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AccueilDroit européen52024DC0600
Acte préparatoire52024DC0600

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, À LA BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN, AU COMITÉ DES RÉGIONS ET À LA BANQUE EUROPÉENNE D’INVESTISSEMENT Semestre européen 2024 – Paquet de printemps

CELEX52024DC0600
TypeActe préparatoire
Datemercredi 19 juin 2024

Résumé IA

Cette communication de la Commission, publiée dans le cadre du Semestre européen 2024, présente l'analyse économique et sociale des États membres et formule des recommandations par pays (CSR) pour orienter les politiques budgétaires, structurelles et de l'emploi. Elle s'inscrit dans le nouveau cadre de gouvernance économique, avec un accent sur la viabilité de la dette, la transition verte et numérique, et la compétitivité. Pour un professionnel du droit français, ce texte sert de base à la compréhension des orientations macroéconomiques et des réformes structurelles que la France devra potentiellement transposer ou intégrer dans sa législation nationale.

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 19.6.2024

COM(2024) 600 final

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, À LA BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN, AU COMITÉ DES RÉGIONS ET À LA BANQUE EUROPÉENNE D’INVESTISSEMENT

Semestre européen 2024 – Paquet de printemps


1. INTRODUCTION

Au cours des cinq dernières années, l’UE a fait preuve d’une forte résilience économique et sociale face à des chocs de grande ampleur, notamment grâce à une réponse coordonnée. L’UE et ses États membres ont affronté avec succès les conséquences socio-économiques de la pandémie de COVID-19, de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine ainsi que de la flambée des prix de l’énergie et des poussées inflationnistes qui y sont liées. Alors que l’économie de l’UE a connu une reprise vigoureuse après la pandémie, les répercussions de la crise énergétique déclenchée par la guerre d’agression menée par la Russie ont entraîné un net ralentissement en 2023. La croissance devrait se renforcer progressivement au cours de cette année et de l’année prochaine. Le Semestre européen pour la coordination des politiques économiques et sociales a soutenu des réponses visant à assurer une reprise durable et à favoriser la transition écologique et numérique, tout en renforçant la résilience de l’UE. Il a recensé les besoins spécifiques des États membres en matière de réformes et d’investissements, en s’attaquant aux défis tant anciens que nouveaux, et a guidé leurs réponses à la crise de la COVID-19 et aux chocs sur l’approvisionnement énergétique et les prix. Les recommandations par pays, proposées par la Commission et approuvées par le Conseil dans le cadre du Semestre européen, ont servi de base à la programmation au titre de la politique de cohésion et aux plans nationaux pour la reprise et la résilience (PRR), incluant les chapitres REPowerEU, que les États membres ont élaborés pour relever les défis susmentionnés dans le cadre de NextGenerationEU. En outre, le Semestre européen reste essentiel pour la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux et la réalisation des grands objectifs de la stratégie Europe 2030 en matière d’emploi, de compétences et de réduction de la pauvreté.

Le Semestre européen a permis aux instruments de financement de l’UE de soutenir les objectifs stratégiques de cette dernière de manière ciblée et efficace. La mise en œuvre en cours de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR), incluant l’introduction de chapitres spécifiquement consacrés à REPowerEU dans les PRR nationaux, l’instrument d’appui technique et le recours aux fonds de la politique de cohésion continuent de jouer un rôle central dans l’élaboration des programmes de réforme et d’investissement dans tous les États membres. Comme indiqué dans l’examen annuel de la croissance durable, le cycle 2024 du Semestre européen examine les complémentarités et les synergies entre les différents instruments de financement de l’UE et les mesures de réforme et d’investissement des États membres et fait le point sur la mise en œuvre en cours des PRR et des programmes de la politique de cohésion. À ce jour, la FRR a versé plus de 240 milliards d’EUR aux États membres sous forme de subventions et de prêts, ce qui représente 37 % du total des fonds disponibles. En outre, plus de 256 milliards d’EUR ont été décaissés au titre des fonds de la politique de cohésion depuis le début de la pandémie de COVID-19. Ainsi que l’illustrent les rapports par pays de cette année, ces instruments et d’autres programmes de financement de l’UE ont soutenu la reprise de l’UE orientée vers un avenir plus vert, plus numérique, plus équitable et plus résilient grâce à la création d’emplois, à l’amélioration de la compétitivité, à la stabilité macroéconomique et à la cohésion territoriale et sociale. En outre, le présent cycle du Semestre européen fournit des orientations en vue du prochain examen à mi-parcours des programmes de la politique de cohésion. Il comprend un appel visant à tirer parti des possibilités offertes par l’initiative de la plateforme «Technologies stratégiques pour l’Europe» (STEP) pour soutenir le développement des capacités de production dans le domaine des technologies critiques, tout en promouvant des conditions de concurrence équitables.

L’UE est déterminée à prendre de nouvelles mesures visant, d’une part, à garantir sa compétitivité à long terme, sa prospérité et son rôle de chef de file sur la scène mondiale et, d’autre part, à accroître son autonomie stratégique ouverte. L’UE et ses États membres disposent de solides atouts sur lesquels ils peuvent s’appuyer: des travailleurs hautement qualifiés; l’excellence de la recherche; des infrastructures de qualité; une base manufacturière solide dans les secteurs clés; un secteur des services fort; des systèmes de protection sociale très développés et une stratégie globale de transition écologique et numérique. En outre, les quatre libertés du marché unique sont un puissant moteur de convergence et de croissance, favorisant une économie sociale de marché hautement compétitive, la cohésion économique, sociale et territoriale et des conditions de concurrence équitables. La convergence économique est une réalité particulièrement manifeste pour les 13 États membres qui ont adhéré à l’UE depuis 2004 et ont connu un rattrapage économique et social impressionnant et ininterrompu, leur permettant de résister face aux crises majeures que l’UE a traversées 1 . Néanmoins, l’économie de l’UE est confrontée à des défis pour sa compétitivité, avec une croissance peu élevée de la productivité, exacerbée par une faible dynamique en matière d’investissement et des pénuries persistantes de main-d’œuvre et de compétences. Il existe également des marges importantes pour renforcer la convergence économique et sociale ascendante, tant entre les États membres qu’à l’intérieur de ceux-ci. L’UE continuera de s’attaquer aux défis structurels qui entravent sa compétitivité et sa résilience. Pour ce faire, il est nécessaire d’approfondir le marché unique dans ses quatre dimensions; de réaliser des investissements bien ciblés aux niveaux européen, national et régional; et de mener un programme de réformes ambitieux. Outre l’analyse fournie par la Commission 2 , le rapport de haut niveau d’Enrico Letta 3 présente des propositions concrètes pour éclairer le débat sur l’avenir du marché unique autour de domaines prioritaires clés 4 . Le rapport de haut niveau sur la compétitivité de l’UE, élaboré par Mario Draghi, apportera des orientations supplémentaires. Dans le présent paquet de printemps, la Commission fournit une analyse et propose des recommandations par pays pour remédier aux principales entraves et mettre en place les conditions propres à stimuler la compétitivité, tout en alignant ces actions sur la poursuite, par l’UE, des objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies.

2. UN CADRE DE GOUVERNANCE ÉCONOMIQUE RÉVISÉ

La législation révisée réformant le cadre de gouvernance économique de l’UE est entrée en vigueur le 30 avril 2024 5 . La réforme vise à remédier aux lacunes du cadre antérieur, pour le rendre plus simple, plus transparent mais aussi plus efficace, en incitant les États membres à se l'approprier davantage et grâce à une application plus stricte des règles. Le cadre réformé vise à renforcer la soutenabilité de la dette au moyen d’un assainissement budgétaire progressif tout en préservant l’investissement public. Il promeut une croissance durable et inclusive dans tous les États membres au moyen de réformes et d’investissements, y compris dans des domaines stratégiques tels que la transition écologique et numérique, la résilience sociale et économique et la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux, la sécurité énergétique et le renforcement des capacités de défense. Le cadre réformé sera pleinement intégré dans le Semestre européen. Au cœur de ce nouveau cadre, les États membres doivent élaborer des plans budgétaires et structurels à moyen terme, dans lesquels ils définiront leurs trajectoires de dépenses ainsi que leurs réformes et investissements prioritaires pour les quatre prochaines années. La crédibilité du nouveau cadre sera renforcée par une association des parlements nationaux et des autres parties prenantes nationales, notamment les institutions budgétaires indépendantes et les partenaires sociaux, en particulier lors de l’élaboration des plans. Ce processus devrait renforcer l’appropriation au niveau national en accordant aux États membres une plus grande marge de manœuvre pour concevoir leurs trajectoires d’ajustement budgétaire et définir les engagements en matière de réformes et d’investissements, conformément aux priorités communes de l’UE et aux investissements nécessaires dans les biens publics européens. Les États membres présenteront des rapports d’avancement annuels afin de faciliter un suivi et une application plus efficaces de la mise en œuvre de leurs engagements.

La Commission collabore avec les États membres pour faire en sorte que le premier ensemble de plans budgétaires et structurels à moyen terme soit présenté, évalué et approuvé en temps utile. Le 21 juin, la Commission doit fournir aux États membres des orientations sur les exigences en matière d’information applicables aux plans et aux rapports d’avancement annuels ultérieurs. Lorsque cela s’avérera nécessaire, la Commission transmettra aux États membres des orientations chiffrées sur les ajustements budgétaires (trajectoires de référence et informations techniques). Sur la base de ces orientations, les États membres et la Commission engageront des dialogues techniques pour contribuer à l’élaboration des plans. Les États membres devraient présenter leur premier plan budgétaire et structurel à moyen terme à l’automne. Le délai légal est fixé au 20 septembre, sauf si l’État membre et la Commission conviennent de prolonger ce délai pour une période raisonnable. Afin de garantir que les budgets pour 2025 constituent la première étape de la mise en œuvre des plans budgétaires et structurels à moyen terme et d’assurer une pleine mise en œuvre à partir de 2025, lesdits plans seront évalués en même temps que les projets de plans budgétaires des États membres de la zone euro, qui devront être présentés au plus tard le 15 octobre.

Les recommandations par pays, y compris celles proposées par la Commission dans le présent paquet de printemps, soutiennent fortement les engagements en matière de réformes et d’investissements à définir dans les plans budgétaires et structurels à moyen terme des États membres. Les plans décriront comment les États membres entendent garantir la réalisation des réformes et des investissements en réponse aux principaux défis recensés dans le cadre du Semestre européen et aux priorités communes de l’UE. Lorsqu’un État membre présente un ensemble d’engagements en matière de réformes et d’investissements sous-tendant une prolongation de la période d’ajustement de trois ans au maximum, ces engagements devraient entraîner une amélioration durable du potentiel de croissance et de résilience de l’économie de l’État membre concerné, et soutenir la viabilité des finances publiques, garantir un investissement public soutenu et donner suite aux recommandations par pays pertinentes ainsi qu’aux priorités communes de l’Union.

3. PRINCIPAUX OBJECTIFS POUR LES RECOMMANDATIONS PAR PAYS DE 2024

Les rapports par pays de 2024 analysent de manière exhaustive l’évolution de la situation économique et sociale des États membres et fournissent une vue d’ensemble de leur compétitivité. Les rapports recensent les principaux défis restant à relever qui nécessitent de nouvelles mesures, en mettant l’accent sur la compétitivité. Ils proposent également une évaluation actualisée des progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations par pays antérieures, du socle européen des droits sociaux et des objectifs connexes de la stratégie Europe 2030 en matière d’emploi, de compétences et de réduction de la pauvreté, ainsi que des ODD. Les rapports font également le point sur la mise en œuvre en cours des PRR, y compris de leurs chapitres REPowerEU, et des programmes de la politique de cohésion, en décrivant la complémentarité de ces instruments. En outre, ils définissent les grandes priorités en vue de l’examen à mi-parcours des programmes de la politique de cohésion.

Sur la base des analyses figurant dans les rapports par pays, les recommandations de la Commission relatives aux recommandations par pays visent à renforcer la compétitivité des États membres. Les États membres sont invités à agir sans tarder et à veiller à la mise en œuvre en temps utile des programmes de la politique de cohésion ainsi que des réformes et des investissements de leurs PRR, y compris ceux figurant dans les chapitres REPowerEU. Malgré les progrès constants réalisés, certains États membres accusent des retards significatifs et d’importantes difficultés, ce qui nécessite une action rapide. Les recommandations par pays continuent de recenser les défis qui ne sont que partiellement ou pas du tout traités par les PRR. Dans le même temps, de nouveaux défis et de nouvelles priorités se font jour, et les défis et priorités existants ont été amplifiés pour ce qui est de leur impact sur la compétitivité, ce qui exige des États membres qu’ils prennent des mesures supplémentaires. À cet égard, les États membres devraient inclure des réformes et des investissements dans leurs prochains plans budgétaires et structurels à moyen terme 6 , entre autres, afin de soutenir la prolongation éventuelle d’une période d’ajustement. En outre, l’examen à mi-parcours des programmes de la politique de cohésion est l’occasion d’examiner des défis et des vulnérabilités dont l’ampleur a augmenté depuis l’approbation des derniers programmes.

Pour chaque État membre, les recommandations par pays comprennent:

1.une recommandation sur la politique budgétaire, contenant des réformes budgétaires structurelles le cas échéant;

2.une recommandation sur la mise en œuvre du PRR et des programmes de la politique de cohésion, tenant compte des risques propres à chaque pays en ce qui concerne la mise en œuvre, qui comprend des orientations en vue de l’examen à mi-parcours des programmes de la politique de cohésion;

3.le cas échéant, des recommandations supplémentaires concernant les défis en suspens et/ou les défis émergents, mettant l’accent sur l’amélioration de la compétitivité.

4. DÉFIS RESTANT À RELEVER

4.1 Stabilité macroéconomique

La croissance économique de l’UE devrait augmenter progressivement en 2024, mais à un rythme inégal d’un État membre à l’autre. La forte croissance du PIB en 2021-2022, conjuguée à une inflation élevée, a entraîné un net recul des ratios de la dette au PIB. Ce recul devrait ralentir dans un contexte où l’inflation est plus faible et la croissance reste modérée. Après le ralentissement de 2023, la croissance du PIB devrait s’accélérer progressivement, pour atteindre 1,0 % en 2024 et 1,6 % en 2025. Sur le plan extérieur, la forte baisse des prix de l’énergie en 2023 a amélioré la situation des comptes courants en Europe. La Commission a constaté des vulnérabilités dues à des déséquilibres macroéconomiques ou à des déséquilibres excessifs dans neuf États membres dans le cadre de la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques. L’encadré n° 2 résume les constatations relatives aux déséquilibres macroéconomiques enregistrés dans les États membres.

Une accélération de l’achèvement de l’union bancaire et des progrès sur la voie de l’union des marchés des capitaux permettra de préserver davantage la stabilité financière et est essentielle pour financer la double transition écologique et numérique et stimuler la compétitivité. Le système bancaire de l’UE est solide, comme le confirment les résultats des derniers tests de résistance de l’Autorité bancaire européenne et de la Banque centrale européenne. Toutefois, l’avenir s’annonce plus difficile pour le système financier de l’UE, avec les perspectives d’augmentation des coûts de financement, de baisse des revenus d’intérêts et de ralentissement de la croissance des prêts ainsi que d’une croissance économique modeste. L’achèvement de l’union bancaire, notamment par la mise en place d’un système commun d’assurance des dépôts, est une priorité essentielle pour parvenir à une plus grande stabilité financière et soutenir un financement approprié de l’économie de l’UE. Afin de répondre aux besoins financiers substantiels liés aux transitions écologique et numérique et de stimuler l’innovation et la compétitivité, il convient de compléter les financements bancaires par des possibilités de financement fondées sur le marché et ces dernières doivent d’urgence être plus largement et plus facilement accessibles en Europe. Rendre l’économie de l’UE plus productive, plus résiliente et plus compétitive suppose de s’appuyer sur des marchés des capitaux intégrés, profonds et liquides, qui peuvent tirer le meilleur parti de l’épargne des Européens et allouer plus efficacement les capitaux, y compris pour les jeunes pousses et les entreprises en expansion innovantes. Conformément aux récentes conclusions du Conseil européen et à la déclaration de l’Eurogroupe, la Commission poursuit ses travaux sur des mesures visant à créer un véritable marché unique des capitaux au profit des citoyens et des entreprises dans l’ensemble de l’Union.

2024 marque une année de transition pour la coordination des politiques budgétaires dans l’UE, avec l’entrée en vigueur du cadre de gouvernance économique révisé. La crise de la COVID-19, la flambée temporaire des prix de l’énergie et les mesures requises pour y répondre ont contribué à une augmentation substantielle de la dette publique dans plusieurs États membres au cours des dernières années. Il convient désormais de réduire le soutien budgétaire afin de placer la dette sur une trajectoire descendante ou de la maintenir à des niveaux prudents. Pour 2024, les recommandations du Conseil de juillet 2023 comprennent des orientations quantifiées qui restent valables. Pour 2025 et au-delà, des politiques budgétaires prudentes devraient garantir que la croissance des dépenses nettes 7 sera compatible avec les exigences d’ajustement budgétaire prévues par le nouveau cadre de gouvernance. Concrètement, les États membres dont la dette publique dépasse 60 % du PIB ou dont le déficit est supérieur à 3 % du PIB doivent veiller à ce que la croissance des dépenses nettes soit limitée à un taux qui place le ratio de la dette publique au PIB sur une trajectoire descendante plausible à moyen terme, tout en ramenant le déficit public sous les 3 % du PIB et en le maintenant sous cette valeur de référence à moyen terme. Outre la nécessité de maintenir une stratégie budgétaire prudente, l’investissement public doit être maintenu et, le cas échéant, accru, afin de soutenir la croissance à long terme, la résilience sociale et économique, les transitions écologique et numérique et le renforcement des capacités de défense. L’Union européenne est déterminée à accroître sa préparation et ses capacités globales en matière de défense afin de répondre à ses besoins et à ses ambitions dans le contexte de l’augmentation des menaces et des défis de sécurité. Afin d’améliorer l’accès de l’industrie européenne de la défense aux financements publics et privés, la Commission donnera suite à la demande du Conseil européen d’étudier toutes les possibilités de mobilisation de fonds.

La Commission a l’intention de proposer au Conseil d’ouvrir des procédures concernant les déficits excessifs, comme annoncé dans la communication sur les orientations en matière de politique budgétaire pour 2024 8 . Au cours d’une première étape qui s’inscrit dans le cadre du présent paquet, la Commission présente un rapport examinant les motifs du dépassement de la valeur de référence de 3 % du PIB dans 12 États membres (voir encadré n° 1). Le rapport conclut que le critère du déficit n’est pas respecté dans sept États membres. Cela signifie que, pour ces États membres, la Commission a l’intention de proposer au Conseil, en juillet, des décisions établissant l’existence d’un déficit excessif, à la suite de l’avis du comité économique et financier. La prochaine étape de la procédure, à savoir les recommandations de la Commission relatives aux recommandations du Conseil sur la correction des déficits excessifs, se déroulera parallèlement à l’adoption des avis de la Commission sur les projets de plans budgétaires des États membres de la zone euro. Cette approche garantira la cohérence entre les exigences budgétaires dans le cadre de la procédure concernant les déficits excessifs et la trajectoire d’ajustement définie dans les plans budgétaires et structurels à moyen terme, pour autant que ces derniers soient présentés par les États membres dans les délais, comme préconisé plus haut. En l’absence de plan au moment où la Commission remettra son avis sur les projets de plans budgétaires et afin d’éviter toute discontinuité de la surveillance dans le cadre de la procédure concernant les déficits excessifs, les exigences budgétaires relevant de la procédure concernant les déficits excessifs seraient fondées sur les trajectoires de référence. Ce calendrier est exceptionnel et lié à la transition vers le nouveau cadre et ne constitue dès lors pas un précédent.

Encadré 1: Actualisation concernant la surveillance budgétaire exercée au titre du pacte de stabilité et de croissance révisé

Dans le cadre du paquet «Semestre européen» du printemps 2024, la Commission a adopté un rapport au titre de l’article 126, paragraphe 3, du TFUE pour 12 États membres, à savoir la Belgique, la Tchéquie, l’Estonie, l’Espagne, la France, l’Italie, la Hongrie, Malte, la Pologne, la Slovénie, la Slovaquie et la Finlande. Pour chacun de ces États membres, le rapport examine si le critère du déficit est respecté. Pour 10 de ces États membres (Belgique, Tchéquie, Estonie, Espagne, France, Italie, Hongrie, Malte, Pologne et Slovaquie), le rapport se fonde sur un déficit public supérieur à 3 % du PIB en 2023. La Slovénie et la Finlande font partie de ce groupe parce qu’un déficit supérieur à la valeur de référence de 3 % du PIB est attendu pour 2024. Le rapport conclut que le critère du déficit est respecté pour la Tchéquie, l’Estonie, l’Espagne, la Slovénie et la Finlande et qu’il ne l’est pas pour la Belgique, la France, l’Italie, la Hongrie, Malte, la Slovaquie et la Pologne. Le respect du critère de la dette ne peut pas être pleinement évalué à ce stade conformément aux critères du nouveau cadre, c’est-à-dire sans une trajectoire des dépenses nettes approuvée par le Conseil 9 .

La Roumanie, qui se trouve dans une situation de déficit excessif depuis 2020, est considérée comme n’ayant pas engagé d’action efficace pour remédier à cette situation. Le 3 avril 2020, le Conseil a jugé, sur la base des données de 2019, qu’il existait un déficit excessif en Roumanie. Dans sa recommandation du 17 juin 2022, il a demandé à la Roumanie de mettre un terme à cette situation de déficit excessif au plus tard en 2024. Le déficit public de la Roumanie en 2022 était conforme à la recommandation du Conseil de 2022, mais s’écartait de la recommandation du Conseil de 2023. La Commission inclut dans le paquet présenté aujourd’hui une proposition de décision du Conseil établissant que la Roumanie n’a pas engagé d’action efficace en réponse à la recommandation du Conseil du 17 juin 2022.

La poursuite du renforcement de la viabilité budgétaire des systèmes publics de retraite et de l’amélioration du rapport coût-efficacité des systèmes de santé et de soins de longue durée dans un contexte caractérisé par le vieillissement de la population, tout en garantissant une qualité et un accès adéquats, devrait rester un objectif clé pour les États membres. Les coûts liés au vieillissement représentent environ un cinquième du PIB pour l’UE et devraient augmenter de manière significative à moyen et à long terme 10 . Les systèmes de retraite, de soins de santé et de soins de longue durée devraient s’adapter à ces défis, notamment au moyen de mesures visant à encourager la participation des travailleurs âgés au marché du travail, à renforcer la viabilité du système de retraite et à améliorer le rapport coût-efficacité des systèmes de soins de santé et de soins de longue durée.

L’exploitation des sources d’imposition sous-utilisées et le renforcement du respect des obligations fiscales par les contribuables peuvent contribuer à garantir des recettes fiscales suffisantes pour soutenir l’investissement public, ainsi qu’à atteindre les objectifs stratégiques communs et à préserver la viabilité budgétaire. Un bouquet fiscal équilibré et davantage paré pour l’avenir, fondé également sur la condition de ressources et sur des évaluations des effets distributifs, soutiendra la mise en œuvre d’une croissance inclusive et durable. Il s’agit notamment de déplacer une partie de la charge fiscale de la fiscalité du travail vers la fiscalité environnementale et la taxation récurrente des biens immobiliers de manière équitable et efficace, par exemple en renforçant le principe du pollueur-payeur. Des outils efficaces pour lutter contre les stratégies de planification fiscale agressive et l’amélioration du respect des obligations fiscales contribuent à garantir un traitement équitable des contribuables, un financement efficace des services publics et un soutien aux investissements privés. La poursuite de la modernisation et de la numérisation des administrations fiscales devrait encore réduire les coûts de mise en conformité et augmenter les recettes fiscales.

Encadré 2: Déséquilibres macroéconomiques dans les États membres

La Commission a évalué l’existence de déséquilibres macroéconomiques pour les 12 États membres sélectionnés pour faire l’objet d’un bilan approfondi dans le rapport de 2024 sur le mécanisme d’alerte. Onze d’entre eux avaient été identifiés comme présentant des déséquilibres ou des déséquilibres excessifs au cours du cycle de surveillance précédent dans le cadre de la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques, et la Slovaquie était considérée comme présentant des risques de nouveaux déséquilibres. Cette année, en réponse à une demande des États membres 11 , les bilans approfondis ont été présentés avant le paquet de printemps afin de permettre des discussions multilatérales plus approfondies avant que les recommandations par pays ne soient formulées au printemps 12 .

La classification des déséquilibres repose sur trois critères: (i) la gravité des déséquilibres, (ii) l’évolution des déséquilibres et les perspectives et (iii) les mesures prises en conséquence. Elle reflète une orientation plus prospective de la PDM, communiquée dans le cadre du réexamen de la gouvernance économique. Dans le cadre de l’approche prospective, ces trois critères restent d’application, mais l’accent est davantage mis sur l’évolution des déséquilibres sous-jacents ainsi que sur l’adoption et la mise en œuvre de mesures prises en conséquence par les autorités nationales pour surmonter ces déséquilibres ou les risques qu’ils présentent.

Les classifications appliquées dans le cadre de la PDM reflètent également l’entrée en vigueur du nouveau cadre de gouvernance économique en clarifiant les rôles respectifs de la PDM et du PSC dans la surveillance macroéconomique globale lorsqu’il s’agit de faire face aux risques pour la viabilité budgétaire, afin de mettre en place un régime de surveillance plus ciblé et plus efficace. En résumé, lorsque les risques sont essentiellement liés à des préoccupations en matière de viabilité budgétaire et que les mesures prises par les pouvoirs publics relèvent pour l’essentiel de la politique budgétaire, le PSC devrait être considéré comme le moyen approprié pour assurer la surveillance et émettre des recommandations stratégiques. Lorsque, outre la viabilité budgétaire, il existe des risques macroéconomiques plus larges qui nécessitent une réaction plus complète des pouvoirs publics, la PDM reste un outil approprié pour compléter la surveillance au titre du PSC, y compris la procédure concernant les déficits excessifs. Lorsque les vulnérabilités d’un État membre ne sont pas dues à une dette publique élevée ou à un grand laxisme budgétaire, la PDM sera probablement le seul moyen de garantir un mécanisme de surveillance suffisamment solide.

La Commission a pris plusieurs décisions dans le cadre de la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques. De manière générale, l’évaluation des vulnérabilités macroéconomiques s’inscrit dans un contexte marqué par l’inflation toujours élevée, mais en baisse, induite par les prix de l’énergie. Les prix élevés de l’énergie ont eu une incidence négative sur les soldes extérieurs, et l’inflation qui en a résulté a entraîné un durcissement des conditions de financement au cours des deux dernières années, tout en facilitant la réduction de l’effet de levier des encours de la dette. Au cours de l’année écoulée, les prix de l’immobilier ont baissé dans les pays où ils étaient les plus surévalués. Les vulnérabilités diminuent dans la plupart des États membres faisant l’objet d’un bilan approfondi et, dans plusieurs cas, aboutissent à une amélioration de la classification des déséquilibres dans le cadre de la PDM. Toutefois, dans quelques autres États membres, les vulnérabilités ont augmenté dans une mesure qui conduit à une nouvelle constatation de déséquilibres ou de déséquilibres excessifs. L’évolution de la situation est généralement favorable dans les autres États membres analysés, mais des défis importants subsistent.

• La France, l’Espagne et le Portugal ne connaissent plus de déséquilibres, les vulnérabilités ayant globalement diminué. Les risques en matière de viabilité budgétaire seront examinés dans le cadre du PSC réformé, et notamment dans le cadre du plan budgétaire et structurel à moyen terme et de la procédure concernant les déficits excessifs pour la France.

• La Grèce et l’Italie connaissent des déséquilibres après avoir connu des déséquilibres excessifs jusqu’à l’année dernière car les vulnérabilités ont diminué, mais restent préoccupantes. Les risques en matière de viabilité budgétaire seront examinés dans le cadre du PSC réformé, et notamment dans le cadre du plan budgétaire et structurel à moyen terme et de la procédure concernant les déficits excessifs pour l’Italie.

• Il apparaît que la Slovaquie connaît désormais des déséquilibres. Les vulnérabilités liées à la compétitivité des coûts, au solde extérieur, au marché immobilier et à l’endettement des ménages ont persisté, et aucune mesure n’a été adoptée par les pouvoirs publics.

• La Roumanie connaît des déséquilibres excessifs après avoir connu des déséquilibres jusqu’à l’année dernière, car les vulnérabilités liées aux comptes extérieurs, principalement à des déficits publics importants et croissants, subsistent, tandis que les pressions sur les prix et les coûts, déjà importantes, se sont accrues et que les mesures prises par les pouvoirs publics ont été faibles.

• L’Allemagne, Chypre, la Hongrie, les Pays-Bas et la Suède continuent de connaître des déséquilibres. Pour l’Allemagne, des mesures appropriées dans le cadre du plan budgétaire et structurel à moyen terme seront nécessaires pour revoir l’évaluation.

L’appendice 4 détaille les aspects propres à chacun des 12 États membres concernés.

4.2 Productivité

L’UE connaît un ralentissement de la croissance de la productivité depuis le début des années 2000, exacerbé par la faiblesse des taux d’investissement résultant de la crise financière et de l’accroissement de l’écart de productivité par rapport à d’autres grandes économies. Bien que les taux d’investissement se soient redressés, la croissance de la productivité de l’UE accuse du retard, en particulier par rapport à celle des États-Unis. Cela s’explique par la taille plus réduite des secteurs à forte croissance tels que le secteur manufacturier des TIC et les services numériques, dans lesquels l’innovation n’est pas suffisamment renforcée, le manque d’investissements dans la recherche et l’innovation et les pénuries persistantes de compétences. En outre, l’UE a besoin d’un environnement des entreprises plus propice à l’innovation. Pour ce faire, il convient de s’attaquer à une série de goulets d’étranglement aux niveaux régional, national et de l’UE. En particulier, l’UE doit réduire la charge administrative, assurer l’avenir du marché unique, améliorer l’accès au financement et mobiliser davantage de capitaux privés en achevant l’union bancaire et en approfondissant et en intégrant nos marchés des capitaux, relever les niveaux de compétences et garantir un environnement réglementaire stable et un système de déclaration plus souple pour les entreprises.

L’approfondissement du marché unique est essentiel pour favoriser la productivité et la compétitivité. Un marché pleinement intégré crée un environnement propice pour permettre aux jeunes pousses et aux petites et moyennes entreprises (PME) de réussir et d’atteindre l’échelle nécessaire pour affronter la concurrence sur la scène mondiale. Il convient de mettre l’accent sur les marchés des services, qui font partie intégrante de l’économie de l’UE et sont de plus en plus étroitement liés aux autres écosystèmes industriels. Des efforts conjoints sont nécessaires aux niveaux européen, national, régional et local, en particulier pour réduire les formalités administratives, les obligations de déclaration et les coûts de mise en conformité fiscale, unifier les normes et supprimer les obstacles à l’investissement. La Commission a récemment présenté les premières propositions législatives visant à réduire de 25 % les obligations de déclaration au niveau européen, et les États membres sont encouragés à parvenir à ce niveau d’ambition. Le renforcement de la concurrence grâce aux marchés publics et l’amélioration de la gouvernance et des capacités administratives 13 peuvent également favoriser un environnement favorable aux entreprises. Le respect de l’état de droit, et en particulier des systèmes de justice indépendants, efficients et de qualité, la sécurité juridique et l’égalité devant la loi sont également des facteurs clés d’un environnement des entreprises qui favorise l’investissement et l’innovation. La participation de toutes les régions au marché unique est nécessaire pour les intégrer dans les chaînes de valeur européennes et mondiales, ce qui empêche la stagnation du développement et, partant, les pièges de développement. Il est possible d’exploiter davantage le potentiel et les avantages concurrentiels de toutes les régions de l’UE, en particulier dans les États membres où le développement économique est porté par la compétitivité des régions des capitales. L’amélioration de l’accessibilité et de la connectivité grâce à des investissements accrus dans les infrastructures de transport et dans des services et des modes de transport modernes à faibles émissions sera essentielle à un développement géographiquement équilibré. En outre, il importe de tenir compte de tout effet que la guerre d’agression menée par la Russie en Ukraine pourrait avoir sur la résilience des régions limitrophes de la Russie.

Une politique industrielle cohérente et globale est essentielle pour soutenir la transformation technologique de l’UE et garantir la résilience des chaînes d’approvisionnement, tout en préservant des marchés concurrentiels et non faussés. Une politique industrielle au niveau de l’UE menée en coordination avec des actions au niveau national visant à préserver des conditions de concurrence équitables et l’intégrité du marché unique, est essentielle pour contribuer à accroître les capacités de production et à créer des emplois de qualité, en particulier pour les chaînes d’approvisionnement et les technologies critiques. Pour y parvenir, il convient de mettre en œuvre le plan industriel du pacte vert 14 ; de mobiliser de manière plus stratégique les fonds de l’UE et d’autres instruments financiers de l’UE afin d’attirer davantage de soutien privé; de recourir aux marchés publics dans les secteurs stratégiques pour soutenir des solutions résilientes, vertes, sociales, numériques et innovantes; et de mettre en œuvre l’initiative STEP, qui vise à renforcer les technologies critiques. Parallèlement, il convient de garantir une concurrence loyale, non seulement au sein du marché unique, mais aussi à l’égard des pays tiers.

La politique commerciale a un rôle important à jouer dans le renforcement de la compétitivité de l’UE. La pandémie de COVID-19 et l’agression non provoquée de la Russie contre l’Ukraine ont généré des perturbations dans nos chaînes d’approvisionnement, révélant des vulnérabilités liées à un manque de diversification des sources pour certains intrants critiques et à une dépendance excessive à l’égard d’un nombre limité de partenaires commerciaux. Le meilleur moyen de préserver les chaînes d’approvisionnement de l’UE est de s’appuyer sur une combinaison de fournisseurs nationaux et de fournisseurs de pays tiers diversifiés, ainsi que de capacités industrielles connexes. L’ouverture économique est une force et le vaste réseau d’accords commerciaux de l’UE contribue à soutenir la croissance et l’emploi. Les échanges commerciaux devraient se poursuivre en période de tensions internationales croissantes. Face à la menace de surcapacités dans des secteurs stratégiques déclenchée par des subventions générant des distorsions et des décisions commerciales unilatérales, l’UE s’efforcera d’utiliser tous les instruments à notre disposition pour garantir des conditions de concurrence équitables, améliorer la transparence des chaînes d’approvisionnement, accroître la diversification des approvisionnements vulnérables et œuvrer en faveur de partenariats plus étroits avec nos partenaires commerciaux 15 , tout en renforçant sa sécurité économique.

Il est essentiel d’accroître les investissements dans la recherche et l’innovation (R&I), notamment par le secteur privé, pour stimuler la compétitivité. L’UE est à la traîne par rapport à d’autres grandes économies telles que les États-Unis, la Chine et le Japon en ce qui concerne les investissements dans la R&I. L’UE est loin de son objectif de 3 % du PIB consacrés aux dépenses de R&I 16 , en raison de la faiblesse des dépenses du secteur des entreprises 17 et des investissements publics dans la R&I. Le renforcement des incitations en faveur des investissements privés dans la R&I nécessite des conditions-cadres propices, telles qu’un environnement fiscal et un environnement des entreprises favorables. Les États membres devraient mettre en œuvre des réformes ambitieuses pour construire des écosystèmes intégrés de R&I, en mettant l’accent sur la gouvernance, les infrastructures et systèmes publics de recherche, la collaboration entre le monde scientifique et les entreprises et les transferts de connaissances, ainsi que sur le déploiement et l’adoption de l’innovation, y compris dans le cadre de marchés publics, et en accordant une attention particulière aux perspectives de carrière des chercheurs et aux mesures visant à attirer et à retenir les talents dans toute l’Europe. Il convient d’optimiser les synergies entre les programmes menés au niveau de l’UE et ceux des États membres.

Des efforts renouvelés doivent également être réalisés dans le domaine de la transition numérique, qui est essentielle à la mise en place d’une économie moderne compétitive. D’une part, l’UE est un acteur mondial de premier plan dans le développement de technologies combinant des innovations numériques et écologiques. D’autre part, 8 % à peine des entreprises ont utilisé les technologies de l’IA en 2023 et seulement 58 % des PME ont atteint un niveau élementaire d’intensité numérique. L’UE a intensifié ses efforts pour renforcer les capacités numériques, en fournissant des niveaux de financement plus élevés, notamment au moyen des PRR et des programmes de la politique de cohésion, et en lançant des initiatives telles que les projets importants d’intérêt européen commun (PIIEC) pour la microélectronique 18 et les technologies d’informatique en nuage 19 . Néanmoins, des investissements publics supplémentaires sont nécessaires dans les infrastructures et les compétences numériques, en particulier pour remédier à la pénurie de spécialistes des TIC 20 et réduire la fracture numérique. En outre, les initiatives visant à lever les obstacles à l’utilisation transfrontière des technologies, à simplifier les procédures administratives et à automatiser l’échange d’informations au sein de l’UE sont également essentiellles pour la transition numérique. Au niveau des États membres, il convient d’encourager les investissements privés et les marchés publics dans les technologies numériques et l’intelligence artificielle (IA).

Il est essentiel d’améliorer l’accès au financement pour les projets innovants, en particulier pour les jeunes pousses, ainsi que pour les entreprises en expansion. Les performances de l’UE sont entravées par des activités à risque et innovantes qui n’ont qu’un accès limité au financement, telles que le financement sur fonds propres et le capital-risque 21 . Ce sous-développement contribue au faible nombre de jeunes pousses de l’UE obtenant de valorisations élevées et rencontrant la réussite sur les marchés mondiaux. Des réformes nationales visant à améliorer l’allocation de l’épargne et le financement des capitaux et à faciliter le financement par les marchés des capitaux et d’autres formes de financement, en particulier pour les PME et les entreprises de l’économie sociale, sont nécessaires pour remédier à ces lacunes et soutenir la productivité et l’innovation dans l’ensemble de l’Union. Au niveau de l’UE, il est essentiel d’accélérer les progrès en ce qui concerne l’union des marchés des capitaux afin d’accroître les sources de financement fondées sur le marché pour les entreprises de toutes tailles et d’intégrer les marchés des capitaux de l’UE dans un véritable marché unique des capitaux. Un accord rapide et ambitieux entre les colégislateurs de l’UE sur la proposition de la Commission visant à garantir des cadres d’insolvabilité efficaces et harmonisés favoriserait une allocation plus efficace des ressources et un soutien aux activités et aux secteurs présentant le meilleur potentiel de croissance.

L’amélioration des résultats en matière d’éducation et le développement des compétences sont essentiels pour la productivité et la compétitivité de l’UE. Des ensembles de compétences renforcés sont nécessaires à l’évolution de l’économie et à la réussite des transitions écologique et numérique. Dans le même temps, les derniers résultats des tests du programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l’OCDE montrent une baisse significative des compétences de base des élèves de 15 ans dans l’ensemble de l’UE. L’accès à une éducation et à une formation inclusives et de qualité, avec des enseignants qualifiés et des programmes modernisés dans les États membres et leurs régions, demeure essentiel pour garantir la prospérité et le progrès social de l’UE et surmonter le piège de développement des talents auquel sont confrontées certaines régions 22 . L’amélioration des compétences en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM) et l’augmentation du nombre de diplômés dans ces matières, notamment des femmes, stimuleront également la recherche, l’innovation et la compétitivité.

4.3 Durabilité environnementale

Conformément à son objectif d’atteindre la neutralité climatique d’ici à 2050 et d’accroître la compétitivité et l’autonomie stratégique ouverte, l’UE poursuivra ses efforts de diversification de l’approvisionnement énergétique et de modernisation des infrastructures énergétiques. La part des importations russes dans le total des importations de gaz de l’UE est tombée à 15 % en 2023, contre environ 40 % historiquement, mais certains États membres doivent redoubler d’efforts pour éliminer progressivement les importations de gaz naturel liquéfié en provenance de Russie. La grande majorité des pays de l’UE ont inclus des chapitres REPowerEU dans leurs PRR modifiés, pour un montant de plus de 60 milliards d’euros, ce qui accroît l’utilisation des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique et la réduction nécessaire de la dépendance à l’égard des combustibles fossiles avant 2030. Le soutien envisagé au titre de la politique de cohésion de 47 milliards d’euros dans les secteurs de l’efficacité énergétique, des énergies renouvelables et des systèmes énergétiques intelligents jouera également un rôle important dans la mise en œuvre de plusieurs actions clés dans le cadre du plan REPowerEU . Les investissements dans la production d’énergie soutenus par la FRR devraient fournir au moins 60 GW de capacités supplémentaires d’énergie renouvelable d’ici à 2026 et 9,5 GW de capacités supplémentaires en matière d’énergies renouvelables seront installés dans le cadre de la politique de cohésion d’ici à 2029. En 2023, la part des sources d’énergie renouvelables dans la production d’électricité est passée à 43 % 23 et les réformes des procédures d’octroi de permis, également dans le cadre des PRR, ont contribué à cette augmentation substantielle. Pour maintenir cette dynamique, il convient de s’attaquer en priorité aux goulets d’étranglement qui subsistent en ce qui concerne les capacités administratives, y compris en ce qui concerne les procédures de planification et d’autorisation au niveau local. En outre, il est essentiel d’accélérer l’expansion et la modernisation des réseaux électriques, y compris par de nouvelles installations de stockage de l’énergie et de nouvelles interconnexions, afin de permettre l’intégration des énergies renouvelables dans le système énergétique et d’accroître l’électrification. Le plan d’action de l’UE pour les réseaux 24 , adopté en novembre 2023, ouvre la voie à la création de réseaux électriques durables et résilients. La première liste de projets d’intérêt commun et d’intérêt mutuel de l’UE 25 recense les infrastructures énergétiques qui constituent une priorité pour l’UE en ce qui concerne la mise en œuvre du pacte vert et le renforcement de la sécurité énergétique, en mettant l’accent sur les réseaux nécessaires à l’électrification, au développement des énergies renouvelables en mer et au déploiement de l’économie de l’hydrogène vert.

Malgré certains progrès, un déficit d’ambition subsiste en ce qui concerne la réalisation des objectifs pour 2030 en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique. L’industrie européenne est confrontée à des prix de l’énergie relativement élevés. Il est donc essentiel de réduire la demande d’énergie en accroissant l’efficacité énergétique et en passant à des énergies renouvelables moins coûteuses pour améliorer la compétitivité européenne. Toutefois, la plupart des États membres ne disposent pas d’une estimation solide et suffisamment détaillée des besoins d’investissement, ni de mesures concrètes pour attirer les investissements privés nécessaires pour financer la transition vers une énergie propre. La Commission invite tous les États membres à présenter leur version finale des plans nationaux actualisés et concrets en matière d’énergie et de climat (PNEC) au plus tard le 30 juin 2024, en tenant compte de ses recommandations sur les projets de plans et des recommandations par pays du Semestre européen. Cela inclut la nécessité pour les États membres de renforcer leurs politiques visant à supprimer progressivement les subventions aux combustibles fossiles afin de s’aligner sur l’objectif de l’UE de devenir une économie neutre pour le climat. La Commission encourage également les États membres à inclure ou à développer des chapitres sur la recherche et l’innovation dans leurs PNEC, en faisant référence au plan stratégique pour les technologies énergétiques 26 .

Il est essentiel d’accroître l’autonomie, la résilience et la compétitivité de l’industrie «zéro net» de l’UE pour la transition écologique et la compétitivité de l’UE. Afin d’intensifier la fabrication de technologies propres, le règlement pour une industrie «zéro net» 27 a été adopté en mai 2024. Il crée les conditions réglementaires favorables nécessaires pour attirer et soutenir les investissements dans les technologies et les projets connexes afin de répondre à l’augmentation de la demande européenne et mondiale. Il vise également à accélérer et à rationaliser les procédures d’autorisation dans les États membres, en particulier pour construire davantage d’installations de production pour les technologies «zéro net» et investir dans la décarbonation des sites industriels à forte intensité énergétique. Parmi ces technologies figurent, par exemple, les transports fonctionnant à l’hydrogène, les carburants d’aviation durables, les véhicules à émissions nulles, le transport ferroviaire à grande vitesse et les systèmes de transport intelligents. Outre les 85 milliards d’euros d’investissements dans les énergies renouvelables et les technologies propres dans le cadre de la politique de cohésion, la FRR a fourni environ 27 milliards d’euros de soutien à la production et au déploiement de technologies «zéro net», tandis que le Fonds pour l’innovation a fourni environ 407 millions d’EUR. Les États membres sont également encouragés à dépenser 25 % de leurs recettes issues des enchères dans le cadre du SEQE à cette fin. À ce jour, InvestEU a mobilisé plus de 250 milliards d’euros d’investissements, dont plus de la moitié soutiennent l’action pour le climat, les deux tiers des financements provenant d’investissements privés.

Pour atteindre les objectifs de l’UE en matière de transition écologique et numérique, il est nécessaire d’accéder à des sources sûres, durables et diversifiées de matières premières critiques, de mettre en place des chaînes d’approvisionnement pour l’extraction minière, la transformation et le raffinage, tout en promouvant des pratiques d’approvisionnement durables, le recyclage et l’utilisation de matières premières secondaires. La législation sur les matières premières critiques, qui est entrée en vigueur le 23 mai 2024, crée un cadre réglementaire visant à renforcer la sécurité d’approvisionnement de l’UE en matières premières critiques. EIle recense les projets stratégiques tout au long de la chaîne de valeur d’un sous-ensemble de matières premières critiques et comprend également des mesures visant à renforcer les capacités de surveillance de l’UE et à améliorer la circularité des matières premières critiques sur le marché européen. La promotion de l’économie circulaire, y compris des solutions circulaires, contribuera davantage à atteindre la neutralité climatique, car elle est susceptible d’économiser jusqu’à 25 % des émissions actuelles de gaz à effet de serre de l’UE 28 .

Avec la loi européenne sur le climat, l’UE s’est engagée à atteindre la neutralité climatique d’ici à 2050 et à renforcer l’adaptation au changement climatique. Des efforts accrus sont nécessaires pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et la consommation d’énergie afin d’atteindre les objectifs intermédiaires contraignants pour 2030, en particulier dans les secteurs des transports, du bâtiment et de l’agriculture. Une grande partie des investissements des États membres au titre de la FRR visent à développer la mobilité durable et à améliorer l’efficacité énergétique. La directive sur la performance énergétique des bâtiments 29 et l’initiative du nouveau Bauhaus européen 30 contribuent à la mise en place d’un environnement bâti neutre pour le climat, circulaire et respectueux de la nature 31 . La réduction de la pollution industrielle par le déploiement de technologies de production plus propres permettrait également de réaliser d’importantes économies de coûts 32 . La suppression progressive des combustibles fossiles, ainsi que la réforme des subventions préjudiciables à l’environnement et la mise en œuvre d’approches budgétaires vertes devraient également être accélérées. Parallèlement, les puits de carbone des États membres fournis par leurs secteurs de l’utilisation des terres, du changement d’affectation des terres et de la foresterie (UTCATF) doivent être renforcés. En outre, en mars 2024, la Commission a adopté une communication sur la gestion des risques climatiques 33 , qui souligne les efforts considérables que les États membres doivent déployer pour faire en sorte que des cadres institutionnels appropriés soient en place afin de gérer ces risques. Les régions côtières, méditerranéennes et orientales sont plus vulnérables et touchées de manière disproportionnée, et sont confrontées à des pertes économiques annuelles estimées à au moins 1 % du PIB et à une exposition accrue de l’homme aux effets négatifs du climat. La résilience dans le domaine de l’eau 34 , sa disponibilité et la gestion de l’eau, en particulier dans les régions les plus touchées par le changement climatique et la pollution de l’eau, y compris les régions ultrapériphériques, restent essentielles au bon fonctionnement des écosystèmes. Il s’agit en particulier de la transition énergétique et de la sécurité de l’approvisionnement énergétique. La mise en œuvre du principe du pollueur-payeur garantirait que les signaux de prix tiennent compte des externalités environnementales.

4.4 Équité

Le marché du travail de l’UE continue de faire preuve de résilience, avec un taux d’emploi proche des niveaux record, et le revenu réel a recommencé à augmenter pour la plupart des personnes. La croissance de l’emploi a été plus forte chez les femmes, les migrants en situation régulière et les travailleurs âgés. Cette évolution s’est accompagnée d’une forte croissance des salaires, qui devrait passer à 5,9 % en 2023. La croissance des salaires a dépassé l’inflation au troisième trimestre 2023, tandis que les salaires réels devraient retrouver pleinement leur niveau de 2021 d’ici à 2025. Les salaires minimaux continuent de jouer un rôle important à cet égard 35 .

Dans le même temps, malgré un certain ralentissement au cours des derniers trimestres, les pénuries de main-d’œuvre restent généralisées dans tous les secteurs et les niveaux de compétences 36 , tandis que les taux de chômage restent élevés dans certaines régions et que des inégalités persistent. Il reste encore beaucoup à faire pour améliorer la participation au marché du travail des groupes sous-représentés, notamment des femmes, des personnes âgées et des jeunes, ainsi que des groupes défavorisés tels que les Roms, les personnes issues de l’immigration et les personnes handicapées, comme le souligne le plan d’action sur les pénuries de main-d’œuvre et de compétences 37 , le train de mesures sur la mobilité des compétences et des talents 38 et les stratégies pour l’Union de l’égalité 39 , tous adoptés récemment. À long terme, les pénuries de main-d’œuvre et de compétences devraient encore s’accroître, en raison de la réduction de la main-d’œuvre due aux changements démographiques et de l’augmentation de la demande de travailleurs possédant des compétences spécifiques, par exemple ceux requis pour les transitions numérique et écologique ainsi que pour les secteurs des soins de santé et des soins de longue durée. Le plan d’action souligne l’importance d’une participation accrue à l’éducation et à la formation. Les États membres et les partenaires sociaux doivent développer conjointement la veille stratégique sur les besoins en compétences, mettre en place de nouveaux partenariats sectoriels et régionaux en matière de compétences et adapter les programmes d’études pour mieux répondre aux besoins du marché du travail, y compris dans le domaine de l’enseignement et de la formation professionnels. En outre, une conception appropriée des prestations fiscales et sociales (en accordant une attention particulière à leurs effets distributifs), des conditions de travail adéquates et l’amélioration des politiques actives du marché du travail peuvent contribuer à encourager la participation au marché du travail. Outre la réduction des écarts en matière d’emploi entre les hommes et les femmes, les investissements et les réformes visant à améliorer les résultats scolaires et les compétences contribuent également à améliorer l’égalité des chances, les résultats sur le marché du travail et la productivité.

L’amélioration des résultats scolaires pour tous est essentielle pour renforcer la productivité et la compétitivité et soutenir la convergence sociale ascendante dans l’UE. La baisse globale et inquiétante des résultats de l’enquête PISA reflète une performance généralement en baisse — y compris en ce qui concerne les meilleurs élèves, qui devraient stimuler l’innovation future — ainsi qu’un écart socio-économique croissant dans les résultats scolaires, soulignant la nécessité d’améliorer les résultats scolaires dans leur ensemble, de réduire les inégalités et de promouvoir l’excellence dans l’éducation 40 . Les niveaux d’inactivité restent élevés chez les jeunes. Les écarts croissants, y compris les disparités régionales marquées en matière d’accès à l’éducation et de qualité de celle-ci, entravent des régions entières et des groupes de population défavorisés, ce qui nuit à la cohésion sociale et territoriale et à la compétitivité des États membres. Des efforts stratégiques sont nécessaires pour accroître la disponibilité, l’inclusivité et la qualité de l’éducation, promouvoir la réussite scolaire, fournir des parcours permettant aux étudiants d’atteindre l’excellence et assurer des transitions harmonieuses entre l’éducation et l’emploi. En définitive, ces efforts servent également à soutenir les valeurs démocratiques et le fonctionnement de nos sociétés libres. Le renforcement de la fourniture de services d’éducation et d’accueil de la petite enfance inclusifs et de qualité peut améliorer les possibilités d’apprentissage pour les enfants défavorisés et stimuler la participation des femmes au marché du travail. Parmi les étudiants issus de milieux socio-économiques défavorisés, dont le nombre a augmenté de manière disproportionnée, presque la moitié (48 %) n’a pas atteint un niveau minimal de compétences en mathématiques en 2022.

L’augmentation du coût de la vie nuit le plus aux segments les plus vulnérables de notre société. Bien que l’inflation diminue rapidement, l’augmentation des coûts des denrées alimentaires, de l’énergie et des transports a des répercussions négatives qui touchent particulièrement les groupes à faibles revenus et les personnes en situation défavorisée 41 . Cela justifie la poursuite des efforts visant à réduire la pauvreté, y compris la précarité énergétique. Si les risques globaux de pauvreté sont restés globalement inchangés, la pauvreté infantile augmente et les disparités en matière de situation sociale, par exemple entre différents groupes et régions, nécessitent un suivi continu. Un accès abordable aux services essentiels reste important pour répondre aux besoins fondamentaux des personnes, car il entraîne une diminution de la proportion de personnes exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale et une réduction de l’écart entre les hommes et les femmes en matière d’emploi 42 . La disponibilité insuffisante de logements abordables constitue un défi croissant dans l’ensemble de l’UE, qui touche plus durement certains États membres. Par exemple, les parents isolés, les personnes handicapées et les personnes issues de l’immigration ou les minorités ethniques nationales (telles que les Roms).

Les systèmes de protection sociale doivent être adaptés et prêts pour l’avenir. Le vieillissement de la population, les changements dans le monde du travail et les transitions écologique et numérique nécessitent un développement supplémentaire de la conception et du financement des systèmes de protection sociale, afin de veiller à ce que les personnes continuent à contribuer à la protection sociale et à en bénéficier. Il s’agit notamment de renforcer les mesures d’incitation et de soutien à l’entrée des bénéficiaires sur le marché du travail et d’améliorer l’adéquation, le rapport coût-efficacité et la couverture des services, y compris les soins de santé et les soins de longue durée. Dans de nombreux États membres, le renforcement de la résilience et des capacités des systèmes de soins de santé et de soins de longue durée demeure une priorité, notamment au moyen de la désinstitutionnalisation, d’infrastructures suffisantes et appropriées et de la lutte contre les pénuries de main-d’œuvre, y compris au moyen de conditions de travail adéquates. L’exploitation du potentiel des outils numériques et de l’IA peut également contribuer à faciliter l’accès aux soins de santé, mais nécessite d’accroître les niveaux de compétences numériques du personnel de santé et du grand public. En outre, il importe de veiller à ce que la transformation numérique des systèmes de santé profite à tous les citoyens et contribue à réduire les inégalités en matière de santé. En outre, les États membres sont encouragés à faire face à l’évolution démographique dans tous les domaines d’action, en utilisant les outils disponibles au niveau de l’UE, y compris la boîte à outils «démographie» 43 , en combinaison avec les politiques nationales et en fondant leurs efforts sur les réalités locales.

La transition vers une Europe neutre pour le climat doit être équitable et inclusive. Le soutien financier et technique au titre du Fonds pour une transition juste et d’autres instruments aide les régions vulnérables à accélérer leur diversification économique et les personnes de ces régions à acquérir des compétences pour des emplois créés à la suite de la transition vers une Europe neutre pour le climat.

La mise en œuvre du socle européen des droits sociaux continue de soutenir la convergence sociale ascendante dans l’UE 44 . Malgré les progrès accomplis en ce qui concerne les objectifs nationaux en matière d’emploi à l’horizon 2030, les États membres doivent fournir d’importants efforts supplémentaires, en particulier pour atteindre les objectifs en matière de compétences et de réduction de la pauvreté, ainsi que pour contribuer à la réalisation des engagements pris à l’échelle de l’UE dans ces domaines et soutenir la convergence sociale ascendante et la cohésion sociale dans l’UE. Outre la mise en œuvre de réformes clés dans ces domaines, les États membres investissent massivement dans une Europe plus sociale, consacrant plus de 163 milliards d’euros à l’éducation, à la santé, à l’emploi et aux politiques sociales au titre de la FRR et plus de 165 milliards d’euros d’investissements (assortis d’un cofinancement national) au titre de la politique de cohésion pour la période 2021-2027. Le 6 mai 2024, la Commission a publié une analyse détaillée par pays dans les domaines de l’emploi, de l’éducation, des compétences et de la protection et de l’inclusion sociales pour sept États membres, fondée sur les caractéristiques du cadre de convergence sociale (voir encadré 3) 45 . Dans le cadre du paquet de printemps, la Commission propose également de mettre à jour les lignes directrices pour l’emploi d’ici le prochain cycle annuel, afin de tenir compte des initiatives politiques et du contexte socio-économique les plus récents.

Encadré 3: analyse de la convergence sociale ascendante fondée sur les caractéristiques du cadre de convergence sociale (CCS)

La Commission a évalué l’existence de défis auxquels est confrontée la convergence sociale ascendante dans sept États membres en se fondant sur les caractéristiques du cadre de convergence sociale (CCS). Le CCS comporte une analyse en deux phases des risques et des défis auxquels est confrontée la convergence sociale ascendante dans les États membres. Lors de la première phase d’analyse, figurant dans le rapport conjoint sur l’emploi 2024 46 , la Commission a analysé les politiques concernant le marché du travail, les compétences ainsi que les politiques sociales pour tous les États membres. Il ressort de cette phase que sept États membres (Bulgarie, Estonie, Espagne, Italie, Lituanie, Hongrie et Roumanie) sont exposés à des risques pour la convergence sociale ascendante. Les services de la Commission ont publié en mai 2024 une seconde phase d’analyse pour ces sept pays, qui se concentre sur les domaines d’action recensés lors de la première phase comme présentant des risques potentiels pour la convergence sociale ascendante au moyen des indicateurs clés du tableau de bord social. Cette seconde phase d’analyse repose sur un large éventail de données quantitatives et qualitatives et sur les principaux facteurs à l’origine des défis en matière de convergence sociale ascendante. Elle examine plus en détail l’évolution de la situation et tient compte des mesures prises ou envisagées par l’État membre concerné. Les conclusions de l’analyse de la convergence sociale sont prises en compte dans les rapports par pays et ont servi de base au Semestre européen 2024.

Cette analyse a alimenté les examens multilatéraux au sein des comités compétents du Conseil.

5. CONCLUSION

Le Semestre européen fournit le cadre de coordination des politiques pour relever les principaux défis économiques et sociaux au niveau de l’UE et des États membres. Le cycle du Semestre européen 2024 est particulièrement axé sur la compétitivité, invitant l’UE et ses États membres à s’attaquer aux obstacles qui ne sont pas suffisamment couverts par les mesures prévues dans les PRR ou les programmes de la politique de cohésion. Il prépare également le terrain pour la mise en œuvre réussie du nouveau cadre de gouvernance économique, qui renforcera la viabilité budgétaire et soutiendra la croissance durable et la résilience à long terme, tout en veillant à ce que l’UE continue de progresser sur la voie de la réalisation des ODD et, en particulier, des objectifs en matière de climat et d’énergie. La plupart des États membres continuent de bien progresser dans la mise en œuvre de leurs PRR et des programmes relevant de la politique de cohésion. Toutefois, compte tenu de l’échéance de 2026 pour les dépenses au titre de la FRR et de l’examen à mi-parcours de la politique de cohésion, il est recommandé à certains États membres de remédier d’urgence aux retards accumulés et aux défis structurels. L’examen à mi-parcours des programmes de la politique de cohésion offre l’occasion d’envisager des ajustements et d’utiliser l’initiative STEP pour renforcer la compétitivité.

La Commission invite le Conseil européen à approuver, et le Conseil de l’Union européenne à adopter, ses propositions de recommandations par pays pour 2024. Elle invite également tous les États membres à mettre ces recommandations pleinement en œuvre en temps utile, en concertation étroite avec leurs partenaires sociaux, les organisations de la société civile et d’autres parties prenantes.

APPENDICE 1 – APERÇU DES DOMAINES THÉMATIQUES COUVERTS DANS LES RECOMMANDATIONS PAR PAYS

APPENDICE 2 – PROGRÈS RÉALISÉS DANS LA MISE EN ŒUVRE DES RECOMMANDATIONS PAR PAYS

Le cycle du Semestre européen 2024 fait le point sur les mesures prises par les États membres afin de remédier aux problèmes structurels recensés dans les recommandations par pays adoptées depuis 2019. À la suite de la mise en place de la FRR, outil essentiel pour mettre en œuvre les priorités stratégiques nationales et de l’UE, l’évaluation des recommandations par pays de 2024 tient compte des mesures prises à ce jour par les États membres 47 , ainsi que des engagements pris dans les plans pour la reprise et la résilience (PRR), en fonction de leur degré de mise en œuvre. L’évaluation ne tient donc compte que du stade actuel de mise en œuvre des PRR, et non du niveau de progrès qui pourrait être atteint dans l’hypothèse d’une mise en œuvre intégrale des plans 48 . Conformément au champ d’application de la FRR, l’évaluation des recommandations par pays de 2024 couvre les recommandations par pays de 2019-2022 (évaluation pluriannuelle) ainsi que les recommandations par pays de 2023 (évaluation annuelle).

Graphique 1: degré actuel de mise en œuvre des recommandations par pays de 2019-2022

Graphique 2: mise en œuvre des recommandations par pays de 2019-2023: évaluation annuelle pour chaque année consécutive par comparaison avec l’état actuel de la mise en œuvre

Remarque: l’évaluation pluriannuelle présentée au graphique 1 porte sur la mise en œuvre des recommandations par pays de 2019-2022 depuis leur adoption jusqu’à la publication de la présente communication. Il convient de noter que les recommandations par pays de 2021 ne concernent que la politique budgétaire et que, aux fins de l’évaluation des recommandations par pays de 2024, elles ont été considérées comme n’étant plus pertinentes. Au graphique 2, l’évaluation annuelle montre les progrès enregistrés au cours de la première année suivant l’adoption des recommandations par pays, tandis que l’évaluation pluriannuelle montre l’évaluation des recommandations par pays antérieures.

D’un point de vue pluriannuel, au moins certains progrès ont été réalisés pour 71 % des recommandations par pays de 2019-2022 (voir graphique 1). Par rapport à l’évaluation de l’année dernière, des progrès supplémentaires significatifs ont été accomplis en ce qui concerne les recommandations par pays de 2019 et de 2020. À ce jour, 75 % de ces recommandations par pays ont enregistré au moins certains progrès au niveau de la mise en œuvre, contre 68 % en 2023. Cela montre que la FRR, en tant qu’instrument fondé sur la performance, continue d’accélérer l’action menée pour mettre en œuvre les recommandations par pays pertinentes, et cette mise en œuvre devrait encore être renforcée dans les années à venir à mesure que des réformes et investissements supplémentaires sont entrepris dans le cadre des PRR. Toutefois, la mise en œuvre des réformes varie considérablement d’un domaine d’action à l’autre. Ces dernières années, les États membres ont accompli les progrès les plus importants en matière d’accès au financement et aux services financiers, suivis de la lutte contre le blanchiment de capitaux, du fonctionnement du marché du travail, du cadre budgétaire et de la gouvernance budgétaire. En revanche, les progrès ont été particulièrement lents en ce qui concerne la politique fiscale, l’administration fiscale, la fraude et l’évasion fiscales, la non-discrimination et l’égalité des chances, les systèmes de retraite et le logement.

Les progrès réalisés dans la mise en œuvre des recommandations par pays adoptées en 2023 ont aussi été substantiels. Les États membres ont accompli au moins «certains progrès» pour près de 59 % des recommandations qui leur avaient été adressées en juillet 2023 (graphique 2). Pour ce qui est des domaines d’action pour lesquels un grand nombre d’États membres ont reçu une recommandation en 2023, la plupart des progrès ont, dans l’ensemble, été accomplis en ce qui concerne le cadre budgétaire et la gouvernance budgétaire, suivis par l’environnement des entreprises, l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et les infrastructures et réseaux énergétiques. En revanche, les progrès ont été moins importants dans la mise en œuvre des recommandations relatives à la politique fiscale.

Les résultats de l’évaluation des recommandations par pays de 2024 seront disponibles sur le site web de la Commission avec ceux des années précédentes.

APPENDICE 3 – PROGRÈS ACCOMPLIS DANS LA RÉALISATION DES ODD À L’ÉCHELLE DE L’UE

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