COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 22.7.2024
COM(2024) 307 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
conformément à l’article 430 ter de la directive TVA
sur l’application des règles de TVA aux bons
- définition, circuits de distribution et bons non échangés
Table des matières
1. Introduction
2. Contexte de l’intervention
3. Mise en œuvre des dispositions actuelles
4. Évaluation des règles actuelles
4.1 Évaluation générale
4.2 Évaluation de sujets spécifiques
5. Conclusion
Annexe — Rapport de synthèse — Questionnaire concernant la mise en œuvre de la directive (UE) 2016/1065 sur les bons
1.Introduction
Le 27 juin 2016, le Conseil a adopté une directive modifiant la directive TVA en ce qui concerne le traitement des opérations dans lesquelles des bons sont utilisés (ci-après la «directive sur les bons»). Les nouvelles règles s’appliquent depuis le 1er janvier 2019, mais uniquement aux bons émis après le 31 décembre 2018.
L’objectif de ces modifications est de simplifier, de moderniser et d’harmoniser les règles de TVA applicables aux bons, en particulier afin de «garantir un traitement uniforme et sûr, de respecter le principe d’un impôt général sur la consommation exactement proportionnel au prix des biens et des services, d’éviter les incohérences, les distorsions de concurrence, la double imposition ou la non-imposition et de réduire les risques d’évasion fiscale».
Conformément à l’article 410 ter de la directive TVA dans sa version modifiée, la Commission, sur la base des informations obtenues de la part des États membres de l’Union (ci-après les «États membres»), présente au Parlement européen et au Conseil un rapport d’évaluation sur l’application des dispositions de la directive TVA en ce qui concerne le traitement TVA des bons et, plus particulièrement, la définition des bons, les règles de TVA applicables à l’imposition des bons dans le circuit de distribution et aux bons non échangés, accompagné, au besoin, d’une proposition appropriée de modification des règles correspondantes.
À la lumière de ce qui précède, le présent rapport analyse la performance générale des règles de TVA sur les bons selon cinq critères (efficacité, efficience, pertinence, cohérence et valeur ajoutée européenne) au cours des quatre années écoulées depuis leur entrée en application en 2019, à la suite de quoi une évaluation spécifique est réalisée sur: i) la définition des bons, ii) l’imposition des bons dans le circuit de distribution, et iii) les bons non échangés. Le rapport évalue la mise en œuvre des dispositions pertinentes sur la base des résultats d’une enquête menée auprès des États membres du 27 mars au 9 juin 2023. Le rapport se conclut par un examen de la pertinence d’une éventuelle proposition législative visant à modifier les règles concernées.
2.Contexte de l’intervention
En l’absence de règles communes en matière de TVA sur le traitement des bons dans la sixième directive TVA ou dans la directive TVA, les États membres ont mis au point des approches différentes au fil des ans. Cette situation a entraîné des risques de double imposition ou de non-imposition, d’évasion fiscale et d’obstacles à l’innovation des entreprises . En 2012, la Commission a donc présenté une proposition visant à clarifier et à harmoniser les règles de TVA relatives aux bons.
Lors de l’adoption par le Conseil, certaines des dispositions proposées par la Commission ont toutefois été écartées. En particulier, la directive sur les bons adoptée ne contient aucune disposition relative aux bons de réduction, aux paiements d’acomptes ou au calcul de la base d’imposition pour la distribution de «bons à usages multiples». En ce qui concerne les réductions, les considérants de la directive adoptée précisent même que cette dernière «ne devrait toutefois pas s’appliquer aux instruments qui permettent à leur détenteur de bénéficier d’une remise lors de l’achat de biens ou de services, mais qui n’incorporent pas pour autant un droit à recevoir lesdits biens ou services». Aucune référence n’est faite non plus à l’exclusion de la définition d’un bon de tout instrument visant uniquement l’exécution de paiements ni aux liens entre les règles sur les bons et les règles spécifiques en matière de TVA, comme celles relatives au régime particulier des agences de voyage. Il pourrait être avancé que la raison tient en partie à la nécessité d’obtenir l’unanimité dans le domaine fiscal, où les compromis conclus écartent souvent des questions qui auraient pu faire l’objet d’un accord à la majorité. En effet, ces dernières années, ces questions, et d’autres, relatives à la mise en œuvre ont été examinés par le comité de la TVA , dont les réunions ont débouché sur deux séries de lignes directrices approuvées par une majorité d’États membres (section 3) qui, bien qu’elles ne soient pas juridiquement contraignantes, contribuent à une application plus uniforme des règles communes en matière de TVA.