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AccueilDroit européen52024DP0372
Acte préparatoire52024DP0372

P9_TA(2024)0372 — Organe interinstitutionnel chargé des normes éthiques — Décision du Parlement européen du 25 avril 2024 sur la conclusion d’un accord entre le Parlement européen, le Conseil, la Commission européenne, la Cour de justice de l’Union européenne, la Banque centrale européenne, la Cour des comptes européenne, le Comité économique et social européen et le Comité européen des régions établissant un organe interinstitutionnel chargé des normes éthiques applicables aux membres des institutions et des organes consultatifs mentionnés à l’article 13 du traité sur l’Union européenne (2024/2008(ACI))

CELEX52024DP0372
TypeActe préparatoire
Datejeudi 25 avril 2024

Résumé IA

Cette décision du Parlement européen approuve la création d'un organe interinstitutionnel commun chargé d'établir et de promouvoir des normes éthiques minimales pour les membres de huit institutions et organes de l'UE (Parlement, Conseil, Commission, CJUE, BCE, Cour des comptes, CESE et Comité des régions). Cet accord vise à harmoniser et renforcer les règles déontologiques applicables aux élus et hauts responsables européens, en instaurant un cadre de coopération et d'échange de bonnes pratiques entre institutions. Pour un professionnel du droit français, ce texte marque une avancée vers une gouvernance éthique commune au niveau européen, sans toutefois créer une autorité de contrôle unique dotée de pouvoirs coercitifs.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2025/3714

17.9.2025

P9_TA(2024)0372

Organe interinstitutionnel chargé des normes éthiques

Décision du Parlement européen du 25 avril 2024 sur la conclusion d’un accord entre le Parlement européen, le Conseil, la Commission européenne, la Cour de justice de l’Union européenne, la Banque centrale européenne, la Cour des comptes européenne, le Comité économique et social européen et le Comité européen des régions établissant un organe interinstitutionnel chargé des normes éthiques applicables aux membres des institutions et des organes consultatifs mentionnés à l’article 13 du traité sur l’Union européenne (2024/2008(ACI))

(C/2025/3714)

Le Parlement européen,

—

vu les décisions de la Conférence des présidents des 14 et 19 mars 2024 approuvant le projet d’accord interinstitutionnel établissant un organe interinstitutionnel chargé des normes éthiques applicables aux membres des institutions et des organes consultatifs mentionnés à l’article 13 du traité sur l’Union européenne,

—

vu le projet d’accord entre le Parlement européen, le Conseil, la Commission européenne, la Cour de justice de l’Union européenne, la Banque centrale européenne, la Cour des comptes européenne, le Comité économique et social européen et le Comité européen des régions établissant un organe interinstitutionnel chargé des normes éthiques applicables aux membres des institutions et des organes consultatifs mentionnés à l’article 13 du traité sur l’Union européenne (ci-après dénommé «accord»),

—

vu l’article 13 du traité sur l’Union européenne,

—

vu l’article 232 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,

—

vu la communication de la Commission du 8 juin 2023 sur une proposition relative à un organisme d’éthique interinstitutionnel et ses annexes (COM(2023)0311),

—

vu sa résolution du 16 septembre 2021 sur le renforcement de la transparence et de l’intégrité des institutions de l’Union par la création d’un organisme européen indépendant chargé des questions d’éthique (1),

—

vu sa résolution du 15 décembre 2022 sur les soupçons de corruption par le Qatar et, plus largement, la nécessité de transparence et de responsabilité au sein des institutions européennes (2),

—

vu sa résolution du 16 février 2023 sur la création d’un organisme européen indépendant chargé des questions d’éthique (3),

—

vu sa résolution du 16 février 2023 sur le suivi des mesures demandées par le Parlement pour renforcer l’intégrité des institutions européennes (4),

—

vu sa résolution du 12 juillet 2023 sur la création de l’organisme européen chargé des questions d’éthique (5),

—

vu sa résolution du 13 juillet 2023 sur des recommandations pour la réforme des règles du Parlement européen en matière de transparence, d’intégrité, de responsabilité et de lutte contre la corruption (6),

—

vu l’article 148, paragraphe 1, de son règlement intérieur,

—

vu le rapport de la commission des affaires constitutionnelles (A9-0181/2024),

A.

considérant que l’indépendance, la transparence et la responsabilité des institutions de l’Union européenne sont de la plus haute importance pour consolider leur légitimité démocratique et pour favoriser la confiance des citoyens; que le Parlement européen figure aujourd’hui parmi les organes législatifs les plus transparents au monde;

B.

considérant qu’il est nécessaire de remédier aux lacunes découlant du cadre éthique actuel, qui s’est fragmenté entre les institutions, organes et organismes de l’Union, avec des règles, des procédures et des niveaux d’exécution différents;

C.

considérant que le Parlement a proposé, dans sa résolution du 16 septembre 2021 (7), de mettre en place un véritable et ambitieux organisme indépendant chargé des questions d’éthique, proposition qu’il a répétée dans ses résolutions ultérieures du 16 février 2023 (8) et du 12 juillet 2023 (9);

D.

considérant que, le 8 juin 2023, la Commission a présenté sa proposition visant à instituer un organisme d’éthique interinstitutionnel sous la forme d’un organisme de normalisation; que la proposition de la Commission était loin de répondre à l’ambition affichée dans les résolutions du Parlement, essentiellement parce qu’il manquait à l’organisme proposé les capacités nécessaires pour examiner les cas individuels et les éventuelles violations des règles éthiques, ainsi que pour recommander des sanctions;

E.

considérant que les résolutions du Parlement du 16 février 2023 (10) et du 12 juillet 2023 (11) ont servi de mandat de négociation du Parlement;

F.

considérant qu’un organisme interinstitutionnel chargé des questions d’éthique contribuera à renforcer la confiance dans les institutions de l’Union et leur légitimité démocratique, ainsi qu’à instaurer une culture institutionnelle fondée sur les normes éthiques les plus élevées;

G.

considérant que les règles éthiques actuelles du Parlement consacrées par son règlement intérieur prévoient de nombreuses déclarations écrites uniformisées, notamment des déclarations d’intérêts privés, des déclarations de patrimoine, des déclarations de connaissance de conflits d’intérêts pour les titulaires de mandats, les rapporteurs, les rapporteurs fictifs et les participants à une délégation officielle ou à des négociations interinstitutionnelles, des déclarations de réunions programmées avec des représentants d’intérêts, y compris lorsque les députés délèguent ces réunions à leurs assistants, des déclarations des rapporteurs sur les contributions reçues dans le cadre de leurs dossiers, des déclarations de participation à des manifestations organisées par des tiers, des déclarations de cadeaux et des déclarations de soutien financier externe par les intergroupes ou les groupements non officiels;

1.

se félicite de l’accord qui permet l’élaboration de normes éthiques communes solides et l’échange de bonnes pratiques, ainsi que l’examen de cas individuels par les experts indépendants à la demande d’une institution ou d’un organe consultatif partie à l’accord en ce qui concerne toute déclaration de leurs membres;

2.

souligne que le pouvoir de décision finale en matière de mise en œuvre reste du ressort des autorités compétentes des institutions ou organes; relève que toute consultation des experts indépendants sur un cas individuel commence par une demande d’une partie à l’accord en ce qui concerne ses propres membres, conformément à ses règles internes; souligne que les déclarations d’intérêts financiers des commissaires désignés, qui sont des affaires de haut niveau transcendant les intérêts de l’institution concernée, devraient, en règle générale, être soumises à l’examen des experts indépendants;

3.

réaffirme toutefois que le Parlement reste pleinement déterminé à la mise en place d’un organisme indépendant chargé des questions d’éthique, capable de mener des enquêtes de sa propre initiative et d’émettre des recommandations de sanctions à l’intention des autorités responsables des institutions ou organes participants, composé d’experts indépendants en tant que membres à part entière, qui couvrirait les membres des institutions et organes de l’Union avant, pendant et après leur mandat ou l’exercice de leurs fonctions, ainsi que le personnel, comme le Parlement l’a prévu dans sa résolution du 16 septembre 2021 (12) et l’a répété dans ses résolutions du 16 février 2023 (13) et du 12 juillet 2023 (14);

4.

regrette que le Conseil européen ait décidé de ne pas adhérer à l’accord;

5.

déplore la réticence du Conseil à étendre le champ d’application de l’accord au moins aux représentants au niveau ministériel de l’État membre qui exerce la présidence du Conseil, le Conseil faisant valoir qu’il n’existe aucune base juridique dans les traités qui permette d’adopter des normes minimales communes applicables aux représentants des États membres; s’engage à mettre à profit le premier réexamen de l’accord pour combler ce vide juridique et invite, dans le même temps, les prochaines présidences du Conseil à appliquer volontairement les dispositions de l’accord; est d’avis que les membres du Conseil, comme les députés au Parlement européen, pourraient être liés par les règles fixées par le Conseil au titre de son pouvoir d’auto-organisation, qui prévaudraient en cas de conflit avec les règles nationales; souligne, dans ce contexte, que les représentants des États membres réunis au sein du Conseil agissent en leur qualité de membres du Conseil lorsqu’ils adoptent des actes juridiques de l’Union; s’engage à chercher à obtenir une clarification juridique sur la question de savoir si le Conseil pourrait lier ses membres par des normes minimales communes;

6.

estime que les ressources mises à disposition doivent permettre le bon fonctionnement de l’organe interinstitutionnel chargé des normes éthiques (ci-après dénommé «organe») lui-même, composé d’un représentant de chaque partie à l’accord, et des cinq experts indépendants qui assistent les représentants institutionnels et rejoignent l’organe en tant qu’observateurs, ainsi que tout appui nécessaire à cet effet; regrette que, conformément à l’article 17 de l’accord, tous les coûts résultant d’une consultation des experts indépendants doivent être pris en charge par la partie requérante, ce qui pourrait entraîner une limitation du nombre de ces consultations;

7.

est d’avis que les experts indépendants, qui doivent être désignés par consensus par les parties à l’accord, doivent posséder une expérience professionnelle spécifique dans les domaines de l’éthique, de l’intégrité et de la transparence, en plus des exigences énoncées à l’article 5, paragraphe 2, de l’accord, qui font référence à un comportement professionnel irréprochable et à une expérience à des postes de haut niveau dans des organisations publiques européennes, nationales ou internationales;

8.

souligne le rôle essentiel des experts indépendants dans l’examen de cas individuels à la demande d’une partie à l’accord; estime qu’il serait très bénéfique pour l’élaboration ou la mise à jour d’une norme éthique que chaque partie envoie aux experts indépendants un petit échantillon aléatoire de cas;

9.

estime que l’organe devrait s’appuyer sur les pouvoirs existants des institutions pour demander des informations à leurs membres ou sur l’accord des autorités nationales pour partager des informations; pense que les experts indépendants devraient pouvoir échanger des informations avec les autorités nationales lorsque cela est nécessaire à l’accomplissement de leurs tâches, tout en traitant ces informations avec la même confidentialité que l’autorité d’origine; souligne à cet égard que les experts indépendants devraient avoir accès aux documents administratifs des parties prenantes, en particulier de la partie qui les consulte sur un cas, afin de leur permettre de réaliser des évaluations dûment motivées et documentées;

10.

relève que les experts indépendants désignent parmi eux celui qui sera habilité à parler en leur nom; est d’avis que les experts indépendants devraient disposer d’une autonomie totale pour organiser leurs travaux et convoquer leurs propres réunions;

11.

estime que la recommandation motivée des experts indépendants devrait, sans préjudice du règlement général sur la protection des données et des droits de la personne, être rendue publique par l’institution ou l’organe consultatif, avec la décision de l’autorité compétente, qui devrait apporter une explication si les recommandations ne sont pas intégralement suivies;

12.

demande à l’organe de montrer l’exemple en matière de transparence en publiant l’ensemble des recommandations, des rapports annuels, des décisions et des relevés de dépenses dans un format de données ouvert, lisible par machine et accessible à tous les citoyens, conformément aux règles applicables en matière de protection des données, y compris, entre autres, l’avis écrit des experts indépendants sur les autoévaluations des institutions conformément à l’article 10 de l’accord et l’aperçu annuel résumant, chaque année, sous une forme agrégée et anonymisée, les consultations et les questions soumises par les parties et les mesures prises pour y donner suite, conformément à l’article 7, paragraphe 4, de l’accord; souligne l’importance de protéger la vie privée des personnes concernées dans une mesure appropriée, ainsi que de préserver la présomption d’innocence; invite les parties à l’accord à élaborer des orientations communes pour la consultation des experts indépendants et la publication de leurs recommandations;

13.

estime que, pour être pleinement effectif, l’organe devrait combiner les fonctions des organismes existants chargés des questions d’éthique et que, par conséquent, pour les cas qui nécessitent un examen spécifique ou aux fins de l’élaboration ou de la mise à jour d’une norme éthique, chaque partie participante devrait consulter les experts indépendants;

14.

souligne qu’il est nécessaire de définir la manière dont le mandat du vice-président représentant le Parlement au sein de l’organe sera déterminé et de mettre en place des mécanismes appropriés de responsabilisation;

15.

estime qu’il est nécessaire de préciser qui serait le représentant suppléant du Parlement au sein de l’organe;

16.

estime que la commission des affaires constitutionnelles devrait jouer un rôle dans la définition du mandat du vice-président représentant le Parlement au sein de l’organe, ainsi qu’en matière de responsabilisation du vice-président et du représentant suppléant; estime qu’il est de la plus haute importance que les députés au Parlement européen aient leur mot à dire dans l’élaboration de normes qui leur seront contraignantes;

17.

reste déterminé à participer de manière constructive au réexamen de l’accord qui doit être mené trois ans après son entrée en vigueur afin d’améliorer et de renforcer l’organe, comme le prévoit l’article 21 de l’accord;

18.

rappelle sa position selon laquelle l’organe devrait être en mesure d’enquêter de sa propre initiative sur les violations alléguées des règles éthiques par les fonctionnaires et le personnel des institutions de l’Union et de mener des enquêtes sur place et sur pièces en utilisant les informations qu’il a collectées ou qu’il a reçues de tiers;

19.

approuve la conclusion de l’accord en annexe;

20.

charge sa Présidente de signer l’accord avec le Président du Conseil, la Présidente de la Commission, le Président de la Cour de justice de l’Union européenne, la Présidente de la Banque centrale européenne, le Président de la Cour des comptes, le Président du Comité économique et social européen et le Président du Comité des régions, et d’en assurer la publication au Journal officiel de l’Union européenne;

21.

charge sa Présidente de transmettre pour information la présente décision, y compris son annexe, à l’ensemble des parties à l’accord.


(1) JO C 117 du 11.3.2022, p. 159.

(2) JO C 177 du 17.5.2023, p. 109.

(3) JO C 283 du 11.8.2023, p. 31.

(4) JO C 283 du 11.8.2023, p. 27.

(5) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0281.

(6) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0292.

(7) JO C 117 du 11.3.2022, p. 159.

(8) JO C 283 du 11.8.2023, p. 31.

(9) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0281.

(10) JO C 283 du 11.8.2023, p. 27 et p. 31.

(11) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0281.

(12) JO C 117 du 11.3.2022, p. 159.

(13) JO C 283 du 11.8.2023, p. 31.

(14) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0281.


ANNEXE

ACCORD ENTRE LE PARLEMENT EUROPÉEN, LE CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE, LA COMMISSION EUROPÉENNE, LA COUR DE JUSTICE DE L’UNION EUROPÉENNE, LA BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE, LA COUR DES COMPTES EUROPÉENNE, LE COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET LE COMITÉ DES RÉGIONS ÉTABLISSANT UN ORGANE INTERINSTITUTIONNEL CHARGÉ DES NORMES ÉTHIQUES APPLICABLES AUX MEMBRES DES INSTITUTIONS ET DES ORGANES CONSULTATIFS VISÉS À L’ARTICLE 13 DU TRAITÉ SUR L’UNION EUROPÉENNE

(Le texte de la présente annexe n'est pas reproduit étant donné qu'il correspond à l'accord interinstitutionnel publié au JO L, 2024/1365, 17.5.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/agree_interinstit/2024/1365/oj.)


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/3714/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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