COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 22.2.2024
COM(2024) 93 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
Rapport semestriel sur l’exécution des opérations d’emprunt et de gestion de la dette et les opérations de prêt connexes, établi conformément à l’article 12 de la décision d’exécution C(2022)9700 de la Commission
1er juillet 2023 - 31 décembre 2023
Table des matières
1.Synthèse
2.Introduction
3.Mise en œuvre des opérations d’emprunt au second semestre de 2023
Exécution des opérations de financement au second semestre de 2023
Décaissements
Demande des investisseurs et liquidité du marché secondaire
4.Coût du financement et des soldes de liquidité
Coût du financement
Gestion des liquidités
5.Mesures visant à développer davantage l’écosystème des obligations de l’UE
6.Autres jalons respectés au second semestre de 2023
Rapport d’impact et d’affectation des obligations vertes NextGenerationEU
7.Perspectives d’émission pour le premier semestre de 2024
FONDS LEVÉS AU S2 2023
DÉCAISSEMENTS
Tous les montants sont exprimés en milliards d’EUR.
ENCOURS DES OBLIGATIONS DE L’UE
au 31.12./2023
| INFORMATIONS CLÉS -115,9 milliards d’EUR ont été levés en 2023. -Le coût du financement s’est élevé à 3,2 % au premier semestre de 2023 et à 3,6 % au second semestre de 2023. -Les fonds levés ont principalement servi à financer NextGenerationEU (y compris REPowerEU) et les prêts au titre de l’AMF+ en faveur de l’Ukraine. -NextGenerationEU permet à l’économie de l’UE de devenir plus verte, plus numérique et de diversifier davantage son approvisionnement énergétique. -Les prêts au titre de l’AMF+ ont couvert une grande partie des besoins de financement à court terme de l’Ukraine en 2023. |
1.Synthèse
Au cours du second semestre de 2023, la Commission a levé 37,7 milliards d’EUR, ce qui porte le total des fonds levés en 2023 à 115,9 milliards d’EUR. En 2023, 99,1 milliards d’EUR ont été décaissés au titre de NextGenerationEU, ce qui permet à l’économie de l’UE de devenir plus verte, plus numérique et de diversifier davantage son approvisionnement énergétique. En 2023, l’Ukraine a reçu, au titre de l’AMF+, 18 milliards d’EUR de prêts à des conditions très favorables, lesquels ont permis de couvrir une grande partie des besoins de financement à court terme de ce pays pour 2023.
Le coût du financement de l’UE a continué d’augmenter au cours du second semestre de 2023, en phase avec les conditions du marché, passant de 3,2 % au premier semestre de 2023 à 3,6 % au second semestre. L’écart entre les obligations de l’UE à 10 ans et les obligations allemandes à 10 ans est resté relativement stable, en terminant l’année à près de 73 points de base (contre 68 points de base au 30 juillet 2023). Toutefois, le pic de 81 points de base atteint en octobre 2023 a mis en évidence que, le prix des obligations de l’UE étant fixé par rapport à la courbe des taux de swaps, leur rendement est supérieur à celui des obligations d’État européennes (OEE) chaque fois qu’un sentiment d’aversion au risque s’installe. En fin d’année, les prix de la dette de l’UE sur le marché ont fortement baissé (passant de 3,7 % en octobre à 2,8 % en fin d’exercice pour les obligations de l’UE à 10 ans) et l’on s’attend désormais à une baisse des taux d’intérêt dans le courant de l’année 2024.
Au second semestre de 2023, la Commission a accompli de nouveaux progrès pour ce qui est de renforcer l’architecture qui sous-tend son programme d’émission. Outre l’introduction d’une approche unifiée en matière de financement en janvier 2023, la Commission a lancé un système de modalités de cotation en novembre 2023 et achevé la conception du service d’émission de l’UE (EIS) début 2024. Le parachèvement de l’EIS illustre le partenariat établi entre la Commission, la BCE et d’autres institutions du secteur public des États membres et de l’UE en vue d’élaborer le programme d’émission de l’UE. La Commission a également publié son premier rapport complet d’impact et d’affectation des obligations vertes NextGenerationEU, qui montre comment les émissions d’obligations vertes NextGenerationEU sont soutenues par une somme de dépenses éligibles prévues dans les États membres et comment ces dépenses contribuent à la réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’UE.
D’autres mesures visant à accroître la liquidité seront prises en 2024, le lancement de la facilité de mise en pension étant prévu pour le second semestre de 2024. En outre, la Commission a commencé à échanger avec les fournisseurs d’indices sur la manière de classer les titres de l’UE dans leurs indices et continuera d’encourager les contreparties du marché à accorder la même qualité de traitement aux obligations de l’UE utilisées comme sûretés dans les opérations bilatérales garanties que celle réservée aux obligations souveraines.
2.Introduction
Depuis plus de 40 ans, la Commission emprunte des fonds au nom de l’Union européenne. Au cours des trois dernières années, l’émission d’obligations de l’UE a fortement augmenté, l’UE faisant appel aux marchés des capitaux pour financer de grands programmes tels que SURE, NextGenerationEU et l’assistance macrofinancière+ (AMF+) en faveur de l’Ukraine. À la fin de l’année 2023, l’Union avait un peu plus de 440 milliards d’EUR d’encours de dettes résultant de ses émissions d’obligations, dont environ 405 milliards d’EUR ont été émis depuis 2020.
Conformément à l’article 12 de la décision d’exécution C(2022) 9700 de la Commission, établissant les modalités de la mise en œuvre de l’approche unifiée en matière de financement pour les opérations d’emprunt et de gestion de la dette, le présent rapport semestriel fait le point sur la mise en œuvre des opérations d’emprunt entre le 1er juillet 2023 et le 31 décembre 2023. Il expose également les mesures que la Commission prend pour poursuivre le développement de l’écosystème des obligations de l’UE, dans le but d’accroître la liquidité desdites obligations et de faciliter une position sur les marchés reflétant les volumes d’émission et la qualité du crédit de l’UE dans l’intérêt des États membres. Enfin, il présente les perspectives concernant l’émission d’obligations de l’UE au cours du premier semestre de 2024. Le présent rapport n’évalue pas la manière dont le produit des émissions d’obligations de l’UE est utilisé, notamment en ce qui concerne les dépenses vertes, étant donné que cette question fait l’objet de rapports distincts, conformément au règlement applicable à chaque instrument.
À la suite de la recommandation de la Cour des comptes européenne, la Commission fait figurer à l’annexe du présent rapport des indicateurs qui peuvent être utilisés pour suivre la mise en œuvre de la stratégie globale de gestion de la dette qui guide l’approche unifiée de la Commission en matière de financement.
3.Mise en œuvre des opérations d’emprunt au second semestre de 2023
Au second semestre de 2023, la Commission a continué de lever des fonds sur les marchés dans le cadre de son approche unifiée en matière de financement. Non seulement elle s’est acquittée dans les délais de toutes ses obligations de décaissement au titre de NextGenerationEU et de l’AMF+, mais elle a aussi maintenu les montants et les échéances des émissions dans les limites des paramètres prédéfinis, tandis que les conditions de financement ont été conformes à celles qui caractérisent un émetteur ayant la taille et la notation de l’UE. Les sections ci-dessous présentent certains des éléments clés des opérations d’emprunt et de prêt effectuées par la Commission pendant le second semestre de 2023. D’autres indicateurs utilisés pour suivre la mise en œuvre de la stratégie de financement de la Commission sont examinés dans l’annexe du présent rapport.
Exécution des opérations de financement au second semestre de 2023
En juin 2023, la Commission a annoncé son intention d’émettre 40 milliards d’EUR d’obligations de l’UE sur la période allant de juillet à fin décembre 2023 afin de financer en particulier NextGenerationEU et l’AMF+ en faveur de l’Ukraine (en complément de son plan de financement de 80 milliards d’EUR à partir du premier semestre de 2023). Le plan de financement rendait compte des besoins prévus en matière de décaissements pour le reste de l’année 2023 ainsi que des avoirs en liquidités au début du semestre.
La Commission a achevé son programme de financement pour 2023 à la fin du mois de novembre, en ayant levé un total de 115,9 milliards d’EUR pendant l’année. Sur ce montant, 37,7 milliards d’EUR ont été levés au cours du second semestre de l’année, avec une échéance moyenne de 13 ans (contre environ 14 ans pour les fonds levés au premier semestre de 2023).
La Commission a utilisé une combinaison de syndications (64 %) et d’adjudications (36 %), en maintenant le même ratio que celui atteint au premier semestre de 2023. Elle a échelonné les émissions d’obligations de l’UE tout au long du semestre, en tenant compte des conditions de liquidité du marché tout en assurant une présence régulière sur celui-ci. Ces opérations ont inclus l’abondement de deux lignes d’obligations vertes NextGenerationEU existantes pour un total de 4,7 milliards d’EUR. Ces émissions supplémentaires d’obligations vertes ont été réalisées à la suite de la déclaration, par les États membres, de dépenses supplémentaires liées au climat au titre de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR).
Graphique 2: fonds levés dans le cadre de l’approche unifiée en matière de financement
* Les deux premières opérations au titre de NextGenerationEU ont eu lieu en juin 2021. Elles ont été incluses dans le nombre relatif aux opérations effectuées au S2 2021 car elles faisaient partie du même plan de financement que les opérations réalisées au S2 2021.
Tous les montants sont exprimés en milliards d’EUR.
Les opérations du second semestre de 2023 ont porté l’encours total des obligations de l’UE à un peu plus de 440 milliards d’EUR à la fin de 2023. Sur ce montant, 405 milliards d’EUR ont été émis depuis le début du programme SURE en 2020, dont 286 milliards d’EUR émis en tant qu’obligations de l’UE dans le cadre de l’approche unifiée de l’UE en matière de financement. Le reste de l’encours des obligations a été émis dans le cadre de politiques conçues pour financer des prêts d’une durée équivalente (par exemple, les prêts SURE et les prêts AMF accordés à l’Ukraine en 2022 sont financés selon cette approche «back-to-back»).
Sur les 286 milliards d’EUR émis dans le cadre de l’approche unifiée de l’UE en matière de financement, 48,9 milliards d’EUR ont été émis sous la forme d’obligations vertes NextGenerationEU.
Au cours du second semestre de 2023, la Commission a également émis des bons du Trésor de l’UE à 3 et 6 mois, au moyen d’adjudications bimensuelles, pour répondre à des besoins de financement à court terme. Fin décembre 2023, l’UE avait 15,2 milliards d’EUR d’encours de dettes sous la forme de bons du Trésor de l’UE. La Commission a maintenu les émissions dans le cadre du programme de bons du Trésor de l’UE à un niveau minimal, compte tenu des faibles besoins de financement à court terme.
Décaissements
Grâce au décaissement en temps utile de leur produit, ces opérations ont permis à la Commission de continuer de financer les plans pour la reprise et la résilience des États membres . La Commission a effectué tous les décaissements en faveur des États membres au titre de la FRR, en moyenne dans les six jours ouvrables suivant l’autorisation du décaissement.
Au second semestre de 2023, la Commission a versé 67,4 milliards d’EUR à 18 États membres au titre de la FRR, dont 1,7 milliard d’EUR de préfinancements pour les chapitres REPowerEU. Sur ce montant, 35,3 milliards d’EUR ont été versés sous la forme d’un soutien non remboursable et 32,1 milliards d’EUR sous la forme de prêts. Dans le cadre de NextGenerationEU, la Commission a également transféré 10 milliards d’EUR au budget de l’UE au second semestre de 2023 pour contribuer à des programmes tels qu’Horizon Europe, le Fonds InvestEU, ReactEU, le mécanisme de protection civile de l’Union (rescEU), le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) et le Fonds pour une transition juste.
Globalement, depuis le lancement de NextGenerationEU à l’été 2021, la Commission a décaissé 261,7 milliards d’EUR: i) 141,6 milliards d’EUR de soutien non remboursable et 79,2 milliards d’EUR de prêts versés aux États membres au titre de la FRR; et ii) 40,9 milliards d’EUR pour les autres programmes de dépenses financés par NextGenerationEU. Jusqu’à présent, 260 milliards d’EUR de fonds au titre de NextGenerationEU ont été financés par des emprunts et 1,7 milliard d’EUR l’ont été par d’autres sources [à savoir le système d’échange de quotas d’émissions (SEQE) et la réserve d’ajustement au Brexit].
Outre les décaissements pour NextGenerationEU, au second semestre de 2023, la Commission a versé 9 milliards d’EUR de prêts à l’Ukraine au titre du programme AMF+, financé par l’émission d’obligations dans le cadre de l’approche unifiée en matière de financement. Cela porte le montant total des fonds versés à l’Ukraine au titre du programme AMF+ à 18 milliards d’EUR pour 2023. Globalement, au second semestre de 2023, la Commission a décaissé un total de 86,4 milliards d’EUR pour NextGenerationEU (y compris REPowerEU) et l’AMF+ combinés, soit un montant supérieur aux décaissements effectués au premier semestre de 2023 (environ 30 milliards d’EUR), alors que le rythme des sorties au premier semestre de l’année avait été temporairement affecté par la nécessité de réviser les plans nationaux pour la reprise et la résilience (entre autres, pour y ajouter les chapitres REPowerEU).
Demande des investisseurs et liquidité du marché secondaire
Malgré la volatilité des taux observée au cours de la période, les émissions d’obligations de l’UE ont continué de bénéficier de la demande d’une base d’investisseurs bien équilibrée et diversifiée, représentative de différents types d’investisseurs du monde entier .
Graphique 3: Répartition des investisseurs
Les primes de nouvelle émission (PNI) exigées par les investisseurs à titre de concession lorsque l’UE émet des obligations par voie de syndication s’élevaient à environ 2,5 points de base au second semestre de 2023, ce qui correspond à celles offertes par d’autres émetteurs sur des opérations comparables (mesurées selon leur taille et leur échéance) au cours de cette période.
Dans le même temps, la liquidité du marché secondaire des obligations de l’UE est toujours restée comparable à celle des marchés d’obligations d’État européennes (OEE) les plus liquides lorsqu’elle était mesurée par rapport aux encours. La liquidité du marché secondaire des obligations de l’UE a été soutenue par l’introduction, le 1er novembre 2023, de modalités de cotation en vertu desquelles les spécialistes en titres publics de l’UE sont encouragés à publier des prix fiables des obligations de l’UE sur les principales plateformes électroniques de négociation d’obligations. Bien qu’elle en soit à ses balbutiements, la cotation des obligations de l’UE sur les plateformes internégociants est déjà comparable, lorsqu’elle est mesurée en volumes quotidiens moyens, aux niveaux observés pour les émetteurs souverains. Le volume quotidien d’obligations de l’UE négociées s’élevait en moyenne à environ 900 millions d’EUR en novembre 2023 et à 550 milliards d’EUR en décembre 2023, avec une pointe journalière supérieure à 2 milliards d’EUR.
La combinaison de l’abondement des lignes existantes et de la création de nouvelles lignes (lancement d’obligations de l’UE à 5, 7 et 20 ans au second semestre de 2023) a également favorisé la liquidité du marché secondaire. En conséquence, l’encours moyen par obligation de l’UE s’est maintenu à environ 13 milliards d’EUR à la fin du semestre, assurant ainsi la liquidité durable des obligations.
Graphique 4: Volumes d’échanges trimestriels sur le marché secondaire des obligations de l’UE et des obligations d’État européennes
(% du niveau d’encours)
Source: Commission européenne, sur la base des données du sous-comité «marchés européens des dettes souveraines» du Comité économique et financier (ESDM).
Remarque: le marché des obligations d’État européennes (OEE) comprend ici les obligations souveraines de la zone euro, le Fonds européen de stabilité financière et le Mécanisme européen de stabilité. Les données ne sont pas encore disponibles pour le T4 2023.
4.Coût du financement et des soldes de liquidité
Coût du financement
Au cours du second semestre de 2023, les coûts des intérêts ont augmenté, en phase avec les conditions générales du marché. Le coût du financement pour la période de juillet à décembre 2023 est estimé à près de 3,6 %, contre 3,2 % au semestre précédent.
Graphique 5: coût du financement dans le temps
| S2 2021 | S1 2022 | S2 2022 | S1 2023 | S2 2023 |
| 0,14 % | 1,16 % | 2,51 % | 3,20 % | 3,56 % |
Si l’inflation s’est sensiblement ralentie par rapport à son pic de plus de 10 % en octobre 2022, les tensions inflationnistes sont restées importantes. Jusqu’en octobre 2023, les marchés tablaient fortement sur de nouvelles hausses de taux, d’où l’augmentation, au troisième trimestre de 2023, des coûts d’émission pour l’UE ainsi que pour tous les autres émetteurs.
Ces évolutions ont entraîné une pentification des courbes des rendements des obligations d’État, qui ont atteint en octobre 2023 des niveaux inédits depuis 2011: plus de 3 % pour les obligations allemandes à 10 ans, plus de 3,5 % pour les obligations françaises à 10 ans et près de 5 % pour les obligations italiennes à 10 ans. L’écart entre les obligations de l’UE à 10 ans et les obligations allemandes à 10 ans est resté relativement stable tout au long du second semestre de 2023, en terminant l’année à près de 73 points de base (contre 68 points de base au 30 juillet 2023), en baisse par rapport à un pic de 81 points de base en octobre 2023. Au milieu du semestre, le sentiment d’aversion au risque a conduit les investisseurs à mener des politiques d’investissement prudentes, en préférant les OEE aux obligations de l’UE et aux autres obligations sous-souveraines ou supranationales (SSA). Cela a élargi les écarts entre les obligations de l’UE et les OEE de base les plus liquides, même si cet état de fait ne reflète pas les fondamentaux (qualité de crédit, liquidité, volume et régularité) du programme d’émission d’obligations de l’UE. La Commission prend actuellement des actions soutenues afin d’encourager les marchés à fixer des prix pour les obligations de l’UE qui soient plus conformes à ces caractéristiques sous-jacentes du programme (voir section 4 ).
L’inflation s’étant ralentie plus rapidement que prévu vers la fin de l’année, les anticipations de nouvelles hausses de taux ont été remplacées par des anticipations de diminutions plus rapides et plus importantes de ces derniers en 2024. L’UE a vu chuter les rendements de ses obligations à 10 ans, qui sont passés d’un pic de 3,7 % en octobre à 2,8 % en fin d’exercice, tandis que les écarts entre les obligations allemandes et françaises à échéance similaire se sont resserrés.
Gestion des liquidités
La Commission a maintenu une présence régulière et prévisible sur les marchés financiers, conformément au plan de financement annoncé en juin 2023, avec des dates arrêtées pour les adjudications et les syndications. Néanmoins, les sorties de trésorerie ont été plus lentes qu’initialement prévu, ce qui a entraîné une augmentation de l’encaisse moyenne au cours du second semestre de 2023, qui s’est établie en moyenne à 58,7 milliards d’EUR, contre 36,8 milliards d’EUR lors du semestre précédent. La Commission a réduit ses rentrées de liquidités en émettant des bons du Trésor de manière à garantir une présence continue sur le marché tout en réduisant au minimum l’augmentation des soldes de trésorerie.
L’augmentation de l’encaisse ne s’est pas traduite par des coûts pour les programmes soutenus. Au contraire, un revenu net de 79,7 millions d’EUR a été perçu sur l’encaisse relative à la période allant de juillet à décembre 2023. Ce revenu sera réparti proportionnellement entre le budget de l’UE et les bénéficiaires de prêts au titre de la FRR.
En 2024, la Commission utilisera sa nouvelle autorisation de mettre en œuvre une approche plus active de gestion de la liquidité afin d’optimiser les rendements des encaisses monétaires.
5.Mesures visant à développer davantage l’écosystème des obligations de l’UE
L’établissement d’une approche unifiée en matière de financement à partir de janvier 2023 a constitué une étape clé dans la construction d’un cadre robuste permettant de répondre aux besoins de financement de l’UE de la manière la plus efficiente possible. Cette approche permet à la Commission de planifier, d’exécuter et d’annoncer toutes les émissions de manière souple et cohérente, dans un cadre commun de gestion des risques, de conformité et de gouvernance appliqué à toutes les opérations d’emprunt.
Cependant, malgré cette transformation en cours de l’UE en tant qu’émetteur, et l’évolution progressive du traitement des obligations de l’UE , les marchés continuent de traiter les obligations de l’UE et d’en fixer le prix par rapport à la courbe des taux de swaps. Afin de recueillir les réactions des acteurs du marché sur le programme d’émission de l’UE et sur de nouvelles mesures visant à améliorer le fonctionnement des marchés obligataires de l’UE, la Commission a mené sa première enquête auprès des investisseurs en juin 2023. Il est ressorti de cette enquête que la plupart des acteurs du marché (environ 80 %) considèrent le programme d’émission d’obligations de l’UE comme comparable à celui des OEE ayant un encours de dette similaire en ce qu’ils ont en commun une offre régulière de volumes importants, une communication similaire sur le marché, le recours aux adjudications et une stratégie globale de financement comparable. L’enquête a également confirmé l’importance des modalités de cotation pour les obligations de l’UE (introduites ultérieurement en novembre 2023, voir section 2 ) et d’une facilité de mise en pension (prévue pour le second semestre de 2024) pour ce qui est de favoriser la transition souhaitée vers une tarification des obligations de l’UE qui reflète mieux les fondamentaux des émissions de l’UE. Le traitement des obligations de l’UE en tant que sûretés et l’inclusion de ces obligations dans les «indices souverains» ont également été qualifiés d’importants à cet égard par les investisseurs ayant répondu à l’enquête.
Compte tenu des réactions des acteurs du marché, les préparatifs se sont poursuivis au second semestre de 2023 en vue du lancement de la facilité de mise en pension afin d’aider les participants au marché à négocier des obligations de l’UE. En mettant temporairement ses titres à disposition par l’intermédiaire de cette facilité en cas de pénurie, la Commission permettra aux spécialistes en titres publics de l’UE de fournir de la liquidité pour les obligations de l’UE. L’objectif est d’ouvrir le bureau de mise en pension à l’été 2024.
La Commission a également commencé à engager des réflexions communes avec les principaux fournisseurs d’indices du marché sur la manière de classer les titres de l’UE dans leurs indices. La question est de savoir si le programme d’émission d’obligations de l’UE n’est pas désormais trop développé pour être inclus dans les indices sur les SSA, compte tenu de l’importance croissante qu’il occupe dans le panier d’indices. La Commission continuera en outre d’encourager les contreparties du marché à accorder la même qualité de traitement aux obligations de l’UE utilisées comme sûretés dans les opérations bilatérales garanties que celle réservée aux obligations souveraines.
La Commission, en partenariat étroit avec la BCE et la Banque nationale de Belgique (BNB), a également achevé, au cours du second semestre de 2023, tous les préparatifs nécessaires au lancement d’une infrastructure de règlement post-négociation fondée sur l’Eurosystème pour tous les nouveaux titres de créance de l’UE (c’est-à-dire de nouveaux codes ISIN pour les obligations de l’UE et les bons du Trésor de l’UE) appelée «service d’émission de l’UE» (EIS). Le lancement de l’EIS permet d’harmoniser l’infrastructure de règlement mise en place pour les titres de créance de l’UE avec celles des grands émetteurs souverains de l’UE qui bénéficient du soutien des banques centrales nationales en tant qu’agents fiscaux. L’EIS crée également des conditions de concurrence équitables pour tous les dépositaires centraux de titres et les investisseurs qui négocient des obligations émises par l’UE. L’EIS permettra par ailleurs le règlement direct des bons du Trésor de l’UE et des obligations de l’UE dans Target2-Titres (T2S) et facilitera l’utilisation des titres de créance de l’UE en garantie par les contreparties auprès des banques centrales. La création du service d’émission de l’UE s’est accompagnée d’une refonte complète du programme d’émission de l’UE, déposée auprès de la Bourse de Luxembourg et approuvée par celle-ci avant la fin de l’exercice. Les premières opérations réglées par l’EIS ont ainsi pu se dérouler sans heurts en janvier 2024.
6.Autres jalons respectés au second semestre de 2023
Rapport d’impact et d’affectation des obligations vertes NextGenerationEU
Conformément aux exigences en matière d’établissement de rapports prévues par le cadre régissant les obligations vertes NextGenerationEU, la Commission a publié, le 1er décembre 2023, le premier rapport complet d’impact et d’affectation des obligations vertes NextGenerationEU.
Ce rapport fournit aux investisseurs et aux parties prenantes des informations actualisées sur l’affectation du produit à la date d’arrêt des comptes du 1er août 2023 et présente, pour la toute première fois, les incidences sur le climat des investissements financés par le programme d’obligations vertes NextGenerationEU.
Le rapport montre comment les émissions d’obligations vertes NextGenerationEU sont soutenues par une somme de dépenses éligibles prévues dans les États membres (190 milliards d’EUR d’investissements éligibles par rapport aux émissions actuelles d’obligations vertes d’un montant de 48,9 milliards d’EUR) et fait le point sur les dépenses vertes effectivement déclarées et réalisées par les États membres.
Selon ce même rapport, la mise en œuvre intégrale des dépenses au titre des obligations vertes NextGenerationEU peut entraîner une réduction permanente des émissions de gaz à effet de serre de l’UE pouvant aller jusqu’à 44 millions de tonnes par an, soit environ 1,2 % de l’ensemble des émissions de l’UE. L’incidence sur le climat des dépenses déjà réalisées est estimée à 0,5 % de la réduction totale des émissions de gaz à effet de serre que l’on devrait obtenir une fois que le programme aura été entièrement mis en œuvre. Ce chiffre devrait augmenter progressivement jusqu’en 2026, à mesure que les jalons et cibles quantifiables seront atteints. La prévention des émissions de gaz à effet de serre sera pérennisée bien au-delà de 2026 pendant toute la durée des investissements financés.
7.Perspectives d’émission pour le premier semestre de 2024
Le 12 décembre 2023, la Commission a publié son plan de financement semestriel pour la période allant de janvier à fin juin 2024. Pour le premier semestre de 2024, la Commission envisage l’émission de 75 milliards d’EUR d’obligations de l’UE, complétée par des bons du Trésor à court terme de l’UE. La Commission utilisera ces fonds pour financer principalement NextGenerationEU (y compris d’éventuels paiements en faveur de mesures figurant dans les chapitres REPowerEU). L’approche unifiée en matière de financement ayant été mise en place, d’autres politiques vont également pouvoir être financées au moyen des émissions prévues, avec l’accord des autorités législatives de l’UE.
Annexe: Indicateurs de mise en œuvre relatifs à l’utilisation des moyens permettant d’atteindre les objectifs d’efficience et d’efficacité de la stratégie globale de gestion de la dette de la Commission
| Moyens | Indicateur | Valeur au S2 2023 (sauf indication contraire) | Commentaire sur l’exécution au S2 2023 |
| Exécution du programme d’obligations de l’UE | a) Émissions régulières sur toute la courbe Émissions régulières d’obligations de l’UE (et d’obligations vertes NextGenerationEU) couvrant toutes les échéances de la courbe (jusqu’à 30 ans) afin d’offrir à divers types d’investisseurs des possibilités d’investissement, de manière à maintenir une forte demande de la part des investisseurs et ainsi de préserver la flexibilité de déterminer les volumes d’émission et les échéances pour les différentes opérations en fonction des conditions de marché. | I.Ventilation par échéance du programme d’émission | 1-4 ans: 11 % 4-8 ans: 37 % 8-12 ans: 10 % 12-17 ans: 6 % 17-23 ans: 14 % 23-31 ans: 22 % | Au S2 2023, la Commission a poursuivi son objectif en émettant régulièrement des obligations d’échéances diverses pour fournir des liquidités sur tous les segments de la courbe de l’UE. Les opérations de financement ont été échelonnées sur le semestre afin de garantir une présence régulière sur le marché. Au cours du semestre, moins d’opérations ont été effectuées qu’au semestre précédent, en raison de la revue à la baisse de l’objectif de financement pour le S2 2023, à 40 milliards d’EUR (contre 80 milliards d’EUR au S1 2023). Tout en assurant une présence dans toutes les tranches d’échéance de référence, les émissions ont été, en moyenne, légèrement orientées vers le segment à long terme de la courbe (avec une échéance moyenne des émissions d’environ 13 ans), compte tenu de la nécessité d’échelonner les remboursements dans le temps, mais aussi de la demande plus forte des investisseurs pour les obligations de l’UE à longue échéance. Les émissions d’obligations vertes ont été inférieures à leur niveau du semestre précédent, ce qui cadre avec l’objectif global de financement revu à la baisse, avec les dépenses vertes cumulées déclarées par les États membres et avec l’ajustement approprié des émissions d’obligations vertes à ces dépenses. |
| | b) | II.Répartition opportune des émissions | 4 syndications et 4 adjudications d’obligations, soit 1 à 2 émissions par mois. | |
| | c) | III.Émissions d’obligations vertes | Environ 5 milliards d’EUR par abondements d’obligations arrivant à échéance en 2048 et 2033. | |
| | d) Parvenir à un bon équilibre entre adjudications et syndications Utilisation de différentes techniques de financement en respectant un équilibre approprié, selon les volumes d’émission totaux et les conditions de marché, pour gérer les risques d’exécution, améliorer la liquidité sur le marché secondaire et réduire les coûts d’emprunt. | I.Écart entre adjudication et syndication en % | 36 % des émissions d’obligations effectuées par adjudication. | Au S2 2023, la Commission a émis 36 % de ses obligations de l’UE par adjudication, ce qui représente plus ou moins la même proportion qu’au précédent semestre de financement. L’objectif est d’étendre le recours à cette technique d’adjudication, tout en tenant compte des particularités du marché (par exemple, la capacité d’absorption du marché) et des besoins d’émission (par exemple, la capacité d’abonder les obligations existantes par adjudication par rapport à la nécessité d’émettre de nouvelles lignes au moyen de syndications). |
| | e) Création d’obligations de référence liquides d’un montant élevé Abondement des obligations de l’UE pour porter l’encours des différentes lignes à des niveaux correspondant à ceux des lignes de référence liquides d’un montant élevé. | I.Émissions sous la forme de nouvelles obligations par rapport au volume émis sous la forme d’abondements | ·14 milliards d’EUR sous la forme de nouvelles obligations ·23,7 milliards d’EUR sous la forme d’abondements | Soucieuse de la liquidité de ses titres, la Commission a utilisé ses opérations pour abonder les lignes de financement existantes, environ 63 % du volume de financement ayant été levés grâce à des abondements. De nouvelles lignes de financement ont été lancées pour fournir au marché de nouvelles lignes de référence là où elles étaient nécessaires sur la courbe et sur la base des recommandations des spécialistes en titres publics de l’UE. De nouvelles obligations à 5, 7 et 20 ans ont été lancées au cours du semestre. En conséquence, l’encours moyen par obligation s’est maintenu à environ 13 milliards d’EUR à la fin du semestre, assurant ainsi la liquidité durable des obligations. |
| | f) | II.Rythme d’abondement de nouvelles obligations | 1-2 mois | |
| | g) | III.Volume moyen des encours des obligations | Environ 13 milliards d’EUR | |
| | h) | IV.Volume de transactions par rapport au volume d’émission | Environ 92 % sur l’année 2023, contre 80 % sur le S2 2022 | |
| | i) | V.Volume des transactions en valeur absolue | 397 milliards d’EUR au S2 2023 contre 241 milliards d’EUR au S2 2022. | |
| | d) Gestion du profil des échéances des émissions d’obligations de l’UE compte tenu: ·de la marge de manœuvre supplémentaire temporaire (pour les emprunts liés à NextGenerationEU) et de la marge de manœuvre permanente (pour l’AMF+) dans le cadre du budget de l’UE ·du remboursement futur des décaissements au cours d’une année donnée ·de la stabilité des besoins futurs de refinancement ·de la nécessité de protéger la notation de l’UE afin de garantir un faible coût d’emprunt à long terme et une forte demande de la part de sa base d’investisseurs. | I.Échéance moyenne de l’émission | Environ 13 ans | Au S2 2023, les émissions d’obligations avaient une échéance moyenne de 13 ans. Cela reflétait l’objectif de la Commission d’échelonner le profil des remboursements dans le temps tout en attirant les investisseurs vers les opérations sur le marché primaire de l’UE. L’échéance moyenne est restée en deçà de l’échéance moyenne maximale de 17 ans fixée dans la décision d’emprunt annuelle pour 2023. La durée moyenne restant à courir avant l’échéance de l’encours de la dette est restée stable (environ 12 ans). Le refinancement est également resté stable, ce qui reflète les émissions passées et le profil de remboursement correspondant. |
| | e) | II.Durée moyenne restant à courir avant l’échéance de l’encours de la dette | Environ 12 ans. | |
| | f) | III.Refinancement à court terme, c’est-à-dire le pourcentage de l’encours des obligations et des bons du Trésor arrivant à échéance dans les 12 prochains mois | Moins de 10 % | |
| | g) | IV.Refinancement à moyen terme, c’est-à-dire le pourcentage de l’encours des obligations et des bons du Trésor arrivant à échéance dans les 5 prochaines années | Moins de 35 %. | |
| Exécution du programme de bons du Trésor de l’UE | Émission régulière, par adjudication, de bons du Trésor de l’UE d’une échéance maximale d’un an pour attirer de nouveaux investisseurs (ou de nouveaux portefeuilles d’investisseurs existants) et pour soutenir la gestion des liquidités. | I.Volume d’encours des bons du Trésor de l’UE | 15-19 milliards d’EUR | La Commission a maintenu les émissions dans le cadre du programme de bons du Trésor de l’UE au niveau minimal, compte tenu des besoins de liquidités et de l’existence de volumes de financement à long terme. Jusqu’à deux adjudications par mois ont été organisées, uniquement pour couvrir les remboursements. L’encours de la dette au titre du programme de bons du Trésor de l’UE est donc resté stable, à environ 15-19 milliards d’EUR sur cette période. |
| | | II.Nombre d’adjudications de bons du Trésor de l’UE | 10 | |
| Gestion des liquidités | Gestion d’une réserve de liquidités eu égard aux obligations de paiement, aux besoins en matière de décaissements et aux coûts de l’encaisse, compte tenu des conditions de marché prévalentes. | I.Nombre de défauts de paiement dus à un manque de liquidités | Aucun | La Commission a bien répondu aux besoins en matière de décaissements et il n’y a eu aucun défaut de règlement pendant le semestre. |
| Réseau des spécialistes en titres publics | Attirer un large éventail d’établissements financiers manifestant un engagement fort à soutenir les émissions de l’UE | I.Nombre d’établissements ayant signé des engagements de souscription pour des opérations au cours des six derniers mois | 16 (contre 17 au S2 2022). | La Commission a continué à bénéficier du soutien des spécialistes en titres publics de l’UE, tandis que la rotation lors des syndications a permis à la Commission de faire appel à toutes les banques qui remplissent les conditions pour faire partie d’un syndicat. |
| Communication avec les différentes parties prenantes du marché et avec les émetteurs comparables | Maintien et renforcement d’un climat de confiance avec la base d’investisseurs, avec les acteurs du marché et avec les émetteurs comparables pour soutenir la demande de dette de l’UE et permettre à l’Union de mieux comprendre la dynamique du marché et les besoins des investisseurs. | I.Écarts par rapport aux calendriers préalablement annoncés pour la publication des plans de financement | Aucun | La Commission a entretenu une communication régulière et prévisible avec les marchés, conformément aux annonces précédentes. Il n’y a pas eu d’écart entre l’objectif de financement initial et le volume annoncé d’opérations de financement au cours du semestre actuel. Toutefois, lors des adjudications d’obligations, une affectation réduite de 3 milliards d’EUR a eu lieu en raison de l’obtention de conditions de financement attrayantes. La Commission a régulièrement publié des statistiques sur les investisseurs qui sont restées stables et elle a continué d’observer un élargissement de sa base d’investisseurs diversifiée. |
| | | II.Écart par rapport aux volumes annoncés dans le plan de financement | Moins de 3 milliards d’EUR ou moins de 6 % (contre moins de 2,5 % au S1 2023). | |
| | | III.Statistiques sur la répartition des investisseurs | Par type: banques centrales/institutions officielles 30,8 %, trésors bancaires 30,0 %, gestionnaires de fonds 19,1 %, compagnies d’assurances et fonds de pension 11,7 %, banques 5,9 %, fonds spéculatifs 2,5 % Par pays/région: Royaume-Uni 17,6 %, Benelux 16,2 %, France 12,3 %, Asie-Pacifique 10,0 %, Allemagne 9,1 %, pays nordiques 9,0 %, Italie 7,6 %, autres pays de l’UE 6,6 %, péninsule ibérique 6,0 %, Amériques 2,1 %, autres pays d’Europe 2,0 %, Moyen-Orient et Afrique 1,5 % | |