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AccueilDroit européen52024DC0358
Acte préparatoire52024DC0358

RAPPORT DE LA COMMISSION Contrôle de l’application du droit de l’Union européenne Rapport annuel 2023

CELEX52024DC0358
TypeActe préparatoire
Datejeudi 25 juillet 2024

Résumé IA

Ce rapport annuel de la Commission européenne pour 2023 dresse le bilan des actions de contrôle de l'application du droit de l'Union dans les États membres. Il recense les principales infractions, les procédures engagées et les progrès réalisés en matière de transposition et de mise en œuvre des directives. Pour un professionnel du droit français, ce document offre une vision d'ensemble des contentieux en cours et des priorités de la Commission, permettant d'anticiper les évolutions jurisprudentielles et les risques de manquement pour la France.

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 25.7.2024

COM(2024) 358 final

RAPPORT DE LA COMMISSION

Contrôle de l’application du droit de l’Union européenne












Rapport annuel 2023


Contrôle de l’application du droit de l’Union européenne

Rapport annuel 2023

Avant-propos

Faire respecter le droit de l’Union européenne de manière efficace

Aider les États membres à tenir leurs engagements dès le départ

Dialogue précoce avec les États membres en vue de trouver plus rapidement des solutions

La procédure d’infraction lorsque les autres mesures ne sont pas suffisantes

La saisine de la Cour de justice en dernier ressort

Faire respecter le droit de l’UE en temps de crise

Une application du droit de l’UE à l’épreuve du temps

Renforcer l’économie et la compétitivité de l’UE

Éviter les obstacles dans le marché unique pour renforcer la croissance

Supprimer les obstacles pour les prestataires de services dans le marché unique

Amélioration de l’information et de l’assistance aux citoyens et aux entreprises

Services financiers

Des paiements de détail efficaces

Finance durable

Un secteur des transports qui fonctionne bien

Application des règles de concurrence

Fiscalité indirecte pour un environnement équitable pour les entreprises

Fiscalité directe favorisant le marché unique

Douanes sûres et simples

Créer une Europe verte, durable et prospère

Action pour le climat

Transports propres

Qualité de l’air et de l’eau

Protection de la biodiversité

Promotion d’une économie circulaire

Une agriculture durable garantissant l’approvisionnement alimentaire

Pêche durable et planification de l’espace maritime

Gouvernance environnementale

Énergie propre et abordable

Maintenir la sûreté de l’énergie nucléaire

Une Europe adaptée à l’ère du numérique

Des technologies au service des personnes

Une économie numérique juste et compétitive

Une société numérique ouverte, démocratique et durable

Promotion de l’économie fondée sur les données

Faciliter les opérations transfrontalières des entreprises

Systèmes de transport numériques

Construire une Europe équitable et sociale

Droit du travail

Santé et sécurité au travail

Mobilité des travailleurs

Coordination de la sécurité sociale

Égalité entre les hommes et les femmes

Non-discrimination en matière d’emploi et d’inclusion

Protéger les personnes et nos libertés

Respect de l’état de droit

Lutte contre le racisme, la xénophobie et la discrimination

Protection des personnes qui signalent des violations du droit de l’Union

Protection des enfants

Coopération judiciaire et garanties individuelles en droit pénal

Protection des consommateurs

Protection des données à caractère personnel

Des transports plus sûrs

Promouvoir la santé et la sécurité alimentaire

Amélioration de la réglementation des professions et de la libre circulation des professionnels

Protection des conducteurs détachés

Renforcer l’union européenne de la sécurité

Gestion des frontières extérieures

Une réponse unie de l’UE en matière de migration et d’asile

Application des sanctions contre la Russie

Clause de non-responsabilité: le présent rapport présente les mesures prises par la Commission en 2023 pour contrôler l’application du droit de l’Union et en assurer le respect. Entre-temps, l’état d’avancement des procédures d’infraction mentionnées est susceptible d’avoir évolué.


Avant-propos

Au début du mandat de cette Commission, nous avons promis de construire une Europe plus forte, plus verte et plus saine pour les générations à venir, dotée d’une économie au service de tous, jeunes et moins jeunes. Cinq ans plus tard, et malgré de multiples crises, l’UE a démontré sa détermination à relever les défis de front, en s’inspirant de nos valeurs et principes communs.

Par un grand nombre de nouvelles dispositions législatives proposées par la Commission et adoptées par le Parlement européen et le Conseil au cours de ce mandat, nous avons travaillé sans relâche ensemble pour garantir une Europe plus unie, plus prospère et plus durable. Pourtant, notre travail ne s’achève pas avec l’adoption de ces actes législatifs. Nous devons veiller à ce que les règles convenues entre les colégislateurs fonctionnent sur le terrain dans les États membres et apportent les avantages nécessaires aux citoyens et aux entreprises dans toute l’Europe.

Le rapport que vous êtes sur le point de lire donne quelques exemples clés du travail accompli en 2023 pour garantir la bonne application du droit de l’Union dans différents secteurs dans tous les États membres. Les mesures prises montrent que, là où le besoin s’est fait sentir, la Commission a agi avec détermination, afin de protéger les droits et libertés des citoyens et de faire en sorte que l’Union demeure un bastion de la démocratie, du respect de l’état de droit et des droits fondamentaux. La Commission reste déterminée à préserver le bon fonctionnement du marché unique, qui est le fondement de notre croissance économique et de notre compétitivité, tout en protégeant les intérêts des travailleurs et des consommateurs.

Les États membres sont les meilleurs alliés de la Commission lorsqu’il s’agit de veiller à ce que le droit de l’Union soit correctement mis en œuvre et appliqué dès le début. C’est pourquoi le soutien rapide et continu apporté par la Commission aux États membres dans la mise en œuvre du droit de l’Union est essentiel, et une coopération étroite avec les États membres fondée sur la confiance mutuelle est la voie la plus rapide pour atteindre cet objectif commun. Cette stratégie préventive favorise d’emblée une culture du respect des règles, présente un bon rapport coût-efficacité et profite à tous.

Toutefois, l’existence de mécanismes de contrôle de l’application solides demeure un filet de sécurité essentiel. Et comme le montre le présent rapport, la Commission n’hésite pas à recourir à ces mécanismes chaque fois que cela est nécessaire, afin de veiller à ce que les règles convenues deviennent une réalité concrète qui améliore la vie des entreprises et des citoyens européens.

Ursula von der Leyen

Présidente de la Commission européenne

Faire respecter le droit de l’Union européenne de manière efficace

Ensemble, nous avons montré que quand l’Europe est audacieuse, elle fait avancer les choses. Et notre travail est loin d’être terminé - alors unissons-nous. Obtenons des résultats aujourd’hui et préparons demain.

Extrait du discours sur l’état de l’Union prononcé en 2023 par la présidente von der Leyen.



L’Union européenne est une communauté de droit. Le respect du droit de l’Union est le fondement de l’efficacité de l’Union au profit des citoyens et des entreprises. Il est donc essentiel de faire respecter le droit de l’Union pour maintenir des conditions de concurrence équitables entre les États membres, pour veiller à ce qu’aucun pays ne tire un avantage indu et à ce que le marché unique fonctionne sans heurts. Cela témoigne de notre engagement à être compétitif et à protéger les droits des citoyens et les valeurs fondamentales de l’UE, y compris l’état de droit.

Veiller à la bonne application et au respect du droit de l’Union est l’une des missions essentielles de la Commission en sa qualité de «gardienne des traités». Les mesures prises par la Commission pour faire appliquer le droit sont guidées par un objectif primordial: permettre aux citoyens et aux entreprises de bénéficier des avantages des règles convenues d’un commun accord, où qu’ils vivent et soient établis dans l’UE. Pour atteindre cet objectif, la Commission dispose de divers outils : des orientations en matière de mise en œuvre rapide et un soutien financier, des rapports publics, un dialogue axé sur les solutions avec les États membres et, si nécessaire, des procédures d’infraction.

Aider les États membres à tenir leurs engagements dès le départ

Veiller de façon intelligente à l’application des règles consiste à garantir le respect du droit de l’Union dès le départ et à éviter que des infractions ne soient commises. C’est la raison pour laquelle la Commission intensifie sans cesse son action pour aider les États membres à mettre en œuvre le droit de l’Union. Les mesures de soutien peuvent varier et c’est souvent leur utilisation combinée qui fait la différence.

Par exemple, dans le cadre du processus de mise en œuvre d’un acte législatif spécifique de l’UE, la Commission fournit des orientations pratiques aux États membres, aux entreprises, aux parties prenantes et au public sur la manière d’interpréter et d’appliquer des aspects spécifiques du texte juridique. Ces orientations peuvent prendre la forme de lignes directrices écrites ou de FAQ en ligne ou peuvent être fournies lors de réunions spécifiques, par exemple lors d’ateliers de transposition. Des groupes d’experts promeuvent également la mise en œuvre correcte du droit de l’Union.

Mais le soutien aux États membres va au-delà des orientations sur la mise en œuvre de législations spécifiques de l’UE. Le soutien financier des fonds de l’UE s’est également révélé être un outil efficace pour aider et encourager les États membres à mener à bien des réformes et, le cas échéant, à accélérer la mise en œuvre des priorités de l’UE. L’ instrument d’appui technique est un autre exemple de soutien aux États membres sous la forme d’une expertise technique. En encourageant le renforcement des capacités administratives dans les États membres, il contribue à garantir la mise en œuvre correcte de la législation et des politiques de l’UE.

Dialogue précoce avec les États membres en vue de trouver plus rapidement des solutions

Pendant la pandémie de COVID-19, certaines compagnies aériennes ne remboursaient pas les passagers dans les délais lorsqu’elles annulaient des vols et les autorités nationales n’appliquaient pas efficacement les règles de l’UE. La Commission a eu recours aux dialogues EU Pilot avec tous les États membres pour veiller à ce que les compagnies aériennes respectent les droits des passagers de l’UE. Par conséquent, les compagnies aériennes ont apuré la majeure partie de leurs arriérés de remboursement et amélioré leur communication avec les passagers en cas d’annulation d’un vol. La Commission a pu clôturer ces dialogues EU Pilot en 2023.

Lorsque, malgré son action visant à soutenir les États membres et à promouvoir le respect des règles, la Commission détecte une éventuelle infraction au droit de l’Union, elle peut décider d’engager un dialogue préalable au déclenchement d’une procédure d’infraction, dans le cadre de la procédure bien établie connue sous le nom de EU Pilot . Cet outil est utilisé lorsqu’il apporte une valeur ajoutée, par exemple lorsqu’il est susceptible de conduire à une mise en conformité plus rapide qu’une procédure formelle d’infraction.

Avec le temps, le dialogue EU Pilot a fait ses preuves. En 2023, la Commission a engagé 259 dialogues EU Pilot, dont plus de 80 % ont débouché sur un résultat satisfaisant. Seuls 11 % des dialogues EU Pilot ont été suivis d’une procédure d’infraction. EU Pilot s’avère efficace dans de nombreux domaines d’action, en particulier dans les domaines de l’énergie (40 dialogues clôturés avec succès), de la fiscalité et des douanes (37), de la mobilité et des transports (36) et des services financiers (25).

La procédure d’infraction lorsque les autres mesures ne sont pas suffisantes

Le recours aux procédures d’infraction par la Commission s’est développé au fil des ans, afin de favoriser des améliorations plus larges et plus efficaces. L’approche stratégique adoptée à l’égard de l’application du droit de l’Union accorde la priorité aux infractions qui ont le plus d’incidence sur les intérêts des citoyens et des entreprises.

En 2023, la Commission a ouvert 529 procédures d’infraction dans tous les principaux domaines d’action. Chaque État membre était concerné, avec une moyenne de 20 nouveaux dossiers par État membre. Les mesures coercitives de la Commission ont permis de préserver l’intégrité du marché unique et de renforcer l’économie de l’UE. Elles ont favorisé la propreté de l’air, de l’eau et des transports, ainsi qu’une économie circulaire. La Commission a défendu les valeurs communes de l’UE, les droits fondamentaux des citoyens et l’état de droit.

De nombreux facteurs ont une incidence sur le nombre de nouvelles procédures d’infraction. En raison de la diminution du nombre de nouvelles directives à transposer (qui est passé de 67 en 2014 à 34 en 2023), moins de procédures d’infraction sont ouvertes pour transposition tardive ou non conforme. En effet, 2023 a enregistré le nombre de nouvelles procédures d’infraction pour transposition incomplète des directives (284) le plus bas en plus de 20 ans. Le soutien renforcé apporté par la Commission aux États membres pour les aider à transposer et appliquer correctement les directives a également contribué à prévenir les infractions.

En 2023, les procédures d’infraction ont une nouvelle fois prouvé leur efficacité: la Commission a clôturé avec succès plus de 1 000 procédures d’infraction, étant donné que les États membres se sont conformés au droit de l’Union. Ce chiffre reflète également les efforts déployés par la Commission pour progresser dans des affaires plus anciennes, ouvertes de longue date, dont bon nombre ont pu être clôturées en 2023.

Sur l’ensemble des procédures clôturées, 95 % l’ont été avant l’étape de la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (ci-après la «Cour de justice»). Lorsque les procédures ne tirent pas en longueur, les citoyens et les entreprises peuvent bénéficier plus tôt des avantages du droit de l’Union.

La saisine de la Cour de justice en dernier ressort

Si la violation du droit de l’Union ne peut être résolue à un stade précoce de la procédure d’infraction, la Commission peut saisir la Cour de justice. Dans certains cas , la Commission peut demander que des sanctions financières soient infligées à l’État membre concerné.

En 2023, la Commission a décidé de saisir la Cour de justice d’un total de 82 affaires. Dans 45 affaires, elle a demandé à la Cour d’infliger des sanctions financières à l’État membre en question. Quarante de ces affaires concernaient la non-communication des mesures de transposition et cinq consistaient en une deuxième saisine de la Cour de justice pour non-exécution d’un arrêt antérieur. Il s’agit d’une augmentation significative par rapport aux années précédentes, ce qui témoigne de la détermination de la Commission à faire respecter le droit de l’Union.

Faire respecter le droit de l’UE en temps de crise

Les crises ou les situations d’urgence, telles que la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, peuvent mettre à l’épreuve le plein respect, par les États membres, des quatre libertés fondamentales de l’UE et du fonctionnement du marché unique. Dans des circonstances difficiles, il peut être tentant de privilégier des considérations d’ordre interne par rapport à la bonne application du droit de l’Union. Toutefois, des mesures efficaces visant à faire appliquer le droit de l’Union restent primordiales pour que les citoyens et les entreprises puissent continuer de bénéficier de la protection et de la sécurité juridique offertes par le droit de l’Union, et que les biens et services essentiels puissent être fournis là où ils sont les plus nécessaires.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a affecté la sécurité de l’approvisionnement en gaz de l’UE et a rendu particulièrement urgente la mise en place de plans solides de préparation aux risques dans tous les États membres. La Commission a ouvert des enquêtes EU Pilot contre 26 États membres pour non-communication à la Commission des évaluations nationales des risques, des plans d’action préventifs et des plans d’urgence requis par le règlement sur la sécurité de l’approvisionnement en gaz . Seize de ces enquêtes ont pu être clôturées après que les États membres ont communiqué les informations requises, ce qui confirme que la plupart des États membres avaient mis en place ces mesures.

Le bon fonctionnement du marché de stockage du gaz au sein de l’UE et le caractère non discriminatoire des règles concernant les conditions d’accès aux réseaux de transport de gaz naturel sont essentiels pour garantir la sécurité de l’approvisionnement et pour stabiliser les prix de l’énergie. La Commission a décidé de saisir la Cour de justice d’un recours contre la Pologne en raison de mesures imposant des coûts supplémentaires aux entreprises qui respectent l’obligation de stockage de gaz en ayant recours au stockage dans un autre État membre. Ces mesures entravent les échanges transfrontaliers de gaz.

La Commission a également pris des mesures pour protéger le marché unique afin de garantir la disponibilité de denrées alimentaires sûres, abordables et de qualité dans tous les États membres. À la suite des mesures coercitives prises par la Commission, la Hongrie a abrogé son régime de notification préalable des exportations de céréales. Les opérateurs hongrois peuvent à nouveau exporter des céréales vers d’autres États membres sans aucune entrave aux échanges. La Commission a ouvert une procédure d’infraction concernant un régime de notification préalable des exportations de certains grains et semences à l’encontre de la Slovaquie en octobre 2023.

Une application du droit de l’UE à l’épreuve du temps

En juillet 2023, la Commission a dressé un bilan au sein de la Commission et avec les États membres afin de veiller à ce que la manière dont elle applique le droit de l’UE fonctionne dans la pratique et soit à l’épreuve du temps. Le bilan a été organisé autour de six axes: mettre en œuvre l’approche stratégique de la Commission en matière de respect du droit de l’Union; gérer efficacement les infractions; faciliter le traitement des plaintes; rendre plus systématique le suivi de l’application des règlements; accroître le soutien aux États membres; et renforcer la transparence.

Des améliorations ciblées ont été recensées dans tous ces domaines et la Commission a travaillé à leur mise en œuvre, en collaboration avec les États membres . Elles permettront d’accroître la transparence, d’améliorer l’information des plaignants potentiels, de disposer d’outils plus efficaces pour coopérer avec les États membres sur la transposition des directives, etc.

Le bilan a montré la capacité de la Commission à évaluer ses outils et procédures de contrôle de l’application du droit de l’UE de manière transparente et franche ainsi qu’à s’adapter à l’évolution de la situation. Il a également prouvé que la Commission et les États membres peuvent collaborer pour définir et mettre en pratique des améliorations à leur coopération dans un domaine aussi complexe sur les plans juridique et politique que l’application du droit de l’Union.

Renforcer l’économie et la compétitivité de l’UE

Ces trois défis – la main-d’œuvre, l’inflation et l’environnement des entreprises - se présentent au moment où nous demandons aussi à l’industrie de jouer un rôle moteur dans la transition propre. Nous devons donc voir plus loin et déterminer comment nous resterons compétitifs dans ce contexte. [...] Parce que l’Europe fera tout pour conserver son avantage concurrentiel, «quoi qu’il en coûte».

Extrait du discours sur l’état de l’Union prononcé en 2023 par la présidente von der Leyen


La communication de 2023 intitulée « Le marché unique a 30 ans » a montré à quel point l’application incomplète ou non conforme des règles de l’UE continue de créer des obstacles au sein du marché unique, aux dépens des entreprises et des consommateurs. Les règles nationales divergentes qui introduisent des restrictions sans justification valable entraînent de la complexité et faussent la concurrence. Lorsqu’un même État membre commet des infractions réitérées, l’un des piliers de l’UE s’en trouve mis à mal. La Commission a veillé à l’application des règles de l’UE afin de garantir des conditions de concurrence équitables aux entreprises et s’est employée à donner aux citoyens les moyens de tirer pleinement profit de leurs droits et de leurs avantages dans le marché unique.

Éviter les obstacles dans le marché unique pour renforcer la croissance

La directive sur la transparence du marché unique et son système d’information relatif aux règles techniques visent à prévenir de nouveaux obstacles au sein du marché unique grâce à la transparence, au dialogue et à l’amélioration de la réglementation. Une procédure de notification au titre de la directive permet à la Commission et aux autres États membres d’examiner toute règle technique qu’un État membre envisage d’adopter pour les produits et les services de la société de l’information.

Pour assurer le fonctionnement ininterrompu du marché unique, la Commission a pris de nouvelles mesures dans plusieurs affaires, notamment en saisissant la Cour de justice d’un recours contre la Hongrie lorsque celle-ci a restreint la libre circulation des marchandises (par exemple, les matériaux de construction) en imposant des restrictions (prix fixes, notification préalable des exportations, etc.).

La Cour de justice a rappelé l’importance de la directive et la possibilité pour les citoyens et les entreprises de s’opposer activement aux règles nationales adoptées en violation de celle-ci. La Commission a encouragé la pleine application de la directive dans de nombreux échanges avec les États membres.

Supprimer les obstacles pour les prestataires de services dans le marché unique

Les services jouent un rôle essentiel dans l’économie de l’UE. Ils représentent environ 70 % du PIB et 70 % des emplois de l’UE. Ce secteur joue un rôle crucial dans la reprise et la résilience économiques de l’UE.

La directive sur les services est essentielle pour éviter que les entreprises se heurtent à des obstacles injustifiés lorsqu’elles souhaitent créer une succursale dans un autre État membre ou fournir leurs services dans un contexte transfrontalier. La Commission a agi fermement contre les États membres qui enfreignent cette directive.

La Commission a ouvert des procédures d’infraction contre Malte , la Pologne (l’affaire a été clôturée vers la fin de 2023) et la Slovénie au motif que ces États membres ont mis en place une interdiction totale de la publicité pour les activités des avocats. Elle a engagé et poursuivi une procédure contre la Slovénie au motif que celle-ci n’a pas remédié aux problèmes relatifs aux tarifs fixés par la loi pour les agences immobilières, et contre Chypre en raison de restrictions définissant qui peut détenir des actions dans des sociétés d’intermédiation immobilière. La Commission s’est également attaquée aux restrictions à la fourniture transfrontière de services, ainsi qu’aux exigences en matière de garantie financière, en ouvrant une procédure contre la Belgique et en prenant de nouvelles mesures dans le cadre de celle-ci.

Les retards de paiement ont des incidences négatives sur les entreprises en ce qu’ils réduisent leurs liquidités, empêchent leur croissance, entravent leur résilience et peuvent contrarier les efforts qu’elles déploient pour devenir plus écologiques et plus numériques.

Les règles de l’UE obligent les pouvoirs publics à payer leurs factures dans un délai de 30 jours. Les mesures prises par la Commission en vue de faire appliquer la législation visent à faire en sorte que les pouvoirs publics paient les fournisseurs des biens et des services qu’ils achètent dans les délais. La Commission a saisi la Cour de justice d’un recours contre la Belgique , la Grèce , l’ Italie , le Portugal et la Slovaquie pour retards de paiement de leurs fournisseurs et a engagé de nouvelles procédures d’infraction contre la Grèce et l’ Italie .

En ce qui concerne le respect par les États membres des dispositions du traité de l’UE relatives à la liberté d’établissement et à la libre circulation des services, la Commission a décidé de saisir la Cour de justice d’un recours contre la Pologne pour avoir interdit la publicité pour les pharmacies.

Les règles de l’UE applicables aux marchés publics garantissent la transparence et l’accès des entreprises au marché, ainsi que l’égalité de traitement des opérateurs économiques désireux de participer à des procédures de passation de marchés. Elles visent également la bonne gestion des fonds publics. Pour faire respecter ces règles, la Commission a engagé des procédures d’infraction contre la Hongrie , le Portugal , la Roumanie et la Slovénie et a pris de nouvelles mesures dans une procédure ouverte contre la Bulgarie . Elle a pu clôturer les procédures à l’encontre de la Tchéquie, de l’Estonie, de la Grèce, de la Lettonie, de la Lituanie, du Portugal et de la Suède, qui se sont conformés aux règles de l’UE.

Amélioration de l’information et de l’assistance aux citoyens et aux entreprises

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