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AccueilDroit européen52024DC0549
Acte préparatoire52024DC0549

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL ET AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN Évaluation ex post du programme de recherche et de formation Euratom 2014-2020

CELEX52024DC0549
TypeActe préparatoire
Datejeudi 28 novembre 2024

Résumé IA

Ce rapport de la Commission évalue la mise en œuvre et les résultats du programme de recherche et de formation Euratom pour la période 2014-2020. Il conclut que le programme a efficacement soutenu la recherche sur la sûreté nucléaire, la radioprotection et la fusion, tout en contribuant à la formation de chercheurs et à la coopération internationale. Ce document prépare le terrain pour les futures orientations du programme Euratom, notamment en lien avec les objectifs du Pacte vert pour l'Europe.

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 28.11.2024

COM(2024) 549 final

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL ET AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN

Évaluation ex post du programme de recherche et de formation Euratom 2014-2020

{SWD(2024) 271 final} - {SWD(2024) 272 final}


1Introduction

1.1Objectif de l’évaluation

Le présent rapport décrit les résultats de l’évaluation ex post du programme de recherche et de formation Euratom pour 2014-2018 1 et 2019-2020 2 (ci-après le «programme») 3 . L’objectif du rapport est d’analyser la justification du programme, sa mise en œuvre et les résultats obtenus, ainsi que les effets à long terme et la durabilité des mesures adoptées dans le cadre du programme, afin de contribuer à l’élaboration et à la conception des futurs programmes Euratom.

L’évaluation repose sur les exigences légales des règlements établissant les programmes 4 . Elle a été réalisée par la Commission avec l’aide d’experts indépendants sélectionnés sur la base d’un processus transparent. Le rapport est structuré selon les principales questions d’évaluation et se termine par des conclusions. Les annexes du présent rapport contiennent les conclusions et les recommandations des experts ainsi que les propres observations de la Commission. L’évaluation s’appuie sur un vaste ensemble de preuves, notamment: i) quatre études thématiques préparées par des experts sur les actions indirectes menées dans le cadre du programme (ces rapports thématiques sont basés sur des rapports de projet, des résultats et des entretiens avec des coordinateurs), ii) le rapport du groupe d’experts de la Commission sur les actions directes, et iii) une consultation des parties prenantes. Le rapport s’accompagne de deux documents de travail des services de la Commission, l’un concernant les actions directes et l’autre les actions indirectes. Ces deux documents de travail des services de la Commission fournissent une évaluation détaillée des activités du programme, de la méthode utilisée et des résultats de la consultation des parties prenantes. Cette évaluation est essentiellement limitée par le fait que toute vue d’ensemble des résultats et des incidences du programme n’est que partielle à l’heure actuelle. L’évaluation a lieu trois ans après la fin du programme, mais près d’un tiers des projets (29) prendront fin en 2024 ou 2025. Le long laps de temps nécessaire pour que les incidences des projets se manifestent constitue un défi majeur pour les évaluateurs, qui complique les processus de suivi et d’évaluation. Bien que le programme ait contribué à produire d’importants résultats de recherche, les effets significatifs de ces résultats (comme l’introduction de nouvelles solutions et techniques par les exploitants de centrales nucléaires et de nouvelles conceptions ou influences sur le cadre réglementaire) demanderont plus de temps pour être perceptibles. Ces effets à long terme sont également plus difficiles à appréhender au moyen des systèmes d’indicateurs habituels et nécessitent souvent des enquêtes complexes pour faire coïncider les résultats de projets antérieurs avec des effets éventuellement observés des années plus tard, parfois dans des domaines techniques différents. Les limitations ayant trait aux données concernent des problèmes liés à leur disponibilité et au caractère mesurable des résultats. Afin d’atténuer ces limitations, les documents de travail des services de la Commission indiquent en toute transparence leurs sources de données.

1.2Le programme de recherche et de formation Euratom (2014-2020)

Le programme constituait le principal programme de financement de l’UE dans le domaine de la recherche nucléaire pour cette période et était doté du budget indiqué dans le tableau ci-dessous.

Programme 2014-2018

(EUR)

Programme 2019-2020

(EUR)

Total

(EUR)

Actions directes (fission uniquement)

559 562 000

268 807 000

828 369 000

Actions indirectes (fission)

315 535 000

151 579 000

467 114 000

Actions indirectes (fusion)

728 232 000

349 834 000

1 078 066 000

Total

1 603 329 000

770 220 000

2 373 549 000

Le programme était axé sur le maintien des normes de sûreté nucléaire les plus élevées et le maintien de travailleurs qualifiés de l’UE dans le domaine nucléaire. À cette fin, il visait i) à soutenir la recherche et la formation, ii) à accroître la sûreté des centrales nucléaires existantes et futures, et iii) à améliorer la protection contre les rayonnements ionisants, notamment grâce à des activités de gestion sûre des déchets radioactifs et de déclassement. En outre, le programme a financé le développement de l’énergie de fusion, une option à long terme pour une production d’électricité à grande échelle et à faible intensité de carbone, qui pourrait contribuer à répondre à la demande d’énergie dans le futur. Les objectifs spécifiques du programme sont détaillés dans l’encadré nº 1.

Le programme a été exécuté au moyen i) d’actions directes dans le domaine de la fission sous la forme d’activités de recherche entreprises par le Centre commun de recherche (JRC) de la Commission, ii) d’actions indirectes dans les domaines de la fission et de la fusion par la recherche au moyen d’appels à propositions concurrentiels (dans les domaines de la sécurité de la fission, de la gestion des déchets et de la radioprotection), et iii) d’une action globale de cofinancement pour bénéficiaires désignés dans le domaine de l’énergie de fusion, gérée par la direction générale de la recherche et de l’innovation (RTD) de la Commission. Les activités de recherche menées au titre du programme Euratom dans le domaine de la fission s’inscrivent à la fois dans le cadre des actions directes et indirectes, tandis que celles dans le domaine de la fusion relèvent des actions indirectes gérées par la DG RTD.

La Commission met en œuvre des programmes de recherche et de formation Euratom depuis 1959. Les règlements du Conseil qui les établissent définissent les grandes lignes d’action et fixent le montant financier indicatif destiné à les financer. Les programmes de travail Euratom pour les actions directes et indirectes sont adoptés par la Commission, qui fixe les priorités détaillées, le budget et les instruments à utiliser, généralement sur une période de deux ans.

2Résumé des principales conclusions

2.1Pertinence du programme

Le programme pour la période 2014-2020 avait pour objectif général de mener des activités de recherche et de formation dans le domaine nucléaire en mettant l’accent sur l’amélioration continue de la sûreté et de la sécurité nucléaire ainsi que de la radioprotection. Le programme visait également à contribuer à la décarbonation à long terme du système énergétique en toute sécurité, de façon efficace et sans danger. Les objectifs et la portée du programme ont été définis dans le cadre du compromis dégagé par le Conseil à la suite de l’accident nucléaire de Fukushima en mars 2011. Conformément audit compromis, le programme visait à garantir une utilisation sûre des technologies nucléaires, en trouvant le juste équilibre entre la nécessité d’assurer la sûreté des technologies nucléaires existantes en Europe et celle de renforcer la sûreté à l’avenir.

Les résultats de l’évaluation montrent que le programme a permis de soutenir des actions de recherche et de formation très pertinentes dans les domaines de la sûreté et de la sécurité nucléaires ainsi que de la radioprotection, contribuant ainsi à garantir le respect des normes les plus élevées dans ces domaines en Europe. Dans le même temps, le programme a contribué à la décarbonation à long terme du système énergétique de l’UE en fournissant une base de connaissances et des solutions pour i) l’exploitation à long terme des centrales nucléaires existantes, ii) le développement de l’énergie de fusion, et iii) l’argumentaire de sûreté des systèmes nucléaires avancés. Il est ressorti de la consultation que le programme était également pertinent pour les acteurs de la recherche et les utilisateurs finaux de la recherche nucléaire, à savoir l’industrie nucléaire, les exploitants des centrales nucléaires et les autorités chargées de la sûreté nucléaire. La pertinence des actions proposées dans les programmes de travail a également été démontrée par l’intérêt soutenu pour les appels à propositions concurrentiels. Conformément aux programmes de travail, le programme a financé un portefeuille de 96 projets de recherche et de formation, trois programmes communs européens et des actions du JRC visant à soutenir la recherche pertinente pour des objectifs spécifiques (voir tableau ci-dessous).

Objectif spécifique

Actions indirectes d’Euratom lancées au cours de la période 2014-2020

Sûreté nucléaire

-Sûreté des centrales nucléaires existantes et d’autres installations nucléaires, y compris l’exploitation à long terme: 32 projets

-Sûreté des systèmes nucléaires avancés: 13 projets

-Déclassement et démantèlement: 7 projets

-Autres projets de sécurité: 6 projets

Gestion des déchets radioactifs

-Stockage géologique du combustible usé et des déchets radioactifs à vie longue, recherche en matière de gestion avant évacuation: programme commun EURAD et projet PREDIS

-Questions scientifiques et technologiques spécifiques en matière de caractérisation, de traitement, d’élimination et de surveillance des déchets: 13 projets

Expertise et excellence nucléaire

Soutien aux activités de formation et de mobilité en faveur du maintien des compétences nucléaires pluridisciplinaires: 4 projets [toutes les actions en matière de recherche et d’innovation financées par Euratom ont par ailleurs consacré environ 4 à 5 % de leur budget à la formation (au niveau doctoral et inférieur)]

Radioprotection et applications médicales des rayonnements

-Recherche sur les risques des faibles doses dues aux expositions en milieu industriel ou médical ou dans l’environnement: programme commun européen CONCERT, projet RadoNorm

-Optimisation de la radioprotection dans les applications médicales des rayonnements ionisants (imagerie, radiothérapie): 4 projets

-Recherche sur la sécurisation de la production européenne de radio-isotopes à usage médical dans les réacteurs de recherche: 1 projet

Énergie de fusion (faisabilité, préparation des futures centrales à fusion, innovation)

-Introduction d’une nouvelle organisation de recherche dans le domaine de la fusion (consortium EUROfusion)

-Élaboration et mise en œuvre de la feuille de route axée sur: 1) des expériences sur les dispositifs de fusion afin de fournir une base d’extrapolation à ITER et aux centrales à fusion; 2) le développement de la conception des centrales et des technologies pour les futures centrales à fusion (matériaux, couvertures tritigènes, etc.)

-Transfert de technologies de fusion vers l’industrie (action EUROfusion)

Infrastructures de recherche

Soutien en faveur de la qualification des combustibles innovants pour les réacteurs de recherche (2 projets), garantie des droits d’accès aux futurs réacteurs de recherche (1 projet), soutien à l’utilisation coordonnée des réacteurs de recherche en Europe (1 projet), préparatifs concernant le Centre international d'irradiation des matériaux de fusion - source neutronique pour DEMO (IFMIF-DONES) (1 projet)

Actions indirectes (subventions à la recherche et actions de formation)

a)Sûreté des systèmes nucléaires

Le programme a financé des projets de recherche sur la fission axés sur des questions essentielles liées à la sûreté (notamment des questions telles que la sûreté d’exploitation des centrales nucléaires et les dispositifs de sûreté pour les nouvelles conceptions), conformément aux programmes de travail et sur la base des retours d’information provenant des recherches en cours. L’augmentation de l’âge moyen du parc de centrales nucléaires en Europe exigeait — et exige encore — d’accorder une attention particulière à leur vieillissement et aux stratégies d’exploitation à long terme. Des recherches sont nécessaires pour comprendre les mécanismes de dégradation des éléments ayant trait à la sûreté et l’incidence de cette dégradation sur la sûreté globale. Les connaissances issues de ces activités de recherche peuvent étayer une évaluation scientifique des marges de sûreté et permettre la mise en œuvre en temps utile des améliorations en matière de sûreté. Les outils de prévision et les méthodes d’évaluation produits par les recherches de ce type serviront aux examens périodiques de la sûreté des installations nucléaires existantes. Ils aideront également les régulateurs à évaluer les nouvelles conceptions. Les activités de recherche financées au titre du programme, en particulier celles qui visent à permettre l’exploitation à long terme des centrales nucléaires, ont également démontré les avantages transversaux importants de la recherche nucléaire pour les politiques en matière d’énergie et de climat, ainsi que pour la sécurité de l’approvisionnement énergétique.

b)Développement de solutions sûres à long terme pour la gestion des déchets radioactifs

Les actions de recherche lancées dans le cadre des programmes de travail Euratom ultérieurs visaient à aider les États membres à aborder des enjeux essentiels en matière de gestion sûre et efficace des déchets radioactifs dans l’UE, ainsi que l’exige la directive 2011/70/Euratom établissant un cadre communautaire pour la gestion responsable et sûre du combustible usé et des déchets radioactifs. Plusieurs enjeux ont été abordés dans le cadre de ces actions de recherche, notamment les aspects suivants: i) la sûreté des futures installations de stockage géologique, ii) le conditionnement des déchets radioactifs, iii) le comportement à long terme du combustible usé dans un dépôt, et iv) le nettoyage des sites déclassés. Les actions du programme visaient également à déployer une programmation commune dans ce domaine afin d’aider les États membres à élaborer et à mettre en œuvre leurs programmes nationaux en matière de déchets.

c)Développement et maintien de l’expertise et de l’excellence nucléaires dans l’UE

Le programme a financé des actions spécifiques visant à maintenir des compétences et des capacités essentielles dans le secteur nucléaire. Conformément aux programmes de travail, le programme a consacré à cette fin une partie du budget lié à toutes les actions de recherche et d’innovation. L’utilisation des technologies nucléaires dans tous les domaines d’application ainsi que la sûreté et la sécurité nucléaires nécessitent une main-d’œuvre hautement spécialisée et la préservation de la base de connaissances. La situation générale de la main-d’œuvre dans l’UE était — et continue d’être — menacée à cause des départs à la retraite et de la diminution du nombre d’étudiants dans les matières concernées.

d)Radioprotection et développement d’applications médicales des rayonnements

Au moyen d’appels à propositions, le programme a financé des actions qui i) ont permis de mieux comprendre les effets nocifs des rayonnements provenant de sources naturelles et artificielles et ii) ont contribué à élargir les applications utiles des technologies des rayonnements, en particulier dans le domaine médical (imagerie et radiothérapie). Les actions sélectionnées pour bénéficier d’un financement en 2014-2020, notamment le programme commun européen CONCERT 5 . Ce programme commun européen a suivi une nouvelle approche préconisée par les plateformes européennes de recherche en matière de radioprotection dans les cinq domaines fondamentaux suivants: les risques à faibles doses; la dosimétrie; les situations d’urgence et la préparation; la radioécologie; et les applications médicales. D’autres recherches pluridisciplinaires intégrant différentes communautés scientifiques sont nécessaires pour déterminer les mécanismes associés à ces risques et quantifier les risques de cancers latents et de maladies vasculaires à ces faibles doses.

e)Recherche sur l’énergie de fusion (démonstration de faisabilité, préparation de centrales de production d'électricité)

L’évaluation met en évidence la pertinence des actions financées par Euratom pour progresser sur la voie de la réalisation de deux des objectifs spécifiques du programme: démontrer la faisabilité de la fusion en tant que source d’énergie et préparer les futures centrales à fusion. Afin de réaliser des progrès dans ce domaine (97 % des jalons atteints en 2020), l’organisation des activités de recherche sur la fusion financées par Euratom a nécessité une nouvelle approche, conformément au règlement du Conseil. En 2014, les laboratoires européens travaillant sur la fusion ont créé un nouvel organisme de recherche, le consortium EUROfusion, qui a mis en œuvre un programme commun européen centré sur la feuille de route pour la fusion et basé sur huit «missions» thématiques. La feuille de route pour la fusion constituait une approche globale et détaillée axée sur des objectifs visant à développer la fusion par confinement magnétique en tant que source d’énergie. Sa mise en œuvre a permis de réaliser des progrès considérables dans la mise en place de la base scientifique pour la construction et l’exploitation d’ITER 6 , le projet international de recherche sur la fusion nucléaire, et d’améliorer la base technique d’une future centrale à fusion. Grâce à la nouvelle organisation, les laboratoires nationaux bénéficiant d’un cofinancement national important (45 % du budget du consortium) ont pu unir leurs forces et permettre à 5 815 chercheurs, ingénieurs et personnels d’appui (734 doctorants actifs en 2020) d’exploiter des installations de recherche communes, conduisant ainsi à toute une série de découvertes et à la création de connaissances (au moyen de 5 350 publications évaluées par des pairs). La pertinence des actions EUROfusion a été confirmée par ITER et le comité scientifique et technique d’Euratom.

Actions directes du JRC

L’évaluation ex post a démontré la pertinence des actions directes au regard des objectifs spécifiques du programme, à savoir: i) améliorer la sûreté et la sécurité nucléaires, ii) accroître l’excellence de la base scientifique pour la normalisation, iii) promouvoir la gestion des connaissances ainsi que l’éducation et la formation, et iv) soutenir les politiques liées au nucléaire. En atteignant ces objectifs, les activités de recherche nucléaire du JRC ont contribué à répondre aux besoins et aux défis existants dans le domaine nucléaire et demeurent donc pertinentes. La pertinence a été continuellement: i) assurée par les modifications nécessaires du programme de travail biennal du JRC, ii) examinée au regard des objectifs spécifiques du programme et iii) adaptée à l’évolution du paysage nucléaire.

Au cours de la période concernée, la pertinence des activités du JRC a également fait l’objet d’une vérification dans le cadre de ses recherches sur les matières nucléaires. Ces recherches: i) ont renforcé l’analyse de sûreté en vue d’une éventuelle exploitation à long terme du parc nucléaire actuel de l’UE et ii) ont jeté les bases de l’évaluation de la sûreté de nouveaux projets nucléaires tels que les petits réacteurs modulaires (PRM). Les activités de recherche directes sur les matériaux de référence ont contribué à harmoniser la mesure de la radioactivité dans l’environnement tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’UE, ce qui a permis d’atteindre l’objectif général d’une normalisation accrue. L’expertise du JRC a par ailleurs aidé à la mise en œuvre du système Euratom de garanties nucléaires en Europe. Au cours de la période 2014-2020, la mise en place par le JRC du centre de formation EUSECTRA a contribué à réaliser l’objectif consistant à augmenter les capacités de la sécurité nucléaire dans les États membres de l’UE grâce à la formation de plus de 1 600 agents de première ligne et des services répressifs à la détection nucléaire et à la criminalistique nucléaire. La longue expérience du JRC et ses recherches de pointe, rendues possibles par les actions directes menées dans le domaine des applications médicales de la science nucléaire, ont également eu une incidence significative sur le traitement du cancer.

Dans le cadre de ses activités, le JRC a soutenu les objectifs suivants: i) développer et maintenir des compétences essentielles, et ii) soutenir la gestion des connaissances dans les domaines de la sûreté, de la sécurité et des garanties nucléaires dans l’UE. Cette démarche a pu se concrétiser, en grande partie, grâce au programme de libre accès à ses installations de recherche, dont 84 institutions de 23 États membres et pays associés ont bénéficié au cours de la période évaluée, en produisant 140 documents scientifiques et en permettant la réalisation de 64 thèses de doctorat en tant que résultats directs.

Grâce à son expertise technique et scientifique indépendante acquise dans le cadre du programme, le JRC a soutenu d’autres DG de la Commission européenne dans trois domaines de mise en œuvre. Il a ainsi soutenu la mise en œuvre des directives du Conseil sur la sûreté nucléaire6, la gestion du combustible usé et des déchets radioactifs7, les transferts de déchets radioactifs et de combustible irradié 7 et les normes de base relatives à la protection sanitaire. L’expertise technique et scientifique du JRC a également contribué à la mise en œuvre de l’instrument relatif à la coopération en matière de sûreté nucléaire 8 et a permis d’aborder les aspects nucléaires et radiologiques de l’instrument contribuant à la stabilité et à la paix 9 .

Afin d’atteindre les objectifs fixés dans le programme, le JRC participe aux forums, réseaux et plateformes technologiques appropriés, tels que i) la plateforme technologique pour une énergie nucléaire durable (SNE-TP), ii) la plateforme technologique sur le stockage géologique des déchets radioactifs (IGD-TP), iii) le programme commun de l’alliance européenne de la recherche dans le domaine de l’énergie sur les matières nucléaires, et iv) l’association du réseau européen de formation nucléaire. Le JRC a également conclu des accords de collaboration avec divers partenaires, notamment i) les principales parties prenantes des instituts de recherche de l’UE, ii) des partenaires internationaux (tels que l’Agence internationale de l’énergie atomique et l’Agence de l’OCDE pour l’énergie nucléaire), et iii) des institutions de pays tiers comme le ministère américain de l’énergie ou l’Agence japonaise de l’énergie atomique. L’objectif des accords de collaboration avec ces partenaires est de recenser les domaines critiques de la recherche nucléaire dans lesquels les activités nucléaires du JRC sont les plus pertinentes et présentent un intérêt essentiel pour la Communauté Euratom.

2.2Efficacité du programme

Il ressort des actions achevées et en cours que les actions directes et indirectes ont contribué de manière tangible à la réalisation de l’ensemble des objectifs du programme dans tous les domaines 10 .

Actions indirectes — Fission

Fin 2020, la Commission avait publié cinq appels à propositions dans le domaine de la recherche sur la fission. Au total, 98 projets ont été sélectionnés, mobilisant une main-d’œuvre estimée à environ 8 000 personnes, dont 200 responsables scientifiques (2,5 % des 8 000 personnes engagées), 5 000 chercheurs expérimentés (62,5 %), 500 chercheurs (6,25 %), 800 doctorants travaillant partiellement ou à temps plein pour un projet (10 %) et 1 500 personnes issues d’autres secteurs (ingénieurs, techniciens, soutien administratif) (18,75 %).

Les projets dans le domaine de la sûreté nucléaire ont produit de nombreux résultats pertinents. Dans certains cas, ces résultats ont permis de réaliser des progrès importants par rapport à l’état des connaissances initial dans les principaux domaines de la sûreté et de l’exploitation à long terme des centrales nucléaires existantes, des concepts futurs et du déclassement. Les principales réalisations suivantes ont été accomplies:

·la mise en place de modèles informatiques et simulations avancés pour l’analyse de sûreté — y compris en cas d’accidents graves — de différentes filières de réacteurs (générations II et III des centrales nucléaires);

·l’élaboration de stratégies de gestion des accidents graves afin de garantir la rétention du cœur du réacteur fondu à l’intérieur de la cuve;

·la contribution à la démonstration et à l’évaluation de la sûreté des réacteurs de conception générique de génération IV ainsi qu’à l’essai et à la qualification des éléments ayant trait à la sûreté;

·la production de bases de données sur les scénarios en cas d’accident pour tous les types de centrales nucléaires existants et nouveaux en Europe;

·la production de bases de données sur les matériaux et modèles irradiés afin d’évaluer l’intégrité à long terme des systèmes et composants primaires;

·la préparation de protocoles pour les essais de résistance à la fatigue des composants de centrales nucléaires;

·la conception et les essais de systèmes de refroidissement de secours innovants pouvant être installés dans des centrales nucléaires existantes et intégrés dans les futures centrales nucléaires;

·l’élaboration de matériaux avancés pour les systèmes nucléaires, y compris des modèles informatiques permettant d’évaluer les effets des rayonnements, et l’élaboration de nouveaux matériaux structurels et des essais visant à tester leur résistance;

·l’élaboration d’outils et de méthodes de déclassement et de démantèlement en toute sécurité, afin de réduire les risques.

Dans certains cas, les résultats et éléments livrables sont déjà utilisés par les parties prenantes du projet (industries, services d’utilité publique, gestionnaires de réseau de transport, autorités de sécurité, etc.) et les utilisateurs finaux.

Le programme a porté ses fruits dans le domaine de la radioprotection i) en réunissant pour la toute première fois plusieurs plateformes, organisations et institutions de recherche dans l’UE et ii) en élaborant la toute première feuille de route commune pour la radioprotection. Les enseignements tirés de l’élaboration de cette première feuille de route se reflètent déjà dans l’élaboration d’un agenda stratégique de recherche (ASR) plus spécifique dans le domaine médical dans le cadre du projet EURAMED Rocc-n-Roll. La plateforme CONCERT a par ailleurs lancé les tout premiers appels à propositions en s’appuyant sur les enseignements tirés d’autres appels lancés dans le cadre des programmes communs européens. Parallèlement à la préparation de l’ASR, 13 projets de recherche fondamentale ont été menés à bien et ont donné des résultats prometteurs. Le programme a clairement contribué à l’évaluation des risques, à l’optimisation de la radioprotection et à la gestion du radon et des matières radioactives naturelles.

D’importants progrès ont été accomplis au cours de la période 2014-2020 en ce qui concerne le stockage géologique des déchets radioactifs et du combustible usé, notamment: i) l’octroi de licences pour des dépôts en roche cristalline en Finlande et en Suède, ii) la demande de construction et d’autorisation d’exploitation d’un dépôt en couche d'argile en France, et iii) les progrès concernant le choix des sites d’implantation (par exemple en Suisse). Ces progrès indiquent que divers concepts de dépôt géologique dans différentes roches réceptrices ont atteint la maturité scientifique et technologique nécessaire pour soutenir l’évaluation de la sûreté et le déploiement industriel. Dans ces États membres avancés, les solides programmes nationaux de recherche et développement et les projets Euratom cofinancés au cours des décennies, y compris les projets examinés, ont contribué de manière essentielle à atteindre l’état d’avancement actuel de la mise en œuvre des dépôts de combustible usé et de déchets de haute activité. Au fil des différents programmes qui se sont succédé, les incertitudes (par exemple en ce qui concerne les performances en matière de stockage et les marges de sûreté) ont été progressivement recensées et abordées au niveau approprié. La base de connaissances a ainsi permis de réunir de solides éléments en matière de sûreté. Une première série de mesures a désormais été prise pour recenser les domaines d’optimisation et les innovations technologiques potentielles.

Actions indirectes — Fusion

Bien que l’énergie de fusion demeure une entreprise de longue haleine, l’évaluation montre qu’au cours de la période 2014-2020, le consortium EUROfusion a accompli des avancées progressives faisant suite à la feuille de route, atteignant 97 % des jalons fixés pour 2014-2020.

Le consortium EUROfusion a également considérablement réduit les risques et amélioré les performances prévues du projet ITER, renforçant ainsi la confiance dans le fait qu’une fois terminé, ITER atteindra ses objectifs de base. Le record de 59 MJ d’énergie de fusion obtenu au Joint European Torus (JET) le 21 décembre 2021 est un succès manifeste et la plus belle réussite du programme. S’il répond aux grands objectifs et aux scénarios intégrés du projet ITER, le résultat obtenu au JET est renforcé par des progrès substantiels au niveau de la compréhension de la physique de confinement des plasmas. Les outils de simulation prédictive ont été validés par rapport aux résultats expérimentaux de différents laboratoires en Europe.

Des progrès ont également été accomplis en ce qui concerne des technologies spécifiques pour les futures centrales à fusion (matériaux, couvertures tritigènes, etc.) et l’effort de conception de DEMO 11 . Des matériaux candidats ont été sélectionnés pour tous les composants des futurs réacteurs de fusion, ce qui a nécessité des installations d’essai pour les matériaux de fusion. Les travaux d’ingénierie qui ont permis l’élaboration préconceptuelle de DEMO ont apporté beaucoup plus de clarté à un certain nombre de questions de conception essentielles et au défi d’intégration globale.

Les recherches effectuées dans le cadre du projet DEMO n’ont toutefois pas encore permis d’aboutir à un plan de conception présentant un risque suffisamment faible pour passer à l’avant-projet, en particulier eu égard aux scénarios concernant le plasma et la gestion de la puissance.

Dans le domaine de l’éducation et de la formation, les données d’EUROfusion montrent une tendance positive en ce qui concerne le nombre de doctorants travaillant sur des sujets pertinents (augmentation de 9 % en glissement annuel pour atteindre 734 doctorants en 2020) et de boursiers post-doctorants (augmentation de 100 % pour atteindre 34 doctorants par an en 2020). Cela devrait maintenir le nombre de chercheurs dans le domaine de la fusion au niveau requis pour la mise en œuvre de la feuille de route.

Dans l’ensemble, la recherche sur la fusion qui bénéficie du soutien du programme constitue un pas de plus pour garantir à l’UE le savoir-faire et les compétences nécessaires pour exploiter le projet ITER une fois terminé, tout en progressant parallèlement sur la base scientifique et technique d’une future centrale à fusion. Ces deux objectifs étaient — et restent — fondamentaux pour le développement de la fusion en tant que source d’énergie. La pertinence de ces actions est encore plus évidente dans un contexte plus récent, caractérisé par i) une concurrence internationale accrue dans le domaine de la recherche sur la fusion, y compris en ce qui concerne les talents, ii) l’émergence d’un secteur privé actif dans ce domaine, y compris de jeunes pousses, et iii) un vif intérêt des investisseurs.

Actions directes — Fission

L’évaluation de l’efficacité des activités du JRC a confirmé l’incidence de ce dernier sur la science et l’élaboration des politiques dans les domaines définis par les objectifs spécifiques du programme. Dans les faits, le JRC a contribué de manière déterminante à l’élaboration et au soutien de la mise en œuvre des politiques de l’UE dans ces domaines, comme en témoignent les études de cas spécifiques suivantes, sélectionnées et évaluées par des experts indépendants. Ces activités concourent à la réalisation effective de chacun des objectifs spécifiques fixés pour les actions directes, comme le démontrent les études de cas suivantes:

·la Chambre européenne pour le retour d’expérience opérationnelle (Clearinghouse on Operational Experience Feedback) sur les centrales nucléaires;

·la participation du JRC à l’association européenne pour la recherche et le développement dans le domaine des garanties (ESARDA);

·le libre accès aux installations de recherche nucléaire du JRC;

·la recherche sur la thérapie alpha ciblée;

·les centres d’excellence CBRN (dans les domaines chimique, biologique, radiologique et nucléaire);

·la recherche sur la caractérisation du combustible usé afin de contribuer à l’amélioration de l’évaluation de la sûreté de l’entreposage provisoire prolongé;

·le soutien à la mise en œuvre de l’instrument relatif à la coopération en matière de sûreté nucléaire (ICSN);

·la mise en œuvre de l’instrument contribuant à la stabilité et à la paix.

Les activités évaluées ont été considérées comme ayant des incidences à long terme sur la société dans plus de 90 % des cas, portant sur des questions environnementales, sociales ou sanitaires. Concernant le JRC, l’évaluation a également indiqué une amélioration de ses interactions avec les parties prenantes et sa pertinence stratégique. Le JRC a apporté une contribution notable aux connaissances scientifiques grâce à la production de travaux bien cités et évalués par des pairs, publiés dans des revues scientifiques de haut niveau. Dans l’ensemble, sur la base de l’évaluation de ses activités de recherche, le JRC est un service compétent et efficace dans le domaine de la science et de la connaissance.

Objectif nº 1: améliorer la sûreté nucléaire (notamment la sûreté des réacteurs et du combustible nucléaires, la gestion des déchets et la préparation aux situations d’urgence):

Les activités de recherche du JRC ont contribué à améliorer la sûreté des réacteurs et du combustible nucléaires et ont soutenu l’évaluation de la sûreté des centrales nucléaires vieillissantes aux fins de leur exploitation à long terme grâce à la mise au point de logiciels de modélisation des accidents, d’outils et de données de référence, et de codes. Les activités de recherche du JRC ont également permis de soutenir l’analyse de la sûreté et des performances des combustibles nucléaires conventionnels. Par l’intermédiaire de la Chambre européenne pour le retour d’expérience opérationnelle, qui est gérée par le JRC, la sûreté nucléaire a été améliorée grâce i) à l’échange de bonnes pratiques, ii) à la réalisation d’études thématiques, et iii) à la conservation des données et des analyses sur les incidents survenus dans les installations nucléaires. Le JRC a également apporté une expertise technique en ce qui concerne la maintenance et l’exploitation du système EURDEP pour échanger des données radiologiques et du système ECURIE pour procéder à la notification rapide d’un accident ou d’une urgence radiologique, contribuant ainsi à la mise en œuvre de la décision 87/600 du Conseil (système ECURIE) et de la recommandation 2000/473/Euratom.

En ce qui concerne les technologies innovantes et les systèmes de génération IV, le JRC a mené des activités de recherche sous-jacente et appliquée, en mettant l’accent sur la gestion des déchets radioactifs, la sûreté nucléaire et la résistance à la prolifération des systèmes nucléaires avancés. Ces activités de recherche contribuent à l’évaluation de la sûreté des technologies nucléaires innovantes. La mise au point de ces technologies et leur contribution future potentielle à un système énergétique durable (dans les États membres qui décident de les utiliser) ont une incidence sur les politiques de l’UE. Dans ce contexte, le JRC est également l’agent d’exécution d’Euratom pour le forum international Génération IV.

Les actions directes dans le domaine de la gestion des déchets radioactifs ont recouvert des aspects scientifiques et techniques pertinents pour une stratégie saine en matière de gestion des déchets radioactifs. Les actions directes ont également contribué à l’élaboration de procédures réglementaires et en matière d’octroi des autorisations en ce qui concerne le stockage géologique du combustible usé et des déchets radioactifs de haute activité. Les résultats de recherche proviennent de l’analyse des caractéristiques du combustible usé, ainsi que des propriétés et du comportement des barres de combustible irradié pendant l'entreposage.

Objectif nº 2: améliorer la sécurité nucléaire (notamment les garanties, la non-prolifération, la criminalistique et la lutte contre le trafic)

En ce qui concerne les garanties nucléaires et la non-prolifération, le JRC a contribué à l’élaboration et au soutien des techniques de contrôle grâce à la recherche et au développement, à l’élaboration d’équipements et à la formation des inspecteurs d’Euratom afin de garantir la mise en œuvre effective du contrôle de sécurité d’Euratom. Ce soutien technique a également été fourni à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) par l’intermédiaire du programme de soutien de la Commission européenne ainsi qu’à d’autres parties prenantes afin de renforcer le système international de garanties. D’autres activités de recherche (comme la collecte d’informations, l’analyse et les études sur les biens à double usage) visaient à renforcer le régime de non-prolifération nucléaire de l’UE. La sécurité nucléaire est un domaine très recherché parmi les États membres de l’UE, et le JRC a concentré son expertise sur i) la détection du trafic des matières nucléaires et des autres matières radioactives et la lutte contre ce phénomène, et ii) les activités de renforcement des capacités.

Objectif nº 3: accroître l’excellence de la base scientifique pour la normalisation

Dans le domaine de la surveillance environnementale et de la radioprotection, la recherche vise à harmoniser les mesures de radioactivité effectuées par les laboratoires nationaux au moyen de diverses activités, notamment des exercices de comparaison entre laboratoires afin de former le personnel dans tous les États membres de l’UE. À la pointe de la technique, les installations nucléaires expérimentales du JRC ont permis de produire i) des données nucléaires, ii) des mesures des matériaux de référence, et iii) des outils de conformité. Ces différents éléments ont permis de garder à jour et à disposition les données nucléaires, apportant ainsi une contribution directe aux bibliothèques internationales de données de référence.

Objectif nº 4: promouvoir la gestion des connaissances ainsi que l’éducation et la formation

Les infrastructures de recherche ont été rendues accessibles aux utilisateurs externes des États membres de l’UE dans le cadre du programme de libre accès, de manière à compléter les recherches nationales et à optimiser l’utilisation d’infrastructures hautement spécialisées au sein d’Euratom. Le JRC a ainsi pu continuer à jouer un rôle déterminant dans la gestion des connaissances, l’éducation et la formation. Le JRC a également fait la promotion des connaissances et de la formation au moyen de différents cours et formations.

Objectif nº 5: soutenir la politique de l’UE en matière de sûreté et de sécurité nucléaires

Grâce à son expertise technique, le JRC a contribué à soutenir diverses activités dans le domaine de la sûreté et de la sécurité nucléaires. Il a, par exemple, apporté son soutien à la mise en œuvre de la directive relative à la gestion sûre des déchets radioactifs et du combustible usé, en examinant les programmes nationaux et les rapports nationaux périodiques. Le JRC a également soutenu la mise en œuvre de garanties dans l’UE dans le cadre de l’obligation juridique inscrite au chapitre 7 du traité Euratom. Le JRC a mené des activités spécifiques afin d’élaborer des concepts, des outils et des méthodes qui soutiennent directement la politique de l’UE dans ce domaine. L’instrument relatif à la coopération en matière de sûreté nucléaire, dont la mise en œuvre effective bénéficie du soutien du JRC, a également permis d’améliorer la sûreté nucléaire en dehors de l’UE.

Dans le domaine de la sécurité nucléaire et des risques chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN), le JRC a apporté son soutien aux programmes de la Commission dans les pays tiers par l’intermédiaire de l’instrument contribuant à la stabilité et à la paix.

2.3Efficacité du programme

Actions indirectes

Dans l’ensemble, l’évaluation ex post montre un niveau d’efficacité élevé tant au niveau de la gestion assurée par la Commission elle-même (par exemple, la gestion des subventions et l’évaluation des propositions concernant les actions indirectes) que dans la mise en œuvre par des consortiums de recherche. La Commission a maintenu ses propres dépenses administratives relatives aux actions indirectes bien en dessous de la moyenne de 6,5 % du budget opérationnel pour la période 2014-2020. Les mesures de simplification introduites dès le lancement de l’initiative «Horizon 2020» et le programme ont considérablement amélioré l’efficacité, en particulier en ce qui concerne le délai d’octroi des subventions.

En 2020, cinq appels avaient été publiés au titre du programme et, au moment de la clôture de ces appels, 254 propositions éligibles avaient été présentées, demandant une contribution financière totale de 726 millions d’EUR. Parmi ces propositions éligibles, 98 ont été sélectionnées en vue d’un financement, avec une contribution d’Euratom d’une valeur de 415 millions d’EUR.

Le délai moyen d’octroi des subventions pour le programme était de 238 jours (contre 313 jours pour le programme Euratom 2007-2013).

L’analyse de l’efficacité des programmes communs européens dans la recherche sur la fusion, la radioprotection et les déchets radioactifs, en particulier dans les domaines de la gestion et de la gouvernance, est d’autant plus importante que ces instruments représentent 75 % du budget alloué aux actions indirectes.

L’architecture organisationnelle de la recherche sur la fusion a subi une restructuration majeure avec le lancement du programme. La recherche sur la fusion a longtemps été un domaine à part en raison i) de la nature et de la taille de l’entreprise, ii) de la combinaison unique d’instruments utilisés, et iii) du rôle unique de coordination de la Commission, qui, malgré une diminution progressive depuis les années 1990, se démarquait encore de la pratique dans d’autres domaines. Afin de mettre en œuvre efficacement la feuille de route pour la fusion à l’horizon 2012, l’organisation de la recherche sur la fusion soutenue par l’intermédiaire du programme avait besoin d’une nouvelle approche 12 .

À la suite d’une évaluation indépendante, en 2014, la Commission a accordé une subvention sur cinq ans au consortium EUROfusion formé par des laboratoires et des instituts nationaux de recherche sur la fusion pour mettre en œuvre un programme commun européen sur la base de la feuille de route pour la fusion. En 2019, après l’adoption du règlement établissant le programme Euratom 2019-2020 13 , la subvention EUROfusion a été prolongée jusque fin 2022. La contribution budgétaire totale d’Euratom au programme commun européen s’élevait à 679 millions d’EUR, soit 51 % du budget total du consortium. La prolongation de la subvention après 2020 a permis d’assurer une transition harmonieuse vers un partenariat européen cofinancé dans le domaine de la recherche sur la fusion — EUROfusion — toujours actif aujourd’hui.

L’intégration effective de l’ensemble des efforts nationaux déployés dans toute l’Europe constitue une première pour la recherche soutenue par l’UE et comprend des activités de recherche complètes dans quelque 33 modules de travail distincts (projets et groupes de travail). Ces modules de travail distincts portent sur les actions d’éducation et de formation, les aspects liés à la coopération internationale, la participation de l’industrie, la gestion centralisée des programmes et l’utilisation efficace des ressources essentielles grâce à une approche véritablement transnationale de l’accès aux installations essentielles. La gestion des programmes et des projets — ainsi que leurs structures de gouvernance connexes — est aujourd’hui plus transparente, les informations étant désormais facilement accessibles à la Commission, qui demeure globalement responsable du suivi et de l’évaluation. Il ressort également de l’évaluation que la structure organisationnelle d’EUROfusion pour la période 2014-2020 était adaptée à la poursuite de la mise en œuvre de la feuille de route pour la fusion au cours de la période de programmation 2021-2025, à supposer que sa portée et son ampleur restent semblables à celles de la feuille de route pour la période 2014-2020.

Actions directes du JRC

Les experts chargés de l’évaluation ont reconnu i) les efforts déployés pour mettre en place une méthode commune de gestion de projet au sein du JRC et ii) l’efficacité accrue engendrée par le regroupement de toutes les activités nucléaires sous une même direction. Le budget total alloué aux actions directes au cours de la période évaluée (2014-2020) s’élevait à 828 369 000 EUR.

Au cours de la même période, le JRC a reçu 30 millions d’EUR supplémentaires par an à titre de crédit spécifique pour financer le programme de déclassement de certaines installations de recherche nucléaire obsolètes. Cette contribution financière était distincte du budget prévu pour les actions directes, mais les dépenses du personnel du JRC participant aux activités de déclassement ont été supportées par le budget consacré à la recherche.

En ce qui concerne l’exécution du budget pour les actions directes du JRC, les coûts de personnel globaux représentaient 55 % du budget, soit 710 personnes au début de la période de référence en 2014, progressivement ramenées à 660 personnes en 2020. Il s’agissait notamment du personnel exerçant des activités dans le cadre des actions directes (environ 47 %), du personnel affecté aux infrastructures, à la maintenance et à la radioprotection (environ 12 %), du personnel chargé des activités de déclassement (11 %) et du personnel travaillant à d’autres fonctions de soutien (29 %).

Afin d’assurer un suivi efficace des performances du JRC dans le cadre des programmes de recherche, un examen à l’échelle de l’organisation est effectué tous les ans. Cet exercice vise à évaluer à la fois la productivité et l’impact, en analysant, d’une part, les résultats produits en ce qui concerne le soutien aux politiques et la publication scientifique dans des revues avec comité de lecture par des pairs et, d’autre part, l’impact du soutien aux politiques, généré par les résultats produits.

Au cours de la période 2014-2020, divers résultats produits en matière de soutien aux politiques (1 114 rapports scientifiques et techniques, 147 systèmes techniques, 154 formations) ont été fournis à des utilisateurs spécifiques et à l’appui des politiques de l’UE. Dans le cadre des actions directes du JRC, un grand nombre de productions scientifiques ont également été produites, avec 1 076 articles et contributions aux actes de conférence publiés dans des périodiques évalués par des pairs; 444 articles ayant contribué à la réalisation de monographies ou ayant été publiés dans d’autres périodiques; et 51 livres ou chapitres de livres. Au total, 28 thèses de doctorat ont également été menées à bien par des étudiants qui ont pu bénéficier de l’accès aux installations du JRC. Sur la base d’indicateurs bibliométriques et d’impact, les résultats du JRC pour ce qui concerne les publications de recherche se situent largement au-dessus de la moyenne, avec une productivité respectable et des publications figurant parmi les plus citées ou dans les revues les plus citées.

Tous ces résultats ont permis d’apporter un soutien scientifique aux politiques de l’UE, 373 incidences tangibles ayant été recensées au cours de la période d’évaluation. La pandémie de COVID‑19 a eu des répercussions négatives importantes sur les activités de recherche en 2020 et a entraîné des retards dans l’obtention de résultats. Un certain nombre de mesures d’atténuation ont toutefois été mises en place, garantissant la continuité des travaux absolument prioritaires dans des domaines tels que les laboratoires de contrôle de sécurité nucléaire. La question du libre accès aux installations nucléaires du JRC (compliquée par les restrictions de confinement) a également été partiellement contournée grâce au télécontrôle d’expériences, et plusieurs formations ont été mises à disposition virtuellement.

Dans le rapport d’évaluation intermédiaire du programme Euratom pour la période 2014-2018, il avait été recommandé au JRC de prouver son efficacité par rapport au coût. Afin de répondre à cette recommandation, une étude comparative a été réalisée sur trois projets dans le cadre d’actions indirectes où le JRC a joué un rôle particulièrement pertinent. Il en est ressorti que le rapport coût-efficacité de la participation du JRC était comparable à celui des autres partenaires. Bien que les experts aient également recommandé, dans leur évaluation, que le JRC mette au point des indicateurs de performance clés afin d’évaluer l’efficacité de sa science en ce qui concerne le soutien aux politiques, il convient de mentionner qu’une série complète d’indicateurs a été proposée pour le programme Euratom 2021-2025. Cette série d’indicateurs contribuera à évaluer les logiques d’impact à court, moyen et long terme.

2.4Cohérence et valeur ajoutée européenne du programme

Le programme a témoigné d’une cohérence interne, mais aussi externe avec les autres programmes et politiques de l’UE. En ce qui concerne la cohérence interne, la Commission a assuré un lien entre la recherche sur la fission et la fusion en soutenant les projets qui portent sur des thèmes liés à ces deux domaines, comme la recherche sur les matériaux et la gestion du tritium. Les synergies et complémentarités entre actions directes et indirectes ont également été assurées par la participation du JRC à 38 des 86 projets subventionnés au titre des actions indirectes (en tant que membre de consortiums de recherche) et par l’accès à ses infrastructures de recherche accordé à divers chercheurs.

Cette démarche a permis de garantir un partage global de l’expertise et du savoir-faire. Le JRC a veillé à la cohérence au niveau des cinq objectifs spécifiques des actions directes décrits dans le programme et entre les différents domaines de recherche (sûreté et gestion des déchets radioactifs; sécurité et garanties; éducation et formation; et gestion des connaissances). En outre, afin de promouvoir une bonne coopération entre les différents domaines d’activité, une nouvelle structure a été adoptée en 2016 au sein du JRC dans le but de regrouper toutes les responsabilités liées à la mise en œuvre des actions directes Euratom sous une seule direction, ce qui a permis d’améliorer la communication et la transparence et d’avoir une incidence positive sur l’efficacité, l’efficience et la cohérence des activités menées.

La cohérence du programme Euratom avec les autres programmes et politiques de l’UE a été assurée par l’intermédiaire des services du JRC et grâce aux exigences en matière de subventions des actions indirectes afin de soutenir la mise en œuvre des directives et instruments Euratom 14 . Parmi les points qui peuvent être améliorés figure la nécessité d’exploiter les synergies avec les autres domaines thématiques d’Horizon Europe afin de traiter certaines questions transversales comme la santé, les systèmes énergétiques spatiaux et la recherche en matière de sécurité civile.

La cohérence externe du programme avec les programmes de recherche menés à la fois par les États membres de l’UE et les organisations internationales a été assurée grâce à un alignement minutieux du champ d’activité du JRC. Elle a également été assurée par la participation et les échanges du JRC avec i) des plateformes ou réseaux technologiques [notamment SNE-TP (plateforme technologique pour une énergie nucléaire durable), IGD-TP (plateforme technologique sur le stockage géologique des déchets radioactifs) ou le programme commun de l’EERA sur les matières nucléaires] et ii) des associations telles que le réseau européen de formation nucléaire. Des accords de coopération bilatéraux avec des parties prenantes externes ont par ailleurs contribué à renforcer la cohérence des travaux du JRC dans le cadre du programme au niveau de l’UE et au niveau mondial. Parmi ces parties prenantes externes figuraient également l’AIEA, l’Agence pour l’énergie nucléaire de l’Organisation de coopération et de développement économiques (AEN-OCDE) et des pays tiers.

La valeur ajoutée européenne du programme résultait de la capacité à mobiliser un réservoir d’excellence, d’expertise et de pluridisciplinarité dans le domaine de la recherche en matière de fission et de fusion plus large qu’il n’aurait été possible si les différents États membres avaient agi seuls.

Preuve en est, dans le domaine de la fission, la diversité des projets lancés dans le cadre du programme. Un autre exemple est l’exploitation commune des infrastructures de recherche sur la fusion, qui repose sur les efforts collectifs des chercheurs et des ingénieurs de toute l’Europe (environ 8 300 personnes au cours de la période couverte par le programme), dont la mobilité est soutenue au titre d’un financement Euratom. Cette coordination élargie bénéficie en particulier aux petits États membres, qui peuvent tirer parti des économies d’échelle rendues possibles par la mise en commun des ressources. Dans le domaine de la recherche sur la fusion, cet avantage est illustré par les petits laboratoires qui peuvent se spécialiser dans des disciplines scientifiques ou des sous-systèmes d’infrastructures de recherche sur la fusion en Europe afin d’apporter d’importantes contributions tout en maintenant leur visibilité dans le consortium européen.

La valeur ajoutée européenne des actions directes reposait sur la position unique du JRC en tant que service technique et scientifique indépendant qui, depuis longtemps, soutient l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi des politiques de l’UE, en particulier les directives sur la sûreté nucléaire 15 (à savoir les directives sur la sûreté nucléaire, les normes de base relatives à la protection sanitaire, la sûreté des déchets radioactifs et du combustible usé et les transferts de déchets radioactifs et de combustible usé). Un autre exemple a été donné dans le domaine des garanties nucléaires, où le JRC a apporté une expertise essentielle pour fournir le soutien nécessaire au système de garanties d’Euratom.

Dans l’ensemble, grâce au programme, le JRC a été en mesure de développer de nouvelles connaissances et de maintenir compétences et expertise, apportant ainsi une valeur ajoutée à Euratom. En témoignent, par exemple:

·la mise en commun d’expériences opérationnelles dans l’UE par l’intermédiaire de la Chambre européenne, qui contribue à améliorer la sûreté nucléaire;

·l’accès aux infrastructures nucléaires du JRC dans le cadre de projets de l’UE, permettant aux utilisateurs externes de réaliser des expériences qui n’auraient pas été possibles dans leur organisation d’origine;

·les effectifs d’un centre européen de formation à la sécurité dispensant une formation sur les garanties et la sécurité nucléaires aux agents de première ligne, ou la coordination des efforts de recherche d’Euratom sur les systèmes de génération IV en sa qualité d’agent d’exécution d’Euratom pour le forum international Génération IV.



3Conclusions et enseignements tirés à prendre en considération dans le cadre du processus décisionnel

3.1Conclusions

Il ressort de l’évaluation que le programme a considérablement soutenu la sûreté et la sécurité nucléaires ainsi que la radioprotection dans l’UE, en contribuant à garantir le respect des normes les plus élevées dans ces domaines en Europe. Dans le même temps, le programme a contribué à la décarbonation à long terme du système énergétique de l’UE en fournissant une base de connaissances et des solutions pour l’exploitation à long terme des centrales nucléaires existantes. Le programme a également contribué à faire progresser i) les connaissances et les technologies nécessaires au développement de l’énergie de fusion, et ii) l’argumentaire de sûreté des systèmes nucléaires avancés.

L’évaluation contient un certain nombre de conclusions importantes, parmi lesquelles six sont exposées dans les points ci-après.

1.En facilitant la coopération dans la recherche, le programme a instauré une approche paneuropéenne i) de l’amélioration de la sûreté nucléaire et de la radioprotection dans tous les domaines d’application et ii) du défi que représente le développement de la fusion en tant que source d’énergie. Le programme a considérablement renforcé la capacité de l’UE à mobiliser un réservoir d’excellence, d’expertise et de pluridisciplinarité dans le domaine de la recherche nucléaire plus large, produisant des effets qui vont bien au-delà de ce qui aurait pu être réalisé au niveau national ou régional. Cette démarche bénéficie en particulier aux petits États membres, qui ont pu tirer parti des économies d’échelle rendues possibles par la mise en commun des ressources à l’échelle européenne et du libre accès aux installations du JRC.

·Au total, 402 organisations ont participé à des programmes communs européens de recherche dans le domaine de la radioprotection, de la gestion des déchets radioactifs et de la fusion

·Le nombre de chercheurs voyageant en dehors de leur établissement d’origine pour travailler sur l’exploitation commune des infrastructures expérimentales sur la fusion a doublé (de 872 en 2014 à 1 734 en 2020)

·Au total, 84 institutions de 23 États membres ont pu accéder librement aux installations du JRC

L’évaluation a révélé une participation importante des États membres ayant adhéré à l’UE après 2004, 89 % des projets faisant intervenir au moins une entité de ces États membres. Les États membres qui n’utilisent pas l’énergie nucléaire ont essentiellement participé à des projets relatifs à la radioprotection, aux applications médicales et à la gestion des déchets radioactifs. Certains États membres, comme l’Autriche, le Danemark, la Grèce, l’Irlande et le Portugal, ont également participé à des recherches sur la sûreté nucléaire et les données nucléaires afin de maintenir les compétences dans ces domaines.

2.Le programme a joué un rôle important dans le maintien des compétences et des capacités essentielles dans le secteur nucléaire. Les projets Euratom ont rassemblé environ 13 815 chercheurs, ingénieurs et personnels d’appui (8 000 dans le domaine de la fission et 5 815 dans celui de la fusion), offrant ainsi un environnement propice à l’échange d’idées et à la formation d’une nouvelle génération de chercheurs.

·Soutien accru aux doctorats dans le domaine de la fusion (de 675 par an en 2014 à 734 en 2020)

·Environ 800 doctorats concernant des projets de fission

·1 600 agents des services répressifs formés par le JRC à la détection nucléaire et à la criminalistique pour la sécurité nucléaire

Les résultats du programme seront évalués au regard d’un contexte politique aujourd’hui profondément modifié. Ce nouveau contexte politique est marqué par i) la nouvelle réalité géopolitique et économique (les objectifs de décarbonation de l’UE, la démarche en faveur de la sécurité énergétique et l’accent mis sur la sûreté et la sécurité des installations existantes) et ii) un intérêt accru pour l’énergie nucléaire et les besoins en matière de recherche (technologies émergentes telles que les PRM). Ce nouveau contexte politique a renforcé l’intérêt pour le domaine nucléaire et mis en évidence toute une série de nouveaux besoins en matière de recherche.

3.Les subventions de recherche dans le cadre des appels à propositions Euratom ont enregistré un afflux important de candidatures (2,6 propositions ont été soumises pour chaque projet sélectionné), ce qui témoigne i) d’un degré élevé d’intérêt tant de la part de la communauté des chercheurs que de la part de l’industrie, et ii) d’un niveau élevé de capacité, dans la communauté des chercheurs et dans l’industrie, pour des projets de recherche d’excellence. Le caractère concurrentiel du processus de financement d’Euratom a encore amélioré la qualité des propositions, en faisant en sorte que la recherche soit menée dans des domaines d’importance significative pour la sûreté nucléaire et la radioprotection. Les données montrent également une mobilisation importante de financements publics et privés provenant de parties prenantes participant à des projets de recherche Euratom et des programmes communs européens.

·Au total, 161 millions d’EUR ont été mobilisés par les parties prenantes dans le domaine de la recherche sur la fission

·555 millions d’EUR ont été mobilisés par le consortium EUROfusion

Ainsi, bien qu’il existe une demande évidente pour davantage de financements publics, la mobilisation de fonds provenant des parties prenantes privées et publiques reste possible et sera encore plus nécessaire à l’avenir pour progresser vers la réalisation des objectifs du programme Euratom. Il sera particulièrement nécessaire de mobiliser des fonds publics et privés pour i) maintenir et favoriser les chaînes de valeur industrielles et la compétitivité globale dans le secteur nucléaire de l’Union, et ii) utiliser le potentiel d’innovation du secteur privé de l’UE en vue d’accélérer le développement des technologies de fusion.

4.La recherche financée au titre du programme a démontré les avantages transversaux importants de la recherche nucléaire pour i) les politiques en matière d’énergie et de climat, ii) la sécurité de l’approvisionnement énergétique, et iii) les applications autres que la production d’électricité, en particulier dans le domaine des soins de santé.

Incidences sur la sécurité de l’approvisionnement énergétique — maintien de la sûreté des centrales nucléaires existantes et futures et garantie de leur exploitation à long terme

·Modélisation et simulation avancées pour l’analyse de la sûreté des centrales nucléaires (projets CAMIVVER, McSafe, McSafer, IVMR et MUSA)

·Outils et données visant à garantir l’intégrité à long terme des composants essentiels des centrales nucléaires existantes (STRUMAT-LTO, NOMAD, SOTERIA, ENTENTE, FRACTESUS, ATLAS+, APAL)

·Mise au point d’un système de refroidissement de secours innovant pouvant être installé dans les centrales nucléaires existantes et intégré dans les futures centrales nucléaires (projets sCO2-HeRo, sCO2-4-NPP)

·Élaboration de matériaux avancés pour les systèmes nucléaires, y compris des modèles informatiques permettant d’évaluer les effets des rayonnements, élaboration de nouveaux matériaux structurels et de leurs tests de résistance (projets M4F, GEMMA et ORIENT-NM)

Incidences sur les soins de santé de l’UE (imagerie médicale et traitement du cancer)

·Solutions pour sécuriser la production européenne de radio-isotopes à usage médical — recherche concernant la qualification du combustible nucléaire pour les réacteurs de recherche européens (projets LEU-FOREvER, EU-QUALIFY, HERACLES-CP)

·Solutions visant à optimiser la radioprotection des patients en oncologie (projets SINFONIA, HARMONIC, MEDIRAD)

·Vision pour l’avenir de la recherche — feuille de route sur les applications médicales des rayonnements ionisants visant à améliorer la vie des patients (projet EURAMED)

5.Les résultats du programme indiquent une certaine amélioration de l’équilibre entre les hommes et les femmes. Si de nombreux autres secteurs de l’ingénierie et de la science présentent des chiffres analogues, il est clair que les inégalités entre les hommes et les femmes dans la recherche nucléaire doivent être traitées de manière beaucoup plus énergique dans le cadre des programmes Euratom actuels et futurs.

·Dans les projets de recherche sur la fission, les femmes représentaient 29 % des chercheurs

·Dans les projets de recherche sur la fusion, le pourcentage de femmes est passé de 18 % à 23 % des chercheurs

6.L’évaluation du programme a mis en évidence la nécessité de renforcer la communication et la visibilité de la recherche nucléaire, et de contribuer ainsi à améliorer la qualité de l’évaluation scientifique et l’exploitation des résultats de la recherche. La Commission encouragera davantage d’activités de sensibilisation visant les décideurs politiques et d’autres parties prenantes clés. Dans sa nouvelle stratégie nucléaire pour la période 2021-2025, le JRC a déjà élaboré un plan de communication systématique et ciblée sur les activités nucléaires.

3.2Enseignements tirés

L’évaluation ex post a permis de tirer d’importantes conclusions fondées sur des données probantes, qui mettent en évidence les principaux domaines à améliorer.

En ce qui concerne les actions indirectes dans le domaine de la recherche sur la fission (sûreté nucléaire), l’évaluation indique que l’efficacité pourrait faire l’objet d’une amélioration en soutenant des projets plus vastes et mieux intégrés qui englobent toutes les questions et tous les aspects d’un thème particulier, par exemple les effets du vieillissement dans les cuves des réacteurs. Afin de garantir une approche technique et une intégration des systèmes appropriées, il est précisé dans le cadre de l’évaluation que l’industrie européenne devrait coordonner les projets de sûreté liés au développement de nouveaux réacteurs de puissance. Il convient également de poursuivre les travaux en vue d’intégrer la recherche menée avec le soutien des subventions Euratom (actions indirectes) dans: i) les travaux pertinents effectués au niveau national; et ii) les travaux pertinents réalisés dans le cadre des actions directes d’Euratom (menées par le JRC). Enfin, l’évaluation préconise de renforcer la coopération internationale afin d’y inclure la recherche pertinente sous les auspices de l’AIEA et de l’AEN-OCDE.

L’évaluation a mis en évidence la nécessité d’améliorer les rapports des consortiums chargés de mettre en œuvre des projets de fission financés par Euratom. Des rapports clairs, concis et factuels sont essentiels pour permettre une compréhension globale des progrès, des réalisations et des résultats escomptés des projets.

L’évaluation montre que de nouveaux progrès dans la recherche sur les systèmes nucléaires avancés nécessiteront de concentrer les efforts et les ressources sur les quelques systèmes et applications nucléaires avancés qui présentent un intérêt réel pour l’industrie européenne.

Les experts ont recommandé de s’associer et de dialoguer avec les partenaires non nucléaires et non traditionnels concernés dans le but de faire progresser la recherche nucléaire. Parmi les domaines dans lesquels la recherche nucléaire pourrait se développer figurent l’intelligence artificielle, les technologies de fabrication avancées, l’impression 3D appliquée aux technologies nucléaires, les systèmes énergétiques intégrés et hybrides, et les applications de l’énergie nucléaire autres que celles qui produisent de l’électricité (comme la chaleur nucléaire, la production d’hydrogène, la décarbonation des industries à forte intensité énergétique et le dessalement nucléaire). Il convient de développer davantage les synergies entre la fusion et la fission, non seulement dans le domaine traditionnel des matériaux avancés, mais aussi dans les domaines suivants: l’intelligence artificielle, les applications autres que la production d’électricité, la modélisation et la simulation avancées, et les essais expérimentaux.

En ce qui concerne la recherche sur la radioprotection, l’évaluation indique qu’une approche pluridisciplinaire pourrait être davantage encouragée afin que la couverture soit étendue à un éventail plus large de questions scientifiques, y compris les risques à faibles doses et plusieurs autres questions liées aux situations d’exposition planifiée, d’exposition existante et d’exposition d’urgence. La feuille de route pour la radioprotection élaborée par le programme commun européen CONCERT et l’ASR dans les applications médicales des rayonnements ionisants fournit une base solide pour des appels à propositions correspondant à l’état futur des connaissances et devrait être systématisée.

L’évaluation montre que, compte tenu des progrès réalisés en matière de gestion des déchets radioactifs, la recherche devrait progressivement s’écarter de l’acquisition de connaissances scientifiques pures pour se concentrer plutôt sur l’exploitation, la fermeture et la surveillance des installations de stockage en couche géologique profonde. La gouvernance d’un programme commun devrait tenir compte de cette évolution en renforçant le rôle des organismes de gestion des déchets et des organismes techniques de sûreté. La base éthique des choix stratégiques effectués en matière de gestion et d’élimination des déchets radioactifs mérite également une plus grande attention.

Bien que le programme ait permis d’accomplir des progrès notables dans le domaine de l’énergie de fusion, ce domaine de recherche évolue rapidement ces dernières années, au rythme de la concurrence internationale qui s’intensifie et d’un secteur privé dynamique qui travaille sur la fusion à l’échelle mondiale. L’évaluation montre qu’afin de poursuivre l’avant-projet d’une future centrale à fusion, le programme Euratom devrait viser, dès à présent et dans les prochaines années, à cerner les problèmes et les risques critiques et à déterminer le niveau de risque acceptable. L’innovation sera alors nécessaire pour mettre en place les technologies génériques critiques pour l’énergie de fusion et atténuer les risques connexes. Bien que le programme ait contribué à l’amélioration notable de notre compréhension de la physique des plasmas pour le projet ITER et au-delà, il est également nécessaire de mettre au point des outils informatiques afin de mieux prévoir, analyser et interpréter les résultats expérimentaux. Une future centrale à fusion nécessite également une ingénierie de projet efficace. Quand bien même l’industrie devrait assurer une ingénierie de projet efficace, les actions financées par Euratom pourraient inclure un programme d’ingénierie de projet et de formation à la gestion, combiné à des connaissances spécialisées dans le domaine de la fusion.

Étapes suivantes: les enseignements et les conclusions tirés de cette évaluation finale devraient jouer un rôle déterminant non seulement pour façonner la mise en œuvre actuelle du programme pour 2021-2025, mais aussi pour influencer l’élaboration des politiques en vue de nouvelles initiatives en matière de recherche et d’innovation. La plupart des observations formulées par des experts indépendants ont déjà été prises en considération dans le programme Euratom en cours pour la période 2021-2025 (voir annexe pour plus de détails). L’évaluation a également mis en évidence un certain nombre de défis pour la recherche financée par Euratom, notamment: i) la qualité des rapports et la disponibilité des données, ii) la nécessité que la recherche évolue dans le domaine de la fusion, et iii) des partenariats de fission qui tiennent compte de l’évolution du paysage de la recherche. Ces questions seront prises en compte parallèlement à la prochaine évaluation intermédiaire du programme actuel pour 2021-2025, lors de la présentation de la proposition de la Commission relative à la prolongation du programme Euratom pour la période 2026-2027 et au prochain cadre financier pluriannuel.

Annexe 1 — Recommandations des experts sur les actions indirectes et réponse de la Commission

Recommandations concernant la recherche dans le domaine de la fusion

1.Afin de poursuivre l’avant-projet d’une future centrale à fusion, les programmes Euratom devraient viser, dès à présent et dans les prochaines années, i) à cerner les problèmes et les risques critiques et ii) à déterminer le niveau de risque acceptable. L’innovation sera dès lors nécessaire pour atténuer ces risques. Le véritable défi consistera à mettre en place un processus visant à repérer et hiérarchiser ces innovations et à les intégrer dans le programme Euratom.

2.Bien que le programme ait contribué à l’amélioration notable de la compréhension de la physique des plasmas pour le projet ITER et au-delà, il est nécessaire de continuer à mettre au point des outils informatiques dans le cadre du programme Euratom pour la période 2021-2025 afin de prévoir, d’analyser et d’interpréter les résultats expérimentaux. Ces outils peuvent ensuite servir à produire des analyses exhaustives entre les expériences de fusion pour le projet ITER.

3.Une future centrale à fusion nécessite une ingénierie de projet efficace. Bien que cet élément soit censé être assuré par l’industrie, EUROfusion devrait envisager l’élaboration d’un programme de formation à l’ingénierie et à la gestion de projets adapté aux connaissances spécialisées en matière de fusion.

Réponse de la Commission

La Commission partage l’avis des experts et entend améliorer la recherche sur la fusion financée par le programme Euratom. Le paysage de la recherche sur la fusion évolue rapidement, au rythme de la concurrence internationale qui s’intensifie et d’un secteur privé dynamique dans le domaine de la fusion qui se développe à l’échelle mondiale. Le savoir-faire et la capacité industrielle de l’Europe dans le domaine de la fusion pourraient se perdre si la manière dont nous organisons nos recherches n’est pas adaptée et si le potentiel d’innovation du secteur privé au sein de l’UE n’est pas mis à profit pour accélérer le développement technologique. Une étape importante consisterait à soutenir l’innovation dans l’UE en ce qui concerne les technologies génériques critiques pour l’énergie de fusion.

L’évaluation intermédiaire du programme Euratom en cours pour la période 2021-2025 portera sur un large éventail de questions essentielles pour accélérer la production d’électricité à partir de l’énergie de fusion. Suivant la conclusion de l’évaluation intermédiaire, la Commission a l’intention de présenter une proposition visant à prolonger le programme Euratom pour la période 2026-2027, dans laquelle elle prévoit d’aborder les questions les plus urgentes.

Recommandations concernant la recherche dans le domaine de la fission et réponse de la Commission

1.Afin d’accroître l’efficience et l’efficacité des actions indirectes dans le domaine de la sûreté nucléaire, la Commission devrait favoriser la présentation de projets de plus grande envergure et mieux intégrés, qui englobent toutes les questions et tous les aspects d’un thème particulier, par exemple les effets du vieillissement dans les cuves des réacteurs. Il convient d’augmenter le financement afin de soutenir l’éducation et la formation, la gestion des connaissances, le développement des compétences et les ressources humaines. Il est de la plus haute importance d’intégrer les travaux réalisés avec le soutien des subventions Euratom (actions indirectes) et des actions directes Euratom (menées par le JRC) dans les travaux pertinents réalisés au niveau national. Afin de garantir une approche technique et une intégration des systèmes appropriées, l’industrie européenne devrait coordonner tous les projets de sûreté liés au développement de nouveaux réacteurs de puissance. Enfin, la coopération internationale devrait être renforcée pour inclure l’AIEA et l’AEN-OCDE.

Réponse de la Commission: dans le programme 2021-2025, la Commission a introduit des dispositions qui répondent déjà à certaines de ces recommandations. Pour les appels à propositions, des thèmes moins prescriptifs que dans le programme précédent confèrent aux consortiums une plus grande liberté d’auto-organisation, ce qui accroît leur efficacité. Notre plan pour des projets de plus grande envergure qui soutiennent systématiquement l’accès à l’éducation, à la formation et aux infrastructures devrait améliorer la situation à long terme. L’intégration des actions directes et indirectes du programme devrait être encore renforcée par l’introduction de l’accès des consortiums aux installations et au savoir-faire du JRC dans le cadre des appels à propositions Euratom. L’évaluation intermédiaire du programme portera sur ces actions et fournira des orientations supplémentaires pour tout nouveau soutien apporté par le programme Euratom.

2.Il est temps pour Euratom de rationaliser le soutien apporté aux activités de recherche et de concentrer ses efforts et ses ressources sur les quelques systèmes et applications nucléaires avancés qui présentent un véritable intérêt pour l’industrie européenne. Les autres systèmes qui ne présentent pas d’intérêt pour l’industrie de l’UE ne devraient pas être financés ou, s’ils le sont, le financement ne devrait servir qu’à maintenir des compétences générales.

Réponse de la Commission: le programme Euratom pour la période 2021-2025 est axé sur les systèmes nucléaires avancés, pour lesquels des projets de recherche peuvent fournir une base scientifique qui permet aux autorités de réglementation d’évaluer la sûreté et de démontrer le respect des directives sur la sûreté nucléaire. À la suite de l’évaluation de l’appel à propositions, le programme a lancé des projets fondés sur des propositions de la plus haute qualité et soutenus par des consortiums solides, émanant notamment de la communauté scientifique et industrielle. L’évaluation intermédiaire du programme permettra de faire le bilan de ces actions et de fournir des orientations supplémentaires sur tout nouveau soutien apporté par le programme Euratom aux systèmes avancés. La Commission tiendra également compte de l’évolution du paysage industriel et de la recherche, y compris des résultats de l’alliance industrielle sur les PRM et des travaux menés dans le cadre du règlement pour une industrie «zéro net».

3.La qualité des rapports émanant des consortiums chargés de mettre en œuvre des projets de fission financés par Euratom pourrait être améliorée. Les rapports doivent décrire de manière claire, concise et factuelle i) les progrès accomplis par rapport à l’état initial des connaissances, ii) les lacunes comblées, iii) les principales réalisations, et iv) les résultats escomptés. Les rapports doivent également faire référence aux interactions avec les utilisateurs finaux existants et potentiels des résultats de la recherche.

Réponse de la Commission: la Commission collaborera avec les consortiums pour veiller à l’amélioration de la qualité des rapports et faire en sorte que ceux-ci portent sur les éléments mis en évidence dans le cadre de l’évaluation afin de faciliter le suivi des projets et l’évaluation future du programme. À cette fin, la Commission fera usage des pouvoirs qui lui sont conférés en tant qu’autorité chargée de l’octroi de subventions pour demander des modifications des rapports périodiques avant de procéder au versement des subventions.

4.En ce qui concerne les thèmes et technologies les plus innovants qui font déjà l’objet d’une application à grande échelle en dehors de la communauté nucléaire, il est vivement recommandé de dialoguer avec les partenaires non nucléaires et non traditionnels concernés et de les faire participer. Parmi les domaines dans lesquels la recherche nucléaire pourrait se développer figurent l’intelligence artificielle, les technologies de fabrication avancées, l’impression 3D appliquée aux technologies nucléaires, les systèmes énergétiques intégrés et hybrides, et l’utilisation de l’énergie nucléaire à d’autres fins que la production d’électricité (comme la chaleur nucléaire, la production d’hydrogène, la décarbonation des industries à forte intensité énergétique et le dessalement nucléaire).

Réponse de la Commission: il est essentiel pour la Commission, dans le cadre de l’actuel programme Euratom pour la période 2021-2025, de soutenir les synergies intersectorielles qui stimulent les progrès réalisés dans différents secteurs afin de renforcer la sûreté nucléaire. La Commission met aussi fortement l’accent sur les aspects liés à la sûreté des autres applications de l’énergie nucléaire. Enfin, le programme prévoit un financement pour le développement d’applications non liées à la production d’énergie des rayonnements ionisants dans le domaine médical et dans d’autres domaines innovants, notamment i) les techniques nucléaires pour l’autonomie stratégique de l’UE (production et valorisation des matières premières), ii) l’économie circulaire (réduction des déchets non radioactifs), et iii) la surveillance du changement climatique et de la pollution. La Commission a abordé ces aspects dans le cadre des appels à propositions Euratom pour la période 2021-2025, qui seront examinés en détail dans le cadre de l’évaluation intermédiaire.

5.Il convient de développer davantage les synergies entre la recherche sur la fusion et la fission, non seulement dans le domaine traditionnel des matériaux avancés, mais aussi dans le cadre de l’utilisation de l’intelligence artificielle, des applications autres que la production d’électricité, de la modélisation et de la simulation avancées, et des essais expérimentaux.

Réponse de la Commission: dans le cadre de l’actuel programme Euratom pour la période 2021-2025, la Commission poursuit le développement de synergies fission-fusion dans des domaines tels que l’harmonisation de l’évaluation de la sûreté, la gestion du tritium et les données nucléaires. Elle met également l’accent sur l’utilisation ultérieure des technologies de fusion dans les applications autres que la production d’électricité dans le cadre du programme de transfert de technologies d’EUROfusion. La Commission a abordé ces aspects dans les appels à propositions Euratom et le partenariat EUROfusion, qui seront examinés en détail lors de l’évaluation intermédiaire.

6.Il convient d’encourager davantage une approche pluridisciplinaire en matière de radioprotection. Euratom devrait étendre sa portée à un éventail plus large de questions scientifiques, non seulement sur les risques à faibles doses, mais aussi sur plusieurs autres questions liées aux situations d’exposition planifiée, d’exposition existante et d’exposition d’urgence.

Réponse de la Commission: la Commission a chargé PIANOFORTE, un nouveau partenariat européen cofinancé dans le domaine de la radioprotection, d’adopter une approche globale et pluridisciplinaire de la recherche et de l’innovation en la matière dans le cadre du programme pour 2021-2025. Les appels à propositions de PIANOFORTE confirment cette approche, en intégrant des appels sur des questions telles que les menaces résultant de la guerre, des conflits armés, des catastrophes naturelles, ainsi que la préparation et la réaction aux situations d’urgence pour les nouvelles technologies nucléaires. L’évaluation intermédiaire du programme portera sur ces actions et fournira des orientations supplémentaires pour tout nouveau soutien apporté par Euratom au partenariat.

7.L’ASR dans le domaine des applications médicales des rayonnements ionisants et de la radioprotection connexe, élaboré en même temps que la feuille de route correspondante du projet EURAMED Rocc-n-Roll, constitue une excellente base pour des appels à propositions correspondant à l’état futur des connaissances. Des ASR devraient être systématiquement élaborés dans tous les domaines des situations d’exposition planifiée, d’exposition existante et d’exposition d’urgence. La feuille de route commune pour la radioprotection élaborée par le programme commun européen CONCERT pourrait constituer un bon point de départ.

Réponse de la Commission: grâce à l’octroi de subventions Euratom et à la mise en place du partenariat PIANOFORTE en 2022, un forum spécifique des parties prenantes permet aujourd’hui d’examiner et de développer davantage encore les ASR et les feuilles de route pour la recherche dans le domaine de la radioprotection et dans des domaines connexes. Ces documents permettront de façonner les actions PIANOFORTE et d’orienter la mise en œuvre d’autres actions dans le cadre du programme Euratom. L’évaluation intermédiaire du programme portera sur ces actions et fournira des orientations supplémentaires sur tout nouveau soutien apporté par Euratom en matière de radioprotection.

8.La recherche d’EURAD dans le domaine de la gestion des déchets radioactifs est le résultat d’un processus de décision commune entre les organismes de gestion des déchets, les organismes techniques de sûreté et les entités de recherche, une démarche qui permet une approche équilibrée en ce qui concerne les besoins en matière de recherche. Les orientations de recherche choisies demeurent toutefois dans le droit fil des actions Euratom précédentes. Étant donné que des installations de stockage sont déjà autorisées (Finlande, Suède) ou font l’objet d’un examen en vue de l’obtention d’une autorisation (France), la recherche devrait progressivement s’écarter de l’acquisition de connaissances scientifiques pures pour se concentrer plutôt sur l’exploitation, la fermeture et la surveillance des installations. La gouvernance d’EURAD devrait tenir compte de cette évolution en renforçant le rôle des organismes de gestion des déchets et des organismes techniques de sûreté ainsi qu’en permettant au comité consultatif externe de jouer un rôle plus efficace plus tôt dans la prise de décisions en matière de recherche. La recherche devra évoluer au niveau stratégique afin d’appréhender les nouvelles problématiques d’intérêt commun. Le fondement éthique des choix stratégiques fondamentaux effectués en matière de gestion et d’évacuation des déchets radioactifs mérite également une plus grande attention.

Réponse de la Commission: en 2024, la Commission entend lancer un partenariat européen cofinancé pour la gestion des déchets radioactifs (EURAD-2). La Commission a défini plusieurs exigences pour améliorer l’organisation de la recherche dans ce domaine, notamment pour i) consolider les connaissances sur la mise en service et l’exploitation en toute sécurité des installations de stockage en couche géologique, et ii) soutenir les États membres dont les programmes nationaux sont moins avancés. EURAD-2 doit également s’engager dans des interactions régulières avec les organismes de réglementation et les acteurs industriels pour que le futur partenariat soit global. En outre, EURAD-2 devra être un programme plus inclusif et s’adresser aux États membres qui n’ont pas participé à EURAD, étant donné que la portée du partenariat couvre tous les États membres dotés d’inventaires de déchets radioactifs et qu’elle ne se limite pas aux pays dotés de centrales nucléaires. L’évaluation intermédiaire du programme permettra de faire le bilan des progrès accomplis et d’orienter tout nouveau soutien apporté par le programme Euratom.



Annexe 2 — Recommandations du groupe d’experts de la Commission concernant les actions directes et réponse de la Commission

Recommandations concernant la hiérarchisation des travaux

1.Le JRC devrait participer, à un stade précoce, à la définition des priorités entre les DG chargées de l’élaboration des politiques et mettre en place un processus centralisé pour faire en sorte que le programme de travail tienne compte de ces priorités et de l’étendue des connaissances nécessaires pour les soutenir. Ce processus devrait également inciter les DG chargées de l’élaboration des politiques et le JRC à briser les cloisonnements et à intégrer des axes de travail appropriés.

2.Le groupe d’experts encourage le JRC à élaborer et à appliquer de manière systématique des critères relatifs à ses atouts spécifiques et à son intérêt stratégique pour décider de participer ou non à une activité particulière.

Réponse de la Commission

Le groupe d’experts a souligné qu’au vu de l’ampleur des activités couvertes par les actions directes du JRC, i) le JRC avait la possibilité de mieux concentrer ses ressources sur les activités ayant le plus d’incidence et ii) dans certains domaines, le JRC était particulièrement bien placé pour fournir les données scientifiques nécessaires. La nouvelle stratégie nucléaire du JRC comprend toute une série d’actions visant à hiérarchiser ses travaux et à définir clairement des priorités pour les activités actuelles et futures.

Le groupe d’experts a mis en évidence un certain manque d’intégration des différentes activités menées au sein du JRC et précisé que ce manque d’intégration conduisait parfois à une approche fragmentée. Afin de contrer cette tendance, le JRC a réorganisé son programme de travail en y introduisant des portefeuilles. Ceux-ci visent à fournir une vision intégrée et une meilleure coordination des activités concernées dans le cadre de priorités clairement définies.

Les besoins en matière de recherche et de politiques des autres DG de la Commission européenne sont anticipés lors de réunions de groupe prévues avec plusieurs DG afin de fixer des priorités sur la base d’une évaluation coordonnée. Lors de ces réunions, plusieurs DG de la Commission européenne sont invitées à exprimer leurs priorités et à en discuter avec le JRC. Dans le domaine nucléaire, le JRC organise des réunions de coordination supplémentaires avec les DG partenaires chargées de la recherche et de l’innovation, de l’énergie, des partenariats internationaux, des affaires intérieures, etc. afin d’échanger sur les besoins futurs.

Dans l’ensemble, les experts ont constaté que le JRC était bien conscient de ses atouts spécifiques, notamment son indépendance, sa solide base scientifique, sa longue expérience, le partage d’installations de recherche avec d’autres chercheurs et sa capacité à assurer la continuité des activités de recherche lorsque d’autres acteurs sont liés par des impératifs différents. Ces atouts complètent la nouvelle stratégie nucléaire du JRC et leur renforcement est largement compatible avec la mise en œuvre du plan stratégique du JRC, notamment la hiérarchisation et l’optimisation des infrastructures de recherche et les programmes en libre accès.

Recommandations concernant une approche globale des activités nucléaires et non nucléaires

1.Le JRC devrait adopter des approches plus globales pour concevoir son programme de travail et sa réponse aux nécessités des politiques. Il devrait élaborer, dans le cadre de son modèle d’entreprise, un plan stratégique d’intégration des sciences sociales dans ses activités de recherche.

2.Le JRC devrait tenir compte de la recherche en sciences sociales dans les activités d’Euratom, en particulier dans le domaine de l’évaluation des risques, de la préparation aux crises et de la réaction à celles-ci, et utiliser les approches qui sont élaborées pour le JRC dans son ensemble.

3.Le JRC devrait ancrer davantage le concept de résilience et la transition écologique et numérique dans le volet Euratom de son programme de travail.

Réponse de la Commission

Les experts ont souligné la nécessité d’intégrer les priorités stratégiques de manière plus globale et pluridisciplinaire, en mettant l’accent sur la valeur ajoutée de la prise en compte des aspects socio-économiques dans la recherche nucléaire. Dans le cadre de la réorganisation du programme de travail, les portefeuilles ont été créés dans l’idée d’améliorer la collaboration et l’interaction entre les domaines nucléaire et non nucléaire. L’intégration dans l’ensemble des disciplines se fera donc au fil du temps au stade de la conception. Par exemple, des efforts ont été déployés pour intégrer la recherche en sciences sociales dans le portefeuille sur la gestion des risques et des crises, où le risque nucléaire est désormais évalué selon une approche globale parallèlement à d’autres risques CBRN élaborés par une autre direction non nucléaire du JRC. Une coopération similaire avec des chercheurs en sciences sociales a lieu également sur le thème des PRM dans le cadre de la recherche sur les applications de la technologie nucléaire autres que la production d’électricité, comme la production d’hydrogène, le chauffage urbain et les applications de la science nucléaire à des fins médicales. Cette approche vise à accroître l’impact du JRC sur les politiques et à partager l’expertise/les ressources, tout en couvrant différents aspects d’un même défi.

Cette approche intégrée entre les activités nucléaires et non nucléaires concerne également la mise en œuvre de la stratégie nucléaire du JRC. Les experts ont également noté que les possibilités d’intégration des questions transversales telles que la numérisation, l’intelligence artificielle ou l’apprentissage automatique devraient faire l’objet d’une évaluation dans les domaines de la sécurité nucléaire, des garanties et de la gestion des déchets radioactifs. Les efforts visant à intégrer ces questions transversales dans les travaux du JRC se reflètent dans une refonte de la gouvernance et la nouvelle structure basée sur des portefeuilles. L’utilisation avancée des technologies numériques est désormais l’objet spécifique d’une nouvelle direction du JRC et, plus particulièrement, d’une unité de la direction nucléaire, qui cible la recherche sur les garanties nucléaires et la non-prolifération, mais qui pourrait être étendue à d’autres domaines.

Recommandation sur la communication

1.Le JRC devrait élaborer une stratégie de communication afin d’améliorer sa communication à différents niveaux, en l’adaptant aux différents groupes cibles et en utilisant les canaux les plus appropriés (numériques ou traditionnels) pour les atteindre.

Réponse de la Commission

Les experts ont souligné qu’il était possible d’améliorer la communication à différents niveaux: i) au sein du JRC, ii) entre le JRC et la Commission européenne, et iii) entre le JRC et ses parties prenantes externes. Cette amélioration de la communication permettrait de clarifier davantage la recherche menée par le JRC et les effets concrets obtenus. Un volet d’actions de la stratégie nucléaire du JRC vise à résoudre ce problème en mettant l’accent sur une communication plus stratégique et sur la détermination de publics cibles, ainsi que sur une meilleure coopération avec les parties prenantes concernées.

Recommandation concernant les ressources

1.Le JRC devrait mettre en œuvre une approche proactive de l’acquisition de talents à tous les niveaux d’ancienneté, dans le but de mettre en place une main-d’œuvre plus diversifiée, notamment en ce qui concerne l’équilibre entre les hommes et les femmes. Cette approche vaut pour le recrutement externe, mais aussi pour les programmes de développement interne appropriés afin d’encourager et de motiver les candidats potentiels.

Réponse de la Commission

En raison de la réduction du budget d’Euratom au titre du cadre financier pluriannuel 2021-2027, le JRC se trouve dans une situation difficile en ce qui concerne le développement et le maintien de la main-d’œuvre qualifiée dont il a besoin. Malgré ce problème, le JRC a inclus dans sa stratégie nucléaire un volet d’actions ciblant les compétences et les aspects liés au personnel dans le but d’atténuer l’impact de cette réduction au fil du temps. Cet exercice vise à garantir une gestion efficace des connaissances en gardant à l’esprit les compétences critiques nécessaires qui doivent être conservées ou remplacées. Il vise également à récupérer divers nouveaux talents (dans le cadre des lourdes contraintes actuelles) afin d’intégrer du personnel hautement qualifié susceptible de stimuler l’innovation selon l’évolution des priorités du JRC.

Afin de mettre en commun plus efficacement l’expertise et les connaissances nucléaires à l’intérieur et à l’extérieur du JRC, la stratégie vise à optimiser la gestion du personnel et à réduire la fragmentation en regroupant des activités de recherche similaires dans les différents sites du JRC. Les activités expérimentales comportant l’utilisation de matières nucléaires et radioactives ne seront regroupées que sur deux sites du JRC: Geel, en Belgique, et Karlsruhe, en Allemagne.

Recommandations concernant le suivi de l’impact et de l’efficacité

1.Le JRC devrait revoir les indicateurs permettant de mesurer l’impact, en tenant compte des initiatives actuelles de la Commission sur la réforme des méthodes d’évaluation de la recherche.

2.Le JRC devrait mettre au point des indicateurs de performance clés afin d’évaluer l’efficacité de ses activités scientifiques en ce qui concerne le soutien aux politiques.

Réponse de la Commission

Le groupe d’experts a reconnu i) la difficulté d’évaluer l’efficacité dans un contexte de recherche, et ii) les efforts déployés par le JRC, en réponse à la recommandation d’évaluation intermédiaire, pour prouver son efficacité par rapport au coût. Le JRC a évalué la mobilisation des ressources et les résultats obtenus découlant de sa participation à plusieurs projets dans le cadre d’actions indirectes par rapport à ceux d’autres partenaires du consortium. Bien que l’interprétation de ces comparaisons ne soit pas toujours claire, le JRC a estimé que son rapport coût-efficacité était comparable à celui des autres partenaires. Les experts ont également relevé l’introduction récente d’une méthode commune de gestion des projets au sein du JRC et la mise en commun des activités de recherche nucléaire sous une même direction afin d’améliorer l’efficacité.

En outre, lors de l’élaboration du programme Euratom pour la période 2021-2025, une série complète d’indicateurs d’impact a été examinée et intégrée au programme dans le cadre de la décision du Conseil. Il s’agit notamment d’indicateurs relatifs aux impacts à court, moyen et long terme, tenant compte des dimensions scientifique, sociétale, de l’innovation et des politiques.

Recommandations concernant la sûreté, la sécurité et les compétences nucléaires

1.En ce qui concerne les PRM, outre l’étude des aspects réglementaires, le JRC devrait également se concentrer sur les approches en matière de sûreté, de sécurité et de garanties pour ces nouvelles technologies.

2.Le JRC devrait renforcer ses compétences afin de soutenir les activités liées au stockage du combustible nucléaire usé et élaborer des stratégies visant à capter et à partager les bonnes pratiques des projets européens et nationaux avec tous les États membres de l’UE.

Réponse de la Commission

Le groupe d’experts a reconnu que le JRC avait contribué à l’élaboration des politiques de l’UE et des États membres en développant et en maintenant les compétences en matière de sûreté, de sécurité et de garanties nucléaires. Le groupe d’experts a également encouragé le JRC à poursuivre ses activités pour répondre à un certain nombre de défis et d’enjeux et se concentrer sur ceux-ci, en particulier les nouvelles technologies telles que les PRM, mais aussi i) le déclassement des centrales nucléaires, ii) les questions liées à l’exploitation à long terme, iii) la cybersécurité, iv) les garanties, et v) le libre accès aux infrastructures nucléaires.

Sachant que la réglementation en matière de sûreté nucléaire relève de la responsabilité nationale, le JRC a, dans le cadre de la réorganisation de son programme de travail, regroupé les activités dans un portefeuille spécifique sur les PRM. Son objectif est que ce portefeuille soit axé sur la recherche documentaire, la simulation et la recherche et le développement au stade expérimental, en partie pour soutenir le processus d’octroi des autorisations en contribuant à l’harmonisation des pratiques et des lignes directrices au niveau de l’UE. D’autres portefeuilles, tels que NUCTEC, abordent les autres sujets pertinents mentionnés, comme l’exploitation à long terme des centrales nucléaires et la gestion du combustible usé et des déchets radioactifs. Le libre accès aux infrastructures nucléaires est intégré autant que possible dans les projets de recherche pertinents. De manière générale, les moteurs des nouvelles recherches mentionnées ci-dessus figurent parmi les priorités définies dans la stratégie nucléaire du JRC, à l’exception partielle du déclassement, qui fait désormais l’objet d’un instrument distinct 16 portant sur i) les activités de déclassement opérationnel du JRC ainsi que ii) la gestion et la diffusion des connaissances sur le déclassement.

En particulier, les experts ont mis en avant la possibilité d’améliorer la sélection d’objectifs et d’activités qui visent à soutenir les politiques en matière de sûreté nucléaire afin de suivre toute évolution de la demande de systèmes énergétiques. Les experts ont également souligné qu’il était primordial d’assurer la continuité des ressources européennes en matière de sûreté et de sécurité nucléaires afin de pouvoir réagir à des événements et situations de crise imprévus. L’attention que porte le JRC à l’évolution des priorités/besoins liés tant aux normes de sûreté nucléaire qu’à la sécurité nucléaire et sa réaction face à celle-ci se reflètent dans l’évolution de son propre programme de travail. Ce constat s’observe particulièrement dans la réponse donnée face à des événements spécifiques, comme l’évaluation de la sûreté nucléaire de la situation à la suite de l’agression et de l’invasion russes en Ukraine. Le JRC a également contribué à l’élaboration de sanctions contre la Russie, sur la base de l’analyse stratégique du commerce et de l’expertise en matière de contrôle des exportations développées à des fins de non-prolifération.

Recommandations concernant l’anticipation et la prospective

1.Le JRC devrait mettre au point des activités de prospective en ce qui concerne l’énergie nucléaire afin de soutenir la transition écologique et de promouvoir la résilience du système énergétique.

2.Le JRC devrait i) accorder la priorité aux capacités d’anticipation, comme le prévoit la stratégie du JRC pour 2030, ii) allouer des ressources suffisantes, et iii) mettre en place une structure de gouvernance pour optimiser ses efforts.

3.Le JRC devrait renforcer les capacités et les outils nécessaires pour se préparer aux chocs futurs et y réagir. À cet effet, il devrait investir dans la collecte et la conservation de données sur les chocs passés et futurs.

Réponse de la Commission

Le JRC met en œuvre l’anticipation en tant que priorité dans le cadre de ses activités nucléaires i) en maintenant des contacts permanents avec ses principaux partenaires et parties prenantes et ii) en étudiant les besoins et les tendances qui se font jour dans le domaine nucléaire, tant au niveau de l’UE qu’au niveau international. Le JRC participe également à des plateformes et associations technologiques européennes qui rassemblent les principales parties prenantes et fournissent des orientations sur les priorités de recherche dans les domaines nucléaires connexes.

L’anticipation et la prospective sont intégrées dans l’approche par portefeuille et tiennent compte des aspects liés à l’anticipation des crises. C’est le cas du portefeuille sur la connaissance de la situation en ce qui concerne la gestion des crises, qui intègre toutes les capacités au sein du JRC en matière d’analyse des risques, d’évaluation des risques et d’alerte précoce. Il s’agit notamment d’activités nucléaires spécifiques telles que l’exploitation de deux systèmes d’alerte, EURDEP et ECURIE.

L’accent mis sur la prospective figure parmi les priorités recensées dans la stratégie nucléaire du JRC. La direction de la sûreté et de la sécurité nucléaires du JRC gère également son propre réseau et ses propres activités de prospective dans le cadre d’un effort régulier d’«analyse prospective», qui associe également d’autres directions non nucléaires. Des plans sont aussi en cours pour déployer un exercice de «scénarios pour l’avenir», dans le sens d’un effort similaire entrepris par l’AIEA en 2022 en matière de garanties. Un atelier de prospective avec des parties prenantes externes a été organisé avant la fin de l’année 2023.

La direction du JRC a mis en place des mécanismes de travail flexibles qui permettront la mise en commun des ressources généralement allouées aux activités de recherche, de coordination ou de soutien pour faire face aux chocs imprévus.

Recommandation concernant les garanties

1.Le JRC devrait maintenir un programme de recherche solide dans le domaine des garanties nucléaires et de la non-prolifération.

Réponse de la Commission

Les experts ont reconnu le rôle essentiel que joue le JRC pour soutenir et mettre au point des garanties nucléaires et la non-prolifération dans l’UE et à l'échelle mondiale. Il convient donc de garantir suffisamment d’effectifs et d’infrastructures pour les travaux expérimentaux et les activités de modélisation. L’intérêt de maintenir un programme de recherche solide en matière de garanties figure dans la stratégie nucléaire du JRC. Un élément important de cette capacité concerne la contribution directe du JRC au contrôle de sécurité d’Euratom, ce qui nécessite des effectifs qualifiés en nombre suffisant et des infrastructures expérimentales disponibles. En raison de la réduction du budget et de la pression concernant la disponibilité du personnel, la stratégie nucléaire vise à concentrer l’ensemble des activités et laboratoires expérimentaux utilisés dans le domaine des matières nucléaires et radioactives sur deux sites de recherche (Karlsruhe et Geel) et à évaluer les possibilités de mise en œuvre commune des activités avec le contrôle de sécurité d’Euratom.

Le JRC maintient un programme de recherche solide en matière de garanties et de non-prolifération en interagissant avec les principaux acteurs concernés de l’UE grâce à une mise en réseau et une collaboration au sein de l’association européenne pour la recherche et le développement dans le domaine des garanties. Le JRC fournit également un soutien scientifique et technique important à l’AIEA dans le cadre du programme de soutien spécifique de la Commission européenne en matière de garanties. En ce qui concerne la non-prolifération, le JRC fournit une expertise sur les questions de contrôle des échanges stratégiques et intègre davantage les travaux entre les volets nucléaire et non nucléaire de son programme de travail.

(1) Règlement (Euratom) nº 1314/2013 du Conseil du 16 décembre 2013 sur le programme de recherche et de formation de la Communauté européenne de l’énergie atomique (2014-2018) complétant le programme-cadre pour la recherche et l’innovation «Horizon 2020» (JO L 347 du 20.12.2013, p. 948).
(2) Règlement (Euratom) 2018/1563 du Conseil du 15 octobre 2018 sur le programme de recherche et de formation de la Communauté européenne de l’énergie atomique (2019-2020) complétant le programme-cadre pour la recherche et l’innovation «Horizon 2020», et abrogeant le règlement (Euratom) nº 1314/2013 (JO L 262 du 19.10.2018, p. 1).
(3) L’article 7 du traité Euratom, qui constitue la base juridique des programmes de recherche et de formation, limite la durée de ces programmes à cinq ans. Afin de suivre le cycle du cadre financier pluriannuel de l’UE établi sur sept ans, les programmes Euratom sont donc proposés d’abord sous la forme d’un programme de cinq ans, suivi d’un programme de deux ans.
(4) Article 22, paragraphe 1, du règlement (Euratom) nº 1314/2013 du Conseil et article 22, paragraphe 1, du règlement (Euratom) 2018/1563 du Conseil.
(5) Depuis Horizon Europe et le programme Euratom 2021-2025, les programmes communs européens ont été rebaptisés «partenariats européens». La terminologie utilisée dans les programmes Euratom 2014-2020 est conservée dans le présent rapport.
(6) Voir https://www.iter.org/
(7) Directive 2006/117/Euratom du Conseil du 20 novembre 2006 relative à la surveillance et au contrôle des transferts de déchets radioactifs et de combustible nucléaire usé.
(8) Règlement (Euratom) nº 237/2014 du Conseil du 13 décembre 2013 instituant un instrument relatif à la coopération en matière de sûreté nucléaire.
(9) Règlement (UE) nº 230/2014 du Parlement européen et du Conseil du 11 mars 2014 instituant un instrument contribuant à la stabilité et à la paix.
(10) Pour de plus amples informations, voir les documents de travail des services de la Commission qui accompagnent le présent rapport.
(11) La centrale DEMOnstration; pour de plus amples informations, veuillez consulter la page suivante: https://euro-fusion.org/programme/demo/.
(12) Cette nouvelle approche a d’abord été présentée dans le document de travail des services de la Commission intitulé «Towards a Modern Euratom Fusion Research Programme» [SWD (2013) 213].
(13) Règlement (Euratom) nº 2018/1563 du Conseil du 15 octobre 2018 sur le programme de recherche et de formation de la Communauté européenne de l’énergie atomique (2019-2020) complétant le programme-cadre pour la recherche et l’innovation «Horizon 2020», et abrogeant le règlement (Euratom) nº 1314/2013 (JO L 262 du 19.10.2018, p. 1).
(14) Voir section 1.3.
(15) Voir section 1.3.

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