COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 6.3.2024
COM(2024) 106 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU CONSEIL ET AU PARLEMENT EUROPÉEN
Rapport annuel sur le règlement (UE) 2022/1925 du Parlement européen et du Conseil relatif aux marchés contestables et équitables dans le secteur numérique et modifiant les directives (UE) 2019/1937 et (UE) 2020/1828 (règlement sur les marchés numériques)
(I)ses services d’intermédiation en ligne Google Shopping;
(II)ses services d’intermédiation en ligne Google Play;
(III)ses services d’intermédiation en ligne Google Maps;
(IV)son moteur de recherche en ligne Google Search;
(V)son service de plateforme de partage de vidéos YouTube;
(VI)son système d’exploitation Google Android, y compris le logiciel médiateur lié à Alphabet, dans la mesure où il contrôle les fonctions de base des tablettes et smartphones Google Android et permet de faire fonctionner des applications logicielles sur ces appareils;
(VII)son navigateur internet Google Chrome; et
(VIII)ses services de publicité en ligne, y compris Google Analytics et AdSense for Search. En outre, bien qu’Alphabet ait fait valoir que l’affichage d’une publicité fait partie du service destiné à l’utilisateur final dans lequel s'affiche la publicité, la décision conclut que l’affichage de publicités fait partie à la fois des services d’Alphabet destinés aux utilisateurs finaux et des services de plateforme essentiels de publicité en ligne d’Alphabet.
(I)ses services d’intermédiation en ligne AppStore, quel que soit l’appareil sur lequel l’application est utilisée puisqu'elle est utilisée pour la même finalité commune quels que soient les appareils sur lesquels elle est disponible (iOS, iPadOS, macOS, watchOS et tvOS), à savoir servir d’intermédiaire pour la distribution d’applications;
(II)son système d’exploitation iOS, pour lequel la décision considère que, bien que les caractéristiques essentielles et techniques d’iOS et d’iPadOS soient similaires et aboutissent à des environnements similaires, Apple a fourni suffisamment de faits et d’arguments pour qu'on puisse considérer qu’en fin de compte, chacun d’entre eux constituait un système d’exploitation distinct au titre du règlement sur les marchés numériques, et que seul iOS atteignait les seuils quantitatifs applicables aux fins de la désignation; et
(III)son navigateur internet Safari, quel que soit l’appareil sur lequel il est proposé parce que Safari répond à une finalité commune sur tous les appareils (iPhone, iPad et Mac), à savoir fournir aux utilisateurs un outil leur permettant d’offrir des contenus internet, d’accéder à des contenus et d’interagir avec eux.
(25)ByteDance a formé un recours contre la décision rejetant ses arguments de réfutation et la désignant comme contrôleur d’accès en ce qui concerne TikTok (affaire T‑1077/23, toujours en cours).
(26)Meta a informé la Commission qu’elle atteignait les seuils en ce qui concerne les services de plateforme essentiels suivants: i) son service de réseau social en ligne unique financé par la publicité en ligne, qui regroupe, selon Meta, Facebook, Instagram, Meta Ads, Messenger, Marketplace, Facebook Dating et Facebook Gaming Play; et ii) son NIICS WhatsApp.
(27)La Commission a désigné Meta comme contrôleur d’accès en ce qui concerne:
i) son service de réseau social en ligne Facebook;
ii) son service de réseau social en ligne Instagram;
iii) son service de publicité en ligne Meta Ads;
iv) son NICCS WhatsApp;
v) son NIICS Messenger et
vi) ses services d’intermédiation en ligne Marketplace.
(28)La décision a rejeté les arguments de réfutation présentés par Meta en ce qui concerne son NICCS Messenger et son service d’intermédiation en ligne Marketplace. Contrairement à ce qui est avancé dans les arguments de réfutation présentés, la Commission considère Messenger comme un NIICS autonome constituant un service de plateforme essentiel qui ne saurait être considéré comme la simple fonctionnalité de discussion du service de plateforme essentiel que constitue le réseau social en ligne Facebook. Contrairement à ce qui est avancé dans ces arguments de réfutation, la Commission considère que Marketplace compte des entreprises utilisatrices et constitue donc également un service d’intermédiation en ligne entre entreprises et consommateurs.
(29)Meta a formé un recours contre la désignation de son NIICS Messenger et de ses services d’intermédiation en ligne Marketplace en tant que points d’accès majeurs permettant aux entreprises utilisatrices d’atteindre les utilisateurs finaux ainsi qu’il ressort de la décision de désignation la concernant (affaire T‑1078/23).
(30)Microsoft a informé la Commission qu’elle atteignait les seuils en ce qui concerne les services de plateforme essentiels suivants: i) son système d’exploitation Windows PC OS; ii) son moteur de recherche en ligne Bing, iii) son navigateur internet Edge; iv) ses services de publicité en ligne Microsoft Advertising; v) son NIICS Outlook.com; et vi) son service de réseau social en ligne LinkedIn. Microsoft a présenté, en même temps que sa notification, des arguments visant à démontrer que, bien que les seuils fixés à l’article 3, paragraphe 2, du règlement sur les règlements numériques soient atteints en ce qui concerne son moteur de recherche en ligne Bing, son navigateur internet Edge, son service de publicité en ligne Microsoft Advertising et son NICCS Outlook.com, ces services de plateforme essentiels ne satisfont pas aux exigences énumérées à l’article 3, paragraphe 1, dudit règlement et ne devraient donc pas figurer dans la décision de désignation concernant Microsoft.
(31)La Commission a désigné Microsoft comme contrôleur d’accès en ce qui concerne:
i) ses systèmes d’exploitation pour ordinateurs personnels, qui comprennent le système d’exploitation Windows pour ordinateurs personnels; et
ii) son service de réseau social en ligne LinkedIn.
(32)Dans la décision, la Commission a accepté les arguments de réfutation présentés par Microsoft en ce qui concerne son NIICS Outlook.com, étant donné que la configuration actuelle de ce service ne constitue pas un point d’accès majeur permettant aux entreprises utilisatrices d’atteindre les utilisateurs finaux. Dans une décision distincte, la Commission a ouvert des enquêtes de marché concernant le moteur de recherche Bing, le navigateur internet Edge, et les services de publicité en ligne Microsoft Advertising, car elle a considéré que les arguments présentés par Microsoft étaient suffisamment étayés pour remettre manifestement en cause les présomptions énoncées à l’article 3, paragraphe 2, du règlement sur les marchés numériques.
(33)Samsung a informé la Commission qu’elle atteignait les seuils en ce qui concerne son navigateur internet Samsung Internet Browser (ci-après «SIB»). En même temps que sa notification, Samsung a présenté une demande de réfutation visant à démontrer que, bien que tous les seuils fixés à l’article 3, paragraphe 2, du règlement sur les marchés numériques soient atteints en ce qui concerne SIB , il n'est pas satisfait aux exigences énoncées à l’article 3, paragraphe 1, dudit règlement et Samsung ne devrait donc pas être désignée comme contrôleur d’accès. La Commission a accepté les arguments de réfutation présentés par Samsung en ce qui concerne son navigateur internet SIB et a décidé de ne pas désigner Samsung comme contrôleur d’accès. En particulier, la Commission a considéré que le faible pourcentage des vues de pages web de SIB et sa faible utilisation dans l’Union indiquaient que SIB n’est pas un navigateur internet important dans l’Union et ne constitue donc pas un point d’accès majeur permettant aux entreprises utilisatrices d’atteindre les utilisateurs finaux.
(34)Les contrôleurs d’accès doivent se conformer aux obligations énoncées aux articles 5, 6, 7 et 15 du règlement sur les marchés numériques six mois après leur désignation, de sorte que les entreprises désignées au 5 septembre 2023 doivent se conformer à ces obligations au plus tard le 7 mars 2024. Par conséquent, le contrôle du respect de ces obligations n’entre pas dans le champ d’application de ce premier rapport annuel.
(35)Les obligations incombant aux contrôleurs d’accès concernant la fourniture d'informations sur les concentrations en vertu de l’article 14 du règlement sur les marchés numériques et la mise en place d'une fonction de vérification de la conformité conformément à l’article 28 dudit règlement s’appliquent dès la désignation, de sorte que les activités de la Commission en rapport avec ces obligations en 2023 sont incluses dans le présent rapport. La Commission évalue actuellement le respect de ces obligations et peut, s’il y a lieu, prendre des mesures.
(36)Conformément à l’article 14 du règlement sur les marchés numériques, les contrôleurs d’accès sont tenus d’informer la Commission de tout projet de concentration, lorsque les entités qui fusionnent ou la cible de la concentration fournissent des services de plateforme essentiels ou d’autres services dans le secteur numérique, ou permettent la collecte de données.
(37)En 2023, la Commission a été informée de trois projets de concentration envisagés par les contrôleurs d’accès, en septembre, octobre et décembre 2023. Un résumé non confidentiel des informations communiquées par les contrôleurs d’accès conformément à l’article 14 du règlement sur les marchés numériques, ainsi que la date de notification et l’identité des entreprises concernées sont publiés sur le site internet de la Commission de manière continue et au plus tôt quatre mois après la réception des informations.
(38)Conformément à l’article 28 du règlement sur les marchés numériques, les contrôleurs d’accès sont tenus de mettre en place une fonction de vérification de la conformité, qui est indépendante des fonctions opérationnelles du contrôleur d’accès et fait appel à un ou plusieurs responsables de la conformité disposant d’une autorité, d’une stature et de ressources suffisantes pour être en mesure de contrôler le respect dudit règlement par le contrôleur d’accès et de le conseiller à ce sujet.
(39)La Commission a contrôlé la mise en place d’une telle fonction de vérification de la conformité par chaque contrôleur d’accès désigné afin de s’assurer qu’il satisfait aux exigences énoncées à l’article 28 du règlement sur les marchés numériques. À la suite de discussions avec la Commission et de la publication par cette dernière de lignes directrices concernant ces obligations, tous les contrôleurs d’accès désignés ont nommé des responsables de la conformité dans le respect des principes énoncés à l’article 28 du règlement sur les marchés numériques et en ont communiqué les détails à la Commission.
(40)Le règlement sur les marchés numériques établit les principes généraux régissant l’interaction entre ledit règlement et d’autres dispositions pertinentes du droit de l’Union, telles que le droit relatif à la concurrence, à la protection des données et à la protection des consommateurs. Ces principes sont décrits à l’article 1er, paragraphes 5 et 6, du règlement sur les marchés numériques.
(41)En outre, les articles 37 et 38 du règlement sur les marchés numériques prévoient que la Commission et les États membres travaillent en étroite coopération et coordonnent leurs mesures d’exécution afin d’assurer une application cohérente, efficace et complémentaire des instruments juridiques disponibles appliqués aux contrôleurs d’accès.
(42)À ce jour, la coopération entre la Commission et les autorités nationales, et en particulier les autorités nationales de concurrence (ANC), s’est principalement effectuée par l’intermédiaire du Réseau européen de la concurrence (REC). Il s'agit d'une coopération bilatérale: la Commission a fourni aux ANC des informations et des mises à jour concernant les décisions de désignation qu’elle a prises et les enquêtes de marché qu’elle a menées au titre du règlement sur les marchés numériques, tandis que les ANC ont fourni des informations à la Commission et échangé leurs points de vue avec cette dernière, ainsi que le prévoit le règlement sur les marchés numériques, sur les mesures d’exécution pertinentes prises en vertu de leurs législations nationales respectives en matière de concurrence.
(43)Au cours de la période de référence, aucune ANC n’a informé la Commission de la prise de premières mesures d’enquête formelles ni de l’intention d’ouvrir une enquête en vertu du droit national de la concurrence concernant un contrôleur d’accès désigné. Avant la fin de la période de référence, une ANC a informé la Commission, en vertu de l’article 38, paragraphe 3, du règlement sur les marchés numériques, des projets de mesures qu’elle avait l’intention d’imposer à un contrôleur d’accès désigné sur la base du droit national de la concurrence. Étant donné que les obligations prévues aux articles 5, 6 et 7 du règlement sur les marchés numériques ne s’appliquent qu’à partir du 7 mars 2024, aucune autorité nationale de concurrence n’a mené d’enquête, comme l'y autorise l’article 38, paragraphe 7, dudit règlement, concernant un éventuel non-respect de ces obligations sur son territoire.
(44)Le groupe de haut niveau pour le règlement sur les marchés numériques a été institué par une décision de la Commission du 23 mars 2023 fondée sur l’article 40 dudit règlement. Le groupe est composé des organes et réseaux européens énumérés dans le règlement sur les marchés numériques et a été créé en tant que groupe d’experts, conformément à la décision de la Commission établissant des règles horizontales relatives à la création et au fonctionnement des groupes d’experts de la Commission. Le groupe de haut niveau est présidé par la Commission, laquelle en assure en outre le secrétariat. Le groupe vise à favoriser une mise en œuvre cohérente et efficace du règlement sur les marchés numériques et d’autres réglementations sectorielles applicables aux contrôleurs d’accès.
(45)Le groupe intervient également dans le recensement et l’évaluation de toute interaction entre les dispositions du règlement sur les marchés numériques et les règles sectorielles. En outre, la Commission peut également tirer parti de l’expertise et de l’expérience des organes et réseaux sectoriels concernés lors des enquêtes de marché portant sur de nouveaux services et de nouvelles pratiques.
(46)Le groupe de haut niveau s’est réuni le 12 mai 2023 à l’occasion de sa réunion inaugurale, à la suite de la nomination de six représentants par chacun de ses cinq membres. Au cours de cette réunion inaugurale, les membres ont présenté les évolutions dans leurs domaines d’expertise qui étaient pertinentes pour le contrôle de l’application du règlement sur les marchés numériques. La Commission a fait une présentation de l’état d’avancement de la mise en œuvre du règlement sur les marchés numériques, laquelle a été suivie d’un échange de vues.
(47)Le groupe de haut niveau a approuvé son règlement intérieur lors de sa deuxième réunion du 27 novembre 2023. La discussion qui a eu lieu lors de cette réunion a porté sur la préparation de la création des sous-groupes du groupe de haut niveau. Deux sous-groupes devraient être créés en 2024. Le groupe de haut niveau et ses sous-groupes ne sont pas associés aux procédures ou enquêtes en cours de la Commission ouvertes au titre du règlement sur les marchés numériques.