COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 31.10.2024
COM(2024) 498 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
Rapport d’étape sur l’action climatique de l’UE (2024)
{SWD(2024) 249 final}
| CELEX | 52024DC0498 |
| Type | Acte préparatoire |
| Date | jeudi 31 octobre 2024 |
COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 31.10.2024
COM(2024) 498 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
Rapport d’étape sur l’action climatique de l’UE (2024)
{SWD(2024) 249 final}
Table des matières
1TENDANCES EN MATIÈRE D’ÉMISSIONS ET PROGRÈS DANS LE CADRE DE L’ACTION POUR LE CLIMAT
1.1 Changement climatique et émissions de gaz à effet de serre: évolution récente
1.2 Vers l’objectif de neutralité climatique
1.3 Progrès accomplis par l’Union dans le cadre de l’action pour le climat
1.4 Action climatique pour les citoyens
2LE SYSTÈME D’ÉCHANGE DE QUOTAS D’ÉMISSION DE L’UNION EUROPÉENNE
2.1 Tendances en matière d’émissions
2.2 Recettes générées par le SEQE de l’UE
2.3 Action dans l’aviation et le transport maritime
3ÉMISSIONS RELEVANT DE LA RÉPARTITION DE L’EFFORT
3.1 Progrès accomplis dans l’objectif global de réduction des émissions relevant de la répartition de l’effort à l’horizon 2030
3.2 Tendances en matière d’émissions par type de gaz au titre de la législation sur la répartition de l’effort
3.3 Transport routier
4UTILISATION DES TERRES, CHANGEMENT D’AFFECTATION DES TERRES ET FORESTERIE (UTCATF)
4.1 Évaluation des progrès dans le secteur UTCATF
4.2 Action pour renforcer la surveillance des terres
4.3 Initiatives correspondantes dans l’agriculture et la foresterie
4.4 incitations en faveur des absorptions et des pratiques durables
5PRÉPARATION ET RÉSILIENCE AUX EFFETS DU CHANGEMENT
CLIMATIQUE
5.1 Contexte: Action de l’Union en matière d’adaptation
5.2 Évolution de l’action de l’Union en matière d’adaptation
5.3 Adaptation dans les politiques sectorielles de l’Union
5.4 Mission de l’Union sur l’adaptation au changement climatique
6ALIGNER LES INVESTISSEMENTS SUR L’OBJECTIF DE NEUTRALITÉ CLIMATIQUE
6.1 Tendances de l’investissement dans l’UE
6.2 Financement du système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne
6.3 Intégration des politiques climatiques dans le budget de l’Union
6.3.1 Politique de cohésion
7ACTION INTERNATIONALE POUR LE CLIMAT
7.1 Vue d’ensemble et développements
7.2 Engagement bilatéral et multilatéral
7.3 Financement de l’action pour le climat et coopération internationale
1TENDANCES EN MATIÈRE D’ÉMISSIONS ET PROGRÈS DANS LE CADRE DE L’ACTION POUR LE CLIMAT
1.1Changement climatique et émissions de gaz à effet de serre: évolution récente
Le réchauffement anthropique de la planète se poursuit à un rythme accéléré et a une incidence sur toutes les régions du monde, l’Europe enregistrant un réchauffement deux fois plus rapide que la moyenne mondiale 1 . Pour limiter le réchauffement à l’objectif de température de 1,5 °C fixé par l’accord de Paris, assurer un avenir viable pour tous et échapper aux conséquences les plus graves du changement climatique, les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent diminuer de 43 % par rapport aux niveaux de 2019 d’ici à 2030 et de 84 % d’ici à 2050 2 . Le changement climatique accroît la fréquence et l’intensité des phénomènes extrêmes, notamment les vagues de chaleur meurtrières, les précipitations extrêmes, les ouragans, les incendies de forêt et les sécheresses 3 . Après les 60 000 à 70 000 décès liés à la chaleur en Europe en 2022 4 ,, 5 , les vagues de chaleur de 2023 ont tué près de 50 000 Européens 6 .
Un plus grand nombre d’événements catastrophiques ont eu lieu en 2024 et les projections montrent une forte augmentation nette des taux de mortalité liée à la température dès le milieu du siècle 7 . Les inondations meurtrières en Afghanistan, qui ont tué au moins 300 personnes en mai 2024, ont été suivies de vagues de chaleur estivales dangereuses, intenses et prolongées qui ont touché des centaines de millions de personnes dans le monde. Au moins dix pays ont enregistré des températures journalières supérieures à 50 °C 8 . Des températures supérieures à 40 °C ont été enregistrées dans de nombreux endroits d’Europe, la Grèce, l’Espagne, la France, l’Italie et le Portugal ayant connu une chaleur extrême ayant causé des décès, alimenté des incendies de forêt et nécessité des mesures d’urgence pour protéger la population contre le stress thermique 9 . En septembre, la tempête Boris a provoqué des inondations catastrophiques dans plusieurs pays européens, tandis que les incendies de forêt au Portugal ont entraîné la mort de plusieurs personnes. Une action urgente et décisive en faveur du climat est nécessaire pour sauver des vies et préserver les moyens de subsistance, éviter les pertes économiques et protéger les systèmes naturels.
Malgré des années de mises en garde de la communauté scientifique selon lesquelles les émissions de gaz à effet de serre doivent rapidement diminuer pour atteindre zéro émission nette et ainsi enrayer le réchauffement climatique, les données préliminaires du Centre commun de recherche (JRC) 10 montrent que les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) (à l’exclusion des absorptions nettes résultant de l’utilisation des terres, du changement d’affectation des terres et de la foresterie, UTCATF) ont atteint 53 milliards de tonnes équivalent CO2 (éq. CO2) en 2023, soit 1,9 % au-dessus du niveau de 2022 et 3,3 % au-dessus des émissions d’avant la pandémie (c’est-à-dire 2019) (graphique 1.1.a). En 2023, les transports ont été le principal facteur d’augmentation des émissions mondiales [+ 3,7 %, soit 301 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt éq. CO2)] et dépassent désormais le niveau d’avant la pandémie. Ils étaient suivis par l’industrie de la production d’énergie (+ 1,6 %, soit 234 Mt éq. CO2) et la combustion industrielle (+ 2,9 %, soit 184 Mt éq. CO2). Parmi les plus grands émetteurs (graphique 1.1.b), les augmentations les plus significatives ont été enregistrées en Chine (+ 5,2 %, soit 784 Mt éq. CO2) et en Inde (+ 6,1 %, soit 236 Mt éq. CO2). Par rapport aux niveaux de 1990, les émissions de GES de l’Union européenne ont diminué de manière plus significative que celles de toutes les autres économies les plus émettrices. Compte tenu de la tendance à la baisse des émissions de GES de l’Union depuis des décennies, celles-ci représentent désormais 6,1 % des émissions mondiales, ce qui constitue une forte baisse par rapport aux 14,9 % de 1990 11 .
Graphique 1.1: émissions mondiales de GES des principaux émetteurs (et du reste du monde, RDM, 1990-2023) et variations annuelles 12 (2019-2023)