’ouvre dans un nouvel esprit réglementaire encourageant l’investissement et le développement professionnel fondés sur de nouvelles connaissances et compétences. Une telle approche nécessitera une vision globale qui favorise une mise en œuvre plus efficiente et plus efficace de la réglementation, évite les incohérences, les chevauchements et les contradictions entre les objectifs, la complexité inutile et les obligations superflues en matière de rapports. Il est donc urgent d’appliquer le contrôle de compétitivité (12) et les fondamentaux du «mieux légiférer» (13) tout au long du processus législatif, éléments selon lesquels le principe de proportionnalité et la réduction de la charge administrative sont essentiels, pour s’attaquer aux problèmes actuels de mise en œuvre et accélérer la transition. À cette fin, le CESE propose les objectifs suivants: |
| 5.1.1. | mettre l’accent sur la bonne mise en œuvre de la législation abondante adoptée au cours du dernier cycle, en garantissant la transparence et la sécurité juridique et en évitant la surréglementation, ainsi qu’en réalisant l’objectif de réduction des charges déclaratives; |
| 5.1.2. | renforcer le rôle de la Commission européenne pour assurer le respect de la législation européenne en rationalisant les procédures d’infraction et en les rendant plus transparentes, et en accentuant la surveillance du marché pour le bon fonctionnement du marché unique; |
| 5.1.3. | améliorer la qualité des analyses d’impact et la transparence dans l’élaboration des actes délégués, et veiller à la bonne application d’un contrôle de la compétitivité approprié pour toute nouvelle législation, ainsi que du principe «un ajout, un retrait», voire «un ajout, deux retraits» lorsque cela est possible. Les analyses d’impact peuvent être développées de manière dynamique, en prenant en considération les modifications substantielles apportées par le Conseil et le Parlement européen au cours de la phase d’élaboration — le rapport de M. Letta suggère de disposer d’«analyses d’impact dynamiques», en adaptant le processus d’évaluation à la procédure de manière à ce que la société civile soit correctement informée de l’évolution du texte; |
| 5.1.4. | faire du marché unique le centre de l’intégration européenne, en prenant des mesures en vue de supprimer les obstacles persistants aux quatre libertés (14) du marché unique et de favoriser les opérations de transport transfrontalières; |
| 5.1.5. | préserver le modèle européen de normalisation afin de garantir des principes européens pertinents pour le marché, toujours conformes aux normes internationales et venant défendre nos engagements sociaux et environnementaux en matière de bien-être et de prospérité; |
| 5.1.6. | maximiser le potentiel des marchés publics pour atteindre les objectifs européens et veiller à ce que la législation sur les marchés publics ne conduise pas à une baisse des prix; |
| 5.1.7. | renforcer la complémentarité de la politique industrielle et de la politique de concurrence (15) ainsi que la cohérence entre elles, veiller à ce que le cadre de contrôle des aides d’État garantisse la rationalisation, la répartition adéquate et l’équité des aides publiques, et promouvoir des instruments conçus dans une perspective européenne. |
| 5.2. | Les institutions de l’Union doivent donner la priorité à la levée des obstacles administratifs et financiers auxquels sont confrontées les entreprises européennes, ce qui passe par les actions suivantes:
|
6. Un environnement économique et fiscal propice à l’investissement et à la numérisation pour une transition écologique stable
| 6.1. | Le CESE estime que le récent accord sur de nouvelles règles budgétaires et la dette de l’Union émise pour financer le dispositif Next Generation EU peuvent servir de base à la consolidation et à la stabilisation de l’environnement économique de l’Union. Le CESE souligne que les années à venir sont cruciales, s’agissant de faire en sorte que les mesures appropriées soient prises pour encourager les investissements à long terme et faciliter l’accès des entreprises à ce type de financement, en faisant le meilleur usage possible de la capacité d’épargne de l’Europe et en facilitant les investissements sur son territoire. À cette fin, le CESE préconise les actions suivantes: |
| 6.1.1. | achever l’union bancaire et progresser dans l’approfondissement de l’union des marchés des capitaux, en créant un environnement stable et prévisible et en assurant la bonne mise en œuvre du nouveau cadre de gouvernance économique; |
| 6.1.2. | fournir un cadre financier pluriannuel, comprenant de nouvelles ressources propres pour permettre la réalisation des investissements nécessaires, et assurer la mise en œuvre efficace des fonds de Next Generation EU; |
| 6.1.3. | procéder à une évaluation minutieuse des dépenses publiques, en garantissant un niveau notable de cohérence entre nos objectifs et les financements publics et privés. De plus, améliorer la capacité d’emprunt public de l’Union constituerait un moyen à cette fin; |
| 6.1.4. | dans un contexte d’assainissement budgétaire, tirer parti des ressources publiques et des instruments de l’Union et les utiliser comme catalyseurs pour combler le déficit d’investissement entre ses régions. |
| 6.2. | Après une période marquée par la production d’un volume considérable de textes législatifs, les entreprises sont confrontées à un horizon d’incertitude quant à la mise en œuvre des dispositions et à leur compatibilité, dans un contexte de concurrence féroce pour mener cette transition. L’intégration des technologies numériques est essentielle pour atteindre les objectifs de durabilité. Pour atteindre les objectifs de la décennie numérique et renforcer la compétitivité de l’Union sur la scène mondiale au-delà de la seule réglementation, le CESE estime que l’Europe doit: |
| 6.2.1. | approfondir le marché unique numérique afin de permettre aux entreprises européennes d’exploiter pleinement son potentiel et de se concentrer sur la mise en œuvre du nouveau cadre réglementaire dans le domaine numérique; |
| 6.2.2. | maximiser l’impact des ressources financières, tant publiques que privées, affectées à la transition numérique; |
| 6.2.3. | garantir l’interopérabilité et la réutilisation des données, favoriser le développement d’espaces de données et veiller à ce que la réglementation de l’IA positionne l’Union en tant que lieu où il est possible d’investir dans cette technologie et de la développer d’une manière éthique et sûre; |
| 6.2.4. | renforcer les capacités en matière de cybersécurité dans les sphères publique et privée, en mettant en œuvre et en étoffant la législation adoptée au cours de la dernière législature. |
Bruxelles, le 18 septembre 2024.
Le président
du Comité économique et social européen
Oliver RÖPKE
(1) Conseil de l’Union européenne, Une industrie européenne compétitive, moteur de notre avenir vert, numérique et résilient, conclusions du Conseil, 24 mai 2024.
(2) Boîte à outils pour une meilleure réglementation — Annexe I sur le contrôle de compétitivité.
(3) Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — «Ajustement à l’objectif 55»: atteindre l’objectif climatique de l’UE à l’horizon 2030 sur la voie de la neutralité climatique [COM(2021) 550 final] ( JO C 275 du 18.7.2022, p. 101).
(4) Avis du Comité économique et social européen — Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions Garantir notre avenir — Objectif climatique de l’Europe pour 2040 et voie vers la neutralité climatique à l’horizon 2050 pour une société durable, juste et prospère [COM(2024) 63 final] (JO C, C/2024/4667, 9.8.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4667/oj).
(5) Rapport Enrico Letta — Much more than a market (Bien plus qu’un marché), avril 2024.
(6) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Faire progresser le cadre politique de l’Union européenne en faveur d’une transition juste: quelles sont les mesures nécessaires?» (JO C, C/2024/1576, 5.3.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/1576/oj).
(7) Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — «Ajustement à l’objectif 55»: atteindre l’objectif climatique de l’UE à l’horizon 2030 sur la voie de la neutralité climatique [COM(2021) 550 final] ( JO C 275 du 18.7.2022, p. 101).
(8) Avis du Comité économique et social européen — Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions Garantir notre avenir — Objectif climatique de l’Europe pour 2040 et voie vers la neutralité climatique à l’horizon 2050 pour une société durable, juste et prospère [COM(2024) 63 final] (JO C, C/2024/4667, 9.8.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4667/oj).
(9) Avis du Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Une nouvelle stratégie industrielle pour l’Europe» [COM(2020) 102 final] ( JO C 364 du 28.10.2020, p. 108).
(10) Voir la définition que le CESE donne de la compétitivité en rapport avec les systèmes alimentaires ( JO C 194 du 12.5.2022, p. 72): «le secteur agroalimentaire européen doit être en mesure de fournir des denrées alimentaires aux consommateurs à des prix incluant les coûts supplémentaires induits par des critères tels que la durabilité, le bien-être animal, la sécurité alimentaire et la valeur nutritive, mais également une juste rémunération pour les agriculteurs, tout en maintenant son statut de premier choix pour la grande majorité des consommateurs».
(11) À savoir, les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques.
(12) Boîte à outils pour une meilleure réglementation — Annexe I sur le contrôle de compétitivité.
(13) Boîte à outils pour une meilleure réglementation.
(14) Le marché unique assure la libre circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes.
(15) Avis du Comité économique et social européen a) Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Le marché unique a 30 ans [COM(2023) 162 final] b) Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — La compétitivité à long terme de l’UE: se projeter au-delà de 2030 [COM(2023) 168 final] (JO C, C/2024/4056, 12.7.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4056/oj).
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/6873/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.114781
30/12/2024
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.114943
30/12/2024
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.116252
30/12/2024
Avis institutionnel — 52024AB0042
30/12/2024