COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 16.10.2024
COM(2024) 458 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
conformément à l’article 14, paragraphe 3, du règlement (UE) 2019/880 du Parlement européen et du Conseil du 17 avril 2019 concernant l’introduction et l’importation de biens culturels (28 juin 2023 - 29 juin 2024)
Table des matières
1. INTRODUCTION
2. OBJECTIFS À ATTEINDRE
3. ARCHITECTURE DU PROJET ET APPROCHE EN MATIÈRE DE PLANIFICATION
Phase 1 – Conceptualisation
Phase 2 – Conception du système:
Phase 3 – Déploiement et fonctionnement
4. APERÇU DES PROGRÈS RÉALISÉS
Développement de projets
Méthode: approche adoptée pour la mise en œuvre du système ICG
Planification de haut niveau
Demande de modifications
Synergies extérieures
Coopération interne
Collaboration avec le groupe de projet sur la «Numérisation des biens culturels»
5. RISQUES DE RETARD
Risque 1 – Dotation en personnel
Mesures d’atténuation
6. CONCLUSIONS
Annexe I: Plan stratégique pluriannuel
Annexe II: Principales phases du projet et calendrier des étapes essentielles
GLOSSAIRE
| Analyse de rentabilité | Le document qui fournit la justification du projet informatique et définit les exigences budgétaires. |
| CFP | Cadre financier pluriannuel; le budget à long terme de l’UE pour la période 2021-2027. |
| Charte du projet | La charte du projet remplace le document stratégique conformément à la méthode PM2-Agile de la Commission. Il consigne le partenariat entre le propriétaire du système et le fournisseur du système et la compréhension du système au moment de la rédaction. |
| Document BAC | Document des critères d’acceptation opérationnelle. |
| Document stratégique | Le document stratégique développe les hypothèses formulées dans l’analyse de rentabilité. Il consigne le partenariat entre le propriétaire du système et le fournisseur du système et la compréhension du système au moment de la rédaction. |
| EU CSW - CERTEX | EU Customs Single Window - Certificates Exchange - le système électronique d’échange de certificats dans le cadre du guichet unique de l’Union européenne pour les douanes. |
| MPO | Modèle de processus opérationnel - le modèle de processus opérationnel au niveau de l’application décrit l’intégralité du processus opérationnel et du flux d’informations pour une application et vient compléter le modèle de processus opérationnel du système créé durant la phase de «Spécification du système», afin de prendre en considération les besoins propres de l’application. |
| PQTM | Proximité avec des délais et des moyens impartis |
| Système ICG | Import of Cultural Goods system - le système électronique centralisé d’importation de biens culturels. |
| TRACES | Trade Control and Expert System - la plateforme multilingue de certification sanitaire et phytosanitaire en ligne de la Commission européenne. Elle accueillera également le système ICG. |
1.INTRODUCTION
Le règlement (UE) 2019/880 du Parlement européen et du Conseil du 17 avril 2019 concernant l’introduction et l’importation de biens culturels (ci-après le «règlement») vise à prévenir le commerce illicite de biens culturels, en particulier lorsqu’il contribue au financement d’activités terroristes, et à interdire l’importation sur le territoire douanier de l’Union de biens culturels exportés illégalement depuis des pays tiers.
Le règlement soumet l’importation de certains biens culturels considérés comme un patrimoine particulièrement menacé (à savoir les objets archéologiques et éléments de monuments ayant été démembrés) à la présentation d’une licence d’importation et celle d’autres biens, considérés comme moins menacés, à la présentation d’une déclaration de l’importateur. Il veille également à ce que ces biens soient soumis à des contrôles uniformes lors de leur importation dans l’Union. Certaines importations de biens culturels destinés à des usages spécifiques (éducatifs, scientifiques ou liés à la recherche) sont exemptées de ces exigences documentaires.
L’obligation pour les importateurs d’obtenir une licence d’importation ou d’établir et de présenter une déclaration de l’importateur aux douanes ne commencera à s’appliquer qu’à partir du moment où un système électronique centralisé (le système ICG) sera opérationnel.
Le système ICG servira non seulement à l’accomplissement des formalités par les opérateurs, mais aussi au stockage et à l’échange d’informations entre les administrations des États membres chargées de la mise en œuvre du règlement (autorités douanières et culturelles).
Le fonctionnement du système ICG dépend de l’environnement de guichet unique de l’UE pour les douanes établi par le règlement (UE) 2022/2399, qui constitue la base juridique pour le fonctionnement du système EU CSW-CERTEX.
Le système EU CSW-CERTEX constitue la clé de voûte du guichet unique de l’Union et est développé par la Commission pour relier les environnements nationaux de guichet unique pour les douanes aux systèmes ou bases de données de l’Union utilisés pour gérer les exigences non douanières de sorte que toutes les autorités compétentes puissent accéder aux données utiles et coopérer plus aisément dans le cadre des contrôles aux frontières.
Tous les douze mois à compter de l’entrée en vigueur du règlement et jusqu’à ce que le système ICG soit mis en place, la Commission présente un rapport au Parlement européen et au Conseil sur les progrès réalisés concernant la mise en place dudit système électronique.
Le premier rapport d’étape annuel de la Commission exposait les mesures prises par ses services au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur du règlement, à savoir: a) les travaux préparatoires en vue de l’adoption des dispositions d’exécution requises, et b) les consultations menées auprès des États membres par l’intermédiaire du groupe d’experts sur les questions douanières relatives aux biens culturels et le groupe de projet sur l’importation de biens culturels.
Le deuxième rapport d’étape annuel de la Commission exposait les progrès réalisés en ce qui concerne l’adoption du règlement d’exécution (UE) 2021/1079 de la Commission et le déploiement de la phase 1 – «Conceptualisation» du système ICG, les travaux menés par le groupe de projet créé à cet effet et l’avancement de l’analyse de rentabilité et du document stratégique pour le projet ICG.
Le troisième rapport d’étape annuel de la Commission portait sur l’achèvement de la première version du logiciel de modèles de processus opérationnels pour le système ICG, la finalisation du document des critères d’acceptation opérationnelle (BAC) et la création de récits utilisateurs et leur alignement sur le document BAC, en vérifiant les informations dont les développeurs ont besoin pour prévoir et mettre en œuvre les fonctionnalités nécessaires pour répondre aux besoins.
Le quatrième rapport d’étape annuel de la Commission portait sur:
a) le début du développement du système ICG, c’est-à-dire les premières versions internes, englobant l’infrastructure fonctionnelle générale ainsi que les flux de travail essentiels;
b) l’extension des fonctionnalités fondamentales à l’ensemble des capacités de gestion et la définition de nouveaux concepts fonctionnels tels que la procédure simplifiée d’obtention d’une licence d’importation pour les importations ultérieures, la demande de licence d’importation couvrant plusieurs objets, le fractionnement des demandes de licence ou la fonction de recueil de la législation des pays tiers du système ICG (la bibliothèque);
c) le lancement des activités opérationnelles pour l’intégration du système EU CSW-CERTEX, l’objectif étant de faire en sorte que les licences d’importation ou les déclarations des importateurs soient accessibles aux autorités douanières au moyen de ce système.
Le présent rapport d’étape annuel (le cinquième) couvre la période comprise entre juillet 2023 et juin 2024. Il s’agit du dernier rapport avant que le système ICG ne devienne opérationnel au deuxième trimestre de 2025. Par souci d’exhaustivité, les objectifs à atteindre, l’architecture du projet et l’approche en matière de planification, qui sont détaillés dans les rapports d’étape annuels précédents, sont par ailleurs brièvement mentionnés dans le présent document. L’évaluation globale des progrès accomplis et les risques de retard identifiés sont résumés dans la partie «Conclusions» du présent rapport.
2.OBJECTIFS À ATTEINDRE
Le système ICG devra être opérationnel au plus tard le 28 juin 2025, puisqu’à compter de cette date, tous les opérateurs seront tenus d’obtenir des licences d’importation ou de soumettre des déclarations d’importateurs aux autorités douanières au moyen dudit système afin de pouvoir légalement importer des catégories spécifiques des biens culturels dans l’Union.
Le projet en est actuellement à sa troisième phase, étant donné que la majeure partie du développement a été achevée et que l’interconnexion du système ICG avec le système EU CSW-CERTEX est en bonne voie. En parallèle, des séances de formation sont organisées afin de familiariser les administrations des États membres avec les fonctions opérationnelles du système ICG.
Le projet relatif à l’importation de biens culturels fait également l’objet d’une planification détaillée dans le cadre de la révision du plan stratégique pluriannuel pour les douanes 2023 (MASP-C rév. 2023 v1.0). Un extrait du calendrier du projet relatif à l’importation de biens culturels tiré du MASP-C rév. 2023 figure à l’annexe I du présent rapport (tableau 1 — fiche consolidée 1.18 «Numérisation des biens culturels»), ainsi qu’un extrait du calendrier du système EU CSW-CERTEX rév. 2023 tiré de la fiche consolidée 1.13 (tableau 2) du MASP‑C.
3.ARCHITECTURE DU PROJET ET APPROCHE EN MATIÈRE DE PLANIFICATION
Comme cela a été expliqué de manière analytique dans le premier rapport d’étape annuel, l’architecture du projet repose sur la méthode fournie dans le MASP-C rév. 2023 et ses annexes, y compris le programme de gouvernance, la politique de modélisation des processus opérationnels des douanes de l’Union et la stratégie informatique. Une feuille de route complète, énonçant les principales phases et les étapes essentielles du projet, est exposée en détail à l’annexe II.
Bien que le projet progresse simultanément à plusieurs niveaux, il peut être divisé, au sens figuré, en trois phases principales.
Phase 1 – Conceptualisation: Tout d’abord, une analyse de rentabilité est préparée; elle fournit la justification du projet et définit les exigences budgétaires. De plus, le niveau 3 (besoins des utilisateurs MPO) et le niveau 4 (besoins fonctionnels MPO) sont élaborés; ils sont suivis d’un document stratégique, qui contient des informations plus détaillées sur la définition du projet en matière d’architecture, de coût, de temps et de risques, ainsi que des informations telles que les étapes, les résultats escomptés et l’organisation du projet.
Phase 2 – Conception du système: Sur la base des dispositions de l’acte d’exécution, des besoins des utilisateurs et des spécifications fonctionnelles pour le système, des spécifications techniques sur la manière dont le système sera construit sont élaborées.
Une fois le système achevé d’un point de vue conceptuel et les résultats escomptés – tels qu’énumérés au tableau 1, sous les étapes 1 et 3 (voir annexe I) – obtenus, un travail plus approfondi commence, avec la prise en considération d’aspects plus techniques dans les spécifications relatives aux applications et aux services et les spécifications techniques du système (concrétisation de l'analyse de rentabilité et du document stratégique). L’ICG sera intégré dans la plateforme TRACES existante et, de ce fait, réutilisera dans une certaine mesure les spécifications, l’architecture, les messages et l’interface existants.
Phase 3 – Déploiement et fonctionnement: La phase de développement informatique proprement dite (phase de construction) commence, suivie d’une phase de transition au cours de laquelle les premières versions du système ICG sont progressivement déployées auprès des différents groupes d’utilisateurs et des essais réalisés, afin de garantir que le 28 juin 2025 au plus tard, les opérateurs et les autorités compétentes seront capables d’utiliser le système et auront été formés à cette fin. Viendra ensuite une période de suivi de six mois, pendant laquelle le système sera affiné afin de répondre aux besoins opérationnels qui n’apparaissent généralement qu’après l’entrée en vigueur d’un système informatique, et d’assurer le bon fonctionnement des opérations.
Étant donné que le système ICG sera interconnecté avec les systèmes douaniers des États membres par l’intermédiaire du système EU CSW-CERTEX, des tests de conformité seront nécessaires pour cette activité. Bien que la date d’interconnexion était initialement prévue pour le 3 mars 2025, la Commission a rédigé une modification à apporter au règlement EU SWE-C afin de faire coïncider la date de sa mise en application avec celle du règlement (UE) 2019/880, à savoir le 28 juin 2025 au plus tard.
4.APERÇU DES PROGRÈS RÉALISÉS
Développement de projets
Le développement du système ICG et son intégration au système EU CSW-CERTEX ont bien progressé au cours de la période de référence. La collaboration avec les États membres a constitué une priorité absolue tout au long de cette période. Plusieurs réunions de travail ont été organisées pour veiller à ce que leur concours et leurs commentaires contribuent à l’amélioration continue du système et à la réussite de sa mise en œuvre. Ces échanges ont eu lieu sur une base bilatérale et au sein du groupe de projet consacré au volet «Numérisation des biens culturels».
Les observations des États membres, intervenues tôt dans le processus, ont joué un rôle précieux dans le perfectionnement du système, car elles ont permis à la Commission de répondre aux préoccupations et d’intégrer efficacement les suggestions. Quatre démonstrations en direct du système ICG ont eu lieu tout au long de cette période de référence; les États membres y ont joué un rôle central en partageant leurs commentaires et connaissances. Le dialogue entamé tôt dans le processus avec les États membres a permis de recueillir facilement leurs précieux commentaires sur les prototypes et les fonctionnalités; des améliorations itératives fondées sur des scénarios d’utilisation réelle ont ainsi pu être apportées. Cette méthode participative a non seulement permis d’accroître l’ergonomie du système, mais elle a également favorisé son appropriation par les utilisateurs.
Les progrès du système ICG se sont poursuivis tant sur le plan opérationnel que technique, et les spécifications ont été adaptées pour répondre à l’évolution des besoins. En maintenant ces spécifications à jour, l’équipe chargée du projet a veillé à ce qu’il reste souple et adapté à l’évolution des exigences. Une attention particulière a été accordée à l’expérimentation du système en vue de recenser et d’anticiper les problèmes éventuels, tout en améliorant l’expérience de l’utilisateur et en réduisant les risques de problèmes critiques susceptibles de se poser après le déploiement. Les efforts déployés en vue de l’intégration dans le système EU CSW-CERTEX sont demeurés une priorité afin que les contrôles douaniers soit opérationnels avant l’expiration du délai légal, fixé au 28 juin 2025.
Au cours de la période de référence, la Commission a également mis au point des modules de formation sur les nouvelles règles d’importation et le système ICG, ainsi qu’un mode d’emploi du système ICG. La conception du matériel de formation et l’élaboration du mode d’emploi soulignent la volonté de l’équipe chargée du projet de faire en sorte que l’utilisateur final dispose des connaissances et des ressources nécessaires pour exploiter efficacement le système. En ce qui concerne le matériel de formation, deux modules sont en cours d’élaboration: l’un est destiné aux autorités compétentes et aux importateurs, et l’autre s’adresse aux autorités douanières.
Des progrès notables ont également été accomplis dans l’élaboration du recueil ICG, qui comprend des profils succincts de la législation des pays tiers sur les exigences en matière d’exportation. La fonction de «bibliothèque» du système ICG a pour objectif de permettre aux autorités compétentes, aux importateurs et aux autorités douanières d’obtenir des informations exactes sur les exigences applicables à l’exportation légale de biens culturels hors de pays tiers. À cette fin, des efforts considérables ont été déployés pour perfectionner et ajuster le modèle de sorte à saisir avec précision les dispositions légales pertinentes des pays tiers en question ainsi que d’autres informations essentielles les concernant, et les 12 premiers profils ont été élaborés. Les travaux se poursuivent avec l’élaboration d’un plus grand nombre de profils par pays, en étroite coopération avec le Conseil international des musées (ICOM), notamment en ce qui concerne les pays pour lesquels une liste rouge a été publiée par cette organisation.
Parallèlement, tirant profit des technologies émergentes, l’équipe chargée du projet s’efforce de rester à la pointe de l’innovation en étudiant la possibilité d’intégrer des fonctionnalités s’appuyant sur l’IA pour le recensement des biens culturels.
Méthode: approche adoptée pour la mise en œuvre du système ICG
La méthode employée pour la mise en œuvre du système ICG associe diverses méthodes et pratiques de différents services de la Commission en matière de conceptualisation, d’assurance qualité, de conception et de déploiement. Dans ce contexte, les réunions internes régulières et les sessions de démonstration permettent d’examiner et de mettre en œuvre les fonctionnalités réelles, évitant ainsi des écrans maquettes trop élaborés. La planification adaptative permet de répondre plus rapidement aux attentes et aux évolutions en faisant preuve de souplesse.
Afin de pouvoir recueillir des commentaires utiles auprès des futurs utilisateurs et de garantir la réussite de la mise en œuvre du système, les États membres seront invités à participer sur une base volontaire dès lors qu’une version d’essai sera disponible. Les objectifs de cette méthode participative sont détaillés ci-après.
Associer les parties prenantes tôt dans le processus de développement: recueillir une variété de points de vue et de connaissances utiles au perfectionnement du système. Parallèlement, une démonstration détaillée a été organisée pour le marché de l’art, auquel elle s’adressait spécifiquement. Les principaux flux de travail y ont été présentés et les commentaires pertinents des participants y ont été recueillis.
Encourager la collaboration: contribuer à la robustesse et à la convivialité du système.
Permettre aux utilisateurs de se familiariser rapidement avec le système: les États membres auront la possibilité de se familiariser avec le système tôt dans le processus de développement; ils pourront ainsi en comprendre les fonctionnalités et les avantages avant la date de déploiement complet.
Planification de haut niveau
Les caractéristiques du système ICG sont réparties dans différentes catégories, présentées ci-dessous:
a) «caractéristiques fondamentales du système ICG avec base existante dans TRACES»: caractéristiques essentielles pour lesquelles des fonctionnalités existantes seront réutilisées;
b) «caractéristiques fondamentales du système ICG sans caractéristiques essentielles à développer ex nihilo;
c) «caractéristiques auxiliaires du système ICG»: caractéristiques importantes, mais non essentielles;
d) «connexions externes»: caractéristiques qui dépendent de saisies externes;
e) «hors champ d’application»: caractéristiques qui ne relèvent pas de la première version du système ICG (par exemple l’intelligence artificielle).

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