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AccueilDroit européen52024DP0056
Acte préparatoire52024DP0056

P9_TA(2024)0056 — Demande de levée de l’immunité d’Eva Kaili — Décision du Parlement européen du 6 février 2024 sur la demande de levée de l’immunité d’Eva Kaili (2023/2007(IMM))

CELEX52024DP0056
TypeActe préparatoire
Datemardi 6 février 2024

Résumé IA

Le Parlement européen a levé l'immunité d'Eva Kaili, ancienne vice-présidente, dans le cadre de l'enquête sur des soupçons de corruption impliquant le Qatar. Cette décision, adoptée le 6 février 2024, permet aux autorités judiciaires belges de poursuivre les procédures pénales à son encontre. Pour un professionnel du droit français, cet acte illustre la procédure de levée d'immunité parlementaire prévue à l'article 9 du Protocole n° 7 sur les privilèges et immunités de l'Union européenne.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/6347

7.11.2024

P9_TA(2024)0056

Demande de levée de l’immunité d’Eva Kaili

Décision du Parlement européen du 6 février 2024 sur la demande de levée de l’immunité d’Eva Kaili (2023/2007(IMM))

(C/2024/6347)

Le Parlement européen,

—

vu la demande de levée de l’immunité d’Eva Kaili, présentée par la chef du Parquet européen, datée du 15 décembre 2022 et communiquée en séance plénière le 19 janvier 2023,

—

ayant entendu Eva Kaili conformément à l’article 9, paragraphe 6, de son règlement intérieur,

—

vu les articles 8 et 9 du protocole no 7 sur les privilèges et immunités de l’Union européenne ainsi que l’article 6, paragraphe 2, de l’acte portant élection des membres du Parlement européen au suffrage universel direct, du 20 septembre 1976,

—

vu le règlement (UE) 2017/1939 du Conseil du 12 octobre 2017 mettant en œuvre une coopération renforcée concernant la création du Parquet européen (1), et notamment son article 29, paragraphe 2,

—

vu les arrêts rendus par la Cour de justice de l’Union européenne les 21 octobre 2008, 19 mars 2010, 6 septembre 2011, 17 janvier 2013 et 19 décembre 2019 (2),

—

vu l’article 62 de la Constitution de la République hellénique,

—

vu l’article 5, paragraphe 2, l’article 6, paragraphe 1, et l’article 9 de son règlement intérieur,

—

vu le rapport de la commission des affaires juridiques (A9-0029/2024),

Α.

considérant que la chef du Parquet européen a demandé la levée de l’immunité parlementaire d’Eva Kaili dans le cadre d’une enquête en cours portant sur des faits susceptibles de constituer un délit majeur d’instigation à la fraude portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union européenne, commis de manière répétée, ayant causé un préjudice supérieur à 120 000 et 150 000 EUR, puni d’une peine d’emprisonnement de 5 à 15 ans, prévu par l’article 46, paragraphe 1, l’article 52, paragraphe 2, et l’article 98, paragraphe 2, du code pénal grec et par l’article 4, paragraphe 1, et l’article 4, paragraphe 2, point b), de la loi no 2803/2000, en lien avec l’article 2, paragraphe 1, et l’article 386, paragraphe 2, du code pénal grec et l’article 24, paragraphe 2, et l’article 26, paragraphe 3, de la loi no 4689/2020;

Β.

considérant que, à la suite d’un rapport de l’OLAF enregistré par le Parquet européen le 1er juillet 2021, le procureur européen délégué grec a ouvert l’enquête en question le 8 septembre 2021; que le 12 novembre 2021, en vertu de ses responsabilités, la procureure européenne déléguée chargée de l’affaire a demandé à l’OLAF la remise des pièces du dossier; qu’après avoir analysé le dossier, le 2 février 2022, elle a demandé une enquête complémentaire à l’OLAF et la traduction des pièces du dossier depuis l’anglais vers le grec en date du 7 février 2022; que l’OLAF a présenté son rapport final et les pièces justificatives le 8 décembre 2022 et les traductions correspondantes le 14 décembre 2022;

C.

considérant que les irrégularités présumées dont Eva Kaili aurait eu connaissance auraient notamment trait:

a)

aux manquements par l’une de ses assistantes parlementaires accréditées (APA) à ses obligations de présence sur son lieu de travail entre le 28 septembre 2015 et le 2 juillet 2019 ainsi qu’à l’exécution de ses tâches par cette dernière,

b)

à l’introduction de demandes d’ordres de mission et de déclarations de frais ainsi qu’à la perception de remboursements pour des missions qui n’auraient pas été effectuées par quatre des APA d’Eva Kaili, entre février 2016 et mars 2018 s’agissant du premier, entre mai 2015 et février 2020 s’agissant du second, entre décembre 2015 et avril 2019 s’agissant du troisième, et entre octobre 2014 et février 2020 s’agissant du quatrième APA,

c)

au versement d’une partie des salaires/frais de mission d’une APA à Eva Kaili à sa demande présumée, du 28 septembre 2015 au 2 juillet 2019;

D.

considérant, d’une part, que le Parlement ne saurait être assimilé à un tribunal et, d’autre part, que le député ne saurait, dans le contexte d’une procédure de levée d’immunité, être considéré comme un «accusé» (3);

E.

considérant que le délit présumé ne concerne pas des opinions ou des votes émis par Eva Kaili dans l’exercice de ses fonctions de députée au Parlement européen au sens de l’article 8 du protocole no 7 sur les privilèges et immunités de l’Union européenne;

F.

considérant qu’en vertu de l’article 9 du protocole no 7 sur les privilèges et immunités de l’Union européenne, les députés européens bénéficient, sur leur territoire national, des immunités accordées aux membres du parlement national de leur pays;

G.

considérant que l’article 62 de la Constitution de la République hellénique dispose notamment que, durant la législature, les députés ne sont pas poursuivis, arrêtés, emprisonnés ou soumis à d’autres contraintes sans l’autorisation préalable du Parlement;

H.

considérant que l’immunité parlementaire a pour objet de protéger le Parlement et ses députés contre des procédures judiciaires visant des activités menées dans l’exercice des fonctions parlementaires et indissociables de celles-ci;

I.

considérant qu’en l’espèce, le Parlement n’a pas pu établir qu’il y avait fumus persecutionis, c’est-à-dire des éléments de fait indiquant que les poursuites judiciaires en question ont été engagées dans l’intention de nuire à l’activité politique de la députée et partant, du Parlement européen;

1.

décide de lever l’immunité d’Eva Kaili;

2.

charge sa Présidente de transmettre immédiatement la présente décision et le rapport de sa commission compétente au Parquet européen et à Eva Kaili.


(1) JO L 283 du 31.10.2017, p. 1.

(2) Arrêt de la Cour de justice du 21 octobre 2008, Marra/De Gregorio et Clemente, C-200/07 et C-201/07, ECLI:EU:C:2008:579; arrêt du Tribunal du 19 mars 2010, Gollnisch/Parlement, T-42/06, ECLI:EU:T:2010:102; arrêt de la Cour de justice du 6 septembre 2011, Patriciello, C-163/10, ECLI: EU:C:2011:543; arrêt du Tribunal du 17 janvier 2013, Gollnisch/Parlement, T-346/11 et T-347/11, ECLI:EU:T:2013:23; arrêt de la Cour de justice du 19 décembre 2019, Junqueras Vies, C-502/19, ECLI:EU:C:2019:1115.

(3) Arrêt du Tribunal du 30 avril 2019, Briois/Parlement, T-214/18, ECLI:EU:T:2019:266.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/6347/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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