COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 31.7.2024
COM(2024) 359 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS
concernant l’évaluation ex post du programme pour l’environnement et l’action pour le climat (LIFE) 2014-2020
{SWD(2024) 198 final}
Programme LIFE 2014-2020
Lancé en 1992, l’instrument financier pour l’environnement (LIFE) est le seul programme de financement de l’Union spécifiquement consacré à l’environnement et à l’action pour le climat, mis en œuvre principalement dans le cadre d’une gestion directe par la Commission européenne. Il a acquis une solide réputation au cours de ses plus de 30 années d’existence. Si le programme LIFE 2014-2020 s’appuie sur ses prédécesseurs, les caractéristiques et les objectifs analysés dans l’évaluation ex post sont spécifiques à cette période de financement.
Le programme LIFE 2014-2020 a été conçu dans le contexte plus large du cadre financier pluriannuel (CFP) de l’époque et de la stratégie Europe 2020 visant à favoriser une croissance intelligente, durable et inclusive (2011-2020). La stratégie a fait de la protection de l’environnement et de la lutte contre le changement climatique des priorités stratégiques transversales à intégrer dans une série d’instruments de financement européens. La logique d’intervention du programme LIFE a complété cette approche, le programme étant conçu comme une «plate-forme d’échanges de bonnes pratiques entre États membres et de catalyseur pour des investissements plus efficaces» visant à répondre à «tous les besoins spécifiques en matière d’environnement et d’action pour le climat».
FIGURE 1: HIÉRARCHIE DES OBJECTIFS
FIGURE 1: HIÉRARCHIE DES OBJECTIFS
Selon l’article 3 du règlement LIFE, qui porte sur les objectifs, le programme LIFE devrait «contribuer à opérer une transition vers une économie efficace dans l’utilisation des ressources, à faible intensité de carbone et résiliente aux effets du changement climatique, à protéger et à améliorer la qualité de l’environnement, et à stopper et à inverser le processus
d’appauvrissement de la biodiversité, en appuyant le réseau Natura 2000 et en luttant contre la dégradation des écosystèmes». La figure 1 présente les quatre objectifs du programme LIFE tels qu’examinés dans l’évaluation ex post.
Le budget du programme LIFE de 3,46 milliards d’EUR est marginal par rapport aux besoins estimés d’investissement pour l’environnement et l’action pour le climat et ne représentait que 0,3 % du budget de l’Union. Par conséquent, comme souligné dans le règlement LIFE, «compte tenu de ses caractéristiques et de sa taille, le programme LIFE ne peut pas résoudre tous les problèmes environnementaux et climatiques».
Le programme LIFE a été structuré en deux sous-programmes (environnement et action pour le climat) comportant chacun trois domaines prioritaires (voir figure 2). Le programme LIFE suit dans une large mesure une approche ascendante et met en œuvre les projets LIFE en gestion directe dans l’ensemble de l’Union. Dans cette logique ascendante, le financement est transmis à un large éventail de parties prenantes au moyen d’appels à propositions qui sont peu prescriptifs, mais soutiennent la mise en œuvre de solutions environnementales et climatiques adaptées aux niveaux national, régional ou local. Cela vaut particulièrement pour le pilier historique du programme, à savoir les «projets traditionnels». Ce pilier représente le poste budgétaire le plus élevé et soutient des projets environnementaux innovants et décentralisés dans l’ensemble de l’Union. Ces projets comprennent des projets pilotes, des démonstrations et des bonnes pratiques ainsi que la diffusion et la sensibilisation.
Introduits pour la première fois en 2014, les projets intégrés remplissent une fonction plus ciblée et soutiennent la mise en œuvre de la législation de l’Union, en particulier dans les domaines de la nature, de l’eau, des déchets, de l’air et de l’atténuation et de l’adaptation au changement climatique, par exemple pour contribuer à l’élaboration des stratégies et des plans d’action requis par l’acquis de l’Union européenne. Ils suivent davantage une approche descendante et exigent des États membres qu’ils utilisent diverses sources de financement de l’Union ainsi que des fonds nationaux et/ou des investissements du secteur privé. Dans la pratique, ces projets portent souvent sur la coordination d’un éventail plus large d’activités, y compris transnationales, qui contribuent toutes à la mise en œuvre d’un plan unique. Si la contribution du programme LIFE aux projets intégrés est limitée à 60 %, la mise en œuvre des projets permet de dégager d’autres sources de financement. Outre les projets traditionnels et intégrés, le programme LIFE comportait des projets d’assistance technique, des projets de renforcement des capacités, des projets préparatoires et des subventions de fonctionnement accordées par le programme LIFE aux ONG œuvrant dans les domaines de l’environnement ou de l’action pour le climat.
Approche et cadre d’évaluation
Les indicateurs de performance ainsi que leurs jalons et cibles pour 2020, tels qu’ils ont été convenus dans le contexte du CFP au moment de la conception du programme LIFE, constituent la base de l’évaluation. Toutefois, ces indicateurs de performance mesurent principalement les réalisations en fonction du nombre de projets mis en œuvre et ne permettent donc pas de donner une vue d’ensemble du succès du programme. La présente évaluation se fonde également sur les indicateurs clés de projet introduits pour la première fois en 2014, qui mesurent les avantages nets pour l’environnement créés par chaque projet LIFE (par exemple, la réduction de la pollution atmosphérique, la taille des habitats restaurés). Ils permettent de recueillir des données précieuses sur les résultats atteints par les projets LIFE, en dépit des faiblesses concernant la portée, l’exhaustivité et la comparabilité des données obtenues, lesquelles ont été corrigées dans les indicateurs clés de projet utilisés pour le programme LIFE 2021-2027. En outre, 6 études de cas, 1 enquête (436 répondants), 60 entretiens ciblés et 1 examen documentaire ont été utilisés dans le cadre de l’évaluation afin de recueillir des informations supplémentaires, de garantir la fiabilité des données relatives aux projets, d’intégrer les points de vue des bénéficiaires, des soumissionnaires et d’autres parties prenantes et de garantir la triangulation des sources de données.
La date limite pour la remise de l’évaluation était fixée à juin 2023. À cette date, 58 % des projets LIFE 2014-2020 étaient toujours en cours. Pour garantir sa solidité, l’évaluation se limite aux données relatives aux projets achevés et à ceux dont la mise en œuvre a atteint un stade avancé. Par conséquent, les avantages recensés dans l’évaluation ne couvrent qu’environ la moitié des projets LIFE mis en œuvre au cours de la période de programmation. Une fois tous les projets achevés, on peut s’attendre à ce que les avantages finaux du programme soient nettement plus importants.
État d’avancement de la mise en œuvre
La majeure partie des 3,46 milliards d’EUR de financement LIFE (environ 80 %) a été consacrée au financement de subventions destinées à la mise en œuvre des différents types de projets. En outre, 14 % du budget disponible au titre du programme LIFE 2014-2020 ont été consacrés à la passation de marchés (par exemple, au soutien à l’analyse des rapports des États membres, à la gestion des infractions, à l’organisation d’événements des parties prenantes, aux systèmes d’information et aux canaux de communication) et 5 % à des instruments financiers spécifiques.
Subventions
Au cours de la période de programmation 2014-2020, un total de 1 163 subventions à l’action ont été financées, le coût total des projets s’élevant à 4,8 milliards d’EUR, dont 2,6 milliards d’EUR ont été apportés par le programme LIFE (en moyenne 2 millions d’EUR par projet) et le reste par cofinancement.
1 019 projets traditionnels ont été mis en œuvre. La demande en faveur de projets traditionnels est restée élevée tout au long des sept années et a été caractérisée par une forte sursouscription dans les six domaines prioritaires. La valeur totale des projets traditionnels s’élève à 3,5 milliards d’EUR, dont 1,9 milliard d'EUR fourni par le programme LIFE et 1,6 milliard d'EUR par les bénéficiaires.
70 projets intégrés ont été financés pour un coût total de 1,3 milliard d’EUR, dont environ 700 millions d’EUR ont été fournis par le programme LIFE. Grâce à leur fonction de coordination, les projets intégrés ont permis d’obtenir 31,6 milliards d’EUR supplémentaires provenant d’une série de sources de financement complémentaires.
74 subventions à l’action ont permis de soutenir des projets d’assistance technique. La valeur totale de ces subventions atteint 35,5 millions d’EUR, dont 23,8 millions d'EUR ont été alloués par le programme LIFE.
Les projets préparatoires ont permis de répondre à des priorités stratégiques émergentes ainsi qu’à des défis inattendus. Par exemple, en 2020, un appel à propositions visant spécifiquement les ONG dans le contexte du pacte vert (NGO4GD) a aidé les ONG de l’Union actives dans le domaine de l’environnement et du climat à faire face aux difficultés financières dues à la pandémie.
La durée moyenne d’un projet était de quatre ans. Le programme LIFE a soutenu un large éventail de bénéficiaires relativement bien répartis entre les différents types de parties prenantes, comme le montre la figure 3.
Figure 3: répartition des bénéficiaires par type d’organisation
Instruments financiers
Le programme LIFE a financé deux instruments financiers pilotes pour tester des approches innovantes visant à mobiliser des financements:
-l’instrument de financement privé pour l’efficacité énergétique (PF4EE) visant à accroître la disponibilité du financement par prêts pour les investissements soutenant les priorités des États membres en matière d’efficacité énergétique fixées dans leurs plans nationaux d’action en matière d’efficacité énergétique;
-le mécanisme de financement du capital naturel (NCFF) visant à établir une série d’opérations finançables et reproductibles servant de validation de principe et démontrant aux investisseurs potentiels l’intérêt de telles opérations, qui visent des objectifs de biodiversité et d’adaptation au changement climatique.
Un montant total de 215 millions d’EUR provenant du budget LIFE a été alloué à des investissements par l’intermédiaire du PF4EE, dont 77 % avaient été engagés fin 2020. Après un démarrage lent, le PF4EE a de plus en plus soutenu les investissements et est actuellement en bonne voie pour atteindre son objectif de 700 millions d’EUR sur toute sa durée de vie. Le financement alloué au titre du NCFF est proche de l’objectif initial de 100 à 125 millions d’EUR et a permis de tirer des enseignements importants qui orientent les réflexions en cours sur le financement du capital naturel.
Réalisations et succès du programme LIFE
L’évaluation a montré que le programme LIFE avait réussi à atteindre la plupart de ses cibles pour chacun des quatre objectifs, comme le prouvent les études de cas, l’enquête et les entretiens, tout en donnant de bons résultats pour les fonds investis. Les différents instruments du programme étaient cohérents et complémentaires d’autres instruments de financement et la logique d’intervention de LIFE est restée pertinente tout au long de la période de mise en œuvre.
Les procédures administratives du programme sont généralement considérées comme efficaces; les bénéficiaires apprécieraient néanmoins une simplification des formulaires de demande, une réduction de la complexité des indicateurs clés de projet ainsi qu’un calendrier d’évaluation plus court. La procédure de demande en deux étapes introduite pour des raisons de simplification ne semble pas avoir atteint son objectif.
Efficacité du programme
L’efficacité du programme a été mesurée par rapport aux cibles fixées pour 2020 pour les indicateurs de performance dans le cadre d’évaluation du CFP. Ces cibles ont été largement atteintes. Même lorsque la cible visée n’a pas été atteinte, les résultats en étaient proches pour la plupart. Pour chacun des quatre objectifs, le nombre attendu de projets, tel que défini dans les indicateurs de performance correspondants, a été atteint (par exemple, 650 projets en cours ou finalisés mettent en œuvre des actions reproductibles/transférables). En outre, l’analyse des données agrégées des indicateurs clés de projet démontre que les projets LIFE ont considérablement contribué à créer des avantages nets pour l’environnement. Selon les estimations agrégées fondées sur les données communiquées sur les projets avancés et achevés, le programme LIFE a permis:
§de réduire les émissions de CO2 de 11,8 millions de tonnes par an, une quantité dépassant les émissions nettes de gaz à effet de serre de Chypre en 2021;
§de réduire la mauvaise gestion des déchets de 4,3 millions de tonnes par an;
§de réduire la consommation d’énergie primaire de 2,4 millions de MWh, soit l’équivalent de la consommation annuelle moyenne d’électricité de plus de 970 000 ménages européens;
§de réduire les émissions d’oxydes d’azote d’environ 152 000 tonnes par an, une quantité qui dépasse ainsi les émissions de NOx du Portugal en 2019;
§d’améliorer l’état de conservation de 435 espèces;
§de cofinancer au moyen de projets l’achat de 3 127 km2 de zones protégées pour un montant total de 83 millions d’EUR et donc de contribuer à l’extension du réseau Natura 2000.
Les consultations des parties prenantes, les études de cas et l’analyse bibliographique ont largement confirmé les contributions positives du programme à ses quatre objectifs, bien que la contribution à l’effet catalyseur (objectif 4) soit la plus difficile à quantifier.
Objectif 1
Grâce à ses projets et à ses activités de passation de marchés, le programme LIFE a contribué à la réalisation de l’objectif général consistant à évoluer vers une économie respectueuse de l’environnement qui utilise les ressources de manière judicieuse, réduise les émissions de dioxyde de carbone et puisse résister aux changements climatiques, ainsi qu’à protéger et à améliorer l’environnement. Tous les projets LIFE portent sur des enjeux spécifiques caractérisant ces domaines, testent des solutions, diffusent des informations, restaurent des habitats ou soutiennent la mise en œuvre et l’application de la législation et des politiques en matière d’environnement et de climat. Les projets intégrés et traditionnels unissent toute une série de parties prenantes et de personnes qui œuvrent de concert en faveur d’un projet commun. Cette approche a permis de sensibiliser ces acteurs aux défis environnementaux et climatiques et de mettre en place une collaboration et des communautés durables, y compris une fois les projets achevés. Des exemples de projets plus spécifiques sont présentés dans le cadre des autres objectifs, qui tous soutiennent également l’objectif 1.
Objectif 2
Le programme LIFE a soutenu l’élaboration, la mise en œuvre et l’application de la politique et de la législation de l’Union en matière d’environnement et de climat au moyen de ses projets, mais aussi d’études et d’une assistance technique financées par l’enveloppe consacrée aux marchés publics.
Certains des projets traditionnels visaient à renforcer la coopération en matière de conformité et d’application. Par exemple, le projet LIFE-ENPE a permis de créer un réseau européen des procureurs pour l’environnement et d’améliorer l’efficience et l’efficacité des procureurs et des juges dans la lutte contre la criminalité environnementale dans toute l’Europe. Le projet LIFE PROWhIBIT a renforcé la collaboration entre les officiers de justice, les agents chargés de l’application de la loi et les agents de contrôle et a amélioré leurs outils de prévention et de lutte contre la criminalité environnementale en matière de déchets. Le projet LIFE Re-Vultures a renforcé l’application de la directive «Oiseaux» en Bulgarie au moyen d’un plan national de lutte contre les empoisonnements, y compris par une unité spécialisée chargée de soutenir les enquêtes pénales en matière de criminalité environnementale.
Les projets intégrés ont permis de soutenir la mise en œuvre de plans ou de stratégies imposés par les politiques et la législation de l’Union. Par exemple, le projet LIFE-IP AdaptInGR a porté sur la mise en œuvre de la stratégie nationale d’adaptation de la Grèce et de 13 plans d’action régionaux en matière d’adaptation, conformément à la stratégie de l’Union en matière d’adaptation au changement climatique. Dans d’autres cas, les projets LIFE ont ouvert la voie à l’élaboration de la législation et des politiques en matière d’environnement et de climat. Les projets LIFE MOTTLES et LIFE MixForChange ont permis de travailler à la définition de nouvelles normes législatives pour l’adaptation de l’agriculture et de la sylviculture au changement climatique. Le projet LIFE SIDE a permis de soutenir la conception et la mise en œuvre de la quatrième phase du système d’échange de quotas d’émission de l’Union.
Les études et les activités financées par le programme LIFE au moyen de marchés publics ont également joué un rôle important dans la mise en œuvre, l’élaboration, l’évaluation et l’application de la législation et des politiques en matière d’environnement et de climat. Le programme a soutenu l’analyse des rapports des États membres requis par l’acquis environnemental de l’Union (par exemple, les plans présentés conformément à la directive-cadre sur l’eau, à la directive sur la qualité de l’air ambiant ou à la directive sur les nitrates). Il a permis de financer un registre de l’Union des quotas de carbone, essentiel au fonctionnement du système d’échange de quotas d’émission, ainsi qu’un système de classement des substances chimiques pour la protection de la santé humaine et de l’environnement. Il a également financé des activités préparatoires pour la conception et l’élaboration de la «loi européenne sur le climat», la stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030, la stratégie de l’UE relative à l’adaptation au changement climatique et des propositions du paquet «Ajustement à l’objectif 55» .
Les bénéficiaires, soumissionnaires et États membres ont confirmé le rôle du programme dans les politiques et la législation en matière d’environnement et de climat. 50 % des États membres ont fait état d’une contribution positive du programme LIFE à leurs objectifs nationaux dans les examens de la mise en œuvre de la politique environnementale (EIR) de 2017. En 2019, cette part a même augmenté pour atteindre 90 %.
Objectif 3
L’évaluation montre que le programme LIFE a contribué à une meilleure gouvernance environnementale et climatique à tous les niveaux, y compris à une meilleure participation de la société civile, des ONG et des acteurs locaux grâce à la mise en œuvre de projets, à l’octroi de subventions de fonctionnement aux ONG et à la partie relative aux marchés publics.
Des projets traditionnels et intégrés ont soutenu des activités spécifiques contribuant à la réalisation de cet objectif. Entre 2014 et 2020, 383 projets ont spécifiquement abordé les priorités relatives à la gouvernance et à l’information en matière d’environnement.
Les projets LIFE ont responsabilisé des acteurs clés grâce à la formation, à la mise au point d’outils et à la sensibilisation aux questions environnementales. Au cours de la période 2014-2020, plus de 260 000 personnes ont bénéficié d’une formation et d’un enseignement professionnels grâce aux projets LIFE. Les aspects relatifs à l’amélioration de la gouvernance, au renforcement des capacités et à la sensibilisation ont été récurrents dans les 30 projets analysés de manière approfondie dans le cadre des études de cas. Parmi les exemples de projets spécifiques figure le projet LIFE DoppelPlus , dans le cadre duquel un «programme d’accompagnement» sur les questions de chauffage, de refroidissement et de ventilation des appartements ainsi que sur la gestion de l’eau et de l’électricité a été mis en place pour les ménages à faibles revenus. À ce titre, 806 ménages ont pu bénéficier de conseils gratuits et de contrôles énergétiques et climatiques. Le projet Canemure: vers des municipalités et régions neutres en carbone en Finlande a permis de mettre au point une méthode de calcul des émissions des municipalités et de dispenser des formations et des séances de renforcement des capacités dans plusieurs municipalités. La méthode est désormais utilisée dans toute la Finlande.
Les projets LIFE ont rassemblé plusieurs parties prenantes et soutenu leur collaboration. Les indicateurs clés de projet ont confirmé la diversité des parties prenantes participant aux projets LIFE, à savoir plus de 4 000 ONG, plus de 6 000 entités privées et environ 11 500 organismes publics. Parmi les exemples de projets figure le projet Clean Sea LIFE , qui a mobilisé environ 170 000 personnes, dont des pêcheurs, des plongeurs, des étudiants, des enseignants, des associations, des entreprises et des citoyens, dans des activités de «pêche aux déchets». Le projet LIFE Olivares Vivos a permis de réunir tous les acteurs de la chaîne de production oléicole pour œuvrer à la conservation et à la gestion durable des oliveraies et des écosystèmes qui y sont associés.
Le programme LIFE a contribué à la sensibilisation et a permis de soutenir la diffusion des résultats des projets. Dans le cadre de chaque projet LIFE, un «plan de communication post-LIFE» doit être préparé afin d’inspirer des actions similaires ailleurs. En outre, certains projets traditionnels ont pour objectif principal la tenue d’activités de sensibilisation et d’information.
Le programme LIFE a également permis de financer des subventions de fonctionnement en faveur d’ONG, axées principalement sur l’environnement ou l’action pour le climat. Pour bénéficier d’un financement, les ONG doivent démontrer qu’elles contribuent activement à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’application de la politique et de la législation de l’Union.
Dans le cadre de la partie relative aux marchés publics, le programme LIFE a également permis de financer des initiatives de sensibilisation, de promotion de bons résultats et de rapprochement des parties prenantes. Citons par exemple la campagne sur les plastiques à usage unique , la campagne de l’UE en faveur de la biodiversité, les groupes de parties prenantes et les prix tels que la Capitale verte de l’Europe et la Feuille verte européenne .
Objectif 4
Même si cela reste difficile à quantifier, l’évaluation montre que le programme LIFE a permis de mettre en place des structures qui servent de catalyseur pour l’intégration des objectifs en matière d’environnement et de climat dans les autres politiques de l’Union et dans les pratiques des secteurs public et privé. Le programme LIFE a contribué à promouvoir l’intégration des objectifs environnementaux et climatiques dans les pratiques du secteur privé.
Les projets traditionnels LIFE visent à catalyser les objectifs environnementaux et de climat dans les pratiques des secteurs public et privé, en finançant l’innovation et les bonnes pratiques et en garantissant la reproductibilité des résultats des projets. Lors de la sélection des projets, leur potentiel d’innovation et/ou de mise en œuvre des bonnes pratiques ainsi que le potentiel de reproduction sont évalués. Parmi les 30 projets analysés dans le cadre d’études de cas, 21 projets ont permis de mettre au point ou de tester des solutions. La plate-forme «radar de l’innovation» , qui présente des innovations de pointe financées par l’Union, comprenait 204 projets LIFE. Parmi les exemples de projets présentant des résultats de reproduction figure le projet LIFE YEAST , qui a mis au point une nouvelle méthode d’extraction pour convertir la levure usagée des brasseurs en matières premières destinées à diverses applications industrielles, laquelle est désormais reproduite dans les brasseries d’AB InBev du monde entier.
Les projets intégrés peuvent également présenter un caractère pilote pour la mise en œuvre de plans de l’Union. Le projet LIFE-IP MALOPOLSKA a contribué de manière significative à l’amélioration de la qualité de l’air dans l’une des régions de l’Union les plus polluées. Des solutions similaires sont actuellement mises en œuvre en Hongrie, en Bulgarie et en Slovaquie dans le cadre de projets intégrés.
Le programme LIFE a également joué un rôle de catalyseur des investissements en faveur des objectifs environnementaux et climatiques grâce au cofinancement requis de projets, au rôle de coordination des projets intégrés et aux instruments financiers (PF4EE et NCFF). Bien que le démarrage de ces deux instruments financiers ait été lent et que plusieurs opérations proposées aient été jugées insuffisantes pour la protection de la biodiversité et l’adaptation au changement climatique, l’instrument NCFF a permis de tirer des enseignements pour la poursuite des réflexions en cours sur le financement du capital naturel.
Grâce à des études sur le financement et le suivi de la biodiversité, ainsi qu’à des études sur l’intégration des questions climatiques, le programme LIFE a permis de préparer le terrain pour intégrer les objectifs environnementaux et climatiques dans les politiques de l’Union.
Efficacité du programme
Si l’on compare les coûts nécessaires à l’exécution du programme à son budget total et que l’on examine les avantages monétisés générés par les projets LIFE, le programme présente un bon rapport qualité/prix. La gestion du programme n’a nécessité que 3,3 % du budget total de LIFE. Ce pourcentage est inférieur à celui d’autres programmes gérés par la même agence exécutive (3,6-8,2 %). Sur la base d’une analyse coûts/avantages des projets traditionnels achevés et avancés, dans laquelle étaient comparés les avantages monétisés créés par le financement investi, les avantages ont dépassé les coûts de plus de dix fois. Dans cette analyse, seuls les avantages environnementaux pour lesquels il existe une méthodologie évaluée par des pairs (par exemple, habitats restaurés, réduction des émissions de CO2) ont été monétisés. Les avantages monétisés ont été estimés à 6,8 milliards d’EUR, tandis que les coûts des projets sélectionnés ont été estimés à 612,4 millions d’EUR.
Bien que le programme LIFE n’ait pas vocation à assurer une répartition proportionnelle des fonds entre les États membres, la répartition géographique déséquilibrée dans les projets traditionnels limite l’efficacité du programme. 47 % des projets ont bénéficié à deux États membres, ce qui peut également s’expliquer par le nombre élevé de propositions que ces derniers ont présentées (52 % de l’ensemble des propositions). Plusieurs mesures ont été testées pour soutenir les pays moins performants, mais leur succès a été limité jusqu’à présent. Les allocations nationales indicatives introduites en 2007 se sont par exemple révélées inefficaces.
Cohérence du programme
Le programme est cohérent sur le plan interne, étant donné que les différentes activités financées se sont clairement complétées. Les projets traditionnels ont porté sur l’innovation, les bonnes pratiques et les activités de sensibilisation, tandis que les projets intégrés ont été axés sur la mise en œuvre et l’application de l’acquis de l’Union en matière d’environnement et de climat et que les instruments financiers ont soutenu la valorisation des résultats de projets concluants en mobilisant des investissements privés. De nombreux projets LIFE contribuent simultanément à plusieurs priorités thématiques.
Parmi les fonds de l’Union, le programme LIFE comble un déficit qui n’est pas réellement couvert par d’autres programmes de financement. L’évaluation a mis en évidence des synergies et des complémentarités entre les financements européens et nationaux. Le programme LIFE a facilité la valorisation de résultats de recherche grâce à un mécanisme de bonus dans le processus d’évaluation des propositions. Par ailleurs, le programme crée une réserve de projets destinés à être mis en œuvre à plus grande échelle dans le cadre d’autres programmes de financement de l’Union. Les États membres ont indiqué que les projets LIFE soutenaient les objectifs des interventions financées au titre du Fonds européen de développement régional (FEDER) et du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader). La figure 4 illustre la manière dont le programme LIFE cible une niche spécifique parmi les programmes de financement de l’Union.
Valeur ajoutée européenne du programme
La valeur ajoutée européenne du programme LIFE réside dans le fait qu’il s’agit d’un programme axé exclusivement sur l’environnement et le climat qui soutient les projets les plus ambitieux et les plus innovants dans toute l’Europe, lesquels offrent des solutions prometteuses susceptibles d’être reproduites et de faire l’objet d’un partage des connaissances entre différents acteurs dans différents États membres. Les projets intégrés transnationaux financés ont également démontré la valeur ajoutée européenne grâce à la coopération entre pays sur des problèmes tels que la perte de biodiversité et le changement climatique qui, par définition, dépassent les frontières nationales. Le programme LIFE offre des possibilités de soutien transnational et complète d’autres sources de financement européennes et nationales. Les résultats de l’enquête montrent que des possibilités de financement similaires, axées exclusivement sur les besoins du secteur de l’environnement et du climat, n’existent pas dans tous les États membres. 79 % des bénéficiaires interrogés n’auraient pas trouvé d’autre financement sans le programme LIFE.
Maintien de la pertinence du programme
Le rôle du programme LIFE tel que défini dans le CFP 2014-2020 et dans le contexte de la stratégie Europe 2020 est resté pertinent tout au long de la période. Le programme s’est adapté avec souplesse à des défis imprévus, tels que le soutien apporté aux ONG pendant la pandémie de COVID-19 au moyen d’un appel spécifique. Avec l’introduction du pacte vert pour l’Europe en 2019 dans le cadre du mandat de la nouvelle Commission de l’époque, l’attention politique accordée à la législation en matière d’environnement et de climat s’est accrue. Le pacte vert a renforcé l’urgence de relever les défis en matière de durabilité et le programme LIFE a par la suite enregistré une augmentation significative du nombre de demandes afférentes à des projets.
Les résultats atteints par le programme LIFE et sa capacité à faire office de catalyseur pour l’innovation et à rassembler les personnes ont complété l’intégration des objectifs environnementaux et climatiques dans l’ensemble des fonds. La science et les données montrent clairement que la crise environnementale et climatique s’intensifie, ce qui nécessite une double approche continue de financement, portant à la fois sur l’intégration et les dépenses consacrées à l’environnement et au climat. Le rapport de prospective stratégique 2023 de la Commission souligne la nécessité de lancer «une action sans précédent en vue de parvenir à la neutralité climatique et à la durabilité». La transformation de notre société et de notre économie vers un modèle respectueux des limites planétaires est jugée «essentielle pour renforcer la compétitivité et le modèle social à long terme de l’Europe et, partant, son rôle moteur au niveau mondial dans la nouvelle économie à zéro émission nette, notamment en aidant d’autres régions à construire un avenir durable».
La logique d’intervention du programme LIFE, largement mise en œuvre par une approche ascendante au moyen d’appels à propositions peu prescriptifs, a clairement fait ses preuves, y compris lorsqu’elle est évaluée au regard de l’évolution du contexte politique. Néanmoins, à l’avenir et en période de contraintes budgétaires accrues, une orientation plus stratégique des priorités politiques pourrait être combinée avec l’approche ascendante.
Conclusion et pistes d’amélioration
L’évaluation ex post du programme LIFE 2014-2020 a montré que le programme avait atteint la plupart des objectifs fixés pour 2020 dans le cadre de performance. Des données supplémentaires recueillies ont confirmé ces conclusions. L’évaluation a quantifié et illustré certains des avantages nets pour l’environnement et le climat créés grâce aux projets LIFE. Les consultations des parties prenantes, les études de cas et les recherches documentaires ont démontré que le programme LIFE finançait des projets innovants qui peuvent être reproduits. Les projets LIFE ont permis d’exploiter des résultats de recherche et de mettre en œuvre les bonnes pratiques. Le programme a été complémentaire des programmes de financement nationaux et a comblé un vide laissé par les fonds européens. Selon les parties prenantes, de nombreux projets n’auraient pas été financés au niveau national sans le programme LIFE. Le coût du programme et le budget utilisé étaient minimes par rapport aux avantages créés. L’analyse coûts/avantages prudente a montré que les avantages dépassaient de plus de dix fois le budget investi. Le programme LIFE a permis de lever des investissements supplémentaires au moyen des instruments financiers PF4EE et du NCFF, même si leur adoption a été lente au départ. Si l’on tient compte du fait que le programme LIFE ne représente que 0,3 % du budget de l’Union, il a obtenu de précieux résultats.
L’évaluation du programme LIFE 2014-2020 permet de dégager certaines conclusions sur les enseignements tirés et d’éventuelles améliorations supplémentaires. Les incohérences et les faiblesses observées dans le cadre de performance et les indicateurs clés de projet sont évidentes et ont donc déjà été prises en considération dans le programme LIFE 2021-2027. Les nouveaux projets intégrés se sont révélés utiles pour aider les États membres à mettre en œuvre l’acquis européen en matière d’environnement et de climat. Ils sont donc repris dans le cadre du programme LIFE 2021-2027. La charge administrative pesant sur les candidats et les bénéficiaires constitue un élément qu’il convient d’examiner de manière plus approfondie afin de déterminer comment il est possible de la réduire davantage.
Au total, fort de plus de 30 ans d’expérience, le programme LIFE a démontré sa capacité à rassembler les personnes et les différentes parties prenantes, à s’attaquer aux problèmes environnementaux ou climatiques au niveau local, régional ou national, à favoriser l’innovation et à soutenir la transition vers une société et une économie plus durables. Grâce à son approche ascendante solide, qui associe souvent les personnes au niveau local à des projets proches de leur vie quotidienne, le programme LIFE a également contribué à une image positive de l’Europe, qui témoigne d’une valeur ajoutée européenne concrète pour les citoyens de l’Union.