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AccueilDroit européen52024DC0001
Acte préparatoire52024DC0001

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS relative à l'Année européenne de la jeunesse 2022

CELEX52024DC0001
TypeActe préparatoire
Datemercredi 10 janvier 2024

Résumé IA

Cette communication de la Commission dresse le bilan de l'Année européenne de la jeunesse 2022, en évaluant sa mise en œuvre et son impact sur les politiques de jeunesse de l'UE. Elle met en lumière les initiatives clés, les résultats obtenus et les enseignements tirés, tout en proposant des pistes pour pérenniser l'héritage de cette année thématique dans les programmes et financements européens. Ce document sert de base de réflexion pour les futures actions de l'Union en faveur de l'engagement et de l'autonomisation des jeunes.

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 10.1.2024

COM(2024) 1 final

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS

relative à l'Année européenne de la jeunesse 2022

{SWD(2024) 1 final}


1INTRODUCTION

En 2024, les jeunes Européens forment la génération la plus instruite, la plus à l’aise avec les technologies, la plus mobile et la plus connectée à ce jour. Les jeunes citoyens de l’Union européenne présentent en moyenne un niveau relativement élevé de bien-être subjectif 1 . Ils jouent un rôle actif au sein des sociétés dans lesquelles ils vivent 2 et représentent la tranche d’âge la plus satisfaite par le fonctionnement de la démocratie dans l’UE 3 . Ils ont pourtant été marqués par la crise financière mondiale de 2008, par la pandémie de COVID-19 et par la guerre d’agression que mène la Russie contre l’Ukraine. Les 73 millions de jeunes 4 que compte l’Union sont habitués à la volatilité, à l’incertitude et aux changements sans précédents, qui pèsent sur leurs perspectives d’avenir et sur leur santé mentale. En dépit des multiples crises, les jeunes d’aujourd’hui ont développé une grande capacité de résilience.

Ce contexte a influencé leurs points de vue, leurs besoins et leurs comportements.

Si la jeunesse est hétérogène, exprimant des idées différentes, voire parfois contradictoires, une chose est claire: elle offre une perspective générationnelle unique en son genre. L’intégration de cette perspective aux multiples facettes dans le processus de prise de décisions pour le présent et l’avenir n’est pas qu’une question d’équité, c’est une nécessité.

L’ampleur des défis auxquels nous sommes actuellement confrontés requiert une participation généralisée. Pour protéger la démocratie, garantir la paix, défendre les valeurs européennes et tirer le meilleur parti des transitions écologique et numérique, nous avons besoin de la créativité, de l’énergie et des multiples talents de tous les citoyens, et particulièrement des jeunes.

C’est pourquoi la présidente von der Leyen a proposé, à l’occasion de son discours sur l’état de l’Union du 15 septembre 2021 5 , de faire de 2022 l’Année européenne de la jeunesse (ci-après l’«Année»), afin de célébrer la résilience dont les jeunes ont fait preuve pendant la pandémie de COVID-19 et de leur donner les moyens de façonner l’avenir de l’Europe dans le monde de l’après‑pandémie. Ce soutien en faveur d’une forte dimension de la jeunesse dans les priorités et les politiques de l’Union a trouvé un écho au Parlement européen et au Conseil, de même que dans les principales organisations de parties prenantes, notamment le Forum européen de la jeunesse.

L’Année européenne de la jeunesse, sous le slogan «Donne une voix à ta vision», visait à offrir aux jeunes des perspectives positives, à stimuler leur participation à la vie démocratique conformément au traité de Lisbonne, et à leur donner davantage voix au chapitre dans l’élaboration des politiques de l’Union.

Les élections européennes à venir en juin 2024 accentuent d’autant plus l’importance d’impliquer les jeunes dans le processus démocratique. Le futur Parlement européen aura son mot à dire dans les domaines qui préoccupent les jeunes: la santé et le bien-être, l’environnement et le climat, l’éducation et la formation, la coopération internationale et les valeurs européennes, ainsi que l’emploi et l’inclusion. Il est donc essentiel que les jeunes citoyens profitent de cette occasion pour exprimer leur choix pour l’Europe et pour faire en sorte d’être représentés selon leurs préférences à l’assemblée de l’UE élue au suffrage direct.

La Commission européenne s’engage à continuer de répondre aux attentes des jeunes afin de leur assurer un avenir meilleur. Cet engagement se traduira par l’introduction d’une évaluation d’impact du point de vue des jeunes visant à garantir que les incidences des politiques de l’UE sur la jeunesse sont systématiquement prises en compte lors de l’élaboration des politiques, en exploitant pleinement le potentiel du cadre pour une meilleure réglementation. Cette évaluation a pour objectif de veiller à ce que les besoins et les points de vue des jeunes soient pris en considération dans tous les domaines d’action.

Conformément à l’article 7 de la décision (UE) 2021/2316 du Parlement européen et du Conseil du 22 décembre 2021 relative à l’Année européenne de la jeunesse (2022) 6 , la présente communication souligne les principales réalisations de cette Année et contient des actions prioritaires, assurant l’héritage de l’Année de la jeunesse. La Commission propose ces actions conformément à l’article 6, point e), du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, selon lequel l’UE dispose d’un mandat dans le domaine de la jeunesse pour mener des actions visant à appuyer, coordonner ou compléter l’action des États membres. En particulier, le document de travail des services de la Commission accompagnant la présente communication contient le rapport complet sur la mise en œuvre, les résultats et l’évaluation globale de l’Année.

La présente communication et le document de travail qui l’accompagne, ainsi que le prochain rapport d’évaluation de la Commission sur la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse pour la période 2019‑2027 7 (prévu pour 2024), contribueront à façonner l’avenir des politiques de l’UE en faveur de la jeunesse et à renforcer la contribution des jeunes à l’élaboration des politiques de l’Union 8 .

2ANNÉE EUROPÉENNE DE LA JEUNESSE – PRINCIPALES RÉALISATIONS 9

Le succès de l’Année est le fruit d’efforts de cocréation déployés par de multiples parties prenantes à plusieurs niveaux, associant institutions de l’UE, États membres, acteurs de la jeunesse et jeunes. Comme l’exige la décision relative à l’Année européenne de la jeunesse 10 , en vue d’assurer une coordination optimale, la Commission a créé un groupe composé de 29 coordonnateurs nationaux pour l’Année désignés par les États membres de l’UE 11 , de 6 points de contact nationaux issus des pays associés au programme Erasmus+ et de plus de 120 acteurs de la jeunesse au niveau européen.

Le Parlement européen, le Comité économique et social européen et le Comité des régions ont contribué activement à ce groupe. Cette vaste mobilisation d’acteurs variés en vue de la préparation et de la mise en œuvre de l’Année a donné lieu à de nouveaux partenariats à tous les niveaux, ce qui aura des retombées positives sur la coopération dans le domaine de la jeunesse dans les années à venir.

L’Année a suscité une mobilisation à grande échelle et une participation à tous les niveaux. Plus de 2 700 parties prenantes 12 dans l’ensemble de l’Union et au-delà ont inscrit des activités sur la carte du portail européen de la jeunesse, contribuant aux quatre objectifs de l’Année 13 .

Les activités entrant dans le cadre de l’Année étaient non seulement destinées aux jeunes, mais aussi mises en œuvre avec et par les jeunes. Environ 92 % des coordonnateurs nationaux et des points de contact nationaux des pays tiers ont collaboré avec des conseils nationaux de la jeunesse composés de jeunes. Sur les 18 groupes/réseaux de pilotage mis en place au niveau national, 16 comprenaient des conseils nationaux de la jeunesse et 12 comprenaient d’autres organisations de jeunesse.

L’Année a rapproché les institutions européennes, nationales, régionales et locales de la jeunesse. Grâce à l’Année, un plus grand nombre de jeunes Européens ont pu constater par eux‑mêmes en quoi l’UE leur est bénéfique, soutient leur développement personnel et leur fournit des ressources et des compétences clés pour qu’ils puissent devenir des citoyens actifs et des acteurs de la solidarité et du changement positif. Environ 83 % des activités menées au cours de l’Année ont eu lieu en présentiel. Cet effort de sensibilisation était important pour informer les jeunes, notamment les moins favorisés, des nombreuses chances à saisir.

La plus grande attente des jeunes pour cette Année était que la société et les responsables politiques écoutent davantage leurs demandes et agissent pour y répondre 14 . Dans le cadre de l’Année, les jeunes étaient au centre des priorités politiques et ont eu de nombreuses occasions d’exprimer leur point de vue et leurs idées sur des questions qui leur tenaient à cœur. Près de 90 % des acteurs du domaine de la jeunesse et 66 % des jeunes qui ont donné leur avis ont confirmé que cette Année leur avait donné la possibilité de se faire entendre.

Un objectif clé de l’Année européenne de la jeunesse était d’intégrer la perspective de la jeunesse dans tous les domaines d’action de l’Union 15 , ce qui a été atteint grâce à une vaste mobilisation interservices dans l’ensemble de la Commission. Plus de 30 services ont participé, avec plus de 130 initiatives stratégiques en faveur de la jeunesse, dont beaucoup ont été élaborées en coopération avec des jeunes. On a estimé à 140 millions d’EUR le montant correspondant aux programmes et instruments de l’Union permettant de mettre en œuvre les objectifs de l’Année, notamment au moyen de campagnes, d’événements et d’appels à propositions. Au niveau national, 81 % des coordonnateurs nationaux et des points de contact nationaux ont déclaré avoir collaboré avec des ministères ou des organismes publics différents de ceux responsables de la politique de la jeunesse, et 69 % ont mis en place des groupes/réseaux de pilotage pour l’Année (composés à 61 % de ministères/organismes publics non spécialisés dans la jeunesse).

Les objectifs principaux de l’Année, à savoir l’augmentation de la participation des jeunes et l’intégration de la perspective de la jeunesse dans tous les domaines d’action, ont clairement été atteints et doivent être maintenus. L’Année européenne de la jeunesse est un exemple de réussite de la coopération européenne et son héritage doit perdurer.

3PERSPECTIVES

Dans le prolongement de l’Année et conformément à la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse pour la période 2019-2027, la Commission renforcera son action sur deux grands fronts:

·donner aux jeunes davantage voix au chapitre dans l’élaboration des politiques de l’Union; et

·répondre aux préoccupations des jeunes dans tous les domaines d’action.

Ces efforts s’appuieront sur le cadre de la Commission pour une meilleure réglementation, qui prévoit une structure claire pour la consultation des parties prenantes et les analyses d’impact. La Commission veillera à renforcer ses capacités internes destinées au travail avec les jeunes et mettra en place un dialogue fort et constant avec les parties prenantes tout au long du cycle d’élaboration des politiques.

Les réflexions de la Commission ont été étayées par une série de propositions visant à prolonger les efforts déployés pour renforcer la dimension de la jeunesse dans les politiques de l’UE 16 . Le Forum européen de la jeunesse a formulé des suggestions en vue d’une évaluation d’impact de l’UE du point de vue des jeunes 17 . Dans sa résolution sur le bilan de l’Année européenne de la jeunesse 18 , le Parlement européen a invité la Commission à mettre en place une évaluation d’impact de l’UE du point de vue des jeunes afin de garantir l’engagement et l’implication des jeunes dans la préparation des politiques de l’Union. Dans ses conclusions sur l’intégration de la jeunesse 19 , le Conseil a invité la Commission à exploiter son cadre pour une meilleure réglementation afin de prendre en considération l’impact des nouvelles politiques sur les jeunes.

3.1DONNER AUX JEUNES DAVANTAGE VOIX AU CHAPITRE DANS L’ÉLABORATION DES POLITIQUES DE L’UNION

Chaque action qu’entreprend l’UE devrait être mue par la solidarité entre les générations. La Commission s’engage à respecter la justice intergénérationnelle dans ses décisions afin de «léguer un monde meilleur à la génération suivante» 20 . En outre, de nombreuses initiatives et décisions stratégiques de l’Union ont une incidence directe sur la vie des jeunes d’aujourd’hui, comme le reflètent également les objectifs européens pour la jeunesse 21 , qui font partie intégrante de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse. C’est pourquoi l’«intégration de la jeunesse», c’est-à-dire la prise en considération de la dimension de la jeunesse dans tous les domaines d’action pertinents, est une priorité pour la coopération de l’UE dans le domaine de la politique de la jeunesse.

Pour intégrer la perspective de la jeunesse dans tous les domaines d’action lorsqu’elle élabore ou modifie des politiques, la Commission devra assurer une «évaluation d’impact du point de vue des jeunes» en exploitant pleinement les outils de consultation et d’amélioration de la réglementation. Cette évaluation d’impact du point de vue des jeunes ne part pas de zéro: la Commission a déjà défini un ensemble d’outils d’amélioration de la réglementation 22 , qui seront complétés par plusieurs instruments spécifiquement dédiés à la jeunesse dans le cadre de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse pour la période 2019-2027 23 .

3.1.1ÉVALUATION D’IMPACT DU POINT DE VUE DES JEUNES: EXPLOITER PLEINEMENT LES OUTILS D’AMÉLIORATION DE LA RÉGLEMENTATION ET LES OUTILS DE CONSULTATION

La Commission veillera à ce que soit pleinement exploité le potentiel des outils existants qui visent à améliorer la réglementation. La boîte à outils pour une meilleure réglementation pose une série de questions clés pour déterminer l’importance des impacts sur les jeunes:

·l’outil nº 31 relatif à l’éducation et la formation, la culture et la jeunesse, fournit des orientations, des références et des informations générales sur la manière d’analyser les impacts sur la jeunesse (vie démocratique, participation civique, éducation et apprentissage, marché du travail, santé et bien-être, inclusion et lutte contre la pauvreté);

·l’outil nº 29 relatif aux droits fondamentaux, y compris la promotion de l’égalité, inclut une référence explicite à la dimension de l’âge et aux droits des enfants dans l’analyse des impacts et l’atténuation des éventuelles incidences négatives des décisions stratégiques qui semblent neutres, mais qui peuvent avoir des incidences différentes sur certains groupes, alors que de telles incidences n’étaient ni voulues ni prévues;

·l’outil nº 20 relatif à la prospective stratégique contribue à évaluer la manière dont les grandes tendances connexes, telles que l’évolution démographique, l’accès limité à des matières premières et la mutation rapide de la réalité technologique et socio-économique, peuvent affecter les jeunes.

La pleine mise en œuvre des outils d’amélioration de la réglementation conduira à une évaluation d’impact du point de vue des jeunes. La perspective de la jeunesse sera intégrée dans l’élaboration des politiques en suivant quatre grandes phases:

1.Évaluation de la pertinence pour la jeunesse: la Commission, avec l’aide de ses correspondants Jeunesse (voir plus loin) et en faisant appel au réseau pour la jeunesse si nécessaire, évalue si les initiatives prévues et comprises dans les initiatives prioritaires figurant à l’annexe I du programme de travail de la Commission sont particulièrement pertinentes pour les jeunes. Un processus cohérent sera utilisé pour déterminer quelles sont ces grandes initiatives prioritaires.

2.Consultations auprès des jeunes: lorsqu’il est établi qu’une initiative est particulièrement pertinente pour la jeunesse, la Commission peut envisager de mener une consultation spécifique auprès des jeunes (enquêtes ciblées, discussions avec des jeunes, des organisations de jeunesse représentatives ou la plateforme des acteurs de la jeunesse). En outre, dans ces cas-là, les consultations publiques comprendront un ensemble obligatoire de questions ciblant les jeunes, avec la possibilité de déterminer la tranche d’âge des jeunes interrogés. Cela contribuera à encourager davantage les contributions des jeunes et à les mettre en avant dans les analyses d’impact. Les nouveaux coordonnateurs nationaux/régionaux pour la jeunesse (voir plus loin) pourraient être mobilisés pour faciliter les consultations au niveau national.

3.Analyse d’impact: la Commission, avec le soutien des correspondants Jeunesse, réalise l’analyse d’impact en s’appuyant sur tous les outils d’amélioration de la réglementation considérés comme particulièrement pertinents pour la jeunesse et en veillant à ce que les impacts sur les jeunes jugés pertinents soient correctement analysés.

4.Examen: le comité d’examen de la réglementation vérifie que tous les impacts ont été correctement analysés, y compris les impacts sur la jeunesse et les consultations auprès des jeunes jugés particulièrement pertinents pour l’initiative.

Afin de maintenir la dynamique politique de l’intégration de la jeunesse dans les nouvelles initiatives et d’accumuler plus d’expérience et de connaissances, aux niveaux régional, national et de l’UE du processus décisionnel, la Commission lancera une série de tables rondes consacrées à l’intégration de la jeunesse entre les parties prenantes concernées, en particulier les organisations de jeunesse, les États membres et les autres institutions de l’UE. Ces tables rondes se tiendront en lien avec la publication du programme de travail de la Commission, et assureront le suivi des enseignements tirés de l’évaluation d’impact du point de vue des jeunes et de l’intégration de la jeunesse par la Commission dans le cadre de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse.

En outre, pour renforcer l’intégration de la jeunesse dans l’élaboration des politiques, la Commission:

·engagera un dialogue avec les partenaires et les acteurs concernés du secteur de la jeunesse, en les associant davantage à l’élaboration des propositions d’action pertinentes. À cette fin, la Commission encouragera d’autant plus les jeunes à participer activement et à faire entendre leur voix dans le cadre de consultations publiques et ciblées, de dialogues avec les décideurs politiques et de panels de citoyens;

·poursuivra les dialogues stratégiques avec les commissaires, une initiative phare de cette Année qui a été couronnée de succès. Les jeunes de toute l’Europe et d’ailleurs auront régulièrement l’occasion d’échanger avec des commissaires sur des sujets et des initiatives clés, en lien avec le programme de travail de la Commission;

·renforcera encore ses capacités internes destinées au travail avec les jeunes. Sur la base de l’expérience acquise au cours de l’Année, la Commission maintiendra le réseau interne de la Commission pour la jeunesse, avec des correspondants Jeunesse qui forment les points de contact privilégiés dans leurs domaines d’action respectifs pour les questions relatives à la jeunesse et qui contribuent à renforcer la coopération intersectorielle et l’intégration de la jeunesse. Ce réseau, animé par la coordonnatrice européenne des activités relatives à la jeunesse, échangera des informations sur les politiques en cours de préparation qui pourraient avoir un impact sur les jeunes et assurera la liaison avec la plateforme des acteurs de la jeunesse;

·dans le prolongement de la conférence sur l’avenir de l’Europe – un exercice inédit de démocratie paneuropéenne – la Commission a décidé d’accorder plus de poids aux jeunes citoyens dans l’élaboration des politiques de l’Union en convoquant régulièrement des panels de citoyens sélectionnés de manière aléatoire et formés à un tiers par des jeunes, afin de délibérer sur certaines initiatives stratégiques clés 24 . Depuis la clôture de cette conférence, trois panels ont été organisés pour délibérer à propos du gaspillage alimentaire, des mondes virtuels et de la mobilité à des fins d’apprentissage. La forte dimension de la jeunesse devrait être maintenue dans les futurs panels de citoyens.

Actions clés:

1. Exploiter pleinement le potentiel de l’intégration de la jeunesse dans le cadre de la boîte à outils et du cadre de la Commission pour une meilleure réglementation, en vue d’une évaluation d’impact du point de vue des jeunes

2. Poursuivre les dialogues stratégiques en faveur de la jeunesse avec les commissaires

3. Continuer à assurer une forte participation de la jeunesse aux panels de citoyens

4. Mobiliser davantage le réseau interne de la Commission pour la jeunesse composé de correspondants Jeunesse

5. Lancer une série de tables rondes consacrées à l’intégration de la jeunesse

3.1.2RECOURIR AUX OUTILS DE DIALOGUE ET D’INTÉGRATION DANS LE CADRE DE LA STRATÉGIE DE L’UE EN FAVEUR DE LA JEUNESSE 2019-2027

La participation constructive de la jeunesse 25 est une pierre angulaire pour le bon fonctionnement de toute démocratie, en contribuant à l’inclusivité et à la cohésion de la société. En ce sens, elle est aussi particulièrement importante pour les élections européennes de 2024. Dans le cadre du train de mesures de défense de la démocratie, une recommandation promouvant des normes démocratiques élevées en matière d’élections et de référendums européens et nationaux vise à soutenir une large participation aux élections de différents groupes, y compris des jeunes 26 . Ce train de mesures comprend également une recommandation relative à la promotion de l’implication des citoyens et des organisations de la société civile dans les processus d’élaboration des politiques publiques et de leur participation effective à ces processus 27 , qui encourage notamment la participation constructive, inclusive et sûre des enfants et des jeunes, sans discrimination d’aucune sorte. Conformément à la recommandation, les États membres devraient tout particulièrement s’efforcer de renforcer la participation des enfants et des jeunes à la vie politique et démocratique aux niveaux local, régional et national, y compris dans les régions rurales et reculées.

La participation active à la société et à la démocratie permet aux jeunes de développer des compétences clés, d’améliorer leurs chances, d’accroître leur sentiment d’appartenance et leur ouvre des perspectives positives. L’enquête Eurobaromètre de 2022 sur la jeunesse et la démocratie a révélé une augmentation de la participation de la jeunesse, 58 % des jeunes répondants ayant déclaré qu’ils jouaient un rôle actif dans la société dans laquelle ils vivent 28 .

L’Année a entraîné une forte incitation à offrir aux jeunes des possibilités plus nombreuses et de meilleure qualité pour leur permettre de devenir des citoyens actifs et de participer à la vie démocratique et au processus décisionnel. La participation de la jeunesse est ainsi arrivée en tête de liste des thèmes de l’Année, avec le plus grand nombre d’activités (43 %) inscrites sur la carte des activités du portail européen de la jeunesse 29 . La première action de suivi, quant à elle, a été «davantage de possibilités pour que les jeunes se fassent entendre à tous les niveaux», préférée par 61 % des jeunes, 72 % des parties prenantes et 73 % des coordonnateurs nationaux et des points de contact nationaux dans les enquêtes. La participation de la jeunesse doit se traduire dans tous les domaines d’action qui touchent les jeunes. Il est donc essentiel de renforcer les instruments de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse. Afin de continuer sur la lancée en faveur du dialogue et de l’intégration amorcée par l’Année, la Commission:

·renforcera le dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse, principal instrument de participation de la jeunesse en Europe, en augmentant sa visibilité et sa portée, en impliquant des organisations de jeunesse variées et plus nombreuses, en améliorant la diffusion des résultats du dialogue, leur adoption et les suites qui y sont données à tous les niveaux, ainsi qu’en redoublant d’efforts pour impliquer les jeunes moins favorisés. Le dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse est une conversation menée actuellement avec les jeunes et les organisations de jeunesse, associant les décideurs et responsables politiques, les experts, les chercheurs et d’autres organismes concernés de la société civile. Pour faire en sorte que les consultations auprès des jeunes réussissent à atteindre le niveau local, ce dialogue pourrait être mieux connecté aux principales initiatives à venir de la Commission. À cette fin, la Commission alignera de manière plus étroite les principaux sujets du dialogue sur le programme de travail de la Commission. Pour soutenir le processus d’élargissement, la Commission réfléchira à la manière d’échanger davantage avec les jeunes des pays candidats et des candidats potentiels;

·facilitera les échanges et les consultations auprès des jeunes sur les initiatives à venir, à l’aide d’une nouvelle plateforme des acteurs de la jeunesse, sur la base du groupe des parties prenantes de l’Année, auquel participeront des organisations de jeunesse, des chercheurs dans le domaine de la jeunesse, des représentants des États membres et d’autres institutions de l’UE. Le travail de la plateforme suivra de près les initiatives de l’UE à venir;

·développer davantage le portail européen de la jeunesse en tant que guichet unique présentant les possibilités offertes aux jeunes dans l’UE en matière de vulgarisation, de sensibilisation et de communication avec les jeunes. L’information et la sensibilisation sont des éléments indispensables à une participation significative de la jeunesse qui renforcent également le sentiment d’appartenance des jeunes à l’UE et améliorent les perspectives qui se présentent à eux;

·étudiera la possibilité d’accorder des microsubventions dans le cadre du futur programme Erasmus+. Ces subventions faciles d’accès et de faible valeur ont été testées avec succès par certains coordonnateurs nationaux au cours de l’Année. Elles offrent aux jeunes un accès facile aux financements pour leur permettre de travailler sur des projets communs et de développer leurs compétences, leur capacité d’action et leur confiance en eux afin qu’ils puissent apporter des changements positifs dans leurs communautés. En outre, les microsubventions sont un moyen efficace d’attirer l’attention des jeunes et de susciter leur intérêt pour les possibilités que leur offre l’UE;

·rapprochera l’UE des jeunes et leur fera connaître les possibilités offertes par l’UE lors de la Semaine européenne de la jeunesse, qui se tiendra du 12 au 19 avril 2024 et portera sur la participation démocratique. La Semaine est éminemment pertinente en vue des élections européennes de 2024. Dans le cadre de la Semaine, une deuxième édition de l’événement «LevelUp!» sera organisée par le Forum européen de la jeunesse, en coopération avec la Commission et le Parlement, sur le modèle de l’événement testé pendant l’Année européenne de la jeunesse. Elle a pour objectif d’améliorer les capacités d’argumentation, de communication et d’organisation des jeunes militants et d’accroître la participation des jeunes aux élections, et notamment aux élections européennes de 2024;

·continuera à soutenir la participation des jeunes à l’action extérieure de l’Union, par l’intermédiaire de structures consultatives de la jeunesse au sein des délégations de l’UE et d’initiatives mondiales spécifiques telles que l’initiative pour les femmes et les jeunes dans la démocratie (Women and Youth in Democracy, WYDE) 30 . La Commission renforcera encore cette participation de la jeunesse aux institutions, en mettant en relation les jeunes d’Europe et du monde entier et en réunissant en 2024 les membres de ses réseaux internationaux de jeunes, tels que les conseils consultatifs de la jeunesse;

·créera des synergies entre les actions visant à renforcer tant la participation des jeunes que celle des enfants 31 et répondant au droit des enfants d’être entendus. poursuivra la mise en œuvre de la nouvelle plateforme européenne de participation des enfants 32 , qui associe ces derniers au processus décisionnel de l’UE et favorise leur participation active à la vie démocratique dès le plus jeune âge;

·encouragera les États membres à instituer des coordonnateurs nationaux ou régionaux pour la jeunesse, à l’instar de la coordinatrice européenne des activités relatives à la jeunesse. Ces coordonnateurs permettraient de renforcer la coopération intersectorielle sur les questions liées à la jeunesse, tant au niveau national que régional, ainsi que la coopération entre les États membres et la Commission. Ils seraient invités à contribuer à la plateforme des acteurs de la jeunesse et à assurer la liaison avec la coordinatrice européenne des activités relatives à la jeunesse. Conformément aux priorités renforcées pour l’élargissement annoncées par la présidente von der Leyen, la participation des pays candidats et des candidats potentiels sera également encouragée.

L’intégration de la jeunesse étant un concept relativement nouveau, l’introduction d’outils concrets d’intégration aux niveaux national et de l’Union (tels que l’évaluation d’impact du point de vue des jeunes) doit être progressive et s’accompagner d’un ensemble de mesures de renforcement des capacités, qui comprend l’apprentissage par les pairs, la collecte de données probantes, la formation et la mise à disposition de ressources, afin d’acquérir des connaissances sur les éléments qui fonctionnent. Ces mesures sont essentielles pour concevoir la manière la plus efficace d’atteindre l’objectif d’intégration de la jeunesse sans ajouter de charge administrative inutile. À cette fin, la Commission:

·présentera en 2024 un rapport analytique, fondé sur les contributions des États membres et présentant une vue d’ensemble des expériences nationales en matière d’approches de l’intégration de la jeunesse;

·facilitera les échanges de bonnes pratiques et organisera des activités d’apprentissage par les pairs pour les États membres intéressés. Ces activités pourraient permettre la création de boîtes à outils, de lignes directrices et de ressources de formation;

·coopérera avec des organisations internationales, telles que le Conseil de l’Europe et l’OCDE, afin d’enrichir davantage la base factuelle et les enseignements tirés de la politique d’intégration de la jeunesse.

Les conclusions peuvent également alimenter les discussions lors des tables rondes consacrées à l’intégration de la jeunesse.

Actions clés:

1. Renforcer le dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse

2. Créer une plateforme des acteurs de la jeunesse

3. Développer davantage le portail européen de la jeunesse en tant que guichet unique présentant les possibilités offertes par l’UE

4. Étudier la possibilité d’accorder des microsubventions dans le cadre du futur programme Erasmus+

5. Semaine européenne de la jeunesse 2024 sur la participation démocratique et événement «LevelUp!» pour les jeunes militants

6. Soutenir la participation des jeunes à l’action extérieure de l’UE

7. Créer des synergies entre les actions visant tant à renforcer la participation des jeunes que celle des enfants

8. Encourager les États membres à instituer des coordonnateurs nationaux ou régionaux pour la jeunesse

9. Renforcer les connaissances et les capacités en matière d’intégration de la jeunesse grâce à l’apprentissage par les pairs, à la collecte de données probantes, à la formation et à la mise à disposition de ressources

3.2RÉPONDRE AUX PRÉOCCUPATIONS DES JEUNES DANS TOUS LES DOMAINES D’ACTION

Les actions d’intégration de la jeunesse décrites ci-dessus peuvent être pertinentes pour tous les domaines d’action. Les jeunes devraient pouvoir exprimer leur point de vue dans tous les domaines qui les touchent, et leurs besoins devraient être pris en considération dans toutes les décisions qui les concernent.

Quels sont, selon les jeunes, les principaux thèmes sur lesquels l’Année européenne de la jeunesse devrait se concentrer? 33

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